Mardi 13 avril 2 13 /04 /Avr 21:46

A.png chevons notre chapitre 7 du livre de l'Apocalypse. Il est important de bien saisir la cohérence de l'ensemble: de l'ouverture du premier sceau jusqu'à l'ouverture du 7ème au début du chapitre 8. Ce livre des sept sceaux désigne les Ecritures (Ancien et Nouveau Testament) que Dieu offre à l'humanité et que seul l'Agneau c'est-à-dire le Christ peut ouvrir car Lui qui est vrai homme et vrai Dieu est la seule "clé" pour comprendre l'ensemble des Ecritures. La semaine passée la liturgie nous a proposé le texte des disciples d'Emmaüs. Ceux-ci n'ont pas reconnu le Christ, il a fallu que tout au long du chemin, le Christ ressuscité leur explique ces Ecritures pour qu'enfin au moment du repas (de la fraction du pain plus exactement) "leurs yeux s'ouvrent" . C'est le cheminement de chaque célébration eucharistique (= messe) où nous commençons d'abord par entendre la Parole de Dieu et son commentaire par le prêtre puis nous approchons de l'autel pour recevoir le corps du Christ. C'est Victorin de Poetivio qui rappelait sans cesse que le Christ était cette clé pour saisir , avec le secours du Saint Esprit, le sens véritable de l'Ecriture. Le livre des sceaux n'est pas lu dans l'Apocalypse si vous faites bien attention car le livre a été révélé dans son contenu par la mort et la résurrection du Christ. Les sceaux retracent quelque part -pour  notre évêque de Pannomie- l'histoire de l'Eglise. Le premier sceau c'est la prédication sur la terre, du deuxième au quatrième sceau ce sont toutes les tribulations de l'Eglise, le cinquième sceau c'est l'attente de la Parousie ( = retour définitif du Christ à la fin des temps que les chrétiens attendent) pour ceux qui sont déjà morts, le sixième sceau c'est l'achèvement de la conversion du monde et enfin l'ouverture du septième sceau c'est l'inauguration du Royaume du Christ.

 

Mais nous ne sommes pas encore arrivés là. Tous les chrétiens baptisés, marqués du sceau de Dieu, sont réunis autour du Trône de l'Agneau et agitent des palmes.

Nous nous situons encore une fois dans la liturgie céleste qui rappelle la liturgie terrestre. Ici, le texte fait référence à la fête des Tentes (ou encore fête des tabernacles ou enfin "soukkhot") juive. Chaque année, les juifs se rappellent la sortie d'Egypte et surtout lors de cette fête, le temps où ils ont vécu- pendant 40 ans- dans le désert sous des tentes avant d'entrer en terre promise. Pendant cette fête, ils vivent sous des cabanes/tentes qu'ils construisent en général sur les balcons ou dans les jardins. Dans l'Antiquité, tant que le Temple existait ( le dernier temple qui avait été agrandi et embelli par le roi Hérode a été détruit totalement par les romains en 70 après JC, il ne reste que le mur ouest de l'enceinte générale que l'on appelle le "mur des lamentations"), le peuple entrait dans la cour du Temple en agitant des palmes et en chantant. Vous trouverez les prescriptions pour cette fête dans le livre du Lévitique ( 23, 33 et suivants). Le peuple chante entre autres le Psaume 118, au verset 25, il proclame " De grâce Yavhé, donne le salut!" ( on traduit ici le mot hébreu,bien connu des chrétiens,  "Hosanna!) qui trouve justement une réponse au verset 10 de notre chapitre. Le salut est là présent par Dieu qui siège sur le trône et par l'Agneau. La liturgie céleste nous rappelle encore  une fois que le salut est accompli dans le Christ et cela pour toutes les nations. Dieu a libéré le peuple d'Israël d'Egypte et ils ont séjourné sous des tentes, à présent le Christ a libéré par sa mort et sa résurrection l'humanité toute entière, la victoire est donnée à tous ceux qui ont reconnu le Christ!

Si les hébreux ont vécu sous la tente, là encore on note un changement. A présent, "Celui qui siège sur le trône étendra sur eux sa tente" ( verset 15). Les élus sont invités à vivre en présence de Dieu! Dans le désert ( et cela jusqu'à la construction du premier temple), la présence de Dieu était signifiée par la Tente de la Rencontre ( nommée aussi "Tabernacle") où avait été déposée les tables de la loi reçues par Moïse sur le Sinaï. C'est la présence constante de Dieu qui conduit les hommes.

