Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 14:44

D.png ieu dit : "Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les bestiaux, sur toutes les bêtes sauvages et sur tous les reptiles qui rampent sur terre. » Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. Dieu les bénit (…) Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici que cela était très bon. Il eut un soir, il y eut un matin : sixième jour."

 Dieu par un acte gratuit et rempli d’amour crée l’univers puis l’homme avec lequel Il ne cesse de faire alliance. Cet acte créateur donne déjà en lui-même une définition de l’homme : cette dernière se situant d’emblée dans un ordre ontologique. L’homme se définit donc comme « image et ressemblance de Dieu ». Avant toutes choses, avant d’être distingué en tant qu’homme ou femme, avant d’être nommé personnellement, avant de réaliser quoique ce soit, avant même d’envisager son existence : il est homme à l’image et à la ressemblance de Dieu. C’est le fait d’être qui dans le récit de la création confère à l’homme sa dignité. Voulu par Dieu, l’homme est tiré du néant et placé dans la création. Bien entendu, il ne s’agit pas de penser l’homme en tant qu’être absolument supérieur et dépendant. Il reste malgré tout une créature attachée au reste de la création et surtout à Dieu. Dès la Genèse, l’homme est envisagé dans cette relation d’Alliance avec Dieu, dans cette relation d’amour.

 C’est cette relation homme-Dieu qui dans un double mouvement révèle comment l’homme acquiert sa dignité en tant qu’image de Dieu et comment celui-ci progresse dans son humanité en se tournant vers Dieu. Est-ce que l’ « humanité » d’un homme ne se mesurerait-elle pas plus par cette relation d’amour que l’individu entretiendrait avec Dieu et par conséquent avec son prochain ? La perfection humaine- ou plutôt le perfectionnement humain- doit être envisagée comme ce retour vers Dieu et non pas uniquement comme une perfection physique et intellectuelle. La théologie mystique développe cette idée lorsque reprenant la figure de Jacob, elle parle d’échelle spirituelle. L’homme est en marche vers Dieu et toute sa vie est orientée vers ce but ultime qu’est Dieu, son créateur, il ne se révèlera être pleinement homme que lorsqu’il parviendra à cette union mystique avec Dieu. L’homme se tourne vers Dieu car Il est pour lui sa véritable fin. L’homme a besoin de Dieu comme il a besoin de boire ou de manger:« Créé par Dieu, portant en lui-même une marque divine indélébile, l’homme tend naturellement vers Dieu. Quand il écoute l’aspiration profonde de son cœur, l’homme ne peut manquer de faire sienne la parole de vérité prononcée par saint Augustin: « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos, tant qu’il ne demeure en toi » ( Cf.  JEAN-PAUL II, Evangelium vitae, II, 35.)


 Cependant l’anthropologie chrétienne ne peut être véritablement comprise qu’à travers la figure du Christ qui est définie comme l’image parfaite de Dieu et comme l’homme nouveau. Le mystère de l’homme s’éclaire par le mystère de l’Incarnation :«  En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe Incarné. Adam, en effet, le premier homme, était la figure de Celui qui devait venir, le Christ Seigneur. Nouvel Adam, le Christ, dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation. Il n’est donc pas surprenant que les vérités ci-dessus trouvent en Lui leur source et atteignent en Lui leur point culminant"  ( CONCILE VATICAN II, Constitution pastorale Gaudium et spes, I, 1, §22).

 Dans le Nouveau Testament, le Christ est présenté comme « icône » parfaite ( c’est donc ce qu’on avait déjà a propos de la Sagesse en Sg 7,26.). Et en Proverbe 8, 23 : «  Yavhé m’a créée, prémices de ses voies, avant ses œuvres, depuis toujours. Dès l’éternité je fus formée, dès le début, avant les origines de la terre. » La sagesse est conçue dès le commencement, la sagesse est l’image que Dieu avait en vue quand Il a créé l’homme.
C’est St Paul qui reprendra cette image en Ph 2,6 : «  Lui qui, subsistant en forme de Dieu… » St Paul reconnaît ainsi que le Christ est image de Dieu et que l’âme se divinise par la contemplation de la gloire du Christ : « Et nous tous qui, le visage dévoilé, réfléchissons la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, de gloire en gloire, comme de par le Seigneur qui est Esprit. » ( 2Co 3,18) et en 2 Co 4,4 : «  pour les incrédules, dont le dieu de ce monde a aveuglé les pensées, afin qu’ils ne voient pas resplendir la lumière de l’Evangile de la Gloire du Christ, qui est l’image de Dieu. ». En Rm 8,29, c’est en vertu de son titre filial que Jésus est image de Dieu ( voir aussi 1 Co 15,49).

Paul annonce l’évangile de la gloire du «  Christ qui est l’image de Dieu «  ( 2 Co 4,4). L’homme créé à l’image de Dieu, est donc créé à l’image du Christ. Nous trouvons donc notre accomplissement dans la contemplation du Christ et sous la mouvance de l’Esprit Saint.

