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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 09:46

E.pngn ce 21 septembre, nous fêtons saint Matthieu. Qui était-il? C'était un juif qui travaillait pour les romains. Il était collecteur d'impôts ou encore "publicain". Peu aimés car considérés comme des"collaborateurs", les publicains sont fortement critiqués par les autres juifs comme les pharisiens ou les zélotes ( défenseurs armés). Lévi pourtant deviendra l'un des douze apôtres mais aussi l'un des quatre évangélistes. Dans l'iconographie, il est représenté sous la forme d'un homme ailé - comme dans la vision d'Ezéchiel. Pourquoi un homme? Parce que son évangile est centré sur la vie du Christ et sur les implications que cela comportement pour celui qui désire le suivre. Saint Jérôme lui relève que l'évangile selon saint Matthieu débute par la généalogie de Jésus. Jésus, le messie attendu, nait dans une famille humaine.

 

L'Evangile de ce jour est bien entendu, l'appel de Lévi en Matthieu 9, 9-13. L'appel est relaté de manière très concise et comme souvent, Matthieu ne pose aucune question. Aucune parole n'est échangée et le nouveau disciple sans rien dire, abandonne tout -à l'instant- pour suivre le Christ: ""Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain. Il lui dit:  "Suis-moi". L'homme se leva et le suivit" (Mt 9, 9). Marc (cf. 2, 13-17) et Luc (cf. 5, 27-30) racontent eux aussi l'appel de l'homme assis à son bureau de publicain, mais ils l'appellent "Levi"." (audience du 30 août 2006-Benoit XVI).

Jésus choisit ici, nous l'avons déjà remarqué, un pécheur. Une personne particulièrement mal vue à l'époque. Du reste, tout de suite après l'appel de Lévi suit une critique acerbe de la part des pharisiens: "Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » 

Pécheurs, publicains et prostituées, c'est un peu le pack des personnes à ne pas féquenter... Jésus bien entendu ne s'arrête jamais à ces considérations sociales et humaines. Personne n'est exclu de son amitié, il le précise: "Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

Le pape le formule ainsi: "La bonne annonce de l'Evangile consiste précisément en cela:  dans l'offrande de la grâce de Dieu au pécheur!"

 

Matthieu est appelé alors qu'il est assis à son bureau. Pierre, Jacques, Jean et André eux étaient sur leurs barques en train de pêcher. Philippe était assis sous un figuier... Il est étonnant de voir que le Christ vient à la rencontre des hommes dans les activités les plus ordinaires de la vie. Saint Vincent de Paul aimait à dire qu'il fallait aller à la rencontre des hommes dans leurs activités quotidiennes: parler de légumes au jardinier, de ses enfants à la mère de famille. L'évangélisation passe forcément par ce moment de la rencontre dans le réel de la vie ordinaire. La sainteté, la vie chrétienne ne se construisent pas en dehors de nos activités concrètes. Le Christ habite tous les instants et toutes les choses ordinaires. Ce sont celles-ci que nous sommes appelés à transfigurer par le Christ et la charité.

 

Autre point important, nous l'avons dit aussi, est que Matthieu comprend tout de suite l'exigence de l'appel du Christ. Il abandonne son métier, c'est-à-dire sa source de revenus pour le suivre. Pourquoi? Il comprend immédiatement que certaines activités malhonnêtes ne sont pas compatibles avec le Christ. De fait, être chrétien implique de refuser le mal. Cela doit se traduire concrètement dans nos actes. Suivre le Christ et continuer à voler par exemple est un non-sens. Ecoutons Benoît XVI à ce sujet: " La concision de la phrase met clairement en évidence la rapidité de Matthieu à répondre à l'appel. Cela signifiait pour lui l'abandon de toute chose, en particulier de ce qui lui garantissait une source de revenus sûrs, même si souvent injuste et peu honorable. De toute évidence, Matthieu comprit qu'être proche de Jésus ne lui permettait pas de poursuivre des activités désapprouvées par Dieu. On peut facilement appliquer cela au présent:  aujourd'hui aussi, il n'est pas admissible de rester attachés à des choses incompatibles avec la "sequela" de Jésus, comme c'est le cas des richesses malhonnêtes. A un moment, Il dit sans détour:  "Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi" (Mt 19, 21). C'est précisément ce que fit Matthieu:  il se leva et le suivit! Dans cette action de "se lever", il est légitime de lire le détachement d'une situation de péché et, en même temps, l'adhésion consciente à une nouvelle existence, honnête, dans la communion avec Jésus."

 

Suivre le Christ comme nous le dit Bède le Vénérable, ce n'est pas seulement "marcher à sa suite", c'est "vivre comme lui": "C’est que le Seigneur qui l’appelait de l’extérieur par sa parole le touchait au plus intime de son âme en y répandant la lumière de la grâce spirituelle. Cette lumière devait faire comprendre à Matthieu que celui qui l’appelait à quitter les biens temporels sur la terre était en mesure de lui donner dans le ciel un trésor incorruptible. "

Puis le Christ entre chez Matthieu pour partager un repas. Matthieu qui a ouvert sa porte se trouve alors nourrit de la "lumière et de la présence" de Jésus.

SaintJeanBaptiste.png


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Published by Jacquotte - dans Catéchisme
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