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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 13:03

V.pngoilà un homme dont je n'avais jamais entendu parlé il y a une semaine et depuis ce n'est que "Matteo Ricci" par là et "Matteo Ricci" par ci.

Mercredi dernier, je pars courageusement- affrontant les grèves de la SNCF- vers Nancy et je tombe sur un article fort intéressant sur ce grand missionnaire dans le mensuel Il est vivant et voilà qu'en arrivant à destination, un cadeau de mon parrain m'attendait: Lettres à Matteo Ricci par An Huot aux éditions Bayard.

 

Le livre conte l'histoire d'une rencontre entre l'auteur qui signe ici de son nom chinois et le jésuite Mattéo Ricci. Un dialogue s'installe entre les deux. On parcourt ainsi les grandes étapes de la vie du missionnaire: naissance en Italie, formation par les plus grands de son temps, étape au Portugal, voyage vers l'Orient, ordination en Inde et enfin "débarquement en Chine". En parallèle, le chemin d'An Huo: sa découverte du Dictionnaire Ricci des caractères chinois, ses voyages en Chine, son apprentissage de la langue et son approfondissement de la pensée chinoise...

 

C'est un Matteo Ricci humaniste et scientifique qui nous est présenté dans cet ouvrage. L'homme de science qui petit à petit grapille du terrain en Chine pour parvenir à son but: l'empereur. Pas de conversion massive mais le précurseur de l'inculturation dans l'évangélisation. Il n'avance pas directement ses thèses mais vit de sa foi dans la secret de sa vie privée tout en apprenant en parallèle cette civilisation si différente de la notre: langue, rites... Il choisira par exemple d'abandonner le costume "jésuite" pour celui de "lettré chinois" pour accéder ainsi à la sphère élitiste. Il se dit aussi que si les chinois le prenne au sérieux et le croit sur les questions de science: mathématiques, astronomie... Ils le croiront ensuite sur les questions de foi. D'emblée, il ne rejette pas le confuciannisme comme une simple erreur ou superstition mais apprend à connaître cette sagesse.  Il découvre ainsi dans le confuciannisme l'expression " Seigneur du ciel" comme le note l'auteur et l'assimile si je puis dire au nom du Dieu biblique.

 

Son travail est immense, traduction en chinois des Eléments d'Euclide, un Traité sur l'Amitié, travaux sur des cartes... Il réalise entre autres une magnifique mappemonde dont un exemplaire sera offert à l'empereur. Pour ne choquer là encore une fois il décide de placer la Chine au centre de son planisphère et ensuite de dessiner tous les autres pays et continents à partir de ce "centre".

 

Les grandes questions et difficultés de l'inculturation sont évoquées rapidement dans l'ouvrage. Parmi elles, la question du culte des ancêtres. Doit-on le condamner comme culte idôlatre où n'est-ce qu'une manifestation culturelle du commandement "tu honoreras ton père et ta mère."?Il en va de même pour les rites liés à l'empereur. Est-ce que ce sont des rites civiques qui peuvent être acccomplis par les chrétiens ou est-ce des rites religieux???? La question de la polygamie et des concubines...

La question vestimentaire n'est pas réellement traitée mais sous-entendue. Elle a toute son importance encore aujourd'hui. Qu'est-ce qui est du domaine de la foi, du dogme et qui ne peut être modifier selon les coutumes, les époques et les cutlures et qu'est ce qui est justement propre au "rite" culturel? Les jésuites autour de Matteo Ricci avaient par exemple demander l'autorisation de célébrer la messe tête couverte car une tête nue est scandaleuse pour le peuple chinois et marque un profond "irrespect".. L'inverse de nos coutumes occidentales. Peut-on célébrer avec de l'alcool de riz l'eucharistie car on ne peut trouver de vin en Chine ou très difficilement?...

Toutes ces questions soulevées par cette première mission agiteront beaucoup l'Eglise... Je pense encore à la question des rites funéraires, long débat avec l'Eglise romaine. Il faudra attendre Pie XII en 1938 pour reconnaître le caractère "non religieux" des rites funéraires chinois et donc les "autoriser".

 

Un ouvrage plaisant à lire que je vous conseille. Vous ne passerez pas beaucoup de temps à parcourir ces quelques centaines de pages. Un poète, un homme de science, de vérité, rempli d'humanisme, un sage, un ami. Voilà ce que l'on découvre de ce grand pionnier de l'évangélisation. En revanche, l'homme de foi est peu présent et parfois des questionnements anachroniques ( celle de la place de la femme chinoise par exemple) viennent alourdir le contenu. On frise parfois, à mon avis, le syncrétisme alors que l'homme de Dieu voulait apprendre la philosophie chinoise pour montrer qu'il pouvait apporter "un plus". Ce plus étant la Révélation et le Christ lui-même. On est donc un peu déçu de cet humanisme " humain trop humain" qui surgit à plusieurs endroits mais ce livre reste une bonne introduction générale à Mattéo Ricci dont on fête cette année le 400ème anniversaire de sa mort.

