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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 14:36

Croire dans la charité suscite la charité
« Nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est
parmi nous »
(1 Jn 4, 16)

 

 

 

V.pngoici le titre du message pour le Carême 2013 de Benoît XVI. Il nous propose en cette année de la foi de « méditer sur le rapport entre foi et charité : entre le fait de croire en Dieu, dans le Dieu de Jésus-Christ, et l’amour qui est le fruit de la l’action de l’Esprit Saint et qui nous guide sur le chemin de consécration à Dieu et aux autres. » Ce message comporte 4 parties :

·         La foi comme réponse à l'amour de Dieu.

·         La charité comme vie dans la foi

·         Le lien indissoluble entre foi et charité

·         Priorité de la foi, primat de la charité

 

Dans la première partie, le pape nous renvoie à son encyclique Deus caritas est où il avait déjà établi le lien fondamental entre les vertus théologales de la foi et de la charité à partir de l’affirmation johannique : « « Nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous » (1 Jn 4, 16). La foi chrétienne n’est pas déjà une philosophie, une éthique mais une rencontre avec une Personne.  Or, c’est Dieu qui a toujours l’initiative de cette rencontre, c’est Dieu qui nous aime en premier. Ainsi, le pape nous rappelle que l’amour n’est pas seulement un commandement mais « est la réponse au don de l'amour par lequel Dieu vient à notre rencontre »

Ainsi, qu’est-ce que la foi ? « La foi constitue l'adhésion personnelle – qui inclut toutes nos facultés – à la révélation de l'amour gratuit et « passionné » que Dieu a pour nous et qui se manifeste pleinement en Jésus Christ ; la rencontre avec Dieu Amour qui interpelle non seulement le cœur, mais également l'esprit: « La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement: l’amour n’est jamais "achevé" ni complet »

La foi est donc une rencontre avec le Christ qui suscite en nous l’amour, « en sorte que leur amour du prochain ne soit plus imposé pour ainsi dire de l’extérieur, mais qu’il soit une conséquence découlant de leur foi qui devient agissante dans l’amour »…

Ainsi : « Le chrétien est une personne conquise par l'amour du Christ et donc, mû par cette amour « caritas Christi urget nos » (2 Co 5, 14) –, il est ouvert de façon concrète et profonde à l'amour pour le prochain (cf. ibid., n. 33). Cette attitude naît avant tout de la conscience d'être aimés, pardonnés, et même servis par le Seigneur, qui se penche pour laver les pieds des Apôtres et s'offre lui-même sur la croix pour attirer l'humanité dans l'amour de Dieu. ».

Première réflexion, comment allons-nous vivre l’aumône en ce temps de Carême ? On comprend alors très bien que notre effort d’ « aumône » ne peut se désolidariser d’une vie de foi et de prière plus profonde… Le service et l’amour du prochain ne peuvent venir uniquement d’un « devoir extérieur. »

Benoît XVI aborde ensuite sa deuxième partie où il va montrer que la charité est la consistance même de la vie de foi, c’est la source mais aussi le fruit. Si la vie chrétienne est une réponse à l’appel, à l’amour de Dieu on comprend bien que cette réponse est déjà acte de foi.  C’est ce « fiat », ce « oui » qui nous fait entrer dans une histoire d’ « amitié » avec le Seigneur qui nous remplit de joie. C’est la première étape de la vie de foi. Mais, « Dieu ne se contente pas que nous accueillions son amour gratuit. Il ne se limite pas à nous aimer, mais il veut nous attirer à lui, nous transformer de manière profonde au point que nous puissions dire avec saint Paul: ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi (cf. Ga 2, 20). »

De ce fait, non seulement nous accueillons l’amour de Dieu, nous accueillons Dieu qui est Amour mais nous en grandissant dans la foi, nous devenons davantage « semblables » à Lui, nous « participons à sa charité même. »  Dieu demeure en nous pour paraphraser saint Jean.

Quel lien, quelle différence entre « foi » et « charité »? Et bien, « La foi, c’est connaître la vérité et y adhérer (cf. 1 Tm 2, 4); la charité, c’est « cheminer » dans la vérité (cf. Ep 4, 15). Avec la foi, on entre dans l’amitié avec le Seigneur; avec la charité, on vit et on cultive cette amitié (cf. Jn 15, 14s). »

Et le saint père continue ainsi : « La foi nous fait accueillir le commandement du Seigneur et Maître; la charité nous donne la béatitude de le mettre en pratique (cf. Jn 13, 13-17). Dans la foi, nous sommes engendrés comme fils de Dieu (cf. Jn 1, 12s); la charité nous fait persévérer concrètement dans la filiation divine en apportant le fruit de l’Esprit Saint (cf. Ga 5, 22). La foi nous fait reconnaître les dons que le Dieu bon et généreux nous confie; la charité les fait fructifier (cf. Mt 25, 14-30). »

 

Nous parvenons ainsi à la troisième partie  de ce message où le pape établit le lien indissoluble entre foi et charité.  On ne peut jamais les opposer même si au final la foi disparaîtra contrairement à la charité. Benoît XVI condamne alors deux attitudes, le fidéisme et l’activisme moral :

« En effet, d’un côté, l’attitude de celui qui place d’une manière aussi forte l’accent sur la priorité et le caractère décisif de la foi au point d’en sous-évaluer et de presque en mépriser les œuvres concrètes de la charité et de la réduire à un acte humanitaire générique, est limitante. Mais, de l’autre, il est tout aussi limitant de soutenir une suprématie exagérée de la charité et de son activité, en pensant que les œuvres remplacent la foi. »

Il serait bon aussi de s’interroger de ce qui distingue des mouvements de solidarité « laïcs » des mouvements « chrétiens ». Quelle dimension supplémentaire doit-on trouver ? Non une conversion systématique des personnes aidées mais bien dans l’attitude, la motivation profonde et la vie de foi des bénévoles ou permanents. Et à contrario de s’interroger sur les chrétiens qui se contentent d’avoir la foi, de « pratiquer » sans jamais que cela conduise à une œuvre concrète de charité.

