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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 13:05

E.png n ce premier octobre, nous faisons mémoire de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la sainte Face plus souvent appelée « la petite Thérèse ». Cette petite carmélite a profondément marquée la spiritualité chrétienne du XXème siècle et Lisieux est devenu un haut lieu de pèlerinage ces dernières années.

A première vue, sainte Thérèse que nous connaissons à travers son autobiographie, Histoire d'une âme, ses Lettres ou encore ses Poésies peut paraître bien mièvre et cependant cette petite sainte entrée au Carmel à l'âge de 15 ans fut proclamée docteur de l'Eglise par Jean Paul II. Qu'est-ce qu'un « docteur de l'Eglise »? Ce titre est donné à un théologien dont le savoir, les écrits sont des exemples en matière de doctrine. On peut s'appuyer avec confiance sur leur pensée. A l'impact et l'importance de leur oeuvre doit se joindre la sainteté. Il existe à ce jour 33 docteurs de l'Eglise ( Saint Augustin, Saint Thomas, Saint Grégoire de Nazianze, Saint François de Sales, Saint Ambroise, Saint Bonaventure ...) dont trois femmes: la grande Sainte Thérèse d'Avila, Sainte Catherine de Sienne et la petite Thérèse.

Quelle est la doctrine mit en avant Thérèse? De la spiritualité « du grain de sable » à son entrée en Carmel jusqu'à « la nuit de la foi » qui a marquée les dernières années de sa courte vie, Thérèse nous propose une doctrine de la petite voie: voie de l'enfance, voie de la pauvreté, voie de l'abandon et de l'amour. Cela peut nous paraître aujourd'hui superflu mais à l'époque de Thérèse, encore marquée par le jansénisme, réaffirmer que Dieu n'est qu'Amour et miséricorde cela n'est pas évident. Que faut-il retenir? Dieu, qui n'est qu'Amour et Miséricorde, a soif de donner son pardon. Le péché n'est jamais plus grand que Son pardon.L'âme reçoit exactement ce qu'elle attend, comprend de Dieu. La justice est totalement assumée dans l'Amour. Il faut donc apprendre à abandonner sa vie à l'Amour de Dieu pour devenir « une louange de Dieu ». Pour cela, Thérèse va proposer une nouvelle voie, celle de l'enfance.

Il s'agit comme l'enfant de se jeter dans les bras de son Père et de se laisser porter par Dieu. Il ne s'agit pas de s'infantiliser ou de nostalgie de l'enfance perdue comme c'est bien à la mode aujourd'hui. Ils 'agit d'une attitude fondamentale: celle de la confiance et de l'abandon. Il faut aussi faire attention à une deuxième dérive, celle du quiétisme en quelque sorte. L'abandon à la Providence n'est pas abandon de sa volonté propre, bien au contraire. L'enfant décide en toute liberté et conscience de courir vers sa père. Sa volonté est en action... Faire un pas en quelque sorte pour que Dieu fasse les cent suivants...

Ce chemin de l'enfance est un chemin de charité et de sainteté. C'est aimer toujours et dans toutes les petites choses. C'est aimer dans les oeuvres minuscules pour avancer dans la charité, dans la sainteté et surtout dans la joie. Il faut pour Thérèse tout faire par amour en s'appuyant sur Dieu dans la prière et en se nourrissant de sa Parole. La petite voie de Thérèse est donc accessible à tous, quelque soit notre état de vie. Comme est le chemin de pauvreté, elle est profondément réelle. Elle nous permet de regarder nos faiblesses en toute vérité et de ne pas se laisser submerger par elles en les plaçant en Dieu dans la confiance.





 



Pour terminer quelques extraits de textes bien connus:

«Vous le savez, ma Mère, j’ai toujours désiré d’être une sainte, mais hélas ! j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé aux pieds des passants.

Au lieu de me décourager, je me suis dit : le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections, mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions, maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur, (…) et voici ce que j’ai trouvé : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux ! » (Is.66,13.12) Ah ! jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses, ne sont venues réjouir mon âme, l’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n’ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. »

 

« Je me sens la vocation de GUERRIER, de PRETRE, D’APÔTRE, de DOCTEUR, de MARTYR ; enfin, je sens le besoin, le désir d’accomplir pour toi Jésus, toutes les œuvres les plus héroïques… Je sens en mon âme le courage d’un Croisé, d’un Zouave Pontifical, je voudrais mourir sur un champ de bataille pour la défense de l’Eglise…O Jésus ! mon amour, ma vie… comment allier ces contrastes ? Comment réaliser les désirs de ma pauvre petite âme ?…Ah ! malgré ma petitesse, je voudrais éclairer les âmes comme les Prophètes, les Docteurs, j’ai la vocation d’être Apôtre… je voudrais parcourir la terre, prêcher ton nom.. et je voudrais en même temps annoncer l’Evangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus reculées… Je voudrais être missionnaire... je compris que si l’Eglise avait un corps, composé de différents membres (1Co 13,1-3), le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l’Église avait un Cœur, et que ce Cœur était BRULANT d’AMOUR. Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Eglise, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang… Je compris que l’AMOUR RENFERMAIT TOUTES LES VOCATIONS, QUE L’AMOUR ETAIT TOUT, QU’IL EMBRASSAIT TOUS LES TEMPS ET TOUS LES LIEUX … EN UN MOT, QU’IL EST ETERNEL !…Alors, dans l’excès de ma joie délirante, je me suis écriée : O Jésus, mon Amour… ma vocation, enfin je l’ai trouvée, MA VOCATION, C’EST L’AMOUR !… Oui j’ai trouvé ma place dans l’Eglise et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée… dans le Cœur de l’Eglise, ma Mère, je serai l’AMOUR… ainsi je serai tout… ainsi mon rêve sera réalisé !… »



SaintJeanBaptiste.png





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Published by Jacquotte - dans Catéchisme
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commentaires

Guillaume 13/10/2010 14:12


Merci pour ces beaux extraits, et surtout pour vos notes, que je ne saurais qualifier, mais qui m'apportent beaucoup.


Jacquotte 31/03/2011 23:22



Je vous remercie pour vos encouragements.