Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 13:52

L.png e calendrier liturgique du mois d'octobre est riche en fêtes et mémoires: Ste Thérèse, Notre-Dame du Rosaire, Saint François d'Assise, saint Bruno et j'en passe. Aujourd'hui, une grande fête: les saints anges gardiens que l'on peut rapprocher de la fête des saints archanges ( saint Michel, saint Raphaël et saint Gabriel) célébrés le 29 septembre.

Pourquoi aborder la question délicate des « anges »? Déjà parce qu'on entend un peut tout sur ces créatures spirituelles... que les catholiques pratiquants évitent d'en parler alors que bon nombre de personnes croient en leur présence alors qu'ils n'appartiennent à aucune religion... qu'on les décrit un peu n'importe comment, que l'on pense parfois que l'on deviendra « un ange » à sa mort... bref, ce n'est souvent que confusion.

Or l'existence des anges est une vérité de la foi catholique. Nous l'affirmons dans notre credo: « je crois en Dieu le Père, créateur du ciel et de la terre (…), de l'univers visible et invisible... »

Référons-nous tout d'abord au Catéchisme de l'Eglise Catholique aux articles n°228 à 236:

 « S. Augustin dit à leur sujet : " ‘Ange’ désigne la fonction, non pas la nature. Tu demandes comment s’appelle cette nature ? – Esprit. Tu demandes la fonction ? – Ange ; d’après ce qu’il est, c’est un esprit, d’après ce qu’il fait, c’est un ange " (Psal. 103, 1, 15). De tout leur être, les anges sont serviteurs et messagers de Dieu. Parce qu’ils contemplent " constamment la face de mon Père qui est aux cieux " (Mt 18, 10), ils sont " les ouvriers de sa parole, attentifs au son de sa parole " (Ps 103, 20). » et « En tant que créatures purement spirituelles, ils ont intelligence et volonté : ils sont des créatures personnelles (cf. Pie XII : DS 3801) et immortelles (cf. Lc 20, 36). Ils dépassent en perfection toutes les créatures visibles. L’éclat de leur gloire en témoigne (cf. Dn 10, 9-12). »

Nous voici déjà renseigné sur ce qu'est un « ange », du grec « angelos » qui signifie « messager ». L'ange est un « esprit » ou encore « une créature spirituelle ». Les pères de l'Eglise insisteront beaucoup sur le discernement des esprits: les bons et les mauvais esprits. En tant que « créature », ils ne sont pas des « dieux » et restent soumis à la volonté de Dieu. Cela est très important lorsque l'on aborde la question parallèle des démons. En effet, certains ont tenté de faire des démons, des êtres « égaux » voire « supérieurs » à Dieu, capables par conséquent de triompher de Lui.

En tant que créatures spirituelles, ils contemplent, à notre différence, directement Dieu. Ils louent Dieu toute la journée. C'est pour cette raison que l'on parlera aussi de « choeur » d'anges. La tradition et le folklore dénombre 9 choeurs : les séraphins, les chérubins, les principautés, les puissances, les Trônes, les archanges, les dominations, les vertus, les anges... Ils apparaissent ainsi à la Nativité chantant la Gloire de Dieu. Ils participent déjà à la liturgie céleste. Ils sont aussi « immortels » et possèdent comme l'être humain: intelligence, volonté et liberté. Si l'homme a toute une vie terrestre pour se préparer à la vision béatifique, et choisira (ou non) Dieu, le choix de l'ange se fait à sa création même dans la mesure où il contemple directement et constamment Dieu.

Si l'ange est une créature douée de perfection , l'homme a par ailleurs un statut tout particulier en dignité dans la mesure même où le Christ, le Fils de Dieu, le Verbe Eternel, a choisi de s'incarner et de revêtir la condition d'homme... L'homme, créature visible, mortelle, finie et imparfaite est ainsi élevée plus qu'aucune autre créature.

Les anges ont aussi, comme le précise le CEC, une fonction, celle de « messagers ». On connaît bien entendu saint Gabriel pour son fameux message à Marie lors de l'Annonciation. La tradition musulmane reprend cette fonction de messager puisque c'est aussi l'ange Gabriel qui apportera le Coran au prophète Mohammed. On les voit apparaître tout au long de l'histoire du salut: «  Ils sont là, dès la création (cf. Jb 38, 7, où les anges sont appelés " fils de Dieu " et tout au long de l’histoire du salut, annonçant de loin ou de près ce salut et servant le dessein divin de sa réalisation : ils ferment le paradis terrestre (cf. Gn 3, 24), protègent Lot (cf. Gn 19), sauvent Agar et son enfant (cf. Gn 21, 17), arrêtent la main d’Abraham (cf. Gn 22, 11), la loi est communiquée par leur ministère (cf. Ac 7, 53), ils conduisent le Peuple de Dieu (cf. Ex 23, 20-23), ils annoncent naissances (cf. Jg 13) et vocations (cf. Jg 6, 11-24 ; Is 6, 6), ils assistent les prophètes (cf. 1 R 19, 5), pour ne citer que quelques exemples. Enfin, c’est l’ange Gabriel qui annonce la naissance du Précurseur et celle de Jésus lui-même (cf. Lc 1, 11. 26). »

Le Christ apparaît comme le centre «  de ce monde angélique ». Ils sont là présents, à plusieurs reprises, durant sa vie terrestre: à sa naissance, au désert, au moment de son agonie, à sa résurrection... Enfin, l'Eglise (article n°334 à 336), s'unit aux anges dans la liturgie. Dans l'acte liturgique, nous adorons Dieu, un et trine, en même temps que les créatures célestes.

