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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:28

E.pnglle n'est peut être pas encore très connue notre petite Elisabeth de la Trinité mais j'avoue avoir un faible pour ses écrits.Qui est-elle? Si vous avez envie de la découvrir je vous conseille de lire les ouvrages du carme Conrad de Meester en particulier la dernière biographie sur notre bienheureuse dijonnaise écrite en 2006 aux Preses de la Renaissance.

Elisabeth Catez est née en 1880 et perdra jeune son père. Elle fut donc élevée avec sa soeur "Guite"par sa mère. De sa jeunesse, on connaît son sale caractère, ses talents artistiques en particulier son don pour le piano et déjà son intériorité rayonnante. Elle ressent très jeune l'appel pour le Carmel, un an après sa première communion en l'église saint Michel de Dijon où vous pouvez toujours venir prier devant ses reliques. Sa mère veut éprouver sa vocation et lui demande d'attendre sa majorité. Ce sera des années bien remplies pour Elisabeth: vie mondaine soutenue, danse, piano, visite des malades, tennis, belles amitiés.... Que retient-elle de ses années? "Même au milieu du monde, on peut écouter Dieu dans le silence d’un cœur qui ne veut être qu’à lui. (...) Quand j’assiste à ces réunions, à ces fêtes, ma consolation est de me recueillir et de jouir de votre présence. »

Elisabeth- qui signifie "maison de Dieu"- porte bien son nom, elle est véritablement "habitée" par une présence, celle de la Trinité qui ne la quitte jamais. Elle découvre ainsi très jeune le mystère de l'inhabitation trinitaire en son âme. C'est la pierre d'angle de la spiritualité de notre carmélite. Elle pourra enfin entrer au Carmel de Dijon en 1901. Ce fut d'abord ravissement puis nuit spirituelle pendant plusieurs mois...

L'autre point fort de sa spiritualité est la découverte de son nouveau nom grâce à un texte de Saint Paul aux éphésiens. Quel est-il? Louange de gloire, Laudem gloriae:« Une louange de gloire est une âme de silence, qui se tient comme une lyre sous la touche mystérieuse de l’Esprit Saint… qui fixe Dieu dans la foi et la simplicité. »

Nous le répétons à chacune de nos liturgies eucharistiques: " Pour la gloire de Dieu et le salut du monde". Elisabeth nous rappelle notre vocation profonde: louer Dieu qui est Un et Trine... Comment faire? Se tenir immobile en Dieu qui habite en nous. Elle meurt très jeune, en 1906 avec ses mots devenus célèbres: " Je vais à la vie, à la lumière, à l'amour."

Aujourd'hui encore, de nombreux pèlerins se rendent au Carmel de Dijon, à présent situé à Flavignerot, pour voir les restes de sa cellule, découvrir davantage sa spiritualité.

 

Un petit florilège des écrits d'Elisabeth pour vous mettre en appétit:

" Coeli enarrant gloriam Dei." Voilà ce que racontent les Cieux: la gloire de Dieu. Puisque mon âme est un ciel où je vis en attendant "la Jérusalem céleste", il faut que ce ciel chante aussi la gloire de l'Eternel rien que la gloire de l'Eternel".

Ne nous faut-il pas en effet sans cesse nous retrancher en nous-mêmes pour y découvrir la présence de notre Dieu d'Amour et de Miséricorde? Ne nous faut-il pas nous rappeler que nous sommes faits pour la joie, le bonheur et l'amour, c'est-à-dire pour Dieu? Ne nous faut-il pas davantage rendre grâce et rendre gloire à notre Dieu?

 

"Il faut que je loge chez toi!" C'est mon maître qui m'exprime ce désir! Mon Maître qui veut habiter en moi, avec le Père et son Esprit d'amour, pour que, selon l'expression du disciple bien-aimé, j'aie "société" avec Eux. "Vous n'êtes plus des étrangers, mais vous êtes déjà de la maison de Dieu", dit saint Paul. Voilà comment j'entends être "de la maison de Dieu": c'est en vivant au sein de la tranquille Trinité, en mon abîme intérieur, en cette "forteresse inexpugnable du saint recueillement" dont parle saint Jean de la Croix."

Se souvenir que nous sommes créés par Dieu et fais par Dieu, notre alpha et notre oméga... Je suis image de Dieu, je suis image de la Trinité, je peux dialoguer en moi-même avec mon Dieu qui m'aime. Je suis temple de l'Esprit, ne l'oublions jamais. Qu'est-ce que cela signifie? Je ne peux pas faire n'importe quoi avec mon corps, mon intelligence, mon âme: Dieu habite en moi! Le psalmiste chantera la grandeur de l'homme pour cette raison... "A peine moindre qu'un dieu..."

 

Et bien entendu sa très célèbre prière à la Trinité:

"O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible, comme si déjà mon âme était dans l'éternité! Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m'emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère!

Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos; que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.

O mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Coeur; je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer... jusqu'à en mourir! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me revêtir de vous-même, d'identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m'envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur. O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable afin d'apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière. O mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

O feu consumant, Esprit d'amour, survenez en moi afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe; que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle il renouvelle tout son mystère. Et vous, ô Père penchez-vous vers votre pauvre petite créature, couvrez-la de votre ombre, ne voyez en elle que le Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances.

O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m'ensevelisse en vous, en attendant d'aller contempler en votre lumière l'abîme de vos grandeurs."

 

Vous pouvez trouver ces textes aux editions du Cerf, Elisabeth de la Trinité- carmélite- J'ai trouvé Dieu- oeuvres complètes...

Bonne lecture.

