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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 15:07

« L.pnga foi conduit à découvrir que la rencontre avec Dieu valorise, perfectionne et élève ce qu’il y a de vrai, de bon et de beau en l’homme. Il arrive ainsi que, tandis que Dieu se révèle et se laisse connaître, l’homme vient à savoir qui est Dieu et, le connaissant, il se découvre lui-même, sa propre origine, son destin, la grandeur et la dignité de la vie humaine. »

Voilà la belle introduction à cette nouvelle catéchèse autour du thème de la foi. Aujourd’hui, Benoît XVI envisage la question de la foi sous l’angle du savoir. Oui, comme l’indique le titre de l’audience, la foi n’est pas quelque chose d’irrationnel. La foi possède un caractère raisonnable.

En premier lieu, le souverain pontife nous montre que la foi si elle est « croyance » est aussi véritable savoir, « un sapere » : « c’est-à-dire un savoir qui donne une saveur à la vie, un goût nouveau d’exister, une manière joyeuse d’être au monde. La foi s’exprime dans le don de soi pour les autres, dans la fraternité qui rend solidaires, capables d’aimer, en vainquant la solitude qui rend tristes. Cette connaissance de Dieu à travers la foi n’est donc pas seulement intellectuelle, mais vitale. »

Cette connaissance de Dieu est expérience de foi bien entendu mais aussi chemin intellectuel et moral.  Ce point me semble capital car nous nous trouvons souvent dans l’un ou l’autre domaine sans parvenir à vivre selon ces trois axes. Pour certains, la foi n’est qu’expérience personnelle, individuelle, ressenti… Pour d’autres, elle n’est que théologie ou philosophie c’est-à-dire une pensée sur Dieu. Enfin, elle n’est pour certains que chemin moral, c’est-à-dire un éclairage ( avec ses règles, principes, interdits) pour guider l’homme dans son agir. Etre dans une de ces trois directions et nier les autres ou seulement les omettre est une erreur très grave.

« Aujourd’hui, dans cette catéchèse, je voudrais m’arrêter sur le caractère raisonnable de la foi en Dieu. La tradition catholique depuis le début a rejeté ce que l’on appelle le fidéisme, qui est la volonté de croire contre la raison. Credo quia absurdum (je crois parce que c’est absurde) n’est pas une formule qui interprète la foi catholique. Dieu, en effet, n’est pas absurde, tout au plus est-il mystère. Le mystère, à son tour, n’est pas irrationnel, mais est surabondance de sens, de signification, de vérité. » Le saint Père nous montre alors que le mystère n’est pas « obscurité » mais en quelque sorte « trop plein de lumière ». Bref, le mystère de Dieu nous éblouit tellement que nous ne voyons pas grand-chose ! « La foi permet de regarder le « soleil », Dieu, parce qu’elle est accueil de sa révélation dans l’histoire et, pour ainsi dire, elle reçoit vraiment toute sa luminosité du mystère de Dieu, en reconnaissant le grand miracle : Dieu s’est approché de l’homme, il s’est offert à sa connaissance, en s’abaissant à la limite créaturale de sa raison » et « Dieu, par sa grâce, éclaire la raison, lui ouvre des horizons nouveaux, incommensurables et infinis. C’est pourquoi la foi constitue un encouragement à chercher toujours, à ne jamais s’arrêter et à ne jamais trouver le repos dans la découverte inépuisable de la vérité et de la réalité. »

La foi n’est pas le contraire de la raison, la foi n’est pas un obstacle à la raison. A la suite de saint Augustin qui a tant cherché la vérité et le sens de son existence à travers les systèmes philosophiques de l’époque, nous pouvons dire : « Comprends pour croire et crois pour comprendre ». Benoît XVI dans la droite ligne de Jean Paul II ( voir Fides et Ratio) insiste sur le fait que nous avons besoin de la foi et de la raison un peu comme deux ailes… Il cite alors St Anselme et St Thomas d’Aquin qui ont tant œuvré dans ce sens.