 

Aujourd'hui, nous fêtons les « anges gardiens ». Que dit l'Eglise à ce sujet? «  Du début (de l’existence) (cf. Mt 18, 10) au trépas (cf. Lc 16, 22), la vie humaine est entourée de leur garde (cf. Ps 34, 8 ; 91, 10-13) et de leur intercession (cf. Jb 33, 23-24 ; Za 1, 12 ; Tb 12, 12). " Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie " (S. Basile, Eun. 3, 1 : PG 29, 656B). Dès ici-bas, la vie chrétienne participe, dans la foi, à la société bienheureuse des anges et des hommes, unis en Dieu. » C'est ce que reprend l'oraison du jour: « Seigneur, dans ta mystérieuse providence, tu envoies les anges pour nous garder ; daigne répondre à nos prières en nous assurant le bienfait de leur protection et la joie de vivre en leur compagnie pour toujours. »

 

Pour terminer, un texte de saint Bernard commentant le Psaume 90:

 "Il donne mission à ses anges de le garder sur tous tes chemins. Qu'ils rendent grâce au Seigneur de son amour, de ses merveilles pour les hommes. Qu'ils confessent et disent parmi les nations les merveilles que le Seigneur fit pour eux! Seigneur, qu'est-ce que l'homme, que tu te sois fait connaître à lui, que tu lui ouvres ton coeur? Tu lui ouvres ton coeur, tu le traites avec sollicitude, tu prends soin de lui. Pour finir, tu lui destines ton Fils unique, tu envoies en lui ton Esprit, et même tu lui promets de voir ton visage. Mais, pour qu'aucun être du ciel ne reste hors de cette sollicitude pour nous, tu envoies ces esprits bienheureux pour qu'ils remplissent un service à notre égard, tu les charges de veiller sur nous, tu leur commandes de se faire nos pédagogues.

Il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins. Quel n'est pas le respect que cette parole doit susciter en toi, la ferveur qu'elle doit faire naître, la confiance qu'elle doit inspirer! Le respect à cause de leur présence, la ferveur à cause de leur bienveillance, la confiance à cause de leur vigilance.~ Ils sont donc là, à tes côtés, non seulement avec toi mais pour toi. Ils sont présents pour te protéger, pour te secourir. ~ Et même si c'est Dieu qui leur en a donné l'ordre, on ne peut pour autant manquer de reconnaissance à leur égard, en raison de la si grande charité avec laquelle ils obéissent et du besoin si grand que nous avons de leur aide.

 Soyons donc pleins de respect et de reconnaissance pour une telle vigilance de leur part ; aimons-les en retour et honorons-les autant que nous le pouvons, autant que nous le devons. Mais c'est à Dieu qu'il nous faut rapporter la totalité de notre amour et de notre honneur, à Dieu de qui les anges, aussi bien que nous, reçoivent toute la capacité de l'honorer et de l'aimer, non moins que la possibilité de se rendre dignes de son amour et de son honneur. ~ Aussi est-ce en Dieu, mes frères, qu'avec affection il nous faut aimer ses anges, dans la conscience qu'ils seront un jour nos cohéritiers, et que d'ici là le Père dispose et ordonne qu'ils soient pour nous des intendants et des éducateurs. Car dès maintenant nous sommes fils de Dieu, bien que cela ne soit pas encore évident, puisque nous sommes encore des enfants soumis à des intendants et à des éducateurs, et qui semblent pour le moment ne différer en rien des esclaves.

Pourtant, si petits que nous soyons, et si longue - et pas seulement longue mais dangereuse - que soit la route qui nous reste à parcourir, qu'aurions-nous à craindre sous une si bonne garde? On ne peut ni les vaincre ni les égarer, et moins encore redouter qu'ils ne nous égarent, eux qui nous gardent sur tous nos chemins. Ils sont fidèles, ils sont sages, ils sont puissants: qu'aurions-nous à craindre? Suivons-les seulement, attachons-nous à eux, et demeurons sous la sauvegarde du Dieu du ciel. »

 

SaintJeanBaptiste.png 

 

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article
1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 13:05

E.png n ce premier octobre, nous faisons mémoire de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus et de la sainte Face plus souvent appelée « la petite Thérèse ». Cette petite carmélite a profondément marquée la spiritualité chrétienne du XXème siècle et Lisieux est devenu un haut lieu de pèlerinage ces dernières années.

A première vue, sainte Thérèse que nous connaissons à travers son autobiographie, Histoire d'une âme, ses Lettres ou encore ses Poésies peut paraître bien mièvre et cependant cette petite sainte entrée au Carmel à l'âge de 15 ans fut proclamée docteur de l'Eglise par Jean Paul II. Qu'est-ce qu'un « docteur de l'Eglise »? Ce titre est donné à un théologien dont le savoir, les écrits sont des exemples en matière de doctrine. On peut s'appuyer avec confiance sur leur pensée. A l'impact et l'importance de leur oeuvre doit se joindre la sainteté. Il existe à ce jour 33 docteurs de l'Eglise ( Saint Augustin, Saint Thomas, Saint Grégoire de Nazianze, Saint François de Sales, Saint Ambroise, Saint Bonaventure ...) dont trois femmes: la grande Sainte Thérèse d'Avila, Sainte Catherine de Sienne et la petite Thérèse.

Quelle est la doctrine mit en avant Thérèse? De la spiritualité « du grain de sable » à son entrée en Carmel jusqu'à « la nuit de la foi » qui a marquée les dernières années de sa courte vie, Thérèse nous propose une doctrine de la petite voie: voie de l'enfance, voie de la pauvreté, voie de l'abandon et de l'amour. Cela peut nous paraître aujourd'hui superflu mais à l'époque de Thérèse, encore marquée par le jansénisme, réaffirmer que Dieu n'est qu'Amour et miséricorde cela n'est pas évident. Que faut-il retenir? Dieu, qui n'est qu'Amour et Miséricorde, a soif de donner son pardon. Le péché n'est jamais plus grand que Son pardon.L'âme reçoit exactement ce qu'elle attend, comprend de Dieu. La justice est totalement assumée dans l'Amour. Il faut donc apprendre à abandonner sa vie à l'Amour de Dieu pour devenir « une louange de Dieu ». Pour cela, Thérèse va proposer une nouvelle voie, celle de l'enfance.

Il s'agit comme l'enfant de se jeter dans les bras de son Père et de se laisser porter par Dieu. Il ne s'agit pas de s'infantiliser ou de nostalgie de l'enfance perdue comme c'est bien à la mode aujourd'hui. Ils 'agit d'une attitude fondamentale: celle de la confiance et de l'abandon. Il faut aussi faire attention à une deuxième dérive, celle du quiétisme en quelque sorte. L'abandon à la Providence n'est pas abandon de sa volonté propre, bien au contraire. L'enfant décide en toute liberté et conscience de courir vers sa père. Sa volonté est en action... Faire un pas en quelque sorte pour que Dieu fasse les cent suivants...