Saint Augustin commente tout ce passage. Il parle des "robes blanches" comme la marque du don du Saint-Esprit et explique que les anges représentent encore une fois l'Eglise, enfin "les vieillards qui prennent la parole indique l'office des prêtres qui est d'enseigner à l'Eglise, c'est-à-dire au peuple qui est dans l'Eglise quelle est la récompense réservée aux travaux des saints." En effet cette robe lavée dans le sang n'est pas seulement celle des martyrs mais de tous les baptisés car il relève que le texte précise "lavée dans le sang de l'Agneau" c'est-à-dire " dans la grâce de Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur (...)". Enfin, il arrive aux versets 15 et 16 où la tente de Dieu est évoquée. Voilà comment il interprète ces versets: "Dans la vie présente, l'Eglise voit s'accomplir toutes ces choses, lorsque par la rémission des péchés nous ressuscitons à une vie nouvelle, et que dépouillés de la triste vie passée et des oeuvres du vieil homme, nous revêtons le Christ dans le baptême, et nous sommes remplis de la joie de l'Esprit Saint."

 

Le septième sceau s'ouvre et alors que l'on pourrait s'attendre à un déchaînement de phénomènes surnaturels et violents, le texte précise qu'il "se fit un silence dans le ciel, d'environ une demi heure..." Etonnante précision... Il s'agit bien entendu du silence qui précède toujours la venue de Dieu. On retrouve cela dans les récits prophétiques essentiellement. Pour Saint Augustin, ce silence figure le commencement de la vie éternelle. Pour Victorin, notre autre commentateur du moment, c'est le début du repos éternel. Il est interrompu donc ce n'est qu'une sorte de préfiguration. Dans tous les cas, c'est très intéressant de noter, qu'à cette heure dramatique, une place de choix est donnée au silence et- comme nous le verrons dans les versets qui suivent -à la prière ou si je puis-dire à l'oraison. On prie Dieu dans le silence, on lui rend un culte et par conséquent on accepte qu'Il soit notre juge...

Que se passe t'il en effet après ce silence? Sept anges apparaissent (on ne les nomme pas... contrairement à la tradition juive mais saint Jean ne prend pas de risque, l'homme doit adorer seulement Dieu et la tentation de vénérer les anges peut exister) à qui on remet 7 trompettes. Le son de la trompette- instrument qui ouvre les grands évènements, qui salue Dieu, c'est l'instrument de la prédication pour St Augustin- jaillira dans les chapitres suivants. Nous assistons ici à un enchaînement de séries de "sept": sept sceaux, sept anges avec sept trompettes puis sept coupes...

Vient alors, un huitième ange qui à l'aide d'une pelle en or se place près d'un autel et offre les prières des fidèles à Dieu. Là encore, c'est un rappel de la liturgie terrestre. Dans le Temple de Jérusalem, on distinguait plusieurs autels: l'autel des holocaustes et l'autel des parfums. Le premier se situait dans la cour des prêtres et le second dans le "Saint". Le prêtre prélevait des braises à l'aide d'une pelle en or sur l'aulel des sacrifices pour brûler les parfums sur le second (le prêtre brûlait onze parfums dont un qui sentait mauvais... l'encens qui brûle symbolise la prière qui monte vers Dieu, même la prière de l'homme mauvais touche le coeur de Dieu!). C'est sur l'identité de ce huitième ange que la tradition s'est aussi ( et encore!) interrogée. Est-ce le prophète Elie qui précède la venue de l'Antéchrist? et la pelle? Serait-ce  l'instrument du discernement qui sépare les "vrais chrétiens" des "faux et mauvais chrétiens"?

Pour Saint Augustin, c'est le Christ Lui-même, voilà sa belle interprétation. L'ange c'est Jésus et l'encensoir, c'est son corps saint : "le Seigneur devint lui-même l'encensoir d'où sortit pour monter jusqu'à Dieu l'odeur de suavité, et c'est ainsi qu'il devint propitiation du monde en  s'offrant lui-même comme une victime d'agréable odeur" et plus loin il continue ainsi: " Jésus-Christ a pris son corps, c'est-à-dire l'Eglise, et pour accomplir la volonté de son Père, il l'a remplie du feu de l'Esprit Saint.".

Alors, ce furent "tonnerres, des voix et des éclairs, et tout trembla." Pour l'évêque d'Hippone, il ne s'agit que des "prédications spirituelles de l'Eglise et des miracles qu'Elle opère."

Victorin lui ne développe pas trop ces versets là. Il relève l'importance de la prière qui s'élève vers Dieu. Il faut comme il le rappelle "prier  pour ne pas entrer en tentation". La trompette n'étant que "parole de puissance".  Et, en effet, si ce temps de prière est notée ici, c'est bien pour nous rappeler l'importance de celle-ci mais surtout son efficacité. Dieu se soucie des paroles, des désirs et des prières des hommes.

 

Les septs sceaux sont ouverts. De la fin du chapitre 8 jusqu'au chapitre 11, les trompettes vont sonner accompagnées de catastrophes. Nous aurons aussi  un petit temps de rupture puisque entre la sixième et la septième nous assisterons à l'épisode du petit livre avalé et à celui des "deux témoins".

 

SaintJeanBaptiste.png

Par Jacquotte - Publié dans : Catéchisme
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