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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 20:02
 

a théologie morale à la différence par exemple de la théologie dogmatique qui s’intéresse aux croyances chrétiennes porte sur les ACTES. Elle traite des problèmes fondamentaux posés par l’AGIR HUMAIN afin que cet agir soit qualifié de BON ou de MAUVAIS.




On distingue la théologie morale fondamentale de la théologie morale spécifique ou spéciale ( morale sociale, morale sexuelle, morale économique, morale familiale…)

Nous n’avons pas en réalité l’habitude de pratiquer de la morale fondamentale car nous sommes toujours confrontés dans notre vie quotidienne à des questions morales particulières (devoirs, respect de la vie humaine, respect du travail, relation et valeur d’autrui, ….)C’est un risque que de s’engager dans des débats, des questions de morale particulière et souvent de s’enfermer dans des débats stériles sans avoir dans un premier temps saisis les enjeux de telle ou telle question grâce à la morale fondamentale. La morale fondamentale permet de comprendre ce qu’impliquent nos actes personnels, quelles sont les conséquences sur notre vision du monde, de l’homme, de Dieu, de notre relation à Dieu, de notre relation à autrui. Quand je pose un acte, je dis quelque chose en effet de l'homme, de Dieu, d'autrui, du monde...

Traditionnellement, on attribue quatre sources à la théologie morale:

  • L'Ecriture.

  • La Tradition ( magistère, textes conciliaires, Père et docteurs de l'Eglise.)

  • La Raison

  • L'Expérience.

Vient s'ajouter aujourd'hui l'apport des sciences humaines: psychologie, psychanalyse, sociologie, sciences sociales., philo...

 

On trouve en général comme en philosophie morale, trois modèles : 

  • Le modèle téléologique : on détermine la fin dernière ( bonheur, Dieu, Royaume de Dieu…) et on juge les choses, les actes par rapport à cette fin dernière que l’on distingue des fins proches et des moyens.

  • Le modèle déontologique : la vie morale est conçue comme un ensemble de devoirs, d’obligations qui seront en théologie en référence essentiellement au Décalogue ( 10 commandements).

  • Le modèle relationnel : l’individu est comprise comme responsable devant Dieu, devant son prochain, devant soi-même ( conscience), devant le monde et son environnement.

Aucun de ces modèles n’est fixe et souvent les théologiens actuels comme nous l’avons relevé précédemment compose avec les trois.

La théologie morale, c’est la recherche des actes qui favorisent l’accomplissement humain. Accomplissement qui s’appuie sur une anthropologie chrétienne où l’homme est compris comme créé à l’image et à la ressemblance divine et appelé (vocation intégrale de l’homme  pour reprendre l'expression de vatican II) à participer à la vie divine. La morale vise l’homme compris dans sa globalité ( d’où l’intérêt pour les différentes sciences humains qui lui permettent de découvrit l’homme sous ces différentes facettes). Pour le chrétien, être moral, cela reviendra à faire la volonté de Dieu . Comment alors discerner cette volonté ?



Est-ce que la volonté de Dieu ne se résumerait qu'à obéir à ses commandements? Il est vrai que lorsque l'on parle "Eglise", lorsque l'on parle « morale chrétienne », on imagine un tas de vieux bigots et grenouilles de bénitier aigris prompts aux jugements multiples et variés...

La morale chrétienne est nous le verrons un chemin de bonheur, une morale de la vertu ( on devra redéfinir ce qu'est la vertu, je vous l'accorde), une morale du bonheur et du désir.Bref, de quoi se réjouir plutôt que de se morfondre voire de se flageller ( autre image d'Epinal!).

Quelles sont les questions fondamentales de la morale?:
Comment faut-il agir pour être fidèle aux exigences de Dieu et à la dignité de la personne humaine? A quelle échelle de valeurs pouvons-nous nous référer? A quelles autorités se fier? Existe t-il encore un bien et un mal? Comment les distinguer? En réalité, tout homme se pose au moins une fois dans sa vie cette question: quel est le sens de mon existence?

Cette question peut surgir au moment d'un échec, d'une prise de décision importante, d'un deuil, d'une déception, d'une maladie. La question du sens surgit au moment où notre existence est traversée par l'épreuve et le malheur. Quel est le sens de cette existence qui nous donne tant de souffrances? C'est une question cruciale car elle est universelle, c'est une question cruciale pour les chrétiens car elle a conduit beaucoup d'hommes à l'athéisme, ou à concevoir la vie comme « absurde »! Si Dieu existe, comment peut-il permettre tout cela? Si Dieu est bon et qu'il nous aime, comment expliquer le mal?! On peut avancer l'argument de la liberté, de l'homme pécheur responsable du mal mais cela n'explique pas le mal ( attention, en morale, la mal ontique n'est pas un "mal moral". Par exemple, dans le cas d'un homme atteint d'un cancer, le mal ontique est le cancer, la maladie. La morale s'occupera elle de la question de l'accompagnement du malade, de la question de l'expérimentation médicamenteuse, de la liberté du patient jeté dans un protocole, de la prise en compte de la souffrance, de la douleur,....etc.) , cela n'explique pas la maladie, les catastrophes naturelles...

