Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 21:57

" Q.pngue tout homme aimant Dieu jouisse de de cette lumineuse fête.

que le serviteur fidèle entre joyeux dans la joie de son maître.

Que celui qui a porté le poids du jeûne vienne toucher maintenant son denier (...)

Tous entrez donc dans la joie de votre Maître.

Premiers et derniers, recevez la récompense (...)

Abstinents et paresseux, fêtez ce jour.

Vous qui avez jeûné, réjouissez-vous aujourd'hui.

La table est garnie, venez tous sans arrière pensée.

Le veau gras est servi, que tous se rassasient.

Participez au banquet de la foi,

puisez tous aux richesses de la miséricorde.

 

(...) Que  nul ne déplore ses péchés:

le pardon s'est levé du tombeau,

Que personne ne craigne la mort:

Celle du Sauveur nous a libérés.

Il l'a terrassée, quand elle le tenait enchaîné.

Il a dépouillé l'enfer, celui qui est descendu aux enfers.

 

Il l'a détruit, pour avoir goûté à sa chair.

Isaïe l'avait prédit: l'enfer fut consterné quand il l'a rencontré.

Il fut consterné, parce qu'il fut écrasé.

Il fut dans l'amertume, parce qu'il fut joué.

Il avait pris un corps, il s'est trouvé devant Dieu.

Il avait pris le visible, et l'invisible l'a renversé.(...)

 

Le Christ est ressuscité et tu as été écrasé.

Le Christ est ressuscité et les démons sont tombés.

Le Christ est ressuscité et les anges sont dans la joie.

Le Christ est ressuscité et la vie règne.

Le Christ est ressuscité et les morts sont arrachés aux tombeaux.

Car le Christ ressuscité des morts est devenu prémices de ceux qui dorment.

A lui GLoire et puissance dans les siècles des siècles.

Amen."

 

Saint Jean Chrysostome- Homélie pascale.

 

Ce texte fait partie des offices des matines pascales dans le rite byzantin.

 

SaintJeanBaptiste.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article
2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 21:40

L.pnga mort du Christ sur la croix est un jugement de jugement" Maxime le Confesseur.

 

" Celui qui supsendit la terre est suspendu,

Celui qui attacha les cieux est attaché. 

Celui qui fixa l'univers est fixé sur le bois.

Dieu est assassiné (...)

Dieu a revêtu l'homme,

il a souffert pour un souffrant,

il a été jugé pour un condamné,

il a été enseveli pour un enseveli.(...)" Odes de Salomon.

 

"Que vous receviez la force de comprendre, avec tous les saints, ce qu'est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur" ( Ephésiens 3, 18). La croix du Christ possède toutes ces dimensions; par elle en effet, "il s'est élevé dans les hauteurs, emmenant captive la captivité" (Psaume 68,19), par elle "il est descendu au plus profond des enfers"; car le croix a une "hauteur" et une "profondeur". Et elle s'étend sur toute l'immensité de l'univers, déployant ainsi sa "largeur" et sa "longueur". Et celui qui est "crucifié avec le Christ", qui connaît la tension de cette crucifixion, c'est celui-là qui comprend "la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur". Origène.

 

En ce vendredi saint, tournons-nous vers la Croix, tournons-nous vers le Christ. Il s'est incarné et a souffert sa Passion pour nous, par sa mort, Il nous délivre de notre propre mort. Comme lui, nous sommes appelés à présent à devenir fils adoptif de Dieu, nous sommes appelés à ressusciter.

 

"Nous avons tout dans le Christ.(...)

 Si tu veux guérir ta blessure, il est médecin.

Si tu brûles de fièvre, il est fontaine.

Si tu as besoin de secours, il est force.

Si tu redoutes la mort, il est vie.

Si tu fuis les ténèbres, il est lumière.

Si tu as faim, il est nourriture: "GOUTEZ ET VOYEZ COMME EST BON LE SEIGNEUR (...)" Saint Ambroise de Milan.

 

SaintJeanBaptiste.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article
1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 21:16

B.pngonne fête, en premier lieu, à tous les prêtres!

 

En ce jour saint où nous célèbrons les prêtres, l'institution de l'eucharistie ainsi que le geste du lavement des pieds, je vous propose une petite méditation- que certains trouveront peut être un peu légère- de Césaire d'Arles ( Sermons au peuple dans la collection Sources chrétiennes, n°175) où notre auteur compare le prêtre à une vache! Pas de stress, nous n'insulterons pas ici le sacerdoce ministériel même Césaire affirme qu'il n'est pas "inconvenant d'assimiler les prêtres à des vaches"...

 

Lisez plutôt:

"Les prêtres dans l’Église ressemblent aux vaches et le peuple chrétien représente en figure les veaux.

De même que les vaches courent de tous côtés par les champs et les prés, font le tour des vignobles et des olivettes pour brouter herbes et feuillages et en préparer le lait qui nourrira leurs veaux, de même les prêtres, en lisant assidûment la Parole de Dieu, doivent cueillir les fleurs sur les divers monts des Écritures Saintes, pour pouvoir en extraire un lait spirituel et le servir à leurs fils, afin d’avoir le droit de dire avec l’Apôtre Paul : « C’est du lait que je vous ai donné à boire et non une nourriture solide » (1 Co 3, 2)

Il n’est pas inconvenant, frères très chers, d’assimiler les prêtres à des vaches ; en effet, comme une vache a deux mamelles, avec lesquelles elle nourrit son veau, de même les prêtres aussi de leurs deux mamelles, à savoir l’Ancien et le Nouveau Testament, doivent nourrir le peuple chrétien. Cependant, réfléchissez bien, mes frères, et voyez que les vaches charnelles non seulement viennent d’elles-mêmes à leurs veaux, mais aussi que leurs veaux courent à leur rencontre et frappent souvent les mamelles de leur mère avec leur tête, de telle sorte que, quelquefois, s’ils sont assez grands, on dirait qu’ils soulèvent de terre le corps de leur mère. Cependant les vaches acceptent de bon cœur la violence qui leur est faite, car elles désirent voir les progrès de leurs veaux.

