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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 18:53

N.pngous clôturons aujourd'hui, avec la fête du baptême de Jésus, le temps de Noël. Crèches et décorations peuvent être rangées...
L'évangile qui nous était proposé ce dimanche est celui selon saint Luc ( vous pouvez bien entendu lire en parallèle chez Marc 3, 13-17 et chez Matthieu 1, 9-11).

Le baptême de Jésus est pour nous l'occasion de nous replonger aux sources de notre propre baptême. Ce sacrement par lequel nous entrons, nous naissons à la vie de Dieu.
A Noël, nous avons découvert que Dieu s'est  fait homme pour que nous puissions participer à la vie divine, c'est l'admirable échange. Au moment de son baptême, Jésus nous rejoint dans notre extrême faiblesse, il nous rejoint dans notre péché. Jean-Baptiste, nous dit l'Evangile, prêche un baptême de repentir, un baptême pour le pardon des péchés. Pourquoi, Jésus, le Fils de Dieu, qui n'a pas péché demande et reçoit le baptême de son cousin? Et bien parce que Jésus assume totalement notre nature humaine, il nous rejoint là où nous sommes pour nous conduire là où est le Père. Nous retrouvons là encore un signe de l'amour infini de Dieu pour nous et  la grande pédagogie divine. Jésus plonge notre nature dans le Jourdain... Alors les cieux s'ouvrent, l'Esprit Saint descend sur Jésus (sur nous le jour de notre baptême, c'est notre bon saint Jean Chrysostome qui rappelle que Jésus reçoit l'Esprit Saint non pour lui mais pour nous...) et la voix du Père se fait entendre: "Tu es mon fils bien-aimé!"... C'est une véritable préfiguration de notre baptême par lequel  (comme tout sacrement) Dieu nous communique sa vie et sa grâce. Nous devenons "fils" du Père, frère/ami de Jésus et temple de l'Esprit.
Nous assistons à une nouvelle naissance... Une naissance à la vie de Dieu où nous devenons "ressemblant " du Christ, Nouvel Adam, qui nous libère totalement du péché et de la mort. Comme le fera remarquer Grégoire de Nazianze, le jour du baptême de Jésus, c'est tout le vieil Adam qui est submergé dans l'eau. Nous naissons à Dieu qui est un et trine, c'est pour cela que nous assistons à une théophanie trinitaire lors du baptême du Christ et que nous sommes plongés trois fois dans l'eau le jour de notre baptême.

Dans notre baptême, nous pouvons toujours puiser pour nourrir notre vie spirituelle car c'est là que se trouve le début de notre vie d'enfant de Dieu. A la question "quel est le plus jour de votre vie?", le pape Jean Paul II répondait "le jour de mon baptême" et non comme on aurait pu l'attendre le jour de se première communion ou le jour de son ordination.
C'est aussi à notre baptême que nous devenons "roi", "prêtre" et "prophète"...

On pourrait être découragé, tous nos péchés sont lavés le jour de notre baptême, nous sommes délivrés de la mort au jour de notre baptême et pourtant nos vies ne sont pas pour autant des signes visibles de l'amour de Dieu. Le vieil homme est tenace... il tente de resurgir à tout moment. Voilà pourquoi nous avons le sacrement du pardon qui est un deuxième baptême. Nous nous replongeons réellement dans les grâces de notre baptême que par ce sacrement.

Laissons la parole à Bossuet qui traduit et commente les évangiles:
"(...) Le baptême de Jean ne donnait ni le Saint Esprit ni la grâce, ni par elle le feu céleste de la charité qui consumme tous les péchés: et cet effet était réservé au baptême de Jésus-Christ...
Voilà donc la consolation des chrétiens. L'eau du baptême de Jésus-Christ n'est pas une eau vide et stérile: le Saint Esprit l'anime et la rend féconde; en lavant le corps, elle enflamme le coeur; si vous ne sortez du baptême plein du feu de l'amour céleste de Dieu, ce n'est pas le baptême de Jésus-Christ que vous avez reçu. La pénitence chrétienne, qui n'est autre chose qu'un second baptême, doit être animée du même feu (....)"

SaintJeanBaptiste.png

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 22:43

'Evangile du jour nous proposait en méditation le texte de l'Annonciation. Je ne vais pas m'étendre sur une présentation du dogme de l'Immaculée Conception: Marie née sans péché, remplie de grâces! Cela a été redit à sainte Catherine Labouré, rue du Bac, par l'invocation bien connue " O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous" puis à Ste Bernadette, à Lourdes, " Je suis l'Immaculée Conception"...

Je vous propose pour nourrir votre lectio en ce jour de fête un extrait de l'homélie de Saint Sophrone de Jérusalem pour l'Annonciation:

"« Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ». Que peut-il y avoir de plus grand que cette joie, ô Vierge Mère ? Que peut-il y avoir au-dessus de cette grâce que tu es la seule à avoir reçue en partage de la part de Dieu ? Que peut-on concevoir de plus joyeux et de plus lumineux ? Tout demeure loin derrière tes merveilles ; tout se trouve au-dessous de ta grâce. Les privilèges les plus certains n'ont que le second rang et ne possèdent qu'un éclat bien moindre.

