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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 21:02

oursuivons notre lecture du livre de l'Apocalypse... Chapitre IV et V doivent être lus ensemble, ils forment une unité... C'est la vision du trône.
Les chapitres VI à IX constitueront une autre unité autour de l'ouverture des 7 sceaux.

On retrouve donc les mêmes éléments: les vieillards, la figure du tétramorphe, le trône. Deux éléments clés apparaissent au cours de ce chapitre: le livret scellé de 7 sceaux et l'agneau "comme égorgé".



"Et je vis sur la main droite de Celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et par derrière, scellé de 7 sceaux".
Le livre est à la disposition de qui s'en montrera digne, il n'est pas retenu dans la main de Dieu. Il est posé sur c'est-à-dire offert à qui osera le prendre et l'ouvrir.
Intéressons-nous tout d'abord à ce livre. Il s'agit d'un rouleau écrit recto-verso, un opistographe. La face extérieure est lisible même lorsque le parchemin est roulé. C'est une technique connue entre-autres dans le domaine juridique. Le sceau permettait de certifier l'authenticité du document et les inscriptions lisibles, elles, servaient à connaître le thème, les lignes directrices du contenu caché à l'intérieur.
Beaucoup se sont interrogés sur ce qu'était ce fameux livre scellé. Deux interprétations principales ont été retenues. Il s'agirait en premier lieu du livre contenant le dessein de Dieu sur le monde, sur l'histoire des hommes... L'ouvrir, c'est enfin connaître le sens total du dessein divin qui va  maintenant s'accomplir. Enfin, et c'est le plus probable, il s'agirait de l'Ancien Testament, des Ecritures dont le Christ révèle le véritable sens en accomplissant par sa venue les prophéties, la Loi... Cette idée est renforcée par les versets suivants qui montrent que personne n'ose le regarder et le prendre. Le véritable exécuteur sera le Christ. Il est le seul à être digne de le prendre et de l'ouvrir. Les hommes ont eu connaissance de l'Ancien Testament mais le Christ en dévoile tout le sens et tous les mystères. Cela nous renvoie au beau texte des disciples d'Emmaüs... En chemin, nos deux pélerins ont besoin du Christ pour leur expliquer les Ecritures. Pour nous, cela nous invite déjà à avoir une lecture christocentrique de l'Ancien Testament et ensuite de discerner les évènements de notre vie à la lumière du Christ qui révèle véritablement le sens de l'histoire, de notre histoire personnelle.
Jean Paul II dans son encyclique Veritatis Splendor insiste longuement sur cette nécessité de se laisser guider par le Christ pour éclairer le sens de l'existence et pour cheminer vers la Vérité: "

 

"Il convient que l'homme d'aujourd'hui se tourne de nouveau vers le Christ pour recevoir de lui la réponse sur ce qui est bien et sur ce qui est mal. Le Christ est le Maître, le Ressuscité qui a en lui la vie et qui est toujours présent dans son Eglise et dans le monde. Il ouvre aux fidèles le livre des Ecritures et, en révélant pleinement la volonté du Père, il enseigne la vérité sur l'agir moral. A la source et au sommet de l'économie du salut, le Christ, Alpha et Oméga de l'histoire humaine (cf. Ap 1, 8 ; 21, 6 ; 22, 13), révèle la condition de l'homme et sa vocation intégrale. C'est pourquoi « l'homme qui veut se comprendre lui-même jusqu'au fond ne doit pas se contenter pour son être propre de critères et de mesures qui seraient immédiats, partiaux, souvent superficiels et même seulement apparents ; mais il doit, avec ses inquiétudes, ses incertitudes et même avec sa faiblesse et son péché, avec sa vie et sa mort, s'approcher du Christ. Il doit, pour ainsi dire, entrer dans le Christ avec tout son être, il doit " s'approprier " et assimiler toute la réalité de l'Incarnation et de la Rédemption pour se retrouver lui-même. S'il laisse ce processus se réaliser profondément en lui, il produit alors des fruits non seulement d'adoration envers Dieu, mais aussi de profond émerveillement pour lui-même » .

C'est ce que ce chapitre de l'Apocalypse nous invite à faire... Il faut éclairer notre compréhension du temps des hommes à la lecture de l'Evangile de Jésus-Christ.