Ce chemin de l'enfance est un chemin de charité et de sainteté. C'est aimer toujours et dans toutes les petites choses. C'est aimer dans les oeuvres minuscules pour avancer dans la charité, dans la sainteté et surtout dans la joie. Il faut pour Thérèse tout faire par amour en s'appuyant sur Dieu dans la prière et en se nourrissant de sa Parole. La petite voie de Thérèse est donc accessible à tous, quelque soit notre état de vie. Comme est le chemin de pauvreté, elle est profondément réelle. Elle nous permet de regarder nos faiblesses en toute vérité et de ne pas se laisser submerger par elles en les plaçant en Dieu dans la confiance.





 



Pour terminer quelques extraits de textes bien connus:

«Vous le savez, ma Mère, j’ai toujours désiré d’être une sainte, mais hélas ! j’ai toujours constaté, lorsque je me suis comparée aux saints, qu’il y a entre eux et moi la même différence qui existe entre une montagne dont le sommet se perd dans les cieux et le grain de sable obscur foulé aux pieds des passants.

Au lieu de me décourager, je me suis dit : le Bon Dieu ne saurait inspirer des désirs irréalisables, je puis donc malgré ma petitesse aspirer à la sainteté ; me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis avec toutes mes imperfections, mais je veux chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. Nous sommes dans un siècle d’inventions, maintenant ce n’est plus la peine de gravir les marches d’un escalier, chez les riches un ascenseur le remplace avantageusement. Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur, (…) et voici ce que j’ai trouvé : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux ! » (Is.66,13.12) Ah ! jamais paroles plus tendres, plus mélodieuses, ne sont venues réjouir mon âme, l’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! Pour cela je n’ai pas besoin de grandir, au contraire il faut que je reste petite, que je le devienne de plus en plus. »

 

« Je me sens la vocation de GUERRIER, de PRETRE, D’APÔTRE, de DOCTEUR, de MARTYR ; enfin, je sens le besoin, le désir d’accomplir pour toi Jésus, toutes les œuvres les plus héroïques… Je sens en mon âme le courage d’un Croisé, d’un Zouave Pontifical, je voudrais mourir sur un champ de bataille pour la défense de l’Eglise…O Jésus ! mon amour, ma vie… comment allier ces contrastes ? Comment réaliser les désirs de ma pauvre petite âme ?…Ah ! malgré ma petitesse, je voudrais éclairer les âmes comme les Prophètes, les Docteurs, j’ai la vocation d’être Apôtre… je voudrais parcourir la terre, prêcher ton nom.. et je voudrais en même temps annoncer l’Evangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus reculées… Je voudrais être missionnaire... je compris que si l’Eglise avait un corps, composé de différents membres (1Co 13,1-3), le plus nécessaire, le plus noble de tous ne lui manquait pas, je compris que l’Église avait un Cœur, et que ce Cœur était BRULANT d’AMOUR. Je compris que l’Amour seul faisait agir les membres de l’Eglise, que si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang… Je compris que l’AMOUR RENFERMAIT TOUTES LES VOCATIONS, QUE L’AMOUR ETAIT TOUT, QU’IL EMBRASSAIT TOUS LES TEMPS ET TOUS LES LIEUX … EN UN MOT, QU’IL EST ETERNEL !…Alors, dans l’excès de ma joie délirante, je me suis écriée : O Jésus, mon Amour… ma vocation, enfin je l’ai trouvée, MA VOCATION, C’EST L’AMOUR !… Oui j’ai trouvé ma place dans l’Eglise et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée… dans le Cœur de l’Eglise, ma Mère, je serai l’AMOUR… ainsi je serai tout… ainsi mon rêve sera réalisé !… »



SaintJeanBaptiste.png





Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article
9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 17:57

P.pngour débuter l'année et se remettre dans la bain, un petit bouquin un peu ancien déjà "La Morale Catholique " écrit par le très célèbre Pinckaers aux éditions du Cerf (collection " Bref").

L'ouvrage se présente en deux parties. La première trace une rapide histoire de la théologie morale très bien faite avec des tableaux "récapitulatifs" des auteurs ou encore le plan de la Somme de notre cher saint Thomas et des extraits de textes fondamentaux ( conciles...). Il part de la morale dans le Nouveau Testament ( sermon sur le Montagne, morale paulinienne) jusquà Vatican II via les pères de l'Eglises, les grands moralistes médiévaux et les différentes écoles ( tutiorisme, probabilisme...). Bref, une approche concise, claire et efficace.

Dans la seconde partie, il aborde quelques notions fondamentales de la morale comme la liberté, la question du bonheur, la conscience et la loi toujours en s'appuyant sur les Ecritures et saint Thomas d'Aquin. Le passage sur la loi naturelle qui pose question ces dernières années est intéressant. Il développe entre autres les 5 inclinations qui fondent en nous cette loi puis étudie son rôle aux différentes étapes de la progresson morale.

Quelles sont ces 5 inclinations?  En premier lieu, l'inclination au bien c'est-à-dire l'aspiration au bonheur. Puis l'inclination à la conservation de l'être ( fondamental au même titre que l'existence), l'inclination au mariage qui se fonde sur la distinction des genres ( encore une question redoutable depuis le développement de la théorie du gender), l'aspiration à la vérité et enfin l'inclination à la vie en société en lien avec le sens d'autrui ( l'homme est animal "politique" comme disait les anciens).

Pourquoi défendre l'idée d'une loi naturelle? Et bien parce qu"ainsi entendue, la loi naturelle peut fonder solidement et soutenir la doctrine des droits de l'homme, au-delà des distinctions entre nations et races, époques et cultures. Elle est assez souple pour s'adapter aux inévitables différences et assez forte pour inspirer des convergences et des renouveaux, car la morale doit être un ferment de progrès si elle veut vraiment redevenir une science de la vie et de l'action." (p.121).

 

Bonne lecture!

 

SaintThomasdAquin.png

 

 

 

 

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Lectures
commenter cet article
8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 18:19

A.pngujourd'hui, le 8 septembre nous célébrons la Nativité de la Vierge Marie. C'est une fête très ancienne puisque l'on sait qu'elle était déjà fêtée au VIème siècle. Il nous reste même des homélies du VIIème.