Or, notre théologie, notre foi chrétienne affirme avec force que l'homme est destiné à être heureux! L'homme est appelé par Dieu, il a une vocation au bonheur, à la béatitude. C'est ce que nous rappelle le texte de Vatican II, § 11, « la vocation intégrale de l'homme. » qui est la vocation intégrale du chrétien.

L'idéal de bonheur chrétien se confond avec l'idée de vie éternelle. La béatitude ( fête de la toussaint), c'est partager avec les saints, la vision de Dieu, c'est participer à la vie divine. Le bonheur est inscrit au plus profond de chaque homme.

Le bonheur reste aussi toujours un objectif, un horizon comme dit X. Thévenot. On ne l'atteint jamais... Il nous manque toujours quelque chose pour être heureux! Cela nous révèle comme l'homme est un être de désir. Par cette expérience du désir profond de l'homme, l'homme comprend ses limites, sa finitude... Peut-on connaître un bonheur parfait ici-bas? On le renvoie alors à une question eschatologique: cela devient la béatitude!

Notre fin, ce n'est pas le bonheur (on relativise la conception eudémoniste) mais notre fin c'est Dieu. Le bonheur n'est qu'une grâce en plus pour reprendre l'idée de Thévenot. On recherche Dieu et en le cherchant, on trouve le bonheur. Kant avait en effet critiquer les modèles eudémonistes car il y décelait l'égoïsme et l'individualisme. Dans la recherche chrétienne du bonheur on opère un déplacement. Je ne recherche pas mon petit bonheur perso mais je recherche Dieu. En cherchant Dieu et en le trouvant, je deviendrai pleinement ce que je dois être, je participerai à la vie divine, je verrai Dieu et tout cela me procurera le bonheur.


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Published by Jacquotte - dans Ethique
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commentaires

jean jacques ganghofer 26/05/2011 02:41


je suis d'accord avec Boulet. Dans " La splendeur de la vérité " et " l'Evangile de la Vie" , encycliques publiées par notre nouveau Bienheureux Jean-Paul , il y a suffisamment de quoi s'abreuver
en matière de Théologie Morale. Je suis nul en Théologie Dogmatique, par contre , la Théologie Spirituelle ( ex Théologie Ascétique et Mystique) , j' adore.
Sur ce , il faut que j'aille au dodo. Vous avez un excellent esprit de synthèse. Si je me laissais aller, je continuerai à lire jusqu'au bout de la nuit.
Continuez à écrire comme vous le faites. je reviendrai vous lire demain .
Merci d'avoir fait ce blog. Jean Jacques.


Pascal Jacob 07/12/2009 14:31


Ici encore, votre référence à Thévenot et à Kant (moraliste protestant et non catholique) nous égare.
Le bonheur pour un chrétien, c'est de voir +Dieu, c'est vrai, et ce n'est pas un idéal. Vous avez raison de dire que la morale chrétienne est une morale de la vertu, et le bonheur que nous pouvons
espérer sur cette terre est celui qu'Aristote (à qui est emprunté cette notion de vertu) définit comme "l'activité selon la vertu". Il n'est pas un idéal, mais une activité, cad une mise en oeuvre
de nos facultés rectifiées par les vertu. Il n'est pas non plus égoïste ni individualiste, parce sa perfection est vécue dans l'amitié, qui est une forme supérieure de la justice.
Pour un chrétien, ce n'est pas Thévent ni Kant qui font référence, mais bien plutôt des textes du magistère comme "La Splendeur de la Vérité" de JP II
Bien cordialement,
Pascal Jacob


Boulet 26/11/2009 00:27


J'en profiterai pour corriger Catéchisme.


Boulet 26/11/2009 00:26


Je m'en occupe très bientôt... Dès que je me rappelle le mot de passe pourri de Yoyo.


beux 24/11/2009 21:03


ça y est j'ai déjà mal au crâne...

Bon je veux bien te mettre en lien mais je sais pas comment faire... Boulet??????


Jacquotte 25/11/2009 19:55


Que de mauvaise foi... je suis effondrée...