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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 11:50

D.pngans le cadre de ces audiences du mercredi autour de l'année de la foi, le pape aborde aujourd'hui le mystère du Christ. Il s'appuie sur une affirmation du Concile Vatican II en Dei Verbum, Jésus Christ compros comme "médiateur et plénitude de toute la Révélation." Si vous n'avez jamais lu les textes concilaires en cette année anniversaire et en cette année de la foi, cela peut être une bonne idée. Si Gaudium et Spes est un peu un incontournable, la constitution dogmatique Dei Verbum est aussi passionnante.

 

 Dans un premier temps, Benoit XVI nous rappelle que Dieu, après la chute, n'a de cesse de proposer une alliance avec l'homme. Dans l'Ancien Testament, cette alliance passe d'abord par le choix d'un peuple, le peuple hébreu. A ce peuple, il choisit de se révélé et de faire alliance à travers une série de promesses. Dans ce peuple, des hommes sont aussi choisis ou si vous voulez "élus". Il relève que cette élection est mystérieuse mais qu'elle est toujours faite pour les autres, pour l 'élection des autres et non pour exclure tous ceux qui ne seraient pas choisis: "Il se sert de médiateurs, comme Moïse, les Prophètes, les Juges, qui communiquent au peuple sa volonté, rappellent l’exigence de fidélité à l’alliance et maintiennent élevée l’attente de la réalisation pleine et définitive des promesses divines" Dans le mystère de l'Incarnation, à Noël, c'est l'accomplissement de ces promesses que nous pouvons contempler. A noël la Révélation est pleine et entière dans le mystère du Verbe fait chair: "la Révélation de Dieu parvient à son sommet, à sa plénitude. En Jésus de Nazareth, Dieu visite réellement son peuple, visite l’humanité d’une façon qui va au-delà de toute attente : il envoie son Fils unique ; Dieu lui-même se fait homme. Jésus ne nous dit pas quelque chose de Dieu, il ne parle pas simplement du Père, mais il est révélation de Dieu, parce qu’il est Dieu, et il nous révèle ainsi le visage de Dieu"  

Le saint père en vient ainsi à parler de "ce visage de Dieu". Il évoque pour cela un passage chez Jean, au chapitre XIV où l'apôtre Philippe exprime le désir profond de tout homme " voir Dieu". La réponse de Jésus est capitale, elle est le coeur de notre foi: " Qui m'a vu a vu le Père". Jésus n'est pas un simple prophète, il n'est pas le dernier des prophètes qui enseigne quelque chose sur Dieu, Il est DIEU! Folie pour les grecs, scandale pour les juifs pour paraphraser saint Paul qui utilise cette expression pour parler lui de la croix. 

" Dans cette expression est contenue de façon synthétique la nouveauté du Nouveau Testament, la nouveauté qui est apparue dans la grotte de Bethléem : il est possible de voir Dieu, Dieu a montré son visage, il est visible en Jésus Christ."  Notez alors que nous pouvons continuer à voir Dieu dans l'eucharistie puisque l'hostie consacrée est le corps du Christ ( c'est la présence réelle et substantielle du Christ contrairement à l'assemblée des chrétiens et à la Parole de Dieu qui ne sont que présence réellle.)

 

C'était un chant d'église autrefois: " Je cherche le visage du Seigneur"... Il exprime la quête profonde qui habite l'humanité, ce désir qui habite le coeur de tout homme, la recherche de Dieu, du bonheur (selon la façon dont on l'exprime). C'est pour le croyant, le désir de voir Dieu tel qu'il est... chose impossible: on ne peut saisir entièrement le mystère de Dieu ( on ne peut dire son nom dans le judaïsme, un des 100 attributs de Dieu reste inconnu dans l'islam), on ne peut le représenter sans risque d'idôlatrie, d'anthropomorphisme... On ne peut réduire comme l'écrit Benoit XVI, Dieu a un objet et pourant tout l'Ancien Testament parle de ce désir de connaître et de voir le visage de Dieu: "on affirme que Dieu a un visage, c’est-à-dire un « Toi » qui peut entrer en relation, qui n’est pas prisonnier de son Ciel à regarder l’humanité d’en haut. Dieu est certainement au delà de toute chose, mais il s’adresse à nous, il nous écoute, il nous voit, il parle, il établit une alliance, il est capable d’aimer. L’histoire du salut est l’histoire de Dieu avec l’humanité, c’est l’histoire de ce rapport de Dieu qui se révèle progressivement à l’homme, qui se révèle lui-même, qui révèle son visage."