Que sait-on de la naissance de Marie? Des évangiles, absolument rien! En revanche, le protévangile de saint Jacques, attribué à l'un ou l'autre des saint Jacques, datant du IIème siècle et conservé en plusieurs langues (syriaque, copte, arménien...) nous en parle longuement.  C'est le plus ancien apocryphe connu et il sera repris et développé dans le texte dit "l'Evangile du pseudo-Matthieu" datant lui du V ou VIème siècle. Enfin, on voit apparaître vers le IX ou Xème le "Livre de la Nativité de la Vierge Marie".

 

Qu'est-ce qu'un "protévangile"? Si les évangiles nous parlent de la vie de Jésus, les protévangiles, nous racontent ce qui s'est passé avant sa naissance. Par exemple la nativité de Marie, la présentation de Marie au temple, les prénoms de ses parents: Anne et Joachim ou encore la désignation miraculeuse de l'époux de la Vierge. Ce sont eux aussi qui introduisent l'histoire de Salomé la sage femme incrédule qui aura la main brûlée pour avoir douté de la virginité de Marie. Vous pouvez trouver un tableau de cette scène au musée des Beaux Arts de Dijon. Ces textes ont donc eu une grande influence dans l'art et l'iconographie et sont passionnants à lire. Pensez par exemple dans la statuaire à sainte Anne instruisant Marie ou les représentations Anne/Marie/Jésus. Ils contiennent aussi les éléments fondamentaux de la piété mariale.

 

Que nous relatent ces textes? Joachim se désole de ne pas avoir d'enfants et se souvenant de l'histoire d'Abraham et de Sara, se rend au désert pour prier. De son côté, sainte Anne se lamente d'avoir perdu son mari et d'être stérile et se tourne vers Dieu en gémissant. Un ange apparaît successivement aux deux époux pour leur annoncer que leur prière a été entendue. Voici ce que nous disent les textes:

"Et voici que Joachim arriva avec ses troupeaux. Anne, qui se trouvait debout sur le seuil, le vit venir, courut à lui et s'accrochant à son cou, lui dit : Maintenant, je sais que le Seigneur Dieu m'a comblée de bénédictions, car j'étais comme veuve et je ne le suis plus; j'étais stérile et mes entrailles vont concevoir. Et ce fut le premier soir que Joachim reposa dans sa maison. (...) Or les mois d'Anne s'accomplissaient, et, au neuvième, elle enfanta. Et elle demanda à la sage-femme : Qu'ai-je mis au monde ? Celle-ci répondit : Une fille. Et Anne reprit : Elle a été glorifiée en ce jour, mon âme ! et elle coucha l'enfant. Puis les jours d'usage étant accomplis, elle se releva, se lava, donna le sein à son enfant et l'appela Marie." (Protévangile de saint Jacques)

"Il y avait trente jours qu'ils marchaient et ils approchaient, quand Anne, qui était en prière, vit paraître un ange qui lui dit : Va à la Porte qu'on appelle Dorée, pour y rencontrer ton époux, car il va te revenir aujourd'hui. En hâte, elle s'y rendit avec ses servantes , et elle se tint près de la dite porte en prières. Elle attendait de puis déjà longtemps et commençait à se lasser, quand, levant les yeux, elle vit Joachim arriver avec ses troupeaux. Elle courut se jeter à son cou, rendant grâces à Dieu, et disant : J'étais veuve et voici que je ne le suis plus ; j'étais stérile et voici que j'ai conçu. Et une grande allégresse se répandit dans tout le voisinage et parmi tous ceux qui la connaissaient, si bien que tout le pays d'Israël la félicita de cette gloire." ( Evangile du Pseudo-Matthieu)

 

A travers Marie, les chrétiens célèbrent la mère de Dieu, celle par qui le "soleil de justice" est entré sur la terre. La liturgie du  jour nous dit: "Célébrons la naissance de la Vierge Marie: en elle, le rameau de Jessé a fleuri, par elle, Dieu, notre Dieu, nous bénit."

Pour terminer je vous laisse en compagnie de saint Jean Damascène qui a rédigé une très belle homélie pour la Nativité de la Vierge Marie. Vous trouverez facilement le texte intégral.

"Aujourd'hui sort de la souche de Jessé le rejeton sur lequel va s'épanouir pour le monde une fleur divine. Aujourd'hui Celui qui avait fait autrefois sortir le firmament des eaux crée sur la terre un ciel nouveau, formé d'une substance terrestre ; et ce ciel est beaucoup plus beau, beaucoup plus divin que l'autre, car c'est de lui que va naître le soleil de justice, celui qui a créé l'autre soleil....

Que de miracles se réunissent en cette enfant, que d'alliances se font en elle ! Fille de la stérilité, elle sera la virginité qui enfante. En elle se fera l'union de la divinité et de l'humanité, de l'impassibilité et de la souffrance, de la vie et de la mort, pour qu'en tout ce qui était mauvais soit vaincu par le meilleur. O fille d'Adam et Mère de Dieu ! Et tout cela a été fait pour moi, Seigneur ! Si grand était votre amour pour moi que vous avez voulu, non pas assurer mon salut par les anges ou quelque autre créature, mais restaurer par vous-même celui que vous aviez d'abord créé vous-même. C'est pourquoi je tressaille d'allégresse et je suis plein de fierté, et dans ma joie, je me tourne vers la source de ces merveilles, et emporté par les flots de mon bonheur, je prendrai la cithare de l'Esprit pour chanter les hymnes divins de cette naissance...

Aujourd'hui le créateur de toutes choses, Dieu le Verbe compose un livre nouveau jailli du coeur de son Père, et qu'il écrit par le Saint-Esprit, qui est langue de Dieu..."

 

SaintGeorges.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Folklore
commenter cet article
7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 17:06

A.pngvant d'aborder les vertus morales proprement dites, il est nécessaire de comprendre rapidement ce qu'est une vertu théologale. Pourquoi? Nous pouvons nous référer encore une fois au catéchisme de l'Eglise (n°1812 et 1813): "Les vertus humaines s’enracinent dans les vertus théologales qui adaptent les facultés de l’homme à la participation de la nature divine (....)" et " Les vertus théologales fondent, animent et caractérisent l’agir moral du chrétien. Elles informent et vivifient toutes les vertus morales. Elles sont infusées par Dieu dans l’âme des fidèles pour les rendre capables d’agir comme ses enfants et de mériter la vie éternelle (...)".

