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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 15:41

T.pngerminons aujourd'hui notre réflexion sur le sentiment religieux en l'homme. Il s'agit de l'audience du 11 mai 2011. Le pape part d'un constat bien connu: nous vivons dans une société sécularisée, les philosophies issues des Lumières avaient prévu la disparition des religions et pourtant  nous pouvons constater "un réveil du sentiment religieux, une redécouverte de l’importance de Dieu pour la vie de l’homme, une exigence de spiritualité, de dépasser une vision purement horizontale, matérielle de la vie humaine."

 

Pour le chrétien, l'homme créé à l'image de Dieu porte en lui le désir de Dieu. Il est de par nature, "homme religieux". En latin, vous pouvez trouver l'expression "capax dei":

"L’image du Créateur est imprimée dans son être et il ressent le besoin de trouver une lumière pour donner une réponse aux questions qui concernent le sens profond de la réalité; réponse qu’il ne peut trouver en lui-même, dans le progrès, dans la science empirique. L’homo religiosus ne ressort pas seulement des mondes antiques, il traverse toute l’histoire de l’humanité." 

On constate que les voies pour trouver Dieu, le Créateur, sont multiples et il n'est pas rare dans les conversations de se rendre compte qu'au fond tout le monde aspire, est à la recherche de quelque chose (quelqu'un?) qui le dépasse.

L'homme, être de désir, porte en lui le désir du bonheur, d'être heureux qui est un désir de plénitude que seul Dieu peut combler. Toutes les formes de religiosités sont des essais, des voies, des réponses pour parvenir à combler ce désir. un peu de transcendance dans toute cette immanence: "L’homme «numérique», tout comme celui des cavernes, cherche dans l’expérience religieuse le moyen de dépasser sa finitude et d’assurer son aventure terrestre précaire. D’ailleurs, sans un horizon transcendant, la vie perdrait son sens plénier et le bonheur, auquel nous tendons tous, est projeté spontanément vers l’avenir, dans un lendemain qui reste encore à réaliser"

 

Les religions, du latin religare, essaient de donner du sens... Elles sont des réponses aux grandes questions existentielles et métaphysiques de l'homme: qu'est-ce-que l'homme? Qu'est-ce que le bonheur? Comment y parvenir? Quelle sens à ma vie? Qu'est-ce que le bien? Quel sens à la souffrance? Pourquoi le mal? Qu'est-ce que la mort?

"L’homme sait qu’il ne peut répondre seul à son besoin fondamental de comprendre. Même s’il a nourri et nourrit encore l’illusion de se suffire à lui-même, il fait l’expérience de ne pas se suffire à lui-même. Il a besoin de s’ouvrir à autre chose, à quelque chose ou à quelqu’un qui puisse lui donner ce qui lui manque, il doit sortir de lui-même pour aller vers Celui qui est en mesure de remplir l’ampleur et la profondeur de son désir."

Si l'homme est un être de désir, c'est qu'il lui manque toujours quelque chose... qui peut combler ce manque et si possible de manière définive ? Ce désir provoque au moins en lui une recherche et une quête de l'autre et de l'Autre.

Cette quête de l'Autre, c'est tout simplement le désir de Dieu qui nous mène à la prière: "L’homme porte en lui une soif d’infini, une nostalgie d’éternité, une recherche de beauté, un désir d’amour, un besoin de lumière et de vérité, qui le poussent vers l’Absolu; l’homme porte en lui le désir de Dieu. Et l’homme sait, d’une certaine façon, qu’il peut s’adresser à Dieu, il sait qu’il peut le prier"

 

Qu'est-ce que la prière? Le saint père la définit encore une fois avec beucoup de clarté: "Saint Thomas d’Aquin, l’un des plus grands théologiens de l’histoire, définit la prière comme l’«expression du désir que l’homme a de Dieu». Cette attraction vers Dieu, que Dieu lui-même a placée dans l’homme, est l’âme de la prière, qui revêt ensuite tant de formes et de modalités selon l’histoire, le temps, le moment, la grâce et même le péché de chaque orant. L’histoire de l’homme a, en effet, connu diverses formes de prière, car il a développé différentes modalités d’ouverture vers l’Autre et vers l’Au-delà, si bien que nous pouvons reconnaître la prière comme une expérience présente dans chaque religion et culture."

Il continue ainsi esquissant les difficultés et les pièges possibles de la prière: " il est nécessaire d’avoir à l’esprit que celle-ci est une attitude intérieure, avant d’être une série de pratiques et de formules, une manière d’être devant Dieu avant d’être l’accomplissement d’actes de culte ou la prononciation de paroles. La prière a son centre et plonge ses racines au plus profond de la personne; c’est pourquoi elle n’est pas facilement déchiffrable et, pour le même motif, elle peut être sujette à des malentendus et à des mystifications. C’est dans ce sens également que nous pouvons comprendre l’expression: prier est difficile. En effet, la prière est le lieu par excellence de la gratuité, de la tension vers l’Invisible, l’Inattendu, l’Ineffable. C’est pourquoi l’expérience de la prière est un défi pour tous, une «grâce» à invoquer, un don de Celui à qui nous nous adressons." 

Pensons-nous en effet à prier pour mieux prier ou même apprendre à prière? La prière est aussi fondamentalement un don de Dieu.

 

Le texte se passe de commentaires: "Dans l’expérience de la prière, la créature humaine exprime toute la conscience de soi, tout ce qu’elle réussit à saisir de sa propre existence et, dans le même temps, elle se tourne entièrement vers l’Etre face auquel elle se trouve, elle oriente son âme vers ce Mystère dont elle attend l’accomplissement des désirs les plus profonds et l’aide pour surmonter l’indigence de sa propre vie. Dans le fait de regarder un Autre, de se diriger «au-delà» se trouve l’essence de la prière, comme expérience d’une réalité qui dépasse ce qui est sensible et contingent. Toutefois, c'est uniquement en Dieu qui se révèle que la recherche de l'homme s’accomplit pleinement. La prière qui est ouverture et élévation du cœur à Dieu, devient ainsi un rapport personnel avec Lui. Et même si l'homme oublie son Créateur, le Dieu vivant et vrai ne cesse d'appeler le premier l'homme à la rencontre mystérieuse de la prière. "

 La prière, lieu de rencontre avec Dieu, est lieu de vérité et de joie. C'est un lieu où l'homme se tient en vérité face à lui-même et face à Dieu. C'est un lieu où il peut apprendre à se connaître ainsi que son Créateur. C'est un lieu où s'oubliant soi-même, il devient pourtant davantage lui-même.

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 14:56


C.pnge blog ayant connu une pause assez conséquente, il est grand temps de revenir sur les catéchèse de Benoît XVI. Il s'agit en fait des audiences du mercredi. Vous pouvez retrouver les textes ou les vidéos sur le site du Vatican.

