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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 20:03



n flanant dans les rues autour de l'église Notre-Dame, je levais les yeux au son du Jacquemart. Notre ami infatigable qui sonne jour après jour les heures. La légende dit bien qu'il s'arrêta un temps. Ce silence et cette tristesse subite furent interprétés comme une conséquence de sa solitude et les dijonnais remédièrent rapidement à cette situation en lui donnant une compagne: la jacquotte! Suivirent un Jacquelinet pour frapper les demis et une Jacquelinette pour frapper les quarts. C'est alors que je me suis souvenue que Charles Deulin dans ses fameux et désopilants Contes d'un buveur de bière avait une toute autre interpétration. Occasion unique pour les lire à nouveau et en particulier l'histoire de "Martin et Martine".


ambrinus devenu à la suite de maintes aventures (et une rencontre avec Belzébuth), inventeur du carillon, roi de la bière et bourgmestre de Cambrai était aussi le parrain d'une jeune fille plus généreuse que belle: Martine.
Ses parents ne parvenaient pas à la marier car en plus d'être peu agréable à regarder, son père, ogre de son état, avait la fâcheuse habitude de manger les jeunes gens qui se présentaient dans le quartier. Seul le vieux Guillaume, célibataire peu aimé de dame nature et coureur de dot avait encore l'idée d'épouser la demoiselle Martine.
Mais un jour, un petit prince, divinement beau, qui courait la campagne demande l'asile chez l'ogre. A l'instant même où Martine aperçoit Martin, elle s'éprend éperdument du jeune homme. 
Son père bien évidemment découvre Martin caché dans une horloge qui s'engage -sans grand enthousiasme- pour sauver sa vie à épouser la fille. Notre ogre quelque peu blessé dans son amour propre ne l'entend plus ainsi et oblige le prince à passer un certain nombres d'épreuves: couper des arbres, creuser un vivier... toutes sortes d'exploits qu'il n'aurait pu accomplir sans l'aide de Martine et de sa marraine la fée des Houblons! Notre ogre futé s'aperçoit du stratagème et décide de servir Martin à un repas arrosé de bière. Nouveau rebondissement, Martine s'échappe avec son bien-aimé et une course poursuite s'engage entre les enfants et l'ogre chaussé de ses bottes de 7 lieux. Mais, plus rusée encore que son père, Martine à plusieurs reprises se transforme ( chapelle, rosier, bateau...) et notre ogre se retrouve en pleine déconfiture. Pour se consoler, quelques pintes feront l'affaire! Un contrat est passé avec Cambrinus qui lui assure que sa fille reviendra un jour: "s'il s'engage à ne plus dévorer les enfants, il pourra devenir bourgmestre". L'ogre accepte et se charge à merveille de sa tâche.

Quelques années plus tard, il retrouve sa fille et plutôt que de les marier. Il décide que Martine épousera le vieux Guillaume et que Martin sera attaché à la cloche et chargé de sonner les heures. Mais le jeune fille échappe encore une fois à la vigilance de son père et la voilà à son tour enchaînée à la cloche...

Un an passe, Martin est enfin amoureux de sa Martine... Il est touché par tant d'amour et de dévouement. Cela dit, une cloche les sépare et il ne peut guère lui exprimer son amour!

C'est alors que notre roi de la bière, Cambrinus, passe dans la ville et se rend compte de la situation. Il ordonne à l'ogre de les libérer mais celui-ci refuse: «  Tu vas déranger toutes nos habitudes. Ils sonnent si bien la cloche! Depuis qu'ils sont là, je peux avoir la paix et tout le monde est couché à dix heures! »

Cambrinus lui rétorque alors: « Rappelle toi que le roi de la bière est aussi l'inventeur du carillon. Je me fais fort de te fabriquer deux sonneurs mécaniques qui ressembleront comme deux gouttes d'encre à ces pauvres martyrs. Que le couvre-feu soit sonné par Martin ou Jacques, Martine ou Jacquotte, que t'importe! »

Et voilà pourquoi Cambrinus fabriqua les deux Jacquemarts de bronze de la ville de Cambrai qui en inspira beaucoup d'autres....


Terminons avec les paroles du chanoine Kir:

" Dijonnais, voici le portrait
Du vieux Jacquemart de Courtrai
Amené captif sur guimbarde
Par un bourguignon dégourdi
Nommé Philippe le Hardi

Je suis en haut toujours de garde
Humant le bon vin, la moutarde
Et de minuit jusqu'à midi,
Tout en fumant une bouffarde,
Je sonne hardi-petit, hardi ".


 

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Published by Jacquotte - dans Folklore
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