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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 14:32

J.pnge ne commenterai guère pour ne pas dire pas ce court texte extrait de la catéchèse de Benoît XVI pour l'entrée en Carême 2013. Je livre à votre méditation cet extrait:

 

"Chers frères et sœurs, nous commençons aujourd’hui le Carême, quarante jours de préparation à Pâques. Le nombre quarante revient plusieurs fois dans la Bible.

Dans cette catéchèse, je voudrais m’arrêter sur les quarante jours que Jésus a passés au désert, tenté par le démon.

Ses tentations invitent chacun de nous à répondre à cette demande fondamentale : qu’est-ce qui compte vraiment dans notre vie ? Sans une réponse à la faim de vérité et de Dieu, l’homme ne peut pas se sauver. Ce n’est pas le pouvoir mondain qui sauve le monde, mais le pouvoir de la croix, de l’humilité et de l’amour. Dieu est le Seigneur de toute chose. Il ne peut pas être instrumentalisé, utilisé pour nos propres intérêts, autrement nous nous substituons à lui. La société actuelle soumet le chrétien à plusieurs épreuves qui touchent sa vie personnelle et sociale. La tentation est toujours présente ; le sacré s’éclipse.

Toutefois, la grâce de Dieu continue d’opérer des merveilles dans la vie de beaucoup de personnes qui se convertissent ou qui reviennent à Dieu. Se convertir, c’est faire de telle sorte que la vérité, la foi en Dieu et l’amour deviennent chaque jour la chose la plus importante pour nous."

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Published by Jacquotte - dans Catéchisme
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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 14:24

N.pngous entrons aujourd’hui, mercredi des cendres, en Carême pour 40 jours. C’est un temps privilégié pour faire le point dans notre vie, en particulier spirituelle. C’est un temps d’ascèse ou encore de combat spirituel. Les textes du Nouveau Testament et ceux des pères aimaient recourir à l’image des athlètes, du stade. Le combat nécessite  préparation et exercices. Si nous luttons avec le Christ contre les forces du mal, il s’agit pour nous essentiellement de ce qu’on appelle une psychomachie c’est-à-dire du combat contre les vices par les vertus.

Je vous propose donc aujourd’hui, une petite lecture plus spirituelle. Il s’agir de la 5ème conférence de Jean Cassien. Ce texte est disponible aux éditions du Cerf, collection Sources Chrétiennes ou plus simplement sur le site des Vrai Chrétiens Orthodoxes, vous y trouverez une mine de textes des pères de l’Eglise ( St Jean Cassien, St Jean Climaque…).

            Qui est Jean Cassien ?  C’est un moine du IV et Vème siècle. On le situe entre 360 et 435. C’était un homme très cultivé, de bonne éducation qui maîtrisait totalement le grec et le latin, en particulier Virgile. Il apprend la vie monastique d’abord en Palestine à Bethléem puis se rend dans les monastères égyptiens. On sait qu’il s’est rendu à Rome pour voir le pape Innocent, qu’il rencontre le futur pape saint Léon puis prend la route pour Marseille où il fonde deux monastères. Il cherche à organiser le monachisme en occident  déjà établit à Lérins. C’est sur les conseils de l’évêque d’Apt, Castor, qu’il rédige ses Institutions et ses Conférences. Il inspirera fortement St Benoît. Dans ces textes, il traite particulièrement de la question des vices et du moyen pour le moine de les combattre.

            Quels sont ces vices ?  Les vices sont au nombre de 8 pour les pères. Ils ont été classés et analysés au départ par Evagre le Pontique et Cassien. Aujourd’hui, on les nommerait les  7 péchés capitaux. Voilà ce que nous en dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) au n° 1866 : « Les vices peuvent être rangés selon les vertus qu’ils contrarient, ou encore rattachés aux péchés capitaux que l’expérience chrétienne  a distingué à la suite de S. Jean Cassien et de S. Grégoire le Grand (in  moralia). Ils sont appelés capitaux parce qu’ils sont générateurs d’autres péchés, d’autres vices. Ce sont l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, l’impureté, la gourmandise, la paresse ou acédie. »

Il est donc bien nécessaire de comprendre les « péchés capitaux » non comme des péchés au sens stricto sensu mais comme des vices, des habitus mauvais ou si vous préférez comme des pensées mauvaises ou mêmes des mauvais esprits. Si ce sont les pères qui établissent les premières distinctions et classifications, les catalogues des vices sont déjà présents dans la tradition néo-testamentaire en particulier chez saint Paul. Hermas dont nous avons déjà parlé avaient déjà établit une première liste des vices en décrivant de manière très pertinente comment ils s’engendrent. Les vices sont de sortes de failles en nous qu’il nous faut connaître et guérir au risque de les voir s’élargir et de sombrer dans le péché. Les tentations, épreuve type de la vie spirituelle, se situent en général au niveau de ces failles. Malgré la grandeur et la dignité de l’homme, la nature humaine est blessée et la croissance spirituelle nécessite lutte et action de la grâce. Le but cependant n’est pas simple équilibre intérieur, développement personnel ou perfectionnement humain. Le but est bien de nous départir de cette pesanteur du mal qui nous englue pour parvenir à Dieu. Le but est l’union à Dieu.  Toute vie spirituelle  prend sa source dans la foi. C’est un progrès permanent, incessant… Voilà pourquoi le Carême revient aussi chaque année ! St Augustin écrivait même que celui qui ne progresse pas, tombe pour ne pas dire régresse. Le Carême est donc bien ce temps privilégié pour nous « réveiller » et nous remettre en route… Il s’agit de gravir la montagne des béatitudes (vertus) pour parvenir à Dieu, à la vision de Dieu : « Heureux ! Ils verront Dieu ! »

            Pourquoi 8 vices ? Pourquoi 7 péchés capitaux ?  Les pères ont plutôt opté pour le nombre 8. En fait, cela correspond aussi à toute une symbolique. Le 7 nous fait penser aux 7 sacrements, aux 7 dons de l’Esprit, aux 7 demandes du Pater, aux 7 béatitudes selon saint Augustin qui justement sont contrariés par 7 vices. Cassien explique le  choix du chiffre 8 à partir de la Bible. C’est au numéro 16 de sa 5eme Conférence : «  Ces vices sont figurés par les sept peuples dont Dieu promit de donner les terres aux enfants d’Israël, lorsqu’ils sortirent d’Egypte. » et au numéro 18 : «  Tout le monde s’accorde à dire qu’il à huit vices principaux qui attaquent les moines. Si l’Ecriture ne nomme pas toutes les nations qui les figuraient, c’est que Moïse, ou plutôt Dieu par Moïse, parle dans le Deutéronome, aux Israélites, qui étaient déjà délivrés d’une nation puissante, c’est-à-dire des égyptiens. ». 8 vices donc  (et même au n° 22, Cassien dit que l’on pourrait ajouter deux vices, l’idolâtrie et le blasphème, en prenant alors comme référence les 10 peuples dont il est question avec Abraham) qui sont a chassé de notre cœur : «  Chaque vice a dans notre cœur une place particulière et pour mieux s’établir à l’intérieur de notre âme, il en chasse Israël, c’est-à-dire les contemplations des choses saintes, et il ne cesse pas de lui faire la guerre. Les vertus ne peuvent s’accorder avec les vertus. »  (n°23)

Ces vices en réalité engendrent une multitude d’autres vices.  Mais ici, il s’agit des  8 vices principaux   qui sont à la cause de tous les autres.  Cassien montre au n°16 comment ces « péchés capitaux » engendrent les autres, comment ils sont à la racine des tous les autres maux qui nous assaillent et nous habitent : « De la gourmandise naissent les excès de la table et de l’ivrognerie ; de l’impureté, les paroles déshonnêtes, les bouffonneries, les railleries et les impertinences ;  de l’avarice, le mensonge, la fraude, le vol, le parjure, le désir des profits honteux, les faux témoignages, la violence, l’inhumanité et les rapines ; de la colère, l’homicide, les cris de l’indignation ;  de la tristesse, la rancune, la faiblesse, le chagrin, le désespoir ;  de la paresse, l’oisiveté, la somnolence, l’ennui, l’inquiétude, le vagabondage, l’instabilité du corps et de l’esprit, le bavardage et la curiosité ; de la vaine gloire, les disputes, les hérésies, la jactance, l’amour des nouveautés ;  de l’orgueil, les mépris, l’envie, les désobéissances, les blasphèmes, les murmures et les médisances. »

            Il s’agit avant tout de connaître les vices, de comprendre leurs mécanismes pour mieux les combattre.  Au début de tout chemin spirituel, il y a la vertu d’humilité, sans doute parce que nous avons chutés par orgueil.  C’est la première des béatitudes, la pauvreté de cœur. L’humilité est lucidité ( le démon n’est-il pas le mère du mensonge ?), clairvoyance… C’est un regard vrai poser sur soi-même. Nous ne sommes pas en effet affectés par tous les vices de la terre. Il nous faut déjà apprendre à nous connaître mais uniquement à la manière de Socrate. C’est se regarder en vérité devant Dieu, devant le Christ qui est lumière et vérité. C’est parvenir à répondre à la question que Dieu pose à Adam après la chute : « Où es-tu ? ». En effet, où en sommes –nous ? Où voulons-nous aller ?  Souvent, nous avons l’impression qu’il est inutile d’aller nous confesser car nous « confessons » toujours les mêmes fautes…. Et bien, n’est pas révélateur de la « faille » qui nous habite ? Quel vice se cache derrière ce continuel péché ? Le déceler c’est parvenir à le combattre. Voilà ce qu’écrit Cassien au n°13 et 14 : « Tous les vices tourmentent les hommes, mais non pas de la même manière. Dans les uns, c’est l’impureté qui tient le premier rang ; dans les autres, c’est la colère qui domine. La vaine gloire tyrannise ceux-ci, tandis que ceux-là sont esclaves de l’orgueil ; tous sont exposés aux attaques de toutes les passions, mais chacun à sa maladie particulière.