Depuis 2009 environ, le saint Père s'était intéressé aux pères de l'Eglise. Puis, il avait parcouru l'ensemble des écrits des théologiens médiévaux enfin il s'était arrêté sur les grandes figures féminines de l'Eglise.

 

Depuis le 4 mai 2011, le voilà qui nous parle de la prière. Ce n'est pas anodin, après nous avoir donné pendant deux ans des exemples très variés de saints.  Il aborde donc ce qui fait l'essence même de la vie du chrétien: la prière.

Regardons d'abord ce que nous dit Benoît XVI de la sainteté :"Mais la question demeure: comment pouvons-nous parcourir la voie de la sainteté, répondre à cet appel? Puis-je le faire avec mes propres forces? La réponse est claire: une vie sainte n’est pas principalement le fruit de notre effort, de nos actions, car c’est Dieu, le trois fois Saint (cf. Is 6, 3), qui nous rend saints, c’est l’action de l’Esprit Saint qui nous anime de l’intérieur, c’est la vie même du Christ ressuscité qui nous est communiquée et qui nous transforme." (audience du 13 avril 2011). Dieu rend saint comme lui-même est saint. C'est Dieu - qui est Amour - qui doit agir en nous. La question est alors, comment laissons-nous agir Dieu en nous, dans notre vie? Quelle place lui laissons-nous? Comment connaître la volonté de Dieu. La prière est ce moyen privilégié , avec les sacrements,  pour connaître la volonté de Dieu, nourrir notre foi et faire grandir notre connaîssance de Dieu.

"Comment notre façon de penser et nos actions peuvent-elles devenir la manière de penser et d’agir du Christ et avec le Christ? (...) Qu’est-ce qui est essentiel? Il est essentiel de ne jamais laisser passer un dimanche sans une rencontre avec le Christ Ressuscité dans l’Eucharistie; cela n’est pas un poids en plus, mais une lumière pour toute la semaine. Il ne faut pas commencer ni finir une journée sans avoir au moins un bref contact avec Dieu. Et, sur la route de notre vie, suivre les «panneaux routiers» que Dieu nous a communiqués dans le décalogue lu avec le Christ, qui est tout simplement l’explicitation de ce qu’est la charité dans des situations déterminées. Il me semble que cela est la véritable simplicité et la grandeur de la vie de sainteté: la rencontre avec le Ressuscité le dimanche; le contact avec Dieu au début et à la fin de la journée; suivre, dans les décisions, les «panneaux routiers» que Dieu nous a communiqués, qui sont seulement des formes de charité"

 

Tout croyant, quelque soit sa religion, prie. Mais quelle est la spécificité de la prière chrétienne et sa richesse? Le pape va donc parler plus particulièrement de la prière chrétienne, celle enseignée  par Jésus "et que continue à nous enseigner l’Eglise". Plus qu'un enseignement sur la prière, le saint père nous propose de rejoindre "une école de prière" car, on oublie trop souvent de le dire, même si tout le monde sait prier, il faut cependant apprendre à prier comme il faut apprendre à faire silence, à écouter... Le pape parle de l' "Art de la Prière". Cela me fait penser à un livre offert et lu  il y a quelques années "l'art de la prière" du père Vincent Jordy que je peux vous conseiller.

 Tous, quelque soit notre avancée dans la vie spirituelle, nous avons besoin d'apprendre:  "même ceux qui sont très avant dans la vie spirituelle sentent toujours le besoin de se mettre à l'école de Jésus pour apprendre à prier avec authenticité. Nous recevons la première leçon du Seigneur à travers Son exemple. Les Evangiles nous décrivent Jésus en dialogue intime et constant avec le Père: c’est une communion profonde de celui qui est venu dans le monde non pour faire sa volonté, mais celle du Père qui l'a envoyé pour le salut de l'homme."

Ce n'est que dans cette relation intime, de ce dialogue quotidien avec le Seigneur que nous pourrons Le connaître et faire Sa volonté. Faire la volonté du Père, c'est grandir en charité et progresser sur le chemin du bonheur. Il donc vital pour nous de prier.

 

Dans cette première catéchèse sont évoquées les formes de prières présentes dans l'Antiquité: Mesopotamie, Egypte ancienne, Grèce et Rome antiques... Le pape relève à travers quelques exemples, la prière de demande formulée par l'homme souffrant, la demande de pardon de l'homme pécheur qui implore un Dieu bon et miséricordieux, la prière de l'homme qui demande à Dieu des qualités de l'âme en vue de devenir meilleur, des prières d'adoration ou qui montre que l'homme désire connaître davantage Dieu, des prières plus "utilitaristes" où l'on demande à Dieu sa protection, des prières de louange et d'action de grâces (merci), des prières pour éclairer son action... que de formes diverses de prières. Le christianisme les connaît tous et nous invite à les vivre. En effet, qu'est qu'une vie sans prière pour le croyant?

" (...) démontrant ainsi que la vie humaine sans la prière, qui ouvre notre existence au mystère de Dieu, devient privée de sens et de référence. En effet, dans chaque prière s’exprime toujours la vérité de la créature humaine, qui d’une part fait l’expérience de la faiblesse et de l’indigence, et demande donc de l’aide au Ciel, et de l’autre est dotée d’une dignité extraordinaire, car, en se préparant à accueillir la Révélation divine, elle se découvre capable d’entrer en communion avec Dieu."

Toutes les cutlures, toutes les religions ont donné des exemples de prières, des hommes de prière. Cela nous montre bien que le désir de Dieu est bien inscrit dans le coeur de tous. L'homme de par sa nature est à la recherche de Dieu.

La prière reste le moyen pour écouter et parler à Dieu.

"L’homme de tous les temps prie car il ne peut faire à moins de se demander quel est le sens de son existence, qui reste obscur et décourageant, s’il n’est pas mis en relation avec le mystère de Dieu et de son dessein sur le monde. La vie humaine est un mélange de bien et de mal, de souffrance imméritée et de joie et de beauté, qui nous pousse spontanément et irrésistiblement à demander à Dieu cette lumière et cette force qui puisse nous secourir sur la terre et ouvrir une espérance qui aille au-delà des frontières de la mort.'

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 12:17

J.pnge me suis rendue compte que nous n'avions jamais évoqué en éthique, les questions de la morale sociale. Or l'Eglise possède une doctrine sociale importante et très intéressante. Si vous n'êtes pas familiarisés avec ces questions, je vous conseille plutôt que de vous lancer dans la lecture des nombreuses encycliques sociales de vous procurer le Compendium de la Doctrine Sociale de l'Eglise composé par le Conseil pontifical "Justice et Paix" et publié en France aux éditions du Cerf. L'index entres autres est très bien conçu  et permet de retrouver rapidement une question.