Qu'est-ce que cela signifie? Dieu appelle les hommes, chaque individu à devenir "enfant de Dieu" et à participer à sa nature divine. Cette divinisation de l'homme ou encore cette participation possible à la vie divine est fondamentalement un don de Dieu. C'est purement gratuit de la part de Dieu et sans Dieu c'est impossible. L'homme, on l' a déjà noté à plusieurs reprises, est appelé à grandir en humanité et en cette vie divine. Cette progression ou croissance est possible grâce aux vertus naturelles et aux vertus surnaturelles. Les vertus naturelles, ce sont les vertus morales qui impliquent des efforts de la part de l'homme qui engage sa liberté et sa volonté. Je peux refuser ma vocation profonde à la sainteté, je peux refuser Dieu. C'est la conséquence de notre liberté. Mais, cette croissance est surtout possible grâce aux vertus surnaturelles, aux vertus théologales. Quel que soit l'effort de l'homme qui est absolument nécessaire, la grâce de Dieu est toujours plus importante et essentielle. En bref, la grâce soutient, guide nos efforts aussi minuscules soient-ils.

 

Ces trois vertus théologales ( foi, espérance et charité) sont infuses c'est-à-dire pour parler simplement données par Dieu. Elles ont pour source et objet Dieu. Dieu étant Amour, elles n'ont aucune limite car le déploiement de l'Amour est infini. Les vertus théologales nous sont connues par la Révélation.

 

On ne peut rentrer dans le détail de ces trois vertus mais voici quelques lignes directrices.

 

La foi. La foi est un don et une grâce... Pas forcément évident de penser cela de nos jours mais n'oublions pas que c'est Dieu qui se révèle. C'est toujours lui qui "fait le premier pas". Cela marque ensuite l'adhésion de la personne au Christ et à son Eglise. La foi marque profondément la morale puisque croire au Christ et "adhérer" à son Evangile va impliquer certaines conduites et forcer la personne à en refuser d'autres. C'est très clair dans les épîtres et dans les Actes de Apôtres. Croire implique un changement ( pas forcément radical, l'homme est un homme...) dans sa vie. Le CEC précise: "Mais " sans les œuvres, la foi est morte " (Jc 2, 26) : privée de l’espérance et de l’amour, la foi n’unit pas pleinement le fidèle au Christ et n’en fait pas un membre vivant de son Corps. (...)" Enfin, la foi implique le témoignage et l'évangélisation

 

L'espérance. Se souvenir déjà que l'espérance n'est pas l'espoir! L'espérance c'est fondamentalement désirer le Royaume de Dieu... "Elle répond à l'aspiration au bonheur placée par Dieu dans le coeur de tout homme". Le CEC cite Ste Thérèse de l'Enfant Jésus pour expliciter cette vertu: "Espère, ô mon âme, espère. Tu ignores le jour et l’heure. Veille soigneusement, tout passe avec rapidité, quoique ton impatience rende douteux ce qui est certain, et long un temps bien court. Songe que plus tu combattras, plus tu prouveras l’amour que tu portes à ton Dieu, et plus tu te réjouiras un jour avec ton Bien-Aimé, dans un bonheur et un ravissement qui ne pourront jamais finir"

Vous pouvez aussi lire Charles Péguy.

 

La charité. Toutes les vertus lui sont ordonnées. Foi et espérance disparaitront dans l'éternité mais seule la charité demeurera. C'est vraiment l'essentiel de la loi nouvelle en Christ. C'est l'amour à comprendre comme l'amour "agapé". En grec, vous savez que vous pouvez trouver trois termes pour désigner l'amour: "eros", "philia" et "agapé". L'agapé, c'est (pour faire vite) l'amour désintéressé, l'amour qui se rapporte à Dieu. L'amour-désir lui se rapporterait plutôt  la vertu d'espérance. Par cette vertu, nous aimons Dieu pour Lui-même et notre prochain comme nous même et cela pour l'amour de Dieu. La charité est première dans le sens où elle a une primauté absolue sur toutes les autres vertus.

Là encore je ne peux développer mais vous pouvez relire l'hymne à la charité chez saint Paul et le très beau passage dans la première épître aux Corinthiens au chapitre 13.

 

SaintPierre.png

 

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Ethique
commenter cet article
6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 19:40

A.pngprès de longues vacances, nous reprenons les cours. Et attention, cette année, ils débuteront plus tôt, le 5 octobre. Les inscriptions se font directement au secrétariat du CUCDB (U.V de 28 heures)

Au programme de cette année, la loi et la conscience morale...

Pour info, voici les grandes lignes:

 "« Maître que dois-je faire pour avoir la vie éternelle? ». Telle est la question du jeune homme "riche" à Jésus qui résume la quête de chaque homme vers Dieu c'est-à-dire vers la béatitude. Mais si l'homme progresse en exerçant les vertus, en posant des actes bons, il peut aussi se détourner de Dieu par des actes mauvais.

Dès lors, comment l'homme peut-il juger de ses actes? Comment discerner? Que faire pour bien faire et parvenir à Dieu? Doit-on se tourner vers sa conscience: « sanctuaire où l’homme est seul avec Dieu et où Sa voix se fait entendre » ou se référer à une loi donnée ?

En articulant avec les notions de liberté, de vérité et de loi, nous étudierons cette année, au cours d'un petit parcours historique ( Antiquité, pères de l'Eglise, Saint Bernard et Abélard, Saint Thomas d'Aquin ou encore Alphonse de Ligori), ce qu'est la conscience: son fonctionnement, ses propriétés, son éveil et sa formation... La conscience doit-elle s'éduquer? La conscience peut-elle se tromper? Comment suivre sa conscience? Faut-il toujours la suivre? La conscience nous oblige t'elle?"

 

SainteLucie.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Hors-sujet
commenter cet article
3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 10:27

N.png

 

 

 

 

 

 

  ous avons pu survoler rapidement ces derniers mois les béatitudes telles qu'elles sont présentées dans l'Evangile selon saint Matthieu au chapitre 5. Celles-ci nous renvoient à la notion de "vertu".