 

Je laisse pour finir la parole à Matteo Ricci cité par An Huo à la page 97: " Quant à ce que vous me faites savoir de Rome qu'on voudrait y apprendre quelque grande conversion en Chine, sachez que moi, et tous les pères qui y résident, nous ne songeons qu'à cela de jour et de nuit; et c'est dans cette intention que nous sommes ici, ayant quitté notre patrie et nos amis très chers, habillés et chaussés à la chinoise, ne parlant, ne buvant, ne logeant qu'à la chinoise, mais Dieu ne veut pas que l'on voie encore d'aussi grands fruits de nos travaux. Et pourtant, je crois que le résultat de nos oeuvres supporte la comparaison avec celui d'autres missions qui apparemment, opèrent des merveilles, et même il peur leur être préféré: car, en ce moment, nous ne sommes pas en Chine pour récolter ni même pour semer, mais seulement pour défricher les épaisses forêts et nous battre avec les serpents venimeux qui y logent. Avec la grâce de Dieu, d'autres viendront qui pourront écrire sur les conversions et la ferveur des chinois, mais que votre Révérence sache bien qu'il fallait d'abord agir comme nous le faisons et qu'on devra nous attribuer la plus grande part de mérite, si toutefois nous accomplissions notre tâche avec la charité convenable."

 

 

 

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 21:46

A.pngchevons notre chapitre 7 du livre de l'Apocalypse. Il est important de bien saisir la cohérence de l'ensemble: de l'ouverture du premier sceau jusqu'à l'ouverture du 7ème au début du chapitre 8. Ce livre des sept sceaux désigne les Ecritures (Ancien et Nouveau Testament) que Dieu offre à l'humanité et que seul l'Agneau c'est-à-dire le Christ peut ouvrir car Lui qui est vrai homme et vrai Dieu est la seule "clé" pour comprendre l'ensemble des Ecritures. La semaine passée la liturgie nous a proposé le texte des disciples d'Emmaüs. Ceux-ci n'ont pas reconnu le Christ, il a fallu que tout au long du chemin, le Christ ressuscité leur explique ces Ecritures pour qu'enfin au moment du repas (de la fraction du pain plus exactement) "leurs yeux s'ouvrent" . C'est le cheminement de chaque célébration eucharistique (= messe) où nous commençons d'abord par entendre la Parole de Dieu et son commentaire par le prêtre puis nous approchons de l'autel pour recevoir le corps du Christ. C'est Victorin de Poetivio qui rappelait sans cesse que le Christ était cette clé pour saisir , avec le secours du Saint Esprit, le sens véritable de l'Ecriture. Le livre des sceaux n'est pas lu dans l'Apocalypse si vous faites bien attention car le livre a été révélé dans son contenu par la mort et la résurrection du Christ. Les sceaux retracent quelque part -pour  notre évêque de Pannomie- l'histoire de l'Eglise. Le premier sceau c'est la prédication sur la terre, du deuxième au quatrième sceau ce sont toutes les tribulations de l'Eglise, le cinquième sceau c'est l'attente de la Parousie ( = retour définitif du Christ à la fin des temps que les chrétiens attendent) pour ceux qui sont déjà morts, le sixième sceau c'est l'achèvement de la conversion du monde et enfin l'ouverture du septième sceau c'est l'inauguration du Royaume du Christ.

 

Mais nous ne sommes pas encore arrivés là. Tous les chrétiens baptisés, marqués du sceau de Dieu, sont réunis autour du Trône de l'Agneau et agitent des palmes.

Nous nous situons encore une fois dans la liturgie céleste qui rappelle la liturgie terrestre. Ici, le texte fait référence à la fête des Tentes (ou encore fête des tabernacles ou enfin "soukkhot") juive. Chaque année, les juifs se rappellent la sortie d'Egypte et surtout lors de cette fête, le temps où ils ont vécu- pendant 40 ans- dans le désert sous des tentes avant d'entrer en terre promise. Pendant cette fête, ils vivent sous des cabanes/tentes qu'ils construisent en général sur les balcons ou dans les jardins. Dans l'Antiquité, tant que le Temple existait ( le dernier temple qui avait été agrandi et embelli par le roi Hérode a été détruit totalement par les romains en 70 après JC, il ne reste que le mur ouest de l'enceinte générale que l'on appelle le "mur des lamentations"), le peuple entrait dans la cour du Temple en agitant des palmes et en chantant. Vous trouverez les prescriptions pour cette fête dans le livre du Lévitique ( 23, 33 et suivants). Le peuple chante entre autres le Psaume 118, au verset 25, il proclame " De grâce Yavhé, donne le salut!" ( on traduit ici le mot hébreu,bien connu des chrétiens,  "Hosanna!) qui trouve justement une réponse au verset 10 de notre chapitre. Le salut est là présent par Dieu qui siège sur le trône et par l'Agneau. La liturgie céleste nous rappelle encore  une fois que le salut est accompli dans le Christ et cela pour toutes les nations. Dieu a libéré le peuple d'Israël d'Egypte et ils ont séjourné sous des tentes, à présent le Christ a libéré par sa mort et sa résurrection l'humanité toute entière, la victoire est donnée à tous ceux qui ont reconnu le Christ!

Si les hébreux ont vécu sous la tente, là encore on note un changement. A présent, "Celui qui siège sur le trône étendra sur eux sa tente" ( verset 15). Les élus sont invités à vivre en présence de Dieu! Dans le désert ( et cela jusqu'à la construction du premier temple), la présence de Dieu était signifiée par la Tente de la Rencontre ( nommée aussi "Tabernacle") où avait été déposée les tables de la loi reçues par Moïse sur le Sinaï. C'est la présence constante de Dieu qui conduit les hommes.