 

"La splendeur du visage divin est la source de la vie, elle est ce qui permet de voir la réalité; la lumière de son visage est le guide de la vie." Comment alors ne pas évoquer  la figure de Moïse, celui qui dialogue avec Dieu, qui lui parle "face à face" et qui pourtant ne peut voir le visage de Dieu car on ne peut voir son visage sans mourir... "D’un côté, alors, il y a le dialogue face à face comme entre amis, mais de l’autre il y a l’impossibilité, dans cette vie, de voir le visage de Dieu, qui reste caché ; la vision est limitée. Les Pères disent que ces paroles, « tu ne peux me voir que de dos », veulent dire : tu ne peux que suivre le Christ et en le suivant tu vois depuis son dos le mystère de Dieu ; on peut suivre Dieu en le voyant de dos." 

 

Et voilà que Dieu surgit dans l'histoire ( sous Ponce Pilate) et que Dieu prend corps dans l'Incarnation. Nouveauté radicale à tel point que notre calendrier a été modifié, ne sommes nous pas en 2013 après Jésus qui est Christ c'est-à-dire le Sauveur, l'Oint, le Messie. Je suis étonnée que nos gouvernements "laïcistes" n'ont pas encore transformé ce "Jésus-Christ" qui est une affirmation de foi en un simple "Jésus" ou "Jésus, fils de Joseph"...

"La recherche du visage de Dieu connaît un tournant inimaginable, parce que ce visage peut à présent être vu : c’est celui de Jésus, du Fils de Dieu qui se fait homme. En lui trouve son accomplissement le chemin de révélation de Dieu entamé avec l’appel d’Abraham, Lui est la plénitude de cette révélation parce qu’il est le Fils de Dieu, il est à la fois « le Médiateur et la plénitude de toute la Révélation »Jésus nous montre le visage de Dieu et nous fait connaître le nom de Dieu. Dans la Prière sacerdotale, lors de la Dernière Cène, Il dit au Père : « J’ai fait connaître ton nom aux hommes… Je leur ai fait connaître ton nom » (cf. Jn 17, 6.26). L’expression « nom de Dieu » signifie Dieu comme Celui qui est présent parmi les hommes. À Moïse, auprès du buisson ardent, Dieu avait révélé son nom, c’est-à-dire qu’il s’était rendu invocable, il avait donné un signe concret de son « être là » parmi les hommes. Tout cela trouve en Jésus un accomplissement et une plénitude: Il inaugure d’une manière nouvelle la présence de Dieu dans l’histoire parce que celui qui le voit Lui, voit le Père, comme il dit à Philippe (cf. Jn 14, 9)." 

Le saint Père conclue en ces termes, je recopie ses paroles et les laisse à votre méditation: "

Le désir de connaître réellement Dieu, c’est-à-dire de voir le visage de Dieu est présent en chaque homme, même chez les athées. (...) Mais ce désir se réalise en suivant le Christ, ainsi nous le voyons de dos et nous voyons enfin Dieu également comme un ami, son visage dans le visage du Christ. L’important est que nous suivions le Christ non seulement au moment où nous en avons besoin et quand nous trouvons du temps dans nos occupations quotidiennes, mais dans notre vie en tant que telle. Toute notre existence doit être orientée vers la rencontre avec Jésus Christ, vers l’amour envers Lui ; et, dans celle-ci, l’amour pour notre prochain doit aussi occuper une place centrale, cet amour qui, à la lumière du Crucifié, nous fait reconnaître le visage de Jésus chez le pauvre, celui qui est faible, qui souffre. Cela n’est possible que si le véritable visage de Jésus nous est devenu familier dans l’écoute de sa Parole, dans le dialogue intérieur, dans la pénétration de cette Parole de manière à le rencontrer réellement, et naturellement dans le Mystère de l’Eucharistie. Dans l’Évangile de saint Luc est significatif le passage des deux disciples d’Emmaüs, qui reconnaissent Jésus dans la fraction du pain, mais préparés par le chemin avec Lui, préparés par l’invitation qu’ils Lui ont adressée de demeurer avec eux, préparés par le dialogue qui a fait brûler leur cœur ; ainsi, à la fin, ils voient Jésus. Pour nous aussi l’Eucharistie est la grande école où nous apprenons à voir le visage de Dieu, où nous entrons en relation intime avec Lui ; et nous apprenons dans le même temps à tourner notre regard vers le moment final de l’histoire, quand Il nous rassasiera de la lumière de son visage. Sur la terre, nous marchons vers cette plénitude, dans l’attente joyeuse que s’accomplisse réellement le Royaume de Dieu. Merci."

Voici le coeur de notre foi: croire que Jésus est le verbe fait chair, qu'Il est Dieu, se nourrir de la Parole de Dieu et de l'Eucharistie qui nous ouvrent au service du prochain.

 

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Published by Jacquotte - dans Lectures
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