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29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 13:50

P.pngeut-être faites-vous partie d'une de ces 20 000 personnes qui iront trainer leurs espadrilles à une session de Paray cet été? Rien de tel pour se rebooster que d'aller poser des néons, dévisser des ampoules et chanter des "Amen de Gloire!" avec d'autres personnes.  Il y en a pour tous les goûts: forum des jeunes, session mariale, congrès de l'adoration, session des familles, session des gens dans la rue, parcours de préparation au mariage... et en plus parents vos chérubins sont gardés en journée (bricolages, jeux, chants, siestes pour les petits...) , vous êtes tranquilles  pour suivre ce que vous voulez!

Alors n'hésitez pas. C'est très libre et personnellement je zappe certains trucs comme les partages, les veillées témoignages et me concentre sur les enseignements qui sont de grande qualité et les temps de prières.

Au cours de cette session des 25-35 ans, deux intervenants ont été particulièrement brillants, le dominicain Humbrecht et le père Nicolas Buttet.

 

J'aimerai revenir aujourd'hui sur l'enseignement du père Humbrecht, " Notre histoire a t'elle un sens?". Son plan en trois parties  est  très simple: lire le passé, vivre le présent et constuire l'avenir. Je ne vais pas détailler son discours mais retranscrire quelques éléments de sa deuxième partie autour des questions du sens, de la vérité et de la vocation.

 

Il faut d'abord avoir bien conscience que la clé du bonheur est d'habiter son présent. C'est-à-dire de poser des actes, ne pas se laisser engloutir par le passé ou l'avenir. Pour faire court, le présent est le noeud stratégique de notre vie et cela est en réalité très exigeant. "Poser des actes", cela semble un peu stupide comme formule mais en fait cela suppose une confrontation au réel qui nous résiste. Il faut devenir pour reprendre une expression du père "redoutable d'efficacité" en posant  un acte l'un après l'autre et les mener à bien. Il faut aussi prendre le temps de terminer une action... La "finition" est une des grandes questions de notre génération.

 

Le père revient alors sur la question de fond: "Notre vie a t'elle un sens"?

Il distingue deux "sens" à ce terme: le sens et la vérité. En effet, le sens renvoie d'abord à la vérité c'est-à-dire à la part de réalité qui nous précède, nous mesure et que l'on ne crée pas. Je reçois une histoire... Puis le sens c'est justement la vérité que je confère, que je donne aux choses. C'est une intervention de l'esprit sur les choses. J'imprègne en quelque sorte ma marque sur les choses. Le sens est alors lieu d'interprétation et toute interprétation est une intervention.

Cela dit, il ne faut pas tout interpréter car dès qu'on interprète on met quelque chose de soi or pour certaines choses, il faut recevoir, accueillir la vérité comme on nous la donne ou la dit. Le père a donné l'exemple de la parole évangélique ou des textes conciliaires que l'on a d'abord à accueillir, comprendre puis à interpréter. Il faudrait avoir d'abord la simplicité de lire l'enseignement de l'Eglise et seulement dans un deuxième temps si nécessaire de l'interpréter. L'interprétation peut être réductrice car on tire les mots à soi. Selon les circonstances, on doit interpréter. Si par exemple le message de vérité manque d'intelligibilité, il est nécessaire de faire des liens.

 

Avec beaucoup d'humour, le père a ensuite prit l'exemple des "signes" et de leurs inteprétations et il est vrai que je suis parfois stupéfaite de la platitude des signes qu'osent me rapporter certains de mes amis. Qu'est-ce qu'un signe? Une chose qui en désigne une autre. Le signe est nécessairement subjectif, c'est moi qui fait le lien et cela reste bien entendu fragile. Il est impératif qu'un discernement soit fait par l'intelligence. Il faut distinguer ce qui est de l'ordre du "moi-même" et de ce qui est de l'ordre du "Saint Esprit". Il est nécessaire de faire les choses avec intelligence et d'avoir un regard extérieur, une critique ou un conseil externe car on n'est pas forcément bon juge pour soi-même. Je ne peux ici que conseiller vivement d'avoir recours à un conseiller spirituel.

 

Donner sens à notre histoire? C'est aussi la question de la fameuse vocation et une réflexion plus profonde sur la Providence. Cette réflexion est intéressante car elle permet de bien distinguer Destin et Providence et de sortir du débat parfois un peu stérile entre vocation religieuse/ vocation au mariage.

En fait, le père Humbrecht note qu'il est difficile parfois de savoir qu'elle est sa vocation profonde et réelle et que souvent il faut attendre la fin... Les actes que nous posons décident de  notre vocation en réalité. Cela dépend de nous! N'oublions pas que nous sommes des êtres libres et que rien n'est prévu par Dieu malgré nous. Cela n'est pas écrit ou tracé à l'avance... Les choses ne sont pas nécessaires. En gros, la vocation en termes de carrière n'existe pas.

Il  nous faut alors distinguer entre vocation et appel! Quelle est ma vocation? Elle est la même pour tous les hommes; la sainteté et cela en vertu même de notre baptême pour nous chrétiens.

Ensuite, point très important, il n'y a pas d'appel direct de Dieu au mariage. En effet, tous nous avons une vocation au mariage qui est inscrite dans notre nature même. Je suis tout à fait le père sur cette question car le mariage est le premier des sacrements, le seul créé au début du monde, le seul qui n'a pas été donné par le Christ. La nature, c'est une grâce de Dieu. Il est donc inutile en termes de mariage d'attendre un appel de Dieu, c'est déjà fait!

Mais en revanche, il a justement un appel particulier de Dieu pour la consécration car justement il faut m'arracher à ma vocation naturelle au mariage. C'est un appel qui se déroule sous la modalité du désir, modalité très humaine, qui doit faire quelque part "concurrence" à l'appel à la vie en couple.

 

Ensuite, le père a insisté sur l'importance de la responsabilité personnelle. Question de grande actualité. Il cite l'Ecclésiaste: " Dieu a laissé l'homme à son conseil". Dieu n'agira, ne décidera jamais à ma place. N'oublions pas que ce qui fait que l'homme est à l'image de Dieu, c'est entre autres sa liberté! Et Humbrecht va plus loin encore car il affirme que si on agit pas, on empêche même Dieu d'agir car Dieu a voulu ne pas agir seul mais toujours en collaboration avec l'homme. N'est-ce pas une des significations profondes de l'alliance qui habite la Bible? Saint Thomas dira que Dieu a donné à l'homme la dignité de la causalité.  Cette liberté, ce vouloir doivent s'articuler, être en médiation avec l'Eglise, c'est-à-dire la communauté. La grâce de Dieu agit toujours dans la communauté ( notez  la différence avec la théologie luthérienne). Il faut avoir conscience de l'importance des médiations humaines: Eglise, société, famille, amis... Rien ne se fait jamais de manière abstraite.

En guise de conclusion, on peut reprendre la très célèbre formule: " Dieu opère, nous coopérons."

SainteLucie.png

 

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Published by Jacquotte - dans Hors-sujet
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