Saint Augustin commente tout ce passage. Il parle des "robes blanches" comme la marque du don du Saint-Esprit et explique que les anges représentent encore une fois l'Eglise, enfin "les vieillards qui prennent la parole indique l'office des prêtres qui est d'enseigner à l'Eglise, c'est-à-dire au peuple qui est dans l'Eglise quelle est la récompense réservée aux travaux des saints." En effet cette robe lavée dans le sang n'est pas seulement celle des martyrs mais de tous les baptisés car il relève que le texte précise "lavée dans le sang de l'Agneau" c'est-à-dire " dans la grâce de Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur (...)". Enfin, il arrive aux versets 15 et 16 où la tente de Dieu est évoquée. Voilà comment il interprète ces versets: "Dans la vie présente, l'Eglise voit s'accomplir toutes ces choses, lorsque par la rémission des péchés nous ressuscitons à une vie nouvelle, et que dépouillés de la triste vie passée et des oeuvres du vieil homme, nous revêtons le Christ dans le baptême, et nous sommes remplis de la joie de l'Esprit Saint."

 

Le septième sceau s'ouvre et alors que l'on pourrait s'attendre à un déchaînement de phénomènes surnaturels et violents, le texte précise qu'il "se fit un silence dans le ciel, d'environ une demi heure..." Etonnante précision... Il s'agit bien entendu du silence qui précède toujours la venue de Dieu. On retrouve cela dans les récits prophétiques essentiellement. Pour Saint Augustin, ce silence figure le commencement de la vie éternelle. Pour Victorin, notre autre commentateur du moment, c'est le début du repos éternel. Il est interrompu donc ce n'est qu'une sorte de préfiguration. Dans tous les cas, c'est très intéressant de noter, qu'à cette heure dramatique, une place de choix est donnée au silence et- comme nous le verrons dans les versets qui suivent -à la prière ou si je puis-dire à l'oraison. On prie Dieu dans le silence, on lui rend un culte et par conséquent on accepte qu'Il soit notre juge...

Que se passe t'il en effet après ce silence? Sept anges apparaissent (on ne les nomme pas... contrairement à la tradition juive mais saint Jean ne prend pas de risque, l'homme doit adorer seulement Dieu et la tentation de vénérer les anges peut exister) à qui on remet 7 trompettes. Le son de la trompette- instrument qui ouvre les grands évènements, qui salue Dieu, c'est l'instrument de la prédication pour St Augustin- jaillira dans les chapitres suivants. Nous assistons ici à un enchaînement de séries de "sept": sept sceaux, sept anges avec sept trompettes puis sept coupes...

Vient alors, un huitième ange qui à l'aide d'une pelle en or se place près d'un autel et offre les prières des fidèles à Dieu. Là encore, c'est un rappel de la liturgie terrestre. Dans le Temple de Jérusalem, on distinguait plusieurs autels: l'autel des holocaustes et l'autel des parfums. Le premier se situait dans la cour des prêtres et le second dans le "Saint". Le prêtre prélevait des braises à l'aide d'une pelle en or sur l'aulel des sacrifices pour brûler les parfums sur le second (le prêtre brûlait onze parfums dont un qui sentait mauvais... l'encens qui brûle symbolise la prière qui monte vers Dieu, même la prière de l'homme mauvais touche le coeur de Dieu!). C'est sur l'identité de ce huitième ange que la tradition s'est aussi ( et encore!) interrogée. Est-ce le prophète Elie qui précède la venue de l'Antéchrist? et la pelle? Serait-ce  l'instrument du discernement qui sépare les "vrais chrétiens" des "faux et mauvais chrétiens"?

Pour Saint Augustin, c'est le Christ Lui-même, voilà sa belle interprétation. L'ange c'est Jésus et l'encensoir, c'est son corps saint : "le Seigneur devint lui-même l'encensoir d'où sortit pour monter jusqu'à Dieu l'odeur de suavité, et c'est ainsi qu'il devint propitiation du monde en  s'offrant lui-même comme une victime d'agréable odeur" et plus loin il continue ainsi: " Jésus-Christ a pris son corps, c'est-à-dire l'Eglise, et pour accomplir la volonté de son Père, il l'a remplie du feu de l'Esprit Saint.".

Alors, ce furent "tonnerres, des voix et des éclairs, et tout trembla." Pour l'évêque d'Hippone, il ne s'agit que des "prédications spirituelles de l'Eglise et des miracles qu'Elle opère."

Victorin lui ne développe pas trop ces versets là. Il relève l'importance de la prière qui s'élève vers Dieu. Il faut comme il le rappelle "prier  pour ne pas entrer en tentation". La trompette n'étant que "parole de puissance".  Et, en effet, si ce temps de prière est notée ici, c'est bien pour nous rappeler l'importance de celle-ci mais surtout son efficacité. Dieu se soucie des paroles, des désirs et des prières des hommes.

 

Les septs sceaux sont ouverts. De la fin du chapitre 8 jusqu'au chapitre 11, les trompettes vont sonner accompagnées de catastrophes. Nous aurons aussi  un petit temps de rupture puisque entre la sixième et la septième nous assisterons à l'épisode du petit livre avalé et à celui des "deux témoins".

 

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 19:31

I.pngl est un grand temps de poursuivre notre lecture du livre de l'Apocalypse.

Nous voici au chapitre 7, les six premiers sceaux ont été ouverts et voici que la succession des évènements s'arrête le temps d'un chapitre: Dieu reconnaît les siens et les marque d'un "sceau". Celui-ci s'ouvre sur la vision de quatre anges qui se tiennent aux quatre coins de la terre ( le chiffre 4- le carré- représente le plus souvent la terre: les 4 points cardinaux, les 4 éléments...) et commandent aux vents. Il s'agit d'une représentation antique courante chez les juifs comme chez les chrétiens, les vents comme les nations ( pour les anges par nation, je pense que vous pouvez voir cela dans le livre du Deutéronome 32, 8 ) ont chacun "un ange" qui les guide et les protège. Ceux-ci déchaînent sur la terre vents et tempêtes mais voilà qu'un "ange monté de l'orient" les arrête et marque "les serviteurs de Dieu" au front d'un sceau.

