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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 16:16

C.png’est une très belle catéchèse qui nous est proposée aujourd’hui… Elle nous parle du « désir de Dieu »,  thème si cher aux pères de l’Eglise, aux grands mystiques qui nous touche aussi alors que nous venons de fêter les saints ( le 1er novembre) et les fidèles défunts (le 2 novembre).  Ce désir de Dieu est une idée central de notre anthropologie chrétienne. L’homme créé par Dieu à sa source et sa fin en Dieu. En l’homme, un désir profond l’habite celui de Dieu que d’autres pourraient traduire par la quête du bonheur ou de l’absolu… Ce désir est traité tout au début du Catéchisme de l’Eglise Catholique comme le remarque Benoît XVI dans son introduction :  « Le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme, car l’homme est créé par Dieu et pour Dieu ; Dieu ne cesse d’attirer l’homme vers Lui, et ce n’est qu’en Dieu que l’homme trouvera la vérité et le bonheur qu’il ne cesse de chercher » (n. 27). »

 

Une première remarque, le difficulté dans notre « culture occidentale sécularisée » de reconnaître de désir réel et mystérieux. : « Un grand nombre de nos contemporains pourraient en effet objecter qu’ils ne ressentent en aucune façon un tel désir de Dieu. Pour de larges couches de la société, Il n’est plus l’attendu, le désiré, mais plutôt une réalité qui laisse indifférent, face à laquelle on ne doit pas même faire l’effort de se prononcer. »

Pour comprendre plus facilement ce désir de Dieu, le pape nous rappelle que l’homme est fondamentalement un être de désirs et que ce désir de Dieu se retrouve déjà à travers d’autres formes : « Le désir humain tend toujours vers des biens concrets déterminés, souvent tout autres que spirituels, et toutefois, on se trouve face à l’interrogation sur ce qu’est véritablement « le » bien, et donc, à se confronter avec quelque chose qui est différent de soi, que l’homme ne peut construire, mais qu’il est appelé à reconnaître. Qu’est-ce qui peut véritablement satisfaire le désir de l’homme ? »

Le pape parvient ainsi à une question fondamentale pour l’homme que  nous avons déjà traité en éthique. Qu’est ce qui peut faire le bonheur de l’homme ? C’est la question du jeune homme riche que développe Jean Paul II dans Veritatis Splendor «  que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Qu’est ce qui peut me combler pleinement ? Le désir humain est un véritable dynamisme en l’homme, il n’est pas mauvais, il permet à l’homme de se projeter vers l’avenir, de s’ouvrir à l’autre, de se dépasser… Ecoutons  le pape :

« Dans ma première encyclique, Deus caritas est, j’ai tenté d’analyser la façon dont ce dynamisme se réalise dans l’expérience de l’amour humain, expérience qui, à notre époque, est plus facilement perçue comme un moment d’extase, où l’on sort de soi, comme un lieu dans lequel l’homme sent qu’il est traversé par un désir qui le dépasse. À travers l’amour, l’homme et la femme expérimentent de façon nouvelle, l’un grâce à l’autre, la grandeur et la beauté de la vie et du réel. Si ce dont je fais l’expérience n’est pas une simple illusion, si vraiment je veux le bien de l’autre comme voie également pour mon bien, alors je dois être prêt à ne plus être au centre, à me mettre à son service, jusqu’à renoncer à moi-même. La réponse à la question sur le sens de l’expérience de l’amour passe donc à travers la purification et la guérison de la volonté, exigée par le bien même que l’on veut à l’autre. Il faut s’exercer, s’entraîner, également corriger, afin que ce bien puisse véritablement être désiré. »

Comprendre le désir à travers l’amour et en particulier l’amour humain est en effet fort éclairant. On voit alors que le désir n’est pas simple recherche égoïste, égocentrique de son plaisir. Il exige dépassement, don de soi… le pape parle même de renoncement  et un peu plus loin de « pèlerinage » ou encore d’ « exode »

« À travers ce chemin, l’homme pourra progressivement approfondir la connaissance de l’amour dont il avait fait l’expérience à l’origine. Et le mystère qu’il représente prendra aussi toujours plus forme : en effet, pas même la personne aimée est en mesure de satisfaire le désir qui habite le cœur humain, au contraire, plus l’amour pour l’autre est authentique, plus il laisse entrevoir l’interrogation sur son origine et sur son destin, sur la possibilité qu’il a de durer pour toujours. C’est pourquoi l’expérience humaine de l’amour porte en soi un dynamisme qui renvoie au-delà de soi-même, c’est l’expérience d’un bien qui conduit à sortir de soi et à se retrouver face au mystère qui entoure l’existence tout entière. »

La question de la satisfaction du désir est interrogation sur le sens de l’existence, sur le sens de sa vie. C’est une expérience d’ouverture vers quelque chose d’infiniment plus grand que soi, vers l’Autre. Le saint père cite alors d’autres expériences que l’amour qui peut conduire à cela : l’amitié, le beau, l’amour pour la connaissance… Nous parvenons quoiqu’il arrive au « mystère qui entoure l’homme lui-même »… Nous faisons expérience d’un désir profond qui habite tout homme.

« Sans aucun doute, à partir de ce désir profond, qui cache également quelque chose d’énigmatique, on ne peut arriver directement à la foi. En définitive, l’homme connaît bien ce qui ne le satisfait pas, mais ne peut imaginer ou définir ce qui lui ferait expérimenter ce bonheur dont il conserve la nostalgie dans le cœur. On ne peut connaître Dieu à partir uniquement du désir de l’homme. De ce point de vue, le mystère demeure : l’homme recherche l’Absolu, il le cherche à tâtons et de façon incertaine. Et toutefois, l’expérience du désir, du « cœur inquiet » comme l’appelait saint Augustin, est déjà très significative. Elle nous montre que l’homme, au plus profond de lui, est un être religieux (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n. 28), un « mendiant de Dieu ».

 C’est de cette recherche, de cette quête de l’homme que l’on peut parvenir à la foi au sens où l’homme n’est pas seulement « animal politique » mais « animal religieux ». La foi n’est pas de l’ordre de l’absurde ou de la superstition. Elle trouve ses fondements dans la nature même de l’homme qui est être de désirs, être en recherche. Le désir sous entend un chemin tout comme la foi.

Benoït XVI imagine et propose alors une pédagogie du désir. Pédagogie où l’homme est éduqué aux joies véritables et non à la recherche de désirs vains qui conduisent en fin de compte à l’insatisfaction et au désabusement…  Je suis particulièrement frappée par le désenchantement qui habite la jeunesse. Ils n’ont pas 17 ans et sont déjà désabusés, ont déjà tous vus.

« Il serait d’une grande utilité, à cette fin, de promouvoir une sorte de pédagogie du désir, tant pour le chemin de celui qui ne croit pas encore, que pour celui qui a déjà reçu le don de la foi. Une pédagogie qui comprend au moins deux aspects. En premier lieu, apprendre ou réapprendre le goût des joies authentiques de la vie. Toutes les satisfactions ne produisent pas en nous le même effet : certaines laissent une trace positive, sont capables de pacifier l’esprit, nous rendent plus actifs et généreux. D’autres en revanche, après la lumière initiale, semblent décevoir les attentes qu’elles avaient suscitées et laissent parfois derrière elles l’amertume, l’insatisfaction ou un sentiment de vide. Éduquer dès l’âge tendre à goûter des joies véritables, dans tous les domaines de l’existence — la famille, l’amitié, la solidarité avec celui qui souffre, le renoncement à son propre moi pour servir l’autre, l’amour pour la connaissance, pour l’art, pour les beautés de la nature —, tout cela signifie exercer le goût intérieur et produire des anticorps efficaces contre la banalisation et l’aplatissement aujourd’hui répandus »

Je  ne résiste pas à vous donner la fin du texte : «  Nous devons donc penser qu’il est possible, même à notre époque, apparemment si réfractaire à la dimension transcendante, d’ouvrir un chemin vers l’authentique sens religieux de la vie, qui montre que le don de la foi n’est pas absurde, n’est pas irrationnel.. Les adultes aussi ont besoin de redécouvrir ces joies, de désirer des réalités authentiques, en se purifiant de la médiocrité dans laquelle ils peuvent se trouver englués. Il deviendra alors plus facile d’abandonner ou de repousser tout ce qui, malgré des dehors attirants, se révèle en revanche insipide, source d’accoutumance et non de liberté. Et cela fera émerger ce désir de Dieu dont nous parlons. 

Un deuxième aspect, qui va de pair avec le précédent, est de ne jamais se contenter de que l’on a atteint. » Une invitation encore une fois à viser la perfection, le progrès constant pour ne  pas « s’engluer dans la médiocrité » de l’existence ? Si nous appliquions cela à tous les domaines de la vie : famille, enseignement, catéchèse, beauté de la liturgie, travail…

C’est une question d’exigence et je pense que nous avons de fait un peut perdu cette dimension : « Ce sont justement les joies les plus vraies qui sont capables de libérer en nous cette saine inquiétude qui conduit à être plus exigeants — vouloir un bien plus haut, plus profond — et en même temps à percevoir avec une clarté toujours plus grande que rien de fini ne peut combler notre cœur. Nous apprendrons ainsi à tendre, désarmés, vers ce bien que nous ne pouvons pas construire ou nous procurer par nos propres forces; à ne pas nous laisser décourager par la difficulté ou les obstacles qui viennent de notre péché. »

Notez que ce chemin de perfection n’est pas vanité et orgueil mais chemin d’humilité car il se fait en Dieu. Voir ce qui vient de Dieu et de notre propres forces. Ne nous laissons pas séduire  par une fausse modestie ou humilité qui n’est que tiédeur (Dieu vomit les tièdes) et médiocrité. L’humilité consiste en un regard vrai (voir ses qualités et ses défauts, se comprendre comme dépendant de son Créateur… nous sommes « à peine moins grand qu’un Dieu » et pourtant nous somme misérables… C’est le paradoxe de notre condition humaine).

 

Le saint père profondément optimiste nous rappelle alors la miséricorde de Dieu et la rédemption.  Nous pouvons tomber, chuter, régresser, nous tromper, nous perdre et pourtant Dieu reste fidèle, pourtant le pire des criminels ne perd pas « cette étincelle divine » qui habite le cœur de chaque homme : « Même dans l’abîme du péché ne s’éteint pas en l’homme cette étincelle qui lui permet de reconnaître le vrai bien, de le goûter, et d’engager ainsi un parcours d’élévation, auquel Dieu, avec le don de sa grâce, ne fait jamais manquer son aide. »

 

Concluons : « «Il ne s’agit donc pas d’étouffer le désir qui est dans le cœur de l’homme, mais de le libérer, afin qu’il puisse atteindre sa vraie hauteur. Lorsque, dans le désir, s’ouvre la fenêtre vers Dieu, cela est déjà le signe de la présence de la foi dans l’esprit, une foi qui est une grâce de Dieu. Saint Augustin affirme encore : « Avec l’attente, Dieu élargit notre désir, avec le désir il élargit notre esprit et en le dilatant, il augmente sa capacité » (Commentaire à la Première lettre de Jean, 4, 6 : PL 35, 2009). »

 

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 15:53

C.pnge mois ci,nous fêterons deux dédicaces. Le 9 novembre, celle de la basilique du Latran et le 18 novembre, celle des basiliques Saint Pierre et Saint Paul (qui passera plus inaperçue puisqu'elle tombre un dimanche.)

Qu'est-ce qu'une dédicace? C'est tout simplement la consécration d'une église comme un lieu de culte et de prière. Pour des lieux importants, c'est aussi la commémoration de cette consécration.

Latran est la cathédrale de l'évêque de Rome c'est-à-dire le pape. Elle fut construite vers 320 par Costantin. C'est dans cette église que le pape célèbre la messe du jeudi saint. Pour les catholiques, le pape est à la fois évêque de Rome et chef de l'Eglise universelle, en fêtant la dédicace de Latra, c'est le mystère de l'Eglise du Christ que l'on célèbre.

Les basiliques Saint Pierre et Saint Paul Hors les Murs ont été construites par Constantin et Théodose (et Valentinien) sur les lieux des martyres des deux apôtres. A saint Pierre, vous pouvez descendre prier sur le tombeau du premier pape.

 

 

Profitons pour éclaircir un peu le vocabulaire des lieux de culte. C'est une question que l'on me pose souvent.

Qu'est-ce qu'une basilique? A l'origine, c'est le nom donné aux églises construites selon le plan des basiliques civiles romaines. C'était pour les distinguer des simples maisons où se réunissaient tout au début les chrétiens pour célébrer l'eucharistie. C'est un titre qui est conféré au pape à certains sanctuaires comme la basilique de Montmartre.

 

Qu'est-ce qu'une cathédrale? C'est l'église où l'on trouve la cathèdre, le siège de l'évêque. L'évêque a en charge un diocèse. La cathédrale est donc l'église principale d'un diocèse et la cathèdre symbolise l'autorité et la mission apostolique (des apôtres...) de l'évêque.

Vous pouvez reconnaître un évêque à son anneau, sa croix pectorale et en habits liturgiques à sa crosse et à sa mitre. L'évêque est le successeur des apôtres.

 

Qu'est-ce qu'une église?  l'église ( à ne pas confondre avec l'Eglise qui désigne la communauté chrétienne, l'ensemble des baptisés) est le lieu consacré pour la prière et le rassemblement des chrétiens. Il y en a de toutes les formes, de toutes les tailles... La plus classique en France est celle bâtie sur le modèle de la croix latine. Le choeur est orienté à l'est, là où se lève le soleil, symbole de la résurrection du Christ alors que la porte principale est située à l'ouest. Le fidèle est ainsi appelé à opérer un cheminement. En venant des ténèbres, se signant au bénitier qui lui rappelle son baptême, il avance vers la lumière, la table de la Parole (ambon) et la table de l'eucharistie (autel).

 

Qu'est-ce qu'une chapelle? C'est un lieu de culte où l'on trouve un autel.

Elle peut être une partie de l'église où l'on trouve un autel. Elle est souvent située dans les bas-côtés. Elle est dédiée souvent à un saint: chapelle de la Vierge, chapelle du saint sacrement...

Elle peut être aussi un lieu de culte lié à un établissement: chapelle d'hôpital, chapelle d'école, chapelle de prison... Elle peut être annexée à une église, un sanctuaire mais n'a pas le titre de paroisse. 

 

 

Qu'est-ce qu'une abbatiale?  C'est l'église d'une abbaye. L'autorité revient au père abbé.

 

Qu'est-ce qu'un oratoire?  Vous reconnaissez le mot "ora" en latin. Il signifie "prier". C'est un lieu de prière qui peut être dédié à un saint. Cela peut être le lieu de prière d'une école, d'une famille, d'un presbytère... On ne peut y célébrer la messe ou conserver le saint sacrement qu'avec l'autorisation de l'Ordinaire du lieu.

 

L'ordinaire du lieu  est en général l'évêque du lieu qui a le pouvoir de juridiction.

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 15:45

D.pngans sa catéchèse du jour, Benoît XVI reprend une idée fondamentale de sa lettre Porta Fidei: la dimension ecclésiale de la foi.

La foi a-t-elle seulement une dimension individuelle et personnelle ? La semaine dernière il nous a été donné de réfléchir sur le fait que la foi est un don alors que souvent nous la saisissons comme « démarche personnelle ». La question de ce jour nous interpelle aussi vivement dans la mesure où dans notre société la foi est réduite à la sphère privé, individuelle voire subjective. N’avons nous pas tendance à oublier la dimension collective, communautaire de la foi et de la concevoir essentiellement comme une relation entre Dieu et moi : «  (…) la foi a-t-elle un caractère seulement personnel, individuel ? Concerne-t-elle uniquement ma personne ? Est-ce que je vis ma foi tout seul ? Certes, l’acte de foi est un acte éminemment personnel qui advient au plus profond du cœur et qui marque un changement de direction, une conversion personnelle : c’est mon existence qui prend un tournant, une orientation nouvelle. »  Le pape rappelle à cette occasion la profession de foi baptismale à laquelle nous répondons aujourd’hui par un « je crois » ( dans le passé, la formule « nous croyons » était utilisée).

 

« Mais ma foi n’est pas le résultat de ma réflexion solitaire, ce n’est pas le produit de ma pensée, mais c’est le fruit d’une relation, d’un dialogue, dans lequel il y a une écoute, une réception et une réponse ; c’est la communication avec Jésus qui me fait sortir de mon « moi » enfermé sur lui-même pour m’ouvrir à l’amour de Dieu le Père. C’est comme une renaissance dans laquelle je me découvre uni non seulement à Jésus, mais aussi à tous ceux qui ont marché et qui marchent sur la même route ; (…) ». Il est intéressant de comprendre la foi comme dialogue et non pas seulement comme processus de la pensée. La foi n’est pas une spiritualité, une philosophie au sens de ligne de pensée, c’est avant tout une relation de confiance entre Dieu et l’homme. Si le chemin de foi est fondamentalement chemin personnel, il s’inscrit cependant dans une Tradition vivante au sens où je partage cette foi avec d’autres. C’est l’Eglise, le corps du Christ : « Je ne peux pas construire ma foi personnelle dans un dialogue privé avec Jésus, parce que la foi m’est donnée par Dieu à travers une communauté croyante qui est l’Église et qui m’insère ainsi dans la multitude des croyants dans une communion qui n’est pas seulement sociologique, mais enracinée dans l’amour éternel de Dieu, qui en Lui-même est communion du Père, du Fils et du Saint Esprit, qui est Amour trinitaire. Notre foi n’est vraiment personnelle que si elle est aussi communautaire : elle ne peut être ma foi que si elle vit et agit dans le « nous » de l’Église, seulement si c’est notre foi, la foi commune de l’unique Église. »

La foi prend donc une dimension communautaire, ecclésiale ( c’est l’assemblée). La foi n’est pas « ma foi » mais celle de l’Eglise… Une question de responsabilité surgit alors : qu’est-ce que je fais de ce « trésor » de l’Eglise ? Comment est-ce que je le transmets ? Comment est ce que je le vis ? »

Un des signes de cette dimension ecclésiale est bien entendu la profession de foi, la récitation du « Je crois en Dieu ». Si ce texte débute par un « je crois », il se dit en Eglise et contient toutes les vérités de la foi de l’Eglise. Ces vérités ne m’appartiennent pas.

« Le dimanche, à la Messe, en récitant le « Credo», nous nous exprimons à la première personne, mais nous confessons de façon commune l’unique foi de l’Église. Ce « credo » prononcé de façon individuelle s’unit à celui d’un chœur immense dans le temps et dans l’espace, dans lequel chacun contribue, pour ainsi dire, à une polyphonie harmonieuse de la foi. » et plus loin «  « “Croire” est un acte ecclésial. La foi de l’Église précède, engendre, porte et nourrit notre foi. L’Église est la mère de tous les croyants. “Nul ne peut avoir Dieu pour Père qui n’a pas l’Église pour mère” [saint Cyprien] » (n. 181). La foi naît donc dans l’Église, conduit à elle, et vit en elle. Il est important de le rappeler. »

 

Au cœur de notre foi, ce que l’on peut appeler le kérygme, c’est la foi en Jésus- Christ, le Verbe qui prend chair, qui est mort sur la croix et qui est ressuscité. Une personne qui ne croirait pas en la Résurrection, dans le fait que Jésus est le Fils de Dieu n’est pas en quelque sorte « chrétienne ».  On le voit bien dans les Actes des Apôtres, la foi des Apôtres et des premiers chrétiens consistent essentiellement à professer que Jésus est le Christ ( c’est-à-dire le Messie) et Dieu.

L’Eglise prend forme essentiellement à la Pentecôte ( 50 jours après Pâques) avec le don de l’Esprit.  Je précise car vous savez sans doute qu’il existe une « pentecôte juive » ( Chavouôth), 50 jours après la Pessah (pâque juive- libération d’Egypte) qui est la commémoration du don de la loi sur le mont Sinaï. Au baptême, nous entrons dans l’Eglise et nous recevons personnellement l’Esprit Saint…

« C’est ainsi que commence le chemin de l’Église, communauté qui porte cette annonce dans le temps et dans l’espace, communauté qui est le Peuple de Dieu fondé sur la nouvelle alliance grâce au sang du Christ et dont les membres n’appartiennent pas à un groupe social ou ethnique particulier, mais qui sont des hommes et des femmes provenant de toute nation et culture. C’est un peuple « catholique » qui parle des langues nouvelles, universellement ouvert pour accueillir chacun, au-delà de toute frontière, en abattant toutes les barrières. »

L’Eglise est « catholique ». Ce mot signifie en grec « universelle », c’est-à-dire que le Christ est venu sur terre pour tous les hommes, que tous peuvent recevoir l’Esprit Saint dans une démarche libre et personnelle. Il s’agit d’accueillir Dieu.

 

« Dès le début, l’Église est donc le lieu de la foi, le lieu de la transmission de la foi, et lieu où, par le baptême, on est plongé dans le Mystère pascal de la mort et de la résurrection du Christ, qui nous libère de la prison du péché, nous donne la liberté des fils et nous introduit dans la communion du Dieu trinitaire. Dans le même temps, nous sommes plongés dans la communion avec les autres frères et sœurs dans la foi, avec tout le Corps du Christ, tirés hors de notre isolement. » 

Nous croyons en Eglise, nous faisons l’expérience de la communion qui est communion fraternelle au sens où par le baptême nous devenons « fils et filles adoptifs de Dieu ». Nous sommes donc « frères » en Christ. C’est l’Eglise qui nous « plonge » en effet dans le mystère christique et donc de la Trinité. Nous célébrons ensemble Dieu dans les sacrements et la liturgie qui elle aussi ne nous appartient pas. Notre foi personnelle est aussi foi de l’Eglise d’où la formule au cours du baptême : « Voilà notre foi, voilà la foi de l’Église et nous nous glorifions de la professer dans le Christ Jésus notre Seigneur ».

 

Si nous avons reçu la foi c’est aussi parce que celle-ci s’est transmise depuis les apôtres, parce que des chrétiens l’ont gardée, approfondie, transmise, faite vivre : « Il y a une chaîne ininterrompue de la vie de l’Église, de l’annonce de la Parole de Dieu, de la célébration des sacrements, qui arrive jusqu’à nous et que nous appelons la Tradition. Elle nous donne la garantie que ce en quoi nous croyons est le message original du Christ, prêché par les Apôtres. » Cette « garantie » est importante, elle nous permet d’éviter le risque du subjectivisme voire de l’hérésie… Il est parfois plus facile de vouloir s’arranger directement avec Dieu et de faire sa petite cuisine dans son coin avec bien entendu le danger d’édulcorer la vérité. Vivre la foi en Eglise, c’est éviter les pièges de l’orgueil…

« De cette façon, si l’Écriture Sainte contient la Parole de Dieu, la Tradition de l’Église la conserve et la transmet fidèlement, afin que les hommes de chaque époque puissent accéder à ses immenses ressources et s’enrichir de ses trésors de grâce. Ainsi, l’Église « perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et elle transmet à chaque génération, tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit » » La Bible est Parole de Dieu. En ce sens, Dieu nous parle individuellement dans le secret de nos cœurs, cependant, cette parole n’est pas libre interprétation des Ecritures selon notre bon vouloir.

 

« Enfin, je voudrais souligner que c’est dans la communauté ecclésiale que la foi personnelle croît et mûrit. » « . Et cela vaut aussi pour nous : un chrétien qui se laisse guider et modeler peu à peu par la foi de l’Église, en dépit de ses faiblesses, de ses limites, et de ses difficultés, devient comme une fenêtre ouverte à la lumière du Dieu vivant, qui reçoit cette lumière et la transmet au monde. » Bref, nous avons besoin des autres, besoin de l’Eglise pour grandir dans la foi. Un chrétien qui ne serait jamais en contact avec l’Eglise, qui ne participe jamais à la liturgie prend le risque de laisser s’endormir sa foi….

 

En guise de conclusion, contentons-nous encore une fois des paroles du saint Père :

« La tendance, aujourd’hui répandue, à reléguer la foi dans le domaine du privé contredit donc sa nature même. Nous avons besoin de l’Église pour avoir la confirmation de notre foi et pour faire l’expérience des dons de Dieu : sa Parole, les sacrements, le soutien de la grâce, et le témoignage de l’amour. Ainsi, dans le « nous » de l’Église, notre « je » pourra se percevoir à la fois comme le destinataire et le protagoniste d’un événement qui le dépasse : l’expérience de la communion avec Dieu, qui fonde la communion entre les hommes. Dans un monde où l’individualisme semble régir les rapports entre les personnes, en les rendant toujours plus fragiles, la foi nous appelle à être Peuple de Dieu, à être Église, porteurs de l’amour et de la communion de Dieu pour tout le genre humain (cf. Const. past. Gaudium et spes, n. 1). »

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 15:59

 

 

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'est la question posée par Benoït XVI dans sa catéchèse d'aujourd'hui. Encore une fois, je vous invite à retrouver l'intégralité de ce texte sur le site du Vatican. Si vous n'aimez pas lire, une vidéo est disponible.

 

Voici les questions qui vont soutenir les propos du saint Père: "qu’est-ce que la foi ? La foi a-t-elle encore un sens dans un monde où science et technique ont ouvert des horizons encore impensables il y a peu ? Que signifie croire aujourd’hui ? En effet, à notre époque est nécessaire une éducation renouvelée à la foi, qui comprenne certes une connaissance de ses vérités et des événements du salut, mais qui naisse surtout d’une véritable rencontre avec Dieu en Jésus Christ, du fait de l’aimer, de lui faire confiance, afin que toute notre vie s’en trouve impliquée."

 

Le pape débute par un constat: malgré les avancées au niveau du bien, du progrès, de la science, il semble régner un vrai désert spirituel et même l'homme ne semble guère aller mieux, au contraire! " aujourd’hui l’homme ne semble pas devenu vraiment plus libre, plus humain ; tant de formes d’exploitation demeurent, de manipulation, de violence, de vexation, d’injustice... "

D'autres questions surgissent alors, en lien avec la question fondamentale de la foi, mais qui touchent l'existence même de l'homme: "Dans ce contexte refont surface certaines questions fondamentales, qui sont bien plus concrètes qu’elles n’apparaissent à première vue : quel sens cela a-t-il de vivre ? Y a-t-il un avenir pour l’homme, pour nous et pour les nouvelles générations ? Dans quelle direction orienter les choix de notre liberté pour un résultat bon et heureux de la vie ? Qu’est-ce qui nous attend au-delà du seuil de la mort ?"

 

Quelle réponse possible de la foi? "Nous avons besoin non seulement du pain matériel, nous avons besoin d’amour, de sens et d’espérance, d’un fondement certain, d’un terrain solide qui nous aide à vivre avec un sens authentique même dans la crise, dans les ombres, dans les difficultés et dans les problèmes quotidiens. La foi nous donne précisément cela : c’est une manière confiante de s’en remettre à un « Toi », qui est Dieu, qui me donne une certitude différente, mais non moins solide de celle qui me vient du calcul exact ou de la science. La foi n’est pas un simple accord intellectuel de l’homme avec des vérités particulières sur Dieu ; c’est un acte à travers lequel on s’en remet librement à un Dieu qui est Père et qui m’aime ; c’est l’adhésion à un « Toi » qui me donne espérance et confiance. Bien sûr, cette adhésion à Dieu n’est pas privée de contenus: avec elle, nous sommes conscients que Dieu lui-même s’est montré à nous dans le Christ, a fait voir son visage et s’est fait réellement proche de chacun de nous."

Ce point est très important car il permet de distinguer la foi des croyances de type "supersition" où il n'y a pas de relation de confiance qui s'établit entre deux personnes (l'homme et Dieu) et le simple raisonnement intellectuel qui prouve l'existence de Dieu sans pour autant "croire en Dieu".

 

BenoÏt XVI plonge ensuite au coeur de notre foi chrétienne en rappelant de quelle manière Dieu nous aime. C'est un amour sans mesure puisque Dieu nous donne son Fils qui accepte librement de mourir sur la croix pour vaincre le péché et la mort. : "Avec le mystère de la Mort et de la Résurrection du Christ, Dieu descend jusqu’au fond de notre humanité pour la ramener à Lui, pour l’élever à sa hauteur. La foi c’est croire à cet amour de Dieu qui ne fait pas défaut face à la méchanceté de l’homme, face au mal et à la mort, mais qui est capable de transformer toute forme d’esclavage, en donnant la possibilité du salut. "

 

La foi est fondamentalement une rencontre. Rencontre qui est personnel entre un homme et son Dieu. Cette rencontre basée sur la confiance devient abandon confiant dans les bras d'un Père, d'une Mère: "c’est m’en remettre à Dieu avec l’attitude d’un enfant, qui sait bien que toutes ses difficultés, tous ses problèmes sont à l’abri dans le «toi» de la mère. Et cette possibilité de salut à travers la foi est un don que Dieu offre à tous les hommes. Je pense que nous devrions méditer plus souvent — dans notre vie quotidienne, caractérisée par des problèmes et des situations parfois dramatiques — sur le fait que croire chrétiennement signifie m’abandonner ainsi avec confiance au sens profond qui me soutient et soutient le monde, ce sens que nous ne sommes pas en mesure de nous donner, mais uniquement de recevoir en don, et qui est le fondement sur lequel nous pouvons vivre sans peur. Et cette certitude libératrice et rassurante de la foi, nous devons être capables de l’annoncer avec la parole et de la montrer avec notre vie de chrétiens." La relation confiante avec Dieu devient relation d'amour conçu comme don.

 

Vient un paragraphe à la fois plus dur mais toujours porteur d'espérance. Le pape nous rappelle la phrase d'Evangile: " Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui refusera de croire sera condamné » (Mc 16, 16)"

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 17:11

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ujourd'hui le saint Père nous propose une catéchèse autour de la foi pour son audience du mercredi. Les catéchèses sur la prière ne reprendront donc qu'après la fin de cette année de la foi. Nous avons déjà eu l'occasion de parler de sa lettre Porta fidei,  il est donc intéressant de suivre ces catéchèses.

 

Benoît XVI nous rappelle déjà le coeur de notre foi chrétienne, la rencontre personnelle avec un Dieu vivant qui un et trine. Une rencontre avec le Christ ressuscité! "Il s’agit de la rencontre non pas avec une idée ou avec un projet de vie, mais avec une Personne vivante qui nous transforme en profondeur, en nous révélant notre véritable identité de fils de Dieu. La rencontre avec le Christ renouvelle nos rapports humains, en les orientant, jour après jour, vers une plus grande solidarité et fraternité, dans la logique de l’amour."

 

Parler de "foi" ce n'est pas prouver l'existence de Dieu, ce n'est pas parler de Dieu d'une manière uniquement logique et intellectuelle, c'est l'engagement de toute notre vie, de notre personne, de notre existence. On engage sa vie toute entière lorsqu'on donne sa confiance à Dieu : "Avec la foi tout change véritablement en nous et pour nous, et se révèle avec clarté notre destin futur, la vérité de notre vocation dans l’histoire, le sens de la vie, le goût d’être pèlerins vers la Patrie céleste"

Le pape poursuit avec une question: "la foi est-elle vraiment la force transformatrice de notre vie, de ma vie ? Ou bien est-ce seulement un des éléments qui font partie de l’existence, sans être l’élément déterminant qui la détermine totalement ?"

Souvent Dieu n'est qu'une partie de notre vie: aucune chance de le mettre au coeur de notre vie professionnelle, conjugale, relationnelle, familiale... On le prie par moments mais habite t-Il réellement toute notre vie?guide t'Il toutes nos actions?

"Avec les catéchèses (...) nous voudrions ouvrir un chemin pour renforcer ou retrouver la joie de la foi, en comprenant qu’elle n’est pas quelque chose d’étranger, de détaché de la vie concrète, mais elle en est l’âme. La foi en un Dieu qui est amour, et qui s’est fait proche de l’homme en s’incarnant et en se donnant lui-même sur la croix pour nous sauver et nous rouvrir les portes du Ciel, indique de manière lumineuse que ce n’est que dans l’amour que consiste la plénitude de l’homme."

En approfondissant notre foi, notre vie spirituelle c'est-à-dire notre relation à Dieu, nous comprenons mieux le sens notre vie, nous éclairons notre vie, nous comprenons ce pour quoi et pour qui nous sommes faits!

Quelle force ensuite dans les propos du saint Père, comme une mise en garde... "Aujourd’hui il est nécessaire de le réaffirmer avec clarté, tandis que les transformations culturelles à l’œuvre montrent souvent tant de formes de barbaries, qui passent pour des « conquêtes de la civilisation » : la foi affirme qu’il n’y a pas de vraie humanité sinon dans les lieux, dans les gestes, dans les temps et dans les formes où l’homme est animé par l’amour qui vient de Dieu, s’exprime comme don, se manifeste dans des relations riches d’amour, de compassion, d’attention et de service désintéressé envers l’autre. Là où il y a domination, possession, exploitation, marchandisation de l’autre pour son propre égoïsme, là où il y a l’arrogance du moi fermé en lui-même, l’homme s’en trouve appauvri, dégradé, défiguré. La foi chrétienne, active dans la charité et forte dans l’espérance, ne limite pas, mais humanise la vie, et la rend même pleinement humaine."

La foi  nous éclaire sur nos actes et certains de nos choix qu'ils soient individuels ou collectifs qui  appauvrissent, dégradent et même défigurent l'homme. La foi nous dit ce qu'est réellement l'homme pour que nous nous humanisions.

 

La foi est révélation.  Elle implique de ce mettre à l'écoute de Dieu qui nous parle et qui se révèle. C'est un accueil. La foi est toujours initiative de Dieu: " Et nous devenons capables d’écouter sa Parole et de recevoir sa vérité. Voilà alors la merveille de la foi : Dieu, dans son amour, crée en nous — à travers l’œuvre de l’Esprit Saint — les conditions adéquates afin que nous puissions reconnaître sa Parole."

 

La foi est rencontre personnelle mais aussi révélation tout au long de l'histoire. C'est l'histoire du salut qui commence dès la création et qui culmine à l'Incarnation; "Dieu s’est révélé à travers des paroles et des œuvres tout au long d’une histoire d’amitié avec l’homme, qui culmine dans l’Incarnation du Fils de Dieu et dans son Mystère de mort et de Résurrection. Non seulement Dieu s’est révélé dans l’histoire d’un peuple, non seulement il a parlé au moyen des prophètes, mais il a franchi la limite de son Ciel pour entrer dans la terre des hommes comme homme, afin que nous puissions le rencontrer et l’écouter. Et de Jérusalem, l’annonce de l’Évangile du salut s’est diffusée jusqu’aux confins de la terre. L’Église, née du côté du Christ, est devenue messagère d’une nouvelle et solide espérance : Jésus de Nazareth, crucifié et ressuscité, sauveur du monde, qui siège à la droite du Père et est le juge des vivants et des morts"

 

Le coeur de notre foi, le contenu de notre foi chrétienne, c'est le kérygme. Se pose alors la question déjà évoquée dans Porta Fidei de la fidélié à la vérité de l'Evangile, de la Foi transmise par l'Eglise.

"Mais où trouvons-nous la formule essentielle de la foi ? Où trouvons-nous les vérités qui nous ont été fidèlement transmises et qui constituent la lumière pour notre vie quotidienne ? La réponse est simple : dans le Credo, dans la Profession de Foi ou le Symbole de la foi, nous nous rattachons à l’événement originel de la Personne et de l’Histoire de Jésus de Nazareth "

 

Pour terminer il rappelle encore la nécessité de connaître, comprendre et prier le Credo. Pour nous aider, le Catéchisme de l'Eglise Catholique initié par Jean Paul II.  Il serait bon en effet, à titre individuel, paroissial ou diocèsain de se plonger dans les articles du CEC au sujet du Credo.

"Souvent le chrétien ne connaît même pas le noyau central de sa propre foi catholique, du Credo, au point de laisser place à un certain syncrétisme et relativisme religieux, sans clarté sur les vérités à croire et sans la particularité salvifique du christianisme. On court aujourd’hui le risque de construire, pour ainsi dire, une religion « bricolée ». Nous devons, en revanche, revenir à Dieu, au Dieu de Jésus Christ, nous devons redécouvrir le message de l’Évangile, le faire entrer de manière plus profonde dans nos consciences et dans la vie quotidienne."

 

Benoît XVI conclue ainsi: " je  voudrais offrir de l’aide pour accomplir ce chemin, pour reprendre et approfondir les vérités centrales de la foi sur Dieu, sur l’homme, sur l’Église, sur toute la réalité sociale et cosmique, en méditant et en réfléchissant sur les affirmations du Credo. Et je voudrais qu’il apparaisse clairement que ces contenus ou vérités de la foi (fides quae) sont liés directement à notre vécu ; ils requièrent une conversion de l’existence, qui donne vie à une nouvelle manière de croire en Dieu (fides qua). Connaître Dieu, le rencontrer, approfondir les traits de son visage met notre vie en jeu, car Il entre dans les dynamismes profonds de l’être humain."

 

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 15:07

N.pngous avons pu entendre la semaine dernière l'évangile selon saint Luc (11, 1-4) où Jésus nous apprend la prière du Notre Père. Cette prière se retrouve aussi chez saint Matthieu qui lui ajoute deux demandes. C'est cette dernière forme à 7 demandes qui sera retenue par la liturgie et que les pères ont aimé mettre en parallèle avec les béatitudes et les 7 dons du Saint Esprit.

La dernière phrase de la péricope est traduite ainsi : "et ne nous soumets pas à la tentation."

Cette traduction ambigue peut poser problème. Dieu s'amuse t'il réellement à nous tenter pour voir si nous allons résister au mal ou au contraire sombrer dans le péché? nous fait-il passer tout au long de notre vie, une série d'épreuves pour savoir qui sera le meilleur? qui sera digne d'être sauvé? S'amuse t-il avec notre rédemption et notre vie éternelle?

La traduction est comme je vous le faisais remarquer quelque peu ambigue et il faudrait sans doute - pour éviter les confusions doctrinales - dire  ( comme le propose la Bible de Jérusalem) " ne nous laisse pas entrer en tentation" plutôt que " ne nous fait pas entrer en tentation."

 En effet, Dieu qui est Amour et Miséricorde ne peut en aucun cas nous soumettre à la tentation, le Catéchisme de l'Eglise Catholique le rappelle très clairement: "Traduire en un seul mot le terme grec est difficile : il signifie " ne permets pas d’entrer dans " (cf. Mt 26, 41), " ne nous laisse pas succomber à la tentation ". " Dieu n’éprouve pas le mal, il n’éprouve non plus personne " (Jc 1, 13), il veut au contraire nous en libérer. Nous lui demandons de ne pas nous laisser prendre le chemin qui conduit au péché. Nous sommes engagés dans le combat " entre la chair et l’Esprit ". Cette demande implore l’Esprit de discernement et de force." (CEC n° 2846)

Dieu nous libère du péché, c'est une des raisons de la venue du Christ qui se fait chair et qui meurt sur la croix. Le péché et le mal existent, ce sont des réalités tangibles dont il faut nous écarter. Dieu au contraire nous envoie des moyens pour lutter contre ceux-ci. Il nous envoie son Esprit Saint pour discerner le mal, c'est-à-dire le reconnaître, le nommer pour mieux l'éviter et le combattre.

Cette possiblité de renoncer au péché engage notre liberté et notre responsabilité. Dieu ne force personne à suivre le chemin du bien. De plus, Dieu ne permet aucune épreuve, aucune tentation au-dessus de nos forces et capacités et sans nous donner par ailleurs les moyens de la combattre ou de l'éviter.

Jésus lui même a été tenté à plusieurs reprises au cours de sa vie. Il suffit de se remémorer l'épisode des tentations au désert ou celui de Géthsémanie. Dans les deux cas, Il a réussi à résister par le recours à la Parole de Dieu et la prière. On pourrait ajouter l'ascèse (le jeûne) et l'aumône ( le partage  ou encore le service du prochain). Ce sont deux autres moyens largement expérimentés par les pères du désert et toute la tradition monastique.

 

Pour conclure quelques remarques des pères...

Saint Cyprien écrivait: " Ceci nous avertit de notre faiblesse et de notre infirmité, afin que nous ne laissions pas aller à l'insolence de l'orgueil, et en mettant en avant la confession de l'humilité et de l'obéissance, en donnant tout à Dieu, sa tendresse accorde ce qui fait l'objet de notre suppliante demande."

Cette demande en effet nous rappelle que Dieu seul peut nous aider à connaître le bien et le mal. Adam et Eve ont cru ( par orgueil) en croquant dans le fruit défendu s'affranchir du jugement de Dieu mais Il est le seul à pouvoir nous aider à définir le bien et le mal. Faire passer un mal pour un bien est une des caractéristiques du péché et une question morale majeure.

Quant à ceux qui rechercheraient volontairement les épreuves, saint Basile les condamne déjà: " Cependant, nous ne devons pas dans nos prières demander les afflictions temporelles, car le Christ nous a prescrit de demander d'être délivrés en général des tentations; et si quelqu'un les subit, il doit demander à Dieu la force de les soutenir, afin que s'accomplisse en nous cette parole: " Celui qui résite jusqu'à la fin sera sauvé."

 

 

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 16:51

L.png'évangile qui nous est donné aujourd'hui est l'évangile bien connu du bon samaritain dans l'évangile selon saint Luc  10, 25-37. Il est l'un de ces textes que nous écoutons d'une oreille discrète car nous en connaissons la chute et "la morale": nous devons aimer tout le monde, nous mettre au service de notre prochain. Et pourtant, ce texte a bien des choses à nous dire, c'est pourquoi je vous en propose un petit commentaire.

" Pour mettre Jésus à l'épreuve, un docteur de la Loi lui posa cette question: "Maître que dois-je faire pour avoir part à la vie éternelle?"  Notons que c'est la même question que celle du jeune homme riche dans l'évangile de Marc que nous entendrons dimanche prochain. C'est une question de morale, du sens de la vie. Quels actes dois-je poser pour parvenir au but c'est-à-dire au Royaume de Dieu et à la vie éternelle?  A cette question d'ordre éthique Jésus renvoie immédiatement à la Loi, cadre de l'agir humain donné par Dieu. Le pharisien contrairement au jeune homme riche ne cite pas tout le décalogue mais va au coeur de la Loi en parlant uniquement du commandement de l'amour: " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même." Nous sommes bien au centre de la morale, la vertu théologale de charité qui ne passera jamais et à laquelle sont ordonnées toutes les autres vertus intellectuelles ou morales. Saint Ambroise lui rappelle que la Loi n'est là que pour annoncer la venue du Christ, le mystère de l'Incarnation: " C'était un de ceux qui croient connaîter la Loi, qui en savent les paroles et enignorent le sens. Aussi le Christ fait voir, par ce texte même de la loi, que ceux-là ignorent la loi et prouve que, dès le commencement, la loi a annoncé le Père et le Fils et le mystère de l'Incarnation du Seigneur."

 

Le débat va se poursuivre sur la question du prochain sous la forme d'une parabole qui tente comme toute parabole d'expliciter ce qu'est le Royaume de Dieu. Cette parabole va plus loin et donne des points de repères sur l'histoire même du salut et sur le sens de l'Incarnation du Christ. C'est un véritable résumé de l'économie du salut.

 

"Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho". Les Pères voient dans ce voyage, la chute de l'homme qui chassé du paradis (Jérusalem) se trouve à présent dans le monde. L'homme c'est Adam puis par extension tout homme. Sur la route de la vie terrestre, à cause du péché, l'homme rencontre le mal, des brigands qui vont le "dépuillé, roué de coups" et le laisse " à moitié mort". Ils nous ont dépuillé de "grâce spirituelle" selon l'évêque de Milan mais nous pouvons encore éviter les coups par le "vêtement de la foi". Trois hommes rencontreront l'homme blessé. Origène voit dans le prêtre la Loi, dans le lévite les prophètes et dans le Samaritain, le Christ. Si le prêtre et le lévite "descendent eux aussi", le Samaritain lui est en voyage. C'est le Christ qui s'incarne, qui se fait homme. Le prêtre et le lévite ne suffisent pas à notre salut, il a fallu que le Verbe se fasse chair.

Pour quelle raison s'incarne t'il? Pourquoi le Fils de Dieu se fait-il homme? Le Compendium du Catéchisme écrit: "Le Fils de Dieu s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie par l’opération du Saint-Esprit, pour nous les hommes et pour notre salut, c’est-à-dire pour nous réconcilier, nous pécheurs, avec Dieu, pour nous faire connaître son amour infini, pour être notre modèle de sainteté et pour nous rendre « participants de la nature divine » (2 P 1,4)." Il distingue donc quatre raisons à l'Incarnation: le salut, le pardon des péchés, l'amour infini de Dieu pour l'homme et la paricipation de l'homme à la vie divine.

L'homme a quitté Jérusalem et le Christ s'incarne (s'abaisse- c'est la kénose) pour que l'homme puisse "remonter" avec Lui. Il vient pour sauver et soigner l'homme du péché. C'est ce qui nous est raconté dans cette parabole.

Après avoir pansé ses plaies, le samaritain pose l'homme sur sa monture qui représente son corps qui a porté sur la Croix tous nos péchés  ( on peut faire aussi un parallèle avec le bon pasteur qui prend la brebis sur ses épaules) et le conduit à l'auberge. Là encore, la plupart des pères ont vu comme Origène, une image de l'Eglise qui accueille tous les hommes: "il porte le moribond et le conduit dans une auberge, c’est-à-dire dans l’Église qui accueille tous les hommes, ne refuse son secours à personne et où tous sont conviés par Jésus : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et qui ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai." L'Eglise est seulement une hôtellerie et non une maison car nous sommes bien de voyage sur cette terre, notre véritable demeure n'est pas l'Eglise mais bien Dieu et son Royaume.
Le Samaritain demeure peu de temps avec l'homme et pourtant Il s'assure qu'il ne manquera de rien en donnant deux deniers à l'aubergiste, il s'agit pour saint Ambroise des deux testaments: "Aussi le jour suivant – c’est-à-dire le jour de la Résurrection du Seigneur, il tira deux deniers et les remit à l'hôtelier en disant : prends soin de lui. Ces deux deniers sont peut-être les deux Testaments, qui portent sur eux l'effigie du Père éternel, et au prix desquels sont guéries nos blessures, ou bien les quatre Evangiles."

 

A travers cette parabole on retrouve l'image du Christ-médecin comme l'a relevé saint Augustin. Incarnation et Rédemption encore une fois ne peuvent être séparées. Il est important lorsque l'on parle de ce texte en catéchèse de prendre conscience dans un premier temps que nous aussi nous sommes des hommes blessés  et que le Christ s'est incarné pour nous. Nous avons besoin de la grâce  et de l'Esprit (l'eau et le vin) ainsi que du pardon de Dieu. Puis, comprendre que tout notre agir doit être imitation du Bon Samaritain, imitation du Christ.

 

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 14:19

M.pngois d'octobre, mois du rosaire...

Durant tout le mois d'octobre, les chrétiens se tournent vers Marie en priant Notre-Dame du rosaire.

Ce mot de rosaire signifie "couronne de roses". Au Moyen-Age, l'on aimait couronner Marie de roses qui représentaient les prières des fidèles.

Qu'est-ce qu'unn rosaire? Un rosaire renvoie à la prière du chapelet. Il comporte 4 chapelets au cours desquels on médite différents mystères de la vie du Christ: les mystères joyeux, les mystères lumineux (ajoutés par le pape Jean Paul II), les mystères glorieux et les mystères douloureux.

Le chapelet se compose lui-même de cinq dizaine de "je vous salue Marie" précédées par la prière du Notre Père et conclues par la prière "Gloire au Père, au Fils et au Saint Esprit, pour les siècles des siècles".

 

Le rosaire est la prière du pauvre, du simple. Composé à l'origine de 150 "Je vous salue Marie", il remplaçait en quelque sorte les 150 psaumes et permettait de méditer sur toute la vie du Christ par l'intermédaire de Marie sans pour autant savoir lire ou écrire. Les frères convers pouvaient ainsi s'associer aux offices des autres moines ou frères.

Ce sont les frères précheurs (dominicains) qui répandirent cette prière du chapelet. La Tradition stipule même que c'est saint Dominique qui le reçu de Marie. Ainsi, on peut voir dans l'Art de nombreux tableaux qui représentent Notre-dame du rosaire, saint Dominique et saint Catherine. 

 

Saint Dominique est reconnaissable dans son habit de frère précheur à gauche, en blanc. A droite, sainte Catherine de Sienne, une des très célèbre dominicaine associée pour l'occasion au fondateur de l'ordre.

Les cisterciens sous  l'impulsion de Saint Bernard qui aimait tout particulièrement Marie aidèrent eux aussi au développement du rosaire. Marie, du reste dans les litanies est appelée "rose mystique".

 

Jean Paul II a publié une très belle lettre apostolique au sujet de Notre-Dame du rosaire. Méditons quelques extraits:

". Le Rosaire de la Vierge Marie, qui s'est développé progressivement au cours du deuxième millénaire sous l'inspiration de l'Esprit de Dieu, est une prière aimée de nombreux saints et encouragée par le Magistère. (...) En effet, tout en ayant une caractéristique mariale, le Rosaire est une prière dont le centre est christologique. Dans la sobriété de ses éléments, il concentre en lui la profondeur de tout le message évangélique, dont il est presque un résumé. En lui résonne à nouveau la prière de Marie, son Magnificat permanent pour l'œuvre de l'Incarnation rédemptrice qui a commencé dans son sein virginal. Avec lui, le peuple chrétien se met à l'école de Marie, pour se laisser introduire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l'expérience de la profondeur de son amour. Par le Rosaire, le croyant puise d'abondantes grâces, les recevant presque des mains mêmes de la Mère du Rédempteur."

 

Pourquoi prier le rosaire aujourd'hui? Parce qu'il demeure une prière contemplative qui nous plonge dans les mystères essentiels de notre foi chrétienne et qu'il est école d'humilité et de simplicité: " Cependant, la raison la plus importante de redécouvrir avec force la pratique du Rosaire est le fait que ce dernier constitue un moyen très valable pour favoriser chez les fidèles l'engagement de contemplation du mystère chrétien (....) comme une authentique “pédagogie de la sainteté”: (...) Alors que dans la culture contemporaine, même au milieu de nombreuses contradictions, affleure une nouvelle exigence de spiritualité, suscitée aussi par les influences d'autres religions, il est plus que jamais urgent que nos communautés chrétiennes deviennent « d'authentiques écoles de prière ».Le Rosaire se situe dans la meilleure et dans la plus pure tradition de la contemplation chrétienne. Développé en Occident, il est une prière typiquement méditative et il correspond, en un sens, à la « prière du cœur » ou à la « prière de Jésus (...)"

Il s'agit avec Marie de contempler le Christ à travers les évènements de sa vie, ses paroles et ses gestes. Comme Marie, nous sommes invités à méditer et à garder tout cela dans notre coeur. Il s'agit avec Marie, "d'apprendre le Christ", d'imiter  et de "se conformer au Christ", de prier et enfin d'annoncer le Christ! 

Le rosaire, comme l'écrit le pape Jean Paul II, est un "résumé de l'Evangile"; il reste donc un moyen privilégié pour entrer en contact avec la Parole de Dieu.

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 13:39

N.pngous avons déjà publié il y a deux ans une note sur la petite Thérèse et sa doctrine de la petite voie. Aujourd'hui, 1er octobre, revenons un peu sur cette grande sainte qui aura marqué toute la spiritualité du XX et XXIeme siècle. Pour cela nous nous intéresserons à l'audience du 6 avril 2011 de Benoît XVI.

Jean Paul II qui la déclare "docteur de l'Eglise" en 1997, la caractérise comme "experte en scientia amoris". Et en effet ce que prêche la patronne des missions à travers la voie de l'abandon et de la miséricorde c'est bien l'Amour de Dieu: "Mais quel est cet Amour qui a rempli toute la vie de Thérèse, de son enfance à sa mort? Chers amis, cet Amour possède un Visage, il possède un Nom, c’est Jésus! La sainte parle continuellement de Jésus."

 

Toute la vie de Thérèse, humble et cachée, sera centrée sur le Christ. Son nom même de religieuse, "sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la sainte Face" renvoie aux deux grands mystères de la vie du Christ qui rythment notre année liturgique: les mystères de l'Incarnation ( Noël) et celui de la Rédemption ( Pâques). Cet amour, sainte Thérèse l'exprime à travers son acte d'offrance à l'amour miséricorideux de Dieu qu'elle rédige en la fête de la Saint Trinité de l'année 1895. Elle le portera  sur elle tous les jours. En voici quelques extraits:

 

"Ô mon Dieu, Trinité Bienheureuse, je désire vous aimer et vous faire aimer, travailler à la glorification de la sainte Eglise,

en sauvant les âmes qui sont sur la terre et en délivrant celles qui souffrent dans le Purgatoire.

Je désire accomplir parfaitement votre volonté et arriver au degré de gloire que vous m'avez préparé dans votre royaume; en un mot, je désire être sainte, mais je sens mon impuissance, et je vous demande, ô mon Dieu, d'être vous-même ma sainteté.

Puisque vous m'avez aimée jusqu'à me donner votre Fils Unique pour être mon Sauveur et mon Epoux, les trésors infinis de ses mérites sont à moi; je vous les offre avec bonheur, vous suppliant de ne me regarder qu'à travers la Face de Jésus et dans son Coeur brûlant d'amour.

(...) Je sens en mon coeur des désirs immenses, et c'est avec confiance que je vous demande de venir prendre possession de mon âme.Ah! je ne puis recevoir la sainte communion aussi souvent que je le désire; mais Seigneur, n'êtes-vous pas Tout-Puissant? Restez en moi comme au Tabernacle, ne vous éloignez jamais de votre petite hostie.

(...) Au soir de cette vie, je paraîtrai devant vous les mains vides, car je ne vous demande pas, Seigneur, de compter mes oeuvres... (...) Je veux donc me revêtir de votre propre justice, et recevoir de votre amour  la possession éternelle de vous-même.

Je ne veux pas d'autre trône et d'autre couronne que vous, ô mon Bien aimé.

(...) Afin de vivre dans un acte de parfait amour, je m'offre comme victime d'holocauste à votre amour misércordieux, vous suppliant de me consumer sans cesse, laissant déborder en mon âme les flots de tendresse infinie qui sont renfermés en vous, et qu'ainsi je devienne martyre de votre amour, ô mon Dieu! (...)

Je veux, ô mon Bien-Aimé, à chaque battement de mon coeur, vous renouveler cette offrande un nombr einfii de fois, jusqu'à ce que je puisse (...) vous redire mon amour dans un face à face éternel!"

 

Dans cette prière, on découvre un âme assoiffée de Dieu qui veut chaque jour aimer totalement le Christ, son Bien-Aimé. Cet Amour l'ouvre sur les autres et sur l'Eglise. Ce n'est pas une fusion de deux coeurs aimants. Cet amour se nourrit de l'Eucharistie, véritable pain de vie. Sainte Thérèse a aussi une conscience aigue  de la grâce de Dieu, c'est Dieu qui donne la sainteté. Elle s'abandonne totalement à la volonté et à la Providence divines. Elle se contente d'aimer: son carmel, sa famille, ses soeurs religieuses, de vivre et d'aimer Dieu malgré les souffrances physiques.

 

Quelles sont les deux sources de son Amour pour Dieu, la Bible-Parole de Dieu et l'Eucharstie. Ce sont là encore les piliers de notre vie chrétienne: "Un guide pour tous, surtout pour ceux qui, dans le Peuple de Dieu, accomplissent le ministère de théologiens. Avec l’humilité et la charité, la foi et l’espérance, Thérèse entre continuellement dans le cœur de la Sainte Ecriture qui renferme le Mystère du Christ. Et cette lecture de la Bible, nourrie par la science de l’amour, ne s’oppose pas à la science académique. La science des saints, en effet, dont elle parle elle-même dans la dernière page de l’Histoire d’une âme, est la science la plus élevée. (...)

Inséparable de l’Evangile, l’Eucharistie est pour Thérèse le Sacrement de l’amour divin qui s’abaisse à l’extrême pour s’élever jusqu’à Lui. Dans sa dernière Lettre, sur une image qui représente l’Enfant Jésus dans l’Hostie consacrée, la sainte écrit ces simples mots: «Je ne puis craindre un Dieu qui s’est fait pour moi si petit! (...) Je l’aime car Il n’est qu’Amour et Miséricorde!» (LT 266)."

 

Si les écrits de thérèse ne sont peut être pas toujours accessibles, nous pouvons sans difficulté nous mettre à son école. Ecole de la simplicité, de la confiance, de l'humilté et de l'Amour. Elle a compris du fond de son Carmel l'essence même de la vie chrétienne: «Confiance et Amour» sont donc le point final du récit de sa vie, deux mots qui comme des phares ont éclairé tout son chemin de sainteté, pour pouvoir guider les autres sur sa propre «petite voie de confiance et d’amour», de l’enfance spirituelle (cf. Ms C, 2v-3r; LT 226). Confiance comme celle de l’enfant qui s’abandonne entre les mains de Dieu, inséparable de l’engagement fort, radical du véritable amour, qui est un don total de soi, pour toujours, comme le dit la sainte en contemplant Marie: «Aimer c’est tout donner, et se donner soi-même» (Pourquoi je t’aime, ô Marie, PN 54/22). Ainsi Thérèse nous indique à tous que la vie chrétienne consiste à vivre pleinement la grâce du Baptême dans le don total de soi à l’Amour du Père, pour vivre comme le Christ, dans le feu de l’Esprit Saint, Son propre amour pour tous les autres."

 

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 09:46

E.pngn ce 21 septembre, nous fêtons saint Matthieu. Qui était-il? C'était un juif qui travaillait pour les romains. Il était collecteur d'impôts ou encore "publicain". Peu aimés car considérés comme des"collaborateurs", les publicains sont fortement critiqués par les autres juifs comme les pharisiens ou les zélotes ( défenseurs armés). Lévi pourtant deviendra l'un des douze apôtres mais aussi l'un des quatre évangélistes. Dans l'iconographie, il est représenté sous la forme d'un homme ailé - comme dans la vision d'Ezéchiel. Pourquoi un homme? Parce que son évangile est centré sur la vie du Christ et sur les implications que cela comportement pour celui qui désire le suivre. Saint Jérôme lui relève que l'évangile selon saint Matthieu débute par la généalogie de Jésus. Jésus, le messie attendu, nait dans une famille humaine.

 

L'Evangile de ce jour est bien entendu, l'appel de Lévi en Matthieu 9, 9-13. L'appel est relaté de manière très concise et comme souvent, Matthieu ne pose aucune question. Aucune parole n'est échangée et le nouveau disciple sans rien dire, abandonne tout -à l'instant- pour suivre le Christ: ""Jésus, sortant de Capharnaüm, vit un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain. Il lui dit:  "Suis-moi". L'homme se leva et le suivit" (Mt 9, 9). Marc (cf. 2, 13-17) et Luc (cf. 5, 27-30) racontent eux aussi l'appel de l'homme assis à son bureau de publicain, mais ils l'appellent "Levi"." (audience du 30 août 2006-Benoit XVI).

Jésus choisit ici, nous l'avons déjà remarqué, un pécheur. Une personne particulièrement mal vue à l'époque. Du reste, tout de suite après l'appel de Lévi suit une critique acerbe de la part des pharisiens: "Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains et de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient aux disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » 

Pécheurs, publicains et prostituées, c'est un peu le pack des personnes à ne pas féquenter... Jésus bien entendu ne s'arrête jamais à ces considérations sociales et humaines. Personne n'est exclu de son amitié, il le précise: "Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices. Car je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

Le pape le formule ainsi: "La bonne annonce de l'Evangile consiste précisément en cela:  dans l'offrande de la grâce de Dieu au pécheur!"

 

Matthieu est appelé alors qu'il est assis à son bureau. Pierre, Jacques, Jean et André eux étaient sur leurs barques en train de pêcher. Philippe était assis sous un figuier... Il est étonnant de voir que le Christ vient à la rencontre des hommes dans les activités les plus ordinaires de la vie. Saint Vincent de Paul aimait à dire qu'il fallait aller à la rencontre des hommes dans leurs activités quotidiennes: parler de légumes au jardinier, de ses enfants à la mère de famille. L'évangélisation passe forcément par ce moment de la rencontre dans le réel de la vie ordinaire. La sainteté, la vie chrétienne ne se construisent pas en dehors de nos activités concrètes. Le Christ habite tous les instants et toutes les choses ordinaires. Ce sont celles-ci que nous sommes appelés à transfigurer par le Christ et la charité.

 

Autre point important, nous l'avons dit aussi, est que Matthieu comprend tout de suite l'exigence de l'appel du Christ. Il abandonne son métier, c'est-à-dire sa source de revenus pour le suivre. Pourquoi? Il comprend immédiatement que certaines activités malhonnêtes ne sont pas compatibles avec le Christ. De fait, être chrétien implique de refuser le mal. Cela doit se traduire concrètement dans nos actes. Suivre le Christ et continuer à voler par exemple est un non-sens. Ecoutons Benoît XVI à ce sujet: " La concision de la phrase met clairement en évidence la rapidité de Matthieu à répondre à l'appel. Cela signifiait pour lui l'abandon de toute chose, en particulier de ce qui lui garantissait une source de revenus sûrs, même si souvent injuste et peu honorable. De toute évidence, Matthieu comprit qu'être proche de Jésus ne lui permettait pas de poursuivre des activités désapprouvées par Dieu. On peut facilement appliquer cela au présent:  aujourd'hui aussi, il n'est pas admissible de rester attachés à des choses incompatibles avec la "sequela" de Jésus, comme c'est le cas des richesses malhonnêtes. A un moment, Il dit sans détour:  "Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi" (Mt 19, 21). C'est précisément ce que fit Matthieu:  il se leva et le suivit! Dans cette action de "se lever", il est légitime de lire le détachement d'une situation de péché et, en même temps, l'adhésion consciente à une nouvelle existence, honnête, dans la communion avec Jésus."

 

Suivre le Christ comme nous le dit Bède le Vénérable, ce n'est pas seulement "marcher à sa suite", c'est "vivre comme lui": "C’est que le Seigneur qui l’appelait de l’extérieur par sa parole le touchait au plus intime de son âme en y répandant la lumière de la grâce spirituelle. Cette lumière devait faire comprendre à Matthieu que celui qui l’appelait à quitter les biens temporels sur la terre était en mesure de lui donner dans le ciel un trésor incorruptible. "

Puis le Christ entre chez Matthieu pour partager un repas. Matthieu qui a ouvert sa porte se trouve alors nourrit de la "lumière et de la présence" de Jésus.

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Published by Jacquotte - dans Catéchisme
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