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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 22:19

D.pngemain nous entrerons dans ce que nous nommons le Triduum pascal. Les trois jours saints où nous célébrons "les évènements centraux" de la Rédemption. Vous reconnaissez  en effet l'étymologie latine "tres" signifiant "trois" et "dies" signifiant "jour".  

La fête de Pâques est la fête la plus importante pour  nous chrétiens... C'est vraiment le coeur de notre année liturgique même si celle-ci s'articule autour de deux grands cycles: Noël et Pâques. Incarnation (Noël) et Rédemption ( Pâques) sont les deux piliers de  notre foi... de notre foi en Christ. Si Jésus s'est incarné, c'est bien pour nous sauver... Or nous sommes sauvés par sa mort et sa résurrection. Il est bon de revivre ces évènements si importants.... Ce sont vraiment trois jours au cours desquels nous sommes invités à prier avec plus d'intensité ou plutôt de ferveur.

En plus du mémorial de la Passion et de la Croix, ne négligeons pas le jeudi saint avec l'institution de l'Eucharistie. Dans la nuit de jeudi à vendredi ce sont des milliers de personnes qui prieront devant le saint sacrement contemplant ce grand mystère, adorant ce Dieu qui s'est fait si petit pour nous nourrir et grandir...  Vendredi, ce sera les chemins de croix à 15h00 rappelant les derniers instants du Christ en 14 stations puis l'office de la Passion. Les cloches des églises auront cessé de retentir jusqu'aux vigiles pascales du samedi saint où alors Gloria et Alléluia qui n'étaient plus chantés depuis le mercredi saint vont résonner.

Notez que l'arrêt des cloches expliquent que l'on affirme aux enfants que si les cloches ne sonnent plus, c'est qu'elles sont "parties" à Rome pour nous ramener ( à notre plus grande joie) des chocolats le dimanche de Pâques... Pratique ces cloches volantes!

Je n'ai pas parlé de la messe chrismale. Messe qui n'a lieu q'une fois dans l'année et seulement au cours de la semaine sainte mais la date peut varier selon les diocèses. A Dijon, elle est célébrée le mardi saint par exemple. Au cours de cette messe, tous les prêtres du diocèse sont réunis autour de leur évêque et renouvellent leurs promesses sacerdotales. En cette année sacerdotale, cela peut être l'occasion d'y assister... C'est surtout la bénédiction des huiles: huile des catéchumènes ( personnes en marche vers le baptême), huile des malades ( pour  le sacrement des malades, anciennement "extrême onction) et le saint chrême ( pour les baptêmes, confirmation, ordination...).

 

Je vous propose de lire ces belles paroles de Benoît XVI prononcées aujourd'hui lors de l'audience pour nous introduire à ces trois jours saints:

"Pendant ces jours saints, nous méditons les événements centraux de notre Rédemption. Je vous invite à les vivre intensément et à donner une adhésion généreuse et convaincue au Christ, mort et ressuscité pour nous.

Au cours de la Messe chrismale, les Évêques et les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales. Puissent-ils être des messagers d’espérance, de réconciliation et de paix!

Demain soir, nous célèbrerons l’institution de l’Eucharistie et nous rappellerons le geste de Jésus qui lave les pieds de ses Apôtres, révélant ainsi son amour infini, qui rend l’homme capable d’être en communion avec Dieu et le rend libre. Invités durant ce chemin liturgique à la rencontre intime avec le Seigneur, nous le contemplerons dans la solitude de Gethsémani: là nous prierons afin que cessent toutes les solitudes du monde.

Le Vendredi-Saint, nous ferons mémoire de Jésus qui a voulu offrir sa vie en sacrifice pour la rémission des péchés, faisant de sa mort un instrument de salut et la proclamation de la victoire de l’amour.

Le silence du Samedi-Saint nous invitera à la prière et à la conversion, particulièrement par le sacrement de Pénitence, afin de participer, renouvelés, à la célébration de Pâques.

Dans la nuit pascale, en chantant l’Alléluia, qui annonce la Résurrection, l’Église proclamera sa joie de rencontrer son Seigneur. Que la Vierge Marie nous introduise dans le mystère de Pâques, dans la joie et la paix du Ressuscité! "

 

 

SaintJeanBaptiste.png

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Published by Jacquotte - dans Catéchisme
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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 17:13

U.pngn "lammele"? De quoi s'agit-il????

Et bien du célèbre "agneau pascal" cuisiné en Alsace pour la belle fête de Pâques... Je pense pouvoir traduire ce mot par "petit agneau". Parfois, selon les régions d'Alsace, vous pouvez tomber sur la formule "lamale". Mais il s'agit bien de la même chose.  L'agneau étant bien entendu la figure christique par excellence.

 

Il est un peu tôt mais il vaut mieux avoir ses recettes avant le jour J... De plus ce gâteau se congèle très bien. J'aime le déguster au petit déjeuner.

Il vous faut biensûr le moule adéquat. Vous le trouverez sans souci en Alsace en cette période de fête sinon arpentez les magasins de cuisine. Ce moule a donc la forme d'un petit agneau, le top du top étant d'en avoir un en terre cuite...

Vous pouvez en trouver de toutes les tailles ( méfiez-vous, celui que j'ai acheté à la base ne tient pas dans mon four...)

En principe, la recette se trouve inscrite sur la boîte, pratique!

 

 

Il faut ajuster la recette à la taille de votre moule mais en gros: 3 oeufs, 100g de farine ( que je coupe en 50g de farine- 50g de fécule), 100g de sucre.

Battez les jaunes avec la moitié du sucre puis montez les blancs en neige en ajoutant le reste de sucre. Mélangez les deux préparation. On peut battre aussi directement les oeufs entiers mais à ce moment là, il faut battre très longtemps. C'est très important et souvent ajouter un peu de levure. Versez dans le moule que vous aurez monté et beurré.  Faites cuire environ 30 à 40 minutes à 180°c.