Mais qu'est-ce qu'une vertu? Son enseignement a paru un temps dépassé, désuet... Le philosophe MacIntyre dans son Après la Vertu avait quelque peu réhabilité cette notion en lui rendant son intelligibilité. Une réflexion très intéressante qui passe par Aristote, Nietzsche, les vertus au Moyen Age, la morale des Lumières. Son ouvrage se terminait sur un débat entre Aristote/Nietzsche et saint Benoît/Trotsky... tout un programme.

De nos jours, les ouvrages se mulitplient sur les vertus... Une réhabilitation? Une redécouverte? Revenir aux vertus après une  morale trop casuistique ? Revenir à une éthique du bonheur plutôt qu'à une morale de l'obligation façon Kant? Oui, cela me semble capital et là encore, l'enseignement de saint Thomas sera incontournable!

Parler des vertus, c'est déjà savoir de quel type de morale on parle. Je reprendrai les mots de Gilson: " C'est une morale sans obligation, si du moins on considère l'obligation comme s'imposant du dehors. (…) Car la seule obligation que la morale thomiste reconnaisse à l'homme est celle d'être parfaitement homme, étant assuré qu'il sera par là ce que Dieu veut qu'il soit"  ( Saint Thomas d'Aquin, p.12).

 

 

L'homme est fondamentalement un être en devenir. Le chemin des béatitudes  ou le chemin des vertus semble donc être le moyen le plus approprié pour aider l'homme à se développer, à grandir en humanité, en liberté et en responsabilité. Nous nous situons comme le dit Aubert dans une dialectique de la croissance ( pensons aux paraboles de Jésus...). L'homme est ouvert à une infinie de possibilités, les vertus sont avec la loi, la base stable, universelle qui permet ensuite à l'homme de croître en tant qu'homme en sa vocation propre. Les vertus prennent en compte à la fois la dimension universelle (la nature de l'homme, la vocation universelle à devenir saint et à participer à la vie divine) et la dimension singulière de chaque homme.

 

Une vertu est un « habitus ». Le mot ne peut se traduire en français par l'habitude comprise comme une action répétée voire monotone qui sous entend alors que la personne est passive. Un habitus, c'est une disposition acquise, elle engage par conséquent la volonté, la liberté et une décision ferme et résolue. L'habitus s'enracine dans une connaissance ( et une conscience) lucide et éclairée. Je vais ensuite, par ma volonté, tendre vers, par des efforts concrets et réels.

Première distinction: on divise les habitus en habitus opératifs et en habitus entitatifs. Les habitus peuvent s'appliquer à une faculté physique ou intellectuelle. Ce sont alors des habitus opératifs. Les habitus affectant l'être dans sa totalité (santé, état de grâce) sont des habitus entitatifs.

 

Deuxième distinction: les habitus bons et les habitus mauvais.

Les habitus qui affectent la volonté, l'agir moral peuvent êtres bons ou mauvais. S'ils sont mauvais, ce sont des vices. S'ils sont bons, ce sont des vertus.

 

De ces deux premières distinctions, on peut conclure qu'une  vertu est un habitus opératif bon.

 

Troisème distinction: il existe différents types de vertus. J'en releverai trois: les vertus théologales ( foi, espérance et charité), les vertus intellectuelles et les vertus morales ( où il faudra préciser les vertus cardinales: prudence, justice, force et tempérance). Les vertus morales qui vont nous intéresser davantage sont celles qui perfectionnent les actes de la volonté et contrairement aux vertus intellectuelles, elles perfectionnent l'homme en soi.

 

Quelles sont les propriétés de l'habitus?

  • Il apporte une plus grande stabilité dans l'agir.

  • Il permet la maîtrise du comportement qui est alors mieux adapté au but.

  • Il apporte de l'aisance dans l'agir et engendre davantage de joie.

  • Il a un retentissement général sur l'être "global".

  • Il montre l'importance de l'effort humain... Volonté et liberté humaines sont mises en valeur.

C'est un perfectionnement de l'être tout entier!



SaintPierre.png

 

 

 

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Ethique
commenter cet article
2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 09:58

E.pngn ces temps des vacances, un petit livre très intéressant qui regroupe des prières de saint Thomas d'Aquin. L'ouvrage est présenté par Denis Sureau aux éditions de l'Emmanuel.

Dans son introduction, il nous présente le grand théologien comme un "poète eucharistique" et rappelle que ce sont sans doute ses prières qui ont été dans l'Eglise les plus chantées et priées. Pensons en effet au Lauda Sion, Pange Lingua; Tantum ergo ou encore l'Adoro te et n'oublions pas que toute une tradition attribue la prière "Ame du Christ" à notre aquinate. Il nous rappelle aussi que c'est le pape Urbain IV au XIIIème siècle qui institua la Fête Dieu et qu'il demanda à saint Thomas d'écrire les oraisons (prières) de cette messe.

Saint Thomas d'Aquin, durant sa jeunesse,  avait été formé à l'abbaye du Mont Cassin où il a pu étudié la liturgie, le chant grégorien... etc. Il n'est donc pas étonnant de le voir des années après composé antiennes et hymnes. Il affectionnait tout particulièrement la liturgiedes heures et introduira son beau Commentaire des psaumes en affirmant que "les psaumes contiennent toute la théologie". Ces prières pour les offices de la fête du Saint Sacrement sont donc ancrés dans la Tradition, il s'est appuyé sur les Ecritures et les pères pour les rédiger.

Si notre saint a accepté cette commande du pape, c'est aussi parce qu'il est le grand amoureux de l'eucharistie. Le Saint Sacrement est le centre de sa vie spirituelle. Il ne s'intéresse pas à l'eucharistie comme un simple objet d'étude.  Et comme je vous le faisais déjà remarqué, il n'est pas seulement "un intellectuel desséché, une "belle mécanique". C'était aussi un homme de prière, adonné à la contemplation, quittant tôt sa cellule le matin pour se rendre à la chapelle. Là, il adorait les bras en croix, ou se prosternait devant l'autel (...)".

Bref, c'est le poète, l'homme de foi fervent et le théologien qui sont salués dans cet ouvrage. Les hagiographes rapportent qu'il aurait déposé au pied du crucifix son manuscrit et que le Christ lui aurait dit: " Tu as bien écrit de moi!"

 

 

SaintThomasdAquin.png

 

 

 

 

" Aussi ce sacrement est-il le signe du plus grand amour et le réconfort de notre espérance en raison de cette si intime union au Christ" ( Somme Théologie, III, q. 75, a.1)

 

 

 

 

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Lectures
commenter cet article
29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 13:50

P.pngeut-être faites-vous partie d'une de ces 20 000 personnes qui iront trainer leurs espadrilles à une session de Paray cet été? Rien de tel pour se rebooster que d'aller poser des néons, dévisser des ampoules et chanter des "Amen de Gloire!" avec d'autres personnes.  Il y en a pour tous les goûts: forum des jeunes, session mariale, congrès de l'adoration, session des familles, session des gens dans la rue, parcours de préparation au mariage... et en plus parents vos chérubins sont gardés en journée (bricolages, jeux, chants, siestes pour les petits...) , vous êtes tranquilles  pour suivre ce que vous voulez!

Alors n'hésitez pas. C'est très libre et personnellement je zappe certains trucs comme les partages, les veillées témoignages et me concentre sur les enseignements qui sont de grande qualité et les temps de prières.

Au cours de cette session des 25-35 ans, deux intervenants ont été particulièrement brillants, le dominicain Humbrecht et le père Nicolas Buttet.

 

J'aimerai revenir aujourd'hui sur l'enseignement du père Humbrecht, " Notre histoire a t'elle un sens?". Son plan en trois parties  est  très simple: lire le passé, vivre le présent et constuire l'avenir. Je ne vais pas détailler son discours mais retranscrire quelques éléments de sa deuxième partie autour des questions du sens, de la vérité et de la vocation.

 

Il faut d'abord avoir bien conscience que la clé du bonheur est d'habiter son présent. C'est-à-dire de poser des actes, ne pas se laisser engloutir par le passé ou l'avenir. Pour faire court, le présent est le noeud stratégique de notre vie et cela est en réalité très exigeant. "Poser des actes", cela semble un peu stupide comme formule mais en fait cela suppose une confrontation au réel qui nous résiste. Il faut devenir pour reprendre une expression du père "redoutable d'efficacité" en posant  un acte l'un après l'autre et les mener à bien. Il faut aussi prendre le temps de terminer une action... La "finition" est une des grandes questions de notre génération.

 

Le père revient alors sur la question de fond: "Notre vie a t'elle un sens"?

Il distingue deux "sens" à ce terme: le sens et la vérité. En effet, le sens renvoie d'abord à la vérité c'est-à-dire à la part de réalité qui nous précède, nous mesure et que l'on ne crée pas. Je reçois une histoire... Puis le sens c'est justement la vérité que je confère, que je donne aux choses. C'est une intervention de l'esprit sur les choses. J'imprègne en quelque sorte ma marque sur les choses. Le sens est alors lieu d'interprétation et toute interprétation est une intervention.

Cela dit, il ne faut pas tout interpréter car dès qu'on interprète on met quelque chose de soi or pour certaines choses, il faut recevoir, accueillir la vérité comme on nous la donne ou la dit. Le père a donné l'exemple de la parole évangélique ou des textes conciliaires que l'on a d'abord à accueillir, comprendre puis à interpréter. Il faudrait avoir d'abord la simplicité de lire l'enseignement de l'Eglise et seulement dans un deuxième temps si nécessaire de l'interpréter. L'interprétation peut être réductrice car on tire les mots à soi. Selon les circonstances, on doit interpréter. Si par exemple le message de vérité manque d'intelligibilité, il est nécessaire de faire des liens.

 

Avec beaucoup d'humour, le père a ensuite prit l'exemple des "signes" et de leurs inteprétations et il est vrai que je suis parfois stupéfaite de la platitude des signes qu'osent me rapporter certains de mes amis. Qu'est-ce qu'un signe? Une chose qui en désigne une autre. Le signe est nécessairement subjectif, c'est moi qui fait le lien et cela reste bien entendu fragile. Il est impératif qu'un discernement soit fait par l'intelligence. Il faut distinguer ce qui est de l'ordre du "moi-même" et de ce qui est de l'ordre du "Saint Esprit". Il est nécessaire de faire les choses avec intelligence et d'avoir un regard extérieur, une critique ou un conseil externe car on n'est pas forcément bon juge pour soi-même. Je ne peux ici que conseiller vivement d'avoir recours à un conseiller spirituel.

 

Donner sens à notre histoire? C'est aussi la question de la fameuse vocation et une réflexion plus profonde sur la Providence. Cette réflexion est intéressante car elle permet de bien distinguer Destin et Providence et de sortir du débat parfois un peu stérile entre vocation religieuse/ vocation au mariage.

En fait, le père Humbrecht note qu'il est difficile parfois de savoir qu'elle est sa vocation profonde et réelle et que souvent il faut attendre la fin... Les actes que nous posons décident de  notre vocation en réalité. Cela dépend de nous! N'oublions pas que nous sommes des êtres libres et que rien n'est prévu par Dieu malgré nous. Cela n'est pas écrit ou tracé à l'avance... Les choses ne sont pas nécessaires. En gros, la vocation en termes de carrière n'existe pas.

Il  nous faut alors distinguer entre vocation et appel! Quelle est ma vocation? Elle est la même pour tous les hommes; la sainteté et cela en vertu même de notre baptême pour nous chrétiens.

Ensuite, point très important, il n'y a pas d'appel direct de Dieu au mariage. En effet, tous nous avons une vocation au mariage qui est inscrite dans notre nature même. Je suis tout à fait le père sur cette question car le mariage est le premier des sacrements, le seul créé au début du monde, le seul qui n'a pas été donné par le Christ. La nature, c'est une grâce de Dieu. Il est donc inutile en termes de mariage d'attendre un appel de Dieu, c'est déjà fait!

Mais en revanche, il a justement un appel particulier de Dieu pour la consécration car justement il faut m'arracher à ma vocation naturelle au mariage. C'est un appel qui se déroule sous la modalité du désir, modalité très humaine, qui doit faire quelque part "concurrence" à l'appel à la vie en couple.

