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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 13:28

O.pngui je sais, peu d'articles en ce moment... je suis tout simplement en vacances.

Prochaines petites news pour le mercredi des cendres, d'ici là bon mardi gras... Mangez crêpes (avec ou sans beurre) et plein de beignets!

SaintThomasdAquin.png

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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 18:33

L.pnge christianisme a non seulement abandonné les interdits alimentaires mais il semble que toutes les occasions sont bonnes pour déguster une nouvelle spécialité. Demain, deux février, nous fêterons la présentation de Jésus au Temple plus connue sous le nom populaire de "chandeleur".

De quoi s'agit-il? C'est un des cinq mystères joyeux du rosaire se rapportant au cycle de la "Nativité-Enfance" de Jésus. Selon la coutume alors en usage, Marie et Joesph doivent présenter leur premier fils pour être "consacré au Seigneur".  En guise de sacrifice, ils doivent apporter un couple de tourterelles ou de colombes. Mais ce jour-là, au Temple, ils vont faire une rencontre étonnante, celle du vieillard Syméon. Dans la liturgie orthodoxe, on trouvera ce nom de "fête de la rencontre". Guidé par l'Esprit Saint, il savait qu'il ne mourrait pas avant d'avoir vu le Messie ( le Christ en grec).
L'Evangile selon saint Luc nous livre alors le beau cantique de Syméon, le Nunc dimittis, que les moines et moniales reprennent chaque jour aux complies et qui peut aussi accompagner les funérailles chrétiennes:
" Maintenant Seigneur, tu peux laisser ton serviteur s'en aller,selon ta Parole, en paix,
  Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples,
  lumière qui se révélera aux nations et gloire de ton peuple Israël."

Le Christ est lumière des nations!
La liturgie de ce jour prévoit une bénédiction et une procession avec des cierges, des chandelles à l'origine... Ce qui donnera le nom de "chandeleur" ( festa candelorum en latin) .Grande fête qui clôture les fêtes autour du mystère de l'Incarnation ( les crèches dans les églises et les maisons sont enlevées ce jour!). Le Christ nous révèle parfaitement et pleinement la volonté du Père, avant sa venue comme l'écrivait Saint Athanase: "les nations, privées de la connaissance de Dieu, étaient plongées dans les dernières ténèbres." Le salut encore une fois est offert à tous, sans exception... La prière de bénédiction des cierges est du reste révélatrice et de toute beauté:
" Dieu qui es la source et l'origine de toute lumière, toi qui as montré au vieillard Syméon la lumière qui éclaire les nations, (...) exauce la prière de ton peuple qui s'est ici rassemblé pour les recevoir et les porter à la louange de ton nom: qu'en avançant au droit chemin, nous parvenions à la lumière qui ne s'éteint jamais."

Après la messe, familles et amis peuvent se retrouver autour de bonnes crêpes, symbole du soleil et donc de la lumière. En ces durs mois d'hiver, beaucoup de rites "lumineux"!
Pour manger de bonnes crêpes, une petite recette bien entendu:
Mettez 200g de farine et une pincée de sel dans un saladier. Creusez un puits. Cassez trois oeufs. Mélangez bien. Ajoutez un peu de beurre ( 30 à 50g selon les goûts) fondu. Certains ne mettent pas de beurre dans la pâte à crêpes... cela me semble tout à fait incongru mais à chacun son mauvais goût!Mélangez bien. Ajoutez petit à petit le lait ( 4 à 5 dcl.).Parfumez avec un peu d'alcool. J'aime bien mettre une cuillère à soupe de cognac ou de calvados. Certains préfèrent la bière ou le rhum. Laissez reposer... A vos crépières!

Pour les enfants, on pourra prévoir à cette occasion un petit bricolage. Achetez des bougies avec un large diamètre que vous décorerez ( il existe de la "peinture" spéciale bougie) du nom de l'enfant par exemple.



SaintGeorges.png








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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 16:05

A.pngujourd'hui, nous terminons notre lecture de la conférence du cardinal Ratzinger sur la catéchèse en abordant la question de la "structure de la catéchèse".

La cardinal donne tout de suite le ton à cette troisième partie: " La cohésion interne entre la parole et l'organisme qui la porte trace le chemin à la catéchèse. Sa structure apparaît à travers les évènements principaux de la vie de l'Eglise, qui correspondent aux dimensions essentielles de l'existence chrétienne."
Il dégage ensuite les quatre composantes " classiques et maîtresse de la catéchèse", à savoir:
- le Symbole des Apôtres
- les Sacrements
- le Décalogue
- la Prière du Seigneur
Ces composantes ont "ouvert l'accès à la Bible comme à la vie de l'Eglise. (...)elles correspondent aux dimensions de l'existence chrétienne." car poursuit-il, le chrétien doit CROIRE ( credo), ESPERER( Notre Père), AGIR ( décalogue) et il l'ACCOMPLIT dans un espace vital ( sacrements et Eglise).

Ces quatre composantes sont ensuite rapprochées, ce qui n'est pas sans intérêt, dans quatre sens de l'Ecriture qui sont:
- le sens littéral ( et aussi historique)
- le sens allégorique ( intériorisation des évènements pour les dépasser)
- le sens moral (l'agir, le faire découle de l'être)
- le sens anagogique
Ratzinger nous invite à redécouvrir ces quatre sens de l'Ecriture pour redonner ainsi une place plus juste à l'exégèse historico-critique qui a envahi pendant un temps les recherches exégètiques.

Si l'on suit ces quatre composantes liées aux quatre sens de l'Ecriture, qu'en résulte t'il?
Si on part du credo, c'est bien entendu notre foi en un Dieu créateur. Souvent, de nos jours, ce point est écarté en catéchèse ou mal abordé car mêlé à des simili discours scientifiques sur les rapports entre le créationisme et l'évolutionnisme. En aucun cas, nous rejetons les théories scientifiques sur l'évolution. Là n'est pas la discussion. En revanche aucune catéchèse chrétienne ne peut faire l'impasse sur Dieu créateur, source de vie, de joie et d'amour.  Même la christologie ne peut se comprendre pleinement qu'à la lumière de notre foi en Dieu-le Père- créateur. Nous avons des difficultés relève t-il à dire que la matière est issue de Dieu? Qu'en sera t-il alors de la conception virginale de Jésus, de la Résurrection du mystère de la transubstantiation? Il ne s'agit pas seulement de "mythe" ou de "symbole". Notre foi est très claire sur ce point. Lors de l'eucharistie, il ne s'agit pas symboliquement du corps et du sang du Christ. Il s'agit de la présence réelle, sacramentelle et substantielle de Dieu!
Deuxième point de la catéchèse, le décalogue.... Là encore, nous avons un souci en catéchèse face à cette question. Peur de la loi, questionnement sur le concept de "loi naturelle", refus des interdits... Combien constructifs nous a pourtant appris la psychanalyse. Les Béatitudes ont-elles remplacées la loi du Sinaï? Certainement pas, Jésus le dit lui-même rien n'est aboli! Nous sommes dans l'ordre de l'accomplissement.

Le cardinal termine sa conférence par une double réfelexion sur l'exégèse et sur le rapport entre méthode et contenu de la catéchèse. Laissons lui la parole:
" C'est pourquoi la catéchèse doit être exactement au courant de l'âge, des capacitésde compréhension, des habitudes de vie et de la situation sociales de auditeurs, pour être vraiment tout à tous." Cette réflexoin qui nous vient du catéchisme du XVIeme siècle pourrait nous servir de point de repère pour l'élaboration de nos fameux modules. ne nous précitons pas sur ceux publiés par les éditeurs, ils ont le risque d'être de nouveaux parcours peu adaptés au public. Il nous faut réfléchir sur le "fond" de la catéchèse et non sur la "forme" ( parcours, modules....). Ce sont en réalité des discussions stériles. Nous recentrer sur l'Ecriture comme Parole de Dieu, sur l'Eglise et le contenu de la foi et enfin sur la prière et la vie spirituelle, voilà l'essentiel de la catéchèse. Ne jamais séparer vie spirituelle, théologie et dogmatique et vie morale. Les anciens, Pères de l'Eglise et médiévaux le savaient bien!
" Je suis d'avis que la distinction faite par le Catéchisme Romain entre le texte de base ( le contenu de la foi de l'Eglise) et les textes parlés ou écrits de sa transmission n'est pas une voie possible parmi d'autre (...) Que la Parole de Dieu soit toujours infiniment plus grande que toute parole humaine, plus grande même que les mots inspirés de l'Ecriture elle-même, cela n'enlève pas au message de la foi son visage et ses contours. Bien au contraire; cela nous oblige d'autant plus à sauvegarder notre foi ecclésiale comme un bien commun. (...)
Cela veut dire qu'il faut oser présenter le catéchisme comme un catéchisme, afin que le commentaire puisse rester commentaire, et que les sources et leur transmission puissent retrouver leurs rapports exacts.
"

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 16:42

B.pngenoît XVI nous offre aujourd'hui une belle catéchèse sur saint François d'Assise dont vous pourrez retrouver la vidéo à partir du site du saint siège.  Je vous retranscris une partie de son audience:

"François d’Assise est un authentique géant de sainteté qui attire encore aujourd’hui une multitude de personnes de tous âges et de toutes croyances. Dans un choix radical de vie, après avoir entendu par trois fois le Crucifié lui dire «Va, François, et répare mon église en ruine», il se consacre à Dieu dans la pauvreté et l’annonce de l’Évangile. Son intuition et son idéal étaient d’être comme Jésus, de le contempler, de l’aimer intensément en l’imitant et en l’adorant. François avait un respect immense pour les prêtres qui ont reçu le don de consacrer l’Eucharistie et il avait pour eux une grande exigence de pureté. Puisse son message et son exigence, en cette année sacerdotale,  aider de nombreux prêtres à vivre leur vocation. En rencontrant un Sultan, il ouvre, dès 1219, la voie d’un dialogue efficace entre chrétiens et musulmans. Chantre de la création, car il vivait en harmonie avec la nature, le message de fraternité universelle et d’amour pour la création de son célèbre Cantique est très actuel.

A la suite de ses nombreux fils spirituels, cultivons nous aussi la pauvreté intérieure pour grandir dans la confiance en Dieu et trouver un style de vie sobre et détaché des biens matériels. Le Poverello était joyeux en toute situation: il y a, en effet, un lien étroit entre la sainteté et la joie. Le secret du vrai bonheur est là: devenir un saint. "

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 15:27

P.pngoursuivons notre lecture de la  conférence " transmission et sources de la foi" donnée par le Cardinal Ratzinger en 1983. Nous aborderons aujourd'hui la seconde partie intitulée Pour surmonter la crise.

Le cardinal débute par une réflexion s'appuyant sur les écrits johanniques et sur le primauté de la foi baptismale. Il décide alors de s'interroger sur ce que l'on entend "par foi et par source de la foi." Que signifie réellement "croire" et quel doit être le but et le contenu de toute catéchèse comprise comme "somme des connaissances chrétiennes"? Et bien, c'est " trouver et réaliser la vie- la vraie vie (...) de vivre une vie qui puisse demeurer toujours". Il se réfère là encore à St Jean au chapitre 17: " La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi le véritable Dieu, et ton Envoyé Jésus-Christ."
Quel est le but de la vie? Certainement pas la mort? C'est la connaissance et l'amour. Aimer et connaître Dieu, n'est-ce pas le but de toute vie chrétienne?
"La foi, c'est la vie parce qu'elle est relation, c'est-à-dire connaissance qui devient amour, amour qui vient de la connaissance et qui conduit à la connaissance." Ainsi: " le devoir essentiel de la catéchèse est donc de conduire à la connaissance de Dieu et de son Envoyé". ici, Benoît XVI nous rappelle que le rôle de l'éducateur, du prêtre, du catéchisme est bien de conduire l'enfant, la personne catéchisée à Dieu, à entrer personnellement en relation avec le Christ et non à donner des annecdotes sur la vie du Christ ou a donner des pensées pleines de bon sentiment sur l'amitié ou la paix.
Ensuite, l'apôtre a un rôle de transmission. Il doit transmettre ce qu'il a vu. Ainsi, la catéchèse " n'est donc pas seulement un face à face avec Dieu et le Christ, elle est aussi contact, qui lui ouvre la communion avec ceux à qui Dieu lui-même s'est communiqué. (...) La foi n'est pas seulement un "je" et un "tu", elle est aussi un "nous". "
On peut ainsi conclure, et c'est un point capital, "qu'il n'y a  pas de foi sans Eglise." Si la relation personnelle ave Dieu est primordiale, le chrétien ne peut interpréter seul la Parole, il ne peut vivre de manière isolé sa foi. Pensons par exemple à la conversion de Paul. Il fait l'expérience personnelle d'une rencontre décapante, c'est le moins que l'on puisse dire, avec le Christ. Ananie est envoyé pour guider Paul vers le baptême. Paul n'est pas auto-baptisé de par son expérience de foi. Il a besoin de l'autre pour retrouver "la vue". Puis il sera introduit auprès des apôtres. Nous sommes toujours conduit par un autre, nous avons toujours besoin de autres pour grandir dans la foi, pour vivre notre foi! Nous ne sommes pas dans la pure subjectivité. La foi chrétienne implique la communion et en particulier la communion des saints. On ne peut aborder la Parole de Dieu de manière totalement subjective et directe. La foi de l'Eglise nous permet de mieux l'appréhender. C'est pour cette raison que j'apprécie beaucoup les propositions catéchétiques qui nous viennent de la communauté Notre-Dame de Vie et en particulier les travaux de Noelle Le Duc. Pour l'adulte qui prépare trois points: la prière, la foi de l'Eglise ( donnée ici de manière précise dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique) et un texte de la Parole de Dieu abordé avec l'enfant sous forme d'entretien spirituel.

Deuxième question, celle des sources... Bien entendu, il s'agit en premier lieu de Dieu et de sa Révélation c'est-à-dire l'acte par lequel Dieu se fait connaître. La Bible fait partie bien entendu de cette Révélation. Là encore, on ne peut la détacher du nous des croyants car " dès lors la foi arrachée à son terroir naturel, pour n'être plus que "lettre" et "chair" .
Ratzinger prend bien soin  d'expliquer ce qu'il appelle une "source" en particulier lorsqu'il s'agit de la Bible que l'on ne peut considérer seulement comme une source du point de vue de la méthode historique. Il affirme alors que la Bible est "le condensé d'un processus de Révélation beaucoup plus grand et inépuisable, si son contenu n'est perceptible au lecteur que quand celui-ci a été ouvert à cette dimension plus haute (...)"  La Bible exprimant la Révélation dit toujours plus que ce que nous pouvons comprendre. C'est réellement une "parole" jamais épuisée.
Quelle conséquence pratique de cette réflexion pour la catéchèse? Cela " signifie que les sources historiques doivent toujours confluer avec la source par excellence, à savoir Dieu qui agit dans le Christ."  Source qui est accessible "dans l'organisme vivant qui l'a créée et la maintient en vie": l'Eglise.




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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 20:35

S.pngujet "bateau" mais néanmoins capital celui de la "dignité humaine". Pour aujourd'hui seulement quelques repères pour commencer à réfléchir à cette question. 

La dignité humaine est une notion lourde de sens et fort complexe. Souvent on la réduit aux droits de l’homme mais beaucoup de pensées et de philosophies ont développé l’idée d’une dignité humaine. Par exemple, dans le monde grec, l’homme est digne de par  sa capacité technique ou sa connaissance (il peut s’élever jusqu’au monde des Idées), par sa capacité politique ( tout citoyen peut participer aux décisions politiques et donc au bien commun), par sa capacité "à être au monde" ( chez les stoïciens, c'est la capacité de vivre en harmonie avec le monde, avec la loi…). Chez Socrate, tout homme est digne car tout homme possède une faculté de comprendre ( intellectuelle et mystique).
On retrouve trois grands thèmes qui nous permettent d'affirmer l'infinie dignité de l’homme: transcendance de l'homme, suprématie de l’homme sur les choses et caractère social.
A l’époque moderne, on trouve deux caractéristiques à cette dignité :
- une dignité du sujet.
- caractère social. Les membres d'une même communauté ont les mêmes droits. La dignité repose alors sur deux points: la liberté et l'égalité.

En quoi consiste la dignité de la personne humaine ? D’un point de vue pratico-pratique, on peut dire que la dignité humaine s’oppose à toute réification de l’être humain ( par exemple interdiction de la commercialisation des organes.). On peut s'interroger cependant sur la nature de la dignité évoquée dans les Droits de l'Homme.
Pour le chrétien, qui s’appuie sur Rm 2,14-15, les droits sont inscrits dans l’ordre de la création par le créateur lui-même, ils sont inscrits dans la conscience morale ou dans le cœur de l’homme, dans le cœur de tout homme. Pour Jean Paul II,  « L’Evangile est la déclaration la plus achevée de tous les droits de l’homme. » (Entrez dans l’espérance)

«  Qu’est-ce donc que l’homme si le Fils de Dieu assume la nature humaine ? Que doit être l’homme si, pour rétablir sa dignité, le Fils de Dieu lui-même est prête à payer le prix le plus haut qu’il soit ? » ( pp. 287-288).

L’Eglise n’a de cesse d’affirmer la dignité transcendante de la personne qui se traduit par le respect de la liberté ( Cf. Gaudium et Spes ; du n°17 à 21 compris.). Cependant, Elle articule liberté et vérité dans la mesure ou la liberté n’acquiert toute sa valeur que dans la vérité ( voir  aussi la question de la liberté religieuse qui est un droit inaliénable mais qui doit lui aussi s’accompagner du devoir de chercher la vérité.) . Dans cette recherche de la vérité, la principale ressource donnée à l’homme est bien entendu son intelligence, sa raison.

Le Concile affirme que la reconnaissance de la liberté de conscience est fondée sur la dignité éminente de la personne et sur le respect de l’itinéraire propre à chaque personne dans son cheminement vers la vérité. Il ne s’agit pas pour autant d’un relativisme moral ou religieux. On retrouvera un peu le même thème sur la loi de gradualité ( chacun chemine mais la loi de la gradualité n'est pas la gradualité de la loi qui demeure la même pour tous.)

Quelle est la doctrine chrétienne de la dignité humaine ? Cf. Commission Théologique Internationale, Dignité et droits de la personne humaine, 1983, Cerf, Paris, 1985.

  • L’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu

  • La dignité de l’homme se manifeste pleinement dans le Christ.

  • L’homme est la seule créature voulue pour elle même par Dieu.

  • L’homme est placé au sommet de la création : suprématie de l’homme.

  • L’homme est aimé de Dieu : sollicitude de la Providence divine qui va jusqu’à donner son propre fils par amour pour lui ( salut : 1 Tm 2,4, sollicitude : Lc 12,30)

  • Par l’Incarnation, l’homme est révélé à lui-même. L’homme est aimé et sauvé par le Christ qui s’offre en sacrifice.

  • L’homme est appelé à devenir enfant adoptif de Dieu dans le Christ : Rm 8,15 ; Hb 12,6-7

  • L’homme reçoit sa dignité de Dieu. Il est image de Dieu.

  • La dignité est une qualité intrinsèque. Elle ne se divise pas, ne s’amoindrit pas, ne se perd pas ( que ce soit par l’affaiblissement du corps, la perte de la santé physique ou psychologique ou par une vie immorale…). La dignité est donnée dans la plénitude que ce soit dans l’embryon, le criminel, le malade, la personne handicapée, le vieillard… L’agir comme les atteintes physiques ne peuvent amoindrir ou faire disparaître cette dignité. Au nom de cette dignité, le racisme, l'avortement, la torture, l’esclavagisme...etc. sont des pratiques immorales.

Un des textes majeurs reste le texte de Vatican II, Dignitatis Humanae (Déclaration sur la liberté religieuse.)

De cette dignité découle les droits premiers de la personne humaine. La dignité ne vient pas de la société, c’est bel et bien une dignité intrinsèque de la nature humaine.C’est aussi une source de devoirs. La dignité est une exigence de vie dans la mesure où l’homme doit se montrer "digne" de cette dignité. Il faut donc que l’homme engage son intelligence dans la quête de la vérité et de la sagesse, qu'il obéisse à sa conscience morale ( qu'il a au préalable éclairé et éduqué)  pour bâtir sa liberté.
SaintPierre.png

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 19:22

 

L.pnges débats actuels tournent aujourd'hui assez rapidement autour de la question délicate de la catéchèse et de la transmission de la foi. Entre les NOC (Nouvelles Orientations pour la Catéchèse) et la grand rassemblement Ecclésia qui a eu lieu à Lourdes, tout le monde s'agite: messieurs les curés, dame caté, les éditeurs qui créent de nouveaux « modules » ( mot magique qui remplace le parcours en catéchèse), évêques et services diocésains...

 

Aujourd'hui nous n'allons cependant pas nous plonger dans les questions de la première annonce, des modules ou dans le texte des NOC mais dans une petite conférence de Josef Ratzinger que j'ai lu avec beaucoup d'intérêt et de plaisir. Elle date un peu puisqu'elle a été écrite en janvier 1983 mais elle n'a cependant pas pris une ride point de vue pertinence. Il s'agit du texte Transmission de la Foi et sources de la foi. La conférence se compose de deux grandes parties: « La crise de la catéchèse et le problème des sources » puis une seconde partie intitulée « Pour surmonter la crise ». Intéressons-nous pour l'instant à la première partie.

 

Dans un premier temps, Ratzinger cherche à dégager les principales caractéristiques de la crise tout en mettant en évidence certaines pratiques de la théologie pratique et pastorale. Une première critique apparaît. Certains ont jugé le « catéchisme » comme « dépassé » et ont par là même séparé Bible, contenu de la foi et Tradition vivante: La rupture avec une transmission de la foi comme structure fondamentale puisée aux sources d'une tradition totale, a eu pour conséquence de fragmenter la proclamation de la foi. Celle-ci fut non seulement livrée à l'arbitraire dans son exposé, mais encore remise en question dans certaines de ses parties, qui appartiennent pourtant à un tout et qui, détachées de lui, apparaissent décousues.

Autre point important, il relève le fait que les méthodes deviennent critères du contenu et n'en sont plus le véhicule. Fort est de constater que les catéchistes sont plus friands de formations sur les méthodes, les parcours que de formations « de fond » d'ordre spirituel ou théologique. Nous sommes malheureusement souvent plus soucieux de « faire » que de faire découvrir le Christ et l'Eglise. Nous retrouvons là la crise qui a touchée la morale... On ne peut séparer avancée dans la vie morale et avancée spirituelle comme on ne peut séparer la théologie pastorale de la dogmatique... C'est un non-sens qui peut se révéler très dangereux.

Comment l'expliquer? Le fait qu'on n'a plus le courage de présenter la foi comme un tout organique en soi, mais seulement comme des reflets choisis d'expériences anthropologiques partielles, reposait en dernière analyse sur une certaine défiance à l'égard de la totalité. Il s'explique par une crise de la foi, mieux; de la foi commune à l'Eglise de tous les temps.

On évite le dogme pour se référer directement à la Bible comme si le dogme était en opposition avec l'Ecriture, comme si le dogme était rédigé au gré des humeurs du souverain pontif, comme si le dogme était là pour nous embrigader et nous empêcher de réflechir par nous-mêmes... La Tradition, le dogme ne sont que l'interprétation vivante de l'Ecriture qui se nourrissent de nos mystiques, des Pères, des découvertes théologiques, de l'exégèse... Comment peut-on de fait renier un si bel héritage?

 

On parvient ainsi à un deuxième axe de réflexion «  Catéchèse, Bible et dogme. ». Ici émerge la critique d'une catéchèse bâtie uniquement sur l' « étude littéraire des sources » ou encore sur l'étude directe et unique de la Bible. Il observe alors que la Bible se désagrège comme Bible, pour n'être plus qu'une collection de livres hétérogènes. La Bible ne devient plus qu'un livre (et non plus Parole de Dieu), elle est seulement intéressante d'un point du vue culturel ou encore pour les valeurs humanistes qu'Elle véhicule...etc. Jésus n'est plus le Fils de Dieu, le ressuscité qui vit encore et que je peux rencontrer personnellement...

Le cardinal termine cette première partie sur un questionnement sur le lien entre exégèse dogmatique et exégèse historico-critique et sur cette constatation: Il est clair que la foi sans expérience ne peut être que verbiage de formules creuses. Il est inversement tout aussi évident que de réduire la foi à l'expérience ne peut que la priver de son noyau.

Il me semble en effet que toute séance de catéchèse doit s'appuyer sur la Parole de Dieu, la prière et sur un point (article) du catéchisme de l'Eglise Catholique. C'est l'articulation de ces trois éléments qui nous permettent de grandir en vérité dans la foi.

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 19:09

F.pngidèle à son objectif, Benoît XVI nous offre encore en ce début d'année une belle catéchèse. Il est vrai d'ordre plus général mais tout aussi pertinente et profonde. Un rappel, se pencher sur l'histoire non par pure nostalgie ( ce qui est très tendance aujourd'hui mais peu constructif) mais pour constater " comment se développe une histoire et comment elle peut être renouvelée." Des exemples guident notre histoire chrétienne, ce sont ceux des saints  guidés par la lumière de Dieu, authentiques réformateurs de la vie de l'Eglise et de la société, maîtres à travers la parole et témoins à travers l'exemple. Renouvelés eux mêmes par la présence de Dieu, ils nous montrent et nous rappellent que le monde lui-même est habité par Dieu et qu'il en est profondément renouvelé. Le talent des saints? Servir Dieu par leurs initiatives, servir le renouveau par leur créativité... Dieu qui s'est révélé pleinement avec le Christ ne cesse cependant de se donner... Nous avons sans cesse à découvrir, approfondir le mystère inépuisable de Dieu et cela dans notre histoire, dans notre monde, dans notre temps, dans notre société.
Ici, il prend l'exemple des ordres mendiants né au XIIIème siècle.  Ceux-ci furent appelés ainsi en raison de leur caractéristique de « mendier », c'est-à-dire d'avoir recours humblement au soutien économique des personnes pour vivre le vœu de pauvreté et accomplir leur mission évangélisatrice. Parmi les Ordres mendiants qui apparurent à cette époque, les plus connus et les plus importants sont les Frères mineurs et les Frères prêcheurs, connus comme franciscains et dominicains. Ils sont appelés ainsi en raison du nom de leurs fondateurs, respectivement François d'Assise et Dominique de Guzman. Ces deux grands saints eurent la capacité de lire avec intelligence « les signes des temps », percevant les défis que devait affronter l'Eglise de leur temps.

Premier point important de cette catéchèse, le constat à cette époque que beaucoup de monde désire vivre la pauvreté! A côté des hérésies, qui ne parviennent pas à vivre et se construire dans la communion ecclésial.  Va alors apparaître les deux grands ordres mendiants qui eux réussiront à vivre une authentique pauvreté évangélique sans par ailleurs remettre en cause les grands fondements de la foi:
"Un premier défi était représenté par l'expansion de divers groupes et mouvements de fidèles qui, bien qu'inspirés par un désir légitime d'authentique vie chrétienne, se plaçaient souvent en dehors de la communion ecclésiale. Ils étaient en profonde opposition avec l'Eglise riche et belle qui s'était développée précisément avec la diffusion du monachisme. Dans les récentes catéchèses, je me suis arrêté sur la communauté monastique de Cluny, qui avait toujours plus attiré les jeunes et donc les forces vitales, ainsi que les biens et les richesses. De façon logique, s'était ainsi développée, dans un premier temps, une Eglise riche de propriété et également de biens immobiliers. Contre cette Eglise on opposa l'idée que le Christ vint sur terre pauvre et que la véritable Eglise aurait dû être précisément l'Eglise des pauvres; le désir d'une véritable authenticité chrétienne s'opposa ainsi à la réalité de l'Eglise empirique. Il s'agit de ce que l'on a appelé les mouvements paupéristes du Moyen Age. Ils contestaient durement la façon de vivre des prêtres et des moines de l'époque, accusés d'avoir trahi l'Evangile et de ne pas pratiquer la pauvreté comme les premiers chrétiens, et ces mouvements opposèrent au ministère des évêques une véritable « hiérarchie parallèle ». En outre, pour justifier leurs choix, ils diffusèrent des doctrines incompatibles avec la foi catholique. Par exemple, le mouvement des cathares ou des albigeois reproposa d'antiques hérésies, comme la dévalorisation et le mépris du monde matériel – l'opposition à la richesse devint rapidement une opposition à la réalité matérielle en tant que telle – la négation de la libre volonté, puis le dualisme, l'existence d'un second principe, du mal comparé à Dieu. Ces mouvements eurent du succès, spécialement en France et en Italie, non seulement en vertu de leur solide organisation, mais également parce qu'ils dénonçaient un désordre réel dans l'Eglise, provoqué par le comportement peu exemplaire de divers représentants du clergé.

Les franciscains et les dominicains, dans le sillage de leurs fondateurs, montrèrent en revanche qu'il était possible de vivre la pauvreté évangélique, la vérité de l'Evangile comme telle, sans se séparer de l'Eglise; ils montrèrent que l'Eglise reste le vrai, l'authentique lieu de l'Evangile et de l'Ecriture. Plus encore, Dominique et François tirèrent justement de l'intime communion avec l'Eglise et avec la papauté la force de leur témoignage. Avec un choix tout à fait original dans l'histoire de la vie consacrée, les membres de ces ordres non seulement renonçaient à la possession de biens personnels, comme le faisaient les moines depuis l'Antiquité, mais ils ne voulaient pas que fussent mis au nom de la communauté des terrains et des biens immobiliers. Ils entendaient ainsi témoigner d'une vie extrêmement sobre, pour être solidaires avec les pauvres et ne s'en remettre qu'à la Providence, vivre chaque jour de la Providence, de la confiance de se mettre entre les mains de Dieu."

Cette catéchèse est alors l'occasion pour nous de méditer sur la vrai  pauvreté ( qui est une vertu morale évangélique que tous nous avons à vivre quelque soit notre état de vie... Nous ne la vivrons pas bien entendu de la même façon et il ne s'agit pas tel St François d'aller se dépouiller de tous nos vêtements sur la place publique mais de relativiser l'"avoir", le "paraître" sur l'être: Encore aujourd'hui, tout en vivant dans une société où prévaut souvent l'« avoir » sur l'« être », l'on est très sensible aux exemples de pauvreté et de solidarité, que les croyants offrent avec des choix courageux. Encore aujourd'hui, de semblables initiatives ne manquent pas: les mouvements, qui partent réellement de la nouveauté de l'Evangile et le vivent dans notre temps dans sa radicalité, en se mettant entre les mains de Dieu, pour servir leur prochain.
En sachant aussi que la vraie pauvreté va de paire avec l'humilité qui est de se connaître en vérité. Pauvre devant Dieu!

Après avoir abordé la question de la pauvreté, le pape nous explique comment ces ordres ont été aussi des "maîtres" spirituels qui ont enseigné les populations. Ils essayaient donc d'approfondir la connaissance de la foi et d'être guidés sur le chemin difficile mais enthousiasmant de la sainteté. Les Ordres mendiants surent aussi avec bonheur aller à la rencontre de cette nécessité: l'annonce de l'Evangile dans la simplicité et dans sa profondeur et sa grandeur était un but, peut-être le but principal de ce mouvement. Avec beaucoup de zèle, en effet, ils se consacrèrent à la prédication.

Puis, Benoît XVI nous montre comment franciscains et dominicains ont participé aux nombreuses transformations culturelles de la cité médiévale. Il souligne bien entendu leur place dans les grandes universités naissantes. Professeurs, élèves qui discutent, approfondissent la foi à l'aide des grandes disciplines comme la philosophie, la théologie et les arts. Il cite bien entendu le grand saint Thomas d'Aquin pour les dominicains et Saint Bonaventure pour les franciscains. Deux grands penseurs incontournables!L'engagement dont firent preuve les franciscains et les dominicains dans les universités médiévales est une invitation, chers fidèles, à être présents dans les lieux d'élaboration du savoir, pour proposer, avec respect et conviction, la lumière de l'Evangile sur les questions fondamentales qui concernent l'homme, sa dignité, son destin éternel.


Le saint père conclue alors dans un paragraphe plein de fraicheur et d'élan. Que retenir? Et bien, du souffle, de la vie... Nous pensons notre monde comme en déclin, en crise... la mort d'une civilisation? En pensant au rôle des franciscains et des dominicains au Moyen-âge, au renouveau spirituel qu'ils suscitèrent, au souffle de vie nouvelle qu'ils communiquèrent dans le monde, un moine a dit: « A cette époque, le monde vieillissait. Deux Ordres naquirent dans l'Eglise, dont ils renouvelèrent la jeunesse comme celle d'un aigle » (Burchard d'Ursperg, Chronicon).

Chers frères et sœurs, au début de cette année, nous invoquons précisément l'Esprit Saint, jeunesse éternelle de l'Eglise: qu'il fasse ressentir à chacun l'urgence d'offrir un témoignage cohérent et courageux de l'Evangile, afin que ne manquent jamais des saints, qui fassent resplendir l'Eglise comme une épouse toujours pure et belle, sans tache et sans ride, capable d'attirer irrésistiblement le monde vers le Christ, vers son salut.


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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 19:44

R.pngeprenons notre lecture du livre de l'Apocalypse. Nous avons vu au chapitre 5 que seul l'Agneau s'est montré digne d'ouvrir le rouleau scellé. Dans les chapitres suivants, nous allons assister à l'ouverture successive des 7 sceaux qui seront accompagnés d'une catastrophe. Chapitres denses et encore une fois très riches en symbolique. Nous ne regarderons aujourd'hui que le chapitre six en nous intéressant seulement à quelques figures mais les chapitres 6 et 9 forment une unité... les trompettes résonnent, les visions des évènements futurs s'enchaînent.

          La première vision qui peut retenir notre attention est celle des 4 cavaliers qui apparaissent successivement à l'appel "Viens" des 4 vivants. Un cheval blanc, rouge/feu, noir et enfin verdâtre. Chaque cavalier ayant des caractéristiques différentes: arc et couronne, glaive, balance... Le dernier porte même un nom "la Peste" et il est accompagné de l' "Hadès".  Tout le passage s'inspire très explicitement du livre de Zacharie au chapitre 1, 8-10.
On trouve deux grandes interprétations autour de ces cavaliers.
La première insiste sur le parallélisme et vont donc identifier le cheval "blanc" comme un fléau, celui de la conquête.Le cheval rouge étant la guerre, le noir décrit comme la famine ( et d'une manière plus générale  la misère) et enfin le vert comme les grandes épidémies. Notez que le vert symbolise la mort, la décomposition dans ce livre alors qu'en général on l'utilise pour l'espérance.
La figure de l'ennemi étant incarné par l'Empire romain à l'époque de la rédaction de l'Apocalypse. Les fléaux décrits pourraient être les évènements qui mettent en déroute cet "ennemi" de Dieu. Les conquêtes du premier cavalier pourraient être celles des Parthes du 1er siècle connus pour leurs talents d'archers (le cavalier porte au verset 2 un arc).
Bref! Peste, famine, misère et fauves, nous sommes en présence des 4 grands instruments classiques du ravage...
La deuxième interprétation au contraire va insister sur les caractères particuliers du premier cavalier. La couleur blanche ne symbolisant jamais le mal dans l'Apocalypse et  la couronne, la victoire étant des "attributs" célestes... Le cavalier "blanc" pourrait être  le Christ ou encore la puissance de son message, l'Evangile, qui met en déroute les ennemis de Dieu, le mal et qui sort quoiqu'il arrive victorieux. On parle aussi de "voix du tonnerre". Or cette expression est utilisée lorsqu'on annonce une "bonne nouvelle"... L'arc dans la genèse (pensons à l'arc qui suit le déluge et qu'à tort on imagine être un arc-en-ciel) est le signe de l'Alliance de Dieu avec les hommes. La Parole de Dieu triomphera: voici ce que représente ce premier cavalier. C'est un signe d'espérance eschatologique. Certains aiment à faire un parallèle entre ce cavalier et le cavalier messianique du chapitre 19... 

         Au verset 9, nous assistons à l'ouverture du cinquième sceau: "je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été égorgés à cause de la parole de Dieu". On change de registre, nous sommes propulsés au ciel alors que les fléaux décrits précédemment étaient liés au temps historique, terrestre. L'autel pourrait être là encore une référence à la liturgie et surtout à l'autel des holocaustes (autel des sacrifices) qui se trouvait dans le Temple. Il s'agit bien entendu de tous les martyrs chrétiens qui sont ici assimilés au sacrifice du Christ. L'autel, souvenons-nous, s'il est table du repas eucharistique est aussi mémorial du sacrifice du Christ (les chrétiens s'inclineront devant l'autel alors qu'ils pourront faire une génuflexion devant le tabernacle, lieu de la présence réelle).
Les "saints" reçoivent alors une robe blanche qui rappelle celle des élus ou encore celle du baptême. Les martyrs sont restés fidèles aux grâces baptismales et participent à présent ( ou sous peu... le jugement n'étant pas encore arrivé) à la joie du Christ-triomphant.

         L'ouverture du sixième sceau s'accompagne de phénomènes inquiétants: soleil noir, lune-sang, étoiles qui tombent, tremblement de terre... les hommes s'enfuient, se cachent dans les cavernes comme Adam et Eve se sont cachés lorsqu'ils ont pris conscience de leur nudité, ces hommes se cachent de "la face de Celui qui est assis sur le Trône et de la colère de l'Agneau..." Si les saints parés de leurs robes blanches sont confiants à l'heure du jugement qui sonne, les autres tremblent d'effroi! Ce 6eme sceau est plus difficile à saisir. Les hommes sont classés en catégories: les riches, les chefs politiques et militaires, les esclaves... Ces hommes ont peur, Dieu va excaucer la prière des martyrs du 5eme sceau. Il va laisser libre cours à sa colère. On peut retenir de ces versets que toute la création est concernée, touchée par le jugement et les décisions divines. Et bien entendu que nul ne peut se soustraire à ce jugement, pas plus les riches, les rois que les esclaves. Chaque homme, chacun que nous sommes, nous serons appelés à nous présenter un  jour devant la Face de Dieu.... Elément important car souvent on utilise la miséricorde de Dieu pour se déresponsabiliser... Qu'importe ce que je fais, Dieu me pardonnera. Créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, nous sommes libres et doués de conscience, c'est ce qui fait notre grandeur! Ce qui implique aussi que nous devrons rendre compte de nos actes. Nous n'irons pas tous au paradis comme nous le laisse croire la chanson! Car oter le jugement, oter l'enfer, vous enlever à l'homme sa liberté, vous dénaturer sa volonté, vous amoindrissez le rôle de sa conscience... Cela dit, je vous rassure, l'affirmation de l'existence de l'enfer ne veut pas non plus dire que les hommes s'y entassent! Nos actes nous préparent au jugement, au choix final. Plus je pose des actes bons, plus je progresse dans la ressemblance de Dieu sur le chemin des vertus...  plus je serai apte à le reconnaître et à contempler son visage.
Pourquoi les hommes se cachent-ils? L'orgueil, la honte de leurs actes mauvais. Il faut beaucoup d'humilité pour reconnaître qui on est en vérité. Or l'humilité est la porte d'entrée du chemin de la perfection morale et spirituelle.

Il nous faudra attendre le chapitre 8 pour assister à l'ouverture du 7eme sceau puisque le chapitre 7 propose une sorte d'intermède en donnant des précisions sur les élus.

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 18:53

N.pngous clôturons aujourd'hui, avec la fête du baptême de Jésus, le temps de Noël. Crèches et décorations peuvent être rangées...
L'évangile qui nous était proposé ce dimanche est celui selon saint Luc ( vous pouvez bien entendu lire en parallèle chez Marc 3, 13-17 et chez Matthieu 1, 9-11).

Le baptême de Jésus est pour nous l'occasion de nous replonger aux sources de notre propre baptême. Ce sacrement par lequel nous entrons, nous naissons à la vie de Dieu.
A Noël, nous avons découvert que Dieu s'est  fait homme pour que nous puissions participer à la vie divine, c'est l'admirable échange. Au moment de son baptême, Jésus nous rejoint dans notre extrême faiblesse, il nous rejoint dans notre péché. Jean-Baptiste, nous dit l'Evangile, prêche un baptême de repentir, un baptême pour le pardon des péchés. Pourquoi, Jésus, le Fils de Dieu, qui n'a pas péché demande et reçoit le baptême de son cousin? Et bien parce que Jésus assume totalement notre nature humaine, il nous rejoint là où nous sommes pour nous conduire là où est le Père. Nous retrouvons là encore un signe de l'amour infini de Dieu pour nous et  la grande pédagogie divine. Jésus plonge notre nature dans le Jourdain... Alors les cieux s'ouvrent, l'Esprit Saint descend sur Jésus (sur nous le jour de notre baptême, c'est notre bon saint Jean Chrysostome qui rappelle que Jésus reçoit l'Esprit Saint non pour lui mais pour nous...) et la voix du Père se fait entendre: "Tu es mon fils bien-aimé!"... C'est une véritable préfiguration de notre baptême par lequel  (comme tout sacrement) Dieu nous communique sa vie et sa grâce. Nous devenons "fils" du Père, frère/ami de Jésus et temple de l'Esprit.
Nous assistons à une nouvelle naissance... Une naissance à la vie de Dieu où nous devenons "ressemblant " du Christ, Nouvel Adam, qui nous libère totalement du péché et de la mort. Comme le fera remarquer Grégoire de Nazianze, le jour du baptême de Jésus, c'est tout le vieil Adam qui est submergé dans l'eau. Nous naissons à Dieu qui est un et trine, c'est pour cela que nous assistons à une théophanie trinitaire lors du baptême du Christ et que nous sommes plongés trois fois dans l'eau le jour de notre baptême.

Dans notre baptême, nous pouvons toujours puiser pour nourrir notre vie spirituelle car c'est là que se trouve le début de notre vie d'enfant de Dieu. A la question "quel est le plus jour de votre vie?", le pape Jean Paul II répondait "le jour de mon baptême" et non comme on aurait pu l'attendre le jour de se première communion ou le jour de son ordination.
C'est aussi à notre baptême que nous devenons "roi", "prêtre" et "prophète"...

On pourrait être découragé, tous nos péchés sont lavés le jour de notre baptême, nous sommes délivrés de la mort au jour de notre baptême et pourtant nos vies ne sont pas pour autant des signes visibles de l'amour de Dieu. Le vieil homme est tenace... il tente de resurgir à tout moment. Voilà pourquoi nous avons le sacrement du pardon qui est un deuxième baptême. Nous nous replongeons réellement dans les grâces de notre baptême que par ce sacrement.

Laissons la parole à Bossuet qui traduit et commente les évangiles:
"(...) Le baptême de Jean ne donnait ni le Saint Esprit ni la grâce, ni par elle le feu céleste de la charité qui consumme tous les péchés: et cet effet était réservé au baptême de Jésus-Christ...
Voilà donc la consolation des chrétiens. L'eau du baptême de Jésus-Christ n'est pas une eau vide et stérile: le Saint Esprit l'anime et la rend féconde; en lavant le corps, elle enflamme le coeur; si vous ne sortez du baptême plein du feu de l'amour céleste de Dieu, ce n'est pas le baptême de Jésus-Christ que vous avez reçu. La pénitence chrétienne, qui n'est autre chose qu'un second baptême, doit être animée du même feu (....)"

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