Avant d'essayer d'identifier plus avant cet ange, notons que ce passage s'inspire très largement du livre du prophète Ezéchiel ( en particulier le chapitre 9). Jérusalem infidèle va être punie mais avant de lancer son châtiment, Dieu ordonne à un homme vêtu de lin avec un écritoire de scribe à la ceinture de marquer d'une croix tous ceux qui sont restés fidèles à Dieu et qui ont refusé l'idôlatrie. Ici, dans le livre de l'Apocalypse, les hommes qui ont reconnu Dieu vont être marqués mais n'échapperont pas aux épreuves de ce monde et de cette vie. En revanche, ils ont foi en Dieu et savent que même s'ils connaissent la mort ( dans le martyre entre autres), Dieu leur donnera la vie véritable.

Qui est cet ange? Beaucoup ont vu en lui, le prophète Elie qui devait revenir pour fortifier l'Eglise avant la venue de satan. Vous pouvez trouver par exemple cette interprétation chez Victorin de Poetovio, évêque du troisième siècle mort en martyr, qui  a écrit justement un commentaire sur l'Apocalypse sous le règne de Gallien ( 258-263). Voilà ce qu'il écrit ( traduction dans la collection Sources Chrétiennes, n° 423): c'est le "prophète Elie qui doit venir avant le temps de l'Antéchrist pour restaurer les Eglises et les affermir contre l'intolérable persécution". Il s'appuie pour cela sur le livre de Malachie, le dernier des prophètes de l'Ancien Testament. En revanche, St Augustin voit dans cet ange venu d'orient l'Eglise. Ce qui pourrait être en cohérence avec les autres car ce "sceau" marque à la fois la protection de Dieu et "sa" propriété. C'est-à-dire ceux qui appartiennent à Dieu. Très vite dans l'Eglise primitive on a désigné le baptême par "le sceau". Le baptisé mort et ressuscité ave le Christ est marqué à vie par son baptême. Plus loin, du reste, on voit que ce peuple immense porte "la robe blanche" qui peut être celle du baptisé, celle de la grâce reçue au moment du baptême.

 

Nous parvenons dans un passage qui peut paraître délicat pour ceux qui ont été confrontés à une lecture fondamentaliste. Un jour, à Strasbourg, un femme- qui manifestement a du le regretter toute sa vie et qui n'a pas eu beaucoup de chance ce jour-là- à frapper à ma porte pour m'enseigner  la "Bonne Nouvelle". J'avais un peu de temps, je l'ai fait entrer. Elle était témoin de Jéovah... Elle a voulu m'enseigner la Bible et m'inciter à me convertir car le nombre d'élus ne sont pas si nombreux que cela: 144000....

Je sors rapidement ma BJ (Bible de Jérusalem) et lis le verset suivant: "Après quoi, voici qu'apparut à mes yeux une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue (...)". Bref, pas de stress, quiconque ose avancer un nombre de "sauvés" se trompe avec une facilité déconcertante!

Il s'agit bien entendu d'un chiffre "symbolique", ce sont les 12 tribus d'Israël portées à la perfection de 12000 hommes.  Ce chiffre 144000 comme le disait déjà St Augustin désigne l'Eglise toute entière, c'est la plénitude du peuple de Dieu et en aucun cas un chiffre concret et réel d'hommes.

Les douze tribus d'Israël nous viennent des douze fils de Jacob mais ici les plus avertis noteront que la prééminence est donnée à Juda qui est la tribu messianique ( le lion de Juda désignant  le Christ) et que Dan n'est pas présent mais remplacé par Manassé qui lui est un fils de Joseph. Depuis l'Ancien Testament ( puis dans la tradition avec Saint Irénée par exemple) la tribu de Dan est considérée comme infidèle à Dieu, elle est donc écartée ici. En Genèse 49, 17 elle était désignée en ces termes: " Que Dan soit un serpent sur le chemin, un céraste sur le sentier, qui mord le cheval au jarret et son cavalier tombe à la renverse!" ( traduction de la Bible de Jérusalem)

Certains ont vu dans les "144000" les chrétiens issus du judaïsme et dans "la foule immense" ceux issus du paganisme. Je ne crois pas qu'il s'agisse de cela mais seulement de deux manières de désigner l'Eglise car  il s'agit bien d'un seule Eglise comme le remarque St Augustin dans son explication de l'Apocalypse selon st Jean car l'apôtre écrit " LE peuple" et non "un autre peuple", c'est bel et bien un seul et même peuple de croyant " composé d'une multitude innobrable de toute tribu, de tout peuple et de toute langue, parce que toutes les nations se sont greffées sur la racine en embrassant la foi." On note encore une fois l'universalité du salut qui dépasse les frontières mais aussi le temps car il s'agit de l'ensemble des sauvés dans tous les siècles.

 

Le chapitre se poursuit sur une liturgie céleste qui rappelle le culte lié à la Fête des Tentes dans le judaïsme ancien mais nous verrons cela demain.

 

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 12:53

C.png'est le pape Jean Paul II qui en l'an 2000 nomma le deuxième dimanche de Pâques, le dimanche de la miséricorde à l'occasion de la canonisation de soeur Faustine Kowalska.