 

SaintThomasdAquin.png

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 22:41

 

 

I.pngl est vrai que le concept de "conscience morale" (puisque c'est elle qui nous intéressera et non pas la conscience psychologique) a beaucoup évolué au cours de l’histoire. On trouve en effets différents termes pour la désigner  selon les langues utilisées mais de plus le sens utilisé diffère du notre. La conscience moderne n'est pas la conscience antique.

D’une manière générale, on retiendra que c’est la capacité grâce à laquelle des êtres doués de raison perçoivent ou connaissent le bien et le mal, ce qu’ils leur permet d’évaluer, de diriger leurs conduites et de se juger eux-mêmes.

Aujourd'hui, quelques jalons- bien peu exhaustifs- antiques.

 

 

Avec les socratiques, les épicuriens ou les stoïciens, on assiste à la naissance d’une sagesse et d’une éthique. Le discours philosophique grec n’est pas seulement spéculatif, il vise à la maîtrise et à la pratique de la vie. Les philosophes par leur questionnement conduisent l’interlocuteur à la sagesse mais aussi à un savoir vivre.

Il nous faut cesser de penser la philosophie comme discipline inutile. On connaît toute cette histoire où le philospha Thalès manqua de peu de tomber dans un puits parce qu'il marchait la tête en l'air  pour mieux observer les étoiles. Une servante lui aurait ri au nez: tant d'ardeur pour comprendre l'univers, la marche du monde et incapable de voir devant soi! La philosophie grecque est tout sauf simple et vaine spéculation!

Il s’agit  donc d’accéder à la connaissance claire et vraie du bien qui conduit à la vertu et donc au bonheur. Le mal étant souvent l’ignorance.

 

Chez les grecs, l’importance est donnée à la Cité (bien commun, à la politique…). Avec Aristote, l’éthique est inséparable de la politique car c'est la Cité qui permet à l’homme d’être vraiment lui-même et d’accéder aux plus hautes vertus. L’homme est un animal politique. Le sage est dévoué à la cité, son but étant la contemplation. On comprend que la conscience en tant que telle ne se développe pas.

 

Le terme le plus ancien connu est le mot « suneidésis » en grec utilisé par Démocrite (V ème) : « il y a des hommes qui ont conscience de la vie perverse qu’ils mènent, ils se rongent d’alarme et de frayeur. ».  

C’est ce mot grec « syneidésis » que l’on traduira en latin par «conscientia ». on peut traduire ce terme de syneidésis par « savoir avec »... Il y a  alors deux sens possibles alors « savoir avec quelqu'un... » La conscience est alors comprise comme sujet, témoin ou encore complice d'une action commune) Pour le chrétien, ce sera savoir avec Dieu (participation à la connaissance morale).

C'est aussi « savoir avec science ». Cela nous renvoie davantage aux notions  de compétence, d'une assurance de/dans  la démarche.

Chez Démocrite, il s’agit de la perception que nous avons des actions mauvaises commises. Cette perception engendre la crainte d’un châtiment dans l’au-delà. Elle conduit au sentiment du REMORDS. C’est ce dans ce sens du sentiment du remords que le terme de suneidésis sera utilisée dans l’Antiquité greco-latine même si au cours des siècles, il y aura un élargissement sémantique.

En effet, si la conscience perçoit le mal et le juge, c’est qu’elle peut aussi percevoir le bien. Le sage lui en éprouvera de la JOIE. Ce type de conscience est ce que les médiévistes nommeront la conscience conséquente c'est-à-dire a conscience qui évalue les actes, une fois qu’ils ont été posés.

On la distingue de la conscience antécédente qui est la conscience qui préside à la conduite des actions futures. Les grecs ( Démocrite ou Aristote) utilisent le terme de « sunesis », c'est une « intelligence pratique. » (en vue de l'agir)

 

L’activité de la conscience est inconnue de la culture grecque primitive. Les héros homériens n’ont pas de sentiments moraux réflexifs. Ce n’est en aucun cas l’intention qui fait la bonté de l’acte mais les conséquences produites par cet acte. Les conséquences se traduisant le plus souvent en termes d’honneur ou de déshonneur, de gloire ou de honte. C ‘est une question de réputation aux yeux de l’ordre social établi. L’identité morale ne dépend pas de la conscience personnelle mais de l’approbation ou non du groupe auquel notre héros appartient. Approbation qui découle du respect ou non des conventions liées aux rôles sociaux traditionnels. On assiste à une évolution avec les héros tragiques ( Eschyle, Euripide, Sophocle..)

Pensons par exemple à Oreste qui sera tourmenté par sa culpabilité, par sa faute. Qu'a fait notre héros? Il veut venger la mort de son père Agamémnon assassiné par sa mère Clytemnestre et son amant. Mais notre pauvre Oreste sera jugé matricide par les dieux. Les Furies vont poursuivre le criminel... La conscience ne serait-elle pas une intériorisation des Furies... On ne peut échapper à la voix de notre conscience, à ce remords qui nous ronge...Cela dit,  on est loin encore de la conscience car le héros tragique souffre davantage d'une souillure infligée par le destin.

 

Dans son Phèdre, Platon parle du « démon » (daimon) de Socrate qui l’empêche de mal agir, comme une « voix de la conscience ». Mais cela semble plutôt de nature divinatoire.  Est-ce que Pullmann dans son ouvrage a voulu faire référence au daimon grec en attachant à ses personnages un animal qui semble être une "âme extérieure"...? 

 

Les stoïciens, utilisent le terme et le mot prend un nouvel essor et cela sous l’influence des échanges culturels entre différentes civilisations et d’un certain syncrétisme religieux. Les stoïciens (en particulier Sénèque et Cicéron) font appel à la conscience individuelle de chacun. La conscience prend alors du "poids" . Avec eux, c’est l’éclatement de la raison universelle pour une raison individuelle.