 

Quelques mots sur l'Avant Propos rédigé par Monseigneur Descubes, archevêque de Rouen. Il débute son propos en soulignant que la Parole de Dieu est "aussi une parole sur l'homme et la société". Et, en effet, si peu de normes morales et sociales sont données avec précision dans le Nouveau Testament, la Bible nous fournit en revanche de grandes lignes de conduite pour que l'homme s'humanise toujours davantage. A l'heure où les notions de bien commun, de loi naturelle sont quelque peu malmenées ou l'on confond souvent justice, équité et égalité- pour ne donner quelques exemples-  il est bon de se former à la doctrine sociale de l'Eglise...Monseigneur Descubes rappelle brièvement depuis le début du XIX, les grande étapes et grand textes de la Doctrine Sociale comme par exemple l'incontournable rerum novarum de Léon XIII, les interventions radiophoniques de Pie XII et le Concile Vatican II...

Pourquoi un compendium? Il a été demandé par Jean Paul II et c'est pourquoi l'évêque de Rouen le cite en introduction: " L'enseignement et la diffusion de la Doctrine Sociale de l'Eglise appartiennent à  sa mission d'évangélisation: c'est une partie essentielle du message chrétien, car cette doctrine en propose les conséquences directes dans la vie de la société et elle place le travail quotidien et la lutte pour la justice dans le cadre du témoignage rendu au Christ Sauveur."

 Trois thèmes structurent le Compendium: "Le dessein d'amour de Dieu pour l'humanité"; "La Famille, cellule vitale de la société" ( en ces temps de réflexion sur le sens de la famille, cette partie est à étudier en urgence...) et enfin "la doctrine sociale et l'action ecclésiale."

 

Le corps social ou société c'est l'union organique de plusieurs membres poursuivant volontairement une fin commune par des moyens pris en commun. Plusieurs principes font former la société. Ils sont développés au chapitre 4 de la première partie. Ils sont selon le Compendium, "les véritables fondements de l'enseignement catholique: à savoir le principe de la dignité humaine- déjà traité au chapitre précédent- sur lequel reposent tous les autres principes et contenus de la doctrine sociale, ceux du bien commun, de la subsidiarité et de la solidarité."

"En raison de leur durée dans le temps et de leur universalité, l'Eglise les désigne come le paramètre de référence premier et fondamental pour l'interprétation et l'évaluation des phénomènes sociaux, dans lequel puise les critères de discernement et de conduite de l'action sociale, en tout domaine." Ces principes- bien commun, subsidiarité et solidarité, s'appuient donc sur le concept de "dignité humaine" et ne peuvent se comprendre l'un sans l'autre. Ils s'articulent entre eux.

Vont se joindre à ses principes des valeurs comme la vérité, la justice ou encore la liberté.

Au n°163 par exemple, le texe relie ces principes à la vérité de la société. Là encore, l'idée du relativisme est rejetée et l'Eglise se situe sur un plan universel lorsqu'elle évoque ces principes. Vérité, principes qui vont cependant être utilisé avec la conscience de chacun et sa liberté propre. Il faut se confronter au sens de la vie sociale car tout homme, animal politique, vit dans la société."Ces principes ont une signification profondément morale car ils renvoient aux fondements ultimes qui ordonnent la vie sociale." Cela implique aussi que tous, aussi bien les individus que les institutions, les reconnaissent et agissent en ce sens.

 

Ces 4 principes et trois valeurs sont les fondamentaux de la réalité sociale dans son ensemble ( relations interpersonnelles, politiques, économiques). Ce sont les principes qui vont servir de référence dans l'interprétation de des phénomènes sociaux et comme critères de discernement de l'action sociale.

 

Quelques mots seulement sur le bien commun.

La notion de bien commun a un long passé dans la philosophie grecque et scolastique (Saint Thomas d'Aquin) et est le principe organisateur de tout le discours social de l'Eglise en matière de politique, d'économie...C'est Léon XIII qui remet au premier plan de la doctrine sociale cette notion dans Rerum novarum. Dans le contexte de l'idéologie marxiste et communiste, il rappelle que le principe organisateur de la société ne peut être l'opposition entre les différentes classe sociales mais "la juste relation des personnes en fonction de leur rôle au service de tous." Le bien doit être suivi et servi par tous et non  "selon des visions réductrices subordonnés aux avantages partisans"... Il est étonnant de voir comme dans notre société nous avons perdu le sens du bien commun et comme nous sommes rapides à chercher notre bien personnel ou celui de notre classe ou de notre "communauté". Or comme le souligne le texte, le bien commun est "difficile à atteindre car il recquiert la capacité de réaliser le bien des autres comme si c'était le sien et de le rechercher constamment" et cela sous l'angle de la vérité.

Bref, "le bien commun ne consiste pas dans la simple somme des biens particuliers de chaque sujet du corps social. Etant à tous et à chacun, il est et de demeure commun, car indivisible et parce qu'il n'est possible qu'ensemble de l'atteindre, de l'accroître et de le conserver, notamment en vue de l'avenir. Comme l'agir moral de l'individu se réalise en faisant le bien, de même l'agir social parvient à sa plénitude en accomplissant le bien commun. De fait, le bien commun peut être compris comme la dimension sociale, communautaire du bien moral."

 

La question du bien commun va rejoindre très rapidement la questions des biens et de leur répartition.La justice sociale (juste répartition des richesses) rejoint alors la question du bien commun. Les différents textes abordent alors les questions de justice et d'équité. Pie XI, dans Quadragesimo anno en 1931( nous sommes dans le contexte bien rude de la crise de 1929) , par exemple,  aborde avec pertinence les questions du libéralisme économique. Le Compendium traite ainsi de la destination universelle des biens, de la question de la propriété privé et enfin de l'option préférentielle pour les pauvres.

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 11:09

 

 

L.pnge 11 octobre 2011, Benoît XVI publiait la lettre apostolique " Porta Fidei", "par laquelle est promulguée l'année de la foi." Ainsi, le mois prochain, le 11 octobre 2012, s'ouvrira pour l'Eglise l'année de la foi. C'est une lettre très riche que je conseille à tous de lire (vous pouvez la trouver en ligne sur le site du Vatican).

Regardons plus en détails le premier paragraphe qui souligne l'essentiel: "Il est possible de franchir ce seuil quand la Parole de Dieu est annoncée et que le coeur se laisse modeler par la grâce qui le transforme."

Première chose, la foi doit déjà être annoncée ( c'est le rôle de tous les chrétiens, nous sommes tous "prophètes" par notre baptême). Ce qui n'est pas toujours chose évidente et nous avons à redécouvrir le rôle primordial de la mission! Qu'annonçons-nous dans un premier  temps? non une doctrine, non des valeurs ou une morale, non un livre  mais la Parole de Dieu, c'est-à-dire notre foi en une personne qui s'adresse encore et toujours aux hommes. Puis, dans la liberté, la grâce peut agir. Souvent, les néophytes ou les recommançants disent qu'ils ont trouvé Dieu, la foi. N'oublions pas que la foi est un don, que c'est toujours Dieu qui a l'initiative si, librement, nous l'acceptons.