Cela aussi, les bons prêtres doivent le souhaiter et le désirer avec foi : que leurs fils, pour le salut de leur âme, les harcèlent de questions continuelles ; de la sorte, tandis qu’est accordée la grâce divine aux fils qui frappent, une récompense éternelle est préparée aux prêtres qui révèlent les secrets des saintes Écritures. […]

Comme les veaux ont coutume de harceler avec une grande impétuosité les mamelles de leur mère, afin de pouvoir extraire de l’intérieur de son corps la nourriture qui leur est nécessaire, de même aussi le peuple chrétien doit sans cesse provoquer ses prêtres, qui sont comme les mamelles de la sainte Église, par de très pieuses questions, afin de pouvoir se procurer la nourriture du salut et de pourvoir son âme des aliments nécessaires…"

 

La conclusion est aisée. Le prêtre doit se nourrir de la Parole de Dieu et la transmettre aux autres pour que tous grandissent dans la foi. Et nous, nous ne devons pas hésiter à "provoquer" nos prêtres par nos questionnements! On parle de crise de vocation... peut-être faut-il déjà montrer que nous- personnellement -nous avons besoin de prêtres?

SaintJeanBaptiste.png

 

NB: je pars quelques jours à Venasque pour la fin du triduum et la fête de Pâques, alors un peu en avance: belle et sainte fête de la résurrection... ( je vous ai quand même programmé quelques textes pour vendredi saint et dimanche de Pâques).

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article
31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 22:19

D.pngemain nous entrerons dans ce que nous nommons le Triduum pascal. Les trois jours saints où nous célébrons "les évènements centraux" de la Rédemption. Vous reconnaissez  en effet l'étymologie latine "tres" signifiant "trois" et "dies" signifiant "jour".  

La fête de Pâques est la fête la plus importante pour  nous chrétiens... C'est vraiment le coeur de notre année liturgique même si celle-ci s'articule autour de deux grands cycles: Noël et Pâques. Incarnation (Noël) et Rédemption ( Pâques) sont les deux piliers de  notre foi... de notre foi en Christ. Si Jésus s'est incarné, c'est bien pour nous sauver... Or nous sommes sauvés par sa mort et sa résurrection. Il est bon de revivre ces évènements si importants.... Ce sont vraiment trois jours au cours desquels nous sommes invités à prier avec plus d'intensité ou plutôt de ferveur.

En plus du mémorial de la Passion et de la Croix, ne négligeons pas le jeudi saint avec l'institution de l'Eucharistie. Dans la nuit de jeudi à vendredi ce sont des milliers de personnes qui prieront devant le saint sacrement contemplant ce grand mystère, adorant ce Dieu qui s'est fait si petit pour nous nourrir et grandir...  Vendredi, ce sera les chemins de croix à 15h00 rappelant les derniers instants du Christ en 14 stations puis l'office de la Passion. Les cloches des églises auront cessé de retentir jusqu'aux vigiles pascales du samedi saint où alors Gloria et Alléluia qui n'étaient plus chantés depuis le mercredi saint vont résonner.

Notez que l'arrêt des cloches expliquent que l'on affirme aux enfants que si les cloches ne sonnent plus, c'est qu'elles sont "parties" à Rome pour nous ramener ( à notre plus grande joie) des chocolats le dimanche de Pâques... Pratique ces cloches volantes!

Je n'ai pas parlé de la messe chrismale. Messe qui n'a lieu q'une fois dans l'année et seulement au cours de la semaine sainte mais la date peut varier selon les diocèses. A Dijon, elle est célébrée le mardi saint par exemple. Au cours de cette messe, tous les prêtres du diocèse sont réunis autour de leur évêque et renouvellent leurs promesses sacerdotales. En cette année sacerdotale, cela peut être l'occasion d'y assister... C'est surtout la bénédiction des huiles: huile des catéchumènes ( personnes en marche vers le baptême), huile des malades ( pour  le sacrement des malades, anciennement "extrême onction) et le saint chrême ( pour les baptêmes, confirmation, ordination...).

 

Je vous propose de lire ces belles paroles de Benoît XVI prononcées aujourd'hui lors de l'audience pour nous introduire à ces trois jours saints:

"Pendant ces jours saints, nous méditons les événements centraux de notre Rédemption. Je vous invite à les vivre intensément et à donner une adhésion généreuse et convaincue au Christ, mort et ressuscité pour nous.

Au cours de la Messe chrismale, les Évêques et les prêtres renouvellent leurs promesses sacerdotales. Puissent-ils être des messagers d’espérance, de réconciliation et de paix!

Demain soir, nous célèbrerons l’institution de l’Eucharistie et nous rappellerons le geste de Jésus qui lave les pieds de ses Apôtres, révélant ainsi son amour infini, qui rend l’homme capable d’être en communion avec Dieu et le rend libre. Invités durant ce chemin liturgique à la rencontre intime avec le Seigneur, nous le contemplerons dans la solitude de Gethsémani: là nous prierons afin que cessent toutes les solitudes du monde.

Le Vendredi-Saint, nous ferons mémoire de Jésus qui a voulu offrir sa vie en sacrifice pour la rémission des péchés, faisant de sa mort un instrument de salut et la proclamation de la victoire de l’amour.

Le silence du Samedi-Saint nous invitera à la prière et à la conversion, particulièrement par le sacrement de Pénitence, afin de participer, renouvelés, à la célébration de Pâques.

