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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 16:53

 L.pnge saint père part de sa réflexion de la semaine précédente sur le désir de Dieu en l’homme et propose de réfléchir sur les voies qui mènent à la connaissance de Dieu en rappelant que Dieu a toujours l’initiative. L’homme ne chercherait pas Dieu si Dieu n’éveillait en nous ce désir et qu’Il nous guidait.  Cette initiative se fait cependant dans le respect de notre liberté : « N’oublions jamais l’expérience de saint Augustin : ce n’est pas nous qui possédons la Vérité après l’avoir cherchée, mais c’est la Vérité qui nous cherche et nous possède. »

 

« Toutefois, il existe des voies qui peuvent ouvrir le cœur de l’homme à la connaissance de Dieu, il existe des signes qui conduisent vers Dieu. » Dieu malgré son apparent absence nous guide, nous cherche, nous titille… Il reste proche de nous, nous avons à discerner les signes qui nous conduisent à Lui. La foi est cette rencontre avec le Christ, est elle rencontre de l’homme avec son Créateur aimant.

« Aujourd’hui — nous le savons — les difficultés ne manquent pas ni les épreuves pour la foi, souvent peu comprise, contestée, refusée. Saint Pierre disait à ses chrétiens : «Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l'espérance qui est en vous » (1 Pt 3, 15). Par le passé, en Occident, dans une société considérée comme chrétienne, la foi était le milieu dans lequel elle évoluait; la référence et l’adhésion à Dieu étaient, pour la plupart des personnes, une partie de la vie quotidienne. C’était plutôt celui qui ne croyait pas qui devait justifier son incrédulité. Dans notre monde, la situation a changé et le croyant doit toujours davantage être capable de rendre raison de sa foi. »

Benoît XVI s’appuyant alors sur l’encyclique Fides et ratio ( Foi et raison) de Jean Paul II montre les difficulté de notre époque à travers un court historique où l’athéisme a pris une place importante.  Un point soulève tout particulièrement mon attention ; « De nos jours s’est vérifié un phénomène particulièrement dangereux pour la foi: il y a en effet une forme d’athéisme que nous définissons, justement, « pratique », dans lequel les vérités de la foi ou les rites religieux ne sont pas niés, mais simplement ils sont jugés sans importance pour l’existence quotidienne, détachés de la vie, inutiles. Souvent, alors, on croit en Dieu de manière superficielle, et on vit « comme si Dieu n’existait pas » (etsi Deus non daretur). Mais à la fin, cette manière de vivre se révèle encore plus destructrice, parce qu’elle porte à l’indifférence envers la foi et envers la question de Dieu. » C’est la question  non de l’athéisme qui est une véritable philosophie et même une « théologie » de la non-existence de Dieu mais celle de l’indifférence. L’indifférence est plus dangereuse et sans doute plus dure à combattre dans la mesure où elle crée une profonde méconnaissance et une perte de la recherche de sens. Elle est réductrice : « En réalité, l’homme, séparé de Dieu, est réduit à une seule dimension, celle horizontale, et ce réductionnisme est précisément l’une des causes fondamentales des totalitarismes qui ont eu des conséquences tragiques au siècle dernier, ainsi que de la crise de valeurs que nous voyons dans la réalité actuelle. En affaiblissant la référence à Dieu, on a également affaibli l’horizon éthique, pour laisser place au relativisme et à une conception ambiguë de la liberté, qui au lieu d’être libératrice, finit par lier l’homme à des idoles. » Nous reparlerons de la liberté dans nos articles « éthique » mais on ne peut nier la profonde crise morale que nous traversons basée sur le relativisme et l’individualisme. Jean Paul II nous avait déjà mis en garde dans son encyclique Veritatis Splendor en s’appuyant sur le Concile Vatican II, nous sommes à présents au cœur de cette crise où les fondements anthropologiques de notre éthique sont mis à mal.

Nous touchons du doigt l’origine du péché, le drame issu de notre liberté : l’orgueil, la volonté de devenir notre propre principe, la volonté de devenir « comme des dieux » et donc  de nous passer de Dieu, de nier la dimension transcendantale de notre existence, la dimension verticale… Ce risque est présent aussi dans notre Eglise où nous oublions que la croix à deux branches pour nous concentrer uniquement sur l’homme, sur l’amour du prochain. Dimension indispensable, fondamentale mais qui perd quasiment tout son sens si l’amour du prochain et de soi-même est séparé de Dieu, de l’amour de Dieu : « Ce que la sagesse antique évoque avec le mythe de Promothée n’a pas disparu : l’homme pense pouvoir devenir lui-même « dieu », patron de la vie et de la mort. » Notre volonté de maîtriser le début de la vie et la fin de vie dit quelque chose de cela. La vie n’est plus un don, elle est un « bon plaisir » entre nos mains !

« Face à cette situation, l’Église, fidèle au mandat du Christ, ne cesse d’affirmer la vérité sur l’homme et sur son destin. Le Concile Vatican ii affirme ainsi de façon synthétique : « L’aspect le plus sublime de la dignité humaine se trouve dans cette vocation de l’homme à communier avec Dieu. Cette invitation que Dieu adresse à l’homme de dialoguer avec Lui commence avec l’existence humaine. Car, si l’homme existe, c’est que Dieu l’a créé par amour et, par amour, ne cesse de lui donner l’être ; et l’homme ne vit pleinement selon la vérité que s’il reconnaît librement cet amour et s’abandonne à son Créateur » (Const. Gaudium et spes, n. 19). »  L’homme dans notre foi ne se comprend que dans la relation avec son créateur… et même plus encore puisque le Concile parle de « communion ».  En nous séparant de Dieu, nous nous détruisons alors que dans le projet de Dieu nous sommes faits pour entrer en communion avec Dieu, participer à la vie divine et en quelque sorte « être divinisés. » Mais nous ne pouvons nous élever nous-mêmes, nous avons besoin de Dieu, de sa grâce… Ceux qui s’élèvent seront abaissés, pensons au très beau Cantique de Marie, le chant du Magnificat : « Il élève les humbles… il renvoie les riches les mains vides… »

 

« Quelles réponses la foi est-elle alors appelée à donner, « avec douceur et respect» à l’athéisme, au scepticisme, à l’indifférence envers la dimension verticale, afin que l’homme de notre temps puisse continuer à s’interroger sur l’existence de Dieu et à parcourir les voies qui conduisent à Lui ? Je voudrais évoquer certaines voies, qui dérivent tant de la réflexion naturelle, que de la force même de la foi. Je voudrais les résumer de façon très synthétique en trois mots : le monde, l’homme, la foi. »

La fin de la catéchèse va dons se développer autour de ces trois mots : MONDE, HOMME et FOI.

 

« Le premier mot : le monde. » Ici, en citant Augustin et Einstein, Benoît XVI nous invite à la contemplation du monde : « Je pense que nous devons récupérer et faire récupérer à l’homme d’aujourd’hui la capacité de contempler la création, sa beauté, sa structure. Le monde n’est pas un magma informe, mais plus nous le connaissons, plus nous en découvrons les merveilleux mécanismes, plus nous voyons un dessein, nous voyons qu’il y a une intelligence créatrice.  (…)Une première voie, donc, qui conduit à la découverte de Dieu consiste à contempler la création avec un regard attentif. »

 

« Le deuxième mot : l’homme. » Il cite encore saint Augustin : « Ne va pas au dehors, cherche en toi-même ; la vérité réside dans l'homme intérieur » (De vera religione, 39, 72).

Bref, s’arrêter et prendre le temps de regarder au plus profond de soi-même là où Dieu se repose. Un midrash juif posait cette question : pourquoi Dieu ne s’est-il reposé que le septième jour ??? C’est vrai qu’Il aurait pu faire une petite pause un peu plus tôt. Et bien parce qu’avant la création de l’homme, Il n’avait pas lieu où reposer….