« Le Seigneur est avec toi ». Qui oserait rivaliser avec toi sur ce point ? Dieu naît de toi. Qui donc ne te céderait la place aussitôt pour te laisser avec joie la première place et l'excellence ? C’est pourquoi, lorsque je te contemple placée au-dessus de toutes les créatures, je proclame hautement tes louanges : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ». La joie qui émane de toi n'est pas seulement accordée aux hommes mais aussi à toutes les puissances angéliques du ciel...

Dieu lui-même habite corporellement dans ton sein ; il en sort comme l'Époux (Ps 18,6) pour apporter à tous les hommes la joie et la lumière divines. C'est en toi, ô Vierge, que Dieu, comme dans un ciel très pur et lumineux, « a établi sa demeure » (cf. Ps 75,3). « De toi, il s'élance comme un époux quittant la chambre nuptiale » ; imitant « la course d'un géant, il va parcourir la carrière » de sa vie, qui apportera le salut à tous les vivants. S'étendant « d'une extrémité du ciel à l'autre » comme le soleil (Ps 18,6-7), il remplira toutes choses de son ardeur divine et de sa lumière vivifiante."

Et la prière de Saint Anselme à Marie que vous trouverez dans la liturgie des Heures:

 

"Le ciel et les astres, la terre et les fleuves, le jour et la nuit, et tout ce qui obéit ou sert à l’homme, se félicite d’être par toi, notre Dame, rendu en quelque sorte à sa beauté première, et même doté d’une grâce nouvelle et ineffable. Car tous, pour ainsi dire, étaient morts, alors que dépouillés de leur dignité naturelle, qui est d’être au pouvoir et au service de ceux qui louent Dieu – c’est là le motif même de leur création – ils étaient opprimés et dégradés par un culte idolâtrique, étranger au but de leur existence. Ils se réjouissent donc d’être comme ressuscités, puisque désormais les voilà soumis à la domination et embellis par l’usage des adorateurs du vrai Dieu. Ils ont comme exulté lorsque leur fut accordée la faveur, nouvelle et inestimable, non seulement de sentir invisiblement au-dessus d’eux la royauté de Dieu, leur propre Créateur, mais encore de le voir les sanctifier visiblement, dans leur sphère à eux, en en faisant lui-même usage. Tels sont les si grands biens échus à l’univers, par le fruit béni du sein de Marie, la bénie.

Par la plénitude de ta grâce, Marie, les êtres retenus en enfer se réjouissent d’être libérés, et les créatures au-delà du ciel d’être restaurées. Oui, c’est bien par ce glorieux Fils de ta glorieuse virginité que tous les justes disparus avant sa mort vivifiante exultent de voir la fin de leur captivité, et les anges, le relèvement de leur cité à moitié détruite. Ô femme remplie et plus que remplie de grâce, dont la surabondante plénitude se répand sur toute la création pour la rétablir ! Ô Vierge bénie et plus que bénie, dont la bénédiction est source de bénédictions pour toute la nature, non seulement pour la nature créée, de la part de son Créateur, mais aussi pour le Créateur, de la part de sa création !

Dieu a donné son Fils, fruit unique de son cœur, qui était son égal et qu’il aimait comme lui-même : il l’a donné à Marie, et, du sein de Marie, il en fait son Fils, non pas quelqu’un d’autre, mais le même en personne, de sorte qu’il est par sa nature le même Fils unique de Dieu et de Marie. Toute la création est l’œuvre de Dieu, et Dieu est né de Marie ! Dieu a tout créé, et Marie a enfanté Dieu ! Dieu qui a tout formé, s’est formé lui-même du sein de Marie, et ainsi il a refait tout ce qu’il avait fait. Lui qui a pu tout faire de rien, n’a pas voulu refaire sans Marie sa création détruite. Dieu est donc le Père de toutes les choses créées, et Marie la mère de toutes les choses recréées. Dieu est le Père de la création universelle, et Marie la mère de la rédemption universelle. Car Dieu a engendré celui par qui tout a été fait, et Marie a enfanté celui par qui tout a été sauvé. Dieu a engendré celui sans qui absolument rien n’existe, et Marie a enfanté celui sans qui absolument rien n’est bon. Oui, le Seigneur est vraiment avec toi : il t’a fait un don tel que la nature entière t’est grandement redevable, à toi, en même temps qu’à lui."

Pour cette fête, on pourra déposer une bougie sur nos fenêtres.



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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 21:02

oursuivons notre lecture du livre de l'Apocalypse... Chapitre IV et V doivent être lus ensemble, ils forment une unité... C'est la vision du trône.
Les chapitres VI à IX constitueront une autre unité autour de l'ouverture des 7 sceaux.

On retrouve donc les mêmes éléments: les vieillards, la figure du tétramorphe, le trône. Deux éléments clés apparaissent au cours de ce chapitre: le livret scellé de 7 sceaux et l'agneau "comme égorgé".