Cette petite soeur polonaise reçu entre les deux guerres le message de miséricorde du Christ: " Ma fille, dis que je suis l'Amour et la Miséricorde en personne!". Elle avait eu la vision du Christ dévoilant son coeur duquel jaillissair deux rayons représentant "le sang" et l'eau". Le sang rappelle bien entendu le sacrifice du Christ sur la croix mais aussi le don de l'Eucharistie. Quant à l'eau, c'est ici le symbole du don du baptême et du don de l'Esprit Saint. En ce dimanche, une semaine après la résurrection du Christ, tout nous rappelle que l'Incarnation, la vie, la Passion et la Résurrection de Jésus ne sont qu'oeuvres d'amour et de miséricorde pour l'humanité et le monde.

Comme le rappelle le saint père dans cette belle homélie du 30 avril 2000, c'est un message de paix ( "L'humanité n'aura pas de paix tant qu'elle ne s'adressera avec confiance à la divine miséricorde") qui n'a rien de nouveau mais  "qui nous aide à revivre plus intensément l'Evangile de Pâques, pour l'offrir comme un rayon de lumière aux hommes et aux femmes de notre temps."


Continuons notre lecture, c'est avec réalisme que Jean Paul II évoque l'avenir mais sans pessimisme, l'oeuvre de l'Esprit Saint et de la miséricorde est présente dans nos vies et dans notre temps. Encore faut-il se tourner avec confiance vers le Christ:

"Que nous apporteront les années qui s'ouvrent à nous? Quel sera l'avenir de l'homme sur la terre? Nous ne pouvons pas le savoir. Il est toutefois certain qu'à côté de nouveaux progrès ne manqueront pas, malheureusement, les expériences douloureuses. Mais la lumière de la miséricorde divine, que le Seigneur a presque voulu remettre au monde à travers le charisme de Soeur Faustyna, illuminera le chemin des hommes du troisième millénaire.

 

L'évangile du jour est celui où le Christ ressuscité apparaît aux apôtres, manque saint Thomas qui ne veut les croire. C'est face au Christ que jaillira ce beau cri de foi: "Mon Seigneur et mon Dieu!" Encore une fois, nous avons nous aussi à nous positionner face au Christ, est ce que je crois réellement à sa résurrection? Est-ce que cette rencontre transforme ma vie? Le pape nous laisse une piste de réflexion: " Comme les Apôtres autrefois, il est toutefois nécessaire que l'humanité d'aujourd'hui accueille elle aussi dans le cénacle de l'histoire le Christ ressuscité, qui montre les blessures de sa crucifixion et répète:  Paix à vous! Il faut que l'humanité se laisse atteindre et imprégner par l'Esprit que le Christ ressuscité lui donne. C'est l'Esprit qui guérit les blessures du coeur, abat les barrières qui nous éloignent de Dieu et qui nous divisent entre nous, restitue la joie de l'amour du Père et celle de l'unité fraternelle."

 

Enfin le saint père nous explique le choix de changer le nom de ce deuxième dimanche après Pâques: " Il est alors important que nous recevions entièrement le message qui provient de la Parole de Dieu en ce deuxième Dimanche de Pâques, qui dorénavant, dans toute l'Eglise, prendra le nom de "Dimanche de la Miséricorde divine".Dans les diverses lectures, la liturgie semble désigner le chemin de la miséricorde qui, tandis qu'elle reconstruit le rapport de chacun avec Dieu, suscite également parmi les hommes de nouveaux rapports de solidarité fraternelle. Le Christ nous a enseigné que "l'homme non seulement reçoit et expérimente la miséricorde de Dieu, mais aussi qu'il est appelé à "faire miséricorde" aux autres:  "Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde" (Mt 5, 7)" (Dives in misericordia, n. 14). Il nous a ensuite indiqué les multiples voies de la miséricorde, qui ne pardonne pas seulement les péchés, mais répond également à toutes les nécessités de l'homme. Jésus s'incline sur toute forme de pauvreté humaine, matérielle et spirituelle."

 

Il est en effet important de bien comprendre que le mot "miséricorde" ne recouvre pas seulement ( ce qui est déjà énorme) le pardon de tous nos péchés mais il désigne aussi cette dynamique de l'Amour de Dieu qui nous a fait à son image et qui nous veut semblables à Lui. Pour nous, concrètement, cela veut dire que nous devons combattre toutes les formes de "pauvreté" c'est-à-dire tout ce qui éloigne l'homme de Dieu (le rend dissemblant), tout ce qui nous déshumanise. Cette pauvreté comme le rappelle le pape est vaste: pauvreté matérielle bien entendu mais aussi toutes les pauvretés plus profondes et particulièrement en notre siècle, la pauvreté spirituelle. Cette ligne de conduite n'est pas sans nous rappeler celle de monsieur Vincent qui voulait soulager toutes les pauvretés des hommes.

 

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 12:34

R.pngien de tel qu'un peu de silence pour se "rebooster".

Je reviens donc de Venasque où se trouve l'Institut Notre-Dame de vie avec son studium, son lieu de pélerinage... Celui-ci fut fondé par le père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus actuellement en voie de béatification. L'Institut comporte une branche sacerdotale (prêtres), une branche de consacrés ainsi que des foyers attachés à la spiritualité. Tous, quelque soit leur état de vie pratique, dans l'esprit carmélitain, l'oraison.

Je vous conseille d'y aller à l'occasion. Venasque est un beau petit village où vous pourrez visiter entre autre un magnifique baptisère construit sur des vestiges romains et les tours 'sarrazines". La région est magnifique et ne manque pas de ballades: Avignon, Carpentras, Le Barroux, Vaison la Romaine, Sénanque, le Mont Ventoux...