Je sais que certains ajoutent un peu de citron dans la préparation mais je ne crois pas qu'il s'agisse de la recette traditionnelle.

 

Au démoulage, saupoudrez de sucre glace. J'ajoute un petit ruban de couleur autour du cou du petit agneau. Les plus gourmands pourront faire un glaçage au chocolat...

Bon appétit!

 

SaintGeorges.png

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Published by Jacquotte - dans Folklore
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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:18

Q.pnguarante jous de Carême, nous voilà à présent aux portes de Pâques... Nous entrons aujourd'hui dans la semaine sainte. Deux évangiles en ce dimanche. Celui qui sera lu sur les parvis des églises, l'évangile des "rameaux", celui qui raconte comment Jésus est entré à Jérusalem sous les ovations de la foule et celui de la passion selon saint Luc. Très belle fête parfois teintée de superstition malheureusement car certaines personnes viennent  à la bénédiction des Rameaux uniquement dans le but de rapporter chez soi du buis béni qui protégera leur maison... Nous ne retiendrons pas, bien entendu, cet aspect ci...

 

La célébration des Rameaux c'est fêter cette entrée triomphale du Christ venu célébrer à Jérusalem, la Pâque juive- Pessah- avec ses disciples. C'est la reconnaissance que Jésus est bien le messie attendu, le Christ venu sauver les hommes. Grand mystère que ce messie humble montant un âne et qui ne s'éclaircira que quelques jours plus tard au cours du triduum pascal: jeudi saint- vendredi saint- samedi saint. Un messie qui institue l'eucharistie, qui lave les pieds de ses disciples, qui est serviteur souffrant (ecce homo) et qui enfin connaîtra le supplice de la croix et la mort.

La croix, passage inévitable, où Jésus offre sa vie pour nous... La croix, scandale et folie... qui n'a aucun sens sans la résurrection du Christ que nous fêterons dimanche prochain.

 

 

Regardons plutôt le texte de saint Jean. Nous trouverons ce passage au chapitre 12, 12- 19.

L'entrée à Jérusalem est précédée de l'onction à Bethanie, le village où Jésus a ressuscité Lazare. Les grands prêtres décident alors de tuer Jésus ( et Lazare par la même occasion). Nous sommes aux versets 9 à 11. Jésus quitte Bethanie pour se rendre à Jérusalem, ville sainte, lieu du Temple. Saint Luc précisera aussi la proximité de ce village ainsi que celui de Bethhagé. Le nom des ces villes a beaucoup intrigué les pères. On reconnaît déjà le mot hébreu "beth" qui signifie la maison ( Bethléem = la maison du pain ou encore Elisabeth = la maison de Dieu). Origène parle de "maison de l'obéissance" et avec Bède il note la référence sacerdotale de Bethphagé, "maison des "mâchoires"- lieu d'habitation pour les prêtres.

 

 L'enthousiasme augmente, la foule est en liesse. Le nombre des disciples augemente et c'est une foule considérable qui vient acclamer Jésus comme "messie"... Ils prennent des branches de palmiers, poussent des cris de joie: "Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, et le roi d'Israël".Ce cri "Hosanna" signifie en quelques sorte "sauve nous, s'il te plaît, nous t'en prions..." Qui peut sauver sinon le Père? Le salut vient de Dieu seul mais la foule reconnaît en Jésus, l'envoyé du Père, celui qui va les conduire vers le salut.

 

Contrairement aux évangiles synoptiques (il s'agit des évangiles selon saint Matthieu, saint Marc et saint Luc. Ces trois évangiles sont très proches et peuvent être mis en parallèle. On les "regarde ensemble" comme le suggère l'étymologie grecque "syn"= ensemble et "opsis"=voyant". Il existe des "synopses" où les trois évangiles sont disposés sur une même page en trois colonnes pour voir d'un seul coup d'oeil les parallèles, les ressemblances et les spécificités...) , Jésus n'envoie pas de disciples chercher l'âne pour monter dessus. En saint Jean, Jésus "trouve un petit âne, s'assit dessus"... Il accomplit ainsi une prophétie bien connue par les juifs, la prophétie de Zacharie ( le prophète et non le père de Jean-Baptiste) que vous trouverez en Zacharie 9,9: "Voici que ton roi vient à toi, humble et monté sur un âne et sur un poulain, petit des ânesses." Il s'agit donc bien d'une entrée messianique. La foule a cet instant, alors que par ailleurs Jésus lui a souvent ordonné de  se taire, peut l'acclamer comme roi et messie. Entrée messianique cependant surprenante car c'est un messie doux et humble qui entre aujourd'hui à Jérusalem et non un roi tout-puissant, chef des armées qui aurait l'intention de chasser les romains de la province de Palestine. Certains vont en effet être deçus, Jésus ne sera pas le "roi d'Israël" qu'ils imaginaient.

L'âne n'a pas encore été monté. Pour Augustin, il s'agit du peuple païen qui n'a pas encore reçu la Loi, qui ne connaît pas les Ecritures. Jésus avec la Loi nouvelle annonce une Bonne Nouvelle, un salut universel...

 

Pour terminer, encore un peu de saint Bernard qui nous aura bien accompagné au cours de ce Carême:

"Voilà pourquoi aussi le seigneur a voulu nous donner, en même temps, une leçon de patience dans la passion et d'humilité dans la procession. Dans l'une, il paraît comme un agneau qu'on mène à la boucherie, ou qui se trouve entre les mains du tondeur, et n'ouvre point la bouche. En effet, tandis qu'on le chargeait de coups, non-seulement il ne faisait point entendre de menaces, mais même il n'ouvrait la bouche que pour articuler ces paroles : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font (Luc. XVIII, 34). » Mais dans son cortège triomphal, que voyons-nous? Pendant que les habitants de la ville se préparaient à voler à sa rencontre, lui n'ignorait point ce qu'il y avait de caché au fond de leurs coeurs. Voilà pourquoi il se présente à eux monté, non dans un char ou sur des chevaux aux freins d'argent et aux harnais semés de clous d'or, mais il vient humblement assis sur un modeste ânon que ses apôtres avaient couvert de leurs vêtements, et je ne crois pas que ces vêtements fussent les plus précieux de la contrée.