"Et je vis sur la main droite de Celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et par derrière, scellé de 7 sceaux".
Le livre est à la disposition de qui s'en montrera digne, il n'est pas retenu dans la main de Dieu. Il est posé sur c'est-à-dire offert à qui osera le prendre et l'ouvrir.
Intéressons-nous tout d'abord à ce livre. Il s'agit d'un rouleau écrit recto-verso, un opistographe. La face extérieure est lisible même lorsque le parchemin est roulé. C'est une technique connue entre-autres dans le domaine juridique. Le sceau permettait de certifier l'authenticité du document et les inscriptions lisibles, elles, servaient à connaître le thème, les lignes directrices du contenu caché à l'intérieur.
Beaucoup se sont interrogés sur ce qu'était ce fameux livre scellé. Deux interprétations principales ont été retenues. Il s'agirait en premier lieu du livre contenant le dessein de Dieu sur le monde, sur l'histoire des hommes... L'ouvrir, c'est enfin connaître le sens total du dessein divin qui va  maintenant s'accomplir. Enfin, et c'est le plus probable, il s'agirait de l'Ancien Testament, des Ecritures dont le Christ révèle le véritable sens en accomplissant par sa venue les prophéties, la Loi... Cette idée est renforcée par les versets suivants qui montrent que personne n'ose le regarder et le prendre. Le véritable exécuteur sera le Christ. Il est le seul à être digne de le prendre et de l'ouvrir. Les hommes ont eu connaissance de l'Ancien Testament mais le Christ en dévoile tout le sens et tous les mystères. Cela nous renvoie au beau texte des disciples d'Emmaüs... En chemin, nos deux pélerins ont besoin du Christ pour leur expliquer les Ecritures. Pour nous, cela nous invite déjà à avoir une lecture christocentrique de l'Ancien Testament et ensuite de discerner les évènements de notre vie à la lumière du Christ qui révèle véritablement le sens de l'histoire, de notre histoire personnelle.
Jean Paul II dans son encyclique Veritatis Splendor insiste longuement sur cette nécessité de se laisser guider par le Christ pour éclairer le sens de l'existence et pour cheminer vers la Vérité: "

 

"Il convient que l'homme d'aujourd'hui se tourne de nouveau vers le Christ pour recevoir de lui la réponse sur ce qui est bien et sur ce qui est mal. Le Christ est le Maître, le Ressuscité qui a en lui la vie et qui est toujours présent dans son Eglise et dans le monde. Il ouvre aux fidèles le livre des Ecritures et, en révélant pleinement la volonté du Père, il enseigne la vérité sur l'agir moral. A la source et au sommet de l'économie du salut, le Christ, Alpha et Oméga de l'histoire humaine (cf. Ap 1, 8 ; 21, 6 ; 22, 13), révèle la condition de l'homme et sa vocation intégrale. C'est pourquoi « l'homme qui veut se comprendre lui-même jusqu'au fond ne doit pas se contenter pour son être propre de critères et de mesures qui seraient immédiats, partiaux, souvent superficiels et même seulement apparents ; mais il doit, avec ses inquiétudes, ses incertitudes et même avec sa faiblesse et son péché, avec sa vie et sa mort, s'approcher du Christ. Il doit, pour ainsi dire, entrer dans le Christ avec tout son être, il doit " s'approprier " et assimiler toute la réalité de l'Incarnation et de la Rédemption pour se retrouver lui-même. S'il laisse ce processus se réaliser profondément en lui, il produit alors des fruits non seulement d'adoration envers Dieu, mais aussi de profond émerveillement pour lui-même » .

C'est ce que ce chapitre de l'Apocalypse nous invite à faire... Il faut éclairer notre compréhension du temps des hommes à la lecture de l'Evangile de Jésus-Christ.


Un ange, fort et vigoureux, figure de l'autorité, proclame " Qui est digne d'ouvrir le livre et d'en rompre les sceaux?" Jean utilise le verbe "proclamer" normalement réservé à l'annonce de la Bonne Nouvelle... Il s'agit bien d'une révélation sur le Christ, sur l'avènement du Royaume.  Personne ne semble digne... personne n'ose s'approcher... Pourquoi? Parce qu'il faut avoir vécu la Passion et être ressuscité pour en être digne. Il faut être le Fils de Dieu, siéger à sa droite depuis l'Ascension pour en être digne! St Jean se met à pleurer, Augustin y verra une figure de l'Eglise qui pleurt sous le poids de ses péchés qui l'accablent et qui espèrent la Rédemption. On le console, un vieillard, c'est-à-dire un des prophètes ( pour Augustin les 24 vieillards ne sont pas des prêtres...) qui justement ont annoncé que le Messie, le Sauveur naîtra dans la tribu de Judas (une des douze tribus d'Israël) et de la race de David. Le Christ est venu, il a été vainqueur du péché qu'il a détruit et il apporte tout bien....
La vision se poursuit et voilà qu'apparaît un agneau, un agneau immolé mais dressé. La figure de l'Agneau renvoie bien entendu au Christ. C'est une allusion à l'agneau pascal partagé en souvenir de la libération lors de l'Exode. Il porte les marques de son sacrifice. En revanche, il est "dressé" cela montre qu'Il est sorti victorieux,triomphant de la mort. L'agneau a 7 cornes et 7 yeux. Le chiffre sept est celui de la plénitude.  Les cornes renvoient à la puissance et les yeux à la connaissance. Il s'agit donc de la Toute-Puissance et de l'ominscience de Jésus. Bède le Vénérable y verra lui les sept dons de l'Esprit Saint.
Pour St Augustin, l'agneau n'est pas le Christ mais c'est la figure de ceux qui souffrent le martyre , de ceux qui meurent pour Jésus-Christ pour vivre en Christ. Les vieillards, les quatre vivants, l'agneau autour du trône, c'est l'Eglise unie au Chef.En effet, sur le trône, il voit la Trinité toute entière ( Père, Fils et Esprit-Saint). Le livre est reçu de la main droite, c'est-à-dire du Christ...

