Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 10:27

N.png

 

 

 

 

 

 

  ous avons pu survoler rapidement ces derniers mois les béatitudes telles qu'elles sont présentées dans l'Evangile selon saint Matthieu au chapitre 5. Celles-ci nous renvoient à la notion de "vertu".

Mais qu'est-ce qu'une vertu? Son enseignement a paru un temps dépassé, désuet... Le philosophe MacIntyre dans son Après la Vertu avait quelque peu réhabilité cette notion en lui rendant son intelligibilité. Une réflexion très intéressante qui passe par Aristote, Nietzsche, les vertus au Moyen Age, la morale des Lumières. Son ouvrage se terminait sur un débat entre Aristote/Nietzsche et saint Benoît/Trotsky... tout un programme.

De nos jours, les ouvrages se mulitplient sur les vertus... Une réhabilitation? Une redécouverte? Revenir aux vertus après une  morale trop casuistique ? Revenir à une éthique du bonheur plutôt qu'à une morale de l'obligation façon Kant? Oui, cela me semble capital et là encore, l'enseignement de saint Thomas sera incontournable!

Parler des vertus, c'est déjà savoir de quel type de morale on parle. Je reprendrai les mots de Gilson: " C'est une morale sans obligation, si du moins on considère l'obligation comme s'imposant du dehors. (…) Car la seule obligation que la morale thomiste reconnaisse à l'homme est celle d'être parfaitement homme, étant assuré qu'il sera par là ce que Dieu veut qu'il soit"  ( Saint Thomas d'Aquin, p.12).

 

 

L'homme est fondamentalement un être en devenir. Le chemin des béatitudes  ou le chemin des vertus semble donc être le moyen le plus approprié pour aider l'homme à se développer, à grandir en humanité, en liberté et en responsabilité. Nous nous situons comme le dit Aubert dans une dialectique de la croissance ( pensons aux paraboles de Jésus...). L'homme est ouvert à une infinie de possibilités, les vertus sont avec la loi, la base stable, universelle qui permet ensuite à l'homme de croître en tant qu'homme en sa vocation propre. Les vertus prennent en compte à la fois la dimension universelle (la nature de l'homme, la vocation universelle à devenir saint et à participer à la vie divine) et la dimension singulière de chaque homme.

 

Une vertu est un « habitus ». Le mot ne peut se traduire en français par l'habitude comprise comme une action répétée voire monotone qui sous entend alors que la personne est passive. Un habitus, c'est une disposition acquise, elle engage par conséquent la volonté, la liberté et une décision ferme et résolue. L'habitus s'enracine dans une connaissance ( et une conscience) lucide et éclairée. Je vais ensuite, par ma volonté, tendre vers, par des efforts concrets et réels.

Première distinction: on divise les habitus en habitus opératifs et en habitus entitatifs. Les habitus peuvent s'appliquer à une faculté physique ou intellectuelle. Ce sont alors des habitus opératifs. Les habitus affectant l'être dans sa totalité (santé, état de grâce) sont des habitus entitatifs.

 

Deuxième distinction: les habitus bons et les habitus mauvais.

Les habitus qui affectent la volonté, l'agir moral peuvent êtres bons ou mauvais. S'ils sont mauvais, ce sont des vices. S'ils sont bons, ce sont des vertus.

 

De ces deux premières distinctions, on peut conclure qu'une  vertu est un habitus opératif bon.

 

Troisème distinction: il existe différents types de vertus. J'en releverai trois: les vertus théologales ( foi, espérance et charité), les vertus intellectuelles et les vertus morales ( où il faudra préciser les vertus cardinales: prudence, justice, force et tempérance). Les vertus morales qui vont nous intéresser davantage sont celles qui perfectionnent les actes de la volonté et contrairement aux vertus intellectuelles, elles perfectionnent l'homme en soi.

 

Quelles sont les propriétés de l'habitus?

  • Il apporte une plus grande stabilité dans l'agir.

  • Il permet la maîtrise du comportement qui est alors mieux adapté au but.

  • Il apporte de l'aisance dans l'agir et engendre davantage de joie.

  • Il a un retentissement général sur l'être "global".

  • Il montre l'importance de l'effort humain... Volonté et liberté humaines sont mises en valeur.

C'est un perfectionnement de l'être tout entier!



SaintPierre.png

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Ethique
commenter cet article

commentaires

André Gindorff 06/09/2010 17:22


Sur 'éthique':
Garder en mémoire que l'éthique s'enracine dans l'ontologique.