Le saint père prend alors les figures bibliques de Marthe et Marie c’est-à-dire de l’action et de la contemplation. Ces deux figures doivent : « coexister et s’intégrer (…). La priorité va toujours au rapport avec Dieu et le vrai partage évangélique doit s’enraciner dans la foi. »

L'exemple de Marthe et Marie est intéressant... cela vaut sans doute la peine pendant ce Carême, de lire et méditer à nouveau cet évangile. Quelle place tient l'action dans ma vie? Quelle place tient la contemplation dans ma vie? est-ce que je prends la peine de me tenir aux pieds du Christ pour l'écouter? Est-ce que je sais "équilibrer" les deux. N'oublions pas que la solution se fait souvent dans la "mesure" alors qu'on peut reconnaître les oeuvres du mal à l'excès.

Une question surgit et elle a son importance, quelle différence entre la charité et la solidarité ou l’aide humanitaire ?  «Parfois, on tend en effet à circonscrire le terme de « charité » à la solidarité ou à la simple aide humanitaire. Il est important, en revanche, de rappeler que la plus grande œuvre de charité est justement l’évangélisation, c’est-à-dire le « service de la Parole ».  Il n’y a pas d’action plus bénéfique, et donc charitable, envers le prochain que rompre le pain de la Parole de Dieu, le faire participer de la Bonne Nouvelle de l’Évangile, l’introduire dans la relation avec Dieu: l’évangélisation est la promotion la plus élevée et la plus complète de la personne humaine.  (…) C’est la vérité originelle de l’amour de Dieu pour nous, vécue et annoncée, qui ouvre notre existence à accueillir cet amour et rend possible le développement intégral de l’humanité et de tout homme. »

Lorsqu’en paroisse, nous pensons nos actions de Carême, en particulier avec les enfants, est-ce que cela passe avant tout par la redécouverte de la Parole de Dieu et par l’approfondissement de la prière ? Est-ce que nous avons déjà envisagé les oeuvres de concrètes de charité comme "évangélisation"?

 

Nous voici au contenu fondamental de ce message : « En somme, tout part de l’Amour et tend à l’Amour. L’amour gratuit de Dieu nous est communiqué à travers l’annonce de l’Évangile. Si nous l’accueillons avec foi, nous recevons ce premier et indispensable contact avec le divin en mesure de nous faire « aimer l’Amour », pour ensuite demeurer et croître dans cet Amour et le communiquer avec joie aux autres. »

Le souverain pontife résume alors cela à partir d’une courte méditation d’Ephésiens 2, 8-10 et parvient ainsi au sens profond du Carême : « Le Carême nous invite précisément, avec les indications traditionnelles pour la vie chrétienne, à alimenter la foi à travers une écoute plus attentive et prolongée de la Parole de Dieu et la participation aux Sacrements, et, dans le même temps, à croître dans la charité, dans l’amour de Dieu et envers le prochain, également à travers les indications concrètes du jeûne, de la pénitence et de l’aumône. »

 

Nous voici à présent à la quatrième et dernière partie de cette petite catéchèse : « Comme tout don de Dieu, foi et charité reconduisent à l’action de l’unique et même Esprit Saint (cf. 1 Co 13), cet Esprit qui s’écrie en nous « Abbà ! Père » (Gal 4, 6), et qui nous fait dire: « Jésus est Seigneur » (1 Co 12, 3) et « Maranatha ! » (1 Co 16, 22; Ap 22, 20). »

Ce lien qui existe entre la foi et la charité nous rappelle le lien entre les deux sacrements d’initiation que sont le baptême (sacrement de la foi)  et l’eucharistie (sacrement de l’amour) : « Le Baptême (sacramentum fidei) précède l'Eucharistie (sacramentum caritatis), mais il est orienté vers celle-ci, qui constitue la plénitude du cheminement chrétien. De manière analogue, la foi précède la charité, mais se révèle authentique seulement si elle est couronnée par celle-ci. »

 

Le pape conclue : « Chers frères et sœurs, en ce temps de Carême, où nous nous préparons à célébrer l’événement de la Croix et de la Résurrection, dans lequel l'Amour de Dieu a racheté le monde et illuminé l’histoire, je vous souhaite à tous de vivre ce temps précieux en ravivant votre foi en Jésus Christ, pour entrer dans son parcours d’amour envers le Père et envers chaque frère et sœur que nous rencontrons dans notre vie. A cette fin j’élève ma prière à Dieu, tandis que j’invoque sur chacun et sur chaque communauté la Bénédiction du Seigneur! »

 

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Published by Jacquotte - dans Lectures
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