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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 22:21

E.pngvidement, le terme de "conscience" n'existe pas en hébreu... Mais cela ne signifie pas pour autant que la notion est inexistante dans la pensée vétérotestamentaire. On retrouve bel et bien des éléments d'une réflexion sur la conscience à travers tout l'Ancien Testament.

 

Noublions pas que toute la morale dans la Bible est à comprendre à travers une foi et en particulier une alliance entre un Dieu unique et personnel et son peuple... Cette foi et cette connaissance en un Dieu unique est révélée. Dieu n'est pas connu dans ce cadre à partir de la nature. La morale hébraïque est liée à la volonté du père.

La morale dans l’AT est une morale religieuse qui n’a de sens que dans cette relation entre Dieu et le peuple qu’Il a choisi pour en faire le dépositaire de sa promesse et de son alliance où il appelle l’homme à la foi, à l’obéissance et à l’amour. La loi morale va ensuite se dévoiler progressivement, il existe toute une pédagogie divine. La loi ne se révèle pas sous forme d’obligations abstraites mais dans un rapport   où Dieu est soit le juge qui condamne, punit soit le père qui promet, qui délivre.

 

Tout homme existe devant Dieu. Devant Dieu il acquiert une connaissance morale de ses actes, déterminée par une règle objective identifiée à Dieu, son créateur. Il doit répondre devant Dieu de ceux qui violeraient cette règle objective : Sodome, Déluge, peuples étrangers comme Babylone condamnés…  La conscience c'est en quelque sorte cette  compréhension de la  volonté divine.

Dans ce contexte, on retrouve les grands questionnements autour de la conscience. On trouve ainsi:

  • la description d’un trouble et du remords.

  • La paix d’une conscience pure.

  • La connaissance de soi réside dans le cœur qui dépend de l’omniscience, l’omniprésence de Dieu législateur et juge.

Prenons, par exemple, l'épisode de la chute. Adam et Eve croquent dans le fruit défendu. Ils violent la prescription divine. Avant même d'être condamnés par Dieu quelque chose à changer en eux: "ils virent qu'ils étaient nus". Ils éprouvent une sorte de honte intérieure. Leur situation est pourtant identique mais de leur point de vue quelque chose à changer, ils se voient différemment. Ils se voient nus c'est-à-dire tels qu'ils sont dans leurs limites, leurs faiblesses... La conscience est née. L'homme porte seul un regard sur ses actes, il est déjà son propre juge. C'est seulement après que nos deux fautifs entendent les pas de Dieu et qu'ils doivent s'expliquer devant Lui. Adam et Eve n'ont pu, avant même d'être présentés à Dieu, échapper à leurs consciences respectives.

 

Cependant, ce n'est pas encore une conscience qui délbère ou juge. Qu'est ce qui relève du mal ou de la désobéissance: la mise en distance de Dieu.

Cependant, la LXX (la septante désigne les premières traductions grecques de l’AT en particulier du pentateuque, on les situe vers le II siècle avant JC. Sûrement une traduction des juifs égyptiens pour leur usage (III siècle avt JC)) utilise tout de même le mot grec suneidésis  On le trouve trois fois dans l’AT mais avec des sens différents.

On parle de « for intérieur » (en Qo 10, 20) ou encore de "témoignage intérieur". La notion est alors empruntée à la philosphie stoïcienne. Et nous verrons que ce terme de "suneidésis" nous révèlera bien des surprises.

 

 

La réalité de la conscience existe dans toute la Bible. et quand elle est précisée, la fonction de la conscience est  alors attribuée au cœur ou aux reins.

L'idée du coeur est très présente dans l’AT (hebreu lév ou lévâv et en grec kardia) : il signifie ce qui est caché à l’intérieur. C'est dans un sens beaucoup plus large que nous modernes où le coeur est seulement le siège des émotions, des sentiments. Ici en hébreu, c'est l'intime de l'homme: sentiments, émotions mais aussi pensées, mémoire, projets, raisonnements. C’est le siège des émotions et des différentes actions humaines (joie et tristesse, amour et haine, désir, trouble, peur, sollicitude et irritation, assurance et vanité), et le siège de l’intellect. En effet, le cœur remplit des fonctions intellectuelles et rationnelles. Il est proche alors de ce que l’on appelle « esprit ». C’est l’organe de la connaissance et de la compréhension lié à la fonction de l’oreille ( la connaissance étant surtout le fait d’écouter la Parole de Dieu et d’entendre sa volonté). C’est le lieu de l’attention et de la mémoire, de la pensée conscience, de la méditation. Le lieu du savoir et de la raison. Par exemple n 1 Roi 5, 9: « Dieu donne à Salomon, une sagesse et une intelligence extrêmement grande et un coeur aussi vaste que le sable qui est au bord de la mer »- le « coeur aussi vaste », c'est un savoir très étendu...

C’est aussi le siège de la volonté en tant qu’il est l’organe de la pensée, le lieu où naissent les intentions, où mûrissent les plans et les projets, où se prennent les décisions et le lieu où l’on trouve le courage de passer à l’action. C’est le lieu où se passe les choix moraux, de l’engagement éthique et religieux là où se révèle le cœur de l’homme, le cœur droit et pur, qui de tout cœur s’attache à Dieu et à sa Loi. Au contraire le cœur endurci sera celui de l’homme qui refuse la Parole de Dieu.

 

Le cœur est lié à la parole et aux mains car ce sont elles qui expriment ce qu’il y a au fond du cœur. Il est essentiel donc qu’une action soit sans duplicité, en accord avec le cœur. C’est vraiment le centre de l’être, là où la personne est face à elle-même, avec ses sentiments, sa raison, sa conscience ; là où elle assume sa responsabilité en posant des choix décisifs tournés ou non vers Dieu. Le mot cœur peut désigner aussi la personne toute entière.

 

Enfin, la conscience est  liée au sentiment du remords... Après avoir commis une faute, les personnages de l'AT tel David éprouve du remords caractérisé souvent par des battements rapides du coeur.

SaintPierre.png

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Published by Jacquotte - dans Ethique
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