Entre visites, ballades et offices, rien de tel que de s'asseoir avec un petit bouquin sous les cerisiers en fleurs. Ce que je n'ai pas manqué de faire, abandonnant cependant le dernier Zafon- qui ne collait pas trop avec l'ambiance- pour un livre autobiographique trouvé sur place, La Nuit privée d'étoiles de Thomas Merton.

 

"Je naquis le 31 janvier 1915, à l'ombre des Pyrénées, libre à l'image de Dieu et prisonnier de ma nature violente et égoïste, à l'image du monde. C'était l'époque où , à quelques centaines de kilomètres de la maison, au fond des tranchées boueuses, des hommes pourrissaient parmi les cheveaux et les canons brisés"

L'auteur  raconte ainsi son itinéraire, son enfance mouvementée de la France aux Etats-Unis en passant par l'Angleterre. La mort de ses parents, sa jeunesse débridé, tournée essentiellement vers les bars et les amusements multiples et variés. Son attirance pour le communisme, ses essais pour les divers cultes protestants, ses premiers romans. Tout y passe. Enfin, sa conversion, son baptême dans l'Eglise catholique et très vite son désir d'être prêtre et même moine. Il fait une demande pour entrer chez les franciscains qui sera refusé. Devenu professeur il fait la rencontre de la "baronne", une femme russe chassée de la Russie par la révolution de 1917, avec qui il découvre Harlem. Il rend alors service dans ce quartier misérable au sein de la "Maison de l'Amitié".... Toujours avec au fond de lui, ce désir d'être prêtre, d'être moine qu'il rejette puisqu'il n'a pas la vocation. Une conscience très aigue de ce qu'est le véritable péché: " le refus formel, délibéré, de l'amour désintéressé, simplement parce que nous ne voulons pas, parce qu'il ne nous convient pas d'être aimé". Thomas Merton a conscience de sa responsabilité personnelle dans la violence, la guerre qui monte dans le monde. Mais face à l'universalité du péché, tel saint Paul, il prend aussi conscience que la charité surabonde. Conscience que les actes qu'il commet à son niveau peut changer quelque chose: " on n'a pas idée de ce que peut faire un seul saint car la sainteté est plus forte que tout l'enfer réuni". Petit à petit, en solitaire, notre futur moine, se forme, approfondi Saint Thomas d'Aquin avec la Somme Théologique puis Saint Augustin avec Les Confessions... Ne pouvant entré chez les franciscains, il décide de vivre cependant une forte vie de prière et s'achète rapidement un bréviaire et découvre ainsi les bienfaits de la prière quotidienne: dans le train, en pleine nature, au fond d'une petite église. Il grandit dans son amour du Christ par la pratique régulière des sacrements.

Puis tout se bousculera, la Providence lui lance des clins d'oeil à travers des amis, des personnes insolites. Il est séduit alors par les chartreux mais l'ordre n'existe pas en Amérique et l'Europe est tombée sous la domination nazie. Il "échoue" alors pour sa plus grande joie à la Trappe ( les cisterciens de stricte observance) et vit alors sous la belle devise "Dieu seul". Une vie entièrement tournée vers Dieu par le travail et la prière. L'ouvrage se termine par la mort de son jeune frère Jean Paul, aviateur qui meurt lors d'un raid en Europe...

 

On a parfois parlé de cet ouvrage comme les "confessions" des temps modernes. Cette descente aux enfers puis la joie et la paix trouvées au fond d'un monastère du Kentucky. Cet ouvrage est remarquable de part  son humanisme , sa poésie et sa spiritualité profonde. On est frappé par la sincérité de l'auteur, par son idéal, sa recherche éperdue de bonheur qui le conduira à Dieu. Les étapes de ce chemin sont étonnantes, des lectures, des poèmes. Il évoquera à plusieurs endroits Joyces, Blake et Hopkins et puis la rencontre avec Saint Thomas à travers le livre d'Etienne Gilson, L'esprit de la philosophie médiévale. C'est à partir de là qu'il saisit que la religion et en particulier la foi chrétienne n'est pas simple superstition: " Il y avait là une notion de Dieu à la fois profonde, précise, simple et juste."  Ce n'est qu'une étape sur ce chemin de salut et Merton nous les décrit toutes: des rencontres, des amitiés, des lectures comme l'Imitation de Jésus Christ ou les Confessions. C'est un parcours long et laborieux mais où l'on découvre l'action de Dieu dans la vie ordinaire, où l'on découvre le rôle de la communion des saints et comme il l'écrit si justement: "Notre salut se fait par des choses naturelles, ordinaires et moyennes. Il en fut ainsi pour moi: livres, idées, poèmes, récits, tableaux, musique, architecture, villes, paysages, systèmes philosophiques devaient servir de matériaux à la grâce."

 

Le livre s'achève sur une réflexion sur la vie intérieure et la contemplation. On comprend très bien que vie monastique ne signifie pas fuite hors du monde. De la solitude naît une solidarité profonde et mystérieuse. Tout ceux qui auront déjà vécu une retraite dans une abbaye cistercienne se souviendront combien le monde est présent lors des Vigiles, premier des offices pour ces moines qui se lèvent pour prier et faire oraison à 4h00 alors que les autres dorment.

 

Un livre à lire!

"Comment aurais-je pu aimer Dieu, tant que toutes mes actions étaient pour moi, non pour Lui, tant que je ne me fais pas à Son aide, mais m'appuyais sur mes propres lumières et sur mes talents?"