 

« Le troisième mot: la foi. »  « En particulier dans la réalité de notre temps, nous ne devons pas oublier qu’une voie qui conduit à la connaissance et à la rencontre avec Dieu est la vie de la foi.  Celui qui croit est uni à Dieu, il est ouvert à sa grâce, à la force de la charité. »

 

Le troisième mot est le plus développé, en guise de conclusion, je vous livre le texte quasi en « intégrale » : « En effet, la foi est une rencontre avec Dieu qui parle et œuvre dans l’histoire et qui convertit notre vie quotidienne, en transformant en nous la mentalité, les jugements de valeur, les choix et les actions concrètes. Ce n’est pas une illusion, une fuite de la réalité, un refuge confortable, du sentimentalisme, mais une participation de toute la vie et l’annonce de l’Evangile, Bonne Nouvelle capable de libérer chaque homme.

Un chrétien, une communauté qui sont actifs et fidèles au projet de Dieu qui nous a aimés le premier, constituent une voie privilégiée pour ceux qui sont dans l’indifférence ou dans le doute à propos de son existence et de son action. Mais cela demande à chacun de rendre toujours plus transparent son propre témoignage de foi, en purifiant sa vie afin qu’elle soit conforme au Christ.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ont une conception limitée de la foi chrétienne, car ils l’identifient avec un simple système de croyances et de valeurs et pas tant avec la vérité de Dieu qui s’est révélé dans l’histoire, désireux de communiquer avec l’homme de manière personnelle, dans une relation d’amour avec lui. En réalité, comme fondement de chaque doctrine ou valeur, il y a l’événement de la rencontre entre l’homme et Dieu en Jésus Christ. Le christianisme, avant d’être une morale ou une éthique, est l’avènement de l’amour, est l’accueil de la personne de Jésus. C’est pourquoi le chrétien et les communautés chrétiennes doivent tout d’abord regarder et faire voir le Christ, véritable chemin qui conduit à Dieu. »

Ce dernier point est très important, souvent on peut lire la Bible comme un ensemble de valeurs humanistes, comprendre la foi chrétienne comme un ensemble de règles humanisantes… La foi c’est bien un dialogue, une relation confiante avec Dieu, une rencontre.

 

 

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 16:16

C.png’est une très belle catéchèse qui nous est proposée aujourd’hui… Elle nous parle du « désir de Dieu »,  thème si cher aux pères de l’Eglise, aux grands mystiques qui nous touche aussi alors que nous venons de fêter les saints ( le 1er novembre) et les fidèles défunts (le 2 novembre).  Ce désir de Dieu est une idée central de notre anthropologie chrétienne. L’homme créé par Dieu à sa source et sa fin en Dieu. En l’homme, un désir profond l’habite celui de Dieu que d’autres pourraient traduire par la quête du bonheur ou de l’absolu… Ce désir est traité tout au début du Catéchisme de l’Eglise Catholique comme le remarque Benoît XVI dans son introduction :  « Le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l’homme, car l’homme est créé par Dieu et pour Dieu ; Dieu ne cesse d’attirer l’homme vers Lui, et ce n’est qu’en Dieu que l’homme trouvera la vérité et le bonheur qu’il ne cesse de chercher » (n. 27). »

 

Une première remarque, le difficulté dans notre « culture occidentale sécularisée » de reconnaître de désir réel et mystérieux. : « Un grand nombre de nos contemporains pourraient en effet objecter qu’ils ne ressentent en aucune façon un tel désir de Dieu. Pour de larges couches de la société, Il n’est plus l’attendu, le désiré, mais plutôt une réalité qui laisse indifférent, face à laquelle on ne doit pas même faire l’effort de se prononcer. »

Pour comprendre plus facilement ce désir de Dieu, le pape nous rappelle que l’homme est fondamentalement un être de désirs et que ce désir de Dieu se retrouve déjà à travers d’autres formes : « Le désir humain tend toujours vers des biens concrets déterminés, souvent tout autres que spirituels, et toutefois, on se trouve face à l’interrogation sur ce qu’est véritablement « le » bien, et donc, à se confronter avec quelque chose qui est différent de soi, que l’homme ne peut construire, mais qu’il est appelé à reconnaître. Qu’est-ce qui peut véritablement satisfaire le désir de l’homme ? »

Le pape parvient ainsi à une question fondamentale pour l’homme que  nous avons déjà traité en éthique. Qu’est ce qui peut faire le bonheur de l’homme ? C’est la question du jeune homme riche que développe Jean Paul II dans Veritatis Splendor «  que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » Qu’est ce qui peut me combler pleinement ? Le désir humain est un véritable dynamisme en l’homme, il n’est pas mauvais, il permet à l’homme de se projeter vers l’avenir, de s’ouvrir à l’autre, de se dépasser… Ecoutons  le pape :

« Dans ma première encyclique, Deus caritas est, j’ai tenté d’analyser la façon dont ce dynamisme se réalise dans l’expérience de l’amour humain, expérience qui, à notre époque, est plus facilement perçue comme un moment d’extase, où l’on sort de soi, comme un lieu dans lequel l’homme sent qu’il est traversé par un désir qui le dépasse. À travers l’amour, l’homme et la femme expérimentent de façon nouvelle, l’un grâce à l’autre, la grandeur et la beauté de la vie et du réel. Si ce dont je fais l’expérience n’est pas une simple illusion, si vraiment je veux le bien de l’autre comme voie également pour mon bien, alors je dois être prêt à ne plus être au centre, à me mettre à son service, jusqu’à renoncer à moi-même. La réponse à la question sur le sens de l’expérience de l’amour passe donc à travers la purification et la guérison de la volonté, exigée par le bien même que l’on veut à l’autre. Il faut s’exercer, s’entraîner, également corriger, afin que ce bien puisse véritablement être désiré. »

Comprendre le désir à travers l’amour et en particulier l’amour humain est en effet fort éclairant. On voit alors que le désir n’est pas simple recherche égoïste, égocentrique de son plaisir. Il exige dépassement, don de soi… le pape parle même de renoncement  et un peu plus loin de « pèlerinage » ou encore d’ « exode »

« À travers ce chemin, l’homme pourra progressivement approfondir la connaissance de l’amour dont il avait fait l’expérience à l’origine. Et le mystère qu’il représente prendra aussi toujours plus forme : en effet, pas même la personne aimée est en mesure de satisfaire le désir qui habite le cœur humain, au contraire, plus l’amour pour l’autre est authentique, plus il laisse entrevoir l’interrogation sur son origine et sur son destin, sur la possibilité qu’il a de durer pour toujours. C’est pourquoi l’expérience humaine de l’amour porte en soi un dynamisme qui renvoie au-delà de soi-même, c’est l’expérience d’un bien qui conduit à sortir de soi et à se retrouver face au mystère qui entoure l’existence tout entière. »

La question de la satisfaction du désir est interrogation sur le sens de l’existence, sur le sens de sa vie. C’est une expérience d’ouverture vers quelque chose d’infiniment plus grand que soi, vers l’Autre. Le saint père cite alors d’autres expériences que l’amour qui peut conduire à cela : l’amitié, le beau, l’amour pour la connaissance… Nous parvenons quoiqu’il arrive au « mystère qui entoure l’homme lui-même »… Nous faisons expérience d’un désir profond qui habite tout homme.