En Colossiens, le Christ va présider à la création de l’homme nouveau, Adam, image de Dieu mais imparfaite car terrestre et mortelle et le Christ sera image parfaite, incorruptible. Ici nous avons une reprise du thème des deux créations de chez Philon d’Alexandrie où comme le Christ par son Incarnation a revêtu l’image de l’homme terrestre, nous pouvons et devons revêtir l’image de l’homme céleste. St Jean, lui aussi, insistera beaucoup sur le Christ, image parfaite, unique médiateur, révélateur du Dieu invisible ( en Jn 1,18), JC, fils intimement lié au Père, qui est le reflet de la gloire du Père ( He).

Ainsi, comme dirait Bruguès : «  Dans l’imitation du Fils Eternel, image parfaite du Père invisible, il devient à son tour, sous la motion de l’Esprit, fils adoptif de ce même Père. »

C’est pourquoi l’Eglise a tellement insisté sur l’imitation de JC dans le cheminement moral et spirituel de l’homme. L’imitation du Christ reste la  voie de conduite de prédilection pour le chrétien. Il faut devenir le disciple de Jésus Christ, le suivre selon son humanité pour partager la vie du Père comme le Fils partage éternellement avec son Père. 


Adam, premier homme est la figure de l’homme. Cependant, le Christ, lui, par son Incarnation et sa Résurrection, devient le Nouvel Adam, la figure parfaite de l’homme et l’image parfaite de Dieu.  Clément d’Alexandrie avait déjà montré comment la médiation du Christ, qui est pour lui l’archétype, est nécessaire à l’homme. L’homme doit se mettre à la suite du Christ et tenter par un effort constant de suivre ce modèle : « O vous touts qui êtes des images, mais non pas toutes ressemblances, je peux corriger d’après l’archétype, afin que vous deveniez semblables aussi à moi !" ( CLEMENT D’ALEXANDRIE, Protreptique, 12 ; 122, 4.). 
Si, l’image, ici encore apparaît comme étant au cœur de l’homme, la ressemblance à Dieu, elle, n’est pas inhérente à l’homme : il doit avancer pour y parvenir. Or, seul le Christ peut permettre à l’homme d’atteindre cette ressemblance. Il est « le Chemin, la Vie, la Vérité". Le Verbe incarné réalise donc l’image et la ressemblance parfaite de Dieu. Pour l’homme, c’est donc le véritable modèle, archétype, auquel il doit tendre.

Le pape Jean Paul II dans ses deux encycliques, Veritatis splendor et Evangelium vitae, insiste sur la figure du Christ comme modèle à suivre et surtout comme personne qui nous permet de connaître en vérité ce qu’est l’homme : l’anthropologie ne s’éclaire que par une christologie :« C’est donc à partir de la parole, de l’action, de la personne même de Jésus que la possibilité est donnée à l’homme de « connaître » la vérité toute entière sur la valeur de la vie humaine ; c’est de cette « source » qu’il reçoit notamment la capacité de « faire » parfaitement la vérité, ou d’assumer et d’exercer pleinement la responsabilité d’aimer et de servir la vie humaine, de la défendre et de la promouvoir.» (JEAN-PAUL II, Evangelium vitae, II, 29.)

L’homme ne peut être réellement compris en dehors du Christ dans la mesure où c’est lui qui révèle les Ecritures et le sens de l’histoire. L’humanité prend tout son sens dans la révélation christologique. Le Christ assume totalement la nature humaine et révèle ainsi sa dignité profonde. L’homme par le Christ découvre la valeur et la signification de son être même :« En Jésus, « Verbe de vie », est donc annoncée et communiquée la vie divine et éternelle. Grâce à cette annonce et à ce don, la vie physique et spirituelle de l’homme, même dans sa phase terrestre, acquiert sa plénitude de valeur et de signification : la vie divine et éternelle, en effet, est la fin vers laquelle l’homme qui vit dans ce monde est orienté et appelé. L’Evangile de la vie contient ainsi ce que l’expérience même et la raison humaine disent de la valeur de la vie ; il accueille, l’élève et la porte à son accomplissement » (JEAN-PAUL II, Evangelium vitae, II, 29.)


SaintPierre.png

Partager cet article

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Ethique
commenter cet article

commentaires

beux 31/12/2009 13:18


Je trouve le terme de "vacances"un peu fort pour un week-end de 4 jours, surtout venant de toi! Mais bon c'est cool j'ai l'amiga pour moi pour toute seule je vais pouvoir jouer à Rodland...


beux 29/12/2009 19:42


Je laisse des commentaires pour augmenter ton blog rank. Ne l'efface pas celui-là.


Jacquotte 31/12/2009 11:36


monstresse!!!! surtout que maintenant que tu es en vacances au coin du feu... tu n'as que ça à faire!!! ha!ha!