Dans la nuit pascale, en chantant l’Alléluia, qui annonce la Résurrection, l’Église proclamera sa joie de rencontrer son Seigneur. Que la Vierge Marie nous introduise dans le mystère de Pâques, dans la joie et la paix du Ressuscité! "

 

 

SaintJeanBaptiste.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article
28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:18

Q.pnguarante jous de Carême, nous voilà à présent aux portes de Pâques... Nous entrons aujourd'hui dans la semaine sainte. Deux évangiles en ce dimanche. Celui qui sera lu sur les parvis des églises, l'évangile des "rameaux", celui qui raconte comment Jésus est entré à Jérusalem sous les ovations de la foule et celui de la passion selon saint Luc. Très belle fête parfois teintée de superstition malheureusement car certaines personnes viennent  à la bénédiction des Rameaux uniquement dans le but de rapporter chez soi du buis béni qui protégera leur maison... Nous ne retiendrons pas, bien entendu, cet aspect ci...

 

La célébration des Rameaux c'est fêter cette entrée triomphale du Christ venu célébrer à Jérusalem, la Pâque juive- Pessah- avec ses disciples. C'est la reconnaissance que Jésus est bien le messie attendu, le Christ venu sauver les hommes. Grand mystère que ce messie humble montant un âne et qui ne s'éclaircira que quelques jours plus tard au cours du triduum pascal: jeudi saint- vendredi saint- samedi saint. Un messie qui institue l'eucharistie, qui lave les pieds de ses disciples, qui est serviteur souffrant (ecce homo) et qui enfin connaîtra le supplice de la croix et la mort.

La croix, passage inévitable, où Jésus offre sa vie pour nous... La croix, scandale et folie... qui n'a aucun sens sans la résurrection du Christ que nous fêterons dimanche prochain.

 

 

Regardons plutôt le texte de saint Jean. Nous trouverons ce passage au chapitre 12, 12- 19.

L'entrée à Jérusalem est précédée de l'onction à Bethanie, le village où Jésus a ressuscité Lazare. Les grands prêtres décident alors de tuer Jésus ( et Lazare par la même occasion). Nous sommes aux versets 9 à 11. Jésus quitte Bethanie pour se rendre à Jérusalem, ville sainte, lieu du Temple. Saint Luc précisera aussi la proximité de ce village ainsi que celui de Bethhagé. Le nom des ces villes a beaucoup intrigué les pères. On reconnaît déjà le mot hébreu "beth" qui signifie la maison ( Bethléem = la maison du pain ou encore Elisabeth = la maison de Dieu). Origène parle de "maison de l'obéissance" et avec Bède il note la référence sacerdotale de Bethphagé, "maison des "mâchoires"- lieu d'habitation pour les prêtres.

 

 L'enthousiasme augmente, la foule est en liesse. Le nombre des disciples augemente et c'est une foule considérable qui vient acclamer Jésus comme "messie"... Ils prennent des branches de palmiers, poussent des cris de joie: "Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, et le roi d'Israël".Ce cri "Hosanna" signifie en quelques sorte "sauve nous, s'il te plaît, nous t'en prions..." Qui peut sauver sinon le Père? Le salut vient de Dieu seul mais la foule reconnaît en Jésus, l'envoyé du Père, celui qui va les conduire vers le salut.

 

Contrairement aux évangiles synoptiques (il s'agit des évangiles selon saint Matthieu, saint Marc et saint Luc. Ces trois évangiles sont très proches et peuvent être mis en parallèle. On les "regarde ensemble" comme le suggère l'étymologie grecque "syn"= ensemble et "opsis"=voyant". Il existe des "synopses" où les trois évangiles sont disposés sur une même page en trois colonnes pour voir d'un seul coup d'oeil les parallèles, les ressemblances et les spécificités...) , Jésus n'envoie pas de disciples chercher l'âne pour monter dessus. En saint Jean, Jésus "trouve un petit âne, s'assit dessus"... Il accomplit ainsi une prophétie bien connue par les juifs, la prophétie de Zacharie ( le prophète et non le père de Jean-Baptiste) que vous trouverez en Zacharie 9,9: "Voici que ton roi vient à toi, humble et monté sur un âne et sur un poulain, petit des ânesses." Il s'agit donc bien d'une entrée messianique. La foule a cet instant, alors que par ailleurs Jésus lui a souvent ordonné de  se taire, peut l'acclamer comme roi et messie. Entrée messianique cependant surprenante car c'est un messie doux et humble qui entre aujourd'hui à Jérusalem et non un roi tout-puissant, chef des armées qui aurait l'intention de chasser les romains de la province de Palestine. Certains vont en effet être deçus, Jésus ne sera pas le "roi d'Israël" qu'ils imaginaient.

L'âne n'a pas encore été monté. Pour Augustin, il s'agit du peuple païen qui n'a pas encore reçu la Loi, qui ne connaît pas les Ecritures. Jésus avec la Loi nouvelle annonce une Bonne Nouvelle, un salut universel...

 

Pour terminer, encore un peu de saint Bernard qui nous aura bien accompagné au cours de ce Carême:

"Voilà pourquoi aussi le seigneur a voulu nous donner, en même temps, une leçon de patience dans la passion et d'humilité dans la procession. Dans l'une, il paraît comme un agneau qu'on mène à la boucherie, ou qui se trouve entre les mains du tondeur, et n'ouvre point la bouche. En effet, tandis qu'on le chargeait de coups, non-seulement il ne faisait point entendre de menaces, mais même il n'ouvrait la bouche que pour articuler ces paroles : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font (Luc. XVIII, 34). » Mais dans son cortège triomphal, que voyons-nous? Pendant que les habitants de la ville se préparaient à voler à sa rencontre, lui n'ignorait point ce qu'il y avait de caché au fond de leurs coeurs. Voilà pourquoi il se présente à eux monté, non dans un char ou sur des chevaux aux freins d'argent et aux harnais semés de clous d'or, mais il vient humblement assis sur un modeste ânon que ses apôtres avaient couvert de leurs vêtements, et je ne crois pas que ces vêtements fussent les plus précieux de la contrée.

