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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 17:31

I.pngnterrompons aujourd’hui notre lecture d’Evangelium Vitae pour lire le discours du pape François, le 15 juin dernier aux parlementaires français. Il s’agissait d’une délégation du groupe amitié France-Saint Siège. Vous pouvez bien entendu retrouver le discours sur le site du saint Siège, dans la rubrique « François »- « discours ».

Dès le premier paragraphe après les formules de salutation d’usage, le saint Père aborde la notion de « principe de laïcité » si chère aux français. Il rappelle que laïcité ne signifie pas laïcisme c’est-à-dire « hostilité à la réalité religieuse ou une exclusion des religions du champ social et des débats qui l’animent. » Les médias ont parlé de « discours ambigu » du saint Père mais lorsque l’on songe à l’actualité de ces derniers mois et au peu d’écoute du gouvernement face aux interpellations des grandes religions cela semble pourtant extrêmement clair ! Et le saint Père continue : « On peut se féliciter que la société française redécouvre des propositions faites par l’Église, entre autres, qui offrent une certaine vision de la personne et de sa dignité en vue du bien commun. L’Église désire ainsi apporter sa contribution spécifique sur des questions profondes qui engagent une vision plus complète de la personne et de son destin, de la société et de son destin. Cette contribution ne se situe pas uniquement dans le domaine anthropologique ou sociétal, mais aussi dans les domaines politique,  économique et culturel. »

 

François nous rappelle ici que les chrétiens ne peuvent s’exclure de la vie politique et économique et que la neutralité laïque de l’Etat ne peut se faire sans l’écoute et la participation active de l’Eglise. Paragraphe d’une grande force où il nous est rappelé que nous devons saisir l’homme dans sa vocation intégrale et selon sa dignité,  que certaines décisions et lois tendent à déstructurer non seulement l’homme mais aussi toute la société et son avenir. Il se félicite que la « société française redécouvre des propositions faites par l’Eglise », ne s’agirait-il pas des grandes manifestations et débats qui ont eu lieu au cours de l’année autour de la question du « mariage pour tous » et où beaucoup de français croyants ou non ont pris la peine d’interroger leur conscience, de s’informer réellement et de prendre position pour une question non d’intérêt personnel (salaire, retraite, conditions de travail…)  mais de bien commun ? L’Eglise a alors un grand rôle à jouer. Elle peut et doit apporter des réponses à ces questions de société délicates. L’Eglise cela signifie bien évidemment le magistère, le clergé mais tous les baptisés qui ont le devoir de se former (intellectuellement et dans la prière) et d’éclairer leurs consciences. Ils doivent le faire pour eux mais aussi pour tous les autres qu’ils sont appelés à rencontrer dans leur quotidien. 

Vient ensuite le fameux paragraphe polémique où le souverain pontife parle d’ « amender ou d’abroger » certaines loi : « En tant qu’élus d’une Nation vers laquelle les yeux du monde se tournent souvent, il est de votre devoir, je crois, de contribuer de manière efficace et continue à l’amélioration de la vie de vos concitoyens que vous connaissez particulièrement à travers les innombrables contacts locaux que vous cultivez et qui vous rendent sensibles à leurs vraies nécessités. Votre tâche est certes technique et juridique, consistant à proposer des lois, à les amender ou même à les abroger. Il vous est aussi nécessaire de leur insuffler un supplément, un esprit, une âme dirais-je, qui ne reflète pas uniquement les modes et les idées du moment, mais qui leur apporte l’indispensable qualité qui élève et anoblit la personne humaine. »

Ne pas suivre les modes et les lobbies du moment mais songer aux conséquences et à la construction de l’être humain. Il s’agit de faire grandir l’homme, de «  l’anoblir ». Quels comportements et quelles lois favorisent cette « élévation » de l’être humain ? Voici une véritable question non seulement pour tous les élus mais pour tous les citoyens.

Puisque nous sommes ces jours-ci dans la lecture d’Evangelium Vitae, nous pouvons faire un lien avec le n°73 de cette dernière, je vous cite le § en son entier :

« L'avortement et l'euthanasie sont donc des crimes qu'aucune loi humaine ne peut prétendre légitimer. Des lois de cette nature, non seulement ne créent aucune obligation pour la conscience, mais elles entraînent une obligation grave et précise de s'y opposer par l'objection de conscience. Dès les origines de l'Eglise, la prédication apostolique a enseigné aux chrétiens le devoir d'obéir aux pouvoirs publics légitimement constitués (cf. Rm 13, 1-7; 1 P 2, 13-14), mais elle a donné en même temps le ferme avertissement qu'« il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » (Ac 5, 29). Dans l'Ancien Testament déjà, précisément au sujet des menaces contre la vie, nous trouvons un exemple significatif de résistance à un ordre injuste de l'autorité. Les sages-femmes des Hébreux s'opposèrent au pharaon, qui avait ordonné de faire mourir tout nouveau-né de sexe masculin: « Elles ne firent pas ce que leur avait dit le roi d'Egypte et laissèrent vivre les garçons » (Ex 1, 17). Mais il faut bien voir le motif profond de leur comportement: « Les sages-femmes craignirent Dieu » (ibid.). Il n'y a que l'obéissance à Dieu — auquel seul est due la crainte qui constitue la reconnaissance de son absolue souveraineté — pour faire naître la force et le courage de résister aux lois injustes des hommes. Ce sont la force et le courage de ceux qui sont prêts même à aller en prison ou à être tués par l'épée, dans la certitude que cela « fonde l'endurance et la confiance des saints » (Ap 13, 10).

Dans le cas d'une loi intrinsèquement injuste, comme celle qui admet l'avortement ou l'euthanasie, il n'est donc jamais licite de s'y conformer, « ni ... participer à une campagne d'opinion en faveur d'une telle loi, ni ... donner à celle-ci son suffrage ».

Un problème de conscience particulier pourrait se poser dans les cas où un vote parlementaire se révélerait déterminant pour favoriser une loi plus restrictive, c'est-à-dire destinée à restreindre le nombre des avortements autorisés, pour remplacer une loi plus permissive déjà en vigueur ou mise aux voix. De tels cas ne sont pas rares. En effet, on observe le fait que, tandis que dans certaines régions du monde les campagnes se poursuivent pour introduire des lois favorables à l'avortement, soutenues bien souvent par de puissantes organisations internationales, dans d'autres pays au contraire — notamment dans ceux qui ont déjà fait l'expérience amère de telles législations permissives — se manifestent les signes d'une nouvelle réflexion. Dans le cas ici supposé, il est évident que, lorsqu'il ne serait pas possible d'éviter ou d'abroger complètement une loi permettant l'avortement, un parlementaire, dont l'opposition personnelle absolue à l'avortement serait manifeste et connue de tous, pourrait licitement apporter son soutien à des propositions destinées à limiter les préjudices d'une telle loi et à en diminuer ainsi les effets négatifs sur le plan de la culture et de la moralité publique. Agissant ainsi, en effet, on n'apporte pas une collaboration illicite à une loi inique; on accomplit plutôt une tentative légitime, qui est un devoir, d'en limiter les aspects injustes. »

 

 

            Ce discours nous rappelle que ce n’est pas parce qu’une loi a été votée qu’elle est acquise pour toujours. On peut revenir dessus… La loi interdisant aux femmes de se promener dans la rue et dans un lieu public en pantalon n’a-t-elle pas été abrogée récemment ? Il nous rappelle aussi que le « légal » n’est pas le « légitime » et le « moral ». Nous pouvons nous opposer en conscience à certaines lois.  Cette conscience qui est comme l’écrivait le cardinal Newman, « le premier de tous les vicaires du Christ »,   notre grillon si vous voulez… allons-nous faire comme Pinocchio et la jeter contre le mur où elle tombera « raide morte » ?

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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 10:08

C.pnge 16 juin, nous célébrons la journée « Evangelium vitae ». L’homélie du pape François en ce dimanche porte donc sur ce thème de la Vie et de la Mort.

La Parole de Dieu est axée aujourd’hui sur le péché, le pardon et la miséricorde de Dieu.  La première lecture en effet, tirée du deuxième livre de Samuel, nous raconte comment le prophète Natan se rend auprès de David pour lui montrer combien il s’est détourné de Dieu. David reconnaît sa faute et sera pardonné : « David dit à Nathan : « J'ai péché contre le Seigneur ! » Nathan lui répondit : « Le Seigneur a pardonné ton péché, tu ne mourras pas. » Le Psaume 31 continue sur ce thème de la rémission des péchés :

 

« Je t'ai fait connaître ma faute,
je n'ai pas caché mes torts.
J'ai dit : « Je rendrai grâce au Seigneur
en confessant mes péchés.
Et toi, tu as enlevé l'offense de ma faute.
Tu es un refuge pour moi,
mon abri dans la détresse,
de chants de délivrance tu m'as entouré. »

La deuxième lecture extraite de l’épître aux Galates de saint Paul évoque un thème cher à l’apôtre des gentils : la justification non par la loi mais par la foi en Christ, mort sur la croix et ressuscité : « Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi. Il n'est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu. »

 

Le saint Père s’appuie, après une brève introduction sur le don de la Vie et Dieu qui est Vie, sur ces lectures pour construire son homélie : «  Cette célébration a un très beau nom : l’Évangile de la Vie. Avec cette Eucharistie en l’Année de la Foi, nous voulons rendre grâce au Seigneur pour le don de la vie, dans toutes ses manifestations ; et en même temps, nous voulons annoncer l’Évangile de la Vie. En partant de la Parole de Dieu que nous avons écoutée, je voudrais vous proposer trois points simples de méditation pour notre foi : d’abord, la Bible nous révèle le Dieu Vivant, le Dieu qui est Vie, et source de la vie ; en second lieu, Jésus-Christ donne la vie, et l’Esprit-Saint nous maintient dans la vie ; troisièmement, suivre le chemin de Dieu conduit à la vie, tandis que suivre les idoles conduit à la mort. »

 