Puis l'adoration et la louange reprennent. Les cithares étant des instruments de louange et les coupes d'or dans lesquelles on faisait brûler de l'encens figurent la prière qui monte vers Dieu. St Victorin puis l'évêque d'Hippone verront aussi dans la cythare, "la corde étendue sur le bois", la Passion du Christ et dans la coupe: "la confession et la propagation du sacerdoce nouveau." Notre ami Bède ferra aussi le rapprochement puisque dans l'Ancien Testament c'est Aaron, le prêtre, qui fait "fumer sur l'autel un encens exhalant une odeur suave".
On chante alors un "Cantique Nouveau", c'est la profession de foi, la proclamation de la Bonne Nouvelle du Nouveau Testament. Voilà la chose nouvelle qui est révélée: le Fils de Dieu s'est fait homme (mystère de l'Incarnation que nous célèbrons à Noël), il est mort et ressuscité (mystère de la Rédemption que nous célèbrons à Pâques), il est monté au ciel et par lui a lieu la rémission des péchés! Ce cantique nouveau, il est pour " toute tribu, et langue, et peuple et nation" c'est-à-dire qu'il est pour tous les hommes. Le salut est offert à tout homme quelque qu'il soit. Le mot "catholique" qui signifie "universel" en grec nous rappelle que notre foi est "universelle". Il ne s'agira jamais d'un salut offert à un petit nombre d'initiés, à un petit nombre d'élus ou de purs comme le suggèrent certaines interprétations erronées de l'Apocalypse. Le Christ a souffert sa Passion et connu la mort pour chacun de nous.. "Parce qu'en quelque direction que l'Eglise se soit répandue dans le monde, parmi les nations, des tribus, des peuples et des langues divers, elle consiste toute entière dans le seul amour de Dieu et du prochain contenu dans le décalogue de la Loi"  (Bède, Le Tabernacle,  II,8)

Les 7 sceaux seront brisés, le livre sera ouvert...Ce livre (aux deux faces: Ancien et Nouveau Testament) n'était pas compris jusqu'à la venue du Christ. Il était scellé jusqu'à la Passion et la Résurrection, " obscurci par la multitude des mystères" pour reprendre l'expression de St Augustin. Un voile demeurait tout comme Moïse qui recevant la Loi avait couvert son visage.  Victorin et Augustin rappellent ici que l'on parle de "testament" (ils ne se réfèrent pas au sens que l'on donne actuellement aujourd'hui qui est celui d' "alliance"). Or le testament est scellé jusqu'à la mort du testateur... Ici, il s'agit du Christ à la fois testateur, exécuteur testamentaire et héritier!  Le visage de Moïse peut être découvert, la Révélation se fait grâce au Christ. Voilà la vrai sens de l'Apocalypse... Pas une prophétie sur le dessein de l'humanité au sens où l'histoire serait écrite et l'ouverture du livre, la possibilité de connaître la fin du monde. La Révélation est quelque part déjà donnée, le monde est déjà sauvé! A nous de suivre le Christ pour qu'Il nous guide vers la splendeur de la Vérité... Le message est encore limpide: nous mettre à l'écoute de sa Parole qui éclairera le sens de notre histoire qu'elle soit personnelle ou collective.






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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 21:21
onne et sainte nouvelle année liturgique à tous!
Nous cheminerons cette année avec Saint Luc.
De belles initiatives voient le jour pour redécouvrir la Parole de Dieu.
Je pense à l'atelier biblique en ligne des fraternités monastiques de Jérusalem ou encore à celle de certains diocèses ( comme Nancy)  qui ont distribué l'évangile de Luc à méditer en famille, entre amis et avec des personnes connaissants moins la Bible.
Prenons vraiment le temps de méditer et de vivre de la Parole. Nous ne sommes pas une religion du Livre mais bel et bien une religion de la Parole et du dialogue. Dieu nous parle personnellement aujourd"hui à travers les textes bibliques. On peut prendre la résolution de lire un chapitre de cet évangile par semaine. Ce n'est pas "énorme" et c'est une expérience très enrichissante.