La foi catholique est donc raisonnable et nourrit notre confiance également dans la raison humaine.’ Les vérités de Dieu sont accessibles par la foi c’est-à-dire par la Révélation et par la Raison en sachant que la Révélation n’exclut pas la raison. Dans le domaine moral, la raison nous permet d’accéder à la loi naturelle et la foi à la loi divine qui ne sont jamais contradictoires car la loi naturelle est contenue dans le projet divin. Dieu nous a créé avec la raison pour que nous puissions le trouver aussi par cette voie… Pour accéder plus facilement et dans une certitude absolue à Dieu nous avons besoin de la Révélation. Benoît XVI reprend les termes de Jean Paul II : « Dans l’irrésistible désir de vérité, seul un rapport harmonieux entre foi et raison est le chemin juste qui conduit à Dieu et à la pleine réalisation de soi. »

Le pape fait alors un « détours » par le Nouveau Testament et les écrits de saint Paul en particulier dans la première lettre aux Corinthiens. Paul affirme que le mystère de la croix est « scandale pour les juifs, folie pour les peuples païens. »

« En effet, Dieu a sauvé le monde non pas par un acte de puissance, mais à travers l’humiliation de son Fils unique : selon les paramètres humains, la modalité insolite utilisée par Dieu détonne avec les exigences de la sagesse grecque. Pourtant, la Croix du Christ possède sa raison, que saint Paul appelle : ho lògos tou staurou, « le langage de la croix » (1 Co 1, 18). Ici, le terme lògos indique tant le langage que la raison et, si il fait allusion au langage, c’est parce qu’il exprime verbalement ce que la raison élabore. Paul voit donc dans la Croix non pas un événement irrationnel, mais un fait salvifique qui possède un bon sens propre, reconnaissable à la lumière de la foi»

Le pape aborde ensuite rapidement la question foi et science. « La recherche scientifique, nous le voyons, conduit à la connaissance de vérités toujours nouvelles sur l’homme et sur l’univers. Le bien véritable de l’humanité, accessible dans la foi, ouvre l’horizon dans lequel doit se dérouler son chemin de découverte. Il faut donc encourager, par exemple, les recherches placées au service de la vie et visant à vaincre les maladies. Les recherches en vue de découvrir les secrets de notre planète et de l’univers sont également importantes, dans la conscience que l’homme est au sommet de la création non pour l’exploiter de manière insensée, mais pour la protéger et la rendre habitable. Ainsi la foi, réellement vécue, n’entre pas en conflit avec la science, mais coopère plutôt avec elle, en offrant des critères de base pour qu’elle promeuve le bien de tous, en lui demandant de ne renoncer qu’aux tentatives qui — en s’opposant au projet originel de Dieu — peuvent produire des effets qui se retournent contre l’homme lui-même. C’est également pour cela qu’il est raisonnable de croire : si la science est une alliée précieuse de la foi pour la compréhension du dessein de Dieu dans l’univers, la foi permet au progrès scientifique de se réaliser toujours pour le bien et pour la vérité de l’homme, en restant fidèle à ce même dessein. »

Terminons avec les propos du pape : « Espérons alors que notre engagement dans l’évangélisation aide à redonner son caractère central à l’Évangile dans la vie de tant d’hommes et femmes de notre temps. Et prions afin que tous retrouvent dans le Christ le sens de l’existence et le fondement de la liberté véritable: en effet, sans Dieu, l’homme s’égare. Les témoignages de ceux qui nous ont précédés et ont consacré leur vie à l’Évangile le confirment pour toujours. Il est raisonnable de croire, c’est notre existence qui est en jeu. Cela vaut la peine de se prodiguer pour le Christ, Lui seul satisfait les désirs de vérité et de bien enracinés dans l’âme de chaque homme: à présent, dans le temps qui passe, et le jour sans fin de l’Éternité bienheureuse. »

 

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Published by Jacquotte - dans Catéchisme
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