Dans les combats que nous avons à livrer à ces vices, il faut examiner celui qui nous est le plus redoutable, et diriger contre lui toute notre attention, tous nos efforts. C’est vers cet ennemi qu’il faut lancer, comme des traits, nos jeûnes de chaque jour, nos soupirs, nos gémissements, nos vertus, nos méditations, adressant à Dieu nos prières et nos larmes, afin d’en obtenir la paix et la victoire (….) Lorsqu’on est délivré d’une passion, il faut chercher de nouveau dans les secrets de son cœur celle qui nous tourmente davantage, et diriger contre elle toutes les armes de notre âme, c’est en surmontant toujours les plus fortes, que nous triompherons plus facilement des autres, car l’âme se fortifie par cette suite de victoires, et les vices plus faibles cèdent au moindre combat. »

En ce début de Carême, il s’agit donc de se rendre dans notre chambre ( notre cœur, notre âme) et sous le regard de Dieu d’oser se regarder en vérité. Nous y découvrirons nos principaux vices mais aussi nos « talents » sur lesquels nous pourrons nous appuyer pour vaincre. Une fois connu, il sera plus facile de choisir nos efforts de Carême : jeûne, aumône et prière en fonction du vice à combattre. En s’attaquant au vice, nous cherchons à nous attaquer à la racine pour être certain de vaincre le péché qui en découle. Cassien utilise deux images pour expliquer cela, au n° 10 : « Le plus facile moyen de faire mourir et sécher un grand arbre dont l’ombrage est nuisible, c’est d’en découvrir et d’en découper les racines qui le supportent ; et pour arrêter l’eau qui désole une campagne, il faut en boucher la source et les ruisseaux. »

« Ainsi, pour vaincre la paresse, il faut surmonter le tristesse ; pour bannir la tristesse, il faut chasser la colère ; pour bannir la colère, il faut étouffer l’avarice ; pour arracher l’avarice, il faut comprimer l’impureté ; pour détruire l’impureté, il faut chasser l’intempérance. »

Cassien décrit aussi avec beaucoup de psychologie et de pertinence les différents vices en montrant par exemple qu’il existe trois sortes de gourmandise, celle qui consiste à se hâter et à manger avant l’heure fixée, la seconde à manger avec excès et à se plaire dans la quantité de plats et enfin à désirer et rechercher mets et plats délicats. Je vous conseille de lire ces §, ils sont très instructifs.

Retenons surtout que pour combattre les vices, il nous faut déjà les connaître, les débusquer. Que ce combat nécessite nos efforts mais surtout l’aide et la grâce de Dieu. Nous pouvons les vaincre par la prière, le jeûne, la méditation de la Parole de Dieu, le chant des psaumes… En sachant surtout que le principe de base doit rester la charité.  Nous devons aussi faire croître en nous les vertus qui elles aussi progressent. Terminons sur cet extrait du n°23 : « Mais lorsque Israël, c’est-à-dire les vertus, ont triomphé des vices qui leur sont contraires, elles occupent les terres. La chasteté remplace dans notre cœur l’impureté ; la patience dissipe la colère ; une joie salutaire et parfaite chasse la tristesse qui causai t la mort, et l’humilité relève ce qu’avait abattu l’orgueil. Ces vertus méritent  bien d’être appelées les enfants d’Israël, c’est-à-dire nos âmes qui voient Dieu. »

 

BON CAREME !

 

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 14:44

A.png

la veille de la fête de Notre-Dame de Lourdes où chaque année des millions de malades prient la Vierge Marie, l’Eglise nous propose un « dimanche de la santé ».

C’est l’occasion pour nous de réfléchir à des notions très importantes en morale : le bien et le mal… Qu’est-ce que le bien ? Qu’est ce que le mal ? Je vous renvoie aux articles « bien » et « mal » du théologien Bruguès dans son Dictionnaire de Morale Catholique que je suivrai ici dans les grandes lignes.

            Le Bien n’est pas une notion univoque. Dans la Bible, un seul est Bon : Dieu. La création participe à la bonté divine : «  Et Dieu vit que cela était bon ! » L’homme pour trouver Dieu, participer à sa vie divine et ainsi être heureux doit répondre à l’alliance de Dieu de manière libre, consciente et volontaire. Il existe donc une bonté morale. L’homme bon est l’homme juste qui marche dans les voies du Seigneur, qui lui est fidèle et qui suit les commandements. La quête du bien s’inscrit dans le cadre d’une lutte contre les forces du mal. Pour l’homme il s’agit de combattre avec le Christ car c’est avant tout le combat du Christ, victorieux de la mort et du péché par son Incarnation, Passion et Résurrection. L’homme reçoit ainsi l’Esprit Saint et s’il vit dans l’Esprit, il peut alors « porter des bons fruits »,  faire de « bonnes œuvres » et vaincre ainsi le mal par le bien.

D’un point de vue philosophique, on peut comprendre de deux grandes manières cette notion de bien. D’un point de vue « essentialiste » en partant de l’être ou au contraire en partant du « sujet ». Ces deux conceptions conduisent à des morales différentes. Dans le premier cas, le bien est en quelque sorte une propriété transcendantale de l’être. Le bien comme on l’a déjà vu se présente alors à l’intelligence comme vrai et à la volonté comme désirable, aimable. La possession du bien procure délectation et joie. Une chose est dite bonne aussi dans la mesure où elle permet un accomplissement de soi en tant qu’elle permet de devenir soi-même, ce qu’on doit être. Il est bon de noter que l’on distingue des biens relatifs et un bien dernier/ultime qui sera identique pour tous les hommes. Le bien en  général selon cette conception est comprise comme plénitude de l’être en accord (plein) avec sa nature. Nous comprendrons mieux ce point lorsqu’on parlera du mal. Le bien moral qui renvoie à l’agir humain est compris à travers ses « sources » : objet, circonstances, intention…

Selon l’autre conception, le bien se rapporte au sujet. En quelque sorte, le bien est relatif au sujet. L’acte, la situation sont perçues comme bonnes si le sujet les perçoit comme nécessaire, convenables, utiles, agréables. Les actes sont plutôt conçus comme « convenables » ou «  non recevables » que « bons » ou « mauvais ». Les théologiens qui suivent cette ligne de pensée introduisent alors la notion d’option fondamentale dont Jean Paul II parle aussi dans Veritatis Splendor.

            Le mal.  Question philosophique par excellence, le mal est un scandale pour notre raison. Pourquoi le mal ? St Augustin dans ses Confessions, au livre VII entre autres, réfléchit sur cette question : pourquoi le mal ? Comment le mal ? Dieu et le mal peuvent t’ils exister ensemble ? Si le mal existe, comment conserver la toute puissance de Dieu ? Nous ne répondrons pas à ces questions redoutables et profondes dans cet article mais il s’agit de bien saisir combien le mal déstructure, désoriente l’homme pour reprendre des expressions de M.J Thiel et X.Thévenot dans Pratiquer l’Analyse Ethique. C’est une dé-création, un profond dysfonctionnement.  Le mal est un non-être qui pourtant existe, nous faisons tous l’expérience du mal et de ses dérivés telle que la souffrance. Le mal existe et il est plutôt privation de l’être. Une absence de perfection qui devrait être là par la nature même de l’être. Il est à la fois irrationnel et injustifiable. Il blesse, corrompt, diminue l’être. Derrière l’expérience du mal pointe l’expérience de l’absurdité voire la possibilité du suicide compris comme suppression du mal et de la souffrance.  

Cependant le mal recouvre encore bien des réalités différentes, pensons à tous ces dérivés sémantiques : maladresse, malaise, maladie, mal-être, malchance, malheur…. Le mal se définit bien par son contraire, ce qu’il « enlève ».

Le mal, la souffrance poussent l’homme à s’enfermer en lui-même. Si l’amour, le bien ont pour caractéristiques d’ouvrir à l’Autre, de se répandre, de tendre vers le don ; la souffrance pousse à l’enfermement. Ce n’est pas pour rien si au XXeme, nous avons pensé l’enfer plutôt comme un « huis-clos » qu’une fournaise géante. Mais, comme le note encore une fois les moralistes Thévenot et Thiel, s’ouvre avec l’expérience de la souffrance, paradoxalement, un intense dialogue intérieur comme une recherche ultime et désespérée de l’autre, de l’Autre ?

La figure biblique de Job peut nous éclairer. Job, homme bon et fidèle va connaître sans raison toute une série d’ épreuves, de souffrances… Epreuves d’autant plus difficiles et compréhensible que Job est un « innocent »… Spontanément, nous nous révoltons. Après le temps des doutes, de la colère, des pleurs, de  prières, de cris… Dieu qui semblait absent surgit  à nouveau, Il entre en dialogue avec Job et là, Il ne donnera aucune explication sur le mal ( peut on expliquer, justifier le mal ???)  mais sera présent, accompagnera Job. C’est cette présence qui va permettre à Job de s’ouvrir à nouveau à la vie, de se reconstruire, d’avancer…

 

On distingue plusieurs types de mal :

-          Un mal physique : celui qui est subit par l’homme. Ce sont les douleurs, les souffrances d’ordre physique mais aussi psychiques…

-          Un mal moral : celui causé par l’homme. C’est un mal volontaire, issu de la liberté humaine. C’est le résultat d’une action humaine et l’homme en est donc responsable.  L’acte mauvais peut se distinguer de la faute (philosophie) ou du péché (théologie). L’acte se dit mauvais selon l’objet, les circonstances et l’intention.

