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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 16:53

 L.pnge saint père part de sa réflexion de la semaine précédente sur le désir de Dieu en l’homme et propose de réfléchir sur les voies qui mènent à la connaissance de Dieu en rappelant que Dieu a toujours l’initiative. L’homme ne chercherait pas Dieu si Dieu n’éveillait en nous ce désir et qu’Il nous guidait.  Cette initiative se fait cependant dans le respect de notre liberté : « N’oublions jamais l’expérience de saint Augustin : ce n’est pas nous qui possédons la Vérité après l’avoir cherchée, mais c’est la Vérité qui nous cherche et nous possède. »

 

« Toutefois, il existe des voies qui peuvent ouvrir le cœur de l’homme à la connaissance de Dieu, il existe des signes qui conduisent vers Dieu. » Dieu malgré son apparent absence nous guide, nous cherche, nous titille… Il reste proche de nous, nous avons à discerner les signes qui nous conduisent à Lui. La foi est cette rencontre avec le Christ, est elle rencontre de l’homme avec son Créateur aimant.

« Aujourd’hui — nous le savons — les difficultés ne manquent pas ni les épreuves pour la foi, souvent peu comprise, contestée, refusée. Saint Pierre disait à ses chrétiens : «Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous » (1 Pt 3, 15). Par le passé, en Occident, dans une société considérée comme chrétienne, la foi était le milieu dans lequel elle évoluait; la référence et l’adhésion à Dieu étaient, pour la plupart des personnes, une partie de la vie quotidienne. C’était plutôt celui qui ne croyait pas qui devait justifier son incrédulité. Dans notre monde, la situation a changé et le croyant doit toujours davantage être capable de rendre raison de sa foi. »

Benoît XVI s’appuyant alors sur l’encyclique Fides et ratio ( Foi et raison) de Jean Paul II montre les difficulté de notre époque à travers un court historique où l’athéisme a pris une place importante.  Un point soulève tout particulièrement mon attention ; « De nos jours s’est vérifié un phénomène particulièrement dangereux pour la foi: il y a en effet une forme d’athéisme que nous définissons, justement, « pratique », dans lequel les vérités de la foi ou les rites religieux ne sont pas niés, mais simplement ils sont jugés sans importance pour l’existence quotidienne, détachés de la vie, inutiles. Souvent, alors, on croit en Dieu de manière superficielle, et on vit « comme si Dieu n’existait pas » (etsi Deus non daretur). Mais à la fin, cette manière de vivre se révèle encore plus destructrice, parce qu’elle porte à l’indifférence envers la foi et envers la question de Dieu. » C’est la question  non de l’athéisme qui est une véritable philosophie et même une « théologie » de la non-existence de Dieu mais celle de l’indifférence. L’indifférence est plus dangereuse et sans doute plus dure à combattre dans la mesure où elle crée une profonde méconnaissance et une perte de la recherche de sens. Elle est réductrice : « En réalité, l’homme, séparé de Dieu, est réduit à une seule dimension, celle horizontale, et ce réductionnisme est précisément l’une des causes fondamentales des totalitarismes qui ont eu des conséquences tragiques au siècle dernier, ainsi que de la crise de valeurs que nous voyons dans la réalité actuelle. En affaiblissant la référence à Dieu, on a également affaibli l’horizon éthique, pour laisser place au relativisme et à une conception ambiguë de la liberté, qui au lieu d’être libératrice, finit par lier l’homme à des idoles. » Nous reparlerons de la liberté dans nos articles « éthique » mais on ne peut nier la profonde crise morale que nous traversons basée sur le relativisme et l’individualisme. Jean Paul II nous avait déjà mis en garde dans son encyclique Veritatis Splendor en s’appuyant sur le Concile Vatican II, nous sommes à présents au cœur de cette crise où les fondements anthropologiques de notre éthique sont mis à mal.

Nous touchons du doigt l’origine du péché, le drame issu de notre liberté : l’orgueil, la volonté de devenir notre propre principe, la volonté de devenir « comme des dieux » et donc  de nous passer de Dieu, de nier la dimension transcendantale de notre existence, la dimension verticale… Ce risque est présent aussi dans notre Eglise où nous oublions que la croix à deux branches pour nous concentrer uniquement sur l’homme, sur l’amour du prochain. Dimension indispensable, fondamentale mais qui perd quasiment tout son sens si l’amour du prochain et de soi-même est séparé de Dieu, de l’amour de Dieu : « Ce que la sagesse antique évoque avec le mythe de Promothée n’a pas disparu : l’homme pense pouvoir devenir lui-même « dieu », patron de la vie et de la mort. » Notre volonté de maîtriser le début de la vie et la fin de vie dit quelque chose de cela. La vie n’est plus un don, elle est un « bon plaisir » entre nos mains !