Que nous apprennent ces lectures sur le Dieu vivant, le Dieu source de toute vie ? Les lectures en évoquant la question du péché nous parlent en réalité de la vie et de la mort. Le péché en effet est le chemin qui conduit l’homme à  la mort. Chemin qui nous détourne de Dieu, de notre vocation initiale, des autres. Quel est le péché de David ? Il s’agit ici d’un adultère que le roi veut cacher. Pour parvenir à ces fins, David avait même dressé un plan pour qu’Urie, le mari soit tué lors d’un combat. Comme le fait remarquer le pape François, « La Bible nous montre le drame humain dans toute sa réalité, le bien et le mal, les passions, le péché et ses conséquences. Quand l’homme veut s’affirmer soi-même, s’enfermant dans son égoïsme et se mettant à la place de Dieu, il finit par semer la mort. L’adultère du roi David en est un exemple. Et l’égoïsme porte au mensonge, par lequel on cherche à tromper soi-même et le prochain. »  La racine du péché est bien mise en lumière. Il s’agit de l’homme qui tente de se mettre à la place de Dieu en définissant lui-même ce qui est bien, ce qui est mal. Il pense pouvoir se passer de Dieu. Quelles en sont les conséquences ? Eternellement les mêmes : l’égoïsme qui conduit au mensonge et à la violence, bref à la mort. Mais bien entendu, si l’homme peut par orgueil, par obscurcissement de  sa conscience et son endurcissement de cœur, se mentir à soi-même et aux autres, peut-il tromper Dieu ? « Mais Dieu, on ne peut le tromper, et nous avons entendu comment le prophète dit à David : tu as fait ce qui est mal aux yeux de Dieu (cf. 2S 12,9). Le roi est mis en face de ses œuvres de mort - en vérité ce qu’il a fait est une œuvre de mort, et non de vie -, il comprend et demande pardon : « J’ai péché contre le Seigneur ! » (v.13), et le Dieu miséricordieux qui veut la vie et qui toujours nous pardonne, lui pardonne, lui rend la vie» La Parole de Dieu nous éclaire toujours sur Dieu, sur l’homme… Quelle image avons-nous de Dieu ? Que nous enseignent ces textes sur Dieu ? « Peut-être nous apparaît-il comme un juge sévère, comme quelqu’un qui limite notre liberté de vivre. Mais toute l’Écriture nous rappelle que Dieu est le Vivant, celui qui donne la vie et indique le chemin de la vie en plénitude » Qui est Dieu en effet pour nous ? C’est une question que nous devons tous nous poser ? Le grand architecte qui s’est retiré du monde ? Un juge sévère qui punit ses créatures ? Un Dieu indifférent qui nous laisse à notre misère et notre souffrance ? Le saint père en piochant ici et là dans la Bible nous rappelle que Dieu est dans la Genèse la source de vie. Il l’est encore actuellement. Il ne s’est pas contenté de donner la vie aux premiers hommes ou de lancer la « machine » au commencement. A chaque instant, Il donne Vie, Il maintient la vie ; « et c’est son souffle qui soutient le chemin de son existence terrestre. » Il est aussi au cours de l’Exode, le Dieu qui « est » ( lors de l’épisode du buisson ardent), le Dieu qui agit dans l’histoire, le Dieu qui libère l’homme de l’esclavage et de la mort. C’est aussi le Dieu pédagogue, qui donne une loi sur le mont Sinaï pour que l’homme ne soit pas abandonner à son propre jugement mais puisse avoir des repères pour marcher dans les voies du Seigneur. La loi est signe de la libération : « Je pense aussi au don des Dix Commandements : une route que Dieu nous indique pour une vie vraiment libre, pour une vie pleine ; ils ne sont pas un hymne au « non » - tu ne dois pas faire ceci, tu ne dois pas faire cela, …. Non ! -. Ils sont un hymne au « oui » à Dieu, à l’Amour, à la vie. Chers amis, notre vie atteint sa plénitude seulement en Dieu, parce lui seul est le Vivant ! »


Le saint Père parvient ainsi à son deuxième point de méditation : c’est le Christ Jésus qui donne la vie. Il s’appuie essentiellement sur l’évangile qui est celui de la femme pécheresse. Cette femme qui s’introduit dans la maison où Jésus est invité pour le repas et qui va laver, parfumer et essuyer de ses cheveux les pieds de Jésus. Il s’agit de la prostituée identifiée par la suite à saint Marie Madeleine. Dans l’art, en effet, cette dernière est souvent représentée avec de longs cheveux détachés, un vase de parfum à la main ou à ses pieds et en larmes ( ne dit-on pas « pleurer comme une madeleine…). Que dire ? Jésus comme à son habitude ne rejette pas le pécheur. Il condamne le péché mais jamais le pécheur… Il se laisse approcher… et pardonne…C’est ce qui se passe dans le sacrement de la réconciliation. Le pécheur doit reconnaître ses fautes, les regretter et celles-ci lui seront remises. Dieu attend que l’homme revienne à Lui. Il redonne « vie ». Aucun cas désespéré pour Dieu !

« Jésus est l’incarnation du Dieu vivant, Celui qui porte la vie face à tant d’œuvres de mort, face au péché, à l’égoïsme, à la fermeture sur soi-même. Jésus accueille, aime, soulage, encourage, pardonne et donne d’une façon nouvelle la force de marcher, redonne vie. Dans tout l’évangile, nous voyons comment Jésus, par les gestes et les paroles, porte la vie de Dieu qui transforme. C’est l’expérience de la femme qui oint avec du parfum les pieds du Seigneur : elle se sent comprise, aimée, et répond par un geste d’amour, se laisse toucher par la miséricorde de Dieu et obtient le pardon, elle commence une nouvelle vie. » Croyons-nous réellement que Dieu est ce Dieu vivant, infiniment miséricordieux ? Sommes-nous prêts à nous laisser transformer par le Christ ? à commencer une nouvelle vie ? 

Vous me direz, la femme pécheresse avait la possibilité de rencontrer le Christ et nous ? Nous pouvons suivre l’exemple de Paul, convertit après la mort, la résurrection et l’Ascension de Jésus. Il a malgré l’absence apparente de Jésus fait l’expérience de la rencontre avec le ressuscité. Jésus continue à nous donner la vie. Comment ? Déjà par les sacrements, par le don de sa Parole mais plus fondamentalement par ce que Dieu nous a fait don de son Esprit Saint. « Et qui nous introduit dans cette vie ? L’Esprit Saint, don du Christ ressuscité. C’est Lui qui nous introduit dans la vie divine comme vrais fils de Dieu, comme fils dans le Fils Premier-né, Jésus Christ. Nous, sommes-nous ouverts à l’Esprit Saint ? Nous laissons-nous guider par lui ? Le chrétien est un homme spirituel, et cela ne signifie pas qu’il soit une personne qui vit "dans les nuages", hors de la réalité (comme si elle était un fantasme). Non ! Le chrétien est une personne qui pense et agit dans la vie quotidienne selon Dieu, une personne qui laisse sa vie être animée, nourrie par l’Esprit Saint pour qu’elle soit remplie, en véritable enfant ; et cela signifie réalisme et fécondité. Celui qui se laisse conduire par l’Esprit Saint est réaliste, il sait évaluer et apprécier la réalité, et il est aussi fécond : sa vie génère la vie autour de lui. » Nous n’avons peut-être pas l’habitude de prier et de nous laisser guider par l’Esprit Saint… C’est peut être le point à approfondir cet été ? L’esprit saint est une école de la réalité et du concret. Nous l’avons reçu au baptême et en plénitude avec ses 7 dons à la confirmation. En vivons-nous ? Nous ne sommes peut-être pas confirmés ? Est-ce que nous savons qu’il n’ y a pas d’âge pour recevoir la confirmation et la première communion ?

 

  Nous parvenons au troisième temps de cette homélie : le chemin de Dieu conduit à la vie, le chemin des idoles conduit à la mort. Laissons la parole au saint père : « Dieu est le Vivant, Il est le Miséricordieux ! Jésus nous porte la vie de Dieu, l’Esprit Saint nous introduit et nous maintient dans la relation vitale de vrais enfants de Dieu. Mais souvent - nous la savons par expérience -  l’homme ne choisit pas la vie, n’accueille pas l’"Évangile de la Vie", mais se laisse guider par des idéologies et des logiques qui mettent des obstacles à la vie, qui ne la respectent pas, parce qu’elles sont dictées par l’égoïsme, par l’intérêt, par le profit, par le pouvoir, par le plaisir et elles ne sont pas dictées par l’amour, par la recherche du bien de l’autre. C’est l’illusion constante de vouloir construire la cité de l’homme sans Dieu, sans la vie et l’amour de Dieu – une nouvelle Tour de Babel ; c’est penser que le refus de Dieu, du message du Christ, de l’Évangile de la vie conduit à la liberté, à la pleine réalisation de l’homme. Le résultat est qu’au Dieu vivant, on substitue des idoles humaines et passagères, qui offrent l’ivresse d’un moment de liberté, mais qui à la fin sont porteuses de nouveaux esclavages et de mort. La sagesse du Psalmiste dit : « Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard » (Ps 19,9). Rappelons-nous : Dieu, le Vivant, est miséricordieux ! Le Seigneur est le Vivant, il est miséricordieux «  Dieu est un Père aimant qui pardonne, Il nous entraîne forcément vers le Bien, le Bonheur et la liberté…Pourquoi se leurrer de la sorte et penser que l’on peut vivre sans Dieu. Drôle de logique ou de pari nous rappellerait Pascal ? 

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 16:41

J.png’ai pris un peu de retard dans mes notes ces dernières semaines, nous allons essayer de remédier à tout cela. Notre nouveau pape, le pape François, a décidé de continuer au cours des audiences du mercredi de poursuivre les catéchèses de l’année de la foi ouverte à l’automne dernier par Benoît XVI. Nous lirons aujourd’hui celle du 3 avril 2013.

En ce temps pascal (le temps de Pâques va du dimanche de Pâques jusqu’à l’Ascension de Jésus, 40 jours plus tard), il aborde le cœur de notre foi : la résurrection en partant de la formulation du credo : « Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures ». C’est précisément l’événement que nous célébrons : la Résurrection de Jésus, cœur du message chrétien, qui a retenti depuis le début et a été transmis afin qu’il parvienne jusqu’à nous. » L’affirmation de foi la plus fondamentale est en effet celle-ci : Jésus, le Christ est mort et est ressuscité. C’est, comme l’écrit le souverain pontife «  le cœur de notre espérance. » Ce n’est pas anodin de rappeler la radicalité de cette affirmation aujourd’hui… car paradoxalement, de nombreux chrétiens me confient souvent douter de la résurrection. La mort est-elle une fin ? ai-je plusieurs vies et est-ce que je tends à croire à la réincarnation ? Le Christ Jésus n’a-t-il pas vaincu nos péchés et la mort ? Car, ne l’oublions pas, si le Christ est ressuscité, c’est pour que nous aussi nous ressuscitions dans notre chair ! «  Malheureusement, souvent on a tenté d’obscurcir la foi dans la Résurrection de Jésus, et parmi les croyants eux-mêmes se sont insinués des doutes. C’est un peu une foi « à l’eau de rose » comme on dit ; ce n’est pas une foi forte. Et cela par superficialité, parfois par indifférence, occupés par mille choses que l’on considère plus importantes que la foi, ou encore en raison d’une vision uniquement horizontale de la vie. Mais c’est précisément la résurrection qui nous ouvre à l’espérance la plus grande, car elle ouvre notre vie et la vie du monde à l’avenir éternel de Dieu, au bonheur total, à la certitude que le mal, le péché, la mort peuvent être vaincus. Et cela conduit à vivre avec davantage de confiance les réalités quotidiennes, à les affronter avec courage et application. La Résurrection du Christ illumine d’une lumière nouvelle ces réalités quotidiennes. La Résurrection du Christ est notre force ! » Bref, nous ne pouvons faire abstraction de la résurrection… Toute la liturgie pascale confirme cette espérance. Nous croyons en un Dieu vivant, qui donne la vie pas un Dieu mort, anéanti par le mal et le péché. C’est un Dieu victorieux de la mort que nous adorons et qui nous aide à surmonter comme le dit bien François les difficultés quotidiennes, les épreuves en particulier celles du deuil. Profitons donc de ce temps pascal pour méditer et approfondir le mystère de la résurrection de Jésus. Tous les textes qui nous sont offerts dans la liturgie peuvent nous y aider.