Mais pourquoi voulut-il paraître dans ce cortège, puisqu'il prévoyait qu'il allait sitôt être suivi de la passion? Peut-être bien ne fût-ce que pour que sa passion lui parût plus amère, venant sitôt après son entrée triomphale : car à peine s'était-il écoulé quelques jours, qu'il se vit attaché à la croix, par les mémés hommes qui l'avaient acclamé, dans le même temps et au même endroit où ils l'avaient applaudi. Quelle différence entre ces cris: « Otez-le, faites-le disparaître de devant nos yeux, crucifiez-le (Joann. XIX, 15) ! » Et ceux-ci : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur; hosanna au plus haut des cieux (Matt. XXI, 9) ! » Entre ces paroles : « Roi d'Israël (Joann. XII, 13) ! » Et celles-ci : «Nous n'avons point d'autre roi que César (Joann. XIV, 15)! » Qu'il y a loin de ces rameaux verdoyants au. bois de la croix, de ces fleurs à ces épines ! On s'était dépouillé de ses vêtements pour les, étendre sur ses pas, et voilà qu'on lui arrache les siens et qu'on les tire au sort. Oh ! malheur à toi, péché amer ! car, c'est pour t'expier qu'il lui a fallu s'abreuver de tant d'amertumes

 

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25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 12:03
M.pngalgré ce temps de Carême qui touche à sa fin, le calendrier liturgique nous propose de nombreuses fêtes en ce moment. Aujourd'hui, 25 mars - 9 mois avant Noël, le naissance de Jésus- nous fêtons l'Annonciation du Seigneur à Marie.
Une jeune fille de Nazareth fiancée à un charpentier, Joseph reçoit la visite d'un ange nommé Gabriel qui lui annonce qu'elle a été choisie pour être la mère du Très-Haut. Ciel et terre sont suspendus aux lèvres de la petite Marie qui choisira en toute liberté de dire "Oui" à Dieu. C'est le fiat de Marie qui reste pour nous, depuis ce jour,  un modèle d'abandon à la volonté de Dieu, un modèle du croyant confiant dans l'amour et le dessein de Dieu.

Ce beau texte de l'Annonciation que vous trouverez dans l'évangile de Jésus Christ selon saint Luc  (1, 26-38 )se situe entre l'annonciation à Zacharie et la Visitation suivie de la prière du Magnificat. L'évangile de Luc n'est qu'annonces joyeuses, cris d'allégresse, prières de louange et d'action de grâce en ce premier chapitre. On comprend pourquoi comme je vous l'avais déjà fait remarqué qu'on appelle cet évangile, l'évangile de la joie.
Bien entendu, il a été de nombreuses fois commenté. Je vous proposerai aujourd'hui quelques phrases tirées de Saint Ephrem et de Saint Bernard.

Rien n'est impossible à Dieu.  Marie, confiante, ne pose pas la question "pourquoi". Elle écoute et se met au service- volontairement- de Dieu. C'est en ce jour de l'annonciation que Dieu se fait homme et s'abaisse pour nous sauver, il revêt notre nature...
" Contemplez Marie, mes bien-aimés, voyez comment Gabriel entra chez elle et quelle objection elle lui adressa : Comment cela va-t-il se faire ? (Lc 1, 34). Le serviteur de l’Esprit Saint lui fit cette réponse : « Cela est facile à Dieu ; pour lui tout est simple. » Considérez comme elle crut à la parole entendue et dit : Voici la servante du Seigneur (Lc 1, 38).
En ce jour, Marie est devenue pour nous le ciel qui porte Dieu, car la Divinité sublime est descendue et a établi en elle sa demeure. En elle, Dieu s’est fait petit – mais sans amoindrir sa nature – pour nous faire grandir. En elle, il nous a tissé un habit avec lequel il nous sauverait. En elle se sont accomplies toutes les paroles des prophètes et des justes. D’elle s’est levée la lumière qui a chassé les ténèbres du paganisme. Nombreux sont les titres de Marie, et il convient que je les rapporte. Elle est le palais dans lequel a habité le puissant Roi des rois. Et il ne l’a pas quittée comme il était venu, car c’est d’elle qu’il a pris chair et qu’il est né.

Elle est aussi le nouveau ciel dans lequel a habité le Roi des rois. En elle s’est levé le Christ et d’elle il est sorti pour entrer dans la création, formé et façonné à son image. Elle est le cep de vigne qui a porté la grappe. Elle a donné un fruit supérieur à la nature ; et lui, bien que différent d’elle par sa nature, a revêtu sa couleur et est né d’elle. Elle est la source de laquelle ont jailli les eaux vives pour les assoiffés, et ceux qui ont goûté de sa boisson portent des fruits au centuple." ( Saint Ephrem).

 

Ecoutons saint Bernard à présent, encore un de ces grands saints qui a aimé Marie et médité longuement sur les évènements de sa vie. C'est lui par exemple qui nous a offert la belle prière du "souvenez-vous". Il a écrit trois sermons pour l'Annoncation, je puiserai les phrases suivantes dans le deuxième intitulé "Deuxième sermon sur l'Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie. Sur les sept dons de l'Esprit en Jésus-Christ."