 

Ensuite, le père a insisté sur l'importance de la responsabilité personnelle. Question de grande actualité. Il cite l'Ecclésiaste: " Dieu a laissé l'homme à son conseil". Dieu n'agira, ne décidera jamais à ma place. N'oublions pas que ce qui fait que l'homme est à l'image de Dieu, c'est entre autres sa liberté! Et Humbrecht va plus loin encore car il affirme que si on agit pas, on empêche même Dieu d'agir car Dieu a voulu ne pas agir seul mais toujours en collaboration avec l'homme. N'est-ce pas une des significations profondes de l'alliance qui habite la Bible? Saint Thomas dira que Dieu a donné à l'homme la dignité de la causalité.  Cette liberté, ce vouloir doivent s'articuler, être en médiation avec l'Eglise, c'est-à-dire la communauté. La grâce de Dieu agit toujours dans la communauté ( notez  la différence avec la théologie luthérienne). Il faut avoir conscience de l'importance des médiations humaines: Eglise, société, famille, amis... Rien ne se fait jamais de manière abstraite.

En guise de conclusion, on peut reprendre la très célèbre formule: " Dieu opère, nous coopérons."

SainteLucie.png

 

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Hors-sujet
commenter cet article
25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 13:00

A.pngujourd'hui, dimanche 25 juillet, nous fêtons saint Jacques le Majeur, c'est-à-dire saint Jacques de Compostelle. Vous le reconnaîtrez facilement dans les églises car il porte un large chapeau et la coquille et souvent le bourdon (une sorte de grand bâton). Qui est saint Jacques, celui que l'on appelle le "fils du tonnerre"?

C'est le frère du jeune saint Jean, le disicple bien aimé, le fils de Zébédée. Ils étaient pécheurs. Dans l'Evangile selon saint Matthieu, au chapitre 4, nous est raconté l'appel des quatre premiers disciples: Pierre, André, Jacques et Jean qui à l'appel du Christ laissent là leurs filets et partent sans poser de questions...  Ce sont les quatre disciples les plus proches de Jésus. Ce sont eux que Jésus choisit pour la Transfiguration sur le mont Thabor, ils sont présents lors de la guérison de la fille de Jaïre, au mont des Oliviers lors de cette terrible nuit où Jésus pleura des larmes de sang.

Vous connaissez aussi le célèbre passage au chapitre 10, versets 35 et suivants, en Marc, où Jean et Jacques formulent cette requête: " Donne-nous d'être assis, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire?" Jésus leur répondra: " Pouvez-vous boire la coupe que moi je bois, ou être baptisé du baptême dont je suis baptisé?".  Les frères accepteront, Jacques connaîtra le martyre. On pense qu'il est mort en l'an 43 sous Hérode.

La légende fait de lui l'évangélisateur de l'Espagne. Son corps aurait été conduit sur une barque par des anges jusqu'en Galice.... une autre tradition affirme que ce sont saint Théodore et saint Athanase qui aurait apporté puis enterré son corps en Espagne... une autre parle des 7 compagnons de l'apôtre qui ont accompagné son corps jusqu'à Grenade puis de là l'ont transporté près d'Iria où l'apôtre aurait prêché.

D'autres légendes racontent comment on aurait découvert le corps de l'apôtre. Un jour un noble chevalier au cours de son mariage aurait été précipité par son cheval, dans un moment d'inattention, dans les flots. Là, devant lui se serait dressée une barque portant le corps de saint Jacques et les fameux compagnons. Le vent s'apaisa brusquement et les flots se calmèrent. Le noble chevalier sortit alors de la mer mais son cheval, son vêtement étaient recouverts de coquilles... La barque, elle, aurait continué sa route, remonté les fleuves et serait parvenue à Iria où les compagnons déposèrent le corps du saint sur un pierre qui reçue l'apôtre comme si elle était faite de cire. Vous pouvez retrouver des traces de ce miracle dans les bulles de Clément V en 1088 ou encore dans celles du pape Alexandre III etn 1165 et si mes souvenirs sont bons au XIII avec le pape Grégoire.

Enfin, une légende dit que l'on a retrouvé son corps dans un champ grâce à une étoile ( parfois une pluie d'étoiles) d'où le nom de Compostelle, le campus stellae, le champ d'étoiles.

 

Pourquoi parler aujourd'hui de ce saint? Et bien parce que saint Jacques reste une des grandes figures de la chrétienté occidentale et que vous faites peut-être comme moi partie des pélerins de Compostelle. C'est avec une grande joie que je parcours chaque année un petit tronçon. J'en suis à Agen... C'est le chemin du Puy en Velay via la variante de Rocamadour que je conseille vivement.

Cette année c'est surtout une année spéciale puisque la fête de la saint Jacques tombant un dimanche, on parle d'année jacquaire. Cette tradition aurait débuté en 1428. Quel est le rythme des années jacquaires? Et bien 6 ans, 5 ans, 6 ans et 11 ans. La prochaine aura donc lieu en 2021!  Au cours de cette année, la grande porte Est de la cathédrale de Santiago est ouverte. L'indulgence plénière (un jour je vous expliquerai ce que cela signifie) est accordée aux pélerins qui suivent les rites nécessaires.

La grande fête commence le 24 au soir au chant des Vêpres et le dimanche l'évêque suit une liturgie particulière. Chants et prières s'appuient sur un manuscrit du XIIème, le Codex Calixtinus!

Bref, ce sont de magnifiques cérémonies. Peut être avez-vous eu la chance d'être à Compostelle en ce jour?

 

SaintGeorges.png

 

NB: qu'est ce qu'une bulle pontificale? C'est une lettre solennelle du pape qui est scellée par une boule de métal ou le plus souvent par la suite par un cachet de cire. En latin, bulla signifie "le sceau";

Cette pratique du sceau en plomb est attestée à Byzance et a été reprise par les papes dès le Vème siècle.  Le sceau permettait d'authentifier le document qui a une valeur juridique importante.

Léon XIII, dans un motu proprio du 29 décembre 1878 réserve l'usage de la bulle à certains textes administratifs et aux actes officiels du saint siège comme l'indiction des conciles et des jubilés.

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Folklore
commenter cet article