« Sans aucun doute, à partir de ce désir profond, qui cache également quelque chose d’énigmatique, on ne peut arriver directement à la foi. En définitive, l’homme connaît bien ce qui ne le satisfait pas, mais ne peut imaginer ou définir ce qui lui ferait expérimenter ce bonheur dont il conserve la nostalgie dans le cœur. On ne peut connaître Dieu à partir uniquement du désir de l’homme. De ce point de vue, le mystère demeure : l’homme recherche l’Absolu, il le cherche à tâtons et de façon incertaine. Et toutefois, l’expérience du désir, du « cœur inquiet » comme l’appelait saint Augustin, est déjà très significative. Elle nous montre que l’homme, au plus profond de lui, est un être religieux (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n. 28), un « mendiant de Dieu ».

 C’est de cette recherche, de cette quête de l’homme que l’on peut parvenir à la foi au sens où l’homme n’est pas seulement « animal politique » mais « animal religieux ». La foi n’est pas de l’ordre de l’absurde ou de la superstition. Elle trouve ses fondements dans la nature même de l’homme qui est être de désirs, être en recherche. Le désir sous entend un chemin tout comme la foi.

Benoït XVI imagine et propose alors une pédagogie du désir. Pédagogie où l’homme est éduqué aux joies véritables et non à la recherche de désirs vains qui conduisent en fin de compte à l’insatisfaction et au désabusement…  Je suis particulièrement frappée par le désenchantement qui habite la jeunesse. Ils n’ont pas 17 ans et sont déjà désabusés, ont déjà tous vus.

« Il serait d’une grande utilité, à cette fin, de promouvoir une sorte de pédagogie du désir, tant pour le chemin de celui qui ne croit pas encore, que pour celui qui a déjà reçu le don de la foi. Une pédagogie qui comprend au moins deux aspects. En premier lieu, apprendre ou réapprendre le goût des joies authentiques de la vie. Toutes les satisfactions ne produisent pas en nous le même effet : certaines laissent une trace positive, sont capables de pacifier l’esprit, nous rendent plus actifs et généreux. D’autres en revanche, après la lumière initiale, semblent décevoir les attentes qu’elles avaient suscitées et laissent parfois derrière elles l’amertume, l’insatisfaction ou un sentiment de vide. Éduquer dès l’âge tendre à goûter des joies véritables, dans tous les domaines de l’existence — la famille, l’amitié, la solidarité avec celui qui souffre, le renoncement à son propre moi pour servir l’autre, l’amour pour la connaissance, pour l’art, pour les beautés de la nature —, tout cela signifie exercer le goût intérieur et produire des anticorps efficaces contre la banalisation et l’aplatissement aujourd’hui répandus »

Je  ne résiste pas à vous donner la fin du texte : «  Nous devons donc penser qu’il est possible, même à notre époque, apparemment si réfractaire à la dimension transcendante, d’ouvrir un chemin vers l’authentique sens religieux de la vie, qui montre que le don de la foi n’est pas absurde, n’est pas irrationnel.. Les adultes aussi ont besoin de redécouvrir ces joies, de désirer des réalités authentiques, en se purifiant de la médiocrité dans laquelle ils peuvent se trouver englués. Il deviendra alors plus facile d’abandonner ou de repousser tout ce qui, malgré des dehors attirants, se révèle en revanche insipide, source d’accoutumance et non de liberté. Et cela fera émerger ce désir de Dieu dont nous parlons. 

Un deuxième aspect, qui va de pair avec le précédent, est de ne jamais se contenter de que l’on a atteint. » Une invitation encore une fois à viser la perfection, le progrès constant pour ne  pas « s’engluer dans la médiocrité » de l’existence ? Si nous appliquions cela à tous les domaines de la vie : famille, enseignement, catéchèse, beauté de la liturgie, travail…

C’est une question d’exigence et je pense que nous avons de fait un peut perdu cette dimension : « Ce sont justement les joies les plus vraies qui sont capables de libérer en nous cette saine inquiétude qui conduit à être plus exigeants — vouloir un bien plus haut, plus profond — et en même temps à percevoir avec une clarté toujours plus grande que rien de fini ne peut combler notre cœur. Nous apprendrons ainsi à tendre, désarmés, vers ce bien que nous ne pouvons pas construire ou nous procurer par nos propres forces; à ne pas nous laisser décourager par la difficulté ou les obstacles qui viennent de notre péché. »

Notez que ce chemin de perfection n’est pas vanité et orgueil mais chemin d’humilité car il se fait en Dieu. Voir ce qui vient de Dieu et de notre propres forces. Ne nous laissons pas séduire  par une fausse modestie ou humilité qui n’est que tiédeur (Dieu vomit les tièdes) et médiocrité. L’humilité consiste en un regard vrai (voir ses qualités et ses défauts, se comprendre comme dépendant de son Créateur… nous sommes « à peine moins grand qu’un Dieu » et pourtant nous somme misérables… C’est le paradoxe de notre condition humaine).

 

Le saint père profondément optimiste nous rappelle alors la miséricorde de Dieu et la rédemption.  Nous pouvons tomber, chuter, régresser, nous tromper, nous perdre et pourtant Dieu reste fidèle, pourtant le pire des criminels ne perd pas « cette étincelle divine » qui habite le cœur de chaque homme : « Même dans l’abîme du péché ne s’éteint pas en l’homme cette étincelle qui lui permet de reconnaître le vrai bien, de le goûter, et d’engager ainsi un parcours d’élévation, auquel Dieu, avec le don de sa grâce, ne fait jamais manquer son aide. »

 

Concluons : « «Il ne s’agit donc pas d’étouffer le désir qui est dans le cœur de l’homme, mais de le libérer, afin qu’il puisse atteindre sa vraie hauteur. Lorsque, dans le désir, s’ouvre la fenêtre vers Dieu, cela est déjà le signe de la présence de la foi dans l’esprit, une foi qui est une grâce de Dieu. Saint Augustin affirme encore : « Avec l’attente, Dieu élargit notre désir, avec le désir il élargit notre esprit et en le dilatant, il augmente sa capacité » (Commentaire à la Première lettre de Jean, 4, 6 : PL 35, 2009). »

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 15:45

D.pngans sa catéchèse du jour, Benoît XVI reprend une idée fondamentale de sa lettre Porta Fidei: la dimension ecclésiale de la foi.

La foi a-t-elle seulement une dimension individuelle et personnelle ? La semaine dernière il nous a été donné de réfléchir sur le fait que la foi est un don alors que souvent nous la saisissons comme « démarche personnelle ». La question de ce jour nous interpelle aussi vivement dans la mesure où dans notre société la foi est réduite à la sphère privé, individuelle voire subjective. N’avons nous pas tendance à oublier la dimension collective, communautaire de la foi et de la concevoir essentiellement comme une relation entre Dieu et moi : «  (…) la foi a-t-elle un caractère seulement personnel, individuel ? Concerne-t-elle uniquement ma personne ? Est-ce que je vis ma foi tout seul ? Certes, l’acte de foi est un acte éminemment personnel qui advient au plus profond du cœur et qui marque un changement de direction, une conversion personnelle : c’est mon existence qui prend un tournant, une orientation nouvelle. »  Le pape rappelle à cette occasion la profession de foi baptismale à laquelle nous répondons aujourd’hui par un « je crois » ( dans le passé, la formule « nous croyons » était utilisée).

