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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 16:20

N.pngous allons nous intéresser aujourd’hui au premier chapitre d’Evangelium Vitae qui présente les différentes menaces contre la vie humaine. Le tableau dressé semble assez noir, heureusement dans les derniers paragraphes, le pape Jean Paul II relève aussi tous les signes positifs en faveur de la « culture de la vie ». La question de fond de ce chapitre est bien le choix individuel et responsable que nous devons faire en faveur du bien, en faveur de la vie. Le pape constate puis analyse avec finesse les causes et les conséquences de cette « culture de mort ». Il ne s’agit pas d’une simple condamnation morale de certains comportements (contraception, avortement, euthanasie, AMP…) car Jean Paul II tend à nous placer avant tout face à notre conscience dans la liberté.  

Comme nous l’avons déjà souligné lors de notre précédente note, l’encyclique s’appuie sur la Parole de Dieu. Le texte de référence pour ce premier chapitre est le meurtre d’Abel par son frère Caïn en Gn 4, 2-16. Je vous invite en tout premier lieu à lire et méditer ce texte biblique.  Je vous en rappelle rapidement les grandes lignes : les deux frères offrent un sacrifice à Dieu. Pour une raison que l’on ignore, le Seigneur va préférer le sacrifice d’Abel. Caïn laisse grandir en lui jalousie et ressentiment et cela malgré l’avertissement de Dieu contre le péché et la tentation ( Caïn est libre, il doit choisir entre le bien et le mal). Caïn succombe à la tentation et tue avec violence son frère… Dieu pose alors deux questions à Caïn : «  Où est ton frère Abel ? » et « qu’as-tu fait ? » (qui est en fait une exclamation…) mais Caïn s’enferme dans son péché et dans le mensonge- « suis-je le gardien de mon frère ? ». Le meurtre ne peut rester impuni et Caïn sera chassé… Cependant, Dieu ne rompt jamais totalement le dialogue et Il met « un signe sur Caïn » pour le protéger, la loi du talion est interdite…

Ce texte et les interrogations qu’il soulève ponctuent donc notre premier chapitre qui va être ainsi divisé en  cinq paragraphes que je vous propose à présent de lire ensemble.

 

« Caïn se jeta contre son frère Abel et le tua » (Gn 4, 8) : à la racine de la violence contre la vie.(numéros 7 à 9)

Le saint Père débute en reformulant une des grandes vérités de la foi : Dieu n’a pas fait la mort mais la mort est entrée dans le monde. Bref, l’homme est créé pour la vie et même pour participer à la vie divine. Tout depuis les origines n’est qu’une proclamation de cet « Evangile de la vie » annoncé dans cette encyclique.

Dans un deuxième temps, Jean Paul II essaie d’analyser le choix de Caïn : l’homme dans sa liberté est placé devant un choix : le choix du bien ou du mal.  Ce passage est capital car il montre que Caïn et l’homme en général ne sont pas  « prédestinés » à faire le mal. En revanche, la tentation existe.  Dieu est là, présent, qui dans sa pédagogie et son amour avertit l’homme du danger mais cependant le laisse libre de choisir. L’homme est ainsi responsable de ses choix : «  Le Seigneur dit à Caïn : «  Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ? Si tu es bien disposé, ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si tu n’es pas bien disposé, le péché n’est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite ? Pourras-tu la dominer ? »

Caïn succombe à la tentation et tue son frère par « jalousie et convoitise, conséquences du péché originel. L’homme est devenu l’ennemi de son semblable. » (cf. CECn° 2259). Il s’agit ici d’un fratricide mais ce texte nous rappelle que nous possédons tous une parenté spirituelle. Notre prochain est aussi notre « frère », « tous participant du même bien unique fondamental » (n°8).

Cette parenté est exprimé par exemple dans la prière du Pater noster, il s’agit bien de « notre Père » et non de « mon Père » comme pouvait l’appeler Jésus.

Ainsi à la source de toute violence, c’est toujours le fait de « céder à la logique du mauvais ». Le mal prolifère alors une vitesse surprenante. Adam et Eve se sont révoltés contre Dieu, ils connaissent alors la tentation de la domination réciproque, dans ce récit, on voit apparaître la convoitise, la jalousie, la colère puis extrême violence : le premier homicide. Nous sommes entrés dans la lutte de l’homme contre l’homme. De quelle manière nos choix et  nos comportements actuels participent à cette lutte ? sont-ils une violence contre l’homme ? participent-ils à la destruction de l’humain ? L’escalade du mal n’est cependant pas terminé puisque Caïn tente de « masquer son crime » et ment à Dieu :  « Il refuse d’assumer la responsabilité de l’homme vie à vis de l’autre. ». Fuite et peur de la responsabilité tellement courante de nos jours ! Ce manque de responsabilité vis-à-vis de l’autre est  particulièrement importante aujourd’hui à l’égard des plus faibles. Jean Paul II fait bien entendu ici référence implicite à l’être humain en devenir qu’est l’embryon ou encore le malade incurable ou le mourant.

Cette violence a pour conséquence de changer le cadre de vie de l’homme puisque le crime appelle une punition  et Caïn sera chassé, il deviendra un « errant. » Caïn en quelque sorte s’est exclu lui-même de la proximité de Dieu par son choix. Il n’a pas écouté l’avertissement divin et a cédé au  mal. Mal d’autant plus grave qu’il s’est attaqué à la vie même de l’autre. Le sang a coulé : dans l’Antiquité la tradition vétéro-testamentaire, le sang est le symbole de la vie. Or, la vie n’appartient qu’à Dieu. Ce crime crie donc justice. On le retrouve dans cette phrase : « Ecoute le sang de ton frère crier vers moi du sol ! » qui a donné comme le souligne le pape l’expression : « péchés qui crient vengeance à la face de Dieu. ». Vous retrouvez cela dans le CEC au n°1867 et 2268.  Quels sont-ils ces péchés ? Je vous cite le CEC : «  le sang d’Abel, le péché des Sodomites,, la clameur du peuple opprimé en Egypte ; la plainte de l’étranger, de la veuve et de l’orphelin ; l’injustice envers le salarié. » Dans l’homicide ( au n°2268) le CEC relève la particulière gravité de l’infanticide, du fratricide, du parricide et du crime contre le conjoint car ils « brisent des liens naturels. »

Cependant comme nous l’avons déjà souligné, Dieu même s’il punit Caïn ne referme pas toutes les portes et continue le dialogue avec Caïn. Même meurtrier, Caïn conserve sa dignité.  Si vous voulez la ressemblance est ici profondément blessée mais l’image est intacte. Il va connaître l’éloignement de Dieu qui conduit à la peur, l’incertitude ou encore l’instabilité mais Dieu le « marque » et le protège. La justice miséricordieuse de Dieu n’est pas celle des hommes.

 

 

Nous poursuivrons notre lecture demain… Mais vous pouvez déjà constater que le texte même concis renvoie à beaucoup de choses.

SaintPierre.png

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Published by Jacquotte - dans Ethique
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