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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 19:22

 

L.pnges débats actuels tournent aujourd'hui assez rapidement autour de la question délicate de la catéchèse et de la transmission de la foi. Entre les NOC (Nouvelles Orientations pour la Catéchèse) et la grand rassemblement Ecclésia qui a eu lieu à Lourdes, tout le monde s'agite: messieurs les curés, dame caté, les éditeurs qui créent de nouveaux « modules » ( mot magique qui remplace le parcours en catéchèse), évêques et services diocésains...

 

Aujourd'hui nous n'allons cependant pas nous plonger dans les questions de la première annonce, des modules ou dans le texte des NOC mais dans une petite conférence de Josef Ratzinger que j'ai lu avec beaucoup d'intérêt et de plaisir. Elle date un peu puisqu'elle a été écrite en janvier 1983 mais elle n'a cependant pas pris une ride point de vue pertinence. Il s'agit du texte Transmission de la Foi et sources de la foi. La conférence se compose de deux grandes parties: « La crise de la catéchèse et le problème des sources » puis une seconde partie intitulée « Pour surmonter la crise ». Intéressons-nous pour l'instant à la première partie.

 

Dans un premier temps, Ratzinger cherche à dégager les principales caractéristiques de la crise tout en mettant en évidence certaines pratiques de la théologie pratique et pastorale. Une première critique apparaît. Certains ont jugé le « catéchisme » comme « dépassé » et ont par là même séparé Bible, contenu de la foi et Tradition vivante: La rupture avec une transmission de la foi comme structure fondamentale puisée aux sources d'une tradition totale, a eu pour conséquence de fragmenter la proclamation de la foi. Celle-ci fut non seulement livrée à l'arbitraire dans son exposé, mais encore remise en question dans certaines de ses parties, qui appartiennent pourtant à un tout et qui, détachées de lui, apparaissent décousues.

Autre point important, il relève le fait que les méthodes deviennent critères du contenu et n'en sont plus le véhicule. Fort est de constater que les catéchistes sont plus friands de formations sur les méthodes, les parcours que de formations « de fond » d'ordre spirituel ou théologique. Nous sommes malheureusement souvent plus soucieux de « faire » que de faire découvrir le Christ et l'Eglise. Nous retrouvons là la crise qui a touchée la morale... On ne peut séparer avancée dans la vie morale et avancée spirituelle comme on ne peut séparer la théologie pastorale de la dogmatique... C'est un non-sens qui peut se révéler très dangereux.

Comment l'expliquer? Le fait qu'on n'a plus le courage de présenter la foi comme un tout organique en soi, mais seulement comme des reflets choisis d'expériences anthropologiques partielles, reposait en dernière analyse sur une certaine défiance à l'égard de la totalité. Il s'explique par une crise de la foi, mieux; de la foi commune à l'Eglise de tous les temps.

On évite le dogme pour se référer directement à la Bible comme si le dogme était en opposition avec l'Ecriture, comme si le dogme était rédigé au gré des humeurs du souverain pontif, comme si le dogme était là pour nous embrigader et nous empêcher de réflechir par nous-mêmes... La Tradition, le dogme ne sont que l'interprétation vivante de l'Ecriture qui se nourrissent de nos mystiques, des Pères, des découvertes théologiques, de l'exégèse... Comment peut-on de fait renier un si bel héritage?

 

On parvient ainsi à un deuxième axe de réflexion «  Catéchèse, Bible et dogme. ». Ici émerge la critique d'une catéchèse bâtie uniquement sur l' « étude littéraire des sources » ou encore sur l'étude directe et unique de la Bible. Il observe alors que la Bible se désagrège comme Bible, pour n'être plus qu'une collection de livres hétérogènes. La Bible ne devient plus qu'un livre (et non plus Parole de Dieu), elle est seulement intéressante d'un point du vue culturel ou encore pour les valeurs humanistes qu'Elle véhicule...etc. Jésus n'est plus le Fils de Dieu, le ressuscité qui vit encore et que je peux rencontrer personnellement...

Le cardinal termine cette première partie sur un questionnement sur le lien entre exégèse dogmatique et exégèse historico-critique et sur cette constatation: Il est clair que la foi sans expérience ne peut être que verbiage de formules creuses. Il est inversement tout aussi évident que de réduire la foi à l'expérience ne peut que la priver de son noyau.

Il me semble en effet que toute séance de catéchèse doit s'appuyer sur la Parole de Dieu, la prière et sur un point (article) du catéchisme de l'Eglise Catholique. C'est l'articulation de ces trois éléments qui nous permettent de grandir en vérité dans la foi.

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Published by Jacquotte - dans Lectures
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