 

« Mais ma foi n’est pas le résultat de ma réflexion solitaire, ce n’est pas le produit de ma pensée, mais c’est le fruit d’une relation, d’un dialogue, dans lequel il y a une écoute, une réception et une réponse ; c’est la communication avec Jésus qui me fait sortir de mon « moi » enfermé sur lui-même pour m’ouvrir à l’amour de Dieu le Père. C’est comme une renaissance dans laquelle je me découvre uni non seulement à Jésus, mais aussi à tous ceux qui ont marché et qui marchent sur la même route ; (…) ». Il est intéressant de comprendre la foi comme dialogue et non pas seulement comme processus de la pensée. La foi n’est pas une spiritualité, une philosophie au sens de ligne de pensée, c’est avant tout une relation de confiance entre Dieu et l’homme. Si le chemin de foi est fondamentalement chemin personnel, il s’inscrit cependant dans une Tradition vivante au sens où je partage cette foi avec d’autres. C’est l’Eglise, le corps du Christ : « Je ne peux pas construire ma foi personnelle dans un dialogue privé avec Jésus, parce que la foi m’est donnée par Dieu à travers une communauté croyante qui est l’Église et qui m’insère ainsi dans la multitude des croyants dans une communion qui n’est pas seulement sociologique, mais enracinée dans l’amour éternel de Dieu, qui en Lui-même est communion du Père, du Fils et du Saint Esprit, qui est Amour trinitaire. Notre foi n’est vraiment personnelle que si elle est aussi communautaire : elle ne peut être ma foi que si elle vit et agit dans le « nous » de l’Église, seulement si c’est notre foi, la foi commune de l’unique Église. »

La foi prend donc une dimension communautaire, ecclésiale ( c’est l’assemblée). La foi n’est pas « ma foi » mais celle de l’Eglise… Une question de responsabilité surgit alors : qu’est-ce que je fais de ce « trésor » de l’Eglise ? Comment est-ce que je le transmets ? Comment est ce que je le vis ? »

Un des signes de cette dimension ecclésiale est bien entendu la profession de foi, la récitation du « Je crois en Dieu ». Si ce texte débute par un « je crois », il se dit en Eglise et contient toutes les vérités de la foi de l’Eglise. Ces vérités ne m’appartiennent pas.

« Le dimanche, à la Messe, en récitant le « Credo», nous nous exprimons à la première personne, mais nous confessons de façon commune l’unique foi de l’Église. Ce « credo » prononcé de façon individuelle s’unit à celui d’un chœur immense dans le temps et dans l’espace, dans lequel chacun contribue, pour ainsi dire, à une polyphonie harmonieuse de la foi. » et plus loin «  « “Croire” est un acte ecclésial. La foi de l’Église précède, engendre, porte et nourrit notre foi. L’Église est la mère de tous les croyants. “Nul ne peut avoir Dieu pour Père qui n’a pas l’Église pour mère” [saint Cyprien] » (n. 181). La foi naît donc dans l’Église, conduit à elle, et vit en elle. Il est important de le rappeler. »

 

Au cœur de notre foi, ce que l’on peut appeler le kérygme, c’est la foi en Jésus- Christ, le Verbe qui prend chair, qui est mort sur la croix et qui est ressuscité. Une personne qui ne croirait pas en la Résurrection, dans le fait que Jésus est le Fils de Dieu n’est pas en quelque sorte « chrétienne ».  On le voit bien dans les Actes des Apôtres, la foi des Apôtres et des premiers chrétiens consistent essentiellement à professer que Jésus est le Christ ( c’est-à-dire le Messie) et Dieu.

L’Eglise prend forme essentiellement à la Pentecôte ( 50 jours après Pâques) avec le don de l’Esprit.  Je précise car vous savez sans doute qu’il existe une « pentecôte juive » ( Chavouôth), 50 jours après la Pessah (pâque juive- libération d’Egypte) qui est la commémoration du don de la loi sur le mont Sinaï. Au baptême, nous entrons dans l’Eglise et nous recevons personnellement l’Esprit Saint…

« C’est ainsi que commence le chemin de l’Église, communauté qui porte cette annonce dans le temps et dans l’espace, communauté qui est le Peuple de Dieu fondé sur la nouvelle alliance grâce au sang du Christ et dont les membres n’appartiennent pas à un groupe social ou ethnique particulier, mais qui sont des hommes et des femmes provenant de toute nation et culture. C’est un peuple « catholique » qui parle des langues nouvelles, universellement ouvert pour accueillir chacun, au-delà de toute frontière, en abattant toutes les barrières. »

L’Eglise est « catholique ». Ce mot signifie en grec « universelle », c’est-à-dire que le Christ est venu sur terre pour tous les hommes, que tous peuvent recevoir l’Esprit Saint dans une démarche libre et personnelle. Il s’agit d’accueillir Dieu.

 

« Dès le début, l’Église est donc le lieu de la foi, le lieu de la transmission de la foi, et lieu où, par le baptême, on est plongé dans le Mystère pascal de la mort et de la résurrection du Christ, qui nous libère de la prison du péché, nous donne la liberté des fils et nous introduit dans la communion du Dieu trinitaire. Dans le même temps, nous sommes plongés dans la communion avec les autres frères et sœurs dans la foi, avec tout le Corps du Christ, tirés hors de notre isolement. » 

Nous croyons en Eglise, nous faisons l’expérience de la communion qui est communion fraternelle au sens où par le baptême nous devenons « fils et filles adoptifs de Dieu ». Nous sommes donc « frères » en Christ. C’est l’Eglise qui nous « plonge » en effet dans le mystère christique et donc de la Trinité. Nous célébrons ensemble Dieu dans les sacrements et la liturgie qui elle aussi ne nous appartient pas. Notre foi personnelle est aussi foi de l’Eglise d’où la formule au cours du baptême : « Voilà notre foi, voilà la foi de l’Église et nous nous glorifions de la professer dans le Christ Jésus notre Seigneur ».

 

Si nous avons reçu la foi c’est aussi parce que celle-ci s’est transmise depuis les apôtres, parce que des chrétiens l’ont gardée, approfondie, transmise, faite vivre : « Il y a une chaîne ininterrompue de la vie de l’Église, de l’annonce de la Parole de Dieu, de la célébration des sacrements, qui arrive jusqu’à nous et que nous appelons la Tradition. Elle nous donne la garantie que ce en quoi nous croyons est le message original du Christ, prêché par les Apôtres. » Cette « garantie » est importante, elle nous permet d’éviter le risque du subjectivisme voire de l’hérésie… Il est parfois plus facile de vouloir s’arranger directement avec Dieu et de faire sa petite cuisine dans son coin avec bien entendu le danger d’édulcorer la vérité. Vivre la foi en Eglise, c’est éviter les pièges de l’orgueil…

« De cette façon, si l’Écriture Sainte contient la Parole de Dieu, la Tradition de l’Église la conserve et la transmet fidèlement, afin que les hommes de chaque époque puissent accéder à ses immenses ressources et s’enrichir de ses trésors de grâce. Ainsi, l’Église « perpétue dans sa doctrine, sa vie et son culte et elle transmet à chaque génération, tout ce qu’elle est elle-même, tout ce qu’elle croit » » La Bible est Parole de Dieu. En ce sens, Dieu nous parle individuellement dans le secret de nos cœurs, cependant, cette parole n’est pas libre interprétation des Ecritures selon notre bon vouloir.

 

« Enfin, je voudrais souligner que c’est dans la communauté ecclésiale que la foi personnelle croît et mûrit. » « . Et cela vaut aussi pour nous : un chrétien qui se laisse guider et modeler peu à peu par la foi de l’Église, en dépit de ses faiblesses, de ses limites, et de ses difficultés, devient comme une fenêtre ouverte à la lumière du Dieu vivant, qui reçoit cette lumière et la transmet au monde. » Bref, nous avons besoin des autres, besoin de l’Eglise pour grandir dans la foi. Un chrétien qui ne serait jamais en contact avec l’Eglise, qui ne participe jamais à la liturgie prend le risque de laisser s’endormir sa foi….