Mais pourquoi voulut-il paraître dans ce cortège, puisqu'il prévoyait qu'il allait sitôt être suivi de la passion? Peut-être bien ne fût-ce que pour que sa passion lui parût plus amère, venant sitôt après son entrée triomphale : car à peine s'était-il écoulé quelques jours, qu'il se vit attaché à la croix, par les mémés hommes qui l'avaient acclamé, dans le même temps et au même endroit où ils l'avaient applaudi. Quelle différence entre ces cris: « Otez-le, faites-le disparaître de devant nos yeux, crucifiez-le (Joann. XIX, 15) ! » Et ceux-ci : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur; hosanna au plus haut des cieux (Matt. XXI, 9) ! » Entre ces paroles : « Roi d'Israël (Joann. XII, 13) ! » Et celles-ci : «Nous n'avons point d'autre roi que César (Joann. XIV, 15)! » Qu'il y a loin de ces rameaux verdoyants au. bois de la croix, de ces fleurs à ces épines ! On s'était dépouillé de ses vêtements pour les, étendre sur ses pas, et voilà qu'on lui arrache les siens et qu'on les tire au sort. Oh ! malheur à toi, péché amer ! car, c'est pour t'expier qu'il lui a fallu s'abreuver de tant d'amertumes

 

SaintJeanBaptiste.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article
25 mars 2010 4 25 /03 /mars /2010 12:03
M.pngalgré ce temps de Carême qui touche à sa fin, le calendrier liturgique nous propose de nombreuses fêtes en ce moment. Aujourd'hui, 25 mars - 9 mois avant Noël, le naissance de Jésus- nous fêtons l'Annonciation du Seigneur à Marie.
Une jeune fille de Nazareth fiancée à un charpentier, Joseph reçoit la visite d'un ange nommé Gabriel qui lui annonce qu'elle a été choisie pour être la mère du Très-Haut. Ciel et terre sont suspendus aux lèvres de la petite Marie qui choisira en toute liberté de dire "Oui" à Dieu. C'est le fiat de Marie qui reste pour nous, depuis ce jour,  un modèle d'abandon à la volonté de Dieu, un modèle du croyant confiant dans l'amour et le dessein de Dieu.

Ce beau texte de l'Annonciation que vous trouverez dans l'évangile de Jésus Christ selon saint Luc  (1, 26-38 )se situe entre l'annonciation à Zacharie et la Visitation suivie de la prière du Magnificat. L'évangile de Luc n'est qu'annonces joyeuses, cris d'allégresse, prières de louange et d'action de grâce en ce premier chapitre. On comprend pourquoi comme je vous l'avais déjà fait remarqué qu'on appelle cet évangile, l'évangile de la joie.
Bien entendu, il a été de nombreuses fois commenté. Je vous proposerai aujourd'hui quelques phrases tirées de Saint Ephrem et de Saint Bernard.

Rien n'est impossible à Dieu.  Marie, confiante, ne pose pas la question "pourquoi". Elle écoute et se met au service- volontairement- de Dieu. C'est en ce jour de l'annonciation que Dieu se fait homme et s'abaisse pour nous sauver, il revêt notre nature...
" Contemplez Marie, mes bien-aimés, voyez comment Gabriel entra chez elle et quelle objection elle lui adressa : Comment cela va-t-il se faire ? (Lc 1, 34). Le serviteur de l’Esprit Saint lui fit cette réponse : « Cela est facile à Dieu ; pour lui tout est simple. » Considérez comme elle crut à la parole entendue et dit : Voici la servante du Seigneur (Lc 1, 38).
En ce jour, Marie est devenue pour nous le ciel qui porte Dieu, car la Divinité sublime est descendue et a établi en elle sa demeure. En elle, Dieu s’est fait petit – mais sans amoindrir sa nature – pour nous faire grandir. En elle, il nous a tissé un habit avec lequel il nous sauverait. En elle se sont accomplies toutes les paroles des prophètes et des justes. D’elle s’est levée la lumière qui a chassé les ténèbres du paganisme. Nombreux sont les titres de Marie, et il convient que je les rapporte. Elle est le palais dans lequel a habité le puissant Roi des rois. Et il ne l’a pas quittée comme il était venu, car c’est d’elle qu’il a pris chair et qu’il est né.

Elle est aussi le nouveau ciel dans lequel a habité le Roi des rois. En elle s’est levé le Christ et d’elle il est sorti pour entrer dans la création, formé et façonné à son image. Elle est le cep de vigne qui a porté la grappe. Elle a donné un fruit supérieur à la nature ; et lui, bien que différent d’elle par sa nature, a revêtu sa couleur et est né d’elle. Elle est la source de laquelle ont jailli les eaux vives pour les assoiffés, et ceux qui ont goûté de sa boisson portent des fruits au centuple." ( Saint Ephrem).

 

Ecoutons saint Bernard à présent, encore un de ces grands saints qui a aimé Marie et médité longuement sur les évènements de sa vie. C'est lui par exemple qui nous a offert la belle prière du "souvenez-vous". Il a écrit trois sermons pour l'Annoncation, je puiserai les phrases suivantes dans le deuxième intitulé "Deuxième sermon sur l'Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie. Sur les sept dons de l'Esprit en Jésus-Christ."