-          Un mal « métaphysique » : C’est une sorte d’imperfection originelle de la créature humaine ( en tant que créature finie qui a des limites/faiblesses) qui la rend sujette à l’erreur, à la faute et au péché.

-          Un mal ontique :  certains parlent de mal pré-moral. Il s’agit d’une absence d’un bien dû à la nature.

 

Ces distinctions ont un intérêt. Voici quelques pistes de réflexions issues de ces dernières…

Souvent dans les questions d’ordre éthique, on confond le mal moral/la question morale avec le mal ontique. La maladie est un mal ontique. Ainsi le SIDA n’est pas une question morale, en tant que maladie, que mal, le virus est à combattre. En revanche, la prise en charge du patient, l’expérimentation possible de médicaments sur un individu … etc. peuvent soulever des problèmes moraux.

            La maladie en tant que mal ontique est à combattre car c’est une privation de l’être, de l’intégrité physique dû à la nature humaine mais il ne faut pas oublier cependant que la santé n’est pas le tout du salut comme l’écrit Xavier Thévenot. Le corps est une dimension fondamentale de la personne humaine mais elle n’est pas le tout de la personne. Si la personne se réduit à l’intégrité physique ou intellectuelle, de fait, les personnes en coma végétatif, les personnes handicapées mentales ne seraient plus des « personnes »…

Il ne faudrait pas confondre « être » et « bien-être ». La suppression de la souffrance, de la maladie ne peuvent pas conduire à la suppression de l’être…. L’être est plus important. Cela pourra nous aider pour nos réflexions sur l’euthanasie ou l’IMG (Interruption Médicale de Grossesse).

            On pourrait en prendre conscience à travers le principe de totalité qui est un des grands principes de la moralité pour nous aider à discerner. Il s’agit de la possibilité de sacrifier une « partie » pour le bien de la totalité. Par exemple, ablation d’un membre gangréné pour sauver la vie de la personne. En sachant bien évidement qu’une personne humaine n’est jamais une partie ( par exemple d’une société, d’un état…).

            Une autre question surgit, peut-on moralement autoriser la transplantation d’organes dans la mesure où on « enlève », on « prive » un corps sain de son rein par exemple ? Est-ce un acte bon ? Vous me direz « oui » spontanément car dans ses circonstances on prélève un organe pour « sauver une autre vie »… Oui mais la fin, aussi bonne soit-elle, ne justifie pas un moyen mauvais ? Le prélèvement d’organe est-il « mauvais » ou « bon » ?

Il nous faut donc bien réfléchir sur ces questions car des évidences finalement ne sont pas aussi « claires » que cela…

            N’oublions pas qu’il nous faut accueillir nos faiblesses, nos limites… Le péché de l’homme est fondamentalement péché d’orgueil, cette enflure de l’âme qui nous fait oublier notre dépendance à notre Créateur… Il est sans doute plus facile de « montrer » la différence pour l’éloigner de nous. Ces « monstres » (malades, handicapés) rendus tellement différents de nous sont ainsi plus facilement « éliminables ». Nous nous protégeons ainsi.

Ce qui fonde notre dignité humaine prend sa source dans le fait que nous avons été créés à l’ « image et à la ressemblance » de Dieu. Cette image est inaliénable quelque soit la vie que nous menons (et oui même Hitler est créé à l’image de Dieu et conserve cette image ) ou les blessures physiques et psychiques, intellectuelles qui nous « défigurent », nous « diminuent ». Si nous devons soigner toutes souffrances, toutes maladies n’oublions pas qu’il  nous faut essentiellement soigner « notre ressemblance » divine celle qui grandit ou qui décroit en fonction de notre agir libre et volontaire soit notre agir moral.  Profondément, ce qui blesse l’homme c’est le péché !

 

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 17:53

R.pngeprenons notre réflexion sur l’AMP (l’Assistance Médicale à la Procréation). Pour nous aider dans notre questionnement, il existe des textes magistériels qui peuvent nous éclairer : l’encyclique Humanae Vitae de Paul VI qui ne traite pas des ces questions mais qui nous aide à comprendre la vision de la sexualité et de la procréation pour l’Eglise ainsi que celle Jean Paul II Evangelium vitae; Familiaris Consortio pour mieux comprendre le sens de la famille, du couple, de l’amour conjugal; l'instruction Donum vitae  qui a été remise à jour à travers le texte de 2008, Dignitas Personnae. Ce dernier document sera l’objet de notre propos.

 

Il s’agit d’une « instruction » publiée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Elle s’appuie sur le texte Donum Vitae mais prend en compte les nouvelles avancées scientifiques et techniques et les questions éthiques qui en découlent.

« 3. L'Eglise catholique, en proposant des principes et des jugements moraux sur la recherche biomédicale dans le domaine de la vie humaine, s'appuie tant sur la lumière de la raison que sur la foi, en contribuant à élaborer une vision intégrale de l'homme et de sa vocation. Ceci témoigne de sa capacité à accueillir tout ce qui émerge de bon dans les œuvres des hommes et dans les diverses traditions culturelles et religieuses, qui ont souvent un grand respect pour la vie.

Le Magistère tient à encourager et à exprimer sa confiance envers ceux qui considèrent la science comme un précieux service pour le bien intégral de la vie et pour la dignité de chaque être humain. C'est avec espoir que l'Eglise regarde donc la recherche scientifique, et souhaite que de nombreux chrétiens se dédient à la promotion de la biomédecine pour témoigner de leur foi. (…) Enfin, elle veut être présente aux côtés de toute personne souffrante dans son corps et dans son âme, pour offrir non seulement un réconfort, mais aussi la lumière et l'espérance, à travers lesquelles la maladie ou l'expérience de la mort retrouvent un sens. Ces situations appartiennent de fait à l'existence de l'homme et marquent son histoire, en l'ouvrant au mystère de la Résurrection. »

 

Comment se présente ce texte ? « Elle comprend trois parties: la première rappelle certains aspects anthropologiques, théologiques et éthiques de grande importance ; la seconde affronte les nouveaux problèmes liés à la procréation ; la troisième se penche sur les nouvelles propositions thérapeutiques impliquant la manipulation de l'embryon ou du patrimoine génétique de l'homme. »

Nous ne nous arrêterons pas à la première partie qui est cependant capitale et que je vous invite à lire (vous pouvez trouver très facilement le texte en ligne) pour nous concentrer sur la deuxième partie qui traite de l’AMP.

 

Le n°12 rappelle les trois valeurs fondamentales que doivent respecter les traitements de l’infertilité. C’est très important car souvent on pense que l’Eglise rejette des techniques (contraception, PMA…) parce qu’elles sont « artificielles » et qu’Elle ne prône que le « naturel ». La question n’est pas déjà sur la technique à proprement parlé mais sur la finalité et sur le respect de la dignité et de la vocation humaine.  

 Voici ces trois valeurs :

 « a) le droit à la vie et à l'intégrité physique de tout être humain depuis la conception jusqu'à la mort naturelle ;

b) l'unité du mariage qui implique le respect mutuel du droit des conjoints à devenir père et mère seulement l'un à travers l'autre ;

 c) les valeurs spécifiquement humaines de la sexualité, qui «exigent que la procréation d'une personne humaine doit être poursuivie comme le fruit de l'acte conjugal spécifique de l'amour des époux » »

 

Ces trois valeurs permettent déjà de faire une première distinction dans les techniques.  Celles qui utilisent des donneurs et que l’on appelle « hétérologues » et les techniques « homologues » c’est-à-dire entre conjoints. De fait, ces techniques ne soulèvent pas les mêmes problèmes éthiques et posent la question de la filiation  dans le cas de donneur de gamètes ou d'embryon. L’Eglise refuse toutes les techniques hétérologues, en revanche « sont permises les techniques qui sont comme une aide à l'acte conjugal et à sa fécondité ».

Bref, sont autorisées toutes les techniques qui vont aider l’acte conjugal. Cela regroupe essentiellement les techniques qui permettent de lever l’obstacle à la fécondité naturelle : traitement hormonal, intervention chirurgicale au niveau des trompes, traitement de l’endométriose… (cf n°13).  Il s’agit d’un acte thérapeutique où le médecin n’intervient pas au niveau de l’acte sexuel conjugal.  Le texte en profite pour insister sur le fait qu’il faudrait faciliter les démarches d’adoption et favoriser le dépistage de l’infertilité et développer les moyens de prévention contre la stérilité.

Les autres techniques non seulement font intervenir un tiers mais déstructurent l’acte procréateur en le séparant de l’acte sexuel. Cela peut vous paraître une remarque théorique mais on a pu constater que les couples dans la mesure du possible cherchaient alors à avoir un rapport sexuel au plus près de l’intervention pour « faire comme si » le bébé naîtrait de celui-ci et non de la main d’un autre.  Il est clair qu’aucune intimité n’est réservée au couple dans ces techniques. Dignitatis Personae en reconnaissant la souffrance des couples et leur désir d’enfant attire l’attention sur le fait qu’il ne faut que l’enfant à naître ne  devienne simple  « production »…

 

Les PMA peuvent faire intervenir un  ou plusieurs « tiers » (technique, médecin, donneur…). Or, il ne faut jamais oublier que la procréation n’est pas un simple acte biologique. C’est un acte personnel, conjugal qui est un acte qui engage la personne toute entière d’une manière libre et responsable… La procréation est  et doit restée la tâche exclusive, personnelle, essentielle du couple humain.