Notre bon pape Benoît XVI a eu une réponse très belle à de jeunes romains sur la question de la Parole de Dieu: "

Je réponds en soulignant d'abord un premier point:  il faut avant tout dire qu'il faut lire l'Ecriture Sainte non pas comme un quelconque livre d'histoire, comme nous lisons, par exemple, Homère, Ovide, Horace; il faut la lire réellement comme la Parole de Dieu, c'est-à-dire en instaurant un dialogue avec Dieu. Il faut avant tout prier, prier avec le Seigneur:  "Ouvre-moi la porte". C'est ce que dit souvent saint Augustin dans ses homélies:  "J'ai frappé à la porte de la Parole pour trouver finalement ce que le Seigneur veut me dire". Cela me semble un point très important. On ne lit pas l'Ecriture dans un climat académique, mais en priant et en disant au Seigneur:  "Aide-moi à comprendre ta Parole, ce que tu veux me dire dans cette page".

Un second point est:  l'Ecriture Sainte introduit à la communion avec la famille de Dieu. On ne peut donc pas lire seul l'Ecriture Sainte. Certes, il est toujours important de lire la Bible de façon très personnelle, dans un dialogue personnel avec Dieu, mais dans le même temps, il est important de la lire en compagnie des personnes avec lesquelles on marche. Se laisser aider par les grands maîtres de la "Lectio divina". Nous avons, par exemple, tant de beaux livres du Cardinal Martini, un véritable Maître de la "Lectio divina", qui aide à entrer dans le vif de l'Ecriture Sainte. Lui qui connaît bien toutes les circonstances historiques, tous les éléments caractéristiques du passé, cherche toutefois toujours à ouvrir également la porte pour faire voir que des paroles appartenant apparemment au passé sont également des paroles du présent. Ces maîtres nous aident à mieux comprendre et également à connaître la façon dont il faut lire l'Ecriture Sainte. Il est ensuite généralement opportun de la lire en compagnie des amis qui sont en chemin avec moi et qui cherchent, avec moi, comment vivre avec le Christ, quelle vie nous vient de la Parole de Dieu.

Troisième point:  s'il est important de lire l'Ecriture Sainte aidés par les maîtres, accompagnés par les amis, les compagnons de route, il est important en particulier de la lire en compagnie du Peuple de Dieu en pèlerinage, c'est-à-dire dans l'Eglise. (...) En écoutant Dieu, on apprend à écouter la Parole de Dieu et puis également à l'interpréter. Et ainsi, la Parole de Dieu devient présente, car les personnes meurent, mais le sujet vital, le Peuple de Dieu, est toujours vivant, et est identique au cours des millénaires:  c'est toujours le même sujet vivant, dans lequel vit la Parole." (Vous pouvez trouver l'intégralité de la rencontre sur le site du saint siège- le vatican)


Aujourd'hui commençait donc l'année liturgique avec le premier dimanche de l'Avent. Un temps d'attente remplie d'espérance, de foi et de joie. On attend en effet l'avènement de notre sauveur: le Christ!
L'exemple de Jean-Baptiste nous est donné. Son appel est pressant: " Restez en éveil et priez!"


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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 21:59


 

llons nous mourir dans d'atroces souffrances en 2012?
Question qui est sur les lèvres- à mon grand désespoir- de tous mes chers élèves. Oracles de Delphes ou de la Sybille, calendrier maya, prophéties bibliques... les querelles religieuses s'effacent pour un avis unanime: la fin du monde est (encore) proche! Dans un premier temps, rappelons qu'aucun texte biblique ne contient l'éventuelle date de cette fameuse fin du monde: « Vous ne connaissez ni le jour ni l'heure! » Le suspens est maintenu et ce n'est pas le genre de Dieu de revenir sur ses paroles...
 C'est en revanche l'occasion  pour nous de redécouvrir (parce que bien entendu tout le monde l'a déjà lu) ce livre méconnu qu'est l'Apocalypse. On l'évite, on le subit parfois aux grandes fêtes telle que l'Assomption, on le médite rarement lors de nos oraisons... à tort sans doute puisqu'il fait partie du canon biblique et cela pour de bonnes raisons.