 

" Mes frères, dans la solennité de l' Annonciation de notre Seigneur que nous célèbrons aujourd'hui, il faut voir la simple histoire de notre rédemption devant nos yeux, comme une vaste et agréable plaine.L'ambassade dont l'ange Gabriel est chargé est nouvelle, la vertu que professe la Vierge est une vertu nouvelle, et le respect qui est témoigné à Marie l'est dans les termes d'une salutation nouvelle, aussi l'antique malédiction qui pesait sur la femme, est mise de côté; Marie reçoit une bénédiction nouvelle, comme sa maternité." Dans ce même sermon, saint Bernard s'interroge sur le fait de savoir pourquoi c'est le Fils qui s'est incarné et non le Père et ou le Saint Esprit. Question je vous avoue ne m'être jamais posée avant de lire saint Bernard... Voilà sa réponse: "D'ailleurs, il semble parfaitement convenable que celui-là devaînt fils d'homme celui qui était déjà le Fils de Dieu (...) Et nous-mêmes, il n'aurait pu nous être donné, si les choses se fussent passées autrement, un égal motif  d'espérer le salut et l'héritage du Ciel tandis que, en le faisant l'aîné de tous ces frères, lorsqu'Il était déjà Fils unique du Père, il ne saurait manquer de nous appeler à partager son héritage, puisqu'il nous a appelés déjà  à être adoptés pour enfants. Ainsi donc, Jésus Christ, notre fidèle médiateur, après avoir uni dans un ineffable mystère, la substance de l'homme, et celle de Dieu en une seule mystère, sut également, par un dessein d'une grande profondeur, garder, en nous réconciliant, ce juste milieu qui lui fit donner à Dieu et à l'homme ce qui leur convenait, à Dieu la Gloire, à l'homme la pitié. (...)" ( Saint Bernard)

 

SaintJeanBaptiste.png

 

 

 

 

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article
22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 19:50

U.pngn des trois "piliers" du Carême, la prière... 
" Pour toi, lorsque tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est présent dans ce qui est secret". ( Matthieu 6, 6)
Cet appel à la prière intérieure sera suivi du don de la prière dominicale, la prière du Notre Père.

Pour commencer cette petite réflexion, je voudrai m'appuyer sur le grand saint Bernard de Clairvaux. Je suis allée voir hier "Le fabuleux destin de Saint Bernard" mis en scène par les Baladins de l'espérance, je reste dans le thème.
Dans son 5ème sermon pour le Carême, il s'attaque aux trois sortes de prière. Il met déjà l'accent sur les difficultés de la prière et sur celles que nous avons de constater les fruits de la prière... 
" Il semble que nous nous retrouvons après avoir prié, ce que nous étions auparavant. Personne ne nous répond ,un mot, personne ne nous accorde rien, il semble vraiment que c'est en pure perte que nous prenons la peine de prier. "
Bref, il ne se "passe rien" dans la prière, il ne "se produit rien" après ma prière... Est-ce que je dois continuer à prier? Est-ce que je prie "correctement" diront certains? Cela ne sert à rien... abandonnons!
Le premier des dangers dans la prière est justement d'arrêter de prier, de cesser de demeurer près de Dieu sous prétexte que nous ne ressentons rien. Il s'agit justement par delà l'expérience, par delà imagination, sentiment et intelligence de poser un acte de foi et de demeurer dans la confiance:
"Rapportez-vous-en donc au jugement de la foi, non à ce que vous éprouvez, puisque la foi ne trompe point et que l'expérience nous induit en erreur. Or où trouver, la vérité de la foi, sinon dans les promesses du Fils de Dieu lui-même qui nous dit : « Tout ce que vous demanderez dans la prière, croyez que vous le recevrez, et qu'il vous sera fait selon que vous le désirerez, (Matth. XXI, 22). » Par conséquent, qu'aucun de vous , mes frères, ne regarde sa prière comme étant de peu de valeur, attendu que celui que nous prions, je puis vous l'affirmer, est loin d'en faire peu de cas. Elle n'est pas encore tombée de nos lèvres, que déjà il l'a fait inscrire dans son livre, et nous pouvons être assurés d'une chose, c'est que s'il ne nous accorde pas ce que nous lui demandons, il nous donnera certainement quelque chose qu'il sait devoir nous être plus utile. Car nous ne savons point ce qu'il faut que nous demandions dans nos prières. Mais il aura pitié de notre ignorance, et, recevant notre prière avec bienveillance, s'il ne nous accorde point ce qui ne peut nous être d'aucun bien, ou ce dont nous n'avons point encore besoin, notre prière n'est point stérile pour cela."

Deuxième étape, mettre ses délices comme le chante le psalmiste dans le Seigneur... "Mettez donc vos délices dans le Seigneur, » c'est-à-dire tendez à cela, efforcez-vous de trouver vos délices en lui, « et le Seigneur alors exaucera les voeux de votre coeur, » c'est-à-dire, comme de juste, les voeux que la raison approuve. Il n'y a pas là motifs à vous plaindre, c'est plutôt une raison pour vous de témoigner votre reconnaissance de tout votre cœur, puisque tel est le soin que Dieu prend de vous, que toutes les fois que, sans le savoir, il vous arrive de demander quelque chose d'inutile, il ne vous exauce point, mais au contraire il vous accorde en échange quelque chose de meilleur. C'est ainsi qu'un père, selon la chair, quand son enfant lui demande du pain, s'empresse de lui en donner, mais s'il lui demande un couteau dont il ne croit pas qu'il ait besoin, il le lui refuse, et aime mieux lui couper lui-même son pain ou le lui faire couper par un de ses serviteurs, afin qu'il ne coure aucun danger et n'ait aucune peine"

Quels sont les voeux du coeur? Notre moine cistercien en distingue trois:
- les biens du corps.
- les biens de l'âme (grâce de Dieu et vertus de l'âme)
- le bonheur de la vie éternelle.
Nous devons surtout demander le troisième: "ce que nous devons demander avec une entière piété et de toute l'ardeur de nos désirs, c'est surtout la vie éternelle, où le bonheur de l'âme sera comble et parfait"
Dans ces trois voeux, il faut cependant éviter les choses superflues, des souhaits impurs et enfin les sentiments d'orgueil ( on peut en effet demander la vie éternelle en songeant qu'on la mérite simplement par ses propres efforts ce qui pour Bernard est faire preuve de bien peu d'humilité...)
" En conséquence bornons nos prières pour les choses temporelles aux seules nécessaires. Quant aux biens de l'âme., que notre prière soit faites: dans une grande pureté d'intention, et se soumette en toutes choses au, bon plaisir de Dieu; enfin due nos voeux, pour obtenir la vie éternelle, soient pleins d'humilité et ne se fondent, comme de juste, que sur la miséricorde de Dieu"

SaintJeanBaptiste.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article
28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 19:41

D.pngimanche de la Transfiguration... Tout un programme!

Encore une montagne, le Mont Thabor... La Montagne où le Christ apparaît à trois disciples, ses intimes, dans sa gloire avec deux figures de l'Ancien Testament: Moïse qui représente la Loi et Elie qui représente les prophètes.
Saint Jérome nous fera remarquer que c'est parce que le Christ accomplit la Loi et les prophètes qu'il apparaît ainsi à leurs côtés.

Pourquoi la montagne, c'est le lieu de la proximité avec Dieu écrira Benoît XVI, le lieu " élevé, par rapport à la vie de tous les jours, où l'on peut respirer l'air pur de la création. C'est le lieu de la prière, où l'on peut être en présence du Seigneur, comme Moïse et comme Elie qui apparaissent aux côtés de Jésus transfiguré et parlent avec Lui de l' "exode" qui l'attend à Jérusalem, c'est-à-dire de sa Pâque. La Transfiguration est un événement de prière:  en priant, Jésus se plonge en Dieu, s'unit intimement à Lui, adhère avec sa volonté humaine à la volonté d'amour du Père, et ainsi la lumière l'envahit et la vérité de son être devient visible:  Il est Dieu, Lumière née de la Lumière. Les vêtements de Jésus aussi deviennent blancs et éclatants. Cela fait penser au Baptême, à la robe blanche que revêtent les néophytes. Celui qui renaît dans le Baptême est revêtu de lumière, anticipant la vie au ciel, que l'Apocalypse représente par le symbole des robes blanches (cf. Ap 7, 9.13). Ici se trouve le point crucial:  la transfiguration est une anticipation de la résurrection, mais celle-ci suppose la mort. Jésus manifeste sa gloire aux Apôtres, afin qu'ils aient la force de faire face au scandale de la croix, et comprennent qu'il faut passer à travers de nombreuses tribulations pour atteindre le Royaume de Dieu. La voix du Père, qui retentit du ciel, proclame Jésus comme son Fils bien-aimé, comme lors de son baptême dans le Jourdain, en ajoutant:  "Ecoutez-le" (Mt 17, 5). Pour entrer dans la vie éternelle il faut écouter Jésus, le suivre sur le chemin de la croix, en portant dans son cœur, comme Lui, l'espérance de la résurrection. "Spe salvi", sauvés dans l'espérance. Aujourd'hui nous pouvons dire:  "Transfigurés dans l'espérance ". "

Pour cette semaine qui débute, qu'envisagez? La prière peut-être, lieu d'union avec Dieu? Elèvons-nous vers Dieu et recherchons la solitude. Pour nous élever vers Dieu, nous devons passer par le Christ. Et le Christ passe par la croix, la mort et enfin la Résurrection. Puisons donc à la source, à notre baptême. Le plus beau jour de notre vie comme disait Jean Paul II car ce jour-là nous sommes morts à nos péchés avec le Christ.
Nous ne pouvons regarder directement Dieu le Père. Il est comparable au soleil écrivait saint Jean Damascène. En revanche, le Christ transfiguré  est éclairé par les reflets de la  lumière divine. La lumière du soleil se répand sur la terre par le Christ. Et cette lumière répandue sur la terre, elle peut être contemplée.
Dans notre prière, contemplons le Christ que ce soit au tabernacle, au saint sacrement, sur la Croix, dans les mystères de sa vie... Qu'importe mais contemplons le Christ, Lui seul peut nous guider vers le Père.

Quelques remarques par ailleurs. Notons que ce n'est pas une contemplation qui nous éloigne des choses terrestres, de la réalité. C'est le risque qu'a frôlé notre ami Pierre... La gourmandise spirituelle?!!! Non, la contemplation du Christ dans sa gloire n'est là que pour ensuite nous éclairer dans la vie. Il ne peut s'agir d'une fuite.

Ensuite, j'ai trouvé cela chez Saint Jérôme au sujet des trois tentes... Pourquoi pas trois tentes? déjà parce que les serviteurs ne peuvent être séparés du Christ qui accomplit l'Ancien Testament. Il récapitule la loi et les prophètes comme je le notais en introduction. Trois tentes pour les trois personnes de la Trinité(   le Père, le Fils et le Saint Esprit) alors?.Non plus, car si elles sont trois personnes, elles sont un seul et même Dieu. Que faut-il faire alors pour Saint Jérôme?
Et bien, il nous faut dresser une seule tente et cela en notre coeur.
Pourquoi comme St Augustin chercher Dieu partout. Il est en nous... Le Mont Thabor où nous pouvons contempler Dieu dans sa gloire est en nous.... Oublions nos "patos" et hop dans le silence, plongeons en nous-même et après les premières angoisses provoquées par le silence, après une apparente solitude, après les séries de questions existentielles, après les distractions... après tout cela, au plus profond de nous même, nous trouverons le Christ dans ses vêtements de lumière. Et pas d'inquiétude, si la peur comme les apôtres nous obligent à nous prosterner, Jésus s'avancera et nous "touchant, il dit: relevez-vous et n'ayez pas peur!"

SaintJeanBaptiste.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article
17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 20:01

P.pngoussière, nous retournerons à la poussière.

La liturgie de ce jour lors de la bénédiction des cendres nous le dit en ces termes: " bénis les cendres dont nous serons marqués, nous qui venons de la terre et devons retourner à la terre. En nous appliquant à observer le Carême, puissions-nous obtenir le pardon de nos péchés et vivre de la vie nouvelle à l'image de ton fils ressuscité."

Quelles sont ces cendres? Ce sont les cendres des rameaux que nous avons bénis l'année précédente et qui ornent pendant l'année nos croix ou encore les tombes de nos proches. Ils sont rassemblés et brûlés pour former les cendres dont nous sommes marqués au front ( parfois dans les mains) aujourd'hui.
Quel est le sens de cette imposition?

"Le geste de l’imposition des cendres nous rappelle nos fragilités, y compris la plus grande de toutes, la mort. Mais si nous ne sommes que poussière, notre poussière est précieuse aux yeux de Dieu qui fait de notre mort, qu’a partagée Jésus Christ, le chemin de la résurrection glorieuse. Nous sommes donc invités à plonger notre vie plus profondément dans le mystère pascal à travers la participation à l’Eucharistie et à la vie de charité, qui naît de l’Eucharistie et qui trouve en elle sa plénitude." (Benoît XVI, audience générale du 17 février).
Ces cendres ne sont pas un geste morbide mais plutôt une invitation à "mourir à nous même" en ce temps de Carême pour redécouvrir et réapprofondir comme le dit justement le saint Père, le mystère pascal. Le Christ par son incarnation a connu, a endossé totalement notre condition humaine... Il a connu aussi la mort mais il l'a vaincue à Pâques nous sauvant non seulement du péché mais aussi de la mort. Par sa mort et résurrection, nous sommes invités à devenir par le Christ lui-même des fils adoptifs de Dieu et par conséquent comme le Fils à ressusciter dans notre chair. Quelle promesse!

Se rappeler notre mort, c'est aussi se souvenir que nous ne connaissons " ni le jour ni l'heure" et que ce jour peut être le dernier... Prendre conscience de cela ce n'est ni nous plonger dans une recherche effrénée des plaisirs sensibles, un carpe diem à la façon libertine, ni nous plonger dans une angoisse mortifère mais de vivre chaque jour, chaque minute comme " favorables au salut"... Qu'est-ce que cela signifie? Vivre chaque chose de notre quotidien ordinaire mais, pour paraphraser la petite Thérèse, en les rendant extraordinaires. Guy de Lariguaudie ne dira pas autre chose lorsqu'il affirmera qu'il est aussi grand et aussi saint d'" éplucher des pommes de terre pour l'amour de Dieu que de bâtir des cathédrales."
Ce temps de Carême est un temps où nous sommes invités à réajuster notre quotidien, à réajuster notre vie vers notre seul but: Dieu car l'homme est invité à devenir fils et à participer à la vie divine. Là est sa seule fin, là est son bonheur et ce n'est pas rien.
Des pistes nous sont données ou plutôt des axes dans les lectures du jour. Ce sont la prière, l'aumône (le partage) et le jeûne.
Mais l'important est avant tout, la conversion du coeur, " déchirez vos coeurs et non vos vêtementss, et REVENEZ AU SEIGNEUR VOTRE DIEU, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d'amour, renonçant au châtiment" comme l'écrit Joël au chapitre 2.
Se convertir, voilà le grand thème du Carême, et nous avons tous besoin de nous convertir. Ce qui fait dire à Benoit XVI:
"La conversion à laquelle nous sommes appelés ne doit pas être comprise comme un simple ajustement de notre vie, mais comme un véritable retournement. Se convertir signifie proprement «aller à contre-courant», ce courant qui n’est autre qu’un style de vie superficiel et incohérent qui souvent nous entraîne, nous domine et nous rend prisonniers du mal et de la médiocrité. Bien plus qu’une décision morale, la conversion relève pour le croyant d’un choix de foi qui introduit dans une communion plus profonde avec la personne du Christ. Ainsi, se convertir et croire à l’Évangile ne sont-ils pas deux choses distinctes."

40 jours pour vivre tout cela...40 jours pour nous replonger aux sources de notre baptême, 40 jours pour approfondir le mystère pascal.
Halte à la tiédeur et à la médiocrité et surtout BON CARÊME A TOUS!

SaintJeanBaptiste.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article
12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 19:44

R.pngeprenons notre lecture du livre de l'Apocalypse. Nous avons vu au chapitre 5 que seul l'Agneau s'est montré digne d'ouvrir le rouleau scellé. Dans les chapitres suivants, nous allons assister à l'ouverture successive des 7 sceaux qui seront accompagnés d'une catastrophe. Chapitres denses et encore une fois très riches en symbolique. Nous ne regarderons aujourd'hui que le chapitre six en nous intéressant seulement à quelques figures mais les chapitres 6 et 9 forment une unité... les trompettes résonnent, les visions des évènements futurs s'enchaînent.

          La première vision qui peut retenir notre attention est celle des 4 cavaliers qui apparaissent successivement à l'appel "Viens" des 4 vivants. Un cheval blanc, rouge/feu, noir et enfin verdâtre. Chaque cavalier ayant des caractéristiques différentes: arc et couronne, glaive, balance... Le dernier porte même un nom "la Peste" et il est accompagné de l' "Hadès".  Tout le passage s'inspire très explicitement du livre de Zacharie au chapitre 1, 8-10.
On trouve deux grandes interprétations autour de ces cavaliers.
La première insiste sur le parallélisme et vont donc identifier le cheval "blanc" comme un fléau, celui de la conquête.Le cheval rouge étant la guerre, le noir décrit comme la famine ( et d'une manière plus générale  la misère) et enfin le vert comme les grandes épidémies. Notez que le vert symbolise la mort, la décomposition dans ce livre alors qu'en général on l'utilise pour l'espérance.
La figure de l'ennemi étant incarné par l'Empire romain à l'époque de la rédaction de l'Apocalypse. Les fléaux décrits pourraient être les évènements qui mettent en déroute cet "ennemi" de Dieu. Les conquêtes du premier cavalier pourraient être celles des Parthes du 1er siècle connus pour leurs talents d'archers (le cavalier porte au verset 2 un arc).
Bref! Peste, famine, misère et fauves, nous sommes en présence des 4 grands instruments classiques du ravage...
La deuxième interprétation au contraire va insister sur les caractères particuliers du premier cavalier. La couleur blanche ne symbolisant jamais le mal dans l'Apocalypse et  la couronne, la victoire étant des "attributs" célestes... Le cavalier "blanc" pourrait être  le Christ ou encore la puissance de son message, l'Evangile, qui met en déroute les ennemis de Dieu, le mal et qui sort quoiqu'il arrive victorieux. On parle aussi de "voix du tonnerre". Or cette expression est utilisée lorsqu'on annonce une "bonne nouvelle"... L'arc dans la genèse (pensons à l'arc qui suit le déluge et qu'à tort on imagine être un arc-en-ciel) est le signe de l'Alliance de Dieu avec les hommes. La Parole de Dieu triomphera: voici ce que représente ce premier cavalier. C'est un signe d'espérance eschatologique. Certains aiment à faire un parallèle entre ce cavalier et le cavalier messianique du chapitre 19... 

         Au verset 9, nous assistons à l'ouverture du cinquième sceau: "je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été égorgés à cause de la parole de Dieu". On change de registre, nous sommes propulsés au ciel alors que les fléaux décrits précédemment étaient liés au temps historique, terrestre. L'autel pourrait être là encore une référence à la liturgie et surtout à l'autel des holocaustes (autel des sacrifices) qui se trouvait dans le Temple. Il s'agit bien entendu de tous les martyrs chrétiens qui sont ici assimilés au sacrifice du Christ. L'autel, souvenons-nous, s'il est table du repas eucharistique est aussi mémorial du sacrifice du Christ (les chrétiens s'inclineront devant l'autel alors qu'ils pourront faire une génuflexion devant le tabernacle, lieu de la présence réelle).
Les "saints" reçoivent alors une robe blanche qui rappelle celle des élus ou encore celle du baptême. Les martyrs sont restés fidèles aux grâces baptismales et participent à présent ( ou sous peu... le jugement n'étant pas encore arrivé) à la joie du Christ-triomphant.

         L'ouverture du sixième sceau s'accompagne de phénomènes inquiétants: soleil noir, lune-sang, étoiles qui tombent, tremblement de terre... les hommes s'enfuient, se cachent dans les cavernes comme Adam et Eve se sont cachés lorsqu'ils ont pris conscience de leur nudité, ces hommes se cachent de "la face de Celui qui est assis sur le Trône et de la colère de l'Agneau..." Si les saints parés de leurs robes blanches sont confiants à l'heure du jugement qui sonne, les autres tremblent d'effroi! Ce 6eme sceau est plus difficile à saisir. Les hommes sont classés en catégories: les riches, les chefs politiques et militaires, les esclaves... Ces hommes ont peur, Dieu va excaucer la prière des martyrs du 5eme sceau. Il va laisser libre cours à sa colère. On peut retenir de ces versets que toute la création est concernée, touchée par le jugement et les décisions divines. Et bien entendu que nul ne peut se soustraire à ce jugement, pas plus les riches, les rois que les esclaves. Chaque homme, chacun que nous sommes, nous serons appelés à nous présenter un  jour devant la Face de Dieu.... Elément important car souvent on utilise la miséricorde de Dieu pour se déresponsabiliser... Qu'importe ce que je fais, Dieu me pardonnera. Créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, nous sommes libres et doués de conscience, c'est ce qui fait notre grandeur! Ce qui implique aussi que nous devrons rendre compte de nos actes. Nous n'irons pas tous au paradis comme nous le laisse croire la chanson! Car oter le jugement, oter l'enfer, vous enlever à l'homme sa liberté, vous dénaturer sa volonté, vous amoindrissez le rôle de sa conscience... Cela dit, je vous rassure, l'affirmation de l'existence de l'enfer ne veut pas non plus dire que les hommes s'y entassent! Nos actes nous préparent au jugement, au choix final. Plus je pose des actes bons, plus je progresse dans la ressemblance de Dieu sur le chemin des vertus...  plus je serai apte à le reconnaître et à contempler son visage.
Pourquoi les hommes se cachent-ils? L'orgueil, la honte de leurs actes mauvais. Il faut beaucoup d'humilité pour reconnaître qui on est en vérité. Or l'humilité est la porte d'entrée du chemin de la perfection morale et spirituelle.

Il nous faudra attendre le chapitre 8 pour assister à l'ouverture du 7eme sceau puisque le chapitre 7 propose une sorte d'intermède en donnant des précisions sur les élus.

SaintJeanBaptiste.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Catéchisme
commenter cet article