 

En guise de conclusion, contentons-nous encore une fois des paroles du saint Père :

« La tendance, aujourd’hui répandue, à reléguer la foi dans le domaine du privé contredit donc sa nature même. Nous avons besoin de l’Église pour avoir la confirmation de notre foi et pour faire l’expérience des dons de Dieu : sa Parole, les sacrements, le soutien de la grâce, et le témoignage de l’amour. Ainsi, dans le « nous » de l’Église, notre « je » pourra se percevoir à la fois comme le destinataire et le protagoniste d’un événement qui le dépasse : l’expérience de la communion avec Dieu, qui fonde la communion entre les hommes. Dans un monde où l’individualisme semble régir les rapports entre les personnes, en les rendant toujours plus fragiles, la foi nous appelle à être Peuple de Dieu, à être Église, porteurs de l’amour et de la communion de Dieu pour tout le genre humain (cf. Const. past. Gaudium et spes, n. 1). »

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 15:59

 

 

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'est la question posée par Benoït XVI dans sa catéchèse d'aujourd'hui. Encore une fois, je vous invite à retrouver l'intégralité de ce texte sur le site du Vatican. Si vous n'aimez pas lire, une vidéo est disponible.

 

Voici les questions qui vont soutenir les propos du saint Père: "qu’est-ce que la foi ? La foi a-t-elle encore un sens dans un monde où science et technique ont ouvert des horizons encore impensables il y a peu ? Que signifie croire aujourd’hui ? En effet, à notre époque est nécessaire une éducation renouvelée à la foi, qui comprenne certes une connaissance de ses vérités et des événements du salut, mais qui naisse surtout d’une véritable rencontre avec Dieu en Jésus Christ, du fait de l’aimer, de lui faire confiance, afin que toute notre vie s’en trouve impliquée."

 

Le pape débute par un constat: malgré les avancées au niveau du bien, du progrès, de la science, il semble régner un vrai désert spirituel et même l'homme ne semble guère aller mieux, au contraire! " aujourd’hui l’homme ne semble pas devenu vraiment plus libre, plus humain ; tant de formes d’exploitation demeurent, de manipulation, de violence, de vexation, d’injustice... "

D'autres questions surgissent alors, en lien avec la question fondamentale de la foi, mais qui touchent l'existence même de l'homme: "Dans ce contexte refont surface certaines questions fondamentales, qui sont bien plus concrètes qu’elles n’apparaissent à première vue : quel sens cela a-t-il de vivre ? Y a-t-il un avenir pour l’homme, pour nous et pour les nouvelles générations ? Dans quelle direction orienter les choix de notre liberté pour un résultat bon et heureux de la vie ? Qu’est-ce qui nous attend au-delà du seuil de la mort ?"

 

Quelle réponse possible de la foi? "Nous avons besoin non seulement du pain matériel, nous avons besoin d’amour, de sens et d’espérance, d’un fondement certain, d’un terrain solide qui nous aide à vivre avec un sens authentique même dans la crise, dans les ombres, dans les difficultés et dans les problèmes quotidiens. La foi nous donne précisément cela : c’est une manière confiante de s’en remettre à un « Toi », qui est Dieu, qui me donne une certitude différente, mais non moins solide de celle qui me vient du calcul exact ou de la science. La foi n’est pas un simple accord intellectuel de l’homme avec des vérités particulières sur Dieu ; c’est un acte à travers lequel on s’en remet librement à un Dieu qui est Père et qui m’aime ; c’est l’adhésion à un « Toi » qui me donne espérance et confiance. Bien sûr, cette adhésion à Dieu n’est pas privée de contenus: avec elle, nous sommes conscients que Dieu lui-même s’est montré à nous dans le Christ, a fait voir son visage et s’est fait réellement proche de chacun de nous."

Ce point est très important car il permet de distinguer la foi des croyances de type "supersition" où il n'y a pas de relation de confiance qui s'établit entre deux personnes (l'homme et Dieu) et le simple raisonnement intellectuel qui prouve l'existence de Dieu sans pour autant "croire en Dieu".

 

BenoÏt XVI plonge ensuite au coeur de notre foi chrétienne en rappelant de quelle manière Dieu nous aime. C'est un amour sans mesure puisque Dieu nous donne son Fils qui accepte librement de mourir sur la croix pour vaincre le péché et la mort. : "Avec le mystère de la Mort et de la Résurrection du Christ, Dieu descend jusqu’au fond de notre humanité pour la ramener à Lui, pour l’élever à sa hauteur. La foi c’est croire à cet amour de Dieu qui ne fait pas défaut face à la méchanceté de l’homme, face au mal et à la mort, mais qui est capable de transformer toute forme d’esclavage, en donnant la possibilité du salut. "

 

La foi est fondamentalement une rencontre. Rencontre qui est personnel entre un homme et son Dieu. Cette rencontre basée sur la confiance devient abandon confiant dans les bras d'un Père, d'une Mère: "c’est m’en remettre à Dieu avec l’attitude d’un enfant, qui sait bien que toutes ses difficultés, tous ses problèmes sont à l’abri dans le «toi» de la mère. Et cette possibilité de salut à travers la foi est un don que Dieu offre à tous les hommes. Je pense que nous devrions méditer plus souvent — dans notre vie quotidienne, caractérisée par des problèmes et des situations parfois dramatiques — sur le fait que croire chrétiennement signifie m’abandonner ainsi avec confiance au sens profond qui me soutient et soutient le monde, ce sens que nous ne sommes pas en mesure de nous donner, mais uniquement de recevoir en don, et qui est le fondement sur lequel nous pouvons vivre sans peur. Et cette certitude libératrice et rassurante de la foi, nous devons être capables de l’annoncer avec la parole et de la montrer avec notre vie de chrétiens." La relation confiante avec Dieu devient relation d'amour conçu comme don.

 

Vient un paragraphe à la fois plus dur mais toujours porteur d'espérance. Le pape nous rappelle la phrase d'Evangile: " Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui refusera de croire sera condamné » (Mc 16, 16)"

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 17:11

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ujourd'hui le saint Père nous propose une catéchèse autour de la foi pour son audience du mercredi. Les catéchèses sur la prière ne reprendront donc qu'après la fin de cette année de la foi. Nous avons déjà eu l'occasion de parler de sa lettre Porta fidei,  il est donc intéressant de suivre ces catéchèses.

 

Benoît XVI nous rappelle déjà le coeur de notre foi chrétienne, la rencontre personnelle avec un Dieu vivant qui un et trine. Une rencontre avec le Christ ressuscité! "Il s’agit de la rencontre non pas avec une idée ou avec un projet de vie, mais avec une Personne vivante qui nous transforme en profondeur, en nous révélant notre véritable identité de fils de Dieu. La rencontre avec le Christ renouvelle nos rapports humains, en les orientant, jour après jour, vers une plus grande solidarité et fraternité, dans la logique de l’amour."

 

Parler de "foi" ce n'est pas prouver l'existence de Dieu, ce n'est pas parler de Dieu d'une manière uniquement logique et intellectuelle, c'est l'engagement de toute notre vie, de notre personne, de notre existence. On engage sa vie toute entière lorsqu'on donne sa confiance à Dieu : "Avec la foi tout change véritablement en nous et pour nous, et se révèle avec clarté notre destin futur, la vérité de notre vocation dans l’histoire, le sens de la vie, le goût d’être pèlerins vers la Patrie céleste"

Le pape poursuit avec une question: "la foi est-elle vraiment la force transformatrice de notre vie, de ma vie ? Ou bien est-ce seulement un des éléments qui font partie de l’existence, sans être l’élément déterminant qui la détermine totalement ?"

Souvent Dieu n'est qu'une partie de notre vie: aucune chance de le mettre au coeur de notre vie professionnelle, conjugale, relationnelle, familiale... On le prie par moments mais habite t-Il réellement toute notre vie?guide t'Il toutes nos actions?