 

" Mes frères, dans la solennité de l' Annonciation de notre Seigneur que nous célèbrons aujourd'hui, il faut voir la simple histoire de notre rédemption devant nos yeux, comme une vaste et agréable plaine.L'ambassade dont l'ange Gabriel est chargé est nouvelle, la vertu que professe la Vierge est une vertu nouvelle, et le respect qui est témoigné à Marie l'est dans les termes d'une salutation nouvelle, aussi l'antique malédiction qui pesait sur la femme, est mise de côté; Marie reçoit une bénédiction nouvelle, comme sa maternité." Dans ce même sermon, saint Bernard s'interroge sur le fait de savoir pourquoi c'est le Fils qui s'est incarné et non le Père et ou le Saint Esprit. Question je vous avoue ne m'être jamais posée avant de lire saint Bernard... Voilà sa réponse: "D'ailleurs, il semble parfaitement convenable que celui-là devaînt fils d'homme celui qui était déjà le Fils de Dieu (...) Et nous-mêmes, il n'aurait pu nous être donné, si les choses se fussent passées autrement, un égal motif  d'espérer le salut et l'héritage du Ciel tandis que, en le faisant l'aîné de tous ces frères, lorsqu'Il était déjà Fils unique du Père, il ne saurait manquer de nous appeler à partager son héritage, puisqu'il nous a appelés déjà  à être adoptés pour enfants. Ainsi donc, Jésus Christ, notre fidèle médiateur, après avoir uni dans un ineffable mystère, la substance de l'homme, et celle de Dieu en une seule mystère, sut également, par un dessein d'une grande profondeur, garder, en nous réconciliant, ce juste milieu qui lui fit donner à Dieu et à l'homme ce qui leur convenait, à Dieu la Gloire, à l'homme la pitié. (...)" ( Saint Bernard)

 

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 22:03

P.pngoursuivons joyeusement notre lecture des catéchèses de Benoît XVI présentées lors des audiences du mercredi. Encore une fois, je vous conseille de les consulter dans leur totalité sur le site du saint siège. Cette dernière est sous la forme d'une vidéo.

En ce moment, nous sommes gâtés... ce sont tous mes petits préférés qui se profilent: les grands maîtres de la scolastique lorsque celle-ci n'était pas encore devenue pure érudition et rhétorique creuse.

 

Aujourd'hui, un des grands théologiens inévitables de l'école dominicaine : Albert le Grand.... Méditons et revenons sur ces grands penseurs qui avaient compris que les sciences, les études pouvaient être de "véritable chemin de sainteté". Il faut faire attention comme l'a très souvent fait remarqué Jean Paul II a ne pas déposséder la foi de l'apport de notre raison, de nos connaissances. La foi qui s'appuie sur le simple affectif-émotionnel a tôt fait de sombrer dans la superstition. Sa conception du rapport entre foi et philosophie n'est pas sans nous rappeler les fondements de l'encyclique Fides et Ratio.

 

Ecoutons le pape: "Saint Albert le Grand fut l’un des grands maîtres de la théologie scolastique. Né en Allemagne au début du treizième siècle, il étudia d’abord à Padoue, où il fréquenta l’église des Dominicains chez lesquels il fit profession. Après son ordination sacerdotale, il fut envoyé à Paris pour perfectionner ses études de théologie. Il entreprit alors une extraordinaire activité d’écrivain. En 1254, il fut élu Provincial des Dominicains pour un vaste territoire d’Europe du Nord. Archevêque de Ratisbonne de 1260 à 1264, il demandera ensuite au Pape d’être déchargé de ce ministère pour reprendre sa mission d’enseignement et d’étude. Homme de prière, de science et de charité, Albert jouissait d’une grande autorité dans la vie de l’Église et de la société de son temps. Il meurt en 1280 dans son couvent de Cologne.

Albert le Grand nous rappelle qu’il n’y a pas d’opposition entre science et foi, et que ceux qui étudient les sciences de la nature peuvent parcourir un véritable chemin de sainteté. Il met en lumière le fait que la philosophie et la théologie ont des méthodes différentes, mais que leur dialogue coopère harmonieusement à la découverte de l’authentique vocation de l’homme. Prions pour que l’Église ne manque jamais de théologiens qui soient enracinés dans la prière, compétents et pleins de sagesse, et pour qu’en tout, nous sachions nous conformer à la volonté de Dieu pour ne rechercher que sa Gloire."

 

Un appel à la formation théologique à ne pas négliger... Cela nous permettra d'éviter des interprétations parfois trop "personnelles" de la Parole de Dieu courant ainsi le risque d'instrumentaliser celle-ci. Appuyons-nous sur la Tradition: pères de l'Eglise, docteurs de l'Eglise... pour nourrir notre foi, cela semble capital... Tout ce qui sert à mieux comprendre l'homme dans "sa vocation intégrale" ne peut être qu'une bonne chose! La formation théologique est là aussi pour mieux comprendre notre foi, notre credo... Ne la négligeons pas. Formation catéchétique et théologique n'est pas une intellectualisation de notre foi ou de la Parole comme voudrait le faire croire certains courants de pensée actuels. 

 Donc... bonne lecture (cela dit vous n'êtes pas obligé de vous lancer tout de suite dans Albert le Grand ou la somme Théologique de saint Thomas d'Aquin) et bonne formation! En sachant qu'il n'est pas trop tard pour s'y mettre puisque les Nouvelles Orientations Catéchétiques parlent bien d'une transmission et d'un approfondissement de la foi à tous les âges de la vie.

 

SaintThomasdAquin.png

 

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 19:50

U.pngn des trois "piliers" du Carême, la prière... 
" Pour toi, lorsque tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est présent dans ce qui est secret". ( Matthieu 6, 6)
Cet appel à la prière intérieure sera suivi du don de la prière dominicale, la prière du Notre Père.