Le mot « apocalypse » est un mot grec qui signifie « révélation « , « dévoilement » ou encore « manifestation ». C'est l'apôtre St Jean qui en est l'auteur mais tout comme l'Evangile, il s'agit en réalité de l' « Apocalypse de Jésus-Christ selon St Jean » ( voir Apocalypse 1, 1). Nous n'entrerons pas dans les questions d'auteurs réels, de datations... laissons-les aux exégètes! Rappelons cependant que le genre apocalyptique est un genre littéraire répandu entre le deuxième siècle avant notre ère et le deuxième après Jésus-Christ. On trouve des récits apocalyptiques chez Daniel, Baruch, Esdras mais aussi dans les synoptiques. Citons aussi le très célèbre écrit apocryphe: le livre d'Hénoch. Comme tout genre littéraire, il possède ses codes, ses images et ses symboles. L'Apocalypse est moins un récit descriptif qu'un récit symbolique. Enfin, pour bien comprendre ce texte, il faut le situer dans sa date de rédaction, la fin du premier siècle, c'est-à-dire lors d'une période de crise, d'inquiétude et d'incertitude pour les premières communautés chrétiennes. Pour la petite information, jamais un chrétien du premier siècle n'aurait fixé à une date aussi lointaine que 2012 le jugement dernier car les communautés attendaient fébrilement la parousie, c'est-à-dire le retour du Christ. Ils ont même été très étonnés que cela n'arrive pas dans les quelques années qui ont suivies son Ascension. L'Apocalypse est un évènement attendu et espéré: "youpi! le mal sera vaincu et nous verrons Dieu!"

Après un titre et une adresse, on trouve une série de 7 lettres aux 7 églises... Laissons de côté ces premiers chapitres et intéressons-nous au chapitre 4, là où commence à proprement parler le récit apocalyptique. Deux formules types de ce genre littéraire renforcent cette idée: «  et je vis »- « j'entendis ». Verbes de sensation qui renvoient directement à l'expérience du « voyant ». Pour lire et méditer avec plus d'efficacité ce chapitre, on pourra prendre en parallèle le chapitre 1 du livre d'Ezechiel et le chapitre 6 du livre d'Isaïe dont est fortement inspiré ce passage.

Au verset 1, une porte s'ouvre dans le ciel. Les deux mondes terrestre et céleste sont habituellement séparés. Du reste, lorsque l'on assiste à une théophanie dans les évangiles- lors du baptême de Jésus ou lors de la Transfiguration par exemple- les cieux s'ouvrent, se déchirent et on entend alors la voix du Père... St Jean est emporté vers les cieux, ce qu'il va décrire se situe donc à un autre niveau. St Jean entre dans une sorte d'extase- «  et je fus ravi en esprit. »
Il aperçoit la cour céleste autour d'un trône sur lequel siège Dieu qu'il ne nomme jamais directement et qu'il ne décrit pas si ce n'est par des métaphores lumineuses. L'art ou l'iconographie représentera souvent le Christ en gloire entouré de sa mandorle ( auréole en forme d'amande). En fait, il s'agit plutôt ici de Dieu-créateur puisque la figure de l'Agneau Rédempteur apparaîtra au chapitre suivant.

Autour du trône, les 24 vieillards de l'Apocalypse. Qui sont-ils? Trois éléments nous aident: ils sont assis sur un trône, ils ont des vêtements blancs et des couronnes qu'ils déposeront au pied du trône quelques versets plus loin. La couronne est un signe royal mais aussi le symbole de la récompense accordée à l'homme juste. Le vêtement blanc est celui des élus, de l'homme qui est auprès de Dieu, de l'homme sauvé et qui à ce titre peut siéger sur un trône. Image du peuple fidèle? Peut-être, le nombre a beaucoup intrigué les commentateurs. S'agit-il des 12 apôtres associés au 12 tribus d'Israël, de prophètes, des 24 auteurs de l'Ancien Testament? Est-ce une référence aux 24 ordres sacerdotaux décrits dans le premier livre des Chroniques. Je pencherai plutôt pour cette dernière option car le terme grec utilisé est celui d' « anciens » (et non de vieillards) ou de « presbytres » c'est-à-dire de prêtres. D'autant plus que la scène décrite est une scène plus liturgique que prophétique. Il s'agit de la vision du culte céleste autour du Dieu tout puissant qui a créé le monde. Les vieillards rendent le culte que le monde devrait rendre à Dieu et ils veillent  sur le monde.