Le pape continue ensuite en réfléchissant sur la manière dont cette «  vérité de foi » nous a été transmise. Il distingue deux types de témoignages : « certains sont sous la forme de profession de foi, c’est-à-dire de formules synthétiques qui indiquent le cœur de la foi ; d’autres en revanche sont sous la forme de récit de l’événement de la Résurrection et des faits qui y sont liés »

La première forme est par exemple présente dans les épîtres (= lettres) de Paul. Mais le pape s’attarde aujourd’hui sur la seconde des formes qui est présente dans les évangiles et qui sont de réels témoignages. Il nous rappelle à l’occasion que les premiers témoins furent des femmes, ce sont les apôtres des apôtres comme on aime à dire dans l’Eglise. Il s’agit alors soit de la constatation du tombeau vide soit de la rencontre avec un ange, messager de la résurrection… Le Christ n’est pas ici ! Contrairement à saint Thomas par exemple, les femmes croient. C’est une adhésion de foi immédiate qui a pour conséquence la joie et la volonté de transmettre la nouvelle : le Christ est vivant ! Il est ressuscité ! Alléluia ! : « Les femmes sont poussées par l’amour et elles savent accueillir cette annonce avec foi : elles croient, et immédiatement la transmettent, elles ne la gardent pas pour elles, elle la transmettent. La joie de savoir que Jésus est vivant, l’espérance qui remplit le cœur, ne peuvent pas être réprimées. Cela devrait également être le cas dans notre vie. Nous ressentons la joie d’être chrétiens ! Nous croyons dans un Ressuscité qui a vaincu le mal et la mort ! Nous avons le courage de « sortir » pour apporter cette joie et cette lumière dans tous les lieux de notre vie ! La Résurrection du Christ est notre plus grande certitude ; c’est le trésor le plus précieux ! Comment ne pas partager ce trésor, cette certitude, avec les autres? Elle n’est pas seulement là pour nous, mais pour la transmettre, pour la donner aux autres, la partager avec les autres. C’est précisément là notre témoignage. » Souvent, les enfants du catéchisme trouvent cela plus normal que les adultes que nous sommes, mais en effet, comment résister à l’envie, au désir de partager, de dire, d’annoncer une Bonne Nouvelle ? Ne sommes-nous pas parfois un peu frileux ?

Le saint père continue : « Dans les professions de foi du Nouveau Testament, seuls des hommes sont rappelés comme témoins de la Résurrection, les apôtres, mais pas les femmes. C’est parce que, selon la loi judaïque de cette époque, les femmes et les enfants ne pouvaient pas rendre un témoignage fiable, crédible. Dans les Évangiles, en revanche, les femmes ont un rôle primordial, fondamental. Nous pouvons ici saisir un élément en faveur de l’historicité de la Résurrection : s’il s’agissait d’un fait inventé, dans le contexte de cette époque, il n’aurait pas été lié au témoignage des femmes. En revanche, les évangélistes rapportent simplement ce qui s’est passé : ce sont les femmes qui sont les premiers témoins. Cela nous dit que Dieu ne choisit pas selon les critères humains : les premiers témoins de la naissance de Jésus sont les pasteurs, des personnes simples et humbles ; les premiers témoins de la Résurrection sont les femmes. Et cela est beau. » C’est l’occasion pour le saint père de rappeler que les femmes  ont sans doute ce rôle, cette mission privilégiée de transmettre cette bonne nouvelle de la résurrection en particulier aux enfants. En effet, la transmission de la foi ne se joue t’elle pas essentiellement dans la famille ? D’où cet appel : « Mères et femmes, allez de l’avant avec ce témoignage ! »

Cela  le conduit à une réflexion plus large sur le rôle des femmes dans l’Eglise sur ce chemin de foi : «  (…)en ouvrant les portes aux Seigneur, en le suivant et en communiquant sa Face, car le regard de la foi a toujours besoin du regard simple et profond de l’amour. Les apôtres et les disciples ont plus de difficultés à croire. Les femmes non. Pierre court au sépulcre, mais il s’arrête à la tombe vide ; Thomas doit toucher de ses mains les blessures du corps de Jésus. Dans notre chemin de foi aussi, il est important de savoir et de sentir que Dieu nous aime, de ne pas avoir peur de l’aimer : la foi se professe avec la bouche et avec le cœur, avec la parole et avec l’amour. »

 

            Enfin, c’est le Christ qui apparaît, qui se rend présent dans les autres récits. On le reconnaît à ses plaies mais il a un corps glorieux…  Et de fait, il mange mais semble traverser les murs et même si c’est bien lui, beaucoup ont du mal à la reconnaître aux premiers abords. Pensons aux disciples d’Emmaüs qui ne le reconnaissent qu’à la fraction du pain et qu’après avoir entendu sa Parole… Est-ce que nous croyons que Jésus est présent lorsque le prêtre rompt le pain alors que nous venons d’entendre sa Parole ? Est-ce que cette rencontre, nous transforme comme elle a transformé les premiers disciples ?

Savons-nous reconnaitre les « signes où le ressuscité se fait reconnaître » ? : « l’Écriture Sainte, l’Eucharistie, les autres sacrements, la charité, ces gestes d’amour qui portent un rayon du Ressuscité. Laissons-nous illuminer par la Résurrection du Christ, laissons-nous transformer par sa force, pour qu’à travers nous également, dans le monde, les signes de mort laissent place aux signes de vie »

Le pape lance alors un appel aux jeunes présents sur la place saint Pierre mais il nous concerne tous : « portez de l’avant cette certitude : le Seigneur est vivant et marche à nos côtés dans la vie. Telle est votre mission ! Portez de l’avant cette espérance. Soyez ancrés à cette espérance : cette ancre qui est dans le ciel ; tenez ferme la corde, soyez ancrés et portez de l’avant l’espérance. Vous, témoins de Jésus, portez de l’avant le témoignage que Jésus est vivant et cela nous donnera de l’espérance, donnera de l’espérance à ce monde un peu vieilli par les guerres, par le mal, par le péché. En avant les jeunes ! »

 

 

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 14:36

Croire dans la charité suscite la charité
« Nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est
parmi nous »
(1 Jn 4, 16)

 

 

 

V.pngoici le titre du message pour le Carême 2013 de Benoît XVI. Il nous propose en cette année de la foi de « méditer sur le rapport entre foi et charité : entre le fait de croire en Dieu, dans le Dieu de Jésus-Christ, et l’amour qui est le fruit de la l’action de l’Esprit Saint et qui nous guide sur le chemin de consécration à Dieu et aux autres. » Ce message comporte 4 parties :

·         La foi comme réponse à l'amour de Dieu.

·         La charité comme vie dans la foi

·         Le lien indissoluble entre foi et charité

·         Priorité de la foi, primat de la charité

 

Dans la première partie, le pape nous renvoie à son encyclique Deus caritas est où il avait déjà établi le lien fondamental entre les vertus théologales de la foi et de la charité à partir de l’affirmation johannique : « « Nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous » (1 Jn 4, 16). La foi chrétienne n’est pas déjà une philosophie, une éthique mais une rencontre avec une Personne.  Or, c’est Dieu qui a toujours l’initiative de cette rencontre, c’est Dieu qui nous aime en premier. Ainsi, le pape nous rappelle que l’amour n’est pas seulement un commandement mais « est la réponse au don de l'amour par lequel Dieu vient à notre rencontre »

Ainsi, qu’est-ce que la foi ? « La foi constitue l'adhésion personnelle – qui inclut toutes nos facultés – à la révélation de l'amour gratuit et « passionné » que Dieu a pour nous et qui se manifeste pleinement en Jésus Christ ; la rencontre avec Dieu Amour qui interpelle non seulement le cœur, mais également l'esprit: « La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement: l’amour n’est jamais "achevé" ni complet »

La foi est donc une rencontre avec le Christ qui suscite en nous l’amour, « en sorte que leur amour du prochain ne soit plus imposé pour ainsi dire de l’extérieur, mais qu’il soit une conséquence découlant de leur foi qui devient agissante dans l’amour »…

Ainsi : « Le chrétien est une personne conquise par l'amour du Christ et donc, mû par cette amour « caritas Christi urget nos » (2 Co 5, 14) –, il est ouvert de façon concrète et profonde à l'amour pour le prochain (cf. ibid., n. 33). Cette attitude naît avant tout de la conscience d'être aimés, pardonnés, et même servis par le Seigneur, qui se penche pour laver les pieds des Apôtres et s'offre lui-même sur la croix pour attirer l'humanité dans l'amour de Dieu. ».

Première réflexion, comment allons-nous vivre l’aumône en ce temps de Carême ? On comprend alors très bien que notre effort d’ « aumône » ne peut se désolidariser d’une vie de foi et de prière plus profonde… Le service et l’amour du prochain ne peuvent venir uniquement d’un « devoir extérieur. »

Benoît XVI aborde ensuite sa deuxième partie où il va montrer que la charité est la consistance même de la vie de foi, c’est la source mais aussi le fruit. Si la vie chrétienne est une réponse à l’appel, à l’amour de Dieu on comprend bien que cette réponse est déjà acte de foi.  C’est ce « fiat », ce « oui » qui nous fait entrer dans une histoire d’ « amitié » avec le Seigneur qui nous remplit de joie. C’est la première étape de la vie de foi. Mais, « Dieu ne se contente pas que nous accueillions son amour gratuit. Il ne se limite pas à nous aimer, mais il veut nous attirer à lui, nous transformer de manière profonde au point que nous puissions dire avec saint Paul: ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi (cf. Ga 2, 20). »

De ce fait, non seulement nous accueillons l’amour de Dieu, nous accueillons Dieu qui est Amour mais nous en grandissant dans la foi, nous devenons davantage « semblables » à Lui, nous « participons à sa charité même. »  Dieu demeure en nous pour paraphraser saint Jean.

Quel lien, quelle différence entre « foi » et « charité »? Et bien, « La foi, c’est connaître la vérité et y adhérer (cf. 1 Tm 2, 4); la charité, c’est « cheminer » dans la vérité (cf. Ep 4, 15). Avec la foi, on entre dans l’amitié avec le Seigneur; avec la charité, on vit et on cultive cette amitié (cf. Jn 15, 14s). »

Et le saint père continue ainsi : « La foi nous fait accueillir le commandement du Seigneur et Maître; la charité nous donne la béatitude de le mettre en pratique (cf. Jn 13, 13-17). Dans la foi, nous sommes engendrés comme fils de Dieu (cf. Jn 1, 12s); la charité nous fait persévérer concrètement dans la filiation divine en apportant le fruit de l’Esprit Saint (cf. Ga 5, 22). La foi nous fait reconnaître les dons que le Dieu bon et généreux nous confie; la charité les fait fructifier (cf. Mt 25, 14-30). »

 

Nous parvenons ainsi à la troisième partie  de ce message où le pape établit le lien indissoluble entre foi et charité.  On ne peut jamais les opposer même si au final la foi disparaîtra contrairement à la charité. Benoît XVI condamne alors deux attitudes, le fidéisme et l’activisme moral :

« En effet, d’un côté, l’attitude de celui qui place d’une manière aussi forte l’accent sur la priorité et le caractère décisif de la foi au point d’en sous-évaluer et de presque en mépriser les œuvres concrètes de la charité et de la réduire à un acte humanitaire générique, est limitante. Mais, de l’autre, il est tout aussi limitant de soutenir une suprématie exagérée de la charité et de son activité, en pensant que les œuvres remplacent la foi. »

Il serait bon aussi de s’interroger de ce qui distingue des mouvements de solidarité « laïcs » des mouvements « chrétiens ». Quelle dimension supplémentaire doit-on trouver ? Non une conversion systématique des personnes aidées mais bien dans l’attitude, la motivation profonde et la vie de foi des bénévoles ou permanents. Et à contrario de s’interroger sur les chrétiens qui se contentent d’avoir la foi, de « pratiquer » sans jamais que cela conduise à une œuvre concrète de charité.

Le saint père prend alors les figures bibliques de Marthe et Marie c’est-à-dire de l’action et de la contemplation. Ces deux figures doivent : « coexister et s’intégrer (…). La priorité va toujours au rapport avec Dieu et le vrai partage évangélique doit s’enraciner dans la foi. »

L'exemple de Marthe et Marie est intéressant... cela vaut sans doute la peine pendant ce Carême, de lire et méditer à nouveau cet évangile. Quelle place tient l'action dans ma vie? Quelle place tient la contemplation dans ma vie? est-ce que je prends la peine de me tenir aux pieds du Christ pour l'écouter? Est-ce que je sais "équilibrer" les deux. N'oublions pas que la solution se fait souvent dans la "mesure" alors qu'on peut reconnaître les oeuvres du mal à l'excès.

Une question surgit et elle a son importance, quelle différence entre la charité et la solidarité ou l’aide humanitaire ?  «Parfois, on tend en effet à circonscrire le terme de « charité » à la solidarité ou à la simple aide humanitaire. Il est important, en revanche, de rappeler que la plus grande œuvre de charité est justement l’évangélisation, c’est-à-dire le « service de la Parole ».  Il n’y a pas d’action plus bénéfique, et donc charitable, envers le prochain que rompre le pain de la Parole de Dieu, le faire participer de la Bonne Nouvelle de l’Évangile, l’introduire dans la relation avec Dieu: l’évangélisation est la promotion la plus élevée et la plus complète de la personne humaine.  (…) C’est la vérité originelle de l’amour de Dieu pour nous, vécue et annoncée, qui ouvre notre existence à accueillir cet amour et rend possible le développement intégral de l’humanité et de tout homme. »

Lorsqu’en paroisse, nous pensons nos actions de Carême, en particulier avec les enfants, est-ce que cela passe avant tout par la redécouverte de la Parole de Dieu et par l’approfondissement de la prière ? Est-ce que nous avons déjà envisagé les oeuvres de concrètes de charité comme "évangélisation"?

 

Nous voici au contenu fondamental de ce message : « En somme, tout part de l’Amour et tend à l’Amour. L’amour gratuit de Dieu nous est communiqué à travers l’annonce de l’Évangile. Si nous l’accueillons avec foi, nous recevons ce premier et indispensable contact avec le divin en mesure de nous faire « aimer l’Amour », pour ensuite demeurer et croître dans cet Amour et le communiquer avec joie aux autres. »

Le souverain pontife résume alors cela à partir d’une courte méditation d’Ephésiens 2, 8-10 et parvient ainsi au sens profond du Carême : « Le Carême nous invite précisément, avec les indications traditionnelles pour la vie chrétienne, à alimenter la foi à travers une écoute plus attentive et prolongée de la Parole de Dieu et la participation aux Sacrements, et, dans le même temps, à croître dans la charité, dans l’amour de Dieu et envers le prochain, également à travers les indications concrètes du jeûne, de la pénitence et de l’aumône. »

 

Nous voici à présent à la quatrième et dernière partie de cette petite catéchèse : « Comme tout don de Dieu, foi et charité reconduisent à l’action de l’unique et même Esprit Saint (cf. 1 Co 13), cet Esprit qui s’écrie en nous « Abbà ! Père » (Gal 4, 6), et qui nous fait dire: « Jésus est Seigneur » (1 Co 12, 3) et « Maranatha ! » (1 Co 16, 22; Ap 22, 20). »

Ce lien qui existe entre la foi et la charité nous rappelle le lien entre les deux sacrements d’initiation que sont le baptême (sacrement de la foi)  et l’eucharistie (sacrement de l’amour) : « Le Baptême (sacramentum fidei) précède l'Eucharistie (sacramentum caritatis), mais il est orienté vers celle-ci, qui constitue la plénitude du cheminement chrétien. De manière analogue, la foi précède la charité, mais se révèle authentique seulement si elle est couronnée par celle-ci. »

 

Le pape conclue : « Chers frères et sœurs, en ce temps de Carême, où nous nous préparons à célébrer l’événement de la Croix et de la Résurrection, dans lequel l'Amour de Dieu a racheté le monde et illuminé l’histoire, je vous souhaite à tous de vivre ce temps précieux en ravivant votre foi en Jésus Christ, pour entrer dans son parcours d’amour envers le Père et envers chaque frère et sœur que nous rencontrons dans notre vie. A cette fin j’élève ma prière à Dieu, tandis que j’invoque sur chacun et sur chaque communauté la Bénédiction du Seigneur! »

 

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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 14:24

N.pngous entrons aujourd’hui, mercredi des cendres, en Carême pour 40 jours. C’est un temps privilégié pour faire le point dans notre vie, en particulier spirituelle. C’est un temps d’ascèse ou encore de combat spirituel. Les textes du Nouveau Testament et ceux des pères aimaient recourir à l’image des athlètes, du stade. Le combat nécessite  préparation et exercices. Si nous luttons avec le Christ contre les forces du mal, il s’agit pour nous essentiellement de ce qu’on appelle une psychomachie c’est-à-dire du combat contre les vices par les vertus.

Je vous propose donc aujourd’hui, une petite lecture plus spirituelle. Il s’agir de la 5ème conférence de Jean Cassien. Ce texte est disponible aux éditions du Cerf, collection Sources Chrétiennes ou plus simplement sur le site des Vrai Chrétiens Orthodoxes, vous y trouverez une mine de textes des pères de l’Eglise ( St Jean Cassien, St Jean Climaque…).

            Qui est Jean Cassien ?  C’est un moine du IV et Vème siècle. On le situe entre 360 et 435. C’était un homme très cultivé, de bonne éducation qui maîtrisait totalement le grec et le latin, en particulier Virgile. Il apprend la vie monastique d’abord en Palestine à Bethléem puis se rend dans les monastères égyptiens. On sait qu’il s’est rendu à Rome pour voir le pape Innocent, qu’il rencontre le futur pape saint Léon puis prend la route pour Marseille où il fonde deux monastères. Il cherche à organiser le monachisme en occident  déjà établit à Lérins. C’est sur les conseils de l’évêque d’Apt, Castor, qu’il rédige ses Institutions et ses Conférences. Il inspirera fortement St Benoît. Dans ces textes, il traite particulièrement de la question des vices et du moyen pour le moine de les combattre.

            Quels sont ces vices ?  Les vices sont au nombre de 8 pour les pères. Ils ont été classés et analysés au départ par Evagre le Pontique et Cassien. Aujourd’hui, on les nommerait les  7 péchés capitaux. Voilà ce que nous en dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) au n° 1866 : « Les vices peuvent être rangés selon les vertus qu’ils contrarient, ou encore rattachés aux péchés capitaux que l’expérience chrétienne  a distingué à la suite de S. Jean Cassien et de S. Grégoire le Grand (in  moralia). Ils sont appelés capitaux parce qu’ils sont générateurs d’autres péchés, d’autres vices. Ce sont l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, l’impureté, la gourmandise, la paresse ou acédie. »

Il est donc bien nécessaire de comprendre les « péchés capitaux » non comme des péchés au sens stricto sensu mais comme des vices, des habitus mauvais ou si vous préférez comme des pensées mauvaises ou mêmes des mauvais esprits. Si ce sont les pères qui établissent les premières distinctions et classifications, les catalogues des vices sont déjà présents dans la tradition néo-testamentaire en particulier chez saint Paul. Hermas dont nous avons déjà parlé avaient déjà établit une première liste des vices en décrivant de manière très pertinente comment ils s’engendrent. Les vices sont de sortes de failles en nous qu’il nous faut connaître et guérir au risque de les voir s’élargir et de sombrer dans le péché. Les tentations, épreuve type de la vie spirituelle, se situent en général au niveau de ces failles. Malgré la grandeur et la dignité de l’homme, la nature humaine est blessée et la croissance spirituelle nécessite lutte et action de la grâce. Le but cependant n’est pas simple équilibre intérieur, développement personnel ou perfectionnement humain. Le but est bien de nous départir de cette pesanteur du mal qui nous englue pour parvenir à Dieu. Le but est l’union à Dieu.  Toute vie spirituelle  prend sa source dans la foi. C’est un progrès permanent, incessant… Voilà pourquoi le Carême revient aussi chaque année ! St Augustin écrivait même que celui qui ne progresse pas, tombe pour ne pas dire régresse. Le Carême est donc bien ce temps privilégié pour nous « réveiller » et nous remettre en route… Il s’agit de gravir la montagne des béatitudes (vertus) pour parvenir à Dieu, à la vision de Dieu : « Heureux ! Ils verront Dieu ! »

            Pourquoi 8 vices ? Pourquoi 7 péchés capitaux ?  Les pères ont plutôt opté pour le nombre 8. En fait, cela correspond aussi à toute une symbolique. Le 7 nous fait penser aux 7 sacrements, aux 7 dons de l’Esprit, aux 7 demandes du Pater, aux 7 béatitudes selon saint Augustin qui justement sont contrariés par 7 vices. Cassien explique le  choix du chiffre 8 à partir de la Bible. C’est au numéro 16 de sa 5eme Conférence : «  Ces vices sont figurés par les sept peuples dont Dieu promit de donner les terres aux enfants d’Israël, lorsqu’ils sortirent d’Egypte. » et au numéro 18 : «  Tout le monde s’accorde à dire qu’il à huit vices principaux qui attaquent les moines. Si l’Ecriture ne nomme pas toutes les nations qui les figuraient, c’est que Moïse, ou plutôt Dieu par Moïse, parle dans le Deutéronome, aux Israélites, qui étaient déjà délivrés d’une nation puissante, c’est-à-dire des égyptiens. ». 8 vices donc  (et même au n° 22, Cassien dit que l’on pourrait ajouter deux vices, l’idolâtrie et le blasphème, en prenant alors comme référence les 10 peuples dont il est question avec Abraham) qui sont a chassé de notre cœur : «  Chaque vice a dans notre cœur une place particulière et pour mieux s’établir à l’intérieur de notre âme, il en chasse Israël, c’est-à-dire les contemplations des choses saintes, et il ne cesse pas de lui faire la guerre. Les vertus ne peuvent s’accorder avec les vertus. »  (n°23)

Ces vices en réalité engendrent une multitude d’autres vices.  Mais ici, il s’agit des  8 vices principaux   qui sont à la cause de tous les autres.  Cassien montre au n°16 comment ces « péchés capitaux » engendrent les autres, comment ils sont à la racine des tous les autres maux qui nous assaillent et nous habitent : « De la gourmandise naissent les excès de la table et de l’ivrognerie ; de l’impureté, les paroles déshonnêtes, les bouffonneries, les railleries et les impertinences ;  de l’avarice, le mensonge, la fraude, le vol, le parjure, le désir des profits honteux, les faux témoignages, la violence, l’inhumanité et les rapines ; de la colère, l’homicide, les cris de l’indignation ;  de la tristesse, la rancune, la faiblesse, le chagrin, le désespoir ;  de la paresse, l’oisiveté, la somnolence, l’ennui, l’inquiétude, le vagabondage, l’instabilité du corps et de l’esprit, le bavardage et la curiosité ; de la vaine gloire, les disputes, les hérésies, la jactance, l’amour des nouveautés ;  de l’orgueil, les mépris, l’envie, les désobéissances, les blasphèmes, les murmures et les médisances. »

            Il s’agit avant tout de connaître les vices, de comprendre leurs mécanismes pour mieux les combattre.  Au début de tout chemin spirituel, il y a la vertu d’humilité, sans doute parce que nous avons chutés par orgueil.  C’est la première des béatitudes, la pauvreté de cœur. L’humilité est lucidité ( le démon n’est-il pas le mère du mensonge ?), clairvoyance… C’est un regard vrai poser sur soi-même. Nous ne sommes pas en effet affectés par tous les vices de la terre. Il nous faut déjà apprendre à nous connaître mais uniquement à la manière de Socrate. C’est se regarder en vérité devant Dieu, devant le Christ qui est lumière et vérité. C’est parvenir à répondre à la question que Dieu pose à Adam après la chute : « Où es-tu ? ». En effet, où en sommes –nous ? Où voulons-nous aller ?  Souvent, nous avons l’impression qu’il est inutile d’aller nous confesser car nous « confessons » toujours les mêmes fautes…. Et bien, n’est pas révélateur de la « faille » qui nous habite ? Quel vice se cache derrière ce continuel péché ? Le déceler c’est parvenir à le combattre. Voilà ce qu’écrit Cassien au n°13 et 14 : « Tous les vices tourmentent les hommes, mais non pas de la même manière. Dans les uns, c’est l’impureté qui tient le premier rang ; dans les autres, c’est la colère qui domine. La vaine gloire tyrannise ceux-ci, tandis que ceux-là sont esclaves de l’orgueil ; tous sont exposés aux attaques de toutes les passions, mais chacun à sa maladie particulière.

Dans les combats que nous avons à livrer à ces vices, il faut examiner celui qui nous est le plus redoutable, et diriger contre lui toute notre attention, tous nos efforts. C’est vers cet ennemi qu’il faut lancer, comme des traits, nos jeûnes de chaque jour, nos soupirs, nos gémissements, nos vertus, nos méditations, adressant à Dieu nos prières et nos larmes, afin d’en obtenir la paix et la victoire (….) Lorsqu’on est délivré d’une passion, il faut chercher de nouveau dans les secrets de son cœur celle qui nous tourmente davantage, et diriger contre elle toutes les armes de notre âme, c’est en surmontant toujours les plus fortes, que nous triompherons plus facilement des autres, car l’âme se fortifie par cette suite de victoires, et les vices plus faibles cèdent au moindre combat. »

En ce début de Carême, il s’agit donc de se rendre dans notre chambre ( notre cœur, notre âme) et sous le regard de Dieu d’oser se regarder en vérité. Nous y découvrirons nos principaux vices mais aussi nos « talents » sur lesquels nous pourrons nous appuyer pour vaincre. Une fois connu, il sera plus facile de choisir nos efforts de Carême : jeûne, aumône et prière en fonction du vice à combattre. En s’attaquant au vice, nous cherchons à nous attaquer à la racine pour être certain de vaincre le péché qui en découle. Cassien utilise deux images pour expliquer cela, au n° 10 : « Le plus facile moyen de faire mourir et sécher un grand arbre dont l’ombrage est nuisible, c’est d’en découvrir et d’en découper les racines qui le supportent ; et pour arrêter l’eau qui désole une campagne, il faut en boucher la source et les ruisseaux. »

« Ainsi, pour vaincre la paresse, il faut surmonter le tristesse ; pour bannir la tristesse, il faut chasser la colère ; pour bannir la colère, il faut étouffer l’avarice ; pour arracher l’avarice, il faut comprimer l’impureté ; pour détruire l’impureté, il faut chasser l’intempérance. »

Cassien décrit aussi avec beaucoup de psychologie et de pertinence les différents vices en montrant par exemple qu’il existe trois sortes de gourmandise, celle qui consiste à se hâter et à manger avant l’heure fixée, la seconde à manger avec excès et à se plaire dans la quantité de plats et enfin à désirer et rechercher mets et plats délicats. Je vous conseille de lire ces §, ils sont très instructifs.

Retenons surtout que pour combattre les vices, il nous faut déjà les connaître, les débusquer. Que ce combat nécessite nos efforts mais surtout l’aide et la grâce de Dieu. Nous pouvons les vaincre par la prière, le jeûne, la méditation de la Parole de Dieu, le chant des psaumes… En sachant surtout que le principe de base doit rester la charité.  Nous devons aussi faire croître en nous les vertus qui elles aussi progressent. Terminons sur cet extrait du n°23 : « Mais lorsque Israël, c’est-à-dire les vertus, ont triomphé des vices qui leur sont contraires, elles occupent les terres. La chasteté remplace dans notre cœur l’impureté ; la patience dissipe la colère ; une joie salutaire et parfaite chasse la tristesse qui causai t la mort, et l’humilité relève ce qu’avait abattu l’orgueil. Ces vertus méritent  bien d’être appelées les enfants d’Israël, c’est-à-dire nos âmes qui voient Dieu. »

 

BON CAREME !

 

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 11:50

D.pngans le cadre de ces audiences du mercredi autour de l'année de la foi, le pape aborde aujourd'hui le mystère du Christ. Il s'appuie sur une affirmation du Concile Vatican II en Dei Verbum, Jésus Christ compros comme "médiateur et plénitude de toute la Révélation." Si vous n'avez jamais lu les textes concilaires en cette année anniversaire et en cette année de la foi, cela peut être une bonne idée. Si Gaudium et Spes est un peu un incontournable, la constitution dogmatique Dei Verbum est aussi passionnante.

 

 Dans un premier temps, Benoit XVI nous rappelle que Dieu, après la chute, n'a de cesse de proposer une alliance avec l'homme. Dans l'Ancien Testament, cette alliance passe d'abord par le choix d'un peuple, le peuple hébreu. A ce peuple, il choisit de se révélé et de faire alliance à travers une série de promesses. Dans ce peuple, des hommes sont aussi choisis ou si vous voulez "élus". Il relève que cette élection est mystérieuse mais qu'elle est toujours faite pour les autres, pour l 'élection des autres et non pour exclure tous ceux qui ne seraient pas choisis: "Il se sert de médiateurs, comme Moïse, les Prophètes, les Juges, qui communiquent au peuple sa volonté, rappellent l’exigence de fidélité à l’alliance et maintiennent élevée l’attente de la réalisation pleine et définitive des promesses divines" Dans le mystère de l'Incarnation, à Noël, c'est l'accomplissement de ces promesses que nous pouvons contempler. A noël la Révélation est pleine et entière dans le mystère du Verbe fait chair: "la Révélation de Dieu parvient à son sommet, à sa plénitude. En Jésus de Nazareth, Dieu visite réellement son peuple, visite l’humanité d’une façon qui va au-delà de toute attente : il envoie son Fils unique ; Dieu lui-même se fait homme. Jésus ne nous dit pas quelque chose de Dieu, il ne parle pas simplement du Père, mais il est révélation de Dieu, parce qu’il est Dieu, et il nous révèle ainsi le visage de Dieu"  

Le saint père en vient ainsi à parler de "ce visage de Dieu". Il évoque pour cela un passage chez Jean, au chapitre XIV où l'apôtre Philippe exprime le désir profond de tout homme " voir Dieu". La réponse de Jésus est capitale, elle est le coeur de notre foi: " Qui m'a vu a vu le Père". Jésus n'est pas un simple prophète, il n'est pas le dernier des prophètes qui enseigne quelque chose sur Dieu, Il est DIEU! Folie pour les grecs, scandale pour les juifs pour paraphraser saint Paul qui utilise cette expression pour parler lui de la croix. 

" Dans cette expression est contenue de façon synthétique la nouveauté du Nouveau Testament, la nouveauté qui est apparue dans la grotte de Bethléem : il est possible de voir Dieu, Dieu a montré son visage, il est visible en Jésus Christ."  Notez alors que nous pouvons continuer à voir Dieu dans l'eucharistie puisque l'hostie consacrée est le corps du Christ ( c'est la présence réelle et substantielle du Christ contrairement à l'assemblée des chrétiens et à la Parole de Dieu qui ne sont que présence réellle.)

 

C'était un chant d'église autrefois: " Je cherche le visage du Seigneur"... Il exprime la quête profonde qui habite l'humanité, ce désir qui habite le coeur de tout homme, la recherche de Dieu, du bonheur (selon la façon dont on l'exprime). C'est pour le croyant, le désir de voir Dieu tel qu'il est... chose impossible: on ne peut saisir entièrement le mystère de Dieu ( on ne peut dire son nom dans le judaïsme, un des 100 attributs de Dieu reste inconnu dans l'islam), on ne peut le représenter sans risque d'idôlatrie, d'anthropomorphisme... On ne peut réduire comme l'écrit Benoit XVI, Dieu a un objet et pourant tout l'Ancien Testament parle de ce désir de connaître et de voir le visage de Dieu: "on affirme que Dieu a un visage, c’est-à-dire un « Toi » qui peut entrer en relation, qui n’est pas prisonnier de son Ciel à regarder l’humanité d’en haut. Dieu est certainement au delà de toute chose, mais il s’adresse à nous, il nous écoute, il nous voit, il parle, il établit une alliance, il est capable d’aimer. L’histoire du salut est l’histoire de Dieu avec l’humanité, c’est l’histoire de ce rapport de Dieu qui se révèle progressivement à l’homme, qui se révèle lui-même, qui révèle son visage."

 

"La splendeur du visage divin est la source de la vie, elle est ce qui permet de voir la réalité; la lumière de son visage est le guide de la vie." Comment alors ne pas évoquer  la figure de Moïse, celui qui dialogue avec Dieu, qui lui parle "face à face" et qui pourtant ne peut voir le visage de Dieu car on ne peut voir son visage sans mourir... "D’un côté, alors, il y a le dialogue face à face comme entre amis, mais de l’autre il y a l’impossibilité, dans cette vie, de voir le visage de Dieu, qui reste caché ; la vision est limitée. Les Pères disent que ces paroles, « tu ne peux me voir que de dos », veulent dire : tu ne peux que suivre le Christ et en le suivant tu vois depuis son dos le mystère de Dieu ; on peut suivre Dieu en le voyant de dos." 

 

Et voilà que Dieu surgit dans l'histoire ( sous Ponce Pilate) et que Dieu prend corps dans l'Incarnation. Nouveauté radicale à tel point que notre calendrier a été modifié, ne sommes nous pas en 2013 après Jésus qui est Christ c'est-à-dire le Sauveur, l'Oint, le Messie. Je suis étonnée que nos gouvernements "laïcistes" n'ont pas encore transformé ce "Jésus-Christ" qui est une affirmation de foi en un simple "Jésus" ou "Jésus, fils de Joseph"...

"La recherche du visage de Dieu connaît un tournant inimaginable, parce que ce visage peut à présent être vu : c’est celui de Jésus, du Fils de Dieu qui se fait homme. En lui trouve son accomplissement le chemin de révélation de Dieu entamé avec l’appel d’Abraham, Lui est la plénitude de cette révélation parce qu’il est le Fils de Dieu, il est à la fois « le Médiateur et la plénitude de toute la Révélation »Jésus nous montre le visage de Dieu et nous fait connaître le nom de Dieu. Dans la Prière sacerdotale, lors de la Dernière Cène, Il dit au Père : « J’ai fait connaître ton nom aux hommes… Je leur ai fait connaître ton nom » (cf. Jn 17, 6.26). L’expression « nom de Dieu » signifie Dieu comme Celui qui est présent parmi les hommes. À Moïse, auprès du buisson ardent, Dieu avait révélé son nom, c’est-à-dire qu’il s’était rendu invocable, il avait donné un signe concret de son « être là » parmi les hommes. Tout cela trouve en Jésus un accomplissement et une plénitude: Il inaugure d’une manière nouvelle la présence de Dieu dans l’histoire parce que celui qui le voit Lui, voit le Père, comme il dit à Philippe (cf. Jn 14, 9)." 

Le saint Père conclue en ces termes, je recopie ses paroles et les laisse à votre méditation: "

Le désir de connaître réellement Dieu, c’est-à-dire de voir le visage de Dieu est présent en chaque homme, même chez les athées. (...) Mais ce désir se réalise en suivant le Christ, ainsi nous le voyons de dos et nous voyons enfin Dieu également comme un ami, son visage dans le visage du Christ. L’important est que nous suivions le Christ non seulement au moment où nous en avons besoin et quand nous trouvons du temps dans nos occupations quotidiennes, mais dans notre vie en tant que telle. Toute notre existence doit être orientée vers la rencontre avec Jésus Christ, vers l’amour envers Lui ; et, dans celle-ci, l’amour pour notre prochain doit aussi occuper une place centrale, cet amour qui, à la lumière du Crucifié, nous fait reconnaître le visage de Jésus chez le pauvre, celui qui est faible, qui souffre. Cela n’est possible que si le véritable visage de Jésus nous est devenu familier dans l’écoute de sa Parole, dans le dialogue intérieur, dans la pénétration de cette Parole de manière à le rencontrer réellement, et naturellement dans le Mystère de l’Eucharistie. Dans l’Évangile de saint Luc est significatif le passage des deux disciples d’Emmaüs, qui reconnaissent Jésus dans la fraction du pain, mais préparés par le chemin avec Lui, préparés par l’invitation qu’ils Lui ont adressée de demeurer avec eux, préparés par le dialogue qui a fait brûler leur cœur ; ainsi, à la fin, ils voient Jésus. Pour nous aussi l’Eucharistie est la grande école où nous apprenons à voir le visage de Dieu, où nous entrons en relation intime avec Lui ; et nous apprenons dans le même temps à tourner notre regard vers le moment final de l’histoire, quand Il nous rassasiera de la lumière de son visage. Sur la terre, nous marchons vers cette plénitude, dans l’attente joyeuse que s’accomplisse réellement le Royaume de Dieu. Merci."

Voici le coeur de notre foi: croire que Jésus est le verbe fait chair, qu'Il est Dieu, se nourrir de la Parole de Dieu et de l'Eucharistie qui nous ouvrent au service du prochain.

 

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 15:55

L.png'Evangile de ce jour nous dévoile la figure de Jean dit le Baptiste, le cousin de Jésus, fils de Zacharie et d'Elisabeth. Il est souvent représenté dans l'art le doigt levé en train de désigner l'Agneau de Dieu, le messie, Christ en grec c'est-à-dire Jésus. Il serait bon de relire les textes bibliques autour du dernier des prophètes: l'annonce à Zacharie, la naissance de Jean et le beau cantique de Zacharie que nous chantons tous les matins aux Laudes, la Visitation, le baptême de Jésus.etc.  Nous avons beaucoup à apprendre de ce grand saint dont la grâce propre est de donner les joies spirituelles. Ce dimanche, c'est la voix du précurseur qui retentit dans le désert: " A travers le désert, une voix crie: Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies; et tout homme verra le salut."

Pour mieux connaître ce grand saint, je vous propose de lire avec vous le chapitre que lui consacre Jean Daniélou dans son ouvrage Le Mystère de l'Avent ( ed. du Seuil). Il en parle après Abraham et Melchisédech pour montrer que Jean vient conclure une longue et lente préparation. Dieu est un pédagogue patient au cours de l'histoire du salut : " comme celui qui précède immédiatement la venue du Seigneur et en qui l'humnaité le rencontre. Les autres ont décrit le Seigneur qui allait venir; lui a montré le Seigneur présent aux Juifs, en leur disant: "Voici l'Agneau de Dieu" Ecce."

L'auteur ensuite part de trois faits marquants de sa vie.

    Le premier est le fait que dès sa naissance, et même avant, Jean a été choisi, consacré par Dieu. Il est mis à part pour servir Dieu mais surtout pour goûter la joie de Dieu. C'est ce qui se passe à la Visitation lorsque Jean dans le sein d'Elisabeth tressaille de joie: il exulte écrit Daniélou: " (...) comme étant celui qui s'est réservé pour la joie unique d'entendre la Voix du Seigneur. Il n'a pas voulu d'autres joies; il n'a pas voulu être consolé par autre chose. Il n'a vécu que pour cette joie. C'est cette joie qui l'a sasi dès avant sa naissance."

    Le deuxième temps important est celui du désert. Au cours de ce temps de désert, il expérimente la joie, l'Amour de Dieu et le combat spirituel: " Or l'enfant croissait et se fortifiait en esprit et il demeura dans le désert jusqu'au jour de sa manifestation devant Israël." C'est le désert comme lieu de rencontre avec Dieu et l'Esprit Saint; comme lieu du silence "de tout ce qui n'est pas Dieu.": "(...) où Dieu est comme tout proche, parce que, précisément, nos regards s'attardent moins sur les créatures!... C'est lui où, au IVe siècle, se sont enfoncés ceux qu'on appelle les Pères du désert. (...) Antoine, un égyptien, (...) s'est enfoncé le premier dans le désert pour y trouver une solitude plus grande avec Dieu, pour y vivre le combat spirituel dans toute son intensité, car si le désert est le lieu où Dieu est présent, c'est aussi celui de la tentation de Jésus et de la tentation d'Antoine, où loin des luttes humaines, le combat spirituel entre le Christ et Satan pour l'âme des hommes se fait plus intense." Jean sera donc le premier à se rendre au désert pour une victoire de l'Amour, une joie renouvellée d'être en présence de Dieu. L'Avent tout comme le Carême est notre désert. N'oublions pas en effet que les 4 semaines qui nous sont offertes sont des semaines de conversion et de pénitence. Pénitence qui n'est pas moritifcation mortifère mais joie intérieure. C'est un temps de désert c'est-à-dire un temps pour nous recentrer sur Dieu, un temps pour nous laisser habiter et saisir par l'Esprit Saint. cela doit être tout comme pour le Baptiste l'expérience de la véritable joie.

    Le troisième temps est celui du témoignage. Jean est le prophète qui désigne le Christ qui témoigne de l'Amour de Dieu: " Il y eut un homme envoyé de Dieu dont le nom était Jean. Il vint comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous crussent par lui. Il n'était pas  lui-même la Lumière, mais il devait rendre témoignage à la Lumière." Nous avons ici décrit le rôle de tout baptisé: être un témoi, un passeur de foi. La foi est un don de Dieu et nous ne pouvons ( et ne devons!) convertir les autres. En revanche, nous devons montrer, désigner le Christ: le chemin, la vérité, la lumière, la vie...  Jean prépare les coeurs à l'enseignement du Christ à la veille de sa vie publique. Il "dégrossit" les âmes. Nous aussi nous devons évangéliser à sa manière.

Son enseignement centré sur le Christ, l'Agneau de Dieu est une invitation à retourner à l'essentiel et à nous recentrer sur Dieu. C'est un questionnement quotidien: quelle place tient le Seigneur dans ma vie?  Jean est celui qui secoue le monde dans son indifférence: " Il faut des prophètes, c'est-à-dire des hommes qui soient intérieurement saisis par cette vision divine des choses et qui puissent secouer les hommes dans leur inertie et être vraiment des "témoins".Or le témoin est celui qui, intérieurement d'abord, a vu les choses de Dieu, que Dieu a introduit dans la vision des choses qui est la sienne, de manière à la faire passer parmi les hommes. Ainsi, de Jean Baptiste. Dieu s'abord l'a introduit danns le mystère de son dessein, dans le mystère de ses plans, l'a retiré au désert pour l'unir à sa joie! Et maintenant- et c'est l"'essentiel- il est le "témoin", c'est-à-dire celui qui montre le Christ aux hommes."

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 15:23

N.png ous fêtons aujourd'hui saint Ambroise, évêque de Milan. Véritable pasteur, il a beaucoup oeuvré pour catéchiser son peuple. Il est connu pour avoit été le guide de Saint Augustin qui deviendra évêque d'Hippone.

 

Le pape Benoît XVI lui consacre une catéchèse lors de l'audience générale du 24 octobre 2007 qu'il débute en racontant la mort du saint évêque le vendredi saint 397 alors qu'il venait de recevoir le corps du Christ.

 

Issu d'une famille chrétienne, il fait ses études (rhétorique et juridique) à Rome et embrasse la carrière civile. Il deviendra un haut magistrat de l'Empire. Aux alentours de 470, il n'est que catéchumène (c'est-à-dire qu'il se prépare au baptême) et n'est pas spécialement tourné vers les pieuses études. Mais, il va se plonger dans le mystère des Ecritures en particulier par l'intermédiaire d'Origène ( grand maître et didascale de l'école d'Alexandrie). Ambroise est ainsi un des premiers à introduire la pratique de la méditation des textes saints en Occident. La pratique de la lectio divina en quelque sorte voit le jour en Europe occidentale. C'est cette pratique fréquente et profonde des Ecritures qui vont alors guider toutes les prédications et autres enseignements de l'évêque. Il s'agit d'une lecture priée de la Bible pour paraphraser Benoît XVI: "Un célèbre préambule d'une catéchèse ambrosienne montre de façon remarquable comment le saint Evêque appliquait l'Ancien Testament à la vie chrétienne:  "Lorsque nous lisions les histoires des Patriarches et les maximes des Proverbes, nous parlions chaque jour de morale - dit l'Evêque de Milan à ses catéchumènes et à ses néophytes - afin que, formés et instruits par ceux-ci, vous vous habituiez à entrer dans la vie des Pères et à suivre le chemin de l'obéissance aux préceptes divins" (Les mystères, 1, 1). En d'autres termes, les néophytes et les catéchumènes, selon l'Evêque, après avoir appris l'art de bien vivre, pouvaient désormais se considérer préparés aux grands mystères du Christ. Ainsi, la prédication d'Ambroise - qui représente le noyau fondamental de son immense œuvre littéraire - part de la lecture des Livres saints ("les Patriarches", c'est-à-dire les Livres historiques, et "les Proverbes", c'est-à-dire les Livres sapientiels), pour vivre conformément à la Révélation divine."

Saint Ambroise en plus d'être un prédicateur hors norme est avant tout un exemple. Saint Augustin encore jeune et en recherche venait l'écouter au départ pour ses talents d'orateur: " j'écoutais de toutes mes oreilles ses discours au peuple, mais dans une intention autre que je n'aurai dû: comme aux aguets pour voir si son talent de parole était au niveau de sa réputation". Finalement, c'est véritablement la vie exemplaire d'Ambroise qui touche le coeur d'Augustin "jeune rhéteur africain, sceptique et désespéré".  C'est l'Eglise de Milan toute entière qui est embraser par le témoignage et les homélies de leur évêque.

L'Eglise actuelle s'enracine dans cet exemple puisque comme le rappelle le pape, les prêtres, évêques et diacres se nourrissent quotidiennement de la Parole de Dieu: lectures de la messe, liturgie des heures, lectio divina... Il cite pour cela le Concile Vatican II, Dei verbum: "tous les clercs, en premier lieu les prêtres du Christ, et tous ceux qui vaquent normalement, comme diacres ou comme catéchistes, au ministère de la Parole, doivent, par une lecture spirituelle assidue et par une étude approfondie, s'attacher aux Ecritures, de peur que l'un d'eux ne devienne "un vain prédicateur de la Parole de Dieu au-dehors, lui qui ne l'écouterait pas au-dedans de lui" Mais en réalité, même les laïcs qui enseignent, catéchisent doivent avoir le souci de se laisser pétrir par la Parole. Une catéchiste même d'éveil à la foi doit avoir plus le souci d'avoir médité le texte à transmettre aux enfants que du bricolage qui va clôturer sa séance. Le contenu de tout enseignement, de toute homélie, de toute catéchèse doit être l'Ecriture. Parrains, marraines, avez-vous déjà offert une Bible à vos filleuls? Vous qui préparez un sacrement, avez vous une Bible chez vous? Voilà une belle idée de cadeau de Noël. Pour ceux qui ne pourraient s'en acheter une, n'hésitez pas à lire en ligne la lecture du jour ou la Bible même (Bible de la liturgie).

Enfin le pape termine en rappelant que enseignement et exemple de vie ne peuvent être séparés. Il faut passer d'une foi professée à une foi vécue. Voici le réel avancement de la vie spirituelle et l'objet de notre conversion quotidienne: une unité entre notre foi et notre action, entre vie spirituel et agir moral: "la catéchèse est inséparable du témoignage de la vie. Ce que j'ai écrit dans l'Introduction au christianisme, à propos du théologien, peut aussi servir pour le catéchiste. Celui qui éduque à la foi ne peut pas risquer d'apparaître comme une sorte de clown, qui récite un rôle "par profession". Il doit plutôt être - pour reprendre une image chère à Origène, écrivain particulièrement apprécié par Ambroise - comme le disciple bien-aimé, qui a posé sa tête sur le cœur du Maître, et qui a appris là la façon de penser, de parler, d'agir. Pour finir, le véritable disciple est celui qui annonce l'Evangile de la manière la plus crédible et efficace."  Nous sommes au coeur du message de l'Année de la foi: être des témoins joyeux et crédibles!

Finissons avec les mots du saint Père: "Comme l'Apôtre Jean, l'Evêque Ambroise - qui ne se lassait jamais de répéter:  "Omnia Christus est nobis!; le Christ est tout pour nous!" - demeure un authentique témoin du Seigneur. Avec ses paroles, pleines d'amour pour Jésus, nous concluons ainsi notre catéchèse:  "Omnia Christus est nobis! Si tu veux guérir une blessure, il est le médecin; si la fièvre te brûle, il est la source; si tu es opprimé par l'iniquité, il est la justice; si tu as besoin d'aide, il est la force; si tu crains la mort, il est la vie; si tu désires le ciel, il est le chemin; si tu es dans les ténèbres, il est la lumière... Goûtez et voyez comme le Seigneur est bon:  bienheureux l'homme qui espère en lui!" (De virginitate, 16, 99). Plaçons nous aussi notre espérance dans le Christ. Nous serons ainsi bienheureux et nous vivrons en paix."

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 13:53

« L.pnga question centrale que nous nous posons aujourd’hui est la suivante : comment parler de Dieu à notre époque ? Comment transmettre l’Évangile, pour ouvrir la route à la vérité salvifique dans les cœurs souvent fermés de nos contemporains et dans leurs esprits parfois distraits par les nombreux phares éblouissants de notre société ? »

 

Cette question en soulève beaucoup d’autres en réalité. Est-il possible en premier lieu de parler de Dieu ? S’il est Dieu, mystère, infini, tout puissant, dépassant la raison humaine, est ce qu’un discours humain est possible sur l’infiniment Autre ? Benoît XVI nous rappelle que oui, on peut parler de Dieu «  parce qu’Il parlé avec nous. » Dieu fondamentalement a l’initiative et c’est Lui qui se révèle. C’est donc le premier des commandements «  Shema », c’est-à-dire « écoute ». Dieu nous parle, se révèle, nous dit qui Il est,  mettons-nous à son écoute… : « Dieu n’est pas une hypothèse lointaine sur l’origine du monde ; ce n’est pas une intelligence mathématique très éloignée de nous. Dieu s’intéresse à nous, nous aime, est entré personnellement dans la réalité de notre histoire, il s’est communiqué lui-même jusqu’à s’incarner. Donc, Dieu est une réalité de notre vie, il est si grand qu’il a aussi du temps pour nous, il s’occupe de nous. »

Evidement, le mystère de l’Incarnation revêt une importance fondamentale dans la mesure où Dieu se révèle d’une façon unique à l’homme. Il nous envoie son Fils, le Verbe se fait chair, Il habite parmi nous, « En Jésus de Nazareth nous rencontrons le visage de Dieu, qui est descendu de son Ciel pour se plonger dans le monde des hommes, dans notre monde, et enseigner « l’art de vivre », le chemin du bonheur; pour nous libérer du péché et faire de nous les enfants de Dieu (cf. Ep 1, 5 ; Rm 8, 14). Jésus est venu pour nous sauver et nous montrer la vie bonne de l’Évangile. »

 

Ensuite, il s’agit de savoir de qui parlons-nous ? Quel Dieu annonçons-nous ? « non pas un Dieu abstrait, une hypothèse, mais un Dieu concret, un Dieu qui existe, qui est entré dans l’histoire et qui est présent dans l’histoire ; le Dieu de Jésus Christ comme réponse à la question fondamentale du pourquoi et du comment vivre. »

Cela doit nous conduire à mieux connaître Dieu, « parler de Dieu exige une familiarité avec Jésus et son Évangile, suppose notre connaissance personnelle et réelle de Dieu ». Prenons-nous le temps d’approfondir notre relation à Dieu, notre connaissance de Dieu par la prière, la lecture de la Bible, la catéchèse ( oui, oui le catéchisme n’est pas seulement réservé aux enfants…)

 

Comment parler de Dieu ?  Le pape dit qu’il nous suffit de suivre  la méthode de Dieu qui est celle de l’humilité : «  (…) c’est la méthode réalisée dans l’Incarnation dans la maison simple de Nazareth et dans la grotte de Bethléem, celle de la parabole du grain de sénevé.’ » Ainsi, « Pour parler de Dieu, dans l’œuvre d’évangélisation, sous la conduite de l’Esprit Saint, il est nécessaire de retrouver la simplicité, de revenir à l’essentiel de l’annonce : la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui est réel et concret, un Dieu qui s’intéresse à nous, un Dieu-Amour qui se fait proche de nous en Jésus Christ jusqu’à la Croix et qui dans la Résurrection nous donne l’espérance et nous ouvre à une vie et qui n’a pas de fin, la vie éternelle, la vraie vie. »

Le saint père nous donne alors l’exemple de ce grand évangélisateur, l’apôtre des nations, saint Paul : «  Dans la Première Lettre aux Corinthiens, il écrit : « Pour moi, quand je suis venu chez vous, frères, je ne suis pas venu vous annoncer le mystère de Dieu avec le prestige de la parole ou de la sagesse. Non, je n’ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié » (2, 1-2). Donc la première réalité est que Paul ne parle pas d’une philosophie qu’il a développée lui-même, il ne parle pas d’idées qu’il a trouvées ailleurs ou inventées, mais il parle d’une réalité de sa vie, il parle du Dieu qui est entré dans sa vie, il parle d’un Dieu réel qui vit, a parlé avec lui et parlera avec nous, il parle du Christ crucifié et ressuscité. La seconde réalité est que Paul ne se cherche pas lui-même, il ne veut pas se créer une foule d’admirateurs, il ne veut pas entrer dans l’histoire comme chef d’une école de grandes connaissances, il ne se cherche pas lui-même, mais saint Paul annonce le Christ et veut gagner les personnes pour le Dieu vrai et réel.  (…) Par conséquent, parler de Dieu veut dire faire de la place à Celui qui nous le fait connaître, qui nous révèle son visage d’amour ; cela veut dire sortir de son propre moi en l’offrant au Christ, dans la conscience que nous ne sommes pas ceux qui sont capables de gagner les autres à Dieu, mais nous devons les attendre de Dieu lui-même, les invoquer de Lui. Parler de Dieu naît donc de l’écoute, de notre connaissance de Dieu qui se réalise dans la familiarité avec Lui, dans la vie de la prière et selon les Commandements. »

« L’apôtre ne se contente pas de proclamer des mots, mais il implique toute son existence dans la grande œuvre de la foi. Pour parler de Dieu, il faut lui faire de la place, dans la confiance que c’est Lui qui agit dans notre faiblesse ;(…) . Et cela vaut aussi pour les communautés chrétiennes : elles sont appelées à montrer l’action transformatrice de la grâce de Dieu, en dépassant les individualismes, les fermetures, les égoïsmes, l’indifférence et en vivant dans les rapports quotidiens l’amour de Dieu. Demandons-nous si nos communautés sont vraiment ainsi. Nous devons nous mettre en marche pour devenir toujours et réellement ainsi, annonciateurs du Christ et non de nous-mêmes»

 

Surgit alors une nouvelle question : Comment Jésus que nous devons imiter parlait-il de son Père ? «. Jésus, dans son unicité, parle de son Père — Abbà — et du Royaume de Dieu, avec le regard plein de compassion pour les problèmes et les difficultés de l’existence humaine. Il parle avec un grand réalisme et, je dirais, l’essentiel de l’annonce de Jésus est qu’il rend le monde transparent et notre vie a une valeur pour Dieu. »

« Dans les Évangiles, nous voyons comment Jésus s’intéresse à chaque situation humaine qu’il rencontre, se plonge dans la réalité des hommes et des femmes de son temps, avec une pleine confiance dans l’aide du Père. Le fait est que réellement dans cette histoire, de manière cachée, Dieu est présent et si nous sommes attentifs, nous pouvons le rencontrer. »

 

Le pape parvient à un point capital de la question de la transmission de la foi. La transmission de la foi en tant qu’enseignement, évangélisation ne peut être séparée de l’existence même de celui qui annonce. « En Lui, l’annonce et la vie se mêlent: Jésus agit et enseigne, en partant toujours d’un rapport intime avec Dieu le Père. Ce style devient une indication essentielle pour nous chrétiens: notre manière de vivre dans la foi et dans la charité devient une manière de parler de Dieu dans l’aujourd’hui, car elle montre à travers une existence vécue dans le Christ la crédibilité, le réalisme de ce que nous disons avec les paroles, qui ne sont pas seulement des paroles, mais qui montrent la réalité, la véritable réalité. »

 

Quels sont les lieux pour parler de Dieu ? Le lieu privilégié est la famille : « (…)la première école pour transmettre la foi aux nouvelles générations. Le Concile Vatican ii parle des parents comme des premiers messagers de Dieu, appelés à redécouvrir leur mission, en assumant la responsabilité d’éduquer, d’ouvrir les consciences des enfants à l’amour de Dieu comme service fondamental à leur vie, à être les premiers catéchistes et maîtres de la foi pour leurs enfants. ». Cela doit nous questionner si nous sommes engagés dans une paroisse. Comment enseignons-nous les parents qui restent les premiers éducateurs ? Est-ce que nous rappelons aux fiancés, aux jeunes parents au moment de la préparation au baptême qu’ils ont cette mission ? Le pape lance un appel à la vigilance nécessaire pour parler de la foi, de Dieu quand l’occasion se présente.

 

Autre dimension bien présente dans le texte de Porta Fidei autour de la question de la transmission de la foi est celle de la joie : « la transmission de la foi doit toujours avoir une tonalité de joie. C’est la joie pascale, qui ne tait ni ne cache la réalité de la douleur, de la souffrance, de la fatigue, de la difficultés, de l’incompréhension et de la mort elle-même, mais qui sait offrir les critères pour tout interpréter dans la perspective de l’espérance chrétienne.  (…) Il est important d’aider tous les membres de la famille à comprendre que la foi n’est pas un poids, mais une source de joie profonde, elle signifie percevoir l’action de Dieu, reconnaître la présence du bien, qui ne fait pas de bruit ; et elle offre des orientations précieuses pour bien vivre sa propre existence.

Viennent alors  les dimensions de l’écoute et du dialogue : « la famille doit être un milieu dans lequel on apprend à être ensemble, à réconcilier les oppositions dans le dialogue réciproque, qui est fait d’écoute et de parole, à se comprendre et à s’aimer, pour être un signe, l’un pour l’autre, de l’amour miséricordieux de Dieu. »

 

Le pape conclue en évoquant l’importance de la parole et de la vie : « Parler de Dieu signifie donc faire comprendre par la parole et par la vie que Dieu n’est pas le concurrent de notre existence, mais qu’il en est plutôt le véritable garant, le garant de la grandeur de la personne humaine. Nous revenons ainsi au début : parler de Dieu est communiquer, avec force et simplicité, avec la parole et avec la vie, ce qui est essentiel : le Dieu de Jésus Christ, ce Dieu qui nous a montré un amour si grand, au point de s’incarner, de mourir et de ressusciter pour nous ; ce Dieu qui demande de le suivre et de se laisser transformer par son immense amour pour renouveler notre vie et nos relations; ce Dieu qui nous a donné l’Église, pour marcher ensemble et, à travers la Parole et les sacrements, renouveler toute la Cité des hommes, afin qu’elle puisse devenir Cité de Dieu. »

 

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 15:16

E.pngn ce 16 novembre, nous fêtons la sainte Gertrude de Helfta ou encore Gertrudre la Grande connue pour ses visions qu'elle consignera dans cinq livres. Grande mystique, Benoit XVI lui consacra une catéchèse lors d'une audience générale le 6 octobre 2010. Placée enfant dans ce monastère bénédictin (règle de saint Benoit), elle aura comme guide  la très célébre Mathilde de Hackeborn: " seule femme en Allemagne à recevoir l'épithète de «Grande», en raison de sa stature culturelle et évangélique: à travers sa vie et sa pensée, elle a influencé de manière singulière la spiritualité chrétienne. C'est une femme exceptionnelle, dotée de talents naturels particuliers et d'extraordinaires dons de grâce, d'une profonde humilité et d’un zèle ardent pour le salut du prochain, d'une intime communion avec Dieu dans la contemplation et de disponibilité à venir au secours des plus démunis."

Notre Gertrude nait en 1256 et entre donc très jeune, à 5 ans, au monastère pour ses études et son éducation. Nous ne possédons aucun renseignement sur sa famille. Que fait-elle dans son monastère? Elle se consacre entièrement aux études et à la prière et se révèle être une étudiante brillante: " (...) elle apprend tout ce que l’on peut apprendre des sciences du Trivium et du Quadrivium, la formation de cette époque; elle est fascinée par le savoir et se donne tout entière à l'étude profane avec ardeur et ténacité, avec une réussite scolaire dépassant toutes les attentes. Si nous ne savons rien de ses origines, elle nous dit beaucoup de ses passions de jeunesse: littérature, musique et chant, art de l’enluminure la ravissent; elle a un caractère fort, décidé, immédiat et impulsif; elle dit souvent être négligente; elle reconnaît ses défauts, elle en demande humblement pardon. Elle demande avec humilité conseil et prière pour sa conversion. Certains traits et défauts de son tempérament l'accompagneront jusqu'à la fin, au point de surprendre certaines personnes s'étonnant que le Seigneur lui donne une telle préférence."

Au Moyen Age, les 7 arts libéraux étaient divisés en trivium  (grammaire, rhétorique et logique) et en quadrivium ( arithmétique, musique, géométrie, astronomie). Le premier se référant à la parole et le second aux sciences mathématiques. Gertrude reçoit donc une éducation "profane" complète. Cependant elle va connaître une véritable conversion en 1280, de la vaine gloire comme l'appelle les pères à l"humilité, Gertrude se laisse conduire vers le Christ, son Sauveur.

Le pape fait remarquer que le cheminement de Gertrude de la sagesse humaine à la sagesse divine est un exemple pour nous. Dans quel but étudions-nous, accumulons-nous les connaissances? La physique ne doit elle pas conduire à une métaphysique qui nous mènera à la théologie?

"Sa biographe indique deux directions de ce que nous pourrions définir sa «conversion» particulière: dans les études, avec le passage radical des études humanistes profanes à celles théologiques, et dans l’observance monastique, avec le passage de la vie qu’elle qualifie de négligente à la vie de prière intense, mystique, avec une exceptionnelle ardeur missionnaire. Le Seigneur, qui l’avait choisie dans le sein maternel et qui l’avait fait participer, dès son enfance, au banquet de la vie monastique, la ramène par sa grâce «des choses extérieures à la contemplation intérieure, des occupations terrestres au soin des choses célestes». Gertrude comprend alors qu'elle était restée loin de Lui dans une région de dissemblance, comme elle dit avec saint Augustin; de s’être consacrée avec trop d’ardeur aux études libérales, à la sagesse humaine, en négligeant la science spirituelle, se privant du goût de la véritable sagesse; elle est conduite à présent à la montagne de la contemplation, où elle se dépouille du vieil homme pour se revêtir de l’homme nouveau"

Ce don qu'elle a pour les études, pour la théologie et la connaissance des Ecritures fait d'elle une missionnaire, "un chercheur de Dieu" toujours en quête de la vérité. Et en effet, elle n'aura de cesse de proclamer la vérité de la foi par amour pour l'Eglise et les hommes. Cela peut nous donner à réfléchir en cette année de la foi. De quelle manière nous formons-nous pour ensuite témoigner dans un langage clair, simple mais vrai des contenus de notre foi? Il  nous reste 3 écrits de sainte Gertrude, que je n'ai jamais lu si ce n'est quelques extraits, Les révélations, des Exercices Spirituels  et enfin Le Héraut de l'Amour divin.

Benoit nous la donne en exemple et nous dévoile son extrême actualité en concluant ainsi: " Il me semble évident que ces choses ne sont pas seulement des choses du passé, historiques, mais l'existence de sainte Gertrude reste une école de vie chrétienne, de voie droite, et nous montre que le cœur d'une vie heureuse, d'une vie véritable, est l'amitié avec Jésus, le Seigneur. Et cette amitié s'apprend dans l'amour pour Les Ecritures Saintes, dans l'amour pour la liturgie, dans la foi profonde, dans l'amour pour Marie, de manière à connaître toujours plus réellement Dieu lui-même et le bonheur véritable, but de notre vie. Merci."

 

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