Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:18

Q.pnguarante jous de Carême, nous voilà à présent aux portes de Pâques... Nous entrons aujourd'hui dans la semaine sainte. Deux évangiles en ce dimanche. Celui qui sera lu sur les parvis des églises, l'évangile des "rameaux", celui qui raconte comment Jésus est entré à Jérusalem sous les ovations de la foule et celui de la passion selon saint Luc. Très belle fête parfois teintée de superstition malheureusement car certaines personnes viennent  à la bénédiction des Rameaux uniquement dans le but de rapporter chez soi du buis béni qui protégera leur maison... Nous ne retiendrons pas, bien entendu, cet aspect ci...

 

La célébration des Rameaux c'est fêter cette entrée triomphale du Christ venu célébrer à Jérusalem, la Pâque juive- Pessah- avec ses disciples. C'est la reconnaissance que Jésus est bien le messie attendu, le Christ venu sauver les hommes. Grand mystère que ce messie humble montant un âne et qui ne s'éclaircira que quelques jours plus tard au cours du triduum pascal: jeudi saint- vendredi saint- samedi saint. Un messie qui institue l'eucharistie, qui lave les pieds de ses disciples, qui est serviteur souffrant (ecce homo) et qui enfin connaîtra le supplice de la croix et la mort.

La croix, passage inévitable, où Jésus offre sa vie pour nous... La croix, scandale et folie... qui n'a aucun sens sans la résurrection du Christ que nous fêterons dimanche prochain.

 

 

Regardons plutôt le texte de saint Jean. Nous trouverons ce passage au chapitre 12, 12- 19.

L'entrée à Jérusalem est précédée de l'onction à Bethanie, le village où Jésus a ressuscité Lazare. Les grands prêtres décident alors de tuer Jésus ( et Lazare par la même occasion). Nous sommes aux versets 9 à 11. Jésus quitte Bethanie pour se rendre à Jérusalem, ville sainte, lieu du Temple. Saint Luc précisera aussi la proximité de ce village ainsi que celui de Bethhagé. Le nom des ces villes a beaucoup intrigué les pères. On reconnaît déjà le mot hébreu "beth" qui signifie la maison ( Bethléem = la maison du pain ou encore Elisabeth = la maison de Dieu). Origène parle de "maison de l'obéissance" et avec Bède il note la référence sacerdotale de Bethphagé, "maison des "mâchoires"- lieu d'habitation pour les prêtres.

 

 L'enthousiasme augmente, la foule est en liesse. Le nombre des disciples augemente et c'est une foule considérable qui vient acclamer Jésus comme "messie"... Ils prennent des branches de palmiers, poussent des cris de joie: "Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, et le roi d'Israël".Ce cri "Hosanna" signifie en quelques sorte "sauve nous, s'il te plaît, nous t'en prions..." Qui peut sauver sinon le Père? Le salut vient de Dieu seul mais la foule reconnaît en Jésus, l'envoyé du Père, celui qui va les conduire vers le salut.

 

Contrairement aux évangiles synoptiques (il s'agit des évangiles selon saint Matthieu, saint Marc et saint Luc. Ces trois évangiles sont très proches et peuvent être mis en parallèle. On les "regarde ensemble" comme le suggère l'étymologie grecque "syn"= ensemble et "opsis"=voyant". Il existe des "synopses" où les trois évangiles sont disposés sur une même page en trois colonnes pour voir d'un seul coup d'oeil les parallèles, les ressemblances et les spécificités...) , Jésus n'envoie pas de disciples chercher l'âne pour monter dessus. En saint Jean, Jésus "trouve un petit âne, s'assit dessus"... Il accomplit ainsi une prophétie bien connue par les juifs, la prophétie de Zacharie ( le prophète et non le père de Jean-Baptiste) que vous trouverez en Zacharie 9,9: "Voici que ton roi vient à toi, humble et monté sur un âne et sur un poulain, petit des ânesses." Il s'agit donc bien d'une entrée messianique. La foule a cet instant, alors que par ailleurs Jésus lui a souvent ordonné de  se taire, peut l'acclamer comme roi et messie. Entrée messianique cependant surprenante car c'est un messie doux et humble qui entre aujourd'hui à Jérusalem et non un roi tout-puissant, chef des armées qui aurait l'intention de chasser les romains de la province de Palestine. Certains vont en effet être deçus, Jésus ne sera pas le "roi d'Israël" qu'ils imaginaient.

L'âne n'a pas encore été monté. Pour Augustin, il s'agit du peuple païen qui n'a pas encore reçu la Loi, qui ne connaît pas les Ecritures. Jésus avec la Loi nouvelle annonce une Bonne Nouvelle, un salut universel...

 

Pour terminer, encore un peu de saint Bernard qui nous aura bien accompagné au cours de ce Carême:

"Voilà pourquoi aussi le seigneur a voulu nous donner, en même temps, une leçon de patience dans la passion et d'humilité dans la procession. Dans l'une, il paraît comme un agneau qu'on mène à la boucherie, ou qui se trouve entre les mains du tondeur, et n'ouvre point la bouche. En effet, tandis qu'on le chargeait de coups, non-seulement il ne faisait point entendre de menaces, mais même il n'ouvrait la bouche que pour articuler ces paroles : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font (Luc. XVIII, 34). » Mais dans son cortège triomphal, que voyons-nous? Pendant que les habitants de la ville se préparaient à voler à sa rencontre, lui n'ignorait point ce qu'il y avait de caché au fond de leurs coeurs. Voilà pourquoi il se présente à eux monté, non dans un char ou sur des chevaux aux freins d'argent et aux harnais semés de clous d'or, mais il vient humblement assis sur un modeste ânon que ses apôtres avaient couvert de leurs vêtements, et je ne crois pas que ces vêtements fussent les plus précieux de la contrée.

Mais pourquoi voulut-il paraître dans ce cortège, puisqu'il prévoyait qu'il allait sitôt être suivi de la passion? Peut-être bien ne fût-ce que pour que sa passion lui parût plus amère, venant sitôt après son entrée triomphale : car à peine s'était-il écoulé quelques jours, qu'il se vit attaché à la croix, par les mémés hommes qui l'avaient acclamé, dans le même temps et au même endroit où ils l'avaient applaudi. Quelle différence entre ces cris: « Otez-le, faites-le disparaître de devant nos yeux, crucifiez-le (Joann. XIX, 15) ! » Et ceux-ci : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur; hosanna au plus haut des cieux (Matt. XXI, 9) ! » Entre ces paroles : « Roi d'Israël (Joann. XII, 13) ! » Et celles-ci : «Nous n'avons point d'autre roi que César (Joann. XIV, 15)! » Qu'il y a loin de ces rameaux verdoyants au. bois de la croix, de ces fleurs à ces épines ! On s'était dépouillé de ses vêtements pour les, étendre sur ses pas, et voilà qu'on lui arrache les siens et qu'on les tire au sort. Oh ! malheur à toi, péché amer ! car, c'est pour t'expier qu'il lui a fallu s'abreuver de tant d'amertumes

 

SaintJeanBaptiste.png

Partager cet article

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article

commentaires