 

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 16:17

R.pngetrouvez en ligne sur le site du Vatican l'audience du jour sur l'octave de pâques dont voici un avant goût:


"Chers Frères et Sœurs,

En ces jours, l'Église est inondée par la joie et la lumière de Pâques. Dans toute l’histoire du monde, l’annonce surprenante: «C’est vrai, le Seigneur est ressuscité: il est apparu à Simon -Pierre!» Le triomphe du Christ sur le mal et sur la mort! La Pâque du Christ est un événement absolument extraordinaire, le fruit le plus beau parvenu à maturité du «Mystère de Dieu» et c’est toutefois un fait ‘historique’, réel, l’événement qui fonde toute notre foi. Dieu en confie l’annonce à ses messagers pour qu’ils la transmettent à tous. 24,34) est la Bonne nouvelle par excellence, l

Nous voulons remercier Dieu pour les innombrables croyants en Christ qui nous ont précédés, parce qu’ils n’ont pas manqué à la mission d’annoncer l’Évangile qu’ils avaient reçue. Aujourd’hui comme hier, le Seigneur travaille avec ses témoins, semant des germes d’une paix vraie et durable et accomplissant avec eux des œuvres merveilleuses. Nous serons ses témoins si nous sommes en référence constante avec l’expérience pascale, celle de Marie-Madeleine annonçant aux disciples: «J’ai vu le Seigneur» (Jn 20,18).

Puisse cette rencontre personnelle avec le Ressuscité être le fondement de notre foi et laisser transparaître en nous le prodige de son amour!"

 

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5 avril 2010 1 05 /04 /avril /2010 15:54

P.pngortés par la joie de la Résurrection, nous serons durant toute la semaine dans l'"octave" de Pâques. Chaque jour de cette semaine sera par conséquent comme un dimanche, un dimanche de Pâques. Les néophytes ( c'est-à-dire les jeunes baptisés lors de la nuit de Pâques)  sont normalement habillés de blanc et c'est pour cette raison que l'on peut trouver parfois pour le dimanche qui clôture l'octave, le nom de dimanche in albis (= en blanc)

Pour marquer ce temps, les préfaces, les prières de la messe,  les laudes et les vêpres seront celles de Pâques. On prolonge donc dans la joie la fête de Pâques. L'octave cesse le dimanche suivant, le dimanche de quasimodo devenu avec Jean Paul II, le dimanche de la Miséricorde.

 

Pour continuer à chanter la joie de la résurrection , je vous laisse à méditer et à prier les textes des Laudes de cette semaine.

Il s'agit donc du psaume 62:


"Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : *
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau.

Je t’ai contemplé au sanctuaire,
j’ai vu ta force et ta gloire.
on amour vaut mieux que la vie :
tu seras la louange de mes lèvres !

Toute ma vie je vais te bénir,
lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin je serai rassasié ;
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.

Dans la nuit, je me souviens de toi
et je reste des heures à te parler.
Oui, tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l’ombre de tes ailes.
Mon âme s’attache à toi,
ta main droite me soutient."

 

Puis du Cantique dit des "trois enfants" que l'on trouve dans le livre du Deutéronome ( chapitre 3). Vous pouvez aussi le chanter sans souci. Enfin le Psaume 149.

 

La lecture sera celle des Actes des Apôtres 5, 30-32:

" Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus, que vous aviez exécuté en le pendant au bois du supplice. C'est lui que Dieu, par sa puissance, a élevé en faisant de lui le Chef, le Sauveur, pour apporter à Israël la conversion et le pardon des péchés. Quant à nous, nous sommes les témoins de tout cela, avec l'Esprit Saint, que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent."

 

On pourra terminer comme tous les matins par le très beau Cantique de Zacharie ( Luc 1)

 

Belle et sainte octave de Pâques.

 

 

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 21:57

" Q.pngue tout homme aimant Dieu jouisse de de cette lumineuse fête.

que le serviteur fidèle entre joyeux dans la joie de son maître.

Que celui qui a porté le poids du jeûne vienne toucher maintenant son denier (...)

Tous entrez donc dans la joie de votre Maître.

Premiers et derniers, recevez la récompense (...)

Abstinents et paresseux, fêtez ce jour.

Vous qui avez jeûné, réjouissez-vous aujourd'hui.

La table est garnie, venez tous sans arrière pensée.

Le veau gras est servi, que tous se rassasient.

Participez au banquet de la foi,

puisez tous aux richesses de la miséricorde.

 

(...) Que  nul ne déplore ses péchés:

le pardon s'est levé du tombeau,

Que personne ne craigne la mort:

Celle du Sauveur nous a libérés.

Il l'a terrassée, quand elle le tenait enchaîné.

Il a dépouillé l'enfer, celui qui est descendu aux enfers.

 

Il l'a détruit, pour avoir goûté à sa chair.

Isaïe l'avait prédit: l'enfer fut consterné quand il l'a rencontré.

Il fut consterné, parce qu'il fut écrasé.

Il fut dans l'amertume, parce qu'il fut joué.

Il avait pris un corps, il s'est trouvé devant Dieu.

Il avait pris le visible, et l'invisible l'a renversé.(...)

 

Le Christ est ressuscité et tu as été écrasé.

Le Christ est ressuscité et les démons sont tombés.

Le Christ est ressuscité et les anges sont dans la joie.

Le Christ est ressuscité et la vie règne.

Le Christ est ressuscité et les morts sont arrachés aux tombeaux.

Car le Christ ressuscité des morts est devenu prémices de ceux qui dorment.

A lui GLoire et puissance dans les siècles des siècles.

Amen."

 

Saint Jean Chrysostome- Homélie pascale.

 

Ce texte fait partie des offices des matines pascales dans le rite byzantin.

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 21:40

L.pnga mort du Christ sur la croix est un jugement de jugement" Maxime le Confesseur.

 

" Celui qui supsendit la terre est suspendu,

Celui qui attacha les cieux est attaché. 

Celui qui fixa l'univers est fixé sur le bois.

Dieu est assassiné (...)

Dieu a revêtu l'homme,

il a souffert pour un souffrant,

il a été jugé pour un condamné,

il a été enseveli pour un enseveli.(...)" Odes de Salomon.

 

"Que vous receviez la force de comprendre, avec tous les saints, ce qu'est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur" ( Ephésiens 3, 18). La croix du Christ possède toutes ces dimensions; par elle en effet, "il s'est élevé dans les hauteurs, emmenant captive la captivité" (Psaume 68,19), par elle "il est descendu au plus profond des enfers"; car le croix a une "hauteur" et une "profondeur". Et elle s'étend sur toute l'immensité de l'univers, déployant ainsi sa "largeur" et sa "longueur". Et celui qui est "crucifié avec le Christ", qui connaît la tension de cette crucifixion, c'est celui-là qui comprend "la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur". Origène.

 

En ce vendredi saint, tournons-nous vers la Croix, tournons-nous vers le Christ. Il s'est incarné et a souffert sa Passion pour nous, par sa mort, Il nous délivre de notre propre mort. Comme lui, nous sommes appelés à présent à devenir fils adoptif de Dieu, nous sommes appelés à ressusciter.

 

"Nous avons tout dans le Christ.(...)

 Si tu veux guérir ta blessure, il est médecin.

Si tu brûles de fièvre, il est fontaine.

Si tu as besoin de secours, il est force.

Si tu redoutes la mort, il est vie.

Si tu fuis les ténèbres, il est lumière.

Si tu as faim, il est nourriture: "GOUTEZ ET VOYEZ COMME EST BON LE SEIGNEUR (...)" Saint Ambroise de Milan.

 

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 21:16

B.pngonne fête, en premier lieu, à tous les prêtres!

 

En ce jour saint où nous célèbrons les prêtres, l'institution de l'eucharistie ainsi que le geste du lavement des pieds, je vous propose une petite méditation- que certains trouveront peut être un peu légère- de Césaire d'Arles ( Sermons au peuple dans la collection Sources chrétiennes, n°175) où notre auteur compare le prêtre à une vache! Pas de stress, nous n'insulterons pas ici le sacerdoce ministériel même Césaire affirme qu'il n'est pas "inconvenant d'assimiler les prêtres à des vaches"...

 

Lisez plutôt:

"Les prêtres dans l’Église ressemblent aux vaches et le peuple chrétien représente en figure les veaux.

De même que les vaches courent de tous côtés par les champs et les prés, font le tour des vignobles et des olivettes pour brouter herbes et feuillages et en préparer le lait qui nourrira leurs veaux, de même les prêtres, en lisant assidûment la Parole de Dieu, doivent cueillir les fleurs sur les divers monts des Écritures Saintes, pour pouvoir en extraire un lait spirituel et le servir à leurs fils, afin d’avoir le droit de dire avec l’Apôtre Paul : « C’est du lait que je vous ai donné à boire et non une nourriture solide » (1 Co 3, 2)

Il n’est pas inconvenant, frères très chers, d’assimiler les prêtres à des vaches ; en effet, comme une vache a deux mamelles, avec lesquelles elle nourrit son veau, de même les prêtres aussi de leurs deux mamelles, à savoir l’Ancien et le Nouveau Testament, doivent nourrir le peuple chrétien. Cependant, réfléchissez bien, mes frères, et voyez que les vaches charnelles non seulement viennent d’elles-mêmes à leurs veaux, mais aussi que leurs veaux courent à leur rencontre et frappent souvent les mamelles de leur mère avec leur tête, de telle sorte que, quelquefois, s’ils sont assez grands, on dirait qu’ils soulèvent de terre le corps de leur mère. Cependant les vaches acceptent de bon cœur la violence qui leur est faite, car elles désirent voir les progrès de leurs veaux.

Cela aussi, les bons prêtres doivent le souhaiter et le désirer avec foi : que leurs fils, pour le salut de leur âme, les harcèlent de questions continuelles ; de la sorte, tandis qu’est accordée la grâce divine aux fils qui frappent, une récompense éternelle est préparée aux prêtres qui révèlent les secrets des saintes Écritures. […]

Comme les veaux ont coutume de harceler avec une grande impétuosité les mamelles de leur mère, afin de pouvoir extraire de l’intérieur de son corps la nourriture qui leur est nécessaire, de même aussi le peuple chrétien doit sans cesse provoquer ses prêtres, qui sont comme les mamelles de la sainte Église, par de très pieuses questions, afin de pouvoir se procurer la nourriture du salut et de pourvoir son âme des aliments nécessaires…"

 

La conclusion est aisée. Le prêtre doit se nourrir de la Parole de Dieu et la transmettre aux autres pour que tous grandissent dans la foi. Et nous, nous ne devons pas hésiter à "provoquer" nos prêtres par nos questionnements! On parle de crise de vocation... peut-être faut-il déjà montrer que nous- personnellement -nous avons besoin de prêtres?

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NB: je pars quelques jours à Venasque pour la fin du triduum et la fête de Pâques, alors un peu en avance: belle et sainte fête de la résurrection... ( je vous ai quand même programmé quelques textes pour vendredi saint et dimanche de Pâques).

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