Ils vont influencer les Pères de l’Eglise, la conscience devient un témoin à la manière d’un procureur de justice.Ce qu’il y a de plus haut pour les stoïciens, ce sera cette présence dans l’individu de la Loi naturelle. Elle est capable d’orienter moralement la conduite et est connue comme telle par la raison.

Sénèque écrira que la conscience est comme « un esprit caché en nous, qui observe et contrôle nos bonnes et nos mauvaises actions. » (Lettres 41, 2).

Relevons pour terminer la formule d'Ovide et de Sénèque pour désigner la conscience: «  deus in nobis »: dieu présent en nous, au coeur de l'homme. Dieu habite le coeur de l'homme ainsi l'homme pour le christianisme deviendra « un sanctuaire... »

 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 20:08

A.pngvant de poursuivre notre petit enseignement sur la conscience, nous pouvons nous référer à quelques textes clés sur la conscience. Ils se trouvent dans les textes conciliaires et dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique (CEC).

 

 

Le premier texte, très court, est tiré de Gaudium et spes, 16: «Dignité de la conscience morale"

Comme beaucoup d'auteurs l'ont fait remarquer, il est admirable par sa précision et contient en quelques lignes l'essentiel de la dotrine sur la conscience morale.

Découvrons le ensemble:

" Au fond de sa conscience, l’homme découvre la présence d’une loi qu’il ne s’est pas donnée lui-même, mais à laquelle il est tenu d’obéir. Cette voix, qui ne cesse de le presser d’aimer et d’accomplir le bien et d’éviter le mal, au moment opportun résonne dans l’intimité de son cœur : « Fais ceci, évite cela ». Car c’est une loi inscrite par Dieu au cœur de l’homme ; sa dignité est de lui obéir, et c’est elle qui le jugera . La conscience est le centre le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre.

C’est d’une manière admirable que se découvre à la conscience cette loi qui s’accomplit dans l’amour de Dieu et du prochain  Par fidélité à la conscience, les chrétiens, unis aux autres hommes, doivent chercher ensemble la vérité et la solution juste de tant de problèmes moraux que soulèvent aussi bien la vie privée que la vie sociale. Plus la conscience droite l’emporte, plus les personnes et les groupes s’éloignent d’une décision aveugle et tendent à se conformer aux normes objectives de la moralité.

Toutefois, il arrive souvent que la conscience s’égare, par suite d’une ignorance invincible, sans perdre pour autant sa dignité. Ce que l’on ne peut dire lorsque l’homme se soucie peu de rechercher le vrai et le bien et lorsque l’habitude du péché rend peu à peu sa conscience presque aveugle."

 

 Vous pouvez distinguer trois parties. Dans la première partie, le texte décrit la conscience personnelle, comme sanctuaire, lien et ouverture à Dieu (étincelle divine en l'homme, fine pointe de l'âme...). Il rattache aussi la conscience morale à la loi naturelle que tout homme peut trouver en lui puisqu'il est homme. Cette loi naturelle n'est pas donnée par la révélation mais inscrite au plus profond de chaque homme. C'est la règle d'or "évite le mal, fais le bien". Notons déjà que ce premier principe est trop général et qu'il nécessite prolongement et interprétation...  En premier lieu: qu'est-ce que le bien? Qu'est ce que le mal?

Nous sommes jugés selon notre conscience c'est-à-dire selon la loi connue et (plus ou moins suivie) par nous.

Dans la deuxième partie, il s'agit d'un ouverture au prochain, au monde. La conscience répond devant les autres, a des conséquences.C'est aussi la réaffirmation qu'il existe une vérité   et que tous les hommes doivent avant tou partir en quête de cette vérité. Pas de relativisme puisqu'il existe ' des normes objectives de la moralité" que tout homme encore une fois peut trouver.

Enfin, les possibilités, les variations, les limites de la conscience. Le texte concilaire parle d" ignorance invincible" c'est-à-dire qu'on ne peut vaincre. Il existe des cas, où l'homme de bonne foi et de bonne volonté a tout fait pour se former, se renseigner, éclairer sa conscience mais ne parvient pas à se départir de toute ignorance. Il s'agit d' "ignorance invincible"... N'oublions pas que l'homme est une créature, fini et imparfait par conséquent.

On se rend bien compte à travers ce texte que la conscience est un lieu stratégique.

 

Que nous dit le CEC? Le premier article consacré à la conscience, le n°1776, reprend le texte de Gaudium et spes. Du n° 1777 au n° 1782, nous avons un développement sur le jugement de la conscience.  Les trois suivants traitent de la formation de la conscience et les articles 1786 à 1789 des choix de la conscience puis du jugement erroné ( 1790 à 1794).

En bref:

"

1795 " La conscience est le centre le plus intime et le plus secret de l’homme, le sanctuaire où il est le seul avec Dieu et où sa voix se fait entendre " (GS 16).

1796La conscience morale est un jugement de la raison par lequel la personne humaine reconnaît la qualité morale d’un acte concret.

1797Pour l’homme qui a commis le mal, le verdict de sa conscience demeure un gage de conversion et d’espérance.

1798Une conscience bien formée est droite et véridique. Elle formule ses jugements suivant la raison, conformément au bien véritable voulu par la sagesse du Créateur. Chacun doit prendre les moyens de former sa conscience.

1799Mise en présence d’un choix moral, la conscience peut porter soit un jugement droit en accord avec la raison et avec la loi divine, soit au contraire, un jugement erroné qui s’en éloigne.

1800L’être humain doit toujours obéir au jugement certain de sa conscience.

1801La conscience morale peut rester dans l’ignorance ou porter des jugements erronés. Ces ignorances et ces erreurs ne sont pas toujours exemptes de culpabilité.

