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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 13:53

« L.pnga question centrale que nous nous posons aujourd’hui est la suivante : comment parler de Dieu à notre époque ? Comment transmettre l’Évangile, pour ouvrir la route à la vérité salvifique dans les cœurs souvent fermés de nos contemporains et dans leurs esprits parfois distraits par les nombreux phares éblouissants de notre société ? »

 

Cette question en soulève beaucoup d’autres en réalité. Est-il possible en premier lieu de parler de Dieu ? S’il est Dieu, mystère, infini, tout puissant, dépassant la raison humaine, est ce qu’un discours humain est possible sur l’infiniment Autre ? Benoît XVI nous rappelle que oui, on peut parler de Dieu «  parce qu’Il parlé avec nous. » Dieu fondamentalement a l’initiative et c’est Lui qui se révèle. C’est donc le premier des commandements «  Shema », c’est-à-dire « écoute ». Dieu nous parle, se révèle, nous dit qui Il est,  mettons-nous à son écoute… : « Dieu n’est pas une hypothèse lointaine sur l’origine du monde ; ce n’est pas une intelligence mathématique très éloignée de nous. Dieu s’intéresse à nous, nous aime, est entré personnellement dans la réalité de notre histoire, il s’est communiqué lui-même jusqu’à s’incarner. Donc, Dieu est une réalité de notre vie, il est si grand qu’il a aussi du temps pour nous, il s’occupe de nous. »

Evidement, le mystère de l’Incarnation revêt une importance fondamentale dans la mesure où Dieu se révèle d’une façon unique à l’homme. Il nous envoie son Fils, le Verbe se fait chair, Il habite parmi nous, « En Jésus de Nazareth nous rencontrons le visage de Dieu, qui est descendu de son Ciel pour se plonger dans le monde des hommes, dans notre monde, et enseigner « l’art de vivre », le chemin du bonheur; pour nous libérer du péché et faire de nous les enfants de Dieu (cf. Ep 1, 5 ; Rm 8, 14). Jésus est venu pour nous sauver et nous montrer la vie bonne de l’Évangile. »

 

Ensuite, il s’agit de savoir de qui parlons-nous ? Quel Dieu annonçons-nous ? « non pas un Dieu abstrait, une hypothèse, mais un Dieu concret, un Dieu qui existe, qui est entré dans l’histoire et qui est présent dans l’histoire ; le Dieu de Jésus Christ comme réponse à la question fondamentale du pourquoi et du comment vivre. »

Cela doit nous conduire à mieux connaître Dieu, « parler de Dieu exige une familiarité avec Jésus et son Évangile, suppose notre connaissance personnelle et réelle de Dieu ». Prenons-nous le temps d’approfondir notre relation à Dieu, notre connaissance de Dieu par la prière, la lecture de la Bible, la catéchèse ( oui, oui le catéchisme n’est pas seulement réservé aux enfants…)

 

Comment parler de Dieu ?  Le pape dit qu’il nous suffit de suivre  la méthode de Dieu qui est celle de l’humilité : «  (…) c’est la méthode réalisée dans l’Incarnation dans la maison simple de Nazareth et dans la grotte de Bethléem, celle de la parabole du grain de sénevé.’ » Ainsi, « Pour parler de Dieu, dans l’œuvre d’évangélisation, sous la conduite de l’Esprit Saint, il est nécessaire de retrouver la simplicité, de revenir à l’essentiel de l’annonce : la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui est réel et concret, un Dieu qui s’intéresse à nous, un Dieu-Amour qui se fait proche de nous en Jésus Christ jusqu’à la Croix et qui dans la Résurrection nous donne l’espérance et nous ouvre à une vie et qui n’a pas de fin, la vie éternelle, la vraie vie. »

Le saint père nous donne alors l’exemple de ce grand évangélisateur, l’apôtre des nations, saint Paul : «  Dans la Première Lettre aux Corinthiens, il écrit : « Pour moi, quand je suis venu chez vous, frères, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige de la parole ou de la sagesse. Non, je n’ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié » (2, 1-2). Donc la première réalité est que Paul ne parle pas d’une philosophie qu’il a développée lui-même, il ne parle pas d’idées qu’il a trouvées ailleurs ou inventées, mais il parle d’une réalité de sa vie, il parle du Dieu qui est entré dans sa vie, il parle d’un Dieu réel qui vit, a parlé avec lui et parlera avec nous, il parle du Christ crucifié et ressuscité. La seconde réalité est que Paul ne se cherche pas lui-même, il ne veut pas se créer une foule d’admirateurs, il ne veut pas entrer dans l’histoire comme chef d’une école de grandes connaissances, il ne se cherche pas lui-même, mais saint Paul annonce le Christ et veut gagner les personnes pour le Dieu vrai et réel.  (…) Par conséquent, parler de Dieu veut dire faire de la place à Celui qui nous le fait connaître, qui nous révèle son visage d’amour ; cela veut dire sortir de son propre moi en l’offrant au Christ, dans la conscience que nous ne sommes pas ceux qui sont capables de gagner les autres à Dieu, mais nous devons les attendre de Dieu lui-même, les invoquer de Lui. Parler de Dieu naît donc de l’écoute, de notre connaissance de Dieu qui se réalise dans la familiarité avec Lui, dans la vie de la prière et selon les Commandements. »

« L’apôtre ne se contente pas de proclamer des mots, mais il implique toute son existence dans la grande œuvre de la foi. Pour parler de Dieu, il faut lui faire de la place, dans la confiance que c’est Lui qui agit dans notre faiblesse ;(…) . Et cela vaut aussi pour les communautés chrétiennes : elles sont appelées à montrer l’action transformatrice de la grâce de Dieu, en dépassant les individualismes, les fermetures, les égoïsmes, l’indifférence et en vivant dans les rapports quotidiens l’amour de Dieu. Demandons-nous si nos communautés sont vraiment ainsi. Nous devons nous mettre en marche pour devenir toujours et réellement ainsi, annonciateurs du Christ et non de nous-mêmes»

 

Surgit alors une nouvelle question : Comment Jésus que nous devons imiter parlait-il de son Père ? «. Jésus, dans son unicité, parle de son Père — Abbà — et du Royaume de Dieu, avec le regard plein de compassion pour les problèmes et les difficultés de l’existence humaine. Il parle avec un grand réalisme et, je dirais, l’essentiel de l’annonce de Jésus est qu’il rend le monde transparent et notre vie a une valeur pour Dieu. »

« Dans les Évangiles, nous voyons comment Jésus s’intéresse à chaque situation humaine qu’il rencontre, se plonge dans la réalité des hommes et des femmes de son temps, avec une pleine confiance dans l’aide du Père. Le fait est que réellement dans cette histoire, de manière cachée, Dieu est présent et si nous sommes attentifs, nous pouvons le rencontrer. »

 

Le pape parvient à un point capital de la question de la transmission de la foi. La transmission de la foi en tant qu’enseignement, évangélisation ne peut être séparée de l’existence même de celui qui annonce. « En Lui, l’annonce et la vie se mêlent: Jésus agit et enseigne, en partant toujours d’un rapport intime avec Dieu le Père. Ce style devient une indication essentielle pour nous chrétiens: notre manière de vivre dans la foi et dans la charité devient une manière de parler de Dieu dans l’aujourd’hui, car elle montre à travers une existence vécue dans le Christ la crédibilité, le réalisme de ce que nous disons avec les paroles, qui ne sont pas seulement des paroles, mais qui montrent la réalité, la véritable réalité. »

 

Quels sont les lieux pour parler de Dieu ? Le lieu privilégié est la famille : « (…)la première école pour transmettre la foi aux nouvelles générations. Le Concile Vatican ii parle des parents comme des premiers messagers de Dieu, appelés à redécouvrir leur mission, en assumant la responsabilité d’éduquer, d’ouvrir les consciences des enfants à l’amour de Dieu comme service fondamental à leur vie, à être les premiers catéchistes et maîtres de la foi pour leurs enfants. ». Cela doit nous questionner si nous sommes engagés dans une paroisse. Comment enseignons-nous les parents qui restent les premiers éducateurs ? Est-ce que nous rappelons aux fiancés, aux jeunes parents au moment de la préparation au baptême qu’ils ont cette mission ? Le pape lance un appel à la vigilance nécessaire pour parler de la foi, de Dieu quand l’occasion se présente.

 

Autre dimension bien présente dans le texte de Porta Fidei autour de la question de la transmission de la foi est celle de la joie : « la transmission de la foi doit toujours avoir une tonalité de joie. C’est la joie pascale, qui ne tait ni ne cache la réalité de la douleur, de la souffrance, de la fatigue, de la difficultés, de l’incompréhension et de la mort elle-même, mais qui sait offrir les critères pour tout interpréter dans la perspective de l’espérance chrétienne.  (…) Il est important d’aider tous les membres de la famille à comprendre que la foi n’est pas un poids, mais une source de joie profonde, elle signifie percevoir l’action de Dieu, reconnaître la présence du bien, qui ne fait pas de bruit ; et elle offre des orientations précieuses pour bien vivre sa propre existence.

Viennent alors  les dimensions de l’écoute et du dialogue : « la famille doit être un milieu dans lequel on apprend à être ensemble, à réconcilier les oppositions dans le dialogue réciproque, qui est fait d’écoute et de parole, à se comprendre et à s’aimer, pour être un signe, l’un pour l’autre, de l’amour miséricordieux de Dieu. »

 

Le pape conclue en évoquant l’importance de la parole et de la vie : « Parler de Dieu signifie donc faire comprendre par la parole et par la vie que Dieu n’est pas le concurrent de notre existence, mais qu’il en est plutôt le véritable garant, le garant de la grandeur de la personne humaine. Nous revenons ainsi au début : parler de Dieu est communiquer, avec force et simplicité, avec la parole et avec la vie, ce qui est essentiel : le Dieu de Jésus Christ, ce Dieu qui nous a montré un amour si grand, au point de s’incarner, de mourir et de ressusciter pour nous ; ce Dieu qui demande de le suivre et de se laisser transformer par son immense amour pour renouveler notre vie et nos relations; ce Dieu qui nous a donné l’Église, pour marcher ensemble et, à travers la Parole et les sacrements, renouveler toute la Cité des hommes, afin qu’elle puisse devenir Cité de Dieu. »

 

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Published by Jacquotte - dans Lectures
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