Pour commencer cette petite réflexion, je voudrai m'appuyer sur le grand saint Bernard de Clairvaux. Je suis allée voir hier "Le fabuleux destin de Saint Bernard" mis en scène par les Baladins de l'espérance, je reste dans le thème.
Dans son 5ème sermon pour le Carême, il s'attaque aux trois sortes de prière. Il met déjà l'accent sur les difficultés de la prière et sur celles que nous avons de constater les fruits de la prière... 
" Il semble que nous nous retrouvons après avoir prié, ce que nous étions auparavant. Personne ne nous répond ,un mot, personne ne nous accorde rien, il semble vraiment que c'est en pure perte que nous prenons la peine de prier. "
Bref, il ne se "passe rien" dans la prière, il ne "se produit rien" après ma prière... Est-ce que je dois continuer à prier? Est-ce que je prie "correctement" diront certains? Cela ne sert à rien... abandonnons!
Le premier des dangers dans la prière est justement d'arrêter de prier, de cesser de demeurer près de Dieu sous prétexte que nous ne ressentons rien. Il s'agit justement par delà l'expérience, par delà imagination, sentiment et intelligence de poser un acte de foi et de demeurer dans la confiance:
"Rapportez-vous-en donc au jugement de la foi, non à ce que vous éprouvez, puisque la foi ne trompe point et que l'expérience nous induit en erreur. Or où trouver, la vérité de la foi, sinon dans les promesses du Fils de Dieu lui-même qui nous dit : « Tout ce que vous demanderez dans la prière, croyez que vous le recevrez, et qu'il vous sera fait selon que vous le désirerez, (Matth. XXI, 22). » Par conséquent, qu'aucun de vous , mes frères, ne regarde sa prière comme étant de peu de valeur, attendu que celui que nous prions, je puis vous l'affirmer, est loin d'en faire peu de cas. Elle n'est pas encore tombée de nos lèvres, que déjà il l'a fait inscrire dans son livre, et nous pouvons être assurés d'une chose, c'est que s'il ne nous accorde pas ce que nous lui demandons, il nous donnera certainement quelque chose qu'il sait devoir nous être plus utile. Car nous ne savons point ce qu'il faut que nous demandions dans nos prières. Mais il aura pitié de notre ignorance, et, recevant notre prière avec bienveillance, s'il ne nous accorde point ce qui ne peut nous être d'aucun bien, ou ce dont nous n'avons point encore besoin, notre prière n'est point stérile pour cela."

Deuxième étape, mettre ses délices comme le chante le psalmiste dans le Seigneur... "Mettez donc vos délices dans le Seigneur, » c'est-à-dire tendez à cela, efforcez-vous de trouver vos délices en lui, « et le Seigneur alors exaucera les voeux de votre coeur, » c'est-à-dire, comme de juste, les voeux que la raison approuve. Il n'y a pas là motifs à vous plaindre, c'est plutôt une raison pour vous de témoigner votre reconnaissance de tout votre cœur, puisque tel est le soin que Dieu prend de vous, que toutes les fois que, sans le savoir, il vous arrive de demander quelque chose d'inutile, il ne vous exauce point, mais au contraire il vous accorde en échange quelque chose de meilleur. C'est ainsi qu'un père, selon la chair, quand son enfant lui demande du pain, s'empresse de lui en donner, mais s'il lui demande un couteau dont il ne croit pas qu'il ait besoin, il le lui refuse, et aime mieux lui couper lui-même son pain ou le lui faire couper par un de ses serviteurs, afin qu'il ne coure aucun danger et n'ait aucune peine"

Quels sont les voeux du coeur? Notre moine cistercien en distingue trois:
- les biens du corps.
- les biens de l'âme (grâce de Dieu et vertus de l'âme)
- le bonheur de la vie éternelle.
Nous devons surtout demander le troisième: "ce que nous devons demander avec une entière piété et de toute l'ardeur de nos désirs, c'est surtout la vie éternelle, où le bonheur de l'âme sera comble et parfait"
Dans ces trois voeux, il faut cependant éviter les choses superflues, des souhaits impurs et enfin les sentiments d'orgueil ( on peut en effet demander la vie éternelle en songeant qu'on la mérite simplement par ses propres efforts ce qui pour Bernard est faire preuve de bien peu d'humilité...)
" En conséquence bornons nos prières pour les choses temporelles aux seules nécessaires. Quant aux biens de l'âme., que notre prière soit faites: dans une grande pureté d'intention, et se soumette en toutes choses au, bon plaisir de Dieu; enfin due nos voeux, pour obtenir la vie éternelle, soient pleins d'humilité et ne se fondent, comme de juste, que sur la miséricorde de Dieu"

SaintJeanBaptiste.png

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 19:18

H.pngeureux ceux qui sont dans le deuil, ils seront consolés."

Encore une béatitude surprenante, celle des larmes. Serait-ce une éloge de la tristesse? Biensûr que non. La joie est une des conséquences de la béatitude. La tristesse est apparentée même en un certain sens aux vices. Béatitude étrange, paradoxale qui va à l'encontre d'un monde qui prône les "plaisirs".