Vient ensuite, la description des 4 vivants largement inspirée d'Ezechiel 1,5: « Au centre, je distinguais quelque chose qui ressemblait à 4 animaux dont voici l'aspect: ils avaient une forme humaine. Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes (…) Quant à la forme de leurs faces, ils avaient une face d'homme; et tous les quatre avaient une face de lion (…) et tous les quatre avaient une face de taureau (…) et tous les quatre avaient une face d'aigle... ». Ici, quatre personnes ayant chacune une forme particulière... Le chiffre 4 est un chiffre cosmique qui nous renvoie aux 4 vents, aux 4 points cardinaux ou encore aux 4 éléments. C'est la stabilité, l'espace... Certains ont pu y voir les 4 constellations qui soutiennent la voûte céleste: le taureau, le lion, le scorpion (en sachant que dans l'Antiquité, le scorpion était un homme)... Une incertitude demeure quant à l'aigle qui renverrait à la constellation du Verseau... L'aigle existe et se situe à côté du Verseau mais ce n'est pas une constellation zodiacale. Les ailes: 4 chez Ezechiel, 6 chez les anges d'Isaïe au chapitre 6 qui président au gouvernement du monde physique.
La tradition chrétienne a depuis Saint Irénée vue dans les 4 vivants ( le tétramorphe) une représentation des 4 évangélistes Notre auteur veut par là "démonter" les hérésies telles que le marcionisme ou l'ébionisme qui refusent un ou plusieurs des 4 évangiles. Voilà ce que dit saint Irénée dans son Contre les Hérésies ( III, 11.8): «  Car les chérubins ont une quadruple figure, et leurs figures sont les images de l'activité du Fils de Dieu. ». Le lion, c'est la puissance, la prééminence et la royauté du Fils de Dieu. Le taureau, c'est le sacrificateur et le prêtre. L'homme rappelle l'incarnation et la venue humaine du Verbe. Enfin, l'aigle c'est l'Esprit Saint volant sur l'Eglise. Il poursuit: « les évangiles seront donc eux aussi en accord avec ses vivants sur lesquels siège le Christ Jésus. » Il rapproche alors les 4 vivants des 4 évangiles: Jean est le lion car dès son Prologue, il parle de la génération prééminente, puissante et glorieuse du Verbe et le Verbe était Dieu; Luc est le taureau car il débute par le sacrifice de Zacharie, le prêtre, c'est le caractère sacerdotal; Matthieu place Jésus dans sa génération humaine, c'est l'homme de l'humilité et de la douceur et enfin Marc commence par l'Esprit prophétique sur les hommes.

Notons que la Tradition inversera les symboles de Marc et de Jean... Jean sera l'aigle, celui qui regarde le soleil en face et Marc le lion à cause de Jean Baptiste. Il termine ainsi: « Les mêmes traits se retrouvent aussi dans le Verbe de Dieu lui-même: aux patriarches qui existèrent avant Moïse, il parlait selon sa divinité et sa gloire; aux hommes qui vécurent sous la Loi, il assignait la fonction sacerdotale et ministérielle; ensuite pour nous, il se fit homme, enfin il envoya le don de l'Esprit céleste. »

Ces 4 vivants possèdent une multitude de yeux qui montrent leur sagesse et leur science universelle. Ce qui soutient désormais le monde et qui l'éclaire, c'est la Bonne Nouvelle contenue dans les 4 évangiles!

Le chapitre se termine par un chant liturgique bien connu: « le sanctus » ou plus exactement le trisagion: « le trois fois saint! ».... La liturgie céleste renvoie à la liturgie terrestre et vice-versa. Cela signifie que notre liturgie est une sorte d'avant-goût du Royaume. Nous louons et adorons Dieu sur cette terre comme le font les saints dans le Ciel! La liturgie terrestre c'est une participation à la liturgie céleste. Versets bibliques qui rappellent en passant qu'il n'est pas très intelligent de modifier au grè de nos humeurs la liturgie de l'Eglise...  On pourra avec profit -pour l'occasion- méditer les textes liturgiques de la messe en particulier les prières eucharistiques. Les vieillards rendent grâce ( eucharistein en grec) à Dieu pour les merveilles qu'Il a créées:

« Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, et l'honneur et la puissance, parce que c'est toi qui as créé toutes choses, et c'est par ta volonté qu'elles ont existé et ont été créées. »

Très belle doxologie pour terminer ce chapitre: honneur, puissance et gloire!

Pour une catéchèse plus efficace on pourra s'appuyer sur une réprésentation iconographique du tétramorphe, l'étude d'un tympan roman ou encore pour les alsaciens, un petit tour au pied du piler du jugement dernier de la cathédrale!
                                                                                                                                                                                                                                                                                                           

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 19:53
 

ujourd'hui, nous était proposé comme évangile, le fameux épisode de l'aveugle de Jéricho, déjà entendu lors du dimanche avant la Toussaint. Anonyme chez Luc, il s'agit de l'aveugle Bartimée de Marc. Jésus traversant la ville de Jéricho se voit apostrophé de manière éhontée voire scandaleuse par un aveugle, un mendiant assis sur le bord du chemin qui désire être guéri. A première vue il pourrait s'agir d'un miracle comme il y en a tant d'autres dans les évangiles mais la guérison de ce fils de Timée- une des rares personnes à être nommée chez Marc- est racontée sous le mode d'un récit d'appel, de vocation ce qu'il n'est pas non plus au demeurant...

 

Cette péricope est particulièrement bien structurée et riche en symboles...

Le récit démarre sur une opposition: un homme seul, assis, se tenant à l'écart du chemin et cette foule -dont Jésus est le centre- en mouvement, en marche vers Jérusalem ( sans doute des pèlerins qui se rendent au Temple pour la grande fête de la Pâque). Bartimée qui mendie sans doute chaque jour à la même place entend parler du passage de Jésus et là malgré sa position d'exclu il interpelle le nazarénien par ce cri: «  Jésus, fils de David, aie pitié de moi! ». Première surprise, ce titre donné à Jésus... (Préfiguration de l'acclamation des Rameaux que rappelle aussi la présence de la foule). Voilà qu'à cet homme originaire de Nazareth, petite ville perdue de Galilée où il est bien connu que rien ne peut sortir de bon..., on donne le titre messianique de « Fils de David ». Cri de la foi bien entendu: le Messie est le Sauveur, le thaumaturge. Quelle opposition encore entre le Fils de Timée et le Fils de David, lignée ancestrale des rois d'Israël... Quelle humilité de la part de ce mendiant qui reconnaît ce qu'il est réellement par rapport au Messie. C'est la première attitude de l'homme de foi, se reconnaître créature face à son Créateur.