« Or plus il y a de tiers (et ces tiers sont en partie liés les uns aux autres), plus on s’éloigne de la perspective d’accomplissement d’un couple en demande d’enfant, plus l’AMP risque d’être déshumanisante et donc éthiquement critiquable. » (cf. M.J.Thiel, « questions éthiques autour de l’Assistance Médicale à la Procréation).

Cette dimension du « tiers » est très importante dans le domaine éthique.

 

Quelles sont les différentes techniques ?

-          IAC et IAD c’est-à-dire les Insémination Artificielle avec Donneur ou entre Conjoint.  C’est la technique la plus ancienne testée sur l’être humain (1785).  Il existe aussi plusieurs techniques pour prélever le sperme. L’insémination a lieu soit pendant l’ovulation spontanée/naturelle soit par ovulation provoquée par traitement hormonal. Selon les obstacles que l’on veut « surmonter », le sperme n’est pas déposé au même endroit.

-          FIV et FIVETE,  c’est la Fécondation In vitro et la fécondation in vitro avec transfert d’embryon. Pour faire très simple, on prélève des spermatozoïdes, des follicules dans lesquels  on recueille les ovules fécondables. Après une préparation, on procède à la fécondation in vitro. Après le développement de l’embryon, on le transfert dans l’utérus.

Cette technique soulève un problème supplémentaire, le nombre d’embryons. On peut obtenir aucun embryon comme plusieurs, dans ce dernier cas, on procédera à une congélation des embryons qui présentent des critères de développement satisfaisants. Les autres sont détruits. Quel est le statut de ces embryons ? Pour les questions autour de la FIVETE et de la congélation d’embryons voir les n°14, 15, 18 et 19.

-          ICSI – c’est  l’injection intracytoplasmique de spermatozoïdes .  C’est  l’injection d’un seul spermatozoïde dans l’ovule. Elle est traitée au n°17.

Chacune des ces techniques présentent des difficultés, des échecs, des effets secondaires, des risques et ne sont pas « réalisables » par tous les couples.  Or de nombreux médecins constatent qu’il existe un vrai décalage entre la demande des couples et la réponse médicale.

Aujourd’hui, en France, la loi encadre bien ces techniques. Elle est basée sur le volontariat ( le couple accueille et signe un consentement), la gratuité et l’anonymat. Il ne faudrait pas que ces conditions soient remises en question.

 

La suite dans notre prochain article.

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 17:20

I.pngl est beaucoup question aujourd’hui de PMA c’est-à-dire de Procréation Médicalement Assistée sans pour autant que nous ayons bien conscience des questions éthiques soulevées. Nous ne parlerons pas pour l’instant de l’accès à ces techniques par convenance personnelle c’est-à-dire de l’ouverture de ces techniques médicales à des personnes qui n’ont pas de problèmes de fécondité/stérilité ( personnes homosexuelles, célibataires…) mais de la position de l’Eglise sur ces pratiques.

En premier lieu, sachez qu’il vaut mieux parler non de PMA mais d’AMP c’est-à-dire d’Assistance Médicale à la Procréation. Parler d’AMP c’est se pencher sur le désir d’enfant et ce sera notre propos aujourd’hui.

 

Ce désir très complexe naît d’une histoire d’amour entre un homme et une femme qui désirent donner la vie à une troisième personne. Le propre de l’amour étant de se donner, de se répandre. Le désir de procréation se mêle aussi plus ou moins confusément avec notre peur de la mort et ce désir de « se continuer » à travers une autre personne. Bref, ce désir d’enfant est à la fois le plus naturel et le plus narcissique. Le moraliste et salésien X.Thévenot fait remarquer que ce « souhait » est extrêmement complexe et qu’il renvoie à toute une série de désirs plus ou moins enfouis. Les voici : le désir d’aimer (son conjoint à l’enfant à venir), le désir d’être aimé (réciprocité), le désir d’être pris et de prendre son conjoint ( désir de possession), le désir de jouissance ( exigence de décentrement et forme de foi en l’autre et en soi-même), le désir d’être enceinte ( désir de fusion), le désir d’avoir un enfant, le désir de se prolonger charnellement, le désir de prolonger son lignage (lié à la fonction sociale), le désir d’accoucher ( réaliser une tâche importante), le désir d’avoir un enfant de cet acte sexuel là, le désir d’être éducateur…

Le désir d’enfant  suscitera un conflit entre l’enfant réel et l’enfant imaginaire. Conflit d’autant plus grand que l’enfant pourra présenter des malformations, des handicaps avec parfois un rejet plus ou moins pathologique de l’enfant réel.

Parfois, l’enfant désiré se fait attendre… Naît alors une profonde blessure existentielle, narcissique. Certains hommes le vivent comme une véritable castration. Ce désir peut devenir la recherche de l’enfant à tout prix… et parfois de l’enfant parfait à tout prix…

Les techniques de PMA ouvrent  l’homme d’aujourd’hui à ce « pouvoir » et soulèvent donc toute une série de questions éthiques. Le « pouvoir » n’est pas systématiquement le « moralement bon ». L’enfant doit être essentiellement compris comme un don ou comme le dit encore Thévenot un « hôte à accueillir ». Or les techniques contemporaines : contraception, PMA nous ont poussé à voir souvent l’enfant comme un intrus quand il surgit alors qu’on ne l’attendait pas, un monstre quand il n’est pas comme on le souhaitait, un droit quand il ne vient pas… pour ne pas dire une maladie, un mauvais virus quand on voit toute la machinerie mise en place pour une simple grossesse… Pour nous chrétiens, seul Dieu est créateur… Il est notre Père. L’enfant est avant tout personne libre et enfant de Dieu… Dimensions souvent oubliées dans notre nouvelle conception de la procréation où par exemple Jacques Testart a pu être nommé « père d’Amandine » (premier bébé née en France grâce aux PMA). Vous pouvez lire du reste à ce sujet ses ouvrages, le désir du gêne  ou l’œuf transparent.

Nous voulons avoir une totale maîtrise de notre procréation… Nous oscillons entre un contexte de négation de la fécondité (contraceptifs, IVG, stérilisations) où l’enfant est nié et un contexte de la fécondité possible sous toutes conditionsl’enfant est recherché à tout prix. En fait, ces mentalités sont sans doute très proches, elles révèlent quelque chose de notre conception de la vie et de la sexualité.

 

Au cœur des questions éthiques autour de la sexualité, c’est vraiment la rencontre entre l’homo sapiens et l’homo faber. L’homme peut à présent « faire », mais est ce bon ? est-ce sage ? Est-ce que ces conduites nous humanisent ? Il y a en effet du techniquement possible, du techniquement utile, du techniquement moral…. Un acte humain c’est-à-dire un acte moral doit tendre à nous humaniser davantage, à devenir ce que nous sommes appelés à être. Il est intention, circonstances et objet. Or, en éthique l’intention bonne ne suffit pas à rendre l’acte bon. Une fin bonne ne justifie pas non plus un moyen mauvais. Nous sommes donc bien au cœur de ce débat puisqu’il s’agit de pallier la stérilité, éliminer la souffrance d’un couple qui désire un enfant, favoriser la venue d’une nouvelle vie… Mais, cela ne justifie pas pour autant tous les moyens pour aboutir à la conception.

 

Les questions éthiques autour des PMA sont d’autant plus délicates qu’elles doivent prendre en compte les dimensions médicales, juridiques, psychologiques, sociales qui sont fortement présentes. Elles sont délicates parce qu’au cœur de celles-ci il s’agit de la souffrance humaine, de la vie d’un enfant et que souvent les couples sont rarement préparés à cette épreuve. Il serait bon de bien intégrer cette question dans la préparation au mariage. La stérilité est quelque chose de très lourd à porter face au monde (regard et questions des autres…) mais aussi dans le couple ( qui est responsable ? la façon dont on le découvre ? avant ou après le mariage ?....)  La stérilité est fortement marquée symboliquement (castration, châtiment comme par exemple des cas d’endométriose après une IVG) et souvent le couple éprouve de la honte vis-à-vis de la société.  Il nous faut donc réfléchir à notre image de la famille et de la place de l’enfant dans nos familles, dans notre société. Dans nos familles, comment parlons-nous des couples qui n’ont pas d’enfants ? A  l’inverse, comment jugeons-nous les familles qui accueillent les enfants handicapés ? un grand nombre d’enfants ?

La stérilité provoque la souffrance, à ce titre la science a légitiment le droit d’intervenir dans ce domaine puisque toute souffrance est à combattre.

 

Quelques remarques à présent qui nous aideront ultérieurement. On attribue à l’acte sexuel, trois fonctions :

-          Le don des époux, l’un à l’autre, au plus intime d’eux-mêmes. L’intimité physique est le signe, la preuve, la promesse de l’intimité spirituelle. C’est le lieu le plus symbolique du don humain, de la réciprocité, de l’échange. Voir Familiaris Consortio au n°11 de Jean Paul II.

-          La procréation. Voir Gaudium et Spes, n°50 : «  Le mariage et l’amour conjugal sont d’eux-mêmes  ordonnés à la procréation, à l’éducation… »

-          L’érotisme. C’est le bien des époux. Pie XII en 1954 rappelle l’importance du plaisir et de la satisfaction des corps et des époux.

Pourquoi évoquer ces trois fonctions ? Parce que plusieurs techniques de PMA séparent ces trois fonctions en dissociant l’acte de procréation de l’acte sexuel.

 

Enfin l’Eglise nous rappelle que la procréation dépend entre autres des principes de responsabilité et de vérité de l’amour. C’est le couple qui doit décider du nombre d’enfants, de l’espacement et jamais une société ou un Etat. Elle doit être le fruit d’un libre choix dans le respect de l’intégralité de l’acte sexuel. C’est une  responsabilité envers soi, envers le conjoint, envers l’enfant à naître et envers Dieu. C’est l’expression de l’amour véritable entre un homme et une femme. L’acte conjugal a une dignité ontologique toute particulière car c’est un acte ouvert à la vie, à la venue d’une personne (et non d’un objet comme l’acte artistique) et c’est un acte qui fait appel à la totalité des personnes. L’acte de procréation met en jeu la responsabilité des parents, la structure du couple et la vie de la personne appelée à naître.

 

Des questions surgissent déjà ? Jusqu’à quel point l’intervention médicale est éthiquement licite ? quand passe t’elle de l’intervention médicale à la manipulation ? Que signifie soigner ? L’AMP fait aussi intervenir une tierce personne dans l’acte de procréation.  La demande d’enfant ne concerne plus seulement le couple mais la société et la médecine….

 

Lors de notre prochain article, nous examinerons les techniques de PMA  à proprement parler.

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 15:44

N.pngous avons pu découvrir les différents vêtements liturgiques, intéressons-nous aujourd’hui à l’église. Il s’agit du bâtiment, du lieu de culte où se réunissent les chrétiens pour célébrer ensemble. Il ne faut pas confondre ce terme avec l’Eglise qui désigne l’ensemble des baptisés, qui est corps  mystique.

 

La plupart de nos églises sont bâties sur le modèle d’une croix latine. La croix, « scandale pour les juifs, folie pour les grecs » est le signe chrétien par excellence. Il est déjà prière puisqu’il est affirmation que le Dieu unique est Trinité ( Père, Fils et Saint Esprit) et que c’est par le sacrifice de Jésus sur la croix et Sa résurrection que nous sommes sauvés, conduits vers le Père. Trois parties principales dans l’église : le chœur, la nef et le transept (c’est le bras de la croix).

 

Les églises sont orientées vers l’est, c’est-à-dire que le chœur est à l’est alors que la porte principale se situe à l’ouest. Lorsque nous entrons, nous nous situons dans les ténèbres, dans le monde et nous avançons vers le Christ qui est lumière, soleil levant… La très célèbre basilique de Vézelay nous le fait découvrir tout spécialement le jour du solstice d’été où le soleil traversant les vitraux dessine des « pas » de lumière sur le sol de la nef.

 

Sans entrer dans une explication symbolique très poussée, il faut avoir en tête que le 4 et donc le carré/rectangle représente la terre. Le cercle, le ciel d’où l’auréole arrondie au-dessus de la tête de nos saints pour spécifier qu’ils sont à présents  au ciel, en présence de Dieu. Ainsi, le chœur qui est le sanctuaire à proprement parlé prend souvent une forme arrondie alors que la nef où se situe les fidèles à une forme rectangulaire. Le mot nef vient du latin « navus » c’est-à-dire un « navire ». Cela symbolise entre autres notre pèlerinage sur la terre, toute l’Eglise embarquée sur le même bateau mené par le Christ.

 

Entrons dans l’église. Que trouvons-nous immédiatement ? Un bénitier qui contient comme son nom l’indique de l’eau bénite. Le fidèle en entrant se signe avec cette eau qui lui rappelle son baptême.  

En général, au fond à gauche, vous pouvez trouver le baptistère qui sert aux baptêmes. Il prend en général une forme arrondie (comme une grande cuve) ou une forme octogonale puisque le chiffre 8 est le chiffre de la résurrection. Au baptême, la personne « naît d’en haut » comme le dit Jésus à Nicodème. Le prêtre verse trois fois de l’eau sur la tête du catéchumène et celui-ci entre alors dans l’Eglise. Il est lavé du péché originel, reçoit l’Esprit Saint et devient fils ou fille de Dieu (avant nous ne sommes qu’enfant de Dieu…)

 

La nef contient bancs ou chaises pour la prière. Les murs de cette dernière ainsi que des bas-côtés peuvent être décorés de fresques, tableaux ou statues de saints. Les plus courantes sont des statues du XIX comme celle de la Vierge Marie, St Joseph, Ste Thérèse de l’Enfant Jésus, de St Antoine de Padoue, le saint curé d’Ars… Dans les églises plus anciennes, vous trouverez une chaire dans la nef d’où le prêtre disait l’homélie maintenant grâce aux micros, il peut rester à l’ambon. Souvent aussi, un confessionnal utilisé pour la célébration du sacrement de pénitence ou de réconciliation (confession). Aujourd’hui, les confessionnaux sont souvent remplacés par des petites pièces isolées faites de parois de verre.

 

Nous parvenons au chœur. Le fidèle s’incline devant l’autel qui représente le Christ. Si le tabernacle est présent dans le chœur, on préfèrera la génuflexion (le genou droit à terre) qui est un geste qui nous vient de la chevalerie médiévale.

Que trouvons-nous dans le chœur ? L’ambon qui est la table de la Parole. C’est une sorte de pupitre mais qui est réservé à la lecture des textes saints, de l’homélie et de la Prière Universelle. Bref, on ne dirige pas les chants, on ne lit pas les annonces paroissiales à l’ambon. Au centre, se trouve l’autel qui contient une pierre d’autel marquée de 5 petites croix qui rappellent les 5 plaies du Christ. Il est toujours couvert d’une nappe blanche. Vous trouverez sur l’autel, des cierges et une croix qui est tournée vers le prêtre lors de la messe. Normalement, on ne place pas de fleurs ou d’autres décorations sur l’autel.

Dans le chœur ou dans une chapelle latérale appelée alors chapelle du saint sacrement, on trouve le tabernacle.  Ce mot renvoie à la tente sous laquelle les hébreux déposaient l’arche d’alliance. C’est le lieu de la présence de Dieu.  Il a souvent la forme d’un petit coffre. Fermé à clé, il contient le ciboire avec les hosties consacrées c’est-à-dire le corps du Christ. Pour manifester la présence de Dieu, une lampe rouge est allumée constamment à côté. Elle rappelle la lumière perpétuelle du Temple de Jérusalem qui se trouvait dans le saint, devant le saint des saints.

 

Voici pour notre première visite peu approfondie d’une église… SaintJeanBaptiste.png

 

 

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 10:22

I.pngl est important d'avoir bien en tête le petit paragraphe de Gaudium et Spes (n°17) dont j'ai parlé la dernière fois même si aujourd'hui nous allons davantage nous intéresser à la lettre encyclique écrite (le 6 août 1993)  par Jean Paul II, veritatis splendor ou si vous voulez "la Splendeur de la vérité".

Notons que cette encyclique a la particularité d'être adressée non à l'ensemble des fidèles mais aux évêques. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas la lire et l'étudier mais qu'elle traite de questions bien particulières sans entrer dans des précisions qui pourraient nous être nécessaires et qu'elle demande certaines connaissances. La deuxième partie est particulièrement plus ardue. Les numéros que vous pouvez lire à cette occasion ( vous pouvez toujours trouver cette encyclique en ligne sur le site du Vatican) sont les numéros 31 à 41. Les numéros 42 à 53 sont aussi à lire car ils portent sur le rapport liberté/loi; liberté/nature et sur la question de la loi naturelle. Ils sont donc fondamentaux mais ne nous intérese pas directement aujourd'hui.

 

Cette encyclique traite donc de questions morales et au numéro 31 le pape écrit qu'elles se rattachent plus ou moins et de manières différentes à la question de la liberté. Il montre donc en premier lieu que la pensée moderne, en vertu des développements évoqués lors de notre dernière note, a permis de mieux saisir le rapport entre dignité humaine et conscience et d'affirmer le droit à la liberté religieuse et au respect de la conscience qui sont des avancées capitales dans le domaine de la liberté. Cependant tout comme le Concile, il constate que ces conceptions ont eu des dérives, dérives dangereuses puisqu'elles débouchent sur une mise à mal de la vérité. Ce sont des dérives qui "ont besoin d'être corrigées ou purifiées à la lumière de la foi."

 

Je cite le n°32 dans sa totalité: " Dans certains courants de la pensée moderne, on en est arrivé à exalter la liberté au point d'en faire un absolu, qui serait la source des valeurs. C'est dans cette direction que vont les doctrines qui perdent le sens de la transcendance ou celles qui sont explicitement athées. On a attribué à la conscience individuelle des prérogatives d'instance suprême du jugement moral, qui détermine d'une manière catégorique et infaillible le bien et le mal. A l'affirmation du devoir de suivre sa conscience, on a indûment ajouté que le jugement moral est vrai par le fait même qu'il vient de la conscience. Mais, de cette façon, la nécessaire exigence de la vérité a disparu au profit d'un critère de sincérité, d'authenticité, d'« accord avec soi-même », au point que l'on en est arrivé à une conception radicalement subjectiviste du jugement moral.

Comme on peut le saisir d'emblée, la crise au sujet de la vérité n'est pas étrangère à cette évolution. Une fois perdue l'idée d'une vérité universelle quant au Bien connaissable par la raison humaine, la conception de la conscience est, elle aussi, inévitablement modifiée : la conscience n'est plus considérée dans sa réalité originelle, c'est-à-dire comme un acte de l'intelligence de la personne, qui a pour rôle d'appliquer la connaissance universelle du bien dans une situation déterminée et d'exprimer ainsi un jugement sur la juste conduite à choisir ici et maintenant ; on a tendance à attribuer à la conscience individuelle le privilège de déterminer les critères du bien et du mal, de manière autonome, et d'agir en conséquence. Cette vision ne fait qu'un avec une éthique individualiste, pour laquelle chacun se trouve confronté à sa vérité, différente de la vérité des autres. Poussé dans ses conséquences extrêmes, l'individualisme débouche sur la négation de l'idée même de nature humaine.

Ces différentes conceptions sont à l'origine des mouvements de pensée qui soutiennent l'antagonisme entre loi morale et conscience, entre nature et liberté."

 

L'analyse est très fine et nous plonge au coeur des débats moraux actuels. Beaucoup de chrétiens ( même prêtres) vont se trouver en confrontation avec les conseils du "magistère" car ils confondent en effet cette fameuse "obligation à" suivre sa conscience avec la vérité et l'objectivité du jugement moral. Dans une situation donnée, je suis invitée après avoir utilisé ma raison, écouter les conseils, à suivre ma conscience ( et je dois le faire). Cependant cela n'enlève rien au fait que l'acte en lui même s'il est mauvais reste mauvais. Ici, c'est bien l'idée d'une conception universelle et objective de la vérité et du bien qui est réaffirmée. Conception qui est en accord parfait avec notre foi. Seul Dieu est Bon, Vrai. Si nous avons des manières diverses ( parce qu'individuelles) de saisir Dieu, d'y parvenir cela n'enlève rien à ce qu'Il est en vérité. Cela signifie ( et le saint père y reviendra au n°35) que les valeurs ne sont pas édifiées par des libertés individuelles mais encore une fois qu'elles découlent d'un bien objectif saisissable par la raison ( et par la foi car "foi et raison" ne sont dans ce cadre pas en contradiction) et universel. L'homme, malgré son infinie dignité et grandeur du à sa liberté, n'est pas pour autant un démiurge créateur de ses propres valeurs et principes. C'est le noeud de l'épisode de la chute:  l'homme veut accéder à l'arbre défendu pour "être comme un dieu" c'est-à-dire devenir son propre principe (alors qu'il n'est que créature) et créateur de ses normes, du bien et du mal. Or, le texte de la Genèse nous révèle bien que l'interdit est extérieur à l'homme c'est-à-dire que  la liberté de l'homme n'est pas illimitée et que si l'"homme est laissé à son propre conseil" (Sir 15,14) c'est dans un certain cadre. Cadre qui  ne conduit pas forcément à un conflit entre nature/Liberté ou loi/liberté comme pourraient le laisser entendre la liberté d'indifférence ( et Ockham).

Il est certain que notre monde depuis le XVIIIeme a connu toute une série d'émancipations nécessaires mais pas toujours très structurantes. Il ya eu des émancipations sociales, politiques... des émancipations par rapport aux religions institutionnelles souvent associées à la superstition et aussi par rapport à la nature et à l'identité sexuelle. Ce ne sont que quelques exemples mais il est vrai que nous avons traversé une ère "des libertés" et depuis Rousseau, l'homme "nait libre" comme une valeur absolue.  Tous ces boulversements effectués au nom de la liberté ( collective ou individuelle) ont contribué à un changement d'ordre éthique phénoménal. Si nous ne prenons que le rapport au corps, c'est tout à fait stupéfiant... Depuis Descartes et Kant, la liberté a été d'abord comprise comme un affranchissement de la nature et le corps humain souvent réduit à l'image de la machine, de la mécanique. Quelque part ( ce qui n'est pas conforme à l'anthropologie morale chrétienne) il est devenu un "objet" différent de nous même, souvent une contrainte ( souffrance, limites, santé, vieillissement...) qu'il nous fait maîtriser et si possible transformer, modeler à notre guise. La liberté est devenu dans cette lignée autonome  à l'égard de notre corps comme l'écrivait un  théologien moraliste (Bruguès je crois...). Le corps est dans cette conception un obstacle à notre liberté individuelle... Paradoxe surprenant... La liberté est un absolue, source de valeurs morales et se définit donc comme un droit fondamental tout en mettant à mal le concept de nature humaine et en pronant l'indifférence vis à vis de la vérité. ( cf. n° 32 et 35 en particulier)   Nous revenons à la phrase clé du Concile: " Et ils ont raison. Souvent, cependant ils la chérisent d'une manière qui n'est pas droite, comme la licence de faire n'importe quoi, pourvu que cela plaise, même le mal"

Le saint père rappelle ainsi le lien étroit qui existe entre liberté et vérité. La vérité, la loi ne sont pas des obstacles à la liberté mais au contraire la liberté grandit et se développe dans la vérité: " la vérité vous rendra libre" (Jn 8,32)

 

Revenons à la fin du 1er§ du n°32: "Mais, de cette façon, la nécessaire exigence de la vérité a disparu au profit d'un critère de sincérité, d'authenticité, d'« accord avec soi-même », au point que l'on en est arrivé à une conception radicalement subjectiviste du jugement moral."  Ici Jean Paul II avec raison distingue "vérité", "sincérité", "authenticité", "accord avec soi-même". Une personne peut sincèrement se tromper en effet sans pour autant que l'erreur ne soit pas  présente. La sincérité est un critère subjectif alors que la vérité est d'ordre objectif. Notre intelligence peut sincèrement se tromper. Nous sommes de bonne foi mais l'erreur demeure quoique l'on fasse. C'est une erreur invincible dont nous ne serons pas ou moins responsable car sincère ( de bonne foi) et ayant mis tout en oeuvre pour lever le doute. La diminution ou la suppression de la responsabilté n'enlève rien au caractère mauvais de l'acte. Si vous voulez, il n'y a pas faute ou péché mais il y a tout de même acte mauvais. On le comprend bien dans le cas d'un enfant qui volerait à l'âge de trois ans. Je pense en effet qu'il ne sera pas puni de la même manière qu'un enfant de 12 ans qui volerait la même chose dans les mêmes circonstances.

Ce même critère de sincérité et d'authencité est encore plus délicat lorsqu'il se rapporte aux sentiments. L'argument "oui mais ils s'aiments..." est tout sauf un argument. Cela n'enlève rien à l'authenticité et à la sincérité du sentiment. Nous ne sommes pas là pour juger les émotions et sentiments des personnes mais cela ne peut justifier un acte. Dans plusieurs cas de procès où l'un des parents a tué son enfant à la naissance en découvrant qu'il était handicapé, l'argument de l" amour" a été avancé: " C'est par amour que j'ai commis ce geste car je ne voulais pas que mon enfant connaisse une vie de souffrances et de douleurs..." . Nous comprenons bien la douleur de ce parent face à la souffrance de son enfant désiré, attendu mais justifier l'infanticide par l'amour n'est pas recevable. Il en sera de même pour le suicide assisté ou l'euthanasie. La mort n'est jamais un bien.

Dans certains cas, nous avons même le devoir d'aller contre cet "argument de l'amour" lorsqu'il est déstructeur. Pensez au cas de pédophiles où l'adulte pense aimer sincèrement l'enfant, le jeune ou encore d'un jeune homme fou amoureux qui violerait la jeune fille n'arrivant pas à se faire aimer d'elle!? 

L'intention même bonne ne suffit pas à justifier un acte et encore moins à le rendre bon. Je vous rappelle que pour qu'un acte soit jugé bon il faut que l'intention, l'objet et les circonstances soient bons! Je parle encore une fois d'acte bon et d'acte mauvais et non de faute ou péché.

 

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 11:50

D.pngans le cadre de ces audiences du mercredi autour de l'année de la foi, le pape aborde aujourd'hui le mystère du Christ. Il s'appuie sur une affirmation du Concile Vatican II en Dei Verbum, Jésus Christ compros comme "médiateur et plénitude de toute la Révélation." Si vous n'avez jamais lu les textes concilaires en cette année anniversaire et en cette année de la foi, cela peut être une bonne idée. Si Gaudium et Spes est un peu un incontournable, la constitution dogmatique Dei Verbum est aussi passionnante.

 

 Dans un premier temps, Benoit XVI nous rappelle que Dieu, après la chute, n'a de cesse de proposer une alliance avec l'homme. Dans l'Ancien Testament, cette alliance passe d'abord par le choix d'un peuple, le peuple hébreu. A ce peuple, il choisit de se révélé et de faire alliance à travers une série de promesses. Dans ce peuple, des hommes sont aussi choisis ou si vous voulez "élus". Il relève que cette élection est mystérieuse mais qu'elle est toujours faite pour les autres, pour l 'élection des autres et non pour exclure tous ceux qui ne seraient pas choisis: "Il se sert de médiateurs, comme Moïse, les Prophètes, les Juges, qui communiquent au peuple sa volonté, rappellent l’exigence de fidélité à l’alliance et maintiennent élevée l’attente de la réalisation pleine et définitive des promesses divines" Dans le mystère de l'Incarnation, à Noël, c'est l'accomplissement de ces promesses que nous pouvons contempler. A noël la Révélation est pleine et entière dans le mystère du Verbe fait chair: "la Révélation de Dieu parvient à son sommet, à sa plénitude. En Jésus de Nazareth, Dieu visite réellement son peuple, visite l’humanité d’une façon qui va au-delà de toute attente : il envoie son Fils unique ; Dieu lui-même se fait homme. Jésus ne nous dit pas quelque chose de Dieu, il ne parle pas simplement du Père, mais il est révélation de Dieu, parce qu’il est Dieu, et il nous révèle ainsi le visage de Dieu"  

Le saint père en vient ainsi à parler de "ce visage de Dieu". Il évoque pour cela un passage chez Jean, au chapitre XIV où l'apôtre Philippe exprime le désir profond de tout homme " voir Dieu". La réponse de Jésus est capitale, elle est le coeur de notre foi: " Qui m'a vu a vu le Père". Jésus n'est pas un simple prophète, il n'est pas le dernier des prophètes qui enseigne quelque chose sur Dieu, Il est DIEU! Folie pour les grecs, scandale pour les juifs pour paraphraser saint Paul qui utilise cette expression pour parler lui de la croix. 

" Dans cette expression est contenue de façon synthétique la nouveauté du Nouveau Testament, la nouveauté qui est apparue dans la grotte de Bethléem : il est possible de voir Dieu, Dieu a montré son visage, il est visible en Jésus Christ."  Notez alors que nous pouvons continuer à voir Dieu dans l'eucharistie puisque l'hostie consacrée est le corps du Christ ( c'est la présence réelle et substantielle du Christ contrairement à l'assemblée des chrétiens et à la Parole de Dieu qui ne sont que présence réellle.)

 

C'était un chant d'église autrefois: " Je cherche le visage du Seigneur"... Il exprime la quête profonde qui habite l'humanité, ce désir qui habite le coeur de tout homme, la recherche de Dieu, du bonheur (selon la façon dont on l'exprime). C'est pour le croyant, le désir de voir Dieu tel qu'il est... chose impossible: on ne peut saisir entièrement le mystère de Dieu ( on ne peut dire son nom dans le judaïsme, un des 100 attributs de Dieu reste inconnu dans l'islam), on ne peut le représenter sans risque d'idôlatrie, d'anthropomorphisme... On ne peut réduire comme l'écrit Benoit XVI, Dieu a un objet et pourant tout l'Ancien Testament parle de ce désir de connaître et de voir le visage de Dieu: "on affirme que Dieu a un visage, c’est-à-dire un « Toi » qui peut entrer en relation, qui n’est pas prisonnier de son Ciel à regarder l’humanité d’en haut. Dieu est certainement au delà de toute chose, mais il s’adresse à nous, il nous écoute, il nous voit, il parle, il établit une alliance, il est capable d’aimer. L’histoire du salut est l’histoire de Dieu avec l’humanité, c’est l’histoire de ce rapport de Dieu qui se révèle progressivement à l’homme, qui se révèle lui-même, qui révèle son visage."

 

"La splendeur du visage divin est la source de la vie, elle est ce qui permet de voir la réalité; la lumière de son visage est le guide de la vie." Comment alors ne pas évoquer  la figure de Moïse, celui qui dialogue avec Dieu, qui lui parle "face à face" et qui pourtant ne peut voir le visage de Dieu car on ne peut voir son visage sans mourir... "D’un côté, alors, il y a le dialogue face à face comme entre amis, mais de l’autre il y a l’impossibilité, dans cette vie, de voir le visage de Dieu, qui reste caché ; la vision est limitée. Les Pères disent que ces paroles, « tu ne peux me voir que de dos », veulent dire : tu ne peux que suivre le Christ et en le suivant tu vois depuis son dos le mystère de Dieu ; on peut suivre Dieu en le voyant de dos." 

 

Et voilà que Dieu surgit dans l'histoire ( sous Ponce Pilate) et que Dieu prend corps dans l'Incarnation. Nouveauté radicale à tel point que notre calendrier a été modifié, ne sommes nous pas en 2013 après Jésus qui est Christ c'est-à-dire le Sauveur, l'Oint, le Messie. Je suis étonnée que nos gouvernements "laïcistes" n'ont pas encore transformé ce "Jésus-Christ" qui est une affirmation de foi en un simple "Jésus" ou "Jésus, fils de Joseph"...

"La recherche du visage de Dieu connaît un tournant inimaginable, parce que ce visage peut à présent être vu : c’est celui de Jésus, du Fils de Dieu qui se fait homme. En lui trouve son accomplissement le chemin de révélation de Dieu entamé avec l’appel d’Abraham, Lui est la plénitude de cette révélation parce qu’il est le Fils de Dieu, il est à la fois « le Médiateur et la plénitude de toute la Révélation »Jésus nous montre le visage de Dieu et nous fait connaître le nom de Dieu. Dans la Prière sacerdotale, lors de la Dernière Cène, Il dit au Père : « J’ai fait connaître ton nom aux hommes… Je leur ai fait connaître ton nom » (cf. Jn 17, 6.26). L’expression « nom de Dieu » signifie Dieu comme Celui qui est présent parmi les hommes. À Moïse, auprès du buisson ardent, Dieu avait révélé son nom, c’est-à-dire qu’il s’était rendu invocable, il avait donné un signe concret de son « être là » parmi les hommes. Tout cela trouve en Jésus un accomplissement et une plénitude: Il inaugure d’une manière nouvelle la présence de Dieu dans l’histoire parce que celui qui le voit Lui, voit le Père, comme il dit à Philippe (cf. Jn 14, 9)." 

Le saint Père conclue en ces termes, je recopie ses paroles et les laisse à votre méditation: "

Le désir de connaître réellement Dieu, c’est-à-dire de voir le visage de Dieu est présent en chaque homme, même chez les athées. (...) Mais ce désir se réalise en suivant le Christ, ainsi nous le voyons de dos et nous voyons enfin Dieu également comme un ami, son visage dans le visage du Christ. L’important est que nous suivions le Christ non seulement au moment où nous en avons besoin et quand nous trouvons du temps dans nos occupations quotidiennes, mais dans notre vie en tant que telle. Toute notre existence doit être orientée vers la rencontre avec Jésus Christ, vers l’amour envers Lui ; et, dans celle-ci, l’amour pour notre prochain doit aussi occuper une place centrale, cet amour qui, à la lumière du Crucifié, nous fait reconnaître le visage de Jésus chez le pauvre, celui qui est faible, qui souffre. Cela n’est possible que si le véritable visage de Jésus nous est devenu familier dans l’écoute de sa Parole, dans le dialogue intérieur, dans la pénétration de cette Parole de manière à le rencontrer réellement, et naturellement dans le Mystère de l’Eucharistie. Dans l’Évangile de saint Luc est significatif le passage des deux disciples d’Emmaüs, qui reconnaissent Jésus dans la fraction du pain, mais préparés par le chemin avec Lui, préparés par l’invitation qu’ils Lui ont adressée de demeurer avec eux, préparés par le dialogue qui a fait brûler leur cœur ; ainsi, à la fin, ils voient Jésus. Pour nous aussi l’Eucharistie est la grande école où nous apprenons à voir le visage de Dieu, où nous entrons en relation intime avec Lui ; et nous apprenons dans le même temps à tourner notre regard vers le moment final de l’histoire, quand Il nous rassasiera de la lumière de son visage. Sur la terre, nous marchons vers cette plénitude, dans l’attente joyeuse que s’accomplisse réellement le Royaume de Dieu. Merci."

Voici le coeur de notre foi: croire que Jésus est le verbe fait chair, qu'Il est Dieu, se nourrir de la Parole de Dieu et de l'Eucharistie qui nous ouvrent au service du prochain.

 

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 14:57

 

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ous avons pu constater hier que la liberté n'était pas une notion univoque et le Concile lui-même tout en rappelant la grandeur de la liberté, nous mettait en garde sur une certaine conception de la liberté. Je vous rappelle ses propos: " (...) souvent ils la chérissent d'une manière qui n'est pas droite, comme la licence de faire n'importe quoi, pourvu que cela plaise, même le mal."

Faites le test, comme j'ai pu le faire, dans une classe de 2ndes... A la question, "que veut dire "être libre" pour vous?", ils vous répondront invariablement (environ 32 élèves sur 35): "faire ce que je veux, ce qui me plait lorsque j'en ai envie"...  Viennent ensuite des variantes autour de l'indépendance par rapport aux parents, au monde scolaire... Le Concile poursuit en parlant de "vraie liberté" comme "signe privilégié de l'image divine." Mais nous n'en sommes pas encore là dans notre réflexion.

D'une manière générale, la liberté est cette capacité en tout homme à devenir lui-même et à atteindre sa plénitude.

 

De fait, on distingue deux grandes conceptions de la liberté qui ont marqué l'histoire du concept que ce soit en théologie ou en philosophie. L'Eglise  n'a pris parti pour aucune des deux voies, en revanche, comme on va pouvoir le constater, certaines positions absolutisées sont sans doute à condamner. Quoiqu'il arrive, il y a souvent confusion car notre société contemporaine renvoie en général à la liberté d'indifférence alors que lorsque le Concile, Jean Paul II et même Benoît XVI parlent de liberté, ils pensent en fait liberté d'excellence.

 

Je vais essayer d'être synthétique et claire... hummm.... La liberté d'excellence est la conception classique de la liberté que l'on trouve chez les pères puis plutôt au sein de l'école dominicaine illustrée par St Thomas d'Aquin. La liberté d'indifférence, amorcée par Saint Bonaventure mais surtout systématisée et structurée par Guillaume d'Ockham est donc plutôt présente au sein de l'école franciscaine. Mais nous ne nous situons pas dans une simple querelle entre intellectualistes ( dominicains) et volontaristes ( franciscains).

 

Pour bien comprendre, il nous faut d'abord introduire une autre notion; celle du libre-arbitre. Qu'est ce que le libre arbitre? C'est le pouvoir qu'à l'homme de choisir, de se donner une orientation. C'est fondamentalement une liberté de choix. Le libre-arbitre est donc auto-détermination. Le libre arbitre est le propre de l'homme, en d'autres termes, c'est une propriété de l'espèce humaine. Elle est inaliénable malgré la présence de pathologies. C'est une expression de la dignité humaine.

Le libre arbitre fait intervenir l'intelligence et la volonté. L'intelligence qui montre les biens à atteindre. Il faut une comparaison entre les biens pour pouvoir choisir mais c'est aussi comparer un bien particulier par rapport au Bien ou au moins à un bien plus grand. La volonté est ce qui veut le bien. On pourrait ainsi conclure que le libre arbitre procède de l'intelligence et de la volonté.  Ou si vous voulez, la raison connaît le bien et la volonté cherche à le posséder.

Le libre-arbitre peut revêtir deux formes: liberté d'exercice ( liberté ou non d'agir, de vouloir ou de ne pas vouloir) et liberté de spécification ( je choisis entre plusieurs termes et je spécifie ainsi l'objet de mon choix).

Dans le choix, je perds mon indetermination. Le libre arbitre se caractérise donc  par une volonté en acte. C'est ce que nous avons vu hier sur les personnes qui refusent de choisir et donc d'exercer leur liberté.  La liberté comprise ainsi n'est pas un absolu mais une capacité humaine qui prend toute sa consistance dans la décision.

 

Nous pouvons à présent essayer de comprendre la différence entre liberté d'excellence ou de qualité et liberté d'indifférence.

Dans la liberté de qualité la liberté émane de la raison et de la volonté. Pour paraphraser saint Thomas, le libre-arbitre est le fruit de nos connaissances (raison) et amours (volonté).  Il faut comprendre que l'intelligence est naturellement tournée vers le Vrai et que la volonté est naturellement tournée vers le Bien. La liberté n'est donc pas identifiée à la liberté de l'homme qui agit à travers son intelligence et sa volonté, elles-mêmes perfectionnées par les vertus. La liberté dépend donc de cette inclination naturelle vers le Vrai et le Bien.. Elle sa source dans la nature humaine donnée par Dieu.  La liberté est donc un acquis, un accomplissement. On ne nait pas libre quelque part... Enfin, nos actes sont en quelque sorte interactifs. Nos actes antécédents influencent nos actes actuels. Dans ce contexte, la morale est organique et chaque acte augmente ou diminue notre liberté. Les vertus nous aident à poser des actes de qualité. Vous êtes libres de souffler dans ce saxophone, maix croyez moi, les sons qui vont en sortir seront rarement harmonieux. En revanche, je peux m'exercer, apprendre le solfège, les "lois" qui régissent la musique. Après cet apprentissage, je serai en fait davantage libre et je pourrai jouer de manière toujours plus "belle" et tendre vers l'excellence. Voilà un peu comment s'organise la morale dans cette conception: les vertus nous aident à grandir dans le bien et la liberté, la loi est le cadre qui nous aide à devenir libre.

 

Passons à la liberté d'indifférence qui nait donc dans un contexte volontariste pour ne pas dire nominaliste. Guillaume d'Ockham élabore une nouvelle conception de la liberté et par conséquent de la morale. Pour lui, la liberté de Dieu est première et absolue et le bien n'est qu'expression de Sa volonté et non plus de sa nature même de communion d'Amour entre les 3 personnes de la Trinité. La volonté de Dieu pourrait dire aujourd'hui: "tuer est un bien".  Ensuite, Ockham affirme que la liberté précède la volonté et l'intelligence.  Vous être libre de connaître ou non, de vouloir ou non... Il n'y a plus d'inclination naturelle au Vrai et au Bien. Apparaît alors une nouvelle conception du libre-arbitre qui est liberté d'indifférence. Nous sommes libres d'aspirer ou non au bonheur et ainsi de suite, c'est indifférent. C'est une affaire de choix personnel. Quelles sont les conséquences de cette nouvelle conception?  Tout d'abord volonté et liberté vont s'identifier puis la liberté va devenir une sorte d'absolu. Ensuite, les autres volontés (Dieu, les autres hommes)  sont perçues commes des entraves, des obstacles à ma propre volonté et donc à ma liberté. Il y a conflit de volontés.  La loi n'est plus un cadre qui me guide vers le Bien et le vrai mais une obligation qui elle aussi fait entrave à ma liberté mais à laquelle je choisis de me soumettre puisqu'elle est expression de la volonté de Dieu. Les actes sont complètement indépendants les uns des autres ( il y a destruction du système des vertus) et l'acte dit l'homme. On aura donc une tendance très poussée à identifier l'acte à son auteur. Le jugement objectif porté sur l'acte devient acte subjectif porté sur l'ensemble de la personne. 

De cette pensée d'Ockham naît une morale de l'obligation et de la conscience.  Elle a mis l'accent sur le rôle de la conscience, ce qui était nécessaire et capital mais petit à petit la conscience est devenu sa propre norme. Le bien et le vrai objectifs n'existent plus mais c'est la conscience subjective qui dit ce qui est bon ou vrai... D'où un réel souci dans l'éthique contemporaine.

 

Après ces petites précisions nous pourrons nous plonger plus facilement dans les textes conciliaires ou dans Veritatis Splendor de Jean Paul II.

 

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 16:27

 

 

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l est grand temps de réfléchir à la notion de liberté, incontournable en morale. Je ne vais pas dire que c'est une notion piégée mais presque car extrêmement complexe qui a connu des revers de fortune en philosophie comme en théologie. Le Concile Vatican II, dans Gaudium et Spes, rappelle la "grandeur de cette liberté" au n°17 : "Mais c'est toujours librement que l'homme se tourne vers le bien. Cette liberté nos contemporains l'estiment grandement et ils la poursuivent avec ardeur. Et ils ont raison. Souvent cependant ils la chérissent d'une manière qui n'est pas droire, comme la licence de faire n'importe quoi, pourvu que cela plaise, même le mal."

 

Pourquoi parler de liberté en morale alors qu'on pense spontanément aux "obligations", aux "interdits"? La morale si vous  vous souvenez bien est en fait le lieu de détermination de soi, de réalisation de soi... C'est le "deviens ce que tu es", "ce que tu dois être". C'est donc bien le lieu de la liberté: quel homme est-ce que je veux être? Quels actes je choisis de poser pour parvenir à ma fin dernière et qui vont eux-mêmes me déterminer?

 

La liberté c'est aussi la possibilité de choisir le bien ou le mal. Pour le chrétien, ce sera fondamentalement, le choix  ou le refus de Dieu. Cependant, ce n'est encore une fois pas si simple, pour paraphraser saint Paul, voilà que je fais le mal que je ne veux pas...

 

Un acte moral c'est-à-dire  un acte humain engage la liberté, il doit être volontaire et éclairé. Eclairé cela suppose bien évidement l'action de la raison et de la conscience. Volonté, conscience, liberté, raison voilà les acteurs principaux de la morale auxquels il faudra rajouter la loi. La question de la liberté c'est en quelque sorte la question de la responsabilité:  si je pose un acte librement, je suis responsable et tout ce que cela implique selon que j'ai posé un acte bon ou mauvais. De fait, comme nous le rappelle le Concile: " chacun devra rendre compte de sa propre vie devant le tribunal de Dieu, selon le bien ou le mal accompli."

 

Qu'est ce que la liberté? une action libre? Même un cours de 50 heures ne parviendrait pas un faire le tour de la question... cependant, voici quelques pistes.

 

On peut dire qu'au sens courant une action libre est ce qui s'oppose à une action contrainte, forcée.  Elle se caractérise par un certain nombre de traits: intentionalité, motivation, but ou projet, engagement plus ou moins important du sujet... La liberté c'est ce pouvoir qu'à l'homme de se déterminer par ses actions.  On ne peut vivre qu'en utilisant sa liberté. Certaines personnes refusent de choisir. Choisir serait pour elles renoncer aux autres possibilités. Elles aiment se situer toujours avant le choix, avec devant elles la multitude des possibles... Ne pas s'engager car choisir serait restreindre les possibles ( et cela va de l'engagement à un opérateur téléphonique à l'engagement amoureux pour ne pas dire matrimonial). Grave confusion pour ne pas dire erreur. On ne perd pas sa liberté en l'exerçant, au contraire!  On est davantage libre dans et après  le choix.

 

Sans s'attarder sur ce point, notez qu'il existe plusieurs types de liberté. Un prisonnier est sans doute moins libre qu'un quidam se promenant à l'air libre... Il y a les libertés de mouvements, de pensées, de conscience... cependant, dès l'Antiquité, Epictète disait que les formes d'esclavages les plus importantes étaient: l'opinion d'autrui, la course aux honneurs, l'exercice du pouvoir, la tyrannie des passions...  L'homme libre est celui qui est maître de ses opinions sur les choses et c'est encore aujourd'hui une liberté bien difficile à acquérir!

 

Pour le chrétien, la principale forme d'esclavage, est l'esclavage du péché. Le Christ est le libérateur, celui qui par sa naissance et sa mort-résurrection libère l'humanité de la mort et du péché. On voit bien qu'il ne s'agit pas d'une indépendance politique, civile ou sociale.

 

La question et la reconnaissance de la liberté humaine posent des questions d'ordre théologique:

- Si l'homme est libre... Il choisit sa vie, le destin n'existe pas... ( d'où l'inutilité de la voyance) mais alors comment concilier cela avec l'omniscience de Dieu?

- Comment concilier la liberté humaine et celle de Dieu? Comment concilier la volonté de Dieu ("que ta volonté soit faite" disons-nous dans la prière du Notre-Père) et la notre, surtout si les décrets divins ne nous conviennent pas tout à fait?

- Si nous pouvons dire "non" à Dieu, aller contre le dessein divin en exerçant notre liberté, comment sauver la toute puissance de Dieu?

- Enfin comment concilier la liberté humaine et l'action de la grâce et de l'Esprit Saint en nos vies? Par extension, se pose la question de la prédéstination divine...

 

Si vous voulez lire des théologiens sur ce sujet, Saint Augustin est incontournable entre avec ses deux traités Du libre arbitre  et  De la Grâce et de la liberté. Saint Bernard avec là aussi un  Traité de la grâce et du libre arbitre. Et puis St Anselme, St Thomas d'Aquin, Erasme, Bossuet, Luther...

 

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