Cette foi implique un engagement... Il est bon là aussi de le rappeler alors que beaucoup d'entre nous ne se souviennent de l'Eglise que lorsqu'il s'agit de réclamer un sacrement ou une bénédiction: mariage, baptême, funérailles... Engagement souligne le pape qui commence par le baptême et qui se termine lors du passage à la vie éternelle.

Quel est le coeur de la foi chrétienne? C'est de croire en un seul Dieu qui est Trinité et Amour ( 1Jn 4,8). Face à la crise de la foi, notre pape a à coeur de souligner "l'exigence de redécouvrir le chemin de la foi pour mettre en lumière de façon toujours plus évidente la joie et l'enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le Christ."

Comment entretenir sa foi? Deux moyens à la portée de tous: se nourrir de la Parole de Dieu (possédons-nous une Bible? si non, on peut toujours lire la Parole de Dieu en ligne, application Iphone possible...) et du pain de vie c'est-à-dire l'eucharistie.

 

L'année de la foi correspond à l'anninversaire de l'ouverture du Concile Vatican II. Ce n'est pas anodin. Car pour annoncer, transmettre la foi, il est bon de se former, de connaître ensuite les doctrines qui découlent de notre foi. Il n'est pas rare de voir des gens réciter leur Credo et par ailleurs affirmer qu'ils croient en la réincarnation. Croyance qui est pourtant incompatible avec notre foi. Comme le remarque Benoît XVI, les contenus de la foi ont "besoin d'être confirmés, compris et approfondis de manière toujours nouvelle". Les texte du Concile mais surtout le Catéchisme de l'Eglise Catholique (CEC) restent ces moyens privilégiés. Nous ne pouvons nous permettre d'interpréter seul la foi. C'est dans et par l'Eglise que nous pouvons professer "la vraie foi". L'héritage est si riche, si beau, qu'il sera dommage de s'en priver!

 

Le premier moyen pour annoncer la foi est de vivre sa foi. Lapalissade? Il nous faut " faire resplendir la Parole de vérité que le Seigneur nous a laissée" par l'exemple de notre vie. Il implique pour chacun une véritable " conversion". Nous avons là à redécouvrir le sacrement de la réconciliation (confession).

Méditation de la parole, eucharistie, conversion et sacrement du pardon, unité de vie... alors c'est avec enthousiasme que nous pourrons passer à l'évangélisation: "En effet, la foi grandit quand elle est vécue comme expérience d'un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie." bref, "la foi grandit et se renforce seulement en croyant." La foi n'est pas acquise et reçue au baptême ou au moment de sa conversion. Elle s'entretient, se nourrit et grandit ... Il nous faut être vigilants... la tiédeur peut nous gagner.

 

Benoît XVI parvient alors au contenu de la foi: le credo. Profession de foi à la fois personnelle et communautaire. La foi se confesse, se proclame et doit biensûr être connue. Le pape nous rappelle la nécessité d'apprendre par coeur le credo: un bon programme de catéchisme pour ceux qui ne savent pas quoi faire... Ce credo, doit être assentiment libre mais est aussi comme nous le disions tout à l'heure, don de Dieu et action de grâce qui transforme "la personne jusqu'au plus profond d'elle-même". Il nous faut donc connaître, comprendre les contenus de la foi mais aussi et surtout ouvrir nos coeurs à la grâce pour comprendre réellement et en profondeur cette foi.

La foi implique ensuite un "témoignage et un engagement publics." N'ayons pas peurs comme le disait JPII, la foi n'est pas du domaine privé et personnel: " la foi, parce qu'elle est vraiment un acte de la liberté, exige aussi la responsabilité sociale de ce qui est cru." La foi est reçue, elle reçue de Dieu et de son Eglise, tout son contenu est détenu dans le Credo et peut être compris par le CEC, nous n'avons pas le droit de la déformer pour notre compte et avons donc la responsabilité de nous former ( par l'intelligence, par les sacrements, par la prière et par la médiation de la Parole de Dieu) pour toujours mieux la comprendre et y adhérer toujours plus librement.

Dans les §11 et 12, le souverain pontife insiste sur le Catéchisme comme véritable "instrument pour soutenir la foi" et explique sa structure, puis à partir du § 13, il nous montre la nécessité de "parcourir à nouveau l'histoire de notre foi." Il va alors passer en revue les grandes étapes de l'histoire du salut et donner les exemples incontournables à connaître: Marie, Joseph, les Apôtres, les Martyrs, ceux qui on consacré leur vie à Dieu, les moines, ceux qui ont travaillé aux oeuvres sociales, tous ceux qui témoignent de leur foi dans leur vie quotidienne... Il parvient ainsi au témoignage mais surtout à l'action, à la charité... " A quoi sert-il mes frères, que quelqu'un dise: "j'ai la foi', s'il n'a pas les oeuvres?"

Ainsi, "La foi sans la charité ne porte pas de fruit et la charité sans la foi serait un sentiment à la merci constante du doute. Foi et et charité se réclament réciproquement, si bien que l'une permet à l'autre de réaliser son chemin."

 

Ce chemin n'est pas évident même s'il est fondamentalement source de joie... il peut être parsemé de doutes, de difficultés, de souffrances. Certains connaissent l'expérience douloureuse de la nuit de la foi. Là encore, une invitation: la confiance et la fidélité. Il faut savoir en toutes circonstances, se remettre à Dieu.

Terminons avec Benoît qui commente saint Paul: " Entendons cette invitation adressée à chacun de nous, pour que personne ne devienne paresseux dans la foi. Elle est une compagne de vie qui permet de percevoir avec un regard toujours nouveau les merveille que Dieu réalise pour nous. Engagée à saisir les signes des temps dans l'aujourd'hui de l'histoire, la foi incite chacun de nos à devenir signe vivant de la présence du Ressuscité dans le monde. Ce dont le monde d'aujourd'hui a particulièrement besoin, c'est du témoignage crédible de tous ceux qui, éclairés dans l'esprit et dans le coeur par la Parole du Seigneur, sont capables d'ouvrir le coeur et l'esprit de beaucoup au désir de Dieu et de la vraie vie, celle qui n'a pas de fin."

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 19:08

 

C.png'est avec un plaisir certain que je me suis plongée à nouveau dans le Pasteur d'Hermas publié dans la Collection "Sources chrétiennes".

Qui est ce fameux Hermas? En réalité, on connait peu de choses de lui. Il aura vécu au IIeme siècle après Jésus-Christ et on le suppose frère de Pie, le 10ème pape. Les éléments autobiograhiques relevés dans le livre semblent erronés, contradictoires et ne nous permettent pas réellement de connaître quelque chose de sa vie. Bref, notre Hermas est une sorte de prophète chargé de transmettre aux hommes le message qui lui est révélé au cours de différentes visions et de son dialogue avec le Pasteur qui est en fait l'ange de la Pénitence. Ecrit dans le style apocalyptique l'ouvrage peut être divisé en trois parties: 5 visions (la 5ème porte même le nom de révélation c'est-à-dire d'"apocalypse), 12 préceptes et 10 similitudes c'est-à-dire des paraboles. Hermas est le messager de la pénitence, lui-même pénitent. Tout le livre de fait s'articule autour de ce thème de la Pénitence. N'oublions pas en effet que dans les premiers temps de l'Eglise, seul le baptême lavait de tous les péchés et que les chrétiens étaient sensés mener une vie parfaite après avoir reçu le sacrement. Qui pouvait dès lors être sauvé? La question est celle de la Pénitence post-baptismale. Hermas plaide pour une pénitence extraordinaire (certains l'appellent le "jubilé") en s'appuyant sur la grande miséricorde de Dieu. Autour de ce thème s'articulent d'autres éléments moraux et théologiques intéressants: une christologie peu orthodoxe, l'habitation des deux Esprits en l'homme, l'Eglise, le discernement des esprits , le rôle et l'importance des oeuvres...

D'un point de vue moral, nous nous intéresserons surtout aujourd'hui aux 12 préceptes où notre auteur parle des vices, des vertus (on retrouve en effet un catalogue des vices et des vertus) et du discernement des esprits. Dieu donne aux chrétiens un esprit qui habite en eux. Celui-ci a besoin d'espace et peut être étouffé, chassé par l'esprit des vices: "Si tu est patient, l'Esprit Saint qui habite en toi sera pur de n'être pas obscurci par un autre esprit mauvais. Trouvant un large espace libre, il sera content, il se réjouira avec le vase qu'il habite et servira Dieu avec grande allégresse, puiqu'il aura de l'aisance."

Hermas a une représentation très matérielle de l'Esprit Saint qui peut être même souillé par les vices. Chaque vice est associé à mauvais esprit qu'Hermas nous décrit avec précision. Par exemple, l'esprit de médisance est agité, jamais en paix et la colère est "sotte, légère, stupide "Il reprend aussi le thème plus classique des deux voies, déjà présent par exemple dans la Didaché et dans le monde grec. L'homme doit choisir entre deux voies, celle du bien (le juste) et celle du mal (l'injuste). Mais si chez Hésiode, la voie du bien est tortueuse et difficile, l'optimisme d'Hermas fait de la voie du mal au contraire une voie "épineuse, rocailleuse, tortueuse, pleine d'obstacles " Comment choisir, trouver le bien? Hermas apprend alors que deux angeshabitent en l'homme. Là encore comment les distinguer? Quels sont les critères de discernement?La réponse est limpide:" "Comment donc, Seigneur, dis-je, distinguerai-je leur action, si les deux anges habitent en moi?"

"L'ange de justice est délicat, modeste, doux, calme. Quand c'est lui qui monte à ton coeur, d'emblée, il te parle de justice, de chasteté, de sainteté, de tempérance, de tout acte juste, de toute vertu noble." L'ange du mal lui est "colérique, amer, insensé, et ses oeuvres mauvaises corrompent les serviteurs de Dieu. Quand donc il monte à ton coeur, connais-le d'après ses oeuvres." En effet, tout comme le vrai et le faux prophète, il faudra discerner d'après les oeuvres, or les oeuvres de l'esprit mauvais sont: "colère,aigreur, de même les désir d'activités dispersées, les folles dépenses en festins nombreux, en boissons enivrantes, en orgies incessantes, en raffinements variés et superflus, la passion des femmes, de la grande richesse, l'orgueil exagéré, la jactance et tout ce qui y ressemble: si cela te monte au coeur, sache que l'ange du mal est en toi." Il donne ainsi une liste des oeuvres, vices à éviter et indique les oeuvres et les vertus à produire. Il est bon de noter que la pratique du bien, la foi, le service de Dieu procure la joie, véritable critère de la présence Dieu. C'est un fruit de l'esprit en Galates, ne l'oublions pas!

Hermas analyse ainsi, de manière très pertinente, le mécanisme des vices: comment ils s'infiltrent en l'homme, comment ils progressent, comment tel vice entraîne tel autre... Par exemple, la tristesse est la soeur du doute et de la colère. Il dresse ainsi toute une généalogie des vices qui s'engendrent les uns les autres. Hermas montre que pour les combattre, il faut s'appuyer sur la foi, comprise comme la confiance en Dieu, et que le diable n'a aucun pouvoir. L'homme s'il s'appuie sur Dieu, s'en remet entièrement à Lui, garde ses préceptes (commandements) sera sauvé, marchera dans la voie de la justice et possédera la vie. C'est un peu le leitmotiv du livre qui revient scandé les différentes sections: "Ecoutez-moi donc et craignez celui qui peut tout sauver et perdre et observez ses commandements et vous vivrez pour Dieu."

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 19:25

P.pngaul est l'auteur incontournable pour comprendre ce qu'est la conscience morale dans le christianisme.

L'évolution est très nette puisque le mot "suneidésis" apparaît plus de trente fois dans les textes apostoliques et la majorité dans les écrits pauliniens.

 

Le terme chez lui réunit les deux types de consciences (antécédente et conséquente) car elle permet de discerner le bien et le mal, de juger les actions passées et de conduire les actions futures. S’il emprunte le mot aux stoïciens, il ne s’agit pas d’une conscience autonome à leur manière. Pour eux en effet la conscience est libre en vertu de la connaissance qu’on a des lois de la nature. Pour Paul, le jugement de la conscience est toujours soumis à celui de Dieu. Une "bonne conscience", c'est toujours une conscience éclairée, guidée par la foi.

 

Nous ne pourrons pas tout étudier chez Paul bien entendu mais je vous propose de relever quelques points essentiels. Le premier est l'idée que tout le monde possède une conscience, ce qui n'a pas toujours été évident dans le judaïsme ancien. Ce grand principe se trouve en Romains 2, 14-16. C'est un passage tout à fait crucial pour le développement ultérieur de la notion de conscience. On y voit souvent l'affirmation de l'existence de la loi naturelle inscrite dans le coeur de chaque individu.Découvrons à présent ce passage: " Quand des païens, sans avoir la loi, font naturellement ce qu’ordonne la loi, ils se tiennent lieu de loi à eux-mêmes, eux qui n’ont pas de loi. Ils montrent que l’œuvre voulue par la loi est inscrite dans leur cœur : leur conscience en témoigne également ainsi que leurs jugements intérieurs qui tour à tour les accusent et les défendent. C’est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Evangile, Dieu jugera par Jésus Christ le comportement caché des hommes."

 

 

Dans ce passage, le terme de conscience a le même sens que dans l'antiquité grecque, c'est le témoin intérieur qui juge d'une bonne ou mauvaise action. Paul affirme que les païens sont capables de faire le bien alors qu’ils ne connaissent pas la Loi de Moïse (différence avec les pharisiens qui la connaissent peut être mieux que personne mais qui souvent font le mal). Si les païens sont capables de faire le bien, c’est parce qu’ils possèdent un « cœur » au sens biblique c’est-à-dire une conscience capable de distinguer le bien et le mal. La conscience est ici le lieu privilégié de la vie personnelle qui est le juge et le guide de la conduite humaine. Ici les prescriptions de la conscience sont placées sur le même plan que la loi voir au-dessus.

 

Autre point très important, les païens "se tiennent lieu de loi à eux-mêmes". Cela ne signifie pas que la loi est relative à chaque culture, civilisation ou religion mais que Dieu a donné à chacun de connaître sa volonté, sa loi à travers une loi spécifique et que chacun sera jugé selon la loi qu'il a reçu. Quelqu'un élevé dans la foi et selon la loi musulmane par exemple sera jugé selon ces principes là et non pas , bien évidemment, selon les principes chrétiens qui lui sont totalement inconnus. En comprenant bien cependant que Paul fait mention d'une loi inscrite dans les coeurs ( la loi naturelle?) et qu'une loi qui s'opposerait à celle-ci perdrait toute sa valeur et deviendrait par conséquent caduque.

C'est une loi inscrite dans les coeurs. Le paëns n'ont pas reçu la loi mosaïque mais seulement cette loi intérieure que l'on peut identifier à la lumière de la raison naturelle. Elle donne une connaissance du bien et du mal et dicte ce qu'il faut faire ou éviter. Il suffit, à la suite de Paul, de constater que certains observent une loi dont ils n'ont jamais entendu parlé. Cela prouve qu'il ont eu la connaissance de ces préceptes autrement que par la Révélation. 


On peut aussi relever l'importance du témoignage subjectif de la conscience. La conscience est ici  comme quelquehose de distinct de la personne. N'oublions pas  qu'étymologiquement «le mot signifie  "savoir avec un autre, être témoin ou complice d'une même chose". Mais en même temps;, il existe un caractère intime de cette connaissance interne.Paul définit l'acte de la conscience comme quelque chose en nous qui rend témoigne, qui atteste de la présence de Dieu en nous. C'est un témoignage en quelque sorte "non-humain". Il viendrait  plutôt de l'Esprit Saint.

La conscience est comprise ici comme un témoin à charge ou à décharge. Comme les païens d’avant la Loi qui suivent leur conscience. Est-ce qu’alors le témoignage intérieur est le principe qui fonde le comportement chrétien ? Paul insiste sur le fait qu’il faut suivre sa conscience mais là encore avec quelques réserves. La conscience n’est pas toute puissante, elledoit être au service de Dieu, au service de l'amour. N'oublions pas que la conscience peut s'égarer, se tromper. On ne peut s'appuyer uniquement sur sa propre connaissane. La conscience chrétienne ne  peut pas tout  juger. Il nous faut faire appel à l'Esprit Saint - Esprit de Conseil, Esprit de Sagesse- et  à aut rui pour nous aider dans notre discernement. Il faut apprendre à se connaître et à jauger notre propre conscience.

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 18:55

L.pnga morale évangélique-  fondée sur les deux commandements fondamentaux donnés par le Christ  - se développe dans une pratique sans pour autant qu'il y ait une véritable élaboration d'une éthique proprement chrétienne. La prédication de Jésus insiste sur l'avènement de la fin des temps et la nécessité de se convertir. L'homme- en tant qu'individu- doit changer d'attitude, de comportement tout en s'abandonnant à la miséricorde de Dieu s'il veut être sauvé. L'essentiel de la morale réside bien dans l'intériorisation de la loi, l'amour de Dieu et l'amour du prochain.  En d'autres termes, le salut passe par la soumission à la volonté  de Dieu et par le service du prochain. La vie toute entière du Christ témoigne de cet amour. La morale consiste donc essentiellement dans l'imitation de Jésus-Christ.

Quelle place tien la notion de "conscience" dans cette morale? En réalité, il n'y a pas de grande différence  avec l'Ancien Testament. Le mot grec "suneidésis" n’est pas utilisé mais le mot « cœur » est compris comme le siège de la pensée, le lieu du discernement entre le bien et  le mal. Ainsi, l’homme est appelé à une conversion du cœur et donc de la conscience. Le Christ dégage l’avènement d’une conscience libre, autonome et responsable. L’homme n’est pas asservi à la Loi! C’est l’homme (et sa conscience) qui sont premiers. Il prône une liberté intérieure et donc une loi intériorisée. Le cœur reste au centre de la connaissance et de la volonté morales.

Pensons au passage en Matthieu 15, 10-20. Il est rappelé que de manger avec des mains sales ne souillent pas l’homme (critique des pharisiens) mais ce qui souille l’homme est ce qui provient du cœur «  car c’est du cœur que sortent mauvaises raisons, meurtres, adultères, fornications, vols, faux témoignages, blasphèmes. »  Le passage se trouve dans tous les synoptiques (les synoptiques sont les évangiles de Luc, Marc et Matthieu. Ils contiennent de nombreux parallèles et ressemblances) 

Jésus n’abolit pas la loi mais il montre que c’est la pureté de l’intention qui doit régir sa pratique. Il dégage ainsi l’entrée de la conscience en apprenant à juger d’après le cœur, grâce à l’œil sain. Voir par exemple en Luc 11: "La lampe du corps, c’est ton œil. Lorsque ton œil est sain, alors, tout entier ton corps est lumineux ; mais quand il est mauvais, ton corps aussi est ténébreux. Veille donc à ce que la lumière qui est en toi ne soit pas lumineux sans avoir de partie ténébreuse, il sera lumineux tout entier, comme lorsque la lampe t’illumine de son éclat."

Jésus prépare bien  ainsi l’avènement d’une conscience libre qui  trouvera son sens et sa force grâce à l’Esprit répandu dans les cœurs.

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 22:47

V.pngoilà bien longtemps que nous n'avons pas ouvert notre livre de l'Apocalypse selon saint Jean. Nous en sommes au chapitre 12. Les 7 sceaux ont été ouverts, les trompettes ont résonné, les catastrophes arrivent!

 

A partir du chapitre 12 jusqu'au chapitre 15 , nous parvenons autour d'une nouvelle unité: les 7 signes.

Le premier des signes qui va nous intéresser aujourd'hui: la femme et le dragon. Le passage est complexe car très riche. Nous ne pourrons tout expliquer en une note... quelques précisions seulement sur l'identité des trois personnages principaux: la femme, le dragon et le fils.

 

La liturgie chrétienne identifiera la femme à la Vierge Marie. Elle sera souvent représentée de cette façon dans l'art : "enveloppée de soleil, et la lune sous ses pieds et sur une tête une couronne de douze étoile" (verset 1)

Cette couronne de 12 étoiles se trouve sur notre drapeeau européen. Les fondateurs avaient en effet confiés leur projet à Notre-Dame représentée ainsi à la cathédrale de Strasbourg (vous pouvez encore la voir à côté du pilier du jugement dernier et le grand vitrail du choeur reprend cette thématique) et avaient même proposé leur drapeau un 8 décembre, jour de l'Immaculée Conception...

La femme est aussi parfois identifiée à l'Eglise ( la communauté des baptisés) et Israël d'où vient le Christ. Les 12 étoiles pourraient être très clairement un rappel des 12 tribus d'Israël.

 

Le dragon, c'est le mal, c'est Satan.Ces chapitres annoncent en réalité la défaite du mal et des forces sataniques en action dans le monde. N'oublions jamais que ce livre est la révélation de la victoire finale et définitive du Christ. L'identité du dragon nous est révélé aux versets 7 à 9. On note une référence très claire au texte de la Genèse où Satan est le Serpent: "Celui qu'on appelle le diable et le Satan" c'est-à-dire "le séparateur" (celui qui sépare les hommes entre eux, celui qui sépare l'homme de Dieu) ou encore l'"adversaire". Au verset 7, est évoquée l'origine des démons ou encore la chute des anges avec le fameux combat entre l'archange Michel (et ses bons anges) contre les mauvais anges. Ceux-ci ayant choisi de s'opposer librement à Dieu sont "défigurés" et deviennent des démons. De la même manière que l'homme qui s'écarte de Dieu par un agir mauvais tend à se déshumaniser. Tolkien a repris cette idée dans son très célèbre Seigneur des Anneaux où l'on voit un hobbit choisir de suivre l'anneau et devenir "Gollum" (petite créature rampante, visqeuse et schizophrénique) ou encore les elfes devenir des orques.  Le choix du mal attaquant notre "ressemblance" divine (mais jamais notre "image").

Satan est aussi l' "Accusateur" (verset 10). Cela nous renvoie à l'histoire de notre bon vieux Job accusé par Satan devant Dieu.

 

Le fils. Il s'agit bien entendu du Christ. Ce récit de la naissance du Fils est un peu plus ardue que celle contée à Noël: " Elle est enceinte, et elle crie dans les douleurs et les tortures de l'enfantement. (...) Et le Dragon se tint devant la femme qui allait enfanter,pour dévorer son enfant, lorsqu'elle aurait enfanté." S'agit-il réellement d'une allusion à la Nativité ou ne serait-ce pas plutôt un récit pascal, une nouvelle naissance qui passe par la mort, la crucifixion, la descente aux enfers pour renaître à la vie éternelle? Marie ne serait-elle pas plutôt dans ces versets une vierge "dolorosa"?

Naissance qui dans tous les cas est annonce de la Résurrection et victoire sur Satan.

 

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 22:21

E.pngvidement, le terme de "conscience" n'existe pas en hébreu... Mais cela ne signifie pas pour autant que la notion est inexistante dans la pensée vétérotestamentaire. On retrouve bel et bien des éléments d'une réflexion sur la conscience à travers tout l'Ancien Testament.

 

Noublions pas que toute la morale dans la Bible est à comprendre à travers une foi et en particulier une alliance entre un Dieu unique et personnel et son peuple... Cette foi et cette connaissance en un Dieu unique est révélée. Dieu n'est pas connu dans ce cadre à partir de la nature. La morale hébraïque est liée à la volonté du père.

La morale dans l’AT est une morale religieuse qui n’a de sens que dans cette relation entre Dieu et le peuple qu’Il a choisi pour en faire le dépositaire de sa promesse et de son alliance où il appelle l’homme à la foi, à l’obéissance et à l’amour. La loi morale va ensuite se dévoiler progressivement, il existe toute une pédagogie divine. La loi ne se révèle pas sous forme d’obligations abstraites mais dans un rapport   où Dieu est soit le juge qui condamne, punit soit le père qui promet, qui délivre.

 

Tout homme existe devant Dieu. Devant Dieu il acquiert une connaissance morale de ses actes, déterminée par une règle objective identifiée à Dieu, son créateur. Il doit répondre devant Dieu de ceux qui violeraient cette règle objective : Sodome, Déluge, peuples étrangers comme Babylone condamnés…  La conscience c'est en quelque sorte cette  compréhension de la  volonté divine.

Dans ce contexte, on retrouve les grands questionnements autour de la conscience. On trouve ainsi:

  • la description d’un trouble et du remords.

  • La paix d’une conscience pure.

  • La connaissance de soi réside dans le cœur qui dépend de l’omniscience, l’omniprésence de Dieu législateur et juge.

Prenons, par exemple, l'épisode de la chute. Adam et Eve croquent dans le fruit défendu. Ils violent la prescription divine. Avant même d'être condamnés par Dieu quelque chose à changer en eux: "ils virent qu'ils étaient nus". Ils éprouvent une sorte de honte intérieure. Leur situation est pourtant identique mais de leur point de vue quelque chose à changer, ils se voient différemment. Ils se voient nus c'est-à-dire tels qu'ils sont dans leurs limites, leurs faiblesses... La conscience est née. L'homme porte seul un regard sur ses actes, il est déjà son propre juge. C'est seulement après que nos deux fautifs entendent les pas de Dieu et qu'ils doivent s'expliquer devant Lui. Adam et Eve n'ont pu, avant même d'être présentés à Dieu, échapper à leurs consciences respectives.

 

Cependant, ce n'est pas encore une conscience qui délbère ou juge. Qu'est ce qui relève du mal ou de la désobéissance: la mise en distance de Dieu.

Cependant, la LXX (la septante désigne les premières traductions grecques de l’AT en particulier du pentateuque, on les situe vers le II siècle avant JC. Sûrement une traduction des juifs égyptiens pour leur usage (III siècle avt JC)) utilise tout de même le mot grec suneidésis  On le trouve trois fois dans l’AT mais avec des sens différents.

On parle de « for intérieur » (en Qo 10, 20) ou encore de "témoignage intérieur". La notion est alors empruntée à la philosphie stoïcienne. Et nous verrons que ce terme de "suneidésis" nous révèlera bien des surprises.

 

 

La réalité de la conscience existe dans toute la Bible. et quand elle est précisée, la fonction de la conscience est  alors attribuée au cœur ou aux reins.

L'idée du coeur est très présente dans l’AT (hebreu lév ou lévâv et en grec kardia) : il signifie ce qui est caché à l’intérieur. C'est dans un sens beaucoup plus large que nous modernes où le coeur est seulement le siège des émotions, des sentiments. Ici en hébreu, c'est l'intime de l'homme: sentiments, émotions mais aussi pensées, mémoire, projets, raisonnements. C’est le siège des émotions et des différentes actions humaines (joie et tristesse, amour et haine, désir, trouble, peur, sollicitude et irritation, assurance et vanité), et le siège de l’intellect. En effet, le cœur remplit des fonctions intellectuelles et rationnelles. Il est proche alors de ce que l’on appelle « esprit ». C’est l’organe de la connaissance et de la compréhension lié à la fonction de l’oreille ( la connaissance étant surtout le fait d’écouter la Parole de Dieu et d’entendre sa volonté). C’est le lieu de l’attention et de la mémoire, de la pensée conscience, de la méditation. Le lieu du savoir et de la raison. Par exemple n 1 Roi 5, 9: « Dieu donne à Salomon, une sagesse et une intelligence extrêmement grande et un coeur aussi vaste que le sable qui est au bord de la mer »- le « coeur aussi vaste », c'est un savoir très étendu...

C’est aussi le siège de la volonté en tant qu’il est l’organe de la pensée, le lieu où naissent les intentions, où mûrissent les plans et les projets, où se prennent les décisions et le lieu où l’on trouve le courage de passer à l’action. C’est le lieu où se passe les choix moraux, de l’engagement éthique et religieux là où se révèle le cœur de l’homme, le cœur droit et pur, qui de tout cœur s’attache à Dieu et à sa Loi. Au contraire le cœur endurci sera celui de l’homme qui refuse la Parole de Dieu.

 

Le cœur est lié à la parole et aux mains car ce sont elles qui expriment ce qu’il y a au fond du cœur. Il est essentiel donc qu’une action soit sans duplicité, en accord avec le cœur. C’est vraiment le centre de l’être, là où la personne est face à elle-même, avec ses sentiments, sa raison, sa conscience ; là où elle assume sa responsabilité en posant des choix décisifs tournés ou non vers Dieu. Le mot cœur peut désigner aussi la personne toute entière.

 

Enfin, la conscience est  liée au sentiment du remords... Après avoir commis une faute, les personnages de l'AT tel David éprouve du remords caractérisé souvent par des battements rapides du coeur.

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7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 21:37

N.pngous verrons que les deux notions de "loi naturelle" et de "conscience" sont étroitement liées. Et, même si nous aborderons un peu plus tard ce thème de la loi, il est bon dès aujourd'hui d'établir quelques distinctions.

Une première constatation, il existe différents types de lois. Toutes ces "lois" ne reflètent pas les mêmes réalités et en quelque sorte n'ont pas la même "valeur" ni les mêmes conséquences sur l'agir humain.

 

 

Le terme de "loi" dérive du latin "lex" qui est une traduction du grec "nomos". Les étymologistes ne sont pas d'accord sur l'origine du mot. Est-ce du latin (« legere, lego » qui signifie « lire ») comme l'avance Isidore de Séville? La loi ne peut être connue en effet qu'à partir du moment où on l'a lue (au peuple). Elle doit être écrite pour avoir une certaine assurance et permanence. Cicéron lui affirmait qu'il venait d'« eligere » c'est-à-dire de "choisir" ou "cueillir" car la loi permet de choisir ce qui est mieux pour le groupe. D'autres trouvent une racine indo-européenne à ce terme ("lagh" qui signifie « établir »/ »poser »). Ne s'agirait-il pas plutôt de la notion de lien comme le suggère Saint Thomas qui fait dériver le mot du verbe "ligare" ( = lier)? Où est-il simplement issu du latin "legare" (envoyer un légat, un mandat)?

 

Quel est le rôle de la loi? Notons déjà que la norme en morale est ce qui donne la dimension universelle. Comme elle est universelle, elle tend à éclairer toutes actions en donnant la visée dernière. La visée dernière, c'est « la perspective d'une humanité à respecter ou à faire grandir. » (X.Thévenot).

Thévenot nous rappelle en effet que la norme, la loi est ce qui nous aide à prendre du recul... Pourquoi la loi nous dit cela? Lorsque nous sommes pris dans une situation complexe, le recours aux normes nous aident à situer notre agir dans un contexte plus objectif. Nous pouvons être pris par la peur, le désir, les passions.etc et la norme permet de discerner avec plus de vérité. Thévenot parle de fonction de "dé-sidérer".

 

La norme permet à l'homme-individu de s'inscrire dans une histoire, une mémoire car en générale, la loi ne tombe pas du ciel. Prendre en compte la temporalité, c'est une meilleure prise du réel. Dans ce cadre, ce qu'on va appeler la « tradition vivante » est très importante. La norme ouvre l'individu à l'autre, il vit dans un « groupe », une société. Je ne peux privilégier ma liberté aux dépens de celle de l'autre. Elle nous rappelle que la morale n'est pas qu'une question individuelle, ce que je pose comme acte à des retombées sur l'humanité, en ce sens que je dis toujours quelque chose de l'homme à travers mes actes.


 

 

La loi est un « principe extérieur », la conscience, les habitus... sont des principes intérieurs. Les principes extérieurs bons pour le chrétien viendra de Dieu et cela de deux manières principales: la loi (loi éternelle, loi révélée, loi naturelle) et la grâce. Ce qui vient de l'extérieur doit cependant être intériorisé. Pour la loi, il faudra l'aide la raisonet de la foi.Pour le chrétien, la loi est un moyen pédagogique divin. Nous ne pouvons pas faire abstraction de la notion de « loi » en théologie lorsque l'on voit la place qu'elle prend dans la Bible. Le mot « loi », c'est le mot « Torah »!

 

Intéressons-nous aux différents types de lois... En premier lieu, il existerait une loi éternelle ou encore loi divine. Nous y reviendrons,mais cette idée n'est pas le propre de la pensée judéo-chrétienne. Notre petite Antigone pour s'opposer à Créon se réfère justement à une loi divine supérieure à la loi civile édictée et représentée par son oncle.

On parlera aussi de loi naturelle que l'on distingue des lois de la nature. "naturelle" renvoie plutôt à la notion de nature humaine. Cette loi naturelle serait une loi inscrite au coeur de tout homme parce qu'il est homme. Il aurait accès à cette loi par sa raison. On la place parfois au coeur de la conscience.

Pour le croyant, il existera aussi une loi révélée. Celle-ci est donnée par Dieu. On la saisit par la foi.

Enfin, il existe des lois humaines ou encore positives. Elles sont nombreuses et variées: lois civiles, règlements intérieurs, code de la route, lois ecclésiastiques...

 

Pour le chrétien, il ne peut avoir de contradiction fondamentale entre la loi naturelle et la loi révélée car toutes deux émanent de la loi éternelle...Ce qui fera dire à St Thomas : Tout ce qui peut se dire au niveau de la raison doit pouvoir être assumé par la foi et tout ce qui peut être dit dans la foi doit pouvoir être entendu par la raison.

 

Nous pouvons résumer par ce petit schéma:

 

LOI ETERNELLE

 

                                                                   LOI NATURELLE                        LOI REVELEE

                                                                                                                                   - loi ancienne

                                                                                                                                    - loi nouvelle

 

                                                                   LOIS CIVILES                               LOIS ECCLESIASTIQUES

 

 

 

 

 

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