1802La Parole de Dieu est une lumière sur nos pas. Il nous faut l’assimiler dans la foi et dans la prière, et la mettre en pratique. Ainsi se forme la conscience morale."

 

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 19:57

J.pnge suis normalement une inconditionnelle du fameux "lamele" mais cette année, j'ai découvert ( encore à Vézelay) une recette pour une tarte de Pâques...

A vous de jouer... Il vous faut une pâte sablée, 2 à 3 c.s de confituer, 40 cl de lait, du sel, 4 c.s de semoule, 1/2 citron (zeste et jus), 50g de beurre, 3 c.s de sucre, 3 c.s de raisins (secs), 3 c.s d'amande en poudre et 3 oeufs.

 

Farinez un plat à tarte, déposez la pâte et étalez la confiture dessus. Séparez les blancs et les jaunes et battez les blancs en neige. Faites chauffer pendant ce temps le lait jusqu'à ébullition, ajouterz alors le sel et la semoule ( laissez gonfler).

Mélangez le jus de citron, le zeste, le sucre, les raisins, les amandes, les jaunes d'oeufs et la semoule gonflée.

Enfin ajoutez les blancs en neige. Déposez votre appareil sur la pâte et faites chauffer environ une demi heure à 180°c

(jamais plus pour la pâtisserie sinon c'est un crime...).

 

Bon appétit et joyeuses fêtes de Pâques!

 

SaintGeorges.png

Le Christ est ressuscité! Alléluia!

Il est vraiment ressuscité!

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 19:15

C.pngette année, je profite pleinement des explications et des enseignements des frères et soeurs des Fraternités Monastiques de Jérusalem pour bien saisir la signification et la beauté des liturgies qui nous sont offertes pendant le triduum pascal.

 

J'ai été saisi par le rituel autour du cierge pascal...

On peut trouver un parallèle à ce rite au cours du lucérnaire pratiqué aux  Vêpres où l'on allume les cierges en chantant un hymne: "Joyeuse lumière".

 

Au cours des vigiles pascales le rite de lumière est beaucoup plus marqué avec d'abord la bénédiction du feu. Cela symbolise aussi notre attente, notre veille. Dans les ténèbres va s'embraser un feu nouveau. La flamme  est signe du passage de la mort à la vie mais  aussi de notre désir.

Le prêtre commence pas tracer les symboles de la croix et de l'alpha et l'oméga ( ce sont les premières et dernières lettres de l'alphabet grec, le début et la fin... Ces lettres désignent le Christ).

Ici, cinq clous ( mais je crois qu'il s'agit selon le missel de cinq grains d'encens enflammés) sont piqués dans le cierge. Cela nous rappelle les 5 plaies ( les 4 marques des clous et le coup de lance) du Christ.

Le cierge sera allumé au feu nouveau puis tous nos cierges à partir du cierge pascal. On entre alors dans l'église en procession en chantant " Lumière du Christ". Trois arrêts sont prévus lors de la procession. Cette lumière qui  nous précède peut nous rappeler la nuée lumineuse dans le désert qui précédait le peuple hébreu dans tous leurs déplacements. On chante le chant de l'Exultet qui remonte au IVème siècle.

 

Le cierge pascal qui brillera pendant tout le temps pascal (jusqu'à la Pentecôte soit 50 jours) est signe de la présence du Christ. On peut donc se prosterner devant comme devant  un autel (qui est signe de la présence du Christ). On garde plutôt la génuflexion pour le tabernacle qui abrite la présence réelle et substantielle de Jésus.

 

Plus tard, au cours de la célébration, au moment du rituel de l'eau, le cierge sera plongé dans la cuvette qui contient l'eau (bientôt baptismale). C'est le Christ qui plonge dans le Jourdain ( au moment de son baptême) et qui en sanctifie les eaux.

 

"Qu'exulte de joie dans le ciel la multitude des anges !
Chantez, serviteurs de Dieu,
et que retentisse la trompette triomphale pour la victoire du grand Roi !

Réjouis-toi, ô notre terre, resplendissante d'une lumière éclatante,
car il t'a prise en sa clarté et son règne a dissipé ta nuit !
Réjouis-toi, Eglise notre mère, toute remplie de sa splendeur,
et que résonne l'acclamation du peuple des fils de Dieu !…

Vraiment il est juste et bon de proclamer à pleine voix ta louange,
Dieu invisible, Père tout puissant,
et de chanter ton Fils bien-aimé, Jésus Christ notre Seigneur.
C'est lui qui a payé pour nous la dette encourue par Adam notre père,
et qui a détruit en son sang la condamnation de l'ancien péché.

Car voici la fête de la Pâque où l'Agneau véritable est immolé pour nous.
Voici la nuit où tu as tiré de l'Egypte nos pères, les enfants d’Israël,
et leur as fait passer la mer Rouge à pied sec ;
nuit où le feu de la nuée lumineuse a repoussé les ténèbres du péché…

Ô nuit qui nous rend à la grâce et nous ouvre la communion des saints ;

nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s'est relevé victorieux des enfers.
Heureuse faute d'Adam qui nous a valu un tel Rédempteur !
Ô nuit qui seule a pu connaître le temps et l'heure
où le Christ est sorti vivant du séjour des morts ;
ô nuit dont il est écrit : « La nuit comme le jour illumine,
la ténèbre autour de moi devient lumière pour ma joie » (Ps 138,12)…
Ô nuit bienheureuse, où se rejoignent le ciel et la terre,
où s’unissent l’homme et Dieu.