« Face à cette situation, l’Église, fidèle au mandat du Christ, ne cesse d’affirmer la vérité sur l’homme et sur son destin. Le Concile Vatican ii affirme ainsi de façon synthétique : « L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse à l’homme de dialoguer avec Lui commence avec l’existence humaine. Car, si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par amour et, par amour, ne cesse de lui donner l’être ; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet amour et s’abandonne à son Créateur » (Const. Gaudium et spes, n. 19). »  L’homme dans notre foi ne se comprend que dans la relation avec son créateur… et même plus encore puisque le Concile parle de « communion ».  En nous séparant de Dieu, nous nous détruisons alors que dans le projet de Dieu nous sommes faits pour entrer en communion avec Dieu, participer à la vie divine et en quelque sorte « être divinisés. » Mais nous ne pouvons nous élever nous-mêmes, nous avons besoin de Dieu, de sa grâce… Ceux qui s’élèvent seront abaissés, pensons au très beau Cantique de Marie, le chant du Magnificat : « Il élève les humbles… il renvoie les riches les mains vides… »

 

« Quelles réponses la foi est-elle alors appelée à donner, « avec douceur et respect» à l’athéisme, au scepticisme, à l’indifférence envers la dimension verticale, afin que l’homme de notre temps puisse continuer à s’interroger sur l’existence de Dieu et à parcourir les voies qui conduisent à Lui ? Je voudrais évoquer certaines voies, qui dérivent tant de la réflexion naturelle, que de la force même de la foi. Je voudrais les résumer de façon très synthétique en trois mots : le monde, l’homme, la foi. »

La fin de la catéchèse va dons se développer autour de ces trois mots : MONDE, HOMME et FOI.

 

« Le premier mot : le monde. » Ici, en citant Augustin et Einstein, Benoît XVI nous invite à la contemplation du monde : « Je pense que nous devons récupérer et faire récupérer à l’homme d’aujourd’hui la capacité de contempler la création, sa beauté, sa structure. Le monde n’est pas un magma informe, mais plus nous le connaissons, plus nous en découvrons les merveilleux mécanismes, plus nous voyons un dessein, nous voyons qu’il y a une intelligence créatrice.  (…)Une première voie, donc, qui conduit à la découverte de Dieu consiste à contempler la création avec un regard attentif. »

 

« Le deuxième mot : l’homme. » Il cite encore saint Augustin : « Ne va pas au dehors, cherche en toi-même ; la vérité réside dans l'homme intérieur » (De vera religione, 39, 72).

Bref, s’arrêter et prendre le temps de regarder au plus profond de soi-même là où Dieu se repose. Un midrash juif posait cette question : pourquoi Dieu ne s’est-il reposé que le septième jour ??? C’est vrai qu’Il aurait pu faire une petite pause un peu plus tôt. Et bien parce qu’avant la création de l’homme, Il n’avait pas lieu où reposer….

 

« Le troisième mot: la foi. »  « En particulier dans la réalité de notre temps, nous ne devons pas oublier qu’une voie qui conduit à la connaissance et à la rencontre avec Dieu est la vie de la foi.  Celui qui croit est uni à Dieu, il est ouvert à sa grâce, à la force de la charité. »

 

Le troisième mot est le plus développé, en guise de conclusion, je vous livre le texte quasi en « intégrale » : « En effet, la foi est une rencontre avec Dieu qui parle et œuvre dans l’histoire et qui convertit notre vie quotidienne, en transformant en nous la mentalité, les jugements de valeur, les choix et les actions concrètes. Ce n’est pas une illusion, une fuite de la réalité, un refuge confortable, du sentimentalisme, mais une participation de toute la vie et l’annonce de l’Evangile, Bonne Nouvelle capable de libérer chaque homme.

Un chrétien, une communauté qui sont actifs et fidèles au projet de Dieu qui nous a aimés le premier, constituent une voie privilégiée pour ceux qui sont dans l’indifférence ou dans le doute à propos de son existence et de son action. Mais cela demande à chacun de rendre toujours plus transparent son propre témoignage de foi, en purifiant sa vie afin qu’elle soit conforme au Christ.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ont une conception limitée de la foi chrétienne, car ils l’identifient avec un simple système de croyances et de valeurs et pas tant avec la vérité de Dieu qui s’est révélé dans l’histoire, désireux de communiquer avec l’homme de manière personnelle, dans une relation d’amour avec lui. En réalité, comme fondement de chaque doctrine ou valeur, il y a l’événement de la rencontre entre l’homme et Dieu en Jésus Christ. Le christianisme, avant d’être une morale ou une éthique, est l’avènement de l’amour, est l’accueil de la personne de Jésus. C’est pourquoi le chrétien et les communautés chrétiennes doivent tout d’abord regarder et faire voir le Christ, véritable chemin qui conduit à Dieu. »

Ce dernier point est très important, souvent on peut lire la Bible comme un ensemble de valeurs humanistes, comprendre la foi chrétienne comme un ensemble de règles humanisantes… La foi c’est bien un dialogue, une relation confiante avec Dieu, une rencontre.

 

 

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Published by Jacquotte - dans Lectures
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