"Avec les catéchèses (...) nous voudrions ouvrir un chemin pour renforcer ou retrouver la joie de la foi, en comprenant qu’elle n’est pas quelque chose d’étranger, de détaché de la vie concrète, mais elle en est l’âme. La foi en un Dieu qui est amour, et qui s’est fait proche de l’homme en s’incarnant et en se donnant lui-même sur la croix pour nous sauver et nous rouvrir les portes du Ciel, indique de manière lumineuse que ce n’est que dans l’amour que consiste la plénitude de l’homme."

En approfondissant notre foi, notre vie spirituelle c'est-à-dire notre relation à Dieu, nous comprenons mieux le sens notre vie, nous éclairons notre vie, nous comprenons ce pour quoi et pour qui nous sommes faits!

Quelle force ensuite dans les propos du saint Père, comme une mise en garde... "Aujourd’hui il est nécessaire de le réaffirmer avec clarté, tandis que les transformations culturelles à l’œuvre montrent souvent tant de formes de barbaries, qui passent pour des « conquêtes de la civilisation » : la foi affirme qu’il n’y a pas de vraie humanité sinon dans les lieux, dans les gestes, dans les temps et dans les formes où l’homme est animé par l’amour qui vient de Dieu, s’exprime comme don, se manifeste dans des relations riches d’amour, de compassion, d’attention et de service désintéressé envers l’autre. Là où il y a domination, possession, exploitation, marchandisation de l’autre pour son propre égoïsme, là où il y a l’arrogance du moi fermé en lui-même, l’homme s’en trouve appauvri, dégradé, défiguré. La foi chrétienne, active dans la charité et forte dans l’espérance, ne limite pas, mais humanise la vie, et la rend même pleinement humaine."

La foi  nous éclaire sur nos actes et certains de nos choix qu'ils soient individuels ou collectifs qui  appauvrissent, dégradent et même défigurent l'homme. La foi nous dit ce qu'est réellement l'homme pour que nous nous humanisions.

 

La foi est révélation.  Elle implique de ce mettre à l'écoute de Dieu qui nous parle et qui se révèle. C'est un accueil. La foi est toujours initiative de Dieu: " Et nous devenons capables d’écouter sa Parole et de recevoir sa vérité. Voilà alors la merveille de la foi : Dieu, dans son amour, crée en nous — à travers l’œuvre de l’Esprit Saint — les conditions adéquates afin que nous puissions reconnaître sa Parole."

 

La foi est rencontre personnelle mais aussi révélation tout au long de l'histoire. C'est l'histoire du salut qui commence dès la création et qui culmine à l'Incarnation; "Dieu s’est révélé à travers des paroles et des œuvres tout au long d’une histoire d’amitié avec l’homme, qui culmine dans l’Incarnation du Fils de Dieu et dans son Mystère de mort et de Résurrection. Non seulement Dieu s’est révélé dans l’histoire d’un peuple, non seulement il a parlé au moyen des prophètes, mais il a franchi la limite de son Ciel pour entrer dans la terre des hommes comme homme, afin que nous puissions le rencontrer et l’écouter. Et de Jérusalem, l’annonce de l’Évangile du salut s’est diffusée jusqu’aux confins de la terre. L’Église, née du côté du Christ, est devenue messagère d’une nouvelle et solide espérance : Jésus de Nazareth, crucifié et ressuscité, sauveur du monde, qui siège à la droite du Père et est le juge des vivants et des morts"

 

Le coeur de notre foi, le contenu de notre foi chrétienne, c'est le kérygme. Se pose alors la question déjà évoquée dans Porta Fidei de la fidélié à la vérité de l'Evangile, de la Foi transmise par l'Eglise.

"Mais où trouvons-nous la formule essentielle de la foi ? Où trouvons-nous les vérités qui nous ont été fidèlement transmises et qui constituent la lumière pour notre vie quotidienne ? La réponse est simple : dans le Credo, dans la Profession de Foi ou le Symbole de la foi, nous nous rattachons à l’événement originel de la Personne et de l’Histoire de Jésus de Nazareth "

 

Pour terminer il rappelle encore la nécessité de connaître, comprendre et prier le Credo. Pour nous aider, le Catéchisme de l'Eglise Catholique initié par Jean Paul II.  Il serait bon en effet, à titre individuel, paroissial ou diocèsain de se plonger dans les articles du CEC au sujet du Credo.

"Souvent le chrétien ne connaît même pas le noyau central de sa propre foi catholique, du Credo, au point de laisser place à un certain syncrétisme et relativisme religieux, sans clarté sur les vérités à croire et sans la particularité salvifique du christianisme. On court aujourd’hui le risque de construire, pour ainsi dire, une religion « bricolée ». Nous devons, en revanche, revenir à Dieu, au Dieu de Jésus Christ, nous devons redécouvrir le message de l’Évangile, le faire entrer de manière plus profonde dans nos consciences et dans la vie quotidienne."

 

Benoît XVI conclue ainsi: " je  voudrais offrir de l’aide pour accomplir ce chemin, pour reprendre et approfondir les vérités centrales de la foi sur Dieu, sur l’homme, sur l’Église, sur toute la réalité sociale et cosmique, en méditant et en réfléchissant sur les affirmations du Credo. Et je voudrais qu’il apparaisse clairement que ces contenus ou vérités de la foi (fides quae) sont liés directement à notre vécu ; ils requièrent une conversion de l’existence, qui donne vie à une nouvelle manière de croire en Dieu (fides qua). Connaître Dieu, le rencontrer, approfondir les traits de son visage met notre vie en jeu, car Il entre dans les dynamismes profonds de l’être humain."

 

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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 15:41

T.pngerminons aujourd'hui notre réflexion sur le sentiment religieux en l'homme. Il s'agit de l'audience du 11 mai 2011. Le pape part d'un constat bien connu: nous vivons dans une société sécularisée, les philosophies issues des Lumières avaient prévu la disparition des religions et pourtant  nous pouvons constater "un réveil du sentiment religieux, une redécouverte de l’importance de Dieu pour la vie de l’homme, une exigence de spiritualité, de dépasser une vision purement horizontale, matérielle de la vie humaine."

 

Pour le chrétien, l'homme créé à l'image de Dieu porte en lui le désir de Dieu. Il est de par nature, "homme religieux". En latin, vous pouvez trouver l'expression "capax dei":

"L’image du Créateur est imprimée dans son être et il ressent le besoin de trouver une lumière pour donner une réponse aux questions qui concernent le sens profond de la réalité; réponse qu’il ne peut trouver en lui-même, dans le progrès, dans la science empirique. L’homo religiosus ne ressort pas seulement des mondes antiques, il traverse toute l’histoire de l’humanité." 

On constate que les voies pour trouver Dieu, le Créateur, sont multiples et il n'est pas rare dans les conversations de se rendre compte qu'au fond tout le monde aspire, est à la recherche de quelque chose (quelqu'un?) qui le dépasse.

L'homme, être de désir, porte en lui le désir du bonheur, d'être heureux qui est un désir de plénitude que seul Dieu peut combler. Toutes les formes de religiosités sont des essais, des voies, des réponses pour parvenir à combler ce désir. un peu de transcendance dans toute cette immanence: "L’homme «numérique», tout comme celui des cavernes, cherche dans l’expérience religieuse le moyen de dépasser sa finitude et d’assurer son aventure terrestre précaire. D’ailleurs, sans un horizon transcendant, la vie perdrait son sens plénier et le bonheur, auquel nous tendons tous, est projeté spontanément vers l’avenir, dans un lendemain qui reste encore à réaliser"

 

Les religions, du latin religare, essaient de donner du sens... Elles sont des réponses aux grandes questions existentielles et métaphysiques de l'homme: qu'est-ce-que l'homme? Qu'est-ce que le bonheur? Comment y parvenir? Quelle sens à ma vie? Qu'est-ce que le bien? Quel sens à la souffrance? Pourquoi le mal? Qu'est-ce que la mort?