Dans la grâce de cette nuit, accueille, Père très Saint,
le sacrifice du soir de cette flamme que l'Eglise t'offre par nos mains ;
permets que ce cierge pascal, consacré à ton nom, brûle sans déclin en cette nuit
et qu'il joigne sa clarté à celle des étoiles.
Qu'il brûle encore quand se lèvera l'astre du matin,
celui qui ne connaît pas de couchant,
le Christ ressuscité revenu des enfers,
qui répand sur les hommes sa lumière et sa paix.
Garde ton peuple, nous t'en prions, ô notre Père,
dans la joie de ces fêtes pascales.
Par Jésus Christ, ton Fils notre Seigneur,
qui par la puissance de l'Esprit s'est relevé d'entre les morts
et qui règne près de toi pour les siècles des siècles.

Amen !"

 

 

SaintJeanBaptiste.png

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 18:49

                                                                                                                                                                                                                                                          

E.pngn ce jeudi saint.... pas d'explication mais une petite tradition découverte aujourd'hui à Vézelay, la compote du jeudi saint....

Qu'est-ce? En fait, elle s'inspire du repas pascal juif: le seder.

 

Jésus, le soir du jeudi saint, s'était réuni au Cénacle ( d'où le nom de Cène pour désigner le dernier repas du Christ avec ses disciples ) avec ses apôtres pour célébrer la Pâque c'est-à-dire le passage.

 Dieu, en effet, par l'intermédiaire de Moïse, avait  libéré les hébreux de l'Egypte pour les conduire en terre promise. Après le passage de la mer rouge, ils resteront 40 ans à errer dans le désert. Mais chaque année, ils devront se souvenir de cette nuit où Dieu les a fait passer de l'état d'esclaves à l'état d'hommes libres. Vous pouvez relire à cette occasion cette histoire dans le livre de l'Exode à partir du chapitre 12.

 

Chaque année, les juifs célèbrent donc la Pâque (Pessah) et prennent un repas (le repas de seder) qui est constitué de plats, d'aliments à valeur symbolique comme par exemple des herbes amères (maror) qui rappellent l'amertume de la vie en Egypte...

Ils mangent aussi cette fameuse compote ( "Harosset" je crois) que de plus en plus de familles chrétiennes dégustent aussi puisque Jésus l'a goûté au soir du jeudi saint.

 

J'avoue que j'ai trouvé cela bon et que je vous livre la recette que nous avons utilisée...

Il s'agit de faire une compote à base de pommes et de cannelle. On trouve aussi des fruits secs comme de la noix.et des amandes. On a ajouté ici des figues et du sucre.

Cette compote rappelle le mortier qui servait aux hébreux à fabriquer des briques en Egypte alors qu'ils étaient esclaves... cela vous donne une idée de la consistance.

 

Pour les chrétiens, la fête de Pâques ne renvoie pas à la libération d'Egypte mais au passage de la mort à la réssurection du Christ.


SaintGeorges.png

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 23:28

L.pnga question morale est la question du sens de notre agir. Elle nous aide à déterminer les actes qui tendent à nous humaniser, à nous responsabiliser (nous avons en tant qu'homme à rendre compte de nos actes devant nous-même, devant notre prochain, devant la société, devant Dieu...). La conscience morale va être, pour parler d'une manière très générale, « ce lieu » où se rencontrent et s'affrontent notre liberté ( volonté) et la loi ( les normes et valeurs extérieures). Voici donc quelques pistes ou grandes lignes qui guideront notre prochaine réflexion sur la conscience.

 

Quelques distinctions.

Avant toutes choses, il nous faut distinguer la conscience psychologique ou réflexive de la conscience morale.

On pourrait dire « j'ai conscience de moi » pour la conscience psychologique  et « j'agis en conscience. » pour expliciter la conscience morale.

Le premier type de conscience est une forme de la connaissance. C'est la connaissance de soi, le mouvement de la pensée par lequel je prends conscience que je suis; je prends conscience de mon « moi ». C'est un peu  le cogito cartésien. Cette conscience est à la source de la construction de soi, de la construction du sujet comme sujet autonome. C'est une présence de soi à soi-même. C'est le centre intime du sujet.

La conscience morale (agir en conscience) quant à elle est cette conscience qui juge, blâme, approuve, oblige, guide… En réalité, les deux sont intiement liées, on pourait dire "imbriquées" même si elles demeurent bien distinctes. Il ne peut avoir en effet de conscience morale sans une conscience de soi. L'animal qui n'a pas conscience d'être, qui ne peut effectuer par la pensée un retour sur soi n'a pas de conscience morale. Ces actes n'ont pas à être jugé moralement. Un lion qui dévore une gazelle ne commet pas d'acte mauvais, de meurtre et encore moins de péché.

Dans notre réflexion éthique, c'est bien évidemment la conscience morale qui va nous intéresser mais il faut avoir bien conscience (c'est le cas de le dire) de la diversité, de la complexité de ce concept qui semble banal. Le langage courant à travers toutes ces expressions usuelles rend compte de cela. Par exemple, on parle d'"inconscient", d"inconscience", de "subconscient", d'examen de conscience, d'objection de conscience,  de cas de conscience, de trouble de la conscience, de bonne ou mauvaise conscience, de voix de la conscience, d'un travail consciencieux ou encore  on utilise des expressions du type "agir en conscience", "avoir quelque chose sur la conscience", "prendre conscience", "liberté de conscience"... On le constate, le champ sémantique autour du terme « conscience » est vaste.

 

 

Le mot "conscience" vient du latin cum et scientia qui signifie connaître avec. Ce serait par conséquent, une sorte de témoin qui partage quelque chose de l’événement, d’un témoin qui constate,  qui juge... on parle du  reste de "tribunal de la conscience".

Traditionnellement on distingue de 2 types  de conscience : conscience habituelle et syndérèse (du mot habitus compris comme une disposition intérieure). Tout être humain a un sens moral quasi inné qui consiste à faire le bien et éviter le mal. La syndérèse est un principe de l’âme, elle revêt  un aspect infaillible. Mais nous en parlerons dans une prochaine note. Ici, on voit que la conscience est  liée à la notion de  "loi naturelle".

La conscience actuelle, elle, c’est un dictamen pratique de la raison. Alphonse de Ligori disait qu’il s’agissait d’un « jugement ou verdict par lequel nous jugeons ce qu’il faut faire ici et maintenant, agir bien et faire la mal ». Il s‘agit d’un acte pratique, d’un jugement qui est articulé avec la région des premiers principes.

 

 

Quelques caractéristiques de la conscience.

 

C’est une instance décisive intérieure (nous sommes seuls face à notre conscience). C’est à la fois un don (don de Dieu car l’homme est créé à sa ressemblance et à son image) mais en même temps elle naît, croît, se développe durant la vie humaine.

.Elle a trois fonctions : témoigner, obliger et juger.

C'est le signe de la subjectivité, de l'intériorité. C'est un lieu de liberté de part le fait même que personne ne peut y acccéder, un lieu de conscience de soi, de créativité, d'ouverture à Dieu... Un des fondements de notre dignité humain.

C'est un guide. Le théologie Bruguè utilisait alors l'image de l'étoile qui a guidé les mages et les bergers jusqu'au Christ. Une étoile qui nous guide jusqu'à la vérité. On verra que la quête de la vérité est un point essentiel dans notre compréhension de la conscience.D'autres théologiens ont utilisé l'expression d'"étincelle divine" pour la qualifier. Une étincelle à l'intérieur même de l'âme qui guide l'homme, qui l'éclaire. C'est aussi une voix, un sanctuaire intérieur pour reprendre les images les plus courantes. C'est ce qui permet à l'homme de distinguer le bien et le mal.


C'est aussi un « tribunal » qui nous juge et on ne peut l'éviter. Pensons à Dorian Gray dans le roman d'Oscar Wilde qui même s'il conserve son apparente innocence, candeur et bonté pour les hommes ne peut s'empêcher d'aller contempler son portrait qui reflète l'état véritable de son âme. Il ne pourra lui échapper et il se donnera lui-même la mort en transperçant le tableau. Peut-on fuir sa conscience, l'étouffer totalement tel notre ami Pinocchio qui tuera le grillon du foyer...

 

Si la conscience est une "étincelle divine", elle n'est pas pour autant infaillible... Elle peut se tromper. Si elle naît et croît, cela signifie qu'elle doit être formée, éduquée, éclairée... Quels sont ces moyens pour former sa conscience?

La conscience peut être le signe d'une certaine maturité morale  ( voirles expressions comme Liberté de conscience, prendre conscience...) Du reste on fixe dans l'Eglise, un âge de raison qui est aussi appelé l'âge de discrétion. Les sens plus anciens de ce mot sont intéressants car « être discret », ce n'est pas être « timide, réservé... » mais avoir l'art de la discretio qui signifie: "division, séparation" et "action de discerner, raison, prudence".  C'est ainsi que l'âge de raison, qui n'est autre que l'âge de discretion (c'est-à-dire l'âge où l'enfant peut discerner si un acte est bon ou mauvais) est fixé aux alentours de 7 ans.


Enfin, la conscience, c'est le lieu ultime de la liberté. En tant que sanctuaire, on ne peut le violer sans commettre une très grande faute...

 

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 19:46

C.pngomme chaque année, le pape nous fait part d'un message de Carême pour nourrir notre réflexion et nous ouvrir de nouvelles perspectives... Il est vrai que l'on trouve souvent que le Carême revient vite et qu'il dure bien longtemps. N'oublions pas que ce temps est moins un temps de privation qu'un temps de réjouissances, celui où nous retournons vers notre Père, celui où nous nous rapprochons de Dieu. Ce n'est pas rien, quittons donc nos faces de Carême et parfumons-nous la tête pour reprendre une expression biblique.

 

Que nous dit cette année, ce cher Benoît XVI? Il nous rappelle déjà en introduction ce qu'est réellement le Carême "un

 chemin de purification dans l’esprit, par une prière assidue et une charité active, afin de puiser avec plus d’abondance, dans le Mystère de la Rédemption, la vie nouvelle qui est dans le Christ Seigneur". 

 Les deux axes restent inchangés: la prière et la charité. Tous les efforts entrepris au cours de ces 40 jours n'ont de sens que s'ils nous permettent d'approfondir les deux grands commandements laissés par le Christ: " Tu aimeras ton Dieu de toute ton âme" - cet amour s'exprime essentiellement dans et par la prière et "Tu aimeras ton prochain comme toi-même"- l'amour charité!

 

     Dans un premier paragraphe, c'est le mystère de la rédemption compris comme vie nouvelle offerte par la Passion et la Résurrection du Christ qui est expliqué. Cette vie nouvelle, cette vie éternelle nous la recevons à notre baptême. Nous n'avons ensuite qu'à puiser tout au cours de notre vie à cette source baptismale comprise comme un véritable don de Dieu. L'évangile de la Samaritaine que nous entendrons lors du troisième dimanche nous le rappellera. Cela peut nous faire réfléchir sur la nature du sacrement. De plus en plus, nous recevons un sacrement comme nous passons un examen. Beaucoup de parents ne veulent pas baptiser leurs enfants lorsqu'ils n'ont que quelques mois pour les laisser "libres", leur laisser le choix... En réalité, il ne s'agit pas de cela, la foi est un don, le baptême comme tout sacrement est un don, un signe extérieur de la grâce intérieure.

"Le baptême n'est donc pas un rite du passé, il est la rencontre avec le Christ qui donne forme à l'existence toute entière du baptisé, lui transmet la vie divine et l'appelle à une conversion sincère mue et soutenue par la Grâce, lui permettant de parvenir à la stature adulte du Christ. Un lien spécifique unit le baptême au Carême en tant que période favorable pour expériementer la grâce qui sauve."

N'oublions pas aussi que les baptêmes d'adultes auront lieu lors des vigiles pascales pour bien montrer qu'avec le Christ nous mourrons lors de notre baptême à notre péché. Nous sommes morts le jour de notre baptême et nous sommes nés à la vie nouvelle avec le Christ. C'est une nouvelle naissance, une naissance d'en haut. Nous pouvons méditer à ce sujet la belle rencontre entre Nicodème et Jésus dans l'évangile selon saint Jean. Le Carême est vraiment l'occasion pour nous de prendre revenir aux sources de notre baptême pour revivifier notre foi et notre vie chrétienne.

 

     Le deuxième paragraphe est l'occasion pour le saint Père de nous rappeler qu'il nous faut davantage revenir à la Parole de Dieu, la lire, la méditer, la prier... Il donne ainsi quelques grandes lignes explicatives pour chaque évangile du Carême: les tentations au désert, la transfiguration, la Samaritaine, la guérison de l'aveugle-né, et enfin la résurreciion de Lazare. Il est vrai que c'est un riche parcours.

Je vous invite à lire avec attention ce paragraphe.

 

    Enfin, dans le troisième paragraphe, Benoît XVI nous invite à nous libérer des "choses matérielles", de notre "égoïsme" en nous plongeant dans le mystère de la mort et de la résurrection de Jésus. Se libérer toujours pou rêtre plus "disponibles à Dieu et à notre prochain". Là encore, jeûner, se priver n'a de sens que si c'est pour nous convertir. Nous pouvons sinon continuer à manger du nutella sans vergogne...

Le jeûne, l'aumône et la prière cités dans l'évangile d'hier sont les trois moyens qui nous permettent de nous libérer et d'avancer dans le véritable amour, " de vivre de façon toujours plus radicale l'amour du Christ."  Jeûner, faire l'aumône et prier c'est entrer dans une logique du don, de "dé-possession" et d'abandon.

 

Que devons-nous faire en conclusion? Etre plus attentif et plus à l'écoute de la Parole de Dieu, contempler Jésus sur la Croix, et nous laisser transformer par l'Esprit Saint. Bref, rien d'impossible puisqu'il s'agit essentiellement de reconnaître notre fragilité, notre faiblesse et d'accepter que Dieu nous aide à transformer notre vie.

 

 

 

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 19:10

C.pnge mercredi 9 mars nous entrons dans le Carême. Le Carême dure 40 jours et nous prépare à la grande fête de la Résurrection de Jésus: Pâques. Notre année liturgique s'articule autour de deux grands mystères: le mystère de l'Incarnation (Dieu se fait homme) et le mystère de la Rédemption ( Dieu sauve). Pâques est ce qu'on appelle une fête mobile. Sa date, fixée par le Concile de Nicée (en 325,) change chaque année. Elle correspond au premier dimanche qui suit la pleine lune après le 21 mars ( l'équinoxe de printemps à l'origine).

Les 40 jours nous rappellent bien entendu les 40 jours de Jésus dans le désert ainsi que les 40 ans d'errance des hébreux dans le désert.

 

L'évangile qui est lu lors de la messe des cendres est celui de Matthieu 6, en plein coeur du discours sur la Montagne... Lors de ce passage, Jésus invite à l'AUMONE, à la PRIERE et au JEUNE. Toutes ces pratiques sont placées sous le signe du secret: "Ton Père voit ce qui est dans le secret'"Le Carême est donc un temps privilégié de rencontre  avec le Père...

Saint Augustin note que dans ce chapitre, Jésus ne nous dit pas qu'il faut prier mais il nous dit COMMENT faire pour prier... le Christ enseigne en effet à ce moment là la prière du Notre Père (même si la texte liturgique coupe ce passage), de même il nous enseigne comment faire l'aumône: " Que ta main gauche  ignore ce que donne ta main droite."

 

Comment faut-il prier?

En nous retirant dans notre chambre. Cela veut-il dire que nous devons déserter les églises? non, il s'agit d'une attitude. La chambre, ou encore la cellule dans certaines traductions, désigne le coeur. Il nous faut trouver Dieu en nous-même ou comme l'écrit Saint Jean Chrysostome "tourner notre âme uniquement vers le Seigneur". Nous devons essayer dans le silence de nous retirer en nous-mêmes et de fermer cette fameuse "porte". Saint Augustin pense qu'il s'agit " des sens, et au-dehors sont toutes les choses temporelles entrant par eux dans nos pensées, enveloppant ceux qui prient de la foule bruyante des vains fantômes. (...) Il nous faut donc fermer la porte, c'est-à-dire résister aux sens, afin que la prière de notre esprit aille au Père, ce qui est lorsqu'elle part du fond du coeur; c'est alors qu'on prie le Père du fond de l'ame (...)"

Interrogeons-nous sur notre intention profonde lorsque nous allons prier: est-ce pour être vu (Saint Augustin dira: "ce n'est pas d'être vu des hommes qui est mal, mais c'est d'agir pour être vu des hommes.."), est-ce par habitude d'aller à la messe le dimanche, est-ce pour se plaindre, demander, louer, remercier, aimer Dieu...?

"Ton Père voit ce qui est dans le secret.".. Ce qui est critiqué, c'est toujours la même chose, c'est l'orgueil ou la vaine gloire. Le meilleur moyen de les combattre? La première des vertus, celle que Matthieu citait dans ces béatitudes quelques versets plus haut: l'humilité! Nous en revenons toujours au même point, l'homme ne peut progresser en humanité, l'homme ne peut progresser dans sa vie, l'homme ne peut progresser dans sa foi ou sur le chemin du Carême qu'en commençant par être humble.

La prière, l'aumône et le jeûne enseignés ici par Jésus ne sont pas la description d'un parcours du combattant mais plutôt un appel à l'humilité. L'homme doit se tenir en vérité devant son Dieu, Lui qui sonde les coeurs et les reins...

 

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 17:39

L.pnge saint père nous propose aujourd'hui une figure peu connue pour ne pas dire totalement inconnue... Sainte Julienne de Liège ou encore Sainte Julienne de Cornillon.

Benoît XVI nous rappelle en introduction que nous lui devons surtout l'institution de la grande fête liturgique Corpus Domini c'est-à-dire la "Fête Dieu", la fête du "corps du Seigneur". Le pape Urbain IV, ancien confesseur de notre petite soeur du jour, proclame son instauration par la bulle: "Transiturus de hoc mundo" le 11 août 1264. Il confia la rédaction des textes liturgiques au dominicain Thomas d'Aquin.

 

Cette fête de l'Eucharistie a déjà été mise en place en Belgique par l'évêque Robert de Thourrote à la suite d'un synode en 1246. Sainte Julienne avait en effet raconté, après plusieurs années de silence, des visions au cours desquelles le Seigneur lui signifiait la nécessité d'instaurer une fête en l'honneur de son corps et de son sang, en l'honneur de l'eucharistie:

" A l'âge de 16 ans, elle eut une première vision, qui se répéta qui se répéta ensuite plusieurs fois dans ses adorations eucharistiques. La vision présentait la lune dans toute sa splendeur, dont le diamètre était traversé par une bande noire. Le Seigneur lui fait comprendre la signification de ce qui lui était apparu.La lune symbolisait la vie de l'Eglise sur terre, la ligne opaque en revanche représentait l'absence d'une fête liturgique, pour laquelle il était demandé à Julienne de se prodiguer de façon efficace: c'est-à-dire une fête dans laquelle les croyants pouvaient adorer l'Eucharistie pour faire croître leur foi, avancer dans la pratique des vertus, et réparer les offenses au Très Saint Sacrement."

 

 

Avant d'en parler aux autorités ecclésiastiques, elle confia ses visions à deux adoratrices du saint sacrement, la bienheureuse Eve et Isabelle pour avoir des conseils.

"Ce qui arriva à Julienne de Cornillon se répète fréquemment dans la vie des saints: pour avoir la confirmation que l'inspiration vient de Dieu, il faut toujours se plonger dans la prière, savoir attendre avec patience, chercher l'amitié et la confrontation avec d'autres bonnes âmes, et tout soumettre au jugement des pasteurs de l'Eglise."

 

Ce ne fut pas pour autant évident pour Saint Julienne qui connue une forte opposition au point qu'elle quitta le monastère dont elle avait été la prieure pour aller de monastère en monastère cistercien avec quelques compagnes. Elle diffusait ainsi avec ferveur et humilité le culte de l'Eucharistie.

Sa tenacité, sa foi finirent par porter du fruit puisque le pape Urbain IV institua la fête du corps et du sang du Christ: "Bien que l'eucharistie soit chaque jour solennellement célébrée, nous considérons juste que, au moins une fois par an, l'on en honore la mémoire de manière plus solennelle. En effet, les autres choses dont nous faisons mémoire, nous les saisissons avec l'esprit et l'intelligence, mais nous n'en obtenons pas pour autant leur présence réelle. En revanche, dans cette commémoration sacramentelle du Christ, bien que sous une autre forme, Jésus est présent avec nous dans sa propre substance. En effet, alors qu'il allait monter au ciel, Il dit: " Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde""

Quelle belle description du mystère de l'Eucharistie que les théologiens appellent parfois le mystère de la transubstantiation... Saisir que dans l'eucharistie, le Christ est présent réellement, sacramentellement et substantiellement... Vous pouvez relire l'article n°282 du Catéchisme de l'Eglise Catholique.

Le pape profite justement de cette catéchèse pour parler de "printemps eucharistique" dans l'Eglise. En effet, partout dans le monde, on découvre les grâces et les fruits de la pratique de l'adoration eucharistique. Beaucoup de chapelles de l'adoration perpétuelle voient le jour partout en France. A Dijon, par exemple, vous pouvez venir adorer Jésus 24 heures sur 24, rue Dubois.

Le pape évoque pour terminer la question de la pratique dominicale. Peut-on, en effet, être croyant mais pas pratiquant comme l'affirment beaucoup de nos contemporains?

En réalité, dans notre religion, cela n'a vraiment pas beaucoup de sens... Notre foi repose sur la rencontre personnelle avec le Christ, sur l'affirmation de l'amour infini et miséricordieux de Dieu pour nous... comment alors nourrir, faire grandir cette relation d'amour hors de la prière et de la pratique liturgique et sacramentelle... Impossible. Comme tout amour vrai, l'amour de Dieu est exigent: " La fidélité avec le Christ eucharistique dans la messe dominicale est essentielle pour le chemin de foi, mais essayons aussi d'aller rendre visite au Seigneur présent dans le Tabernacle! En regardant dans l'adoration l'Hostie consacrée, nous rencontrerons le don de l'amour de Dieu, nous rencontrerons la Passion et la Croix de Jésus, ainsi que sa Résurrection. C'est précisément à travers notre regard d'adoration que le Seigneur nous attire à Lui dans son mystère, pour nous transformer comme Il transforme le pain et le vin.Les saints ont toujours trouvé force, joie et consolation dans la rencontre eucharistique."

 

Bref, le Seigneur nous appelle et nous invite comme le jeune Samuel et il est fort impoli de ne pas répondre aux invitations lancées... Allons le rejoindre près du tabernacle, Il nous attend patiemment.

 

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