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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 15:40

B.png

 

 

 

onne année à tous!

 

Après quelques semaines de pause, nous repartons bon pied bon oeil pour cette nouvelle année civile qui s'ouvre. En cette année de la foi, tachons de prendre de bonnes résolutions en libérant du temps pour nous former à l'enseignement du Christ et de son Eglise, pour accueillir et méditer la Parole de Dieu, pour témoigner de notre foi dans un monde qui a parfois une bien mauvaise compréhension de Dieu et qui a bien besoin d'espérance.

 

Pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu, voici quelques extraits du message de Noël, urbi et orbi,  du saint père. Il nous rappelle que le Christ est vérité. Nous connaissons en ce moment en France, une période très profonde de doutes et d'incertitudes. Nous confondons souvent "sincérité", "authenticité" avec "vérité". Comme si le sentiment subjectif était l'unique vérité possible. Or cela nous conduit à un relativisme bien facheux qui nie la possibilité d'une vérité objective.

Il est bon de se souvenir que nous croyons en un Dieu un et trine, vivant, personnel qui est la Vérité. Cette vérité est accessible par la foi (révélation) et par la raison ( intelligence, conscience...). Elle nous dit la vérité de l'homme qui est image et ressemblance de Dieu.

C'est un message d'espérance qu'envoit Benoît XVI: le Verbe s'est fait chair, la lumière a vaincu les ténèbres, la Vérité a germé sur la terre... Souvent, nous sommes enclins à la désespérance, pensants que le monde régresse. Cela est impossible puisque le Christ a vaincu la mort et le péché. L'Esprit Saint agit dans le monde et cela sans cesse, chaque jour qui passe nous rapproche de la vision divine et de l'avènement du Royaume. Nous sommes donc en pérpétuelle progression.

 

Dieu s'est fait chair, Il a habité parmi nous. Il nous fait don de la foi et cependant, Il nous laisse libre de répondre à cet appel. Saurons-nous cette année, ouvrir notre coeur, ouvrir "la porte de la foi?"

 

" Verita de terra orta est ! » ‑ “La vérité a germé de la terre ! » (Ps 85, 12)

 

Chers frères et sœurs de Rome et du monde entier, bon Noël à vous tous et à vos familles !

En cette Année de la foi, j'exprime mon souhait de Noël avec ces paroles, tirées d'un psaume : « La vérité a germé de la terre ». Dans le texte du psaume, en réalité, nous les trouvons au futur : « La vérité germera de la terre » : c'est une annonce, une promesse, accompagnée d'autres expressions, qui dans l'ensemble résonnent ainsi : « Amour et vérité se rencontrent, / justice et paix s'embrassent ; / la vérité germera de la terre / et du ciel se penchera la justice. Le Seigneur donnera ses bienfaits / et notre terre donnera son fruit. / La justice marchera devant lui, / et ses pas traceront le chemin » (Ps 85, 11-14).

Aujourd'hui, cette parole prophétique s'est accomplie ! En Jésus, né à Bethléem de la Vierge Marie, l'amour et la vérité se rencontrent réellement, la justice et la paix se sont embrassées ; la vérité a germé de la terre et la justice s'est penchée du ciel. (...) Et dans un discours sur Noël, saint Augustin affirme : « Avec cette fête qui revient chaque année, nous célébrons donc le jour où s'est accomplie la prophétie : "La vérité a surgi de la terre et la justice s'est penchée du ciel". La Vérité qui est dans le sein du Père a surgi de la terre parce qu'elle fut aussi dans le sein d'une mère. La Vérité qui régit le monde entier a surgi de la terre parce qu'elle fut soutenue par les mains d'une femme... La Vérité que le ciel ne suffit pas à contenir a surgi de la terre pour être couchée dans une mangeoire. À l'avantage de qui un Dieu si sublime s'est-il fait si humble ? Certainement avec aucun avantage pour lui, mais avec un grand avantage pour nous, si nous croyons » (Sermones, 185, 1).

« Si nous croyons ». Voilà la puissance de la foi ! Dieu a tout fait, il a fait l'impossible : il s'est fait chair. Sa toute-puissance d'amour a réalisé ce qui va au-delà de la compréhension humaine : l'Infini s'est fait enfant, est entré dans l'humanité. Pourtant, ce même Dieu ne peut entrer dans mon cœur si je ne lui ouvre pas la porte. Porta fidei ! La porte de la foi ! Nous pourrions demeurer effrayés devant notre toute puissance à l'envers. Ce pouvoir de l'homme de se fermer à Dieu peut nous faire peur. Mais voilà la réalité qui chasse cette pensée ténébreuse, l'espérance qui vainc la peur : la vérité a germé ! Dieu est né ! « La terre a donné son fruit » (Ps 67, 7). Oui, il y a une terre bonne, une terre saine, libre de tout égoïsme et de toute fermeture. Il y a dans le monde, une terre que Dieu a préparée pour venir habiter au milieu de nous. Une demeure pour sa présence dans le monde. Cette terre existe, et aujourd'hui aussi, en 2012, de cette terre a germé la vérité ! Par conséquent, il y a de l'espérance dans le monde, une espérance fiable, même dans les moments et dans les situations plus difficiles. La vérité a germé, portant amour, justice et paix."

 

Le saint père continue ensuite en lançant un message de paix à des pays particuliers:

"Oui, que la paix germe pour la population syrienne, profondément blessée et divisée par un conflit qui n'épargne pas même les personnes sans défense et fauche des victimes innocentes. Encore une fois je fais appel pour que cesse l'effusion de sang, que soient facilités les secours aux personnes déplacées et aux réfugiés et que, par le dialogue, soit recherchée une solution politique au conflit.

Que la paix germe sur la terre où est né le Rédempteur et qu'il donne aux Israéliens et aux Palestiniens le courage de mettre fin à trop d'années de lutte et de divisions, et d'entreprendre avec décision le chemin de la négociation.

Dans les pays du Nord de l'Afrique qui traversent une profonde transition à la recherche d'un nouvel avenir – en particulier en Égypte, terre aimée et bénie par l'enfance de Jésus –, que les citoyens construisent ensemble une société fondée sur la justice, le respect de la liberté et de la dignité de chaque personne.

Que la paix germe dans le vaste continent asiatique. Que l'Enfant Jésus regarde avec bienveillance les nombreux peuples qui habitent ces terres et, de manière spéciale, ceux qui croient en lui. En outre, que le Roi de la Paix porte son regard sur les nouveaux dirigeants de la République populaire de Chine pour la haute charge qui les attend. Je souhaite que celle-ci mette en valeur l'apport des religions, dans le respect de chacune, de sorte qu'elles puissent contribuer à la construction d'une société solidaire, au bénéfice de ce noble peuple et du monde entier.

Que la Nativité du Christ favorise le retour de la paix au Mali et de la concorde au Nigéria, où d'atroces attentats terroristes continuent à faucher des victimes, en particulier parmi les chrétiens. Que le Rédempteur apporte aide et réconfort aux réfugiés de l'est de la République démocratique du Congo et donne la paix au Kenya, où de sanglants attentats ont touché la population civile et les lieux de culte.

Que l'Enfant Jésus bénisse les très nombreux fidèles qui le célèbrent en Amérique latine. Qu'il augmente leurs vertus humaines et chrétiennes, qu'il soutienne tous ceux qui sont contraints à émigrer de leurs familles et de leur terre, qu'il affermisse les gouvernants dans leur engagement pour le développement et dans la lutte contre la criminalité."

 

Il conclue ainsi: "Chers frères et sœurs ! Amour et vérité, justice et paix se sont rencontrées, se sont incarnées dans l'homme né de Marie à Bethléem. Cet homme est le Fils de Dieu, il est Dieu apparu dans l'histoire. Sa naissance est un germe de vie nouvelle pour toute l'humanité. Puisse chaque terre devenir une bonne terre, qui accueille et fait germer l'amour, la vérité, la justice et la paix. Bon Noël à tous ! "

 

  En bref, belle et sainte année à tous, dans le Christ!

 

 

NB: pour ceux qui se demanderaient ce qu'est un message "urbi et orbi", c'est un message, une bénédiction adressé à tous les chrétiens. Le pape s'adresse à la ville de Rome (urbi- à la ville) dont il est évêque et au monde (orbi- à l'univers) dont il est le pasteur, le pape.

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 15:55

L.png'Evangile de ce jour nous dévoile la figure de Jean dit le Baptiste, le cousin de Jésus, fils de Zacharie et d'Elisabeth. Il est souvent représenté dans l'art le doigt levé en train de désigner l'Agneau de Dieu, le messie, Christ en grec c'est-à-dire Jésus. Il serait bon de relire les textes bibliques autour du dernier des prophètes: l'annonce à Zacharie, la naissance de Jean et le beau cantique de Zacharie que nous chantons tous les matins aux Laudes, la Visitation, le baptême de Jésus.etc.  Nous avons beaucoup à apprendre de ce grand saint dont la grâce propre est de donner les joies spirituelles. Ce dimanche, c'est la voix du précurseur qui retentit dans le désert: " A travers le désert, une voix crie: Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies; et tout homme verra le salut."

Pour mieux connaître ce grand saint, je vous propose de lire avec vous le chapitre que lui consacre Jean Daniélou dans son ouvrage Le Mystère de l'Avent ( ed. du Seuil). Il en parle après Abraham et Melchisédech pour montrer que Jean vient conclure une longue et lente préparation. Dieu est un pédagogue patient au cours de l'histoire du salut : " comme celui qui précède immédiatement la venue du Seigneur et en qui l'humnaité le rencontre. Les autres ont décrit le Seigneur qui allait venir; lui a montré le Seigneur présent aux Juifs, en leur disant: "Voici l'Agneau de Dieu" Ecce."

L'auteur ensuite part de trois faits marquants de sa vie.

    Le premier est le fait que dès sa naissance, et même avant, Jean a été choisi, consacré par Dieu. Il est mis à part pour servir Dieu mais surtout pour goûter la joie de Dieu. C'est ce qui se passe à la Visitation lorsque Jean dans le sein d'Elisabeth tressaille de joie: il exulte écrit Daniélou: " (...) comme étant celui qui s'est réservé pour la joie unique d'entendre la Voix du Seigneur. Il n'a pas voulu d'autres joies; il n'a pas voulu être consolé par autre chose. Il n'a vécu que pour cette joie. C'est cette joie qui l'a sasi dès avant sa naissance."

    Le deuxième temps important est celui du désert. Au cours de ce temps de désert, il expérimente la joie, l'Amour de Dieu et le combat spirituel: " Or l'enfant croissait et se fortifiait en esprit et il demeura dans le désert jusqu'au jour de sa manifestation devant Israël." C'est le désert comme lieu de rencontre avec Dieu et l'Esprit Saint; comme lieu du silence "de tout ce qui n'est pas Dieu.": "(...) où Dieu est comme tout proche, parce que, précisément, nos regards s'attardent moins sur les créatures!... C'est lui où, au IVe siècle, se sont enfoncés ceux qu'on appelle les Pères du désert. (...) Antoine, un égyptien, (...) s'est enfoncé le premier dans le désert pour y trouver une solitude plus grande avec Dieu, pour y vivre le combat spirituel dans toute son intensité, car si le désert est le lieu où Dieu est présent, c'est aussi celui de la tentation de Jésus et de la tentation d'Antoine, où loin des luttes humaines, le combat spirituel entre le Christ et Satan pour l'âme des hommes se fait plus intense." Jean sera donc le premier à se rendre au désert pour une victoire de l'Amour, une joie renouvellée d'être en présence de Dieu. L'Avent tout comme le Carême est notre désert. N'oublions pas en effet que les 4 semaines qui nous sont offertes sont des semaines de conversion et de pénitence. Pénitence qui n'est pas moritifcation mortifère mais joie intérieure. C'est un temps de désert c'est-à-dire un temps pour nous recentrer sur Dieu, un temps pour nous laisser habiter et saisir par l'Esprit Saint. cela doit être tout comme pour le Baptiste l'expérience de la véritable joie.

    Le troisième temps est celui du témoignage. Jean est le prophète qui désigne le Christ qui témoigne de l'Amour de Dieu: " Il y eut un homme envoyé de Dieu dont le nom était Jean. Il vint comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas  lui-même la Lumière, mais il devait rendre témoignage à la Lumière." Nous avons ici décrit le rôle de tout baptisé: être un témoi, un passeur de foi. La foi est un don de Dieu et nous ne pouvons ( et ne devons!) convertir les autres. En revanche, nous devons montrer, désigner le Christ: le chemin, la vérité, la lumière, la vie...  Jean prépare les coeurs à l'enseignement du Christ à la veille de sa vie publique. Il "dégrossit" les âmes. Nous aussi nous devons évangéliser à sa manière.

Son enseignement centré sur le Christ, l'Agneau de Dieu est une invitation à retourner à l'essentiel et à nous recentrer sur Dieu. C'est un questionnement quotidien: quelle place tient le Seigneur dans ma vie?  Jean est celui qui secoue le monde dans son indifférence: " Il faut des prophètes, c'est-à-dire des hommes qui soient intérieurement saisis par cette vision divine des choses et qui puissent secouer les hommes dans leur inertie et être vraiment des "témoins".Or le témoin est celui qui, intérieurement d'abord, a vu les choses de Dieu, que Dieu a introduit dans la vision des choses qui est la sienne, de manière à la faire passer parmi les hommes. Ainsi, de Jean Baptiste. Dieu s'abord l'a introduit danns le mystère de son dessein, dans le mystère de ses plans, l'a retiré au désert pour l'unir à sa joie! Et maintenant- et c'est l"'essentiel- il est le "témoin", c'est-à-dire celui qui montre le Christ aux hommes."

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 15:23

N.png ous fêtons aujourd'hui saint Ambroise, évêque de Milan. Véritable pasteur, il a beaucoup oeuvré pour catéchiser son peuple. Il est connu pour avoit été le guide de Saint Augustin qui deviendra évêque d'Hippone.

 

Le pape Benoît XVI lui consacre une catéchèse lors de l'audience générale du 24 octobre 2007 qu'il débute en racontant la mort du saint évêque le vendredi saint 397 alors qu'il venait de recevoir le corps du Christ.

 

Issu d'une famille chrétienne, il fait ses études (rhétorique et juridique) à Rome et embrasse la carrière civile. Il deviendra un haut magistrat de l'Empire. Aux alentours de 470, il n'est que catéchumène (c'est-à-dire qu'il se prépare au baptême) et n'est pas spécialement tourné vers les pieuses études. Mais, il va se plonger dans le mystère des Ecritures en particulier par l'intermédiaire d'Origène ( grand maître et didascale de l'école d'Alexandrie). Ambroise est ainsi un des premiers à introduire la pratique de la méditation des textes saints en Occident. La pratique de la lectio divina en quelque sorte voit le jour en Europe occidentale. C'est cette pratique fréquente et profonde des Ecritures qui vont alors guider toutes les prédications et autres enseignements de l'évêque. Il s'agit d'une lecture priée de la Bible pour paraphraser Benoît XVI: "Un célèbre préambule d'une catéchèse ambrosienne montre de façon remarquable comment le saint Evêque appliquait l'Ancien Testament à la vie chrétienne:  "Lorsque nous lisions les histoires des Patriarches et les maximes des Proverbes, nous parlions chaque jour de morale - dit l'Evêque de Milan à ses catéchumènes et à ses néophytes - afin que, formés et instruits par ceux-ci, vous vous habituiez à entrer dans la vie des Pères et à suivre le chemin de l'obéissance aux préceptes divins" (Les mystères, 1, 1). En d'autres termes, les néophytes et les catéchumènes, selon l'Evêque, après avoir appris l'art de bien vivre, pouvaient désormais se considérer préparés aux grands mystères du Christ. Ainsi, la prédication d'Ambroise - qui représente le noyau fondamental de son immense œuvre littéraire - part de la lecture des Livres saints ("les Patriarches", c'est-à-dire les Livres historiques, et "les Proverbes", c'est-à-dire les Livres sapientiels), pour vivre conformément à la Révélation divine."

Saint Ambroise en plus d'être un prédicateur hors norme est avant tout un exemple. Saint Augustin encore jeune et en recherche venait l'écouter au départ pour ses talents d'orateur: " j'écoutais de toutes mes oreilles ses discours au peuple, mais dans une intention autre que je n'aurai dû: comme aux aguets pour voir si son talent de parole était au niveau de sa réputation". Finalement, c'est véritablement la vie exemplaire d'Ambroise qui touche le coeur d'Augustin "jeune rhéteur africain, sceptique et désespéré".  C'est l'Eglise de Milan toute entière qui est embraser par le témoignage et les homélies de leur évêque.

L'Eglise actuelle s'enracine dans cet exemple puisque comme le rappelle le pape, les prêtres, évêques et diacres se nourrissent quotidiennement de la Parole de Dieu: lectures de la messe, liturgie des heures, lectio divina... Il cite pour cela le Concile Vatican II, Dei verbum: "tous les clercs, en premier lieu les prêtres du Christ, et tous ceux qui vaquent normalement, comme diacres ou comme catéchistes, au ministère de la Parole, doivent, par une lecture spirituelle assidue et par une étude approfondie, s'attacher aux Ecritures, de peur que l'un d'eux ne devienne "un vain prédicateur de la Parole de Dieu au-dehors, lui qui ne l'écouterait pas au-dedans de lui" Mais en réalité, même les laïcs qui enseignent, catéchisent doivent avoir le souci de se laisser pétrir par la Parole. Une catéchiste même d'éveil à la foi doit avoir plus le souci d'avoir médité le texte à transmettre aux enfants que du bricolage qui va clôturer sa séance. Le contenu de tout enseignement, de toute homélie, de toute catéchèse doit être l'Ecriture. Parrains, marraines, avez-vous déjà offert une Bible à vos filleuls? Vous qui préparez un sacrement, avez vous une Bible chez vous? Voilà une belle idée de cadeau de Noël. Pour ceux qui ne pourraient s'en acheter une, n'hésitez pas à lire en ligne la lecture du jour ou la Bible même (Bible de la liturgie).

Enfin le pape termine en rappelant que enseignement et exemple de vie ne peuvent être séparés. Il faut passer d'une foi professée à une foi vécue. Voici le réel avancement de la vie spirituelle et l'objet de notre conversion quotidienne: une unité entre notre foi et notre action, entre vie spirituel et agir moral: "la catéchèse est inséparable du témoignage de la vie. Ce que j'ai écrit dans l'Introduction au christianisme, à propos du théologien, peut aussi servir pour le catéchiste. Celui qui éduque à la foi ne peut pas risquer d'apparaître comme une sorte de clown, qui récite un rôle "par profession". Il doit plutôt être - pour reprendre une image chère à Origène, écrivain particulièrement apprécié par Ambroise - comme le disciple bien-aimé, qui a posé sa tête sur le cœur du Maître, et qui a appris là la façon de penser, de parler, d'agir. Pour finir, le véritable disciple est celui qui annonce l'Evangile de la manière la plus crédible et efficace."  Nous sommes au coeur du message de l'Année de la foi: être des témoins joyeux et crédibles!

Finissons avec les mots du saint Père: "Comme l'Apôtre Jean, l'Evêque Ambroise - qui ne se lassait jamais de répéter:  "Omnia Christus est nobis!; le Christ est tout pour nous!" - demeure un authentique témoin du Seigneur. Avec ses paroles, pleines d'amour pour Jésus, nous concluons ainsi notre catéchèse:  "Omnia Christus est nobis! Si tu veux guérir une blessure, il est le médecin; si la fièvre te brûle, il est la source; si tu es opprimé par l'iniquité, il est la justice; si tu as besoin d'aide, il est la force; si tu crains la mort, il est la vie; si tu désires le ciel, il est le chemin; si tu es dans les ténèbres, il est la lumière... Goûtez et voyez comme le Seigneur est bon:  bienheureux l'homme qui espère en lui!" (De virginitate, 16, 99). Plaçons nous aussi notre espérance dans le Christ. Nous serons ainsi bienheureux et nous vivrons en paix."

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 13:53

« L.pnga question centrale que nous nous posons aujourd’hui est la suivante : comment parler de Dieu à notre époque ? Comment transmettre l’Évangile, pour ouvrir la route à la vérité salvifique dans les cœurs souvent fermés de nos contemporains et dans leurs esprits parfois distraits par les nombreux phares éblouissants de notre société ? »

 

Cette question en soulève beaucoup d’autres en réalité. Est-il possible en premier lieu de parler de Dieu ? S’il est Dieu, mystère, infini, tout puissant, dépassant la raison humaine, est ce qu’un discours humain est possible sur l’infiniment Autre ? Benoît XVI nous rappelle que oui, on peut parler de Dieu «  parce qu’Il parlé avec nous. » Dieu fondamentalement a l’initiative et c’est Lui qui se révèle. C’est donc le premier des commandements «  Shema », c’est-à-dire « écoute ». Dieu nous parle, se révèle, nous dit qui Il est,  mettons-nous à son écoute… : « Dieu n’est pas une hypothèse lointaine sur l’origine du monde ; ce n’est pas une intelligence mathématique très éloignée de nous. Dieu s’intéresse à nous, nous aime, est entré personnellement dans la réalité de notre histoire, il s’est communiqué lui-même jusqu’à s’incarner. Donc, Dieu est une réalité de notre vie, il est si grand qu’il a aussi du temps pour nous, il s’occupe de nous. »

Evidement, le mystère de l’Incarnation revêt une importance fondamentale dans la mesure où Dieu se révèle d’une façon unique à l’homme. Il nous envoie son Fils, le Verbe se fait chair, Il habite parmi nous, « En Jésus de Nazareth nous rencontrons le visage de Dieu, qui est descendu de son Ciel pour se plonger dans le monde des hommes, dans notre monde, et enseigner « l’art de vivre », le chemin du bonheur; pour nous libérer du péché et faire de nous les enfants de Dieu (cf. Ep 1, 5 ; Rm 8, 14). Jésus est venu pour nous sauver et nous montrer la vie bonne de l’Évangile. »

 

Ensuite, il s’agit de savoir de qui parlons-nous ? Quel Dieu annonçons-nous ? « non pas un Dieu abstrait, une hypothèse, mais un Dieu concret, un Dieu qui existe, qui est entré dans l’histoire et qui est présent dans l’histoire ; le Dieu de Jésus Christ comme réponse à la question fondamentale du pourquoi et du comment vivre. »

Cela doit nous conduire à mieux connaître Dieu, « parler de Dieu exige une familiarité avec Jésus et son Évangile, suppose notre connaissance personnelle et réelle de Dieu ». Prenons-nous le temps d’approfondir notre relation à Dieu, notre connaissance de Dieu par la prière, la lecture de la Bible, la catéchèse ( oui, oui le catéchisme n’est pas seulement réservé aux enfants…)

 

Comment parler de Dieu ?  Le pape dit qu’il nous suffit de suivre  la méthode de Dieu qui est celle de l’humilité : «  (…) c’est la méthode réalisée dans l’Incarnation dans la maison simple de Nazareth et dans la grotte de Bethléem, celle de la parabole du grain de sénevé.’ » Ainsi, « Pour parler de Dieu, dans l’œuvre d’évangélisation, sous la conduite de l’Esprit Saint, il est nécessaire de retrouver la simplicité, de revenir à l’essentiel de l’annonce : la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui est réel et concret, un Dieu qui s’intéresse à nous, un Dieu-Amour qui se fait proche de nous en Jésus Christ jusqu’à la Croix et qui dans la Résurrection nous donne l’espérance et nous ouvre à une vie et qui n’a pas de fin, la vie éternelle, la vraie vie. »

Le saint père nous donne alors l’exemple de ce grand évangélisateur, l’apôtre des nations, saint Paul : «  Dans la Première Lettre aux Corinthiens, il écrit : « Pour moi, quand je suis venu chez vous, frères, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige de la parole ou de la sagesse. Non, je n’ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié » (2, 1-2). Donc la première réalité est que Paul ne parle pas d’une philosophie qu’il a développée lui-même, il ne parle pas d’idées qu’il a trouvées ailleurs ou inventées, mais il parle d’une réalité de sa vie, il parle du Dieu qui est entré dans sa vie, il parle d’un Dieu réel qui vit, a parlé avec lui et parlera avec nous, il parle du Christ crucifié et ressuscité. La seconde réalité est que Paul ne se cherche pas lui-même, il ne veut pas se créer une foule d’admirateurs, il ne veut pas entrer dans l’histoire comme chef d’une école de grandes connaissances, il ne se cherche pas lui-même, mais saint Paul annonce le Christ et veut gagner les personnes pour le Dieu vrai et réel.  (…) Par conséquent, parler de Dieu veut dire faire de la place à Celui qui nous le fait connaître, qui nous révèle son visage d’amour ; cela veut dire sortir de son propre moi en l’offrant au Christ, dans la conscience que nous ne sommes pas ceux qui sont capables de gagner les autres à Dieu, mais nous devons les attendre de Dieu lui-même, les invoquer de Lui. Parler de Dieu naît donc de l’écoute, de notre connaissance de Dieu qui se réalise dans la familiarité avec Lui, dans la vie de la prière et selon les Commandements. »

« L’apôtre ne se contente pas de proclamer des mots, mais il implique toute son existence dans la grande œuvre de la foi. Pour parler de Dieu, il faut lui faire de la place, dans la confiance que c’est Lui qui agit dans notre faiblesse ;(…) . Et cela vaut aussi pour les communautés chrétiennes : elles sont appelées à montrer l’action transformatrice de la grâce de Dieu, en dépassant les individualismes, les fermetures, les égoïsmes, l’indifférence et en vivant dans les rapports quotidiens l’amour de Dieu. Demandons-nous si nos communautés sont vraiment ainsi. Nous devons nous mettre en marche pour devenir toujours et réellement ainsi, annonciateurs du Christ et non de nous-mêmes»

 

Surgit alors une nouvelle question : Comment Jésus que nous devons imiter parlait-il de son Père ? «. Jésus, dans son unicité, parle de son Père — Abbà — et du Royaume de Dieu, avec le regard plein de compassion pour les problèmes et les difficultés de l’existence humaine. Il parle avec un grand réalisme et, je dirais, l’essentiel de l’annonce de Jésus est qu’il rend le monde transparent et notre vie a une valeur pour Dieu. »

« Dans les Évangiles, nous voyons comment Jésus s’intéresse à chaque situation humaine qu’il rencontre, se plonge dans la réalité des hommes et des femmes de son temps, avec une pleine confiance dans l’aide du Père. Le fait est que réellement dans cette histoire, de manière cachée, Dieu est présent et si nous sommes attentifs, nous pouvons le rencontrer. »

 

Le pape parvient à un point capital de la question de la transmission de la foi. La transmission de la foi en tant qu’enseignement, évangélisation ne peut être séparée de l’existence même de celui qui annonce. « En Lui, l’annonce et la vie se mêlent: Jésus agit et enseigne, en partant toujours d’un rapport intime avec Dieu le Père. Ce style devient une indication essentielle pour nous chrétiens: notre manière de vivre dans la foi et dans la charité devient une manière de parler de Dieu dans l’aujourd’hui, car elle montre à travers une existence vécue dans le Christ la crédibilité, le réalisme de ce que nous disons avec les paroles, qui ne sont pas seulement des paroles, mais qui montrent la réalité, la véritable réalité. »

 

Quels sont les lieux pour parler de Dieu ? Le lieu privilégié est la famille : « (…)la première école pour transmettre la foi aux nouvelles générations. Le Concile Vatican ii parle des parents comme des premiers messagers de Dieu, appelés à redécouvrir leur mission, en assumant la responsabilité d’éduquer, d’ouvrir les consciences des enfants à l’amour de Dieu comme service fondamental à leur vie, à être les premiers catéchistes et maîtres de la foi pour leurs enfants. ». Cela doit nous questionner si nous sommes engagés dans une paroisse. Comment enseignons-nous les parents qui restent les premiers éducateurs ? Est-ce que nous rappelons aux fiancés, aux jeunes parents au moment de la préparation au baptême qu’ils ont cette mission ? Le pape lance un appel à la vigilance nécessaire pour parler de la foi, de Dieu quand l’occasion se présente.

 

Autre dimension bien présente dans le texte de Porta Fidei autour de la question de la transmission de la foi est celle de la joie : « la transmission de la foi doit toujours avoir une tonalité de joie. C’est la joie pascale, qui ne tait ni ne cache la réalité de la douleur, de la souffrance, de la fatigue, de la difficultés, de l’incompréhension et de la mort elle-même, mais qui sait offrir les critères pour tout interpréter dans la perspective de l’espérance chrétienne.  (…) Il est important d’aider tous les membres de la famille à comprendre que la foi n’est pas un poids, mais une source de joie profonde, elle signifie percevoir l’action de Dieu, reconnaître la présence du bien, qui ne fait pas de bruit ; et elle offre des orientations précieuses pour bien vivre sa propre existence.

Viennent alors  les dimensions de l’écoute et du dialogue : « la famille doit être un milieu dans lequel on apprend à être ensemble, à réconcilier les oppositions dans le dialogue réciproque, qui est fait d’écoute et de parole, à se comprendre et à s’aimer, pour être un signe, l’un pour l’autre, de l’amour miséricordieux de Dieu. »

 

Le pape conclue en évoquant l’importance de la parole et de la vie : « Parler de Dieu signifie donc faire comprendre par la parole et par la vie que Dieu n’est pas le concurrent de notre existence, mais qu’il en est plutôt le véritable garant, le garant de la grandeur de la personne humaine. Nous revenons ainsi au début : parler de Dieu est communiquer, avec force et simplicité, avec la parole et avec la vie, ce qui est essentiel : le Dieu de Jésus Christ, ce Dieu qui nous a montré un amour si grand, au point de s’incarner, de mourir et de ressusciter pour nous ; ce Dieu qui demande de le suivre et de se laisser transformer par son immense amour pour renouveler notre vie et nos relations; ce Dieu qui nous a donné l’Église, pour marcher ensemble et, à travers la Parole et les sacrements, renouveler toute la Cité des hommes, afin qu’elle puisse devenir Cité de Dieu. »

 

SaintThomasdAquin.png

 

 

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 16:48

H.pngier, nous avons distinguer les couleurs liturgiques, nous allons nous intéresser aujourd'hui aux vêtements liturgiques du prêtre.

 

Le prêtre revêt tout d'abord l'amict (certains prêtres l'omettent). C'est une pièce rectangulaire blanche que le prêtre passe autour du cou. Aujourd'hui, elle peut être remplacée par une capuche sur l'aube.

 

Ensuite on ajoute l'aube. Elle est toujours de couleur blanche (aube venant du latin alba qui signigie "blanc"). C'est le vêtement blanc du baptême, de la résurrection, de la vie nouvelle en Christ. En France, où nous avons une "profession de foi", les adolescents revêtent l'aube car ce jour là ils renouvellent les promesses de leur baptême.

 Le prêtre y ajoute un cordon. C'est une sorte de ceinture torsadée en coton blanc. C'est tout d'abord pratique, il retient les plis de l'aube. Il rappelle qu'au cours de l'Exode, Dieu a invité à se "ceindre les reins" avant le départ... C'est le grand pélerinage qui nous conduit à la vie éternelle. Certaines aubes ne se prêtent pas au cordon.

 

Le prête revêt alors l'étole.  Qui elle prend la couleur liturgique du temps. Elle est le propre de ceux qui ont reçu l'ordination ( sacrement de l'ordre).  Que ce soit l'ordination diaconale ou sacerdotale. C'est une  longue étoffe a deux pans égaux. Le diacre la porte en bandoulière alors que l'évêque  ou le prêtre la passe autour du cou.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin la chasuble. Par un grand mystère, beaucoup de prêtres ne la porte pas, c'est une erreur! Ils la reçoivent le jour de leur ordination. S'il s'agit d'une concélébration alors seul celui qui préside peut la porter. C'est un vaste vêtement qui revêt entièrement le prêtre. Elle change de couleur selon le temps liturgique. Revêtu de la chasuble, le prêtre « endosse » le Christ, en la personne de qui il agit.

 

Le diacre porte non une chasuble mais une dalmatique. Les évêques peuvent la porter au-dessous de la chasuble dans les offices pontificaux : cette coutume souligne que l’évêque est le diacre véritable  c’est-à-dire le signe sacramentel du Christ-Serviteur.

 

 

 

 

Le prêtre en certaines circonstances pourra porter à la place de la chasuble, la chape.  C'est aussi un ample vêtement qu'il fixe au niveau des épaules à l'aide d'un fermoir.

 

 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 16:29

A.pngutre point diffcile... Les vêtements liturgiques! Comment comprendre quelque chose à toutes ces fanfreluches? Une  ou deux petites notes, histoire de vous éclaircir.

 

Il existe tout d'abord des couleurs liturgiques qui correspondent aux différents temps de l'année liturgiques. Bref, en fonction de la couleur vous savez ce que l'on célèbre!

 

Le blanc ( qui peut être doré) est la couleur de la joie, de la résurrection, de la gloire. Vous le retrouverez pour Noël, Pâques, le temps pascal, la Toussaint, un mariage, un baptême...

 

Le vert, couleur de l'espérance. C'est le temps ordinaire, le temps de l'Eglise qui attend la parousie (le retour du Christ).

 

Le violet, couleur de la pénitence, de la conversion, de l'attente. Vous la retrouverez pendant l'Avent, le Carême, un enterrement (avant, les prêtres avaient des ornements noires pour cette circonstance mais ce n'est plus le cas...)

 

Le rouge, couleur du feu de l'Esprit, de l'amour, de l'amour donné jusqu'à la mort (le sang)... Vous la retrouverez pour la Pentecôte (le don de l'Esprit saint), les confirmations, une fête d'un martyr, le dimanche des Rameaux et de la Passion...

 

Enfin, peu utilisé le rose.  Le prêtre ne le porte que deux fois par an.  C'est le violet de l'Avent et du Carême un peu allégé! On le porte donc le troisième dimanche de l'Avent et le quatrième du Carême. On appelle ces dimanche "le dimanche de gaudete" et le "dimanche de latere". Nous anticipons la joie de Noël et de Pâques, ce sont des petites pauses en ces temps de pénitence...

 

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 15:07

« L.pnga foi conduit à découvrir que la rencontre avec Dieu valorise, perfectionne et élève ce qu’il y a de vrai, de bon et de beau en l’homme. Il arrive ainsi que, tandis que Dieu se révèle et se laisse connaître, l’homme vient à savoir qui est Dieu et, le connaissant, il se découvre lui-même, sa propre origine, son destin, la grandeur et la dignité de la vie humaine. »

Voilà la belle introduction à cette nouvelle catéchèse autour du thème de la foi. Aujourd’hui, Benoît XVI envisage la question de la foi sous l’angle du savoir. Oui, comme l’indique le titre de l’audience, la foi n’est pas quelque chose d’irrationnel. La foi possède un caractère raisonnable.

En premier lieu, le souverain pontife nous montre que la foi si elle est « croyance » est aussi véritable savoir, « un sapere » : « c’est-à-dire un savoir qui donne une saveur à la vie, un goût nouveau d’exister, une manière joyeuse d’être au monde. La foi s’exprime dans le don de soi pour les autres, dans la fraternité qui rend solidaires, capables d’aimer, en vainquant la solitude qui rend tristes. Cette connaissance de Dieu à travers la foi n’est donc pas seulement intellectuelle, mais vitale. »

Cette connaissance de Dieu est expérience de foi bien entendu mais aussi chemin intellectuel et moral.  Ce point me semble capital car nous nous trouvons souvent dans l’un ou l’autre domaine sans parvenir à vivre selon ces trois axes. Pour certains, la foi n’est qu’expérience personnelle, individuelle, ressenti… Pour d’autres, elle n’est que théologie ou philosophie c’est-à-dire une pensée sur Dieu. Enfin, elle n’est pour certains que chemin moral, c’est-à-dire un éclairage ( avec ses règles, principes, interdits) pour guider l’homme dans son agir. Etre dans une de ces trois directions et nier les autres ou seulement les omettre est une erreur très grave.

« Aujourd’hui, dans cette catéchèse, je voudrais m’arrêter sur le caractère raisonnable de la foi en Dieu. La tradition catholique depuis le début a rejeté ce que l’on appelle le fidéisme, qui est la volonté de croire contre la raison. Credo quia absurdum (je crois parce que c’est absurde) n’est pas une formule qui interprète la foi catholique. Dieu, en effet, n’est pas absurde, tout au plus est-il mystère. Le mystère, à son tour, n’est pas irrationnel, mais est surabondance de sens, de signification, de vérité. » Le saint Père nous montre alors que le mystère n’est pas « obscurité » mais en quelque sorte « trop plein de lumière ». Bref, le mystère de Dieu nous éblouit tellement que nous ne voyons pas grand-chose ! « La foi permet de regarder le « soleil », Dieu, parce qu’elle est accueil de sa révélation dans l’histoire et, pour ainsi dire, elle reçoit vraiment toute sa luminosité du mystère de Dieu, en reconnaissant le grand miracle : Dieu s’est approché de l’homme, il s’est offert à sa connaissance, en s’abaissant à la limite créaturale de sa raison » et « Dieu, par sa grâce, éclaire la raison, lui ouvre des horizons nouveaux, incommensurables et infinis. C’est pourquoi la foi constitue un encouragement à chercher toujours, à ne jamais s’arrêter et à ne jamais trouver le repos dans la découverte inépuisable de la vérité et de la réalité. »

La foi n’est pas le contraire de la raison, la foi n’est pas un obstacle à la raison. A la suite de saint Augustin qui a tant cherché la vérité et le sens de son existence à travers les systèmes philosophiques de l’époque, nous pouvons dire : « Comprends pour croire et crois pour comprendre ». Benoît XVI dans la droite ligne de Jean Paul II ( voir Fides et Ratio) insiste sur le fait que nous avons besoin de la foi et de la raison un peu comme deux ailes… Il cite alors St Anselme et St Thomas d’Aquin qui ont tant œuvré dans ce sens.

La foi catholique est donc raisonnable et nourrit notre confiance également dans la raison humaine.’ Les vérités de Dieu sont accessibles par la foi c’est-à-dire par la Révélation et par la Raison en sachant que la Révélation n’exclut pas la raison. Dans le domaine moral, la raison nous permet d’accéder à la loi naturelle et la foi à la loi divine qui ne sont jamais contradictoires car la loi naturelle est contenue dans le projet divin. Dieu nous a créé avec la raison pour que nous puissions le trouver aussi par cette voie… Pour accéder plus facilement et dans une certitude absolue à Dieu nous avons besoin de la Révélation. Benoît XVI reprend les termes de Jean Paul II : « Dans l’irrésistible désir de vérité, seul un rapport harmonieux entre foi et raison est le chemin juste qui conduit à Dieu et à la pleine réalisation de soi. »

Le pape fait alors un « détours » par le Nouveau Testament et les écrits de saint Paul en particulier dans la première lettre aux Corinthiens. Paul affirme que le mystère de la croix est « scandale pour les juifs, folie pour les peuples païens. »

« En effet, Dieu a sauvé le monde non pas par un acte de puissance, mais à travers l’humiliation de son Fils unique : selon les paramètres humains, la modalité insolite utilisée par Dieu détonne avec les exigences de la sagesse grecque. Pourtant, la Croix du Christ possède sa raison, que saint Paul appelle : ho lògos tou staurou, « le langage de la croix » (1 Co 1, 18). Ici, le terme lògos indique tant le langage que la raison et, si il fait allusion au langage, c’est parce qu’il exprime verbalement ce que la raison élabore. Paul voit donc dans la Croix non pas un événement irrationnel, mais un fait salvifique qui possède un bon sens propre, reconnaissable à la lumière de la foi»

Le pape aborde ensuite rapidement la question foi et science. « La recherche scientifique, nous le voyons, conduit à la connaissance de vérités toujours nouvelles sur l’homme et sur l’univers. Le bien véritable de l’humanité, accessible dans la foi, ouvre l’horizon dans lequel doit se dérouler son chemin de découverte. Il faut donc encourager, par exemple, les recherches placées au service de la vie et visant à vaincre les maladies. Les recherches en vue de découvrir les secrets de notre planète et de l’univers sont également importantes, dans la conscience que l’homme est au sommet de la création non pour l’exploiter de manière insensée, mais pour la protéger et la rendre habitable. Ainsi la foi, réellement vécue, n’entre pas en conflit avec la science, mais coopère plutôt avec elle, en offrant des critères de base pour qu’elle promeuve le bien de tous, en lui demandant de ne renoncer qu’aux tentatives qui — en s’opposant au projet originel de Dieu — peuvent produire des effets qui se retournent contre l’homme lui-même. C’est également pour cela qu’il est raisonnable de croire : si la science est une alliée précieuse de la foi pour la compréhension du dessein de Dieu dans l’univers, la foi permet au progrès scientifique de se réaliser toujours pour le bien et pour la vérité de l’homme, en restant fidèle à ce même dessein. »

Terminons avec les propos du pape : « Espérons alors que notre engagement dans l’évangélisation aide à redonner son caractère central à l’Évangile dans la vie de tant d’hommes et femmes de notre temps. Et prions afin que tous retrouvent dans le Christ le sens de l’existence et le fondement de la liberté véritable: en effet, sans Dieu, l’homme s’égare. Les témoignages de ceux qui nous ont précédés et ont consacré leur vie à l’Évangile le confirment pour toujours. Il est raisonnable de croire, c’est notre existence qui est en jeu. Cela vaut la peine de se prodiguer pour le Christ, Lui seul satisfait les désirs de vérité et de bien enracinés dans l’âme de chaque homme: à présent, dans le temps qui passe, et le jour sans fin de l’Éternité bienheureuse. »

 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 15:16

E.pngn ce 16 novembre, nous fêtons la sainte Gertrude de Helfta ou encore Gertrudre la Grande connue pour ses visions qu'elle consignera dans cinq livres. Grande mystique, Benoit XVI lui consacra une catéchèse lors d'une audience générale le 6 octobre 2010. Placée enfant dans ce monastère bénédictin (règle de saint Benoit), elle aura comme guide  la très célébre Mathilde de Hackeborn: " seule femme en Allemagne à recevoir l'épithète de «Grande», en raison de sa stature culturelle et évangélique: à travers sa vie et sa pensée, elle a influencé de manière singulière la spiritualité chrétienne. C'est une femme exceptionnelle, dotée de talents naturels particuliers et d'extraordinaires dons de grâce, d'une profonde humilité et d’un zèle ardent pour le salut du prochain, d'une intime communion avec Dieu dans la contemplation et de disponibilité à venir au secours des plus démunis."

Notre Gertrude nait en 1256 et entre donc très jeune, à 5 ans, au monastère pour ses études et son éducation. Nous ne possédons aucun renseignement sur sa famille. Que fait-elle dans son monastère? Elle se consacre entièrement aux études et à la prière et se révèle être une étudiante brillante: " (...) elle apprend tout ce que l’on peut apprendre des sciences du Trivium et du Quadrivium, la formation de cette époque; elle est fascinée par le savoir et se donne tout entière à l'étude profane avec ardeur et ténacité, avec une réussite scolaire dépassant toutes les attentes. Si nous ne savons rien de ses origines, elle nous dit beaucoup de ses passions de jeunesse: littérature, musique et chant, art de l’enluminure la ravissent; elle a un caractère fort, décidé, immédiat et impulsif; elle dit souvent être négligente; elle reconnaît ses défauts, elle en demande humblement pardon. Elle demande avec humilité conseil et prière pour sa conversion. Certains traits et défauts de son tempérament l'accompagneront jusqu'à la fin, au point de surprendre certaines personnes s'étonnant que le Seigneur lui donne une telle préférence."

Au Moyen Age, les 7 arts libéraux étaient divisés en trivium  (grammaire, rhétorique et logique) et en quadrivium ( arithmétique, musique, géométrie, astronomie). Le premier se référant à la parole et le second aux sciences mathématiques. Gertrude reçoit donc une éducation "profane" complète. Cependant elle va connaître une véritable conversion en 1280, de la vaine gloire comme l'appelle les pères à l"humilité, Gertrude se laisse conduire vers le Christ, son Sauveur.

Le pape fait remarquer que le cheminement de Gertrude de la sagesse humaine à la sagesse divine est un exemple pour nous. Dans quel but étudions-nous, accumulons-nous les connaissances? La physique ne doit elle pas conduire à une métaphysique qui nous mènera à la théologie?

"Sa biographe indique deux directions de ce que nous pourrions définir sa «conversion» particulière: dans les études, avec le passage radical des études humanistes profanes à celles théologiques, et dans l’observance monastique, avec le passage de la vie qu’elle qualifie de négligente à la vie de prière intense, mystique, avec une exceptionnelle ardeur missionnaire. Le Seigneur, qui l’avait choisie dans le sein maternel et qui l’avait fait participer, dès son enfance, au banquet de la vie monastique, la ramène par sa grâce «des choses extérieures à la contemplation intérieure, des occupations terrestres au soin des choses célestes». Gertrude comprend alors qu'elle était restée loin de Lui dans une région de dissemblance, comme elle dit avec saint Augustin; de s’être consacrée avec trop d’ardeur aux études libérales, à la sagesse humaine, en négligeant la science spirituelle, se privant du goût de la véritable sagesse; elle est conduite à présent à la montagne de la contemplation, où elle se dépouille du vieil homme pour se revêtir de l’homme nouveau"

Ce don qu'elle a pour les études, pour la théologie et la connaissance des Ecritures fait d'elle une missionnaire, "un chercheur de Dieu" toujours en quête de la vérité. Et en effet, elle n'aura de cesse de proclamer la vérité de la foi par amour pour l'Eglise et les hommes. Cela peut nous donner à réfléchir en cette année de la foi. De quelle manière nous formons-nous pour ensuite témoigner dans un langage clair, simple mais vrai des contenus de notre foi? Il  nous reste 3 écrits de sainte Gertrude, que je n'ai jamais lu si ce n'est quelques extraits, Les révélations, des Exercices Spirituels  et enfin Le Héraut de l'Amour divin.

Benoit nous la donne en exemple et nous dévoile son extrême actualité en concluant ainsi: " Il me semble évident que ces choses ne sont pas seulement des choses du passé, historiques, mais l'existence de sainte Gertrude reste une école de vie chrétienne, de voie droite, et nous montre que le cœur d'une vie heureuse, d'une vie véritable, est l'amitié avec Jésus, le Seigneur. Et cette amitié s'apprend dans l'amour pour Les Ecritures Saintes, dans l'amour pour la liturgie, dans la foi profonde, dans l'amour pour Marie, de manière à connaître toujours plus réellement Dieu lui-même et le bonheur véritable, but de notre vie. Merci."

 

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 16:53

 L.pnge saint père part de sa réflexion de la semaine précédente sur le désir de Dieu en l’homme et propose de réfléchir sur les voies qui mènent à la connaissance de Dieu en rappelant que Dieu a toujours l’initiative. L’homme ne chercherait pas Dieu si Dieu n’éveillait en nous ce désir et qu’Il nous guidait.  Cette initiative se fait cependant dans le respect de notre liberté : « N’oublions jamais l’expérience de saint Augustin : ce n’est pas nous qui possédons la Vérité après l’avoir cherchée, mais c’est la Vérité qui nous cherche et nous possède. »

 

« Toutefois, il existe des voies qui peuvent ouvrir le cœur de l’homme à la connaissance de Dieu, il existe des signes qui conduisent vers Dieu. » Dieu malgré son apparent absence nous guide, nous cherche, nous titille… Il reste proche de nous, nous avons à discerner les signes qui nous conduisent à Lui. La foi est cette rencontre avec le Christ, est elle rencontre de l’homme avec son Créateur aimant.

« Aujourd’hui — nous le savons — les difficultés ne manquent pas ni les épreuves pour la foi, souvent peu comprise, contestée, refusée. Saint Pierre disait à ses chrétiens : «Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous » (1 Pt 3, 15). Par le passé, en Occident, dans une société considérée comme chrétienne, la foi était le milieu dans lequel elle évoluait; la référence et l’adhésion à Dieu étaient, pour la plupart des personnes, une partie de la vie quotidienne. C’était plutôt celui qui ne croyait pas qui devait justifier son incrédulité. Dans notre monde, la situation a changé et le croyant doit toujours davantage être capable de rendre raison de sa foi. »

Benoît XVI s’appuyant alors sur l’encyclique Fides et ratio ( Foi et raison) de Jean Paul II montre les difficulté de notre époque à travers un court historique où l’athéisme a pris une place importante.  Un point soulève tout particulièrement mon attention ; « De nos jours s’est vérifié un phénomène particulièrement dangereux pour la foi: il y a en effet une forme d’athéisme que nous définissons, justement, « pratique », dans lequel les vérités de la foi ou les rites religieux ne sont pas niés, mais simplement ils sont jugés sans importance pour l’existence quotidienne, détachés de la vie, inutiles. Souvent, alors, on croit en Dieu de manière superficielle, et on vit « comme si Dieu n’existait pas » (etsi Deus non daretur). Mais à la fin, cette manière de vivre se révèle encore plus destructrice, parce qu’elle porte à l’indifférence envers la foi et envers la question de Dieu. » C’est la question  non de l’athéisme qui est une véritable philosophie et même une « théologie » de la non-existence de Dieu mais celle de l’indifférence. L’indifférence est plus dangereuse et sans doute plus dure à combattre dans la mesure où elle crée une profonde méconnaissance et une perte de la recherche de sens. Elle est réductrice : « En réalité, l’homme, séparé de Dieu, est réduit à une seule dimension, celle horizontale, et ce réductionnisme est précisément l’une des causes fondamentales des totalitarismes qui ont eu des conséquences tragiques au siècle dernier, ainsi que de la crise de valeurs que nous voyons dans la réalité actuelle. En affaiblissant la référence à Dieu, on a également affaibli l’horizon éthique, pour laisser place au relativisme et à une conception ambiguë de la liberté, qui au lieu d’être libératrice, finit par lier l’homme à des idoles. » Nous reparlerons de la liberté dans nos articles « éthique » mais on ne peut nier la profonde crise morale que nous traversons basée sur le relativisme et l’individualisme. Jean Paul II nous avait déjà mis en garde dans son encyclique Veritatis Splendor en s’appuyant sur le Concile Vatican II, nous sommes à présents au cœur de cette crise où les fondements anthropologiques de notre éthique sont mis à mal.

Nous touchons du doigt l’origine du péché, le drame issu de notre liberté : l’orgueil, la volonté de devenir notre propre principe, la volonté de devenir « comme des dieux » et donc  de nous passer de Dieu, de nier la dimension transcendantale de notre existence, la dimension verticale… Ce risque est présent aussi dans notre Eglise où nous oublions que la croix à deux branches pour nous concentrer uniquement sur l’homme, sur l’amour du prochain. Dimension indispensable, fondamentale mais qui perd quasiment tout son sens si l’amour du prochain et de soi-même est séparé de Dieu, de l’amour de Dieu : « Ce que la sagesse antique évoque avec le mythe de Promothée n’a pas disparu : l’homme pense pouvoir devenir lui-même « dieu », patron de la vie et de la mort. » Notre volonté de maîtriser le début de la vie et la fin de vie dit quelque chose de cela. La vie n’est plus un don, elle est un « bon plaisir » entre nos mains !

« Face à cette situation, l’Église, fidèle au mandat du Christ, ne cesse d’affirmer la vérité sur l’homme et sur son destin. Le Concile Vatican ii affirme ainsi de façon synthétique : « L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse à l’homme de dialoguer avec Lui commence avec l’existence humaine. Car, si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par amour et, par amour, ne cesse de lui donner l’être ; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet amour et s’abandonne à son Créateur » (Const. Gaudium et spes, n. 19). »  L’homme dans notre foi ne se comprend que dans la relation avec son créateur… et même plus encore puisque le Concile parle de « communion ».  En nous séparant de Dieu, nous nous détruisons alors que dans le projet de Dieu nous sommes faits pour entrer en communion avec Dieu, participer à la vie divine et en quelque sorte « être divinisés. » Mais nous ne pouvons nous élever nous-mêmes, nous avons besoin de Dieu, de sa grâce… Ceux qui s’élèvent seront abaissés, pensons au très beau Cantique de Marie, le chant du Magnificat : « Il élève les humbles… il renvoie les riches les mains vides… »

 

« Quelles réponses la foi est-elle alors appelée à donner, « avec douceur et respect» à l’athéisme, au scepticisme, à l’indifférence envers la dimension verticale, afin que l’homme de notre temps puisse continuer à s’interroger sur l’existence de Dieu et à parcourir les voies qui conduisent à Lui ? Je voudrais évoquer certaines voies, qui dérivent tant de la réflexion naturelle, que de la force même de la foi. Je voudrais les résumer de façon très synthétique en trois mots : le monde, l’homme, la foi. »

La fin de la catéchèse va dons se développer autour de ces trois mots : MONDE, HOMME et FOI.

 

« Le premier mot : le monde. » Ici, en citant Augustin et Einstein, Benoît XVI nous invite à la contemplation du monde : « Je pense que nous devons récupérer et faire récupérer à l’homme d’aujourd’hui la capacité de contempler la création, sa beauté, sa structure. Le monde n’est pas un magma informe, mais plus nous le connaissons, plus nous en découvrons les merveilleux mécanismes, plus nous voyons un dessein, nous voyons qu’il y a une intelligence créatrice.  (…)Une première voie, donc, qui conduit à la découverte de Dieu consiste à contempler la création avec un regard attentif. »

 

« Le deuxième mot : l’homme. » Il cite encore saint Augustin : « Ne va pas au dehors, cherche en toi-même ; la vérité réside dans l'homme intérieur » (De vera religione, 39, 72).

Bref, s’arrêter et prendre le temps de regarder au plus profond de soi-même là où Dieu se repose. Un midrash juif posait cette question : pourquoi Dieu ne s’est-il reposé que le septième jour ??? C’est vrai qu’Il aurait pu faire une petite pause un peu plus tôt. Et bien parce qu’avant la création de l’homme, Il n’avait pas lieu où reposer….

 

« Le troisième mot: la foi. »  « En particulier dans la réalité de notre temps, nous ne devons pas oublier qu’une voie qui conduit à la connaissance et à la rencontre avec Dieu est la vie de la foi.  Celui qui croit est uni à Dieu, il est ouvert à sa grâce, à la force de la charité. »

 

Le troisième mot est le plus développé, en guise de conclusion, je vous livre le texte quasi en « intégrale » : « En effet, la foi est une rencontre avec Dieu qui parle et œuvre dans l’histoire et qui convertit notre vie quotidienne, en transformant en nous la mentalité, les jugements de valeur, les choix et les actions concrètes. Ce n’est pas une illusion, une fuite de la réalité, un refuge confortable, du sentimentalisme, mais une participation de toute la vie et l’annonce de l’Evangile, Bonne Nouvelle capable de libérer chaque homme.

Un chrétien, une communauté qui sont actifs et fidèles au projet de Dieu qui nous a aimés le premier, constituent une voie privilégiée pour ceux qui sont dans l’indifférence ou dans le doute à propos de son existence et de son action. Mais cela demande à chacun de rendre toujours plus transparent son propre témoignage de foi, en purifiant sa vie afin qu’elle soit conforme au Christ.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ont une conception limitée de la foi chrétienne, car ils l’identifient avec un simple système de croyances et de valeurs et pas tant avec la vérité de Dieu qui s’est révélé dans l’histoire, désireux de communiquer avec l’homme de manière personnelle, dans une relation d’amour avec lui. En réalité, comme fondement de chaque doctrine ou valeur, il y a l’événement de la rencontre entre l’homme et Dieu en Jésus Christ. Le christianisme, avant d’être une morale ou une éthique, est l’avènement de l’amour, est l’accueil de la personne de Jésus. C’est pourquoi le chrétien et les communautés chrétiennes doivent tout d’abord regarder et faire voir le Christ, véritable chemin qui conduit à Dieu. »

Ce dernier point est très important, souvent on peut lire la Bible comme un ensemble de valeurs humanistes, comprendre la foi chrétienne comme un ensemble de règles humanisantes… La foi c’est bien un dialogue, une relation confiante avec Dieu, une rencontre.

 

 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 09:48

L.pnges textes du jour ainsi que les oraisons posent encore aujourd'hui la question du choix moral.On peut lire par exemple dans le psaume 36: " Evite le mal, fais ce qui es bien, et tu auras une habitation pour toujours. Les justes possèderont la terre et toujours l'habiteront." La prière d'ouverture évoque quant à elle un nécessaire discernement dans le Christ: "Donne à chacun la claire vision de ce qu'il doit faire et la force de l'accomplir". Enfin la lettre de saint Paul à Tite ( 2,1-8.11-14) énumère un certain nombre de préceptes moraux en vue du bien commun: " sois un modèle dans ta façon de bien agir".  Le but de ces actions bonnes étant plus fondamentalement la recherche du bonheur: " Pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur." En sachant, que pour vaincre le mal, la grâce est nécessaire, nous ne pouvons y parvenir par nos simples forces; le salut vient de Dieu: " La grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes. C'est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d'ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables (...)"

 

Ces textes liturgiques sont très riches et ont inspiré de nombreux pères de l'Eglise. Ils font penser au thème classique des deux voies. Présent dans la Bible, nous avons en mémoire le texte de l'ecclésiastique ( 14, 20 - 15, 20) : " Si tu le veux, tu garderas les commandements pour rester fidèle à son bon plaisir. Devant toi, il a mis le feu et l'eau, selon ton désir étends la main. Devant les hommes sont la vie et la mort, à leur gré l'une ou l'autre leur est donnée.",  ce thème a été repris en particulier dans le texte de la Didaché  ou encore dans le Pasteur d'Hermas.

Nous retrouvons ainsi deux questions fondamentales de la théologie morale: le discernement et la liberté.

Dieu ne sauve pas l'homme malgré lui. L'homme laissé à son "libre conseil" peut choisir ou non de suivre Dieu.  La difficulté ensuite sera de saisir quelle est la volonté de Dieu et quel est le bien. La vie étant rarement faite de choix  où le bien et le mal s'offrent à nous dans une claire vision : est-ce un bien ou un mal? choisir entre deux biens? puis-je choisir un mal si les conséquences sont bonnes? est-ce que je peux tout accepter et justifier selon le principe de l'amour? puis je commettre un acte mauvais selon les circonstances? est-ce que ce bien (pour moi) l'est aussi pour l'ensemble de l'humanité?

Il faut sans cesse opérer un travail d'analyse, de discernement. Suivre Dieu est paradoxalement un choix d'obscurité car c'est un chemin de foi et de confiance. On ne connaît pas les modalités concrètes de ce cheminement. Abraham lorsqu'il décide de répondre à l'appel de Dieu ( il a choisi Dieu, il a discerné que c'était bien la voix de Dieu) ne sait pas ce qu'il attend, il le découvre au fur et à mesure de son voyage, au fur et à mesure de sa vie. Il lui faut sans cesse poser des actes de foi (on peut dire que la naissance d'Isaac s'est faite attendre) , de la patience... On peut être totalement découragé par ce manque de signes clairs et précis. Et pourtant, Dieu pour guider nos actions, pour nous aider dans nos décisions, nous a donné des balises: les commandements, la loi naturelle et la raison, la conscience qu'il nous faut éduquer, sa Parole et son Fils. Avec la raison et la conscience, tout le monde a accès à la Loi Naturelle et peut donc s'il a le souci de rechercher la vérité trouver le bien. La béatitude n'est donc pas simplement réservée aux croyants. En revanche, il est vrai que seule la Révélation permet d'accéder à la Vérité toute entière.

Cela nous rappelle aussi qu'il existe bien UNE VERITE ainsi qu'UN BIEN qui ne dépendant pas de la culture, de la civilisation, de l'époque et que tout homme peut y accéder par la raison et par la foi.   Il s'agit bien d'ordonner nos biens et fins particulières au bien général. Pour nous chrétiens, nous pouvons le nommer Dieu. La liberté doit être obligatoirement liée comme le rappelle Jean Paul II dans son encyclique Veritatis Splendor à la question de la vérité. Sans cela,discernement et agir moral ne sont pas viables.

 

Avant d'approfondir dans d'autres notes toutes ces questions cruciales et redoutables, je vous laisse réfléchir sur ce premier extrait de Veritatis Splendor de Jean Paul II:

"32. Dans certains courants de la pensée moderne, on en est arrivé à exalter la liberté au point d'en faire un absolu, qui serait la source des valeurs. C'est dans cette direction que vont les doctrines qui perdent le sens de la transcendance ou celles qui sont explicitement athées. On a attribué à la conscience individuelle des prérogatives d'instance suprême du jugement moral, qui détermine d'une manière catégorique et infaillible le bien et le mal. A l'affirmation du devoir de suivre sa conscience, on a indûment ajouté que le jugement moral est vrai par le fait même qu'il vient de la conscience. Mais, de cette façon, la nécessaire exigence de la vérité a disparu au profit d'un critère de sincérité, d'authenticité, d'« accord avec soi-même », au point que l'on en est arrivé à une conception radicalement subjectiviste du jugement moral.

 Comme on peut le saisir d'emblée, la crise au sujet de la vérité n'est pas étrangère à cette évolution. Une fois perdue l'idée d'une vérité universelle quant au Bien connaissable par la raison humaine, la conception de la conscience est, elle aussi, inévitablement modifiée : la conscience n'est plus considérée dans sa réalité originelle, c'est-à-dire comme un acte de l'intelligence de la personne, qui a pour rôle d'appliquer la connaissance universelle du bien dans une situation déterminée et d'exprimer ainsi un jugement sur la juste conduite à choisir ici et maintenant ; on a tendance à attribuer à la conscience individuelle le privilège de déterminer les critères du bien et du mal, de manière autonome, et d'agir en conséquence. Cette vision ne fait qu'un avec une éthique individualiste, pour laquelle chacun se trouve confronté à sa vérité, différente de la vérité des autres. Poussé dans ses conséquences extrêmes, l'individualisme débouche sur la négation de l'idée même de nature humaine.

Ces différentes conceptions sont à l'origine des mouvements de pensée qui soutiennent l'antagonisme entre loi morale et conscience, entre nature et liberté."

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Published by Jacquotte - dans Ethique
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