Mais Jésus ne répond pas et la foule que l'on imagine joyeuse et bruyante autour du Christ se dresse comme un obstacle infranchissable entre les deux hommes. On essaie de faire taire l'importun mais celui persiste, insiste, persévère dans ses cris et cela avec plus d'intensité encore.... et Jésus est stoppé dans son élan. Il s'arrête. La compassion, la pitié l'arrêtent. C'est la preuve de la puissance de la foi et de la prière.

Nouveau rebondissement, Il n'appelle pas directement notre aveugle et ordonne qu'on lui amène. Le Christ nous répond, nous appelle par des intermédiaires. C'est le rôle des apôtres dans l'Eglise. La foule change d'attitude, on obéit au Christ, on encourage même Bartimée.

La foule se presse pour aider notre mendiant mais là encore surprise, il ne se conduit plus du tout comme l'aveugle qu'il est. Il jette son manteau, se redresse d'un bond et s'élance vers Jésus. En abandonnant son manteau, il quitte tout ce qui faisait sa vie antérieure, ses péchés, ses chaînes qui l'empêchaient de répondre à l'appel de Dieu. Ce bond, c'est l'empressement du croyant, le désir si brûlant du chercheur de Dieu. L'appel du Christ le touche en profondeur, en demandait-il tant? En attendait-il tant? Il sort de son isolement, il rejoint la foule sur le chemin.

Jésus pose alors la question « bête » par excellence: « Que veux-tu que je fasse pour toi? »... Comme si l'aveugle allait lui demander de marcher mieux ou de faire apparaître une miche de pain et quelques poissons pour l'occasion! Le Christ ne voit pas seulement un aveugle, il voit un homme qui souffre, qui a soif de quelque chose de plus grand... Jésus tente d'éveiller l'homme à son désir le plus profond....

L'homme est guéri... mais contrairement aux récits de vocation. Jésus renvoie l'aveugle, il ne demande pas de le suivre. Cependant Bartimée comme illuminé va choisir volontairement de suivre le Christ. Librement il choisit de cheminer avec Jésus vers Jérusalem c'est-à-dire vers la Passion et  la Résurrection. Plus qu'un récit de guérison ou de vocation, c'est donc un récit sur la puissance de la foi. Le foi persévérante est récompensée par le don de la « lumière ».

 

Jetons un coup d'oeil pour terminer à l'homélie II de Grégoire le Grand. Homélie sans doute prononcée vers les années 590-591 à la basilique St Pierre de Rome.

Le saint voit dans l'aveugle le genre humain, chassé du paradis et jeté dans les ténèbres. C'est par la présence du rédempteur que l'homme sera guéri c'est-à-dire éclairé. Par le désir de Dieu, l'homme découvre les joies de la lumière intérieure et s'engage sur le chemin de la vie par la pratique du bien.... La foi, que ce soit chez St Paul ou les Pères a toujours des conséquences sur la vie pratique, sur la vie morale.

Il traduit ensuite le mot « Jéricho » par le mot « lune » qu'il relie aux faiblesses de la chair c'est-à-dire à la faiblesse de notre condition mortelle. Quand Jésus s'approche, l'aveugle voit à nouveau, car Dieu a pris chair.... Le genre humain est haussé à la condition divine. Dieu ne s'est-il pas fait homme pour que l'homme devienne Dieu? L'homme doit cependant se reconnaître aveugle et prendre conscience de son manque de lumière pour crier vers Dieu tel le psalmiste.

Grégoire interprète le cortège accompagnant Jésus comme la « foule tapageuse  de nos désirs », notre imagination folle ou encore le souvenir de nos péchés qui viennent perturber notre prière. La leçon a tiré de cet évangile est simple:  plus la prière est ardue et sèche plus il faut prier et persévérer. Jésus s'arrête et alors: «  Dieu est retenu dans notre coeur et la lumière perdue est retrouvée. » Il faut aussi que nous demandions à Dieu ce que nous désirons même si Dieu sait par ailleurs ce dont nous avons besoin... un des paradoxes typiques de la foi chrétienne! Il faut prier et demander jusqu'à être importun... Dieu nous interroge sur notre désir car il veut exciter notre coeur à la prière et au désir de l'infini.

Enfin, tel l'aveugle, nous devons aussi demander la lumière qui nous donne le discernement sur le bien mais il faut par ailleurs décider librement de Le suivre. Discerner le bien en effet ne suffit pas, il faut encore l'accomplir c'est-à-dire imiter le Christ: soyez parfaits comme votre Père est parfait!


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