"L’homme sait qu’il ne peut répondre seul à son besoin fondamental de comprendre. Même s’il a nourri et nourrit encore l’illusion de se suffire à lui-même, il fait l’expérience de ne pas se suffire à lui-même. Il a besoin de s’ouvrir à autre chose, à quelque chose ou à quelqu’un qui puisse lui donner ce qui lui manque, il doit sortir de lui-même pour aller vers Celui qui est en mesure de remplir l’ampleur et la profondeur de son désir."

Si l'homme est un être de désir, c'est qu'il lui manque toujours quelque chose... qui peut combler ce manque et si possible de manière définive ? Ce désir provoque au moins en lui une recherche et une quête de l'autre et de l'Autre.

Cette quête de l'Autre, c'est tout simplement le désir de Dieu qui nous mène à la prière: "L’homme porte en lui une soif d’infini, une nostalgie d’éternité, une recherche de beauté, un désir d’amour, un besoin de lumière et de vérité, qui le poussent vers l’Absolu; l’homme porte en lui le désir de Dieu. Et l’homme sait, d’une certaine façon, qu’il peut s’adresser à Dieu, il sait qu’il peut le prier"

 

Qu'est-ce que la prière? Le saint père la définit encore une fois avec beucoup de clarté: "Saint Thomas d’Aquin, l’un des plus grands théologiens de l’histoire, définit la prière comme l’«expression du désir que l’homme a de Dieu». Cette attraction vers Dieu, que Dieu lui-même a placée dans l’homme, est l’âme de la prière, qui revêt ensuite tant de formes et de modalités selon l’histoire, le temps, le moment, la grâce et même le péché de chaque orant. L’histoire de l’homme a, en effet, connu diverses formes de prière, car il a développé différentes modalités d’ouverture vers l’Autre et vers l’Au-delà, si bien que nous pouvons reconnaître la prière comme une expérience présente dans chaque religion et culture."

Il continue ainsi esquissant les difficultés et les pièges possibles de la prière: " il est nécessaire d’avoir à l’esprit que celle-ci est une attitude intérieure, avant d’être une série de pratiques et de formules, une manière d’être devant Dieu avant d’être l’accomplissement d’actes de culte ou la prononciation de paroles. La prière a son centre et plonge ses racines au plus profond de la personne; c’est pourquoi elle n’est pas facilement déchiffrable et, pour le même motif, elle peut être sujette à des malentendus et à des mystifications. C’est dans ce sens également que nous pouvons comprendre l’expression: prier est difficile. En effet, la prière est le lieu par excellence de la gratuité, de la tension vers l’Invisible, l’Inattendu, l’Ineffable. C’est pourquoi l’expérience de la prière est un défi pour tous, une «grâce» à invoquer, un don de Celui à qui nous nous adressons." 

Pensons-nous en effet à prier pour mieux prier ou même apprendre à prière? La prière est aussi fondamentalement un don de Dieu.

 

Le texte se passe de commentaires: "Dans l’expérience de la prière, la créature humaine exprime toute la conscience de soi, tout ce qu’elle réussit à saisir de sa propre existence et, dans le même temps, elle se tourne entièrement vers l’Etre face auquel elle se trouve, elle oriente son âme vers ce Mystère dont elle attend l’accomplissement des désirs les plus profonds et l’aide pour surmonter l’indigence de sa propre vie. Dans le fait de regarder un Autre, de se diriger «au-delà» se trouve l’essence de la prière, comme expérience d’une réalité qui dépasse ce qui est sensible et contingent. Toutefois, c'est uniquement en Dieu qui se révèle que la recherche de l'homme s’accomplit pleinement. La prière qui est ouverture et élévation du cœur à Dieu, devient ainsi un rapport personnel avec Lui. Et même si l'homme oublie son Créateur, le Dieu vivant et vrai ne cesse d'appeler le premier l'homme à la rencontre mystérieuse de la prière. "

 La prière, lieu de rencontre avec Dieu, est lieu de vérité et de joie. C'est un lieu où l'homme se tient en vérité face à lui-même et face à Dieu. C'est un lieu où il peut apprendre à se connaître ainsi que son Créateur. C'est un lieu où s'oubliant soi-même, il devient pourtant davantage lui-même.

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 14:56


C.pnge blog ayant connu une pause assez conséquente, il est grand temps de revenir sur les catéchèse de Benoît XVI. Il s'agit en fait des audiences du mercredi. Vous pouvez retrouver les textes ou les vidéos sur le site du Vatican.

Depuis 2009 environ, le saint Père s'était intéressé aux pères de l'Eglise. Puis, il avait parcouru l'ensemble des écrits des théologiens médiévaux enfin il s'était arrêté sur les grandes figures féminines de l'Eglise.

 

Depuis le 4 mai 2011, le voilà qui nous parle de la prière. Ce n'est pas anodin, après nous avoir donné pendant deux ans des exemples très variés de saints.  Il aborde donc ce qui fait l'essence même de la vie du chrétien: la prière.

Regardons d'abord ce que nous dit Benoît XVI de la sainteté :"Mais la question demeure: comment pouvons-nous parcourir la voie de la sainteté, répondre à cet appel? Puis-je le faire avec mes propres forces? La réponse est claire: une vie sainte n’est pas principalement le fruit de notre effort, de nos actions, car c’est Dieu, le trois fois Saint (cf. Is 6, 3), qui nous rend saints, c’est l’action de l’Esprit Saint qui nous anime de l’intérieur, c’est la vie même du Christ ressuscité qui nous est communiquée et qui nous transforme." (audience du 13 avril 2011). Dieu rend saint comme lui-même est saint. C'est Dieu - qui est Amour - qui doit agir en nous. La question est alors, comment laissons-nous agir Dieu en nous, dans notre vie? Quelle place lui laissons-nous? Comment connaître la volonté de Dieu. La prière est ce moyen privilégié , avec les sacrements,  pour connaître la volonté de Dieu, nourrir notre foi et faire grandir notre connaîssance de Dieu.

"Comment notre façon de penser et nos actions peuvent-elles devenir la manière de penser et d’agir du Christ et avec le Christ? (...) Qu’est-ce qui est essentiel? Il est essentiel de ne jamais laisser passer un dimanche sans une rencontre avec le Christ Ressuscité dans l’Eucharistie; cela n’est pas un poids en plus, mais une lumière pour toute la semaine. Il ne faut pas commencer ni finir une journée sans avoir au moins un bref contact avec Dieu. Et, sur la route de notre vie, suivre les «panneaux routiers» que Dieu nous a communiqués dans le décalogue lu avec le Christ, qui est tout simplement l’explicitation de ce qu’est la charité dans des situations déterminées. Il me semble que cela est la véritable simplicité et la grandeur de la vie de sainteté: la rencontre avec le Ressuscité le dimanche; le contact avec Dieu au début et à la fin de la journée; suivre, dans les décisions, les «panneaux routiers» que Dieu nous a communiqués, qui sont seulement des formes de charité"

 

Tout croyant, quelque soit sa religion, prie. Mais quelle est la spécificité de la prière chrétienne et sa richesse? Le pape va donc parler plus particulièrement de la prière chrétienne, celle enseignée  par Jésus "et que continue à nous enseigner l’Eglise". Plus qu'un enseignement sur la prière, le saint père nous propose de rejoindre "une école de prière" car, on oublie trop souvent de le dire, même si tout le monde sait prier, il faut cependant apprendre à prier comme il faut apprendre à faire silence, à écouter... Le pape parle de l' "Art de la Prière". Cela me fait penser à un livre offert et lu  il y a quelques années "l'art de la prière" du père Vincent Jordy que je peux vous conseiller.