Nous continuons notre marche ascendante vers Dieu, vers la Gloire de Dieu. Les trois premières béatitudes humilité-douceur et pleurs mettent en évidence la reconnaissance de l'homme comme créature, faible et fragile sans le secours de Dieu. L'homme comme pécheur, qui se reconnaît comme tel et qui regrette ses péchés. Le père Garrigou-Lagrange ecrivait à propos de ces trois béatitudes: "Les trois premières béatitudes disent le bonheur qui se trouve dans la fuite et la délivrance du péché, dans la pauvreté acceptée par amour de Dieu, dans la douceur et dans les larmes de la contrition"

La première explication retenue par les pères sera bien entendu les larmes que l'homme verse sur ses péchés. La prise de conscience par et dans l'humilité ( et la douceur) nous donne une plus vive conscience de notre péché, péché compris comme ce qui nous sépare de Dieu: "La tristesse religieuse pleure soit le péché des autres, soit le sien propre; elle ne s'attriste pas de ce qu'opère la justice divine, mais elle s'afflige de ce que commet l'injustice humaine" ( Léon le Grand) ou encore chez notre ami Chromace: "

Que nous faut-il entendre par ces larmes salutaires? Sûrement pas celles qui naissent du dommage causé à nos biens, ni de la disparition d'être chers, ni de la perte des honneurs de ce monde; tout cela, celui qui s'est fait pauvre en esprit ne le déplorera certainement pas. Les larmes salutaires sont celles que l'on verse pour ses péchés , en se rappelant le jugement de Dieu. Au milieu des innombrables occupations et difficultés de ce monde, l'esprit ne pouvait penser à lui-même; mais en goûtant désormais la sécurité et la douceur, il se met à se regarder de plus près, à examiner ses actions du jour et de la nuit; alors commencement à apparaître les blessures de ses fautes passées, ce qui provoque des larmes salutaires, larmes si bienfaisantes qu'elles attirent sans tarder la consolation céleste, car il est véridique celui qui a dit: Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés."

Il y a cependant comme dans chaque béatitude des degrés. Sur quoi pleurons-nous? On peut pleurer sur nos péchés mais plus grande encore sera la consolation pour ceux qui pleurent à la vue du Père qui accueille le fils prodigue, du bon pasteur qui part à la recherche de la brebis perdue, bref ceux qui pleurent lorsqu'ils arrivent à saisir l'infinie miséricorde de Dieu. Quelle consolation en effet dans l'accueil de cette miséricorde divine?
"Comme la consolation n'est que la fin du deuil, ceux qui pleurent leurs péchés seront consolés par le pardon." (Saint Jean Chrysostome) et comme le disait si justement saint Ambroise, "C'est la Trinité qui pardonne".


Pour terminer, un petit extrait d'un sermon de St Bernard pour la Toussaint: "« Bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés. » Il faut user du fouet pour dompter le cheval; ce qui triomphe d'une âme qui n'est pas douce, c'est là contrition de l'esprit et les larmes continuelles. Aussi, dans toutes vos actions , rappelez-vous vos fins dernières , ayez sans cesse sous les yeux du coeur l'horreur de la mort, les séparations terribles du jugement dernier; les flammes redoutables de l'enfer. Songez aux misères de votre pèlerinage, repassez dans l'amertume de votre âme le souvenir de vos années ; songez aux périls de la vie de l'homme, et pensez à votre propre fragilité. Si vous vous nourrissez constamment de ces pensées, je vous assure que vous ressentirez peu tous les maux du dehors, vous serez absorbé tout entiers par les peines intérieures. Mais le Seigneur ne souffrira point, mon frère, que vous soyez sans consolation aucune, car il est le père des miséricordes, et le Dieu de toute consolation. Les promesses de la Vérité. « Heureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés, » s'accompliront en entier pour vous. D'ailleurs, je trouve dans Salomon une pensée qui se rapporte à merveille à celle-là : « Mieux vaut, dit-il, aller à une maison de deuil, que dans une maison de festin. (Eccli. VII, 3). » Tu serais bienheureuse, toi aussi, ô Ève, si après ta faute, tu avais cherché la consolation des larmes; si ton coeur s'était tourné vers le regret, tu aurais promptement obtenu ton pardon. Mais voilà que tu as recherché une bien misérable consolation, en entraînant ton mari dans ta chute ; tu as ainsi empoisonné toute ta race , en lui inoculant un poison terrible, un vice affreux, tel enfin,. que de, nos jours encore, on se console de son malheur par le malheur des autres. O Ève, quelle malheureuse consolation est la tienne, et combien malheureuse aussi est la consolation de ceux qui t'imitent ! Mais « bienheureux ceux qui pleurent, parce qu'ils seront consolés. » Mais en quoi consiste cette consolation, sinon dans la grâce de la dévotion qui prend sa source dans l'espérance du pardon, qu'est-elle autre chose que l'infinie douceur du bien, le goût de la sagesse, si petit qu'il soit, dont le Seigneur, en attendant, commence dans sa bonté, par rafraîchir l'âme affligée ! Mais ce goût même, qu'est-ce, sinon quelque chose qui éveille nos désirs, et excite notre amour, selon ce qui est dit : « Ceux qui me mangent, auront faim encore, et ceux qui me boivent, voudront encore boire (Eccli. XXIV, 29) ? » "

SaintPierre.png

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 19:39

P.pngartie quelques jours en vadrouille, j'avais emporté avec moi dans le train (en plus du Vargas indispensable)   l'Echelle de Jacob  de Gustave Thibon et La pesanteur et la grâce de Simone Weil (introduit par le même philosophe)

Je vous livre quelques citations-pensées extraites de ces beaux ouvrages pour compléter la petite note sur la vertu d'humilité de la semaine passée:

"L'humilité, c'est le refus d'exister en dehors de Dieu. Reine des vertus." (S.Weil)

"Etre humble, c'est vivre sa dépendance à l'égard de l'être extérieur. Etre humble, c'est être donné, livré à la réalité extrapersonnelle, c'est vivre au delà de soi-même. La volonté de l'humble est placée sous la régulation de l'Amour. Le moi n'est plus scellé dans son égoïsme, mais ouvert sur l'amour." (G.Thibon)

"L'humilité réinsère les tendances de l'hommes dans le sillon de  sa nature et de sa finalité. Une âme pauvre, débile, fléchissante, n'est pas exclue pour cela du festin du bonheur; elle trouve sa plénitude dans l'obéissance, l'oubli de soi et la vie en fonction des autres" ( G.Thibon)


"Plus une vérité est profonde, nécessaire et rédemptrice, plus elle doit perdre en se répandant la suffisance et l'indiscretion de l'ivresse conquérante. La vérité orgueilleuse ne peut rien donner. Les suprêmes dons doivent être offerts dans des mains suppliantes. Sois humble comme un mendiant, toi qui portes Dieu aux hommes. Et quand ton Dieu est accepté, n'oublie jamais que c'est toi qui reçois." (G.Thibon)


SaintThomasdAquin.png


Simone Weil, La pesanteur et la grâce, Ed. Plon, Paris, 1948.
Gustave Thibon, L'échelle de Jacob, H.Lardanchet, Lyon, 1943.

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 19:09

C.png'est le jour pour sortir vos pulls verts, vos trèfles, votre bérêt en laine de mouton... L'Irlande fête son saint patron, la Guiness coule à flots!

Qui était Saint Patrick? Un saint évêque du Vème siècle qui aurait évangélisé l'Irlande. Enlevé à 16 ans par des pirates, ce jeune gallois se retrouve esclave en terre irlandaise... Il restera un petit nombre d'années avant de pouvoir s'enfuir et regagner sa terre natale où il sera ordonné évêque. On dit qu'il a  étudié la théologie sur l'île de Lérins puis au monastère Saint Honorat mais que  l'appel de Dieu ( ou de l'Irlande?) se fit plus fort... Il sent qu'il doit repartir sur cette terre pour prêcher la Bonne Nouvelle. Il retourne donc en 432 sur l'île qui résonne de ses sermons et de ses appels à la conversion. C'est au Rock de Cashel, qu'il montre le trèfle bien connu des irlandais pour leur expliquer le grand mystère de la Trinité: Dieu en trois personnes. Le trèfle restera le symbole de l'Irlande et sa forme stylisée au cours des siècles donnera la croix celtique.
Il meurt en 461 en ayant converti l'Irlande par la seule force de ses prédications. L'Irlande ne compte à sa mort aucun martyr chrétien mais en revanche de nombreux monastères ont vu le jour. Saint Patrick qui connaissait bien la langue et les coutumes irlandaises a su évangélisé ce peuple avec un grand savoir-faire en s'adaptant aux conditions socio-politiques.

Il nous laisse une belle prière que l'on appelle en général "le canon de St Patrick". Les irlandais l'appelle le "Faed Fiada", c'est-à-dire le cri du daim car St Patrick qui l'utilisait contre les embûches et en particulier contre la mort prochaine l'aurait prié au moment où le roi Loegaire Mac Neil voulait le contrer... Les ennemis du saint auraient vu des daim avec un faon, ils s'enfuirent. Cette prière est une "cuirasse de la foi". Elle est utilisée pour protéger  l'âme des démons et vices qui tentent de l'assailler.

"Je me lève aujourd’hui,
Par une force puissante,
L’invocation à la Trinité,
La croyance à la Trinité,
La confession de l’unité du Créateur du monde.

Je me lève aujourd’hui,
Par la force de la naissance du Christ et de Son Baptême,
La force de Sa Crucifixion et de Sa mise au tombeau,
La force de Sa Résurrection et de Son Ascension,
La force de Sa Venue au jour du jugement.

Je me lève aujourd’hui,
Par la force des ordres des Chérubins,
Dans l’obéissance des Anges,
Dans le service des Archanges,
Dans l’espoir de la Résurrection,
Dans les prières des Patriarches,
Dans les prédictions des Prophètes,
Dans les prédications des Apôtres,
Dans les fidélités des Confesseurs,
Dans l’innocence des Vierges saintes,
Dans les actions des Hommes justes.

Je me lève aujourd’hui,
Par la force du Ciel,
Lumière du Ciel,
Lumière du Soleil,
Éclat de la Lune,
Splendeur du Feu,
Vitesse de l’Eclair,
Rapidité du Vent,
Profondeur de la Mer,
Stabilité de la Terre,
Solidité de la Pierre.


Je me lève aujourd’hui,
Par la force de Dieu pour me guider,
Puissance de Dieu pour me soutenir,
Intelligence de Dieu pour me conduire,
Oeil de Dieu pour regarder devant moi,
Oreille de Dieu pour m’entendre,
Parole de Dieu pour parler pour moi,
Main de Dieu pour me garder,
Chemin de Dieu pour me précéder,
Bouclier de Dieu pour me protéger,
Armée de Dieu pour me sauver :
Des filets des démons,
Des séductions des vices,
Des inclinations de la nature,
De tous les hommes qui me désirent du mal,
De loin et de près,
Dans la solitude et dans une multitude.

J’appelle aujourd’hui toutes ces forces
Entre moi et le mal,
Contre toute force cruelle impitoyable
Qui attaque mon corps et mon âme,
Contre les incantations des faux prophètes,
Contre les lois noires du paganisme,

Contre les lois fausses des hérétiques,
Contre la puissance de l’idolâtrie,
Contre les charmes des sorciers,
Contre toute science qui souille le corps et l’âme de l’homme.

Que le Christ me protège aujourd’hui :
Contre le poison, contre le feu,
Contre la noyade, contre la blessure,
Pour qu’il me vienne une foule de récompenses.


Le Christ avec moi,
Le Christ devant moi,
Le Christ derrière moi,
Le Christ en moi,
Le Christ au-dessus de moi,
Le Christ au-dessous de moi,
Le Christ à ma droite,
Le Christ à ma gauche,
Le Christ en largeur,
Le Christ en longueur,
Le Christ en hauteur,
Le Christ dans le coeur de tout homme qui pense à moi,
Le Christ dans tout oeil qui me voit,
Le Christ dans toute oreille qui m’écoute.
Je me lève aujourd’hui,
Par une force puissante,
L’invocation à la Trinité,
La croyance à la Trinité,
La confession de l’unité du Créateur du monde.

Au Seigneur est le Salut,
Au Christ est le Salut,
Que Ton Salut Seigneur soit toujours avec nous.

Amen ! Amen ! Amen !"



Je vous conseille en ce beau jour de sortir vos C.D de ballades irlandaises et de préparer un Irish Stew. Vous pouvez écouter pendant la préparation "Galway Races" et " Whiskey in the Jar."
Je n'ose vous donner une recette précise, je ne me suis encore jamais lancée réellement dans cette préparation mais je suis certaine que vous en trouverez facilement.

SaintGeorges.png

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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 20:24

H.pngier, dimanche laetere, dimanche de la joie. Les prêtres avaient revêtu comme pour le troisième dimanche de l'Avent, les ornements roses  (petit répit dans le violet de la pénitence). Aujourd'hui encore, les textes nous invitent à la joie: " Parole du Seigneur. Oui, je vais créer un ciel nouveau et une terre nouvelle, on ne se rappellera plus le passé, il ne reviendra plus à l'esprit. Exultez sans fin, réjouissez-vous de ce que je vais créer." (Isaïe 65, 17)
Quittons donc nos "faces de carême" comme dit l'expression car les saints tristes sont de tristes saints et sachons nous réjouir.

Premier objet de réjouissance, c'est bien entendu comme nous le suggérait l'Evangile de l'enfant prodigue, l'infinie misérircorde de Dieu sans laquelle nous sommes bien peu de choses.

Mais ce n'est pourtant pas de ce sujet que je voudrais traiter aujourd'hui mais de celui de l'émerveillement ou de celui de la louange.
Un prêtre me faisait remarquer que nous savons remercier, demander, demander pardon mais que nous avions beaucoup de mal à louer le Seigneur. Or, je ne sais pas si vous le savez, cela reste un de nos buts si je puis dire. Nous sommes faits pour louer Dieu. En théologie morale on pourrait rapprocher cela de la vertu de religion qui est constituée de trois grands axes, célébrer le Nom de Dieu, célébrer (ou louer si vous préférez) la sainteté de Dieu et enfin chanter la Gloire de Dieu. C'est pour cette raison que le chant du Gloria est une prière magnifique à utiliser dans la louange.

Dieu lorsqu'il se manifeste à nous demande une réponse de tout notre être et pas seulement un acquissement intellectuel ou formel. Ce "oui" à Dieu doit entraîner tout notre être vers la louange de sa gloire. La louange est liée à l'adoration de Dieu au sens large ( pas seulement l'adoration eucharistique) qui est le premier des commandements. Pourquoi parle t'on de "vertu de religion". La religion est ce qui nous "relie" à Dieu étymologiquement mais surtout concrètement ce qui nous relie à Dieu par la vie de la grâce. La religion décrit nos rapports avec Dieu et en particulier pour nous chrétiens le dialogue d'amour qui s'instaure avec Dieu fondé sur les vertus théologales. Cela se traduit donc pour l'homme incarné dans le culte, c'est-à-dire la liturgie. La liturgie est l'expression de notre relation filiale à Dieu s'exprimant dans le culte de sa Gloire. Or la liturgie en tant qu'acte humain est acte moral d'où le lien avec la "vertu". On peut même dire que toutes les vertus morales doivent s'ordonner autour de la vertu de religion, c'est la "ronde des vertus".  Pour faire très court, je vous renvoie à Saint Thomas d'Aquin dans la Somme théologique: " Toute oeuvre vertueuse relève en ce sens de la vertu de religion et du culte de latrie, en tant qu'elle se trouve ordonnée à la vénération de Dieu … Une telle ordination au service de Dieu des actes de chaque vertu est un acte propre d'adoration"  C'est-à-dire que tout notre agir et pas seulement notre culte à Dieu devrait être ordonné à la Gloire de Dieu. C'est pourquoi, on trouve cette "demande" dans la liturgie: " Pour la Gloire de Dieu et la salut du monde".
Notre perfectionnement moral, n'est pas un perfectionnement égoïste et narcissique... Il doit avoir pour finalité la louange de Dieu, la glorification de son Nom très Saint.  Nos actes vertueux, moralement bons sont là pour célébrer le Christ, rendre gloire à Dieu... Concrètement à nos actes, on devrait voir que nous sommes chrétiens! «  Mais vous, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis pour annoncer les louanges de celui qui vous appelés des ténèbres à son admirable lumière. »(1Pi 2, 9).  Tous nos actes devraient être inspirés de cette phrase.

 


L'admiration l'émerveillement ou encore l'extase est le propre de la créature qui justement demeure modeste face à ce que nous admirons et qui ne dépend pas de nous, ne vient pas de nous. Nous pouvons louer Dieu pour la merveille que nous sommes, pour le monde qu'Il a créé, pour ce qu'Il est Lui, pour son Amour pour nous...  L'admiration transforme l'individu qui l'éprouve. Elle ouvre quelque part son espace en de nouveaux horizons. Ce n'est pas pour rien que les vrais grands scientifiques ou philosophes sont des personnes qui avant tout s'émerveillent.
La louange aussi nous aide à sortir de la spirale du mal, de la culpabilité et de la honte et nous permet d'entrer dans une relation plus juste avec Dieu. La louange ne nous fait pas oublier le mal qui existe ou le mal que nous avons fait mais nous aide à ne pas nous enfermer dans une culpabilité mortifère. Par la louange, nous nous situons plus facilement comme fils devant le Père. Un Père qui pardonne et un Père qui peut seul anéantir le mal ( ce que nous ne pouvons faire par nos simples forces).  La louange nous fait entrer dans une relation d'amour plus véridique dans la mesure même où elle comporte forcément une part de désintéressement or l'amour-agapé se définit justement comme un amour désintéressé.
La pratique de la louange n'est pas quelque chose d'innée, elle peut paraître ardue mais n'hésitons pas cependant à nous lancer dans l'exercice!

SaintPierre.png

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