Un ange, fort et vigoureux, figure de l'autorité, proclame " Qui est digne d'ouvrir le livre et d'en rompre les sceaux?" Jean utilise le verbe "proclamer" normalement réservé à l'annonce de la Bonne Nouvelle... Il s'agit bien d'une révélation sur le Christ, sur l'avènement du Royaume.  Personne ne semble digne... personne n'ose s'approcher... Pourquoi? Parce qu'il faut avoir vécu la Passion et être ressuscité pour en être digne. Il faut être le Fils de Dieu, siéger à sa droite depuis l'Ascension pour en être digne! St Jean se met à pleurer, Augustin y verra une figure de l'Eglise qui pleurt sous le poids de ses péchés qui l'accablent et qui espèrent la Rédemption. On le console, un vieillard, c'est-à-dire un des prophètes ( pour Augustin les 24 vieillards ne sont pas des prêtres...) qui justement ont annoncé que le Messie, le Sauveur naîtra dans la tribu de Judas (une des douze tribus d'Israël) et de la race de David. Le Christ est venu, il a été vainqueur du péché qu'il a détruit et il apporte tout bien....
La vision se poursuit et voilà qu'apparaît un agneau, un agneau immolé mais dressé. La figure de l'Agneau renvoie bien entendu au Christ. C'est une allusion à l'agneau pascal partagé en souvenir de la libération lors de l'Exode. Il porte les marques de son sacrifice. En revanche, il est "dressé" cela montre qu'Il est sorti victorieux,triomphant de la mort. L'agneau a 7 cornes et 7 yeux. Le chiffre sept est celui de la plénitude.  Les cornes renvoient à la puissance et les yeux à la connaissance. Il s'agit donc de la Toute-Puissance et de l'ominscience de Jésus. Bède le Vénérable y verra lui les sept dons de l'Esprit Saint.
Pour St Augustin, l'agneau n'est pas le Christ mais c'est la figure de ceux qui souffrent le martyre , de ceux qui meurent pour Jésus-Christ pour vivre en Christ. Les vieillards, les quatre vivants, l'agneau autour du trône, c'est l'Eglise unie au Chef.En effet, sur le trône, il voit la Trinité toute entière ( Père, Fils et Esprit-Saint). Le livre est reçu de la main droite, c'est-à-dire du Christ...

Puis l'adoration et la louange reprennent. Les cithares étant des instruments de louange et les coupes d'or dans lesquelles on faisait brûler de l'encens figurent la prière qui monte vers Dieu. St Victorin puis l'évêque d'Hippone verront aussi dans la cythare, "la corde étendue sur le bois", la Passion du Christ et dans la coupe: "la confession et la propagation du sacerdoce nouveau." Notre ami Bède ferra aussi le rapprochement puisque dans l'Ancien Testament c'est Aaron, le prêtre, qui fait "fumer sur l'autel un encens exhalant une odeur suave".
On chante alors un "Cantique Nouveau", c'est la profession de foi, la proclamation de la Bonne Nouvelle du Nouveau Testament. Voilà la chose nouvelle qui est révélée: le Fils de Dieu s'est fait homme (mystère de l'Incarnation que nous célèbrons à Noël), il est mort et ressuscité (mystère de la Rédemption que nous célèbrons à Pâques), il est monté au ciel et par lui a lieu la rémission des péchés! Ce cantique nouveau, il est pour " toute tribu, et langue, et peuple et nation" c'est-à-dire qu'il est pour tous les hommes. Le salut est offert à tout homme quelque qu'il soit. Le mot "catholique" qui signifie "universel" en grec nous rappelle que notre foi est "universelle". Il ne s'agira jamais d'un salut offert à un petit nombre d'initiés, à un petit nombre d'élus ou de purs comme le suggèrent certaines interprétations erronées de l'Apocalypse. Le Christ a souffert sa Passion et connu la mort pour chacun de nous.. "Parce qu'en quelque direction que l'Eglise se soit répandue dans le monde, parmi les nations, des tribus, des peuples et des langues divers, elle consiste toute entière dans le seul amour de Dieu et du prochain contenu dans le décalogue de la Loi"  (Bède, Le Tabernacle,  II,8)

Les 7 sceaux seront brisés, le livre sera ouvert...Ce livre (aux deux faces: Ancien et Nouveau Testament) n'était pas compris jusqu'à la venue du Christ. Il était scellé jusqu'à la Passion et la Résurrection, " obscurci par la multitude des mystères" pour reprendre l'expression de St Augustin. Un voile demeurait tout comme Moïse qui recevant la Loi avait couvert son visage.  Victorin et Augustin rappellent ici que l'on parle de "testament" (ils ne se réfèrent pas au sens que l'on donne actuellement aujourd'hui qui est celui d' "alliance"). Or le testament est scellé jusqu'à la mort du testateur... Ici, il s'agit du Christ à la fois testateur, exécuteur testamentaire et héritier!  Le visage de Moïse peut être découvert, la Révélation se fait grâce au Christ. Voilà la vrai sens de l'Apocalypse... Pas une prophétie sur le dessein de l'humanité au sens où l'histoire serait écrite et l'ouverture du livre, la possibilité de connaître la fin du monde. La Révélation est quelque part déjà donnée, le monde est déjà sauvé! A nous de suivre le Christ pour qu'Il nous guide vers la splendeur de la Vérité... Le message est encore limpide: nous mettre à l'écoute de sa Parole qui éclairera le sens de notre histoire qu'elle soit personnelle ou collective.






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Published by Jacquotte - dans Catéchisme
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