 Tous, quelque soit notre avancée dans la vie spirituelle, nous avons besoin d'apprendre:  "même ceux qui sont très avant dans la vie spirituelle sentent toujours le besoin de se mettre à l'école de Jésus pour apprendre à prier avec authenticité. Nous recevons la première leçon du Seigneur à travers Son exemple. Les Evangiles nous décrivent Jésus en dialogue intime et constant avec le Père: c’est une communion profonde de celui qui est venu dans le monde non pour faire sa volonté, mais celle du Père qui l'a envoyé pour le salut de l'homme."

Ce n'est que dans cette relation intime, de ce dialogue quotidien avec le Seigneur que nous pourrons Le connaître et faire Sa volonté. Faire la volonté du Père, c'est grandir en charité et progresser sur le chemin du bonheur. Il donc vital pour nous de prier.

 

Dans cette première catéchèse sont évoquées les formes de prières présentes dans l'Antiquité: Mesopotamie, Egypte ancienne, Grèce et Rome antiques... Le pape relève à travers quelques exemples, la prière de demande formulée par l'homme souffrant, la demande de pardon de l'homme pécheur qui implore un Dieu bon et miséricordieux, la prière de l'homme qui demande à Dieu des qualités de l'âme en vue de devenir meilleur, des prières d'adoration ou qui montre que l'homme désire connaître davantage Dieu, des prières plus "utilitaristes" où l'on demande à Dieu sa protection, des prières de louange et d'action de grâces (merci), des prières pour éclairer son action... que de formes diverses de prières. Le christianisme les connaît tous et nous invite à les vivre. En effet, qu'est qu'une vie sans prière pour le croyant?

" (...) démontrant ainsi que la vie humaine sans la prière, qui ouvre notre existence au mystère de Dieu, devient privée de sens et de référence. En effet, dans chaque prière s’exprime toujours la vérité de la créature humaine, qui d’une part fait l’expérience de la faiblesse et de l’indigence, et demande donc de l’aide au Ciel, et de l’autre est dotée d’une dignité extraordinaire, car, en se préparant à accueillir la Révélation divine, elle se découvre capable d’entrer en communion avec Dieu."

Toutes les cutlures, toutes les religions ont donné des exemples de prières, des hommes de prière. Cela nous montre bien que le désir de Dieu est bien inscrit dans le coeur de tous. L'homme de par sa nature est à la recherche de Dieu.

La prière reste le moyen pour écouter et parler à Dieu.

"L’homme de tous les temps prie car il ne peut faire à moins de se demander quel est le sens de son existence, qui reste obscur et décourageant, s’il n’est pas mis en relation avec le mystère de Dieu et de son dessein sur le monde. La vie humaine est un mélange de bien et de mal, de souffrance imméritée et de joie et de beauté, qui nous pousse spontanément et irrésistiblement à demander à Dieu cette lumière et cette force qui puisse nous secourir sur la terre et ouvrir une espérance qui aille au-delà des frontières de la mort.'

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 11:09

 

 

L.pnge 11 octobre 2011, Benoît XVI publiait la lettre apostolique " Porta Fidei", "par laquelle est promulguée l'année de la foi." Ainsi, le mois prochain, le 11 octobre 2012, s'ouvrira pour l'Eglise l'année de la foi. C'est une lettre très riche que je conseille à tous de lire (vous pouvez la trouver en ligne sur le site du Vatican).

Regardons plus en détails le premier paragraphe qui souligne l'essentiel: "Il est possible de franchir ce seuil quand la Parole de Dieu est annoncée et que le coeur se laisse modeler par la grâce qui le transforme."

Première chose, la foi doit déjà être annoncée ( c'est le rôle de tous les chrétiens, nous sommes tous "prophètes" par notre baptême). Ce qui n'est pas toujours chose évidente et nous avons à redécouvrir le rôle primordial de la mission! Qu'annonçons-nous dans un premier  temps? non une doctrine, non des valeurs ou une morale, non un livre  mais la Parole de Dieu, c'est-à-dire notre foi en une personne qui s'adresse encore et toujours aux hommes. Puis, dans la liberté, la grâce peut agir. Souvent, les néophytes ou les recommançants disent qu'ils ont trouvé Dieu, la foi. N'oublions pas que la foi est un don, que c'est toujours Dieu qui a l'initiative si, librement, nous l'acceptons.

Cette foi implique un engagement... Il est bon là aussi de le rappeler alors que beaucoup d'entre nous ne se souviennent de l'Eglise que lorsqu'il s'agit de réclamer un sacrement ou une bénédiction: mariage, baptême, funérailles... Engagement souligne le pape qui commence par le baptême et qui se termine lors du passage à la vie éternelle.

Quel est le coeur de la foi chrétienne? C'est de croire en un seul Dieu qui est Trinité et Amour ( 1Jn 4,8). Face à la crise de la foi, notre pape a à coeur de souligner "l'exigence de redécouvrir le chemin de la foi pour mettre en lumière de façon toujours plus évidente la joie et l'enthousiasme renouvelé de la rencontre avec le Christ."

Comment entretenir sa foi? Deux moyens à la portée de tous: se nourrir de la Parole de Dieu (possédons-nous une Bible? si non, on peut toujours lire la Parole de Dieu en ligne, application Iphone possible...) et du pain de vie c'est-à-dire l'eucharistie.

 

L'année de la foi correspond à l'anninversaire de l'ouverture du Concile Vatican II. Ce n'est pas anodin. Car pour annoncer, transmettre la foi, il est bon de se former, de connaître ensuite les doctrines qui découlent de notre foi. Il n'est pas rare de voir des gens réciter leur Credo et par ailleurs affirmer qu'ils croient en la réincarnation. Croyance qui est pourtant incompatible avec notre foi. Comme le remarque Benoît XVI, les contenus de la foi ont "besoin d'être confirmés, compris et approfondis de manière toujours nouvelle". Les texte du Concile mais surtout le Catéchisme de l'Eglise Catholique (CEC) restent ces moyens privilégiés. Nous ne pouvons nous permettre d'interpréter seul la foi. C'est dans et par l'Eglise que nous pouvons professer "la vraie foi". L'héritage est si riche, si beau, qu'il sera dommage de s'en priver!

 

Le premier moyen pour annoncer la foi est de vivre sa foi. Lapalissade? Il nous faut " faire resplendir la Parole de vérité que le Seigneur nous a laissée" par l'exemple de notre vie. Il implique pour chacun une véritable " conversion". Nous avons là à redécouvrir le sacrement de la réconciliation (confession).

Méditation de la parole, eucharistie, conversion et sacrement du pardon, unité de vie... alors c'est avec enthousiasme que nous pourrons passer à l'évangélisation: "En effet, la foi grandit quand elle est vécue comme expérience d'un amour reçu et quand elle est communiquée comme expérience de grâce et de joie." bref, "la foi grandit et se renforce seulement en croyant." La foi n'est pas acquise et reçue au baptême ou au moment de sa conversion. Elle s'entretient, se nourrit et grandit ... Il nous faut être vigilants... la tiédeur peut nous gagner.

 

Benoît XVI parvient alors au contenu de la foi: le credo. Profession de foi à la fois personnelle et communautaire. La foi se confesse, se proclame et doit biensûr être connue. Le pape nous rappelle la nécessité d'apprendre par coeur le credo: un bon programme de catéchisme pour ceux qui ne savent pas quoi faire... Ce credo, doit être assentiment libre mais est aussi comme nous le disions tout à l'heure, don de Dieu et action de grâce qui transforme "la personne jusqu'au plