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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 18:33

H.pngier, mercredi 9 décembre, le saint père nous a proposé comme toutes les semaines une courte catéchèse sur un moine bénédictin du XII ème siècle peu connu: Rupert de Deutz.

L'étude des oeuvres de ce moine nous permet de nous rappeler la chance que nous avons catholiques de pouvoir dans les difficultés et les incertitudes avoir une référence stable: le ministère pétrinien instauré depuis les origines de l'Eglise.
Le magistère en effet reste une référence (compétente) en matière de "vérité" dans la mesure où la Parole de Dieu nous est donnée dans et par l'Eglise. Il est vrai que pape et magistère sont souvent perçus comme des autorités lointaines, dictant des vérités toutes faites qui nous paraissent parfois décalées... Dans l'imaginaire collectif on se figure même que pape et cardinaux complotent contre le reste de l'humanité pendant toute la journée! 
Soyons un peu réalistes et optons pour la voie de la simplicité: le pape est avant tout un guide. On sait par ailleurs que l'interprétation des Ecritures lorsqu'elle est détachée d'une communauté de foi peut conduire à des abbérations, des mensonges... Il est important de se nourrir seul mais aussi en communauté de la Parole de Dieu, de se laisser enseigner par la Tradition. L'Eglise nous fournit des clés pour une lecture plus authentique.

L'autre axe de cette catéchèse est centré sur le mystère de l'Incarnation. Le pape rappelle le lien qui existe entre "le Corps du Verbe incarné et Celui qui est présent dans les Espèces eucharistiques". Le temps de l'Avent et la fête de la Nativité nous invitent à nous rappeler que Dieu par amour a accepté de se faire tout petit pour nous. La pauvreté de Noël n'est pas une pauvreté matérielle mais bien celle d'un Dieu infini qui se fait volontairement homme pour nous sauver! Or, Dieu accepte de se faire encore plus pauvre en étant présent dans les Espèces eucharistiques... Quelle pauvreté! Quel signe extraodinaire d'amour de se faire si petit que l'on puisse à tout moment venir l'adorer au Tabernacle, si petit que l'on puisse communier!
Autre point qui me semble capital sont les raisons de l'Incarnation... Qu'est-ce qui a poussé Dieu à s'incarner? On a très souvent mis en avant une unique raison: pour nous sauver puisque nous avons péché... Rupert rappelle à la suite d'autres pères et théologiens que l'Incarnation est prévue de toute éternité c'est-à-dire que le péché de l'homme, le mauvais usage de sa liberté, ne peut être la seule raison de la venue du Christ: "Rupert soutint aussi que l’Incarnation était prévue de toute éternité, afin que la création puisse rendre louange à Dieu et l’aimer comme une unique famille réunie autour du Christ"
Relisons le Catéchisme: " Pourquoi le Fils de Dieu s’est fait homme ? Le Fils de Dieu s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie par l’opération du Saint-Esprit, pour nous les hommes et pour notre salut, c’est-à-dire pour nous réconcilier, nous pécheurs, avec Dieu, pour nous faire connaître son amour infini, pour être notre modèle de sainteté et pour nous rendre « participants de la nature divine » (2 P 1,4). "
Dieu se fait homme pour  nous sauver bien entendu mais aussi par amour et pour nous faire participer à sa vie divine. L'homme placé dans la création est appelé à grandir, à découvrir l'amour de Dieu et à progresser en humanité.

SaintThomasdAquin.png

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 19:41


C.pnge Week-end a eu lieu comme chaque année l'incontournable Téléthon. Il ne s'agit pas dans cette note de critiquer cette action et l'AFM mais de pointer du doigt les problèmes éthiques soulevés par ce genre de manifestation.

Il est indéniable que ce type d'action a permis d'immenses progrès dans le domaine de la recherche sur la myopathie, dans l'aide aux familles, dans la connaissance d'une "maladie" peu connue . On ne peut que saluer toutes ces initiatives et ces avancées.


Cependant, cela soulève comme je vous le disais un certain nombre de problèmes...

Une partie des fonds va en effet à la recherche embryonnaire. Recherche qui conduit à la destruction de l'embryon. Première série de  questions: quel statut accordons-nous à l'embryon? Ne doit-on pas favoriser la recherche sur les cellules souches adultes ( ou issues du cordon ombilical) plutôt que celle sur les cellules souches embryonnaires?

Pour nourrir votre réflexion, un extrait de l'instruction Dignitas Personae:
31- Les cellules souches sont des cellules indifférenciées qui ont deux caracté-ristiques fondamentales: a) la capacité durable de se multiplier sans se différencier b) la capacité d'engendrer des cellules progénitrices transitoires, à partir desquelles proviennent les cellules souches plus différenciées, par exemple, nerveuses, muscu-laires, hématiques.
Depuis qu'il a été expérimentalement vérifié que les cellules souches, quand elles sont transplantées dans un tissu endommagé, ont tendance à favoriser le repeuplement de cellules et la régénération de ce tissu, de nouvelles perspectives se sont ouvertes pour la médecine régénérative, suscitant un grand intérêt parmi les chercheurs du monde entier.
Les sources des cellules souches jusqu'ici identifiées chez l'homme sont: l'embryon aux premiers stades de son développement, le fœtus, le sang du cordon ombilical, différents tissus chez l'adulte (moelle osseuse, cordon ombilical, cerveau, le mésenchyme de divers organes, etc.) et le liquide amniotique. Au départ, les études ont surtout porté sur les cellules souches embryonnaires car on pensait que cel-les-ci étaient les seules à posséder un grand potentiel de multiplication et de différenciation. De nombreuses recherches ont cependant montré que les cellules souches adultes, elles aussi, ont une grande versatilité. Bien que ces cellules ne semblent pas avoir la même capacité de renouvellement et la même plasticité que les cellules embryonnaires, des études et des expérimentations de grande valeur scientifique tendent à leur accorder des résultats cliniques plus positifs, ce qui n'est pas le cas des cellules embryonnaires. Les protocoles thérapeutiques actuellement en vigueur prévoient l'utilisation des cellules souches adultes ; à cet égard ont été activées de nombreuses voies de recherche qui ouvrent des horizons nouveaux et prometteurs.

32. En ce qui concerne le jugement éthique, il faut considérer tant les méthodes de prélèvement des cellules souches que les risques résultant de leur utilisation clinique ou expérimentale.
Concernant les méthodes utilisées pour la collecte des cellules souches, il faut tenir compte de leur origine. Sont licites les méthodes qui ne procurent pas de grave dommage au sujet chez qui sont prélevées les cellules souches. Cette condition est habituellement vérifiée dans les cas suivants: le prélèvement a) de tissus d'un organisme adulte b) du sang du cordon ombilical au moment de la naissance, c) des tissus de fœtus morts de mort naturelle. Au contraire, le prélèvement de cellules souches d'un embryon humain vivant cause inévitablement sa destruction et il est de ce fait gravement illicite. Dans ce cas, « la recherche, quels que soient les résultats d'utilité thérapeutique, ne se place pas véritablement au service de l'humanité. Elle passe en effet par la suppression de vies humaines qui ont une égale dignité par rapport aux autres personnes humaines et aux chercheurs eux-mêmes. L'histoire elle-même a condamné par le passé et condamnera à l'avenir un tel type de science, non seulement parce qu'elle est privée de la lumière de Dieu, mais également parce qu'elle est privée d'humanité » .
L'utilisation des cellules souches embryonnaires ou des cellules différenciées qui en dérivent, éventuellement fournies par d'autres chercheurs, et provenant de la destruction d'embryons, ou disponibles dans le commerce, pose de sérieux problèmes du point de vue de la coopération au mal et du scandale

Il n'existe pas d'objections morales en ce qui concerne l'utilisation clinique de cellules souches obtenues au moyen de procédés licites. Toutefois, il faut respecter les critères ordinaires de déontologie médicale. A cet égard, il convient de procéder avec beaucoup de rigueur et de prudence, en réduisant au minimum les risques éventuels pour les patients, en facilitant le débat entre les scientifiques et en offrant une information complète au grand public.
L'impulsion et le soutien à la recherche sur l'utilisation de cellules souches adultes sont à encourager, car elle ne comporte pas de problèmes éthiques

 


Deuxième série de questions: les questions autour du DPI ( Diagnostic Pré Implantatoire), DPN ( Diagnostic Prénatal) et l'IMG ( Intervention Médicale de Grossesse).  Ce problème est loin de toucher uniquement le Téléthon, pensons en particulier au dépistage de la Trisomie 21 de plus en plus efficace avec l'avancée des connaissances sur les marqueurs sériques. La question éthique est évidente: un eugénisme latent... Quelle place pour la personne atteinte d'un handicap dans notre société? La question de l'enfant parfait? "du droit à ne pas naître"? La finalité de la médecine ( dépister pour soigner, soulager les douleurs ou dépister pour éliminer?)
Je vous renvoie encore à Dignitas Personae:
 22- Le diagnostic préimplantatoire est une forme de diagnostic prénatal, lié aux techniques d'insémination artificielle. Il comporte le diagnostic génétique des embryons obtenus in vitro, avant leur transfert dans l'utérus. Cette technique est utilisée dans le but d'avoir la certitude de ne transférer à la mère que des embryons exempts de tout défaut ou bien des embryons d'un sexe déterminé ou encore dotés de certaines qualités.
Alors que dans les formes de diagnostic prénatal, la phase diagnostique est bien séparée de la phase d'éventuelle élimination du fœtus et que, dans cet intervalle, les couples demeurent libres d'accueillir l'enfant malade, le diagnostic préimplantatoire précède ordinairement l'élimination de l'embryon « suspect » d'avoir des défauts génétiques ou chromosomiques, ou de l'embryon porteur d'un sexe non désiré ou de qualités non voulues. Ce diagnostic - toujours associé à la fécondation artificielle qui est déjà intrinsèquement illicite - vise en réalité une sélection qualitative avec pour conséquence la destruction des embryons, ce qui se traduit par une forme de pratique abortive précoce. Le diagnostic préimplantatoire est donc l'expression de cette mentalité eugénique « qui accepte l'avortement sélectif pour empêcher la naissance d'enfants affectés de différents types d'anomalies. Une pareille mentalité est ignominieuse et toujours répréhensible, parce qu'elle prétend mesurer la valeur d'une vie humaine seulement selon des paramètres de "normalité" et de bien-être physique, ouvrant ainsi la voie à la légitimation de l'infanticide et de l'euthanasie »42 .

En traitant l'embryon humain comme un simple « matériau de laboratoire », on opère une altération et une discrimination en ce qui concerne la notion même de la dignité humaine. La dignité appartient de façon égale à chaque être humain et ne dépend ni du projet parental, ni de la condition sociale ou de la formation culturelle, ni du stade de la croissance physique. Si, à d'autres époques, tout en acceptant généralement le concept ainsi que les exigences de la dignité humaine, on a pratiqué la discrimination pour des motifs de race, de religion ou de statut social, on assiste aujourd'hui à une non moins grave et injuste discrimination qui conduit à ne pas reconnaître le statut éthique et juridique des êtres humains affectés de graves maladies et handicaps: on en vient ainsi à oublier que les personnes malades et les handicapés ne forment pas une sorte de catégorie à part ; la maladie ou le handicap font partie de la condition humaine et concernent tout le monde à titre personnel, même quand on n'en fait pas l'expérience directe. Une telle discrimination est immorale et doit donc être considérée comme juridiquement inacceptable ; de même, on doit éliminer les barrières culturelles, économiques et sociales, qui minent la pleine reconnaissance et la protection des handicapés et des malades.


Troisième série de questions: notre image de la personne atteinte d'un handicap. Pensons-nous uniquement aux personnes handicapées en terme de pitié, de personnes dans le besoin ou  mettons-nous en avant leurs qualités ( et leurs défauts...) humaines propres à chaque individu? Lorsque nous organisons une action de solidarité quelque soit dans nos écoles, paroisses... Quelle image, véhiculons-nous de la personne aidée? Que retiendra l'enfant de cette journée??? Sont-ils encore des personnes ou des simples objets  de "solidarité publique"?

Je vous propose quelques citations d'un très bon ouvrage écrit par D.Moyse et N.Diederich,  Les personnes handicapées face au DPN. Eliminer avant la naissance ou accompagner?. Un des intérêts de ce livre est de se placer face à toutes ces questions non pas du côté de la personne valide mais de la personne atteinte d'un handicap: que pensent les adultes ou les jeunes touchés par la myopathie par exemple du DPI, du DPN... Les témoignages recueillis sont éloquents:
"Voici une remarque de A.S.PArisot: «  Je suis directement concernée par cette question du tri embryonnaire, étant la troisième enfant d'une fratrie de trois enfants myopathes. J'ai 7 ans d'écart avec ma soeur ainée. La question qui se pose est la suivante: « Si j'avais du naître aujourd'hui, et si le diagnostic avait été effectué plus précocement sur ma soeur et mon frère ainés, serais-je là pour vous parler? » Je me trouve dans une configuration familiale où mes parents auraient pu bénéficier du fameux « tri embryonnaire » ou « tri-implantatoire ». L'idée du tri-implantatoire m'est difficilement supportable. J'y vois le déni médical, social et institutionnalisé de mon simple droit à l'existence. J'y vois une remise en cause complète de ma valeur intrinsèque d'être humain. (...) »

 

Sonia: « Ce qui m'a fait très mal, c'est qu'un jour mon père a dit à ses copains que, s'il avait su pour mon handicap, il aurait préféré que ma mère avorte. Ca ma catastrophée car j'étais épanouie comme jeune fille, je ne m'attendais pas à une telle réponse, j'étais heureuse de vivre. Personne ne sait que je l'ai entendu. »

 

J.L.Simon à propos du Téléthon à qui on faisait la remarque que cela avait permis de mieux connaître et de faire connaître cette maladie, réponse éloquente: « Oui mais pour dire quoi? Qu'on doit les soigner, les éradiquer parce que c'est infernal et insupportable de voir « ça »? Je me souviens que lors d'un des derniers Téléthon, un animateur de télévision, seul dans une salle de classe, a tenté de rassurer les téléspectateurs en déclarant: « les petits myopathes sont dans une salle à côté pour qu'ils soient tranquilles. » Il a résumé l'attitude sociale.


 

Myriam D.

« J'aimerai bien visiter les coulisses du Téléthon pour filmer la manière dont on utilise les gens, les personnes handicapées n'ayant que très peu à parler et étant vraiment peu mises en valeur. Je suis très triste que le public est une vision caritative des personnes handicapées comme objet de compassion et de demande. Il faut arrêter ça. »"




Il ne faut pas pour autant cesser d'oeuvrer dans les associations ou de donner à des actions qui nous semblent justes mais bien d'éveiller nos consciences aux problèmes éthiques sous-jacents et de se renseigner sur l'utilisation des dons. On peut très bien donner au téléthon par exemple mais demander explicitement ( avec une confirmation de l'association) que les dons iront à l'aide aux familles et  non à la recherche embryonnaire ...
N'oublions pas qu'un des premiers principes de notre morale chrétienne est que notre conscience demeure le dernier juge. Cela engage d'autant plus notre responsabilité et par conséquent nous avons un véritable devoir d'éducation de cette dernière. C'est-à-dire s'informer, étudier... etc .Les sciences humaines (philo, éthique, théo), l'Eglise proposent des pistes, des enseignements pour nourrir notre réflexion, ne l'oublions pas! Chaque jour nous sommes sollicités par des tas et des tas d'associations, c'est à nous de faire le tri ( selon aussi nos interrogations, notre histoire personnelle) entre elles et de juger à qui il nous semble important et juste de donner.

SaintPierre.png


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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 22:43

'Evangile du jour nous proposait en méditation le texte de l'Annonciation. Je ne vais pas m'étendre sur une présentation du dogme de l'Immaculée Conception: Marie née sans péché, remplie de grâces! Cela a été redit à sainte Catherine Labouré, rue du Bac, par l'invocation bien connue " O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous" puis à Ste Bernadette, à Lourdes, " Je suis l'Immaculée Conception"...

Je vous propose pour nourrir votre lectio en ce jour de fête un extrait de l'homélie de Saint Sophrone de Jérusalem pour l'Annonciation:

"« Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ». Que peut-il y avoir de plus grand que cette joie, ô Vierge Mère ? Que peut-il y avoir au-dessus de cette grâce que tu es la seule à avoir reçue en partage de la part de Dieu ? Que peut-on concevoir de plus joyeux et de plus lumineux ? Tout demeure loin derrière tes merveilles ; tout se trouve au-dessous de ta grâce. Les privilèges les plus certains n'ont que le second rang et ne possèdent qu'un éclat bien moindre.

« Le Seigneur est avec toi ». Qui oserait rivaliser avec toi sur ce point ? Dieu naît de toi. Qui donc ne te céderait la place aussitôt pour te laisser avec joie la première place et l'excellence ? C’est pourquoi, lorsque je te contemple placée au-dessus de toutes les créatures, je proclame hautement tes louanges : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ». La joie qui émane de toi n'est pas seulement accordée aux hommes mais aussi à toutes les puissances angéliques du ciel...

Dieu lui-même habite corporellement dans ton sein ; il en sort comme l'Époux (Ps 18,6) pour apporter à tous les hommes la joie et la lumière divines. C'est en toi, ô Vierge, que Dieu, comme dans un ciel très pur et lumineux, « a établi sa demeure » (cf. Ps 75,3). « De toi, il s'élance comme un époux quittant la chambre nuptiale » ; imitant « la course d'un géant, il va parcourir la carrière » de sa vie, qui apportera le salut à tous les vivants. S'étendant « d'une extrémité du ciel à l'autre » comme le soleil (Ps 18,6-7), il remplira toutes choses de son ardeur divine et de sa lumière vivifiante."

Et la prière de Saint Anselme à Marie que vous trouverez dans la liturgie des Heures:

 

"Le ciel et les astres, la terre et les fleuves, le jour et la nuit, et tout ce qui obéit ou sert à l’homme, se félicite d’être par toi, notre Dame, rendu en quelque sorte à sa beauté première, et même doté d’une grâce nouvelle et ineffable. Car tous, pour ainsi dire, étaient morts, alors que dépouillés de leur dignité naturelle, qui est d’être au pouvoir et au service de ceux qui louent Dieu – c’est là le motif même de leur création – ils étaient opprimés et dégradés par un culte idolâtrique, étranger au but de leur existence. Ils se réjouissent donc d’être comme ressuscités, puisque désormais les voilà soumis à la domination et embellis par l’usage des adorateurs du vrai Dieu. Ils ont comme exulté lorsque leur fut accordée la faveur, nouvelle et inestimable, non seulement de sentir invisiblement au-dessus d’eux la royauté de Dieu, leur propre Créateur, mais encore de le voir les sanctifier visiblement, dans leur sphère à eux, en en faisant lui-même usage. Tels sont les si grands biens échus à l’univers, par le fruit béni du sein de Marie, la bénie.

Par la plénitude de ta grâce, Marie, les êtres retenus en enfer se réjouissent d’être libérés, et les créatures au-delà du ciel d’être restaurées. Oui, c’est bien par ce glorieux Fils de ta glorieuse virginité que tous les justes disparus avant sa mort vivifiante exultent de voir la fin de leur captivité, et les anges, le relèvement de leur cité à moitié détruite. Ô femme remplie et plus que remplie de grâce, dont la surabondante plénitude se répand sur toute la création pour la rétablir ! Ô Vierge bénie et plus que bénie, dont la bénédiction est source de bénédictions pour toute la nature, non seulement pour la nature créée, de la part de son Créateur, mais aussi pour le Créateur, de la part de sa création !

Dieu a donné son Fils, fruit unique de son cœur, qui était son égal et qu’il aimait comme lui-même : il l’a donné à Marie, et, du sein de Marie, il en fait son Fils, non pas quelqu’un d’autre, mais le même en personne, de sorte qu’il est par sa nature le même Fils unique de Dieu et de Marie. Toute la création est l’œuvre de Dieu, et Dieu est né de Marie ! Dieu a tout créé, et Marie a enfanté Dieu ! Dieu qui a tout formé, s’est formé lui-même du sein de Marie, et ainsi il a refait tout ce qu’il avait fait. Lui qui a pu tout faire de rien, n’a pas voulu refaire sans Marie sa création détruite. Dieu est donc le Père de toutes les choses créées, et Marie la mère de toutes les choses recréées. Dieu est le Père de la création universelle, et Marie la mère de la rédemption universelle. Car Dieu a engendré celui par qui tout a été fait, et Marie a enfanté celui par qui tout a été sauvé. Dieu a engendré celui sans qui absolument rien n’existe, et Marie a enfanté celui sans qui absolument rien n’est bon. Oui, le Seigneur est vraiment avec toi : il t’a fait un don tel que la nature entière t’est grandement redevable, à toi, en même temps qu’à lui."

Pour cette fête, on pourra déposer une bougie sur nos fenêtres.



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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 21:45

JOIE POUR LES COEURS QUI CHERCHENT DIEU



 

a quête du bonheur, le désir du bonheur se traduit donc par un désir de Dieu chez les théologiens et dans notre foi. L'homme est « capax dei » (capable de Dieu): capable de l'aimer et donc désireux de l'aimer. Les Pères insisteront beaucoup sur ce désir et cette recherche de Dieu. L'homme depuis la chute est séparé de Dieu par le péché. Il n'a donc qu'un seul but: être réuni à Lui.

Il cherche désespérément dans les créatures ou les choses matérielles ( biens, gloire humaine...) la satisfaction de ce désir essentiel (trop essentiel pour être jamais comblé par des éléments matériels). L'homme n'atteint que des satisfactions toujours partielles. Pour Augustin, tout particulièrement, s'impose une certitude : le désir est le point de départ de cette recherche qui finalement mène forcément l'homme à Dieu.

Les Pères pour traduire ce désir s'inspireront beaucoup du beau livre du Cantique des Cantiques. Nombreux sont ceux qui en ont fait un commentaire ou une homélie sur l'un ou l'autre des chapitres. Livre qui a aussi beaucoup d'importance dans la pensée mystique en particulier dans la spiritualité carmélitaine.

 

Grégoire de Nysse- l'homme peut être comblé mais jamais rassasié. Le désir de Dieu demeure dans la béatitude et la plénitude.

"Lui seul en vérité est délicieux, désirable et aimable. Et la jouissance que nous avons de lui est toujours le point de départ d'un plus grand désir, car elle fait croître le désir par la participation même de biens." (Hom. sur Cant. des Cant., Hom. 1).
 

Désir de Dieu et joie sont associés. Cette quête est ininterrompue, incessante et elle grandit. On verra que Grégoire établit un parallèle entre les 8 béatitudes, c'est-à-dire le perfectionnement dans la vie spirituelle et morale et l'échelle de Jacob. Si on trouvera la joie et la béatitude, le désir quelque part perdure car il n'y a pas de lassitude. Finalement, peut-on se rassasier de Dieu? Je vous renvoie encore au Psaume 41. Grégoire prend alors l'exemple de Paul qui est à la fois comblé et « affamé » de Dieu: « C'est ainsi me semble-t-il, que l'apôtre Paul, quand il eut goûté les fruits mystérieux du paradis, en était à la fois comblé mais toujours affamé. Il reconnaît que son désir avait été comblé : "Le Christ vit en moi" (Ga 2, 20) et pourtant comme un homme affamé, il éprouve les mêmes aspirations qu'auparavant et dit : "Ce n'est pas que j'ai déjà atteint le but ou que je sois déjà parfait, mais je poursuis ma course pour y parvenir." (Ph 3, 13).
 

Le cappadocien pense que l'on peut être rassasié du mal mais jamais du bien. C'est la joie de celui qui va "de commencements en commencements, vers des commencements qui n'ont pas de fin" (Homélies sur le Cantique des cantiques, 8e homélie). Et il poursuit : "Jamais le désir de celui qui progresse ne s'en tient au bien déjà connu : un autre désir, plus intense, puis un autre, encore plus profond, par la suite, poussent l'âme qui s'élève sans cesse sur la route de l'infini, par des biens toujours supérieurs
On comprend ainsi pourquoi, dans la perspective de Grégoire de Nysse, le désir ne cesse jamais - même dans l'éternité. C'est un point important car une des grandes peurs est de s'ennuyer dans l'éternité: l'éternité, c'est long surtout sur la fin... Donc pas de panique, en fin de compte le désir ne cesse jamais, il grandit sans cesse...
 L'homme cherche toujours, qu'il désire depuis que le péché l'a séparé de Celui à l'image de qui il a été fait. Il cherche désespérément à redevenir ce qu'il était, à grandir dans cette ressemblance. Le désir de Dieu, c'est le désir de VOIR DIEU mais aussi de POSSEDER DIEU... On pourra lire et méditer le paragraphe sur la béatitude dans le CEC ( Catéchisme de l'Eglise Catholique).

 

St Augustin,

L'intérêt de St Augustin par rapport à ses prédécesseurs qui nous parlent du désir de Dieu, est que l'évêque d'Hippone affirme que toute recherche de plaisir prend en réalité sa source dans le désir du bonheur, le désir du Bien donc le désir de Dieu. Lorsqu'on lit les Confessions, c'est un assoiffé de la vérité, un amoureux de l'amour que l'on découvre. Une sorte d'enragé de la quête du bonheur.

Comme on l'a vue dans notre bref parcours philosophique, de nombreux courants comme les stoïciens ou les épicuriens vantaient l'indifférence ou l'exctinction du désir (un peu comme dans le Bouddhisme du reste). Ce qu'ils nommaient l'apathie. Or chez les Pères et cela de façon très nette chez St Augustin, on a au contraire l'affirmation de la valeur du désir. Avant, il s'agissait de ne pas être troublé, courant qui a séduit par ailleurs certains mouvements monastiques ( Cf. Les pères du désert). Chez St Augustin, on a une opposition. Ce n'est pas une bonne chose que de ne pas éprouver de sentiments. Il prend l'exemple concret du Christ: joie de retrouver ses amis, pleurs à la mort de Lazarre, Il « se mit à aimer » le jeune homme riche... Le Christ n'est pas indifférent. Comment faire abstraction des passions pour aller vers Dieu alors que le Christ s'est incarné, a vécu la Passion pour nous sauver et ayant désirer nous sauver? En revanche, l'erreur pour Augustin serait d'endormir le désir de Dieu sous d'autres désirs multipliés et vains. La multiplication des plaisirs pourrait « tuer » le véritable désir.

 

Pour Augustin, le désir est un élan. Il fait partie des quatre passions: désir, joie, tristesse et crainte.C'est une dynamique mais en même temps une distance et parfois une absence... On désire ce qui est loin ou pas encore en notre possession.

Il existe plusieurs types de désir. Deux principaux: le désir désordonné ( la convoitise) et le désir ordonné ( la charité- agapé cad amour de Dieu cad l'essence même de Dieu. Le désir par excellence c'est l'AMOUR. L'amour, c'est LE ( et non un) don de Dieu. Capable de Dieu, c'est-à-dire capable d'aimer. Le passage à réaliser, c'est de quitter le désir desordonné pour le désir ordonné. Passer de la convoitise à l'amour voilà la véritable libération de l'homme. Le désir, c'est donc la VOIE ROYALE pour aller à Dieu et donc pour aller au bonheur. Sachant qu'on ne va à Dieu seul mais avec les autres comme nous sommes membres de l'Eglise, membres du corps du Christ( articulation aussi des deux commandements: amour de Dieu et amour du prochain).

 La prière est ce qui nourrit notre désir de Dieu et comme chez Grégoire de Nysse, le désir de Dieu ne finit jamais même auprès de Dieu.

 

Saint Bernard, en particulier les homélies sur le Cantique des Cantiques, sermons 84 à 86.

Là encore pensons au personnage, c'est comme St Augustin un chercheur de Dieu passionné. Tous ces saints, sont des hommes du désir et de la quête de Dieu.

St Bernard là aussi s'appuie sur son expérience, sur l'expérience humaine. L'homme qui éprouve un grand désir de Dieu dans son cœur est à même de saisir que c'est Dieu lui-même qui est habité d'un désir infini pour sa créature. DIEU DESIRE L'HOMME, DIEU A SOIF DE L'HOMME.

Je laisse à votre méditation quelques extraits de ces fameux sermons:

 

Homélie 84:

«Cherchez toujours son visage (Ps 105,4),» dit le Prophète, je crois que lors même qu'on l'aura trouvé, on ne cessera point de le chercher. Dieu ne se cherche pas par le mouvement des pieds, mais par les désirs. Et quand on a été assez heureux pour le trouver, bien loin que cela diminue le désir qu'on a de lui, cela ne fait au contraire que le redoubler. La consommation de la joie est-elle l'extinction du désir? c'est plutôt comme de l'huile qu'on jette sur le feu, car le désir même est un feu. Il en est ainsi. La joie sera comblée, mais on ne cessera point de désirer, non plus que de chercher. Or pensez, si vous le pouvez, une recherche sans indigence, et un désir sans peine d'esprit. La présence sans doute bannit l'un, et l'entière possession exclut l'autre. »


 L'âme qui cherche Dieu est en réalité toujours devancée par Dieu. La recherche de Dieu n'est pas une initiative humaine. La recherche de Dieu est une réponse de l'homme à l'initiative divine
 

« Mon âme cherche le Verbe, mais il l'a cherchée auparavant. Autrement, une fois sortie ou chassée de la présence du Verbe, elle ne retournera plus pour jouir des biens qu'elle a perdus, si le Verbe ne la cherche. (…) Je ne voudrais pas dire que cette âme qui désire de retourner à Dieu, et d'être cherchée de lui, soit entièrement exposée et abandonnée. Car d'où lui vient cette volonté? C'est sans doute de ce que le Verbe l'a déjà visitée et cherchée, et cette recherche n'a pas été inutile, puisqu'elle a opéré la volonté, sans laquelle le retour était impossible. Mais il ne suffit pas d'être cherché une fois, tant la langueur de l'âme est grande, et tant elle a de peine à revenir »

«J'ai cherché, dit l'Épouse, celui qu'aime mon âme.» C'est à quoi vous provoque la bonté de celui qui vous a prévenue, en vous cherchant et en vous aimant le premier. Vous ne le chercheriez et vous ne l'aimeriez point, ô âme, si vous n'en aviez été cherchée et aimée auparavant. Vous n'avez pas été prévenue d'une seule bénédiction, mais de deux, de l'amour et de la recherche. L'amour est la cause de sa recherche, et sa recherche est le fruit et le gage assuré de son amour. Vous avez été aimée afin que vous ne craigniez point qu'on vous cherchât pour vous punir. Vous avez été cherchée, afin que vous ne vous plaignissiez point d'avoir été aimée inutilement. »

 

Et pour compléter, les articles du CEC comme promis:

I. Le désir de Dieu

27 Le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme, car l’homme est créé par Dieu et pour Dieu; Dieu ne cesse d’attirer l’homme vers Lui, et ce n’est qu’en Dieu que l’homme trouvera la vérité et le bonheur qu’il ne cesse de chercher:

L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse à l’homme de dialoguer avec Lui commence avec l’existence humaine. Car si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par Amour et, par Amour, ne cesse de lui donner l’être ; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet Amour et s’abandonne à son Créateur (GS 19, § 1).

28 De multiples manières, dans leur histoire, et jusqu’à aujourd’hui, les hommes ont donné expression à leur quête de Dieu par leur croyances et leurs comportements religieux (prières, sacrifices, cultes, méditations, etc.). Malgré les ambiguïtés qu’elles peuvent comporter, ces formes d’expression sont si universelles que l’on peut appeler l’homme un être religieux :

Dieu a fait habiter sur toute la face de la terre tout le genre humain, issu d’un seul ; il a fixé aux peuples les temps qui leur étaient départis et les limites de leur habitat, afin que les hommes cherchent la divinité pour l’atteindre, si possible, comme à tâtons, et la trouver ; aussi bien n’est-elle pas loin de chacun de nous. C’est en elle en effet que nous avons la vie, le mouvement et l’être (Ac 17, 26-28).

29 Mais ce " rapport intime et vital qui unit l’homme à Dieu " (GS 19, § 1) peut être oublié, méconnu et même rejeté explicitement par l’homme. De telles attitudes peuvent avoir des origines très diverses (cf. GS 19-21) : la révolte contre le mal dans le monde, l’ignorance ou l’indifférence religieuses, les soucis du monde et des richesses (cf. Mt 13, 22), le mauvais exemple des croyants, les courants de pensée hostiles à la religion, et finalement cette attitude de l’homme pécheur qui, de peur, se cache devant Dieu (cf. Gn 3, 8-10) et fuit devant son appel (cf. Jon 1, 3).

30 " Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu " (Ps 105, 3). Si l’homme peut oublier ou refuser Dieu, Dieu, Lui, ne cesse d’appeler tout homme à Le chercher pour qu’il vive et trouve le bonheur. Mais cette quête exige de l’homme tout l’effort de son intelligence, la rectitude de sa volonté, " un cœur droit ", et aussi le témoignage des autres qui lui apprennent à chercher Dieu.

 

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 22:23

ujourd'hui nous fêtons la Saint Nicolas. Dans de nombreuses familles, on s'échangera à cette occasion petits cadeaux et chocolats ( en forme de saint Nicolas). A Nancy, on pourra admirer les chars... Alors qui viendra pour vous cette année? Saint Nicolas ou Hans Trapp avec son fouet? Nicolas est originaire d'Asie mineure, il aurait vécu entre 250 et 270 après JC. Il est retourné à Dieu le 6 décembre entre 350 et 352 à Myre où il aurait été évêque. C'est un saint très populaire en Grèce. Toute sa vie est entourée de légendes....


La plus connue reste pour nous celle où Saint Nicolas rendit la vie à trois petits enfants: Ils étaient trois petits enfants qui s'en allaient glaner aux champs... comme dit la chanson populaire.
Les trois enfants s'égarent, demandent asile chez un boucher qui ni une ni deux les découpe, les sale et hop du petit salé pour un bout de temps... Quelques années plus tard, saint Nicolas rend visite au boucher qui l'accueille chaleureusement.... Mais voilà St Nicolas réclame du petit salé, le boucher tremble mais s'exécute et oh miracle, les trois petits enfants reviennent à la vie, le plus petit nous dit: "J'ai bien dormi!"  St Nicolas, c'est un peu le patron des enfants... La coutume est loin d'être idiote. Cette fête permet de s'offrir des cadeaux et  de ne pas associer les choses trop matérielles à la fête de Noël... Un peu de simplicité le 24 ne nous ferait pas de mal. J'aime aussi la tradition plus orientale, je vous l'accorde, d'offrir les cadeaux à l'Epiphanie. Que de bonnes idées!

Dans tous les cas, le 6 décembre, deux choses s'imposent: le chocolat chaud et les mannele... Les mannele sont une sorte de petit pain au lait ou de briochette qui ont la forme d'un "petit bonhomme". Vous pouvez les confectionner vous-même, personnellement, j'ai trouvé place Kleber à Strasbourg sur le marché, un moule en forme de petit bonhomme qui fait très bien l'affaire!
Comment faire des mannele?C'est tout simple... (une partie peut se faire dans la machine à pain si vous en avez une ou si vous êtes fatigué... ne riez pas mais je connais une personne qui a réussi à se faire  une tendinite en préparant la pâte à Mannele).
Prenez 500 g de farine, 100g de sucre semoule, 100g de beurre, 25g de levure boulangère, 2 oeufs, 1 jaune d'oeuf, 200ml de lait, 5g de sel.
Faire tiédir la moitié du lait et versez-y la levure et 100g de farine. Faites reposer après avoir mélangé pendant 20 min. Faites fondre le beurre et faites bouillir le lait avec le sel et le sucre. Laissez tiédir.
Mélanger vos deux préparations en pétrissant énergiquement. Ajoutez les oeufs et la farine. Pétrissez à nouveau de façon énergique pendant 15 minutes.... Couvrez avec un linge.
Faites lever 30 minutes. Farinez un plan de travail et formez vos petits bonhommes... On dore avec le jaune d'oeuf.. Je mets des yeux en pépites de chocolat mais on peut utiliser des raisins secs ou un autre ingrédient magique. Faites lever 20 minutes.
Puis au four pendant 25 minutes à 160-180°c... Comme pour les Bredele, cela demande un peu de temps!


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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 13:00

enoît XVI depuis mars 2007 profite des audiences générales du mercredi pour nous donner toute une catéchèse très complète des Pères de l'Eglise. De Clément de Rome à Guillaume de Saint Thierry mercredi dernier, le saint père nous offre en excellent pédagogue des clés de lecture spirituelle et théologique pour mieux comprendre les grandes figures de l'Eglise d'Orient et d'Occident.

Un premier volume de ces catéchèses est déjà paru chez Bayard préfacé par Monseigneur Dagens, Les Pères de l'Eglise de Clément de Rome à Maxime Le confesseur que je ne peux que vous conseiller.
Dans chaque catéchèse nous sont donnés des éléments biographiques et historiques permettant de mieux saisir les enjeux pastoraux et théologiques en oeuvre. Cependant, le pape ne se noie pas dans les détails superflus. Dans une grande clarté qui le caractérise Benoît XVI nous invite à nous mettre à l'école de ces grands témoins, à redécouvrir le mystère de l'Incarnation et de la Rédemption et enfin à approfondir l'action du Saint Esprit dans nos vies.

Je vous offre quelques citations des Pères retenues par le pape...
Ignace d'Antioche qualifié de docteur de l'unité:  " Que votre baptême demeure comme votre bouclier, la foi comme votre casque, la charité comme une lance, la patience comme une armure."
" Accourez tous à Jésus-Christ comme à l'unique temple de Dieu, comme à  l'unique autel: il est un, et procédant de l'unique Père, il lui reste uni et il retourne à lui dans l'unité."

Clément d'Alexandrie dont l'oeuvre a pour but d' "accompagner de manière efficace la maturation spirituelle du chrétien". Le chrétien grâce aux "deux ailes" de la foi et de la raison doit progresser dans la Vérité qui est le Verbe. Le but étant tout comme chez Irénée de devenir semblable à Dieu.

St Cyprien ( évêque et martyr africain du IIIème siècle) pour lequel le pape consacre un paragraphe sur son enseignement de la prière: "le coeur lieu privilégié de la prière" en nous conseillant son livre sur le Notre Père: " lorsque nous prions, nous  ne prions pas pour un seul mais pour tout un peuple, nous ne formons qu'un" ( L'oraison dominicale, 8) et " Nous ne devons pas éparpiller nos prières en paroles informes ou jeter vers Dieu, en un bruyant bavardage, une requête qui devrait être recommandée par sa modestie, car Dieu écoute non la voix mais le coeur."
Quelle longue tradition découlera de cette spiritualité du coeur!

St Athanase d'Alexandrie appelé la colonne de l'Eglise. Cet auteur est connu surtout pour son amour de l'Incarnation du Verbe et ses propos sur le fameux Prologue de St Jean. Il combattit l'hérésie arienne. Athanase rendu célèbre par cette citation aujourd'hui classique: le Verbe s'est fait chair, s'est fait homme pour que nous devenions Dieu.
Jésus " s'est fait homme pour que nous devenions Dieu, il s'est rendu visible dans le corps pour que nous ayons une idée du Père invisible; et il a lui-même supporté la violence des hommes pour que nous héritions de l'incorruptibilité"

Saint Basile, un phare de l'Eglise, un de mes petits préférés qui aura le droit a deux catéchèse...
" La liturgie est le sommet auquel tend l'action de l'Eglise en même temps la source d'où découle toute sa vertu".
"Tous ceux qui sont dans le besoin ont les yeux fixés sur nos mains, comme nous-mêmes avons les yeux fixés sur celles de Dieu quand nous sommes dans le besoin."
Il cite ensuite Grégoire de Nazianze se référant à St Basile: " Basile nous convainc que nous, parce que nous sommes humains, nous ne devons pas mépriser les hommes, ni, pas notre inhumanité à l'égard des hommes, outrager le Christ, chef commun de tous; mais bien plutôt, dans les disgrâces qui atteignent le prochain, devons-nous répandre le bien et emprunter de Dieu noter miséricorde, parce que nous avons besoin de miséricorde."

Saint Grégoire de Nazianze pour poursuivre dans les cappadociens: " J'ai été créé pour élever jusqu'à Dieu, à travers mes actions."
et  " Il est nécessaire de se souvenir de Dieu plus souvent que l'on ne respire."

Saint Grégoire de Nysse, l'homme "doit toujours examiner l'intimité de ses pensées, de ses paroles et de ses actions, pour voir si elles sont tournées vers le Christ ou bien si elles s'éloignent de lui." Le Chrétien est celui qui porte le nom de "Christ" toute notre vie doit tendre à lui ressembler. Pour le pape, c'est une grande responsabilité que de porter ce nom.
"Par la prière, nous réussissons à être avec Dieu. Mais qui est avec Dieu est loin de l'ennemi. La prière est soutien et défense de la chasteté, frein de la colère, apaisement et maîtrise de l'orgueil. La prière est gardien de la virginité, protection de la fidélité dans le mariage, espérance pour les veilleurs, abondance de fruits pour les agriculteurs, sécurité pour les navigateurs."



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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 21:02

oursuivons notre lecture du livre de l'Apocalypse... Chapitre IV et V doivent être lus ensemble, ils forment une unité... C'est la vision du trône.
Les chapitres VI à IX constitueront une autre unité autour de l'ouverture des 7 sceaux.

On retrouve donc les mêmes éléments: les vieillards, la figure du tétramorphe, le trône. Deux éléments clés apparaissent au cours de ce chapitre: le livret scellé de 7 sceaux et l'agneau "comme égorgé".



"Et je vis sur la main droite de Celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et par derrière, scellé de 7 sceaux".
Le livre est à la disposition de qui s'en montrera digne, il n'est pas retenu dans la main de Dieu. Il est posé sur c'est-à-dire offert à qui osera le prendre et l'ouvrir.
Intéressons-nous tout d'abord à ce livre. Il s'agit d'un rouleau écrit recto-verso, un opistographe. La face extérieure est lisible même lorsque le parchemin est roulé. C'est une technique connue entre-autres dans le domaine juridique. Le sceau permettait de certifier l'authenticité du document et les inscriptions lisibles, elles, servaient à connaître le thème, les lignes directrices du contenu caché à l'intérieur.
Beaucoup se sont interrogés sur ce qu'était ce fameux livre scellé. Deux interprétations principales ont été retenues. Il s'agirait en premier lieu du livre contenant le dessein de Dieu sur le monde, sur l'histoire des hommes... L'ouvrir, c'est enfin connaître le sens total du dessein divin qui va  maintenant s'accomplir. Enfin, et c'est le plus probable, il s'agirait de l'Ancien Testament, des Ecritures dont le Christ révèle le véritable sens en accomplissant par sa venue les prophéties, la Loi... Cette idée est renforcée par les versets suivants qui montrent que personne n'ose le regarder et le prendre. Le véritable exécuteur sera le Christ. Il est le seul à être digne de le prendre et de l'ouvrir. Les hommes ont eu connaissance de l'Ancien Testament mais le Christ en dévoile tout le sens et tous les mystères. Cela nous renvoie au beau texte des disciples d'Emmaüs... En chemin, nos deux pélerins ont besoin du Christ pour leur expliquer les Ecritures. Pour nous, cela nous invite déjà à avoir une lecture christocentrique de l'Ancien Testament et ensuite de discerner les évènements de notre vie à la lumière du Christ qui révèle véritablement le sens de l'histoire, de notre histoire personnelle.
Jean Paul II dans son encyclique Veritatis Splendor insiste longuement sur cette nécessité de se laisser guider par le Christ pour éclairer le sens de l'existence et pour cheminer vers la Vérité: "

 

"Il convient que l'homme d'aujourd'hui se tourne de nouveau vers le Christ pour recevoir de lui la réponse sur ce qui est bien et sur ce qui est mal. Le Christ est le Maître, le Ressuscité qui a en lui la vie et qui est toujours présent dans son Eglise et dans le monde. Il ouvre aux fidèles le livre des Ecritures et, en révélant pleinement la volonté du Père, il enseigne la vérité sur l'agir moral. A la source et au sommet de l'économie du salut, le Christ, Alpha et Oméga de l'histoire humaine (cf. Ap 1, 8 ; 21, 6 ; 22, 13), révèle la condition de l'homme et sa vocation intégrale. C'est pourquoi « l'homme qui veut se comprendre lui-même jusqu'au fond ne doit pas se contenter pour son être propre de critères et de mesures qui seraient immédiats, partiaux, souvent superficiels et même seulement apparents ; mais il doit, avec ses inquiétudes, ses incertitudes et même avec sa faiblesse et son péché, avec sa vie et sa mort, s'approcher du Christ. Il doit, pour ainsi dire, entrer dans le Christ avec tout son être, il doit " s'approprier " et assimiler toute la réalité de l'Incarnation et de la Rédemption pour se retrouver lui-même. S'il laisse ce processus se réaliser profondément en lui, il produit alors des fruits non seulement d'adoration envers Dieu, mais aussi de profond émerveillement pour lui-même » .

C'est ce que ce chapitre de l'Apocalypse nous invite à faire... Il faut éclairer notre compréhension du temps des hommes à la lecture de l'Evangile de Jésus-Christ.


Un ange, fort et vigoureux, figure de l'autorité, proclame " Qui est digne d'ouvrir le livre et d'en rompre les sceaux?" Jean utilise le verbe "proclamer" normalement réservé à l'annonce de la Bonne Nouvelle... Il s'agit bien d'une révélation sur le Christ, sur l'avènement du Royaume.  Personne ne semble digne... personne n'ose s'approcher... Pourquoi? Parce qu'il faut avoir vécu la Passion et être ressuscité pour en être digne. Il faut être le Fils de Dieu, siéger à sa droite depuis l'Ascension pour en être digne! St Jean se met à pleurer, Augustin y verra une figure de l'Eglise qui pleurt sous le poids de ses péchés qui l'accablent et qui espèrent la Rédemption. On le console, un vieillard, c'est-à-dire un des prophètes ( pour Augustin les 24 vieillards ne sont pas des prêtres...) qui justement ont annoncé que le Messie, le Sauveur naîtra dans la tribu de Judas (une des douze tribus d'Israël) et de la race de David. Le Christ est venu, il a été vainqueur du péché qu'il a détruit et il apporte tout bien....
La vision se poursuit et voilà qu'apparaît un agneau, un agneau immolé mais dressé. La figure de l'Agneau renvoie bien entendu au Christ. C'est une allusion à l'agneau pascal partagé en souvenir de la libération lors de l'Exode. Il porte les marques de son sacrifice. En revanche, il est "dressé" cela montre qu'Il est sorti victorieux,triomphant de la mort. L'agneau a 7 cornes et 7 yeux. Le chiffre sept est celui de la plénitude.  Les cornes renvoient à la puissance et les yeux à la connaissance. Il s'agit donc de la Toute-Puissance et de l'ominscience de Jésus. Bède le Vénérable y verra lui les sept dons de l'Esprit Saint.
Pour St Augustin, l'agneau n'est pas le Christ mais c'est la figure de ceux qui souffrent le martyre , de ceux qui meurent pour Jésus-Christ pour vivre en Christ. Les vieillards, les quatre vivants, l'agneau autour du trône, c'est l'Eglise unie au Chef.En effet, sur le trône, il voit la Trinité toute entière ( Père, Fils et Esprit-Saint). Le livre est reçu de la main droite, c'est-à-dire du Christ...

Puis l'adoration et la louange reprennent. Les cithares étant des instruments de louange et les coupes d'or dans lesquelles on faisait brûler de l'encens figurent la prière qui monte vers Dieu. St Victorin puis l'évêque d'Hippone verront aussi dans la cythare, "la corde étendue sur le bois", la Passion du Christ et dans la coupe: "la confession et la propagation du sacerdoce nouveau." Notre ami Bède ferra aussi le rapprochement puisque dans l'Ancien Testament c'est Aaron, le prêtre, qui fait "fumer sur l'autel un encens exhalant une odeur suave".
On chante alors un "Cantique Nouveau", c'est la profession de foi, la proclamation de la Bonne Nouvelle du Nouveau Testament. Voilà la chose nouvelle qui est révélée: le Fils de Dieu s'est fait homme (mystère de l'Incarnation que nous célèbrons à Noël), il est mort et ressuscité (mystère de la Rédemption que nous célèbrons à Pâques), il est monté au ciel et par lui a lieu la rémission des péchés! Ce cantique nouveau, il est pour " toute tribu, et langue, et peuple et nation" c'est-à-dire qu'il est pour tous les hommes. Le salut est offert à tout homme quelque qu'il soit. Le mot "catholique" qui signifie "universel" en grec nous rappelle que notre foi est "universelle". Il ne s'agira jamais d'un salut offert à un petit nombre d'initiés, à un petit nombre d'élus ou de purs comme le suggèrent certaines interprétations erronées de l'Apocalypse. Le Christ a souffert sa Passion et connu la mort pour chacun de nous.. "Parce qu'en quelque direction que l'Eglise se soit répandue dans le monde, parmi les nations, des tribus, des peuples et des langues divers, elle consiste toute entière dans le seul amour de Dieu et du prochain contenu dans le décalogue de la Loi"  (Bède, Le Tabernacle,  II,8)

Les 7 sceaux seront brisés, le livre sera ouvert...Ce livre (aux deux faces: Ancien et Nouveau Testament) n'était pas compris jusqu'à la venue du Christ. Il était scellé jusqu'à la Passion et la Résurrection, " obscurci par la multitude des mystères" pour reprendre l'expression de St Augustin. Un voile demeurait tout comme Moïse qui recevant la Loi avait couvert son visage.  Victorin et Augustin rappellent ici que l'on parle de "testament" (ils ne se réfèrent pas au sens que l'on donne actuellement aujourd'hui qui est celui d' "alliance"). Or le testament est scellé jusqu'à la mort du testateur... Ici, il s'agit du Christ à la fois testateur, exécuteur testamentaire et héritier!  Le visage de Moïse peut être découvert, la Révélation se fait grâce au Christ. Voilà la vrai sens de l'Apocalypse... Pas une prophétie sur le dessein de l'humanité au sens où l'histoire serait écrite et l'ouverture du livre, la possibilité de connaître la fin du monde. La Révélation est quelque part déjà donnée, le monde est déjà sauvé! A nous de suivre le Christ pour qu'Il nous guide vers la splendeur de la Vérité... Le message est encore limpide: nous mettre à l'écoute de sa Parole qui éclairera le sens de notre histoire qu'elle soit personnelle ou collective.






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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 14:27

ors de l'audience d'aujourd'hui, Benoît XVI nous a encore une fois offert une belle catéchèse sur une des grandes figures de la spiritualité médiévale: Guillaume de St Thierry, le chantre de l'amour.

Guillaume est ami de St Bernard de Clairvaux, bénéctin, il deviendra abbé de Saint Thierry à Reims puis sera cistercien à Signy, " Il consacrera alors sa vie à la contemplation du mystère divin et à la rédaction d’écrits spirituels".


Le pape résume ainsi la pensée de ce grand homme: "La tâche fondamentale de tout être humain est donc d’apprendre à aimer. L’objet de cet amour est Dieu, Dieu-Amour. Suivant la théologie des Pères grecs, l’homme étant appelé à devenir par grâce ce que Dieu est par nature, cet apprentissage ne peut se faire qu’à l’école de Dieu. Guillaume de Saint-Thierry développe ainsi une pédagogie de l’amour où l’ascèse et l’effort humain ont leur place, mais où l’Esprit Saint joue le rôle principal en transformant en charité tout élan d’amour présent en l’homme."

Puis, " Dans ses considérations, Guillaume accorde une importance notable à la dimension affective de l’amour puisque Dieu doit être aimé par l’homme avec un cœur de chair. Il souligne aussi que « l’amour est principe de connaissance » et que Dieu ne peut être connu que s’il est aimé. L’enseignement de Guillaume de Saint-Thierry nous invite à faire un choix décisif qui donnera sens et valeur à tous nos autres choix : Aimer Dieu, et par amour de Lui, aimer notre prochain."

En quelques mots, nous est donné ce qui doit rester les lignes directrices de notre vie.

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 21:00
 

homme ressent un désir de l'infini, le bonheur est compris à la fois comme le but et la possibilité de combler ce désir. Rechercher le bonheur, c'est se tourner vers, s'orienter vers... mais la recherche du bonheur est particulière car on oriente toutes ses actions vers ce but mais on s'interroge en même temps sur les conditions, les moyens et sur la possibilité d'obtenir le bonheur. Cette quête du bonheur soulève un certain nombre de questions...



La recherche du bonheur est donc en premier lieu une interrogation: qu'est ce que le bonheur, quels sont ces caractères essentiels- quelque chose situé à l'extérieur de soi ou quelque chose au contraire à trouver au fond de soi? L'autre s'il est un obstacle à mon bonheur peut-il être écarté voire tué? Peut-on se servir de l'autre comme un simple moyen pour parvenir à SON bonheur ( caractère égoïste et individualiste de la quête du bonheur)? Le bonheur au contraire est-il forcément partagé (amour). Le bonheur est-il dans la liberté totale? Je suis heureux quand je fais ce que je veux! Peut-on définir le bonheur d'une manière universelle ou est-il forcément subjectif (le bonheur de l'un ne peut être le bonheur de l'autre).. On a tous  à première vue une conception différente de ce qui  rend heureux: peut-on définir par la raison un bonheur identique à tous?

Chercher c'est aussi chercher ce qui possible ou ce qui ne l'est pas! Ce qui me rendra réellement heureux ou non. C'est éviter la désillusion et les échecs.

Le bonheur est-il possible ici-bas? Ou doit-on forcément attendre l'éternité? Peut-on parvenir au bonheur dans une existence humaine ou est-on condamné à errer, à rechercher sans cesse le bonheur sans jamais y parvenir? Rechercher le bonheur n'est ce pas perdre son temps au lieu de profiter du temps présent?

Le bonheur n'est-ce pas seulement l'absence de souffrances, de douleurs. Si on évite le malheur alors on est heureux? Est-ce que le bonheur ne se confond pas avec le plaisir?


Toutes ces questions, les philosophes les ont posées. C'est le "comment vivre heureux". Par exemple, Sénèque ou Augustin ont écrit un livre intitulé De la vie heureuse. Comment vivre d'une façon plus heureuse, plus sensée ( sens de la vie et selon la raison) et plus libre?

Réponse qui se traduit différemment selon les époques: les libertins ( bonheur dans l'excès des plaisirs), les romantiques (dans l'absolu qui peut-être le malheur et la souffrance), aujourd'hui quête standardisée du bonheur (avec l'absence totale de douleurs et la satisfaction immédiate du plaisir).


Pour les Anciens, par exemple Platon:

  • tout le monde recherche le bonheur mais il faut éclairer les hommes sur la nature de ce bonheur. Pour lui, il s'agit de contempler le monde des Idées.

  • Pour parvenir à la contemplation- voie de la sagesse et de la philosophie. L'homme heureux est le sage, le philosophe.

  • Pour parvenir à bonheur, un chemin = la vertu.


Aristote- Ethique à Nicomaque,place le bonheur dans la contemplation, le sage est heureux lorsqu'il atteint la perfection dans l'exercice des vertus. Le bonheur se situe dans la vie présente. Le bonheur, c'est le bien suprême que tous recherche mais que seule une minorité parviendra à atteindre. C'est l'accomplissement parfait de la nature humaine. L'homme est heureux en accomplissant ce pour quoi il est fait. Mais l'activité de l'âme n'exclut pas les plaisirs sensibles. Il y a cohérence entre les deux. Raison et sensible s'articule harmonieusement pour l'homme vertueux.


Pour les stoïciens, Sénèque et Cicéron. Lien toujours entre bonheur et vertu. L'homme vertueux ne met pas son bonheur dans la chance, le plaisir, les biens extérieurs. Le bonheur n'est pas une conséquence de l'exercice de la vertu mais le bonheur est dans l'exercice même des vertus. Vie vertueuse conduit à une sorte d'indifférence, de paix et de tranquillité de l'âme qu'ils appellent l'ataraxie.


Pour les Epicuriens, le bonheur est dans le plaisir mais dans n'importe quel plaisir. Ce sont des matérialistes. Le bonheur est à trouver ici-bas. Vous pouvez lire la Lettre à Ménécée. Etat là encore de tranquillité et d'indifférence ( ataraxie).


Les utilitaristes: Stuart Mill, Bentham... reviennent sur la question du bonheur après l'éclipse kantienne. Le bonheur est ce le plus grand bien pour le plus grand nombre possible. Utile c'est-à-dire mesurer les conséquences pour celui qui produit cette action. Si l'action est utile = bonne. D'où l'intérêt pour la technique et son efficacité. Une action est bonne en fonction du bonheur qu'elle procure, en fonction de son utilité.


Pour la psychanalyse et certains courants psychologiques, le bonheur c'est avant tout l'acceptation de soi qui passe par la connaissance de soi ( inconscient, fantasmes, angoisses,...)


Une conception hédoniste: typique de nos sociétés occidentales contemporaines. Importance de l'instant, rien ne sépare l'individu de son bonheur. Le bonheur est un dû et il doit être obtenu tout de suite. Droit/devoir d'être heureux.

Je terminerai par un texte de Jean Paul II, extrait de son encyclique Veritatis Splendor où il traite de la question du sens en partant du grand texte moral: l'evangile du jeune homme riche.
" 7. « Et voici qu'un homme... ». Dans le jeune homme, que l'Evangile de Matthieu ne nomme pas, nous pouvons reconnaître tout homme qui, consciemment ou non, s'approche du Christ, Rédempteur de l'homme, et qui lui pose la question morale. Pour le jeune homme, avant d'être une question sur les règles à observer, c'est une question de plénitude de sens pour sa vie. C'est là, en effet, l'aspiration qui est à la source de toute décision et de toute action humaines, la recherche secrète et l'élan intime qui meuvent la liberté. En dernier lieu, cette question traduit une aspiration au Bien absolu qui nous attire et nous appelle à lui ; elle est l'écho de la vocation qui vient de Dieu, origine et fin de la vie humaine. Dans cette même perspective, le Concile Vatican II a invité à approfondir la théologie morale de telle sorte que son exposition mette en valeur la très haute vocation que les fidèles ont reçue dans le Christ , unique réponse qui comble pleinement le désir du cœur humain. (…)

«Maître, que dois-je faire de bon pour obtenir la vie éternelle?» (Mt 19, 16)

8. C'est du fond du cœur que le jeune homme riche adresse cette question à Jésus de Nazareth, question essentielle et inéluctable pour la vie de tout homme : elle concerne, en effet, le bien moral à pratiquer et la vie éternelle. L'interlocuteur de Jésus pressent qu'il existe un lien entre le bien moral et le plein accomplissement de sa destinée personnelle. C'est un israélite pieux qui a grandi, pour ainsi dire, à l'ombre de la Loi du Seigneur. S'il pose cette question à Jésus, nous pouvons imaginer qu'il ne le fait pas par ignorance de la réponse inscrite dans la Loi. Il est plus probable que l'attrait de la personne de Jésus fait naître en lui de nouvelles interrogations sur le bien moral. Le jeune homme ressentait l'exigence d'approcher Celui qui avait commencé sa prédication par cette nouvelle et décisive annonce : « Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à l'Evangile » (Mc 1, 15).

Il convient que l'homme d'aujourd'hui se tourne de nouveau vers le Christ pour recevoir de lui la réponse sur ce qui est bien et sur ce qui est mal. Le Christ est le Maître, le Ressuscité qui a en lui la vie et qui est toujours présent dans son Eglise et dans le monde. Il ouvre aux fidèles le livre des Ecritures et, en révélant pleinement la volonté du Père, il enseigne la vérité sur l'agir moral. A la source et au sommet de l'économie du salut, le Christ, Alpha et Oméga de l'histoire humaine (cf. Ap 1, 8 ; 21, 6 ; 22, 13), révèle la condition de l'homme et sa vocation intégrale. C'est pourquoi « l'homme qui veut se comprendre lui-même jusqu'au fond ne doit pas se contenter pour son être propre de critères et de mesures qui seraient immédiats, partiaux, souvent superficiels et même seulement apparents ; mais il doit, avec ses inquiétudes, ses incertitudes et même avec sa faiblesse et son péché, avec sa vie et sa mort, s'approcher du Christ. Il doit, pour ainsi dire, entrer dans le Christ avec tout son être, il doit " s'approprier " et assimiler toute la réalité de l'Incarnation et de la Rédemption pour se retrouver lui-même. S'il laisse ce processus se réaliser profondément en lui, il produit alors des fruits non seulement d'adoration envers Dieu, mais aussi de profond émerveillement pour lui-même » .

Si nous voulons pénétrer au cœur de la morale évangélique et en recueillir le contenu profond et immuable, nous devons donc rechercher soigneusement le sens de l'interrogation du jeune homme riche de l'Evangile et, plus encore, le sens de la réponse de Jésus, en nous laissant guider par Lui. Jésus, en effet, avec une délicate attention pédagogique, répond en conduisant le jeune homme presque par la main, pas à pas, vers la vérité tout entière."

Dans la morale chrétienne, le bien et le mal ( l'agir moral par conséquent) et la quête du bonheur s'éclairent dans et par le Christ. Encore un appel à se mettre à l'écoute de la Parole de Dieu! Ce qui est premier, c'est la recherche de l'homme, son questionnement sur le sens de l'existence. Déterminons ce but et tout notre agir moral en découlera. La loi morale ne vient qu'après une connaissance, une expérience personnelle plus ou moins consciente de Dieu comme le dit si justement la Commission Biblique Pontificale. Le Christ éclaire le sens de notre destinée. Comme le jeune homme riche, allons à sa rencontre, interrogeons-Le (il lui pose la question morale par excellence, la même que Kant "que dois-je faire?"),  marchons à sa suite vers "la vérité toute entière."

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 21:04
a quête du bonheur est une interrogation et surtout un désir

Ce désir s'inscrit au plus profond de son être, au plus profond de son affectivité. Comme un trou à combler en son être.

De nombreux textes bibliques se réfèrent à ce désir fondamental chez l'homme. On peut penser au Cantique des Cantiques, aux psaumes «  Comme une biche altérée sans eau, mon âme à soif de Toi... » ou encore dans l'Apocalypse 22, 17 (un des derniers versets): «  L'Esprit et l'Epouse disent: «  Viens ». Que celui qui entend dise: «  Viens: » Et que l'homme assoiffé s'approche, que l'homme de désir reçoive l'eau de la vie, gratuitement. »

L'homme est un être de besoins et de désirs.  C'est une définition qui nous vient des philosophes, de la biologie... etc. L'homme est habité par le manque et il agit pour satisfaire, combler ce manque.

Mais, il y a des différences de qualité entre les besoins. Epicure par exemple distinguait les besoins nécessaires et les besoins vains. Dans les besoins nécessaires ceux nécessaires au corps, à la Vie...

L'homme a besoin en effet de boire, manger, dormir. Puis à un autre stade, de se reproduire pour la continuité déjà de l'espèce, de survivre ( défense...). Puis, il a besoin de culture, de nourriture intellectuelle et de nourriture spirituelle... La technique, l'art, les sciences, la religion sont autant de réponses à des besoins divers qui s'entremêlent. Ces derniers sont activités qui répondent des besoins qui n'ont plus rien à voire avec les besoins nécessaire naturels et que l'on ne retrouve du reste pas chez les mammifères proches des hommes.


L'homme est un être de besoins et de désirs jamais satisfaits.
Le désir comblé ne satisfait pas l'homme en général mais appelle un autre désir. L'homme est insatiable à la différence des autres mammifères. Si l'on prend la boisson ou la nourriture par exemple, un animal ne prendra pas d'aliment ou ne boira pas s'il n'a plus soif. L'homme au contraire, pourra goûter un bon verre de vin si on lui en propose un même s'il n'a pas soif. Idem pour un plat gastronomique...

Il s'agit donc chez l'homme d'un type de désir bien particulier: manque, rebondissement ou escalade du besoin... Une sorte d'état d'insatisfaction continuel. La psychologie moderne et contemporaine l'ont bien montré.

La théologie affirme qu'il s'agit plus que d'un sentiment ou d'une donnée psychologique purement humaine mais que c'est une « trace » de la création de l'homme à l'image et à la ressemblance de Dieu. Dieu à la création a inscrit ce désir, le désir de Dieu au plus profond de l'être humain. Ce désir est une marque du Créateur. C'est un appel à l'infini dans notre être fini (désir de l'infini qui sera pour certains philosophes le moyen de prouver l'existence de Dieu: comment le fini pourrait-il porter en lui l'idée, la trace de l'infini si l'infini n'existait pas? Le fini ne peut inventer l'infini...). L'homme porte en lui le désir de l'infini et il ne peut combler ce manque, cet appel avec des éléments finis aussi nombreux soient-ils.


C'est pourquoi ce désir de l'homme est nommé dans les théologies comme le désir de Dieu.

L'homme dans sa nature est fait ainsi: il ne peut que rechercher plus loin, plus haut, plus profondément. Il aspire à l'infini, à la plénitude. Cet état où il sera COMBLE dans ses désirs, sans en rechercher d'autres, l'homme l'appelle le bonheur. Je n'attends plus rien d'autre.

(Il faut bien définir ce bonheur aussi concrètement.... sinon dans l'existence, grosse remise en question, angoisses. Si mon bonheur c'est une vie professionnelle. J'atteins ma vie professionnelle, j'atteins mon but: que me reste-t-il? Je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas satisfait, pourquoi ne suis-je pas heureux? J'ai tout ce que je désirais? Métier, vie familiale, enfant. La même question peut se poser à propos du mariage qui n'est pas une fin en soi. Il faut donc établir une échelle de "valeurs"...

Or dans notre foi chrétienne, nous le disions, il y a un déplacement, on ne recherche pas le bonheur en soi mais on recherche Dieu, le bonheur n'est donné qu'en surplus, en grâce. De même, nous ne vivons pas pour un ensemble de valeurs mais nous vivons, nous croyons en une personne: le Christ de qui découlent un certains nombres de valeurs. On ne choisit pas des valeurs, on choisit de suivre le Christ!


Ce désir peu s'inscrire dans une « nostalgie »: nostalgie d'un bonheur perdu à retrouver, pour les chrétiens, c'est le jardin d'Eden perdu, pour les mythologies anciennes, ce sont les temps de l'âge d'or, pour les platoniciens, c'est le temps où l'âme n'était pas encore prisonnière de ce corps et connaissait la vérité... etc. Je suis nostalgique d'une période passée de ma vie (enfance, jeunesse...)

Mais le désir et le bonheur, c'est aussi une espérance et une promesse pour nous croyants. Ce n'est pas surtout quelque chose qui se situait au départ, au commencement et que l'on aurait perdu (sans pouvoir le retrouver ou que l'on recherche à tout prix) mais quelque chose qui se situe à la fin. La visée et donc ce qui donnera sens à notre existence.

Comme ce bonheur semble inaccessible, certains n'y voient qu'un mensonge, un rêve, une chimère ou encore, pour citer Marx « l'opium » qui endort le peuple... on lui fait miroiter un bonheur dans l'éternité pour qu'il n'agisse pas ici-bas, pour qu'il n'essaie pas d'être heureux ici et maintenant!

« Elle est l'opium du peuple. L'abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple, c'est l'exigence de son bonheur véritable. Exiger de renoncer aux illusions relatives à son état, c'est exiger de renoncer à une situation qui a besoin de l'illusion. La critique de la religion est donc dans son germe la critique de la vallée des larmes, dont l'auréole est la religion. »

Idée que l'on retrouvait déjà dans la littérature, écouton Flaubert: «  Le bonheur est un mensonge dont la recherche cause toutes les calamités de la vie. ». Les exemples pourraient se multiplier à l'infini...


La critique faite à certains totalitarisme est de proposer justement un bonheur artificiel, tout « fabriqué » qui endort les consciences. Cf. Tocqueville:

«  Au-dessus de ceux-la s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages ; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? C'est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l'emploi du libre arbitre ; qu'il renferme l'action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu a peu chaque citoyen jusqu'à l'usage de lui-même. »

Ici, quel définition du bonheur? On voit et on y reviendra que la question du bonheur est liée intimement à celle de la liberté.


Ce désir engendre de la souffrance
. De part déjà de la tension qui résulte entre bonheur perdu et bonheur atteindre et d'autre part parce que la plénitude semble impossible à atteindre par ses simples forces. Or Dieu se sert de cette aspiration de l'homme pour entrer en relation avec lui, l'homme trouve Dieu dès qu'il se met en recherche...


Nous verrons dans une prochaine note la réponse des philosophes et de quelques grands théologiens. Pour approfondir cette question: lisez Jean-Louis Bruguès, Précis de théologie morale, tome 2, "Anthropologie morale: Bonheur, liberté, conscience" aux Editions Parole et Silence dont je me suis largement inspirée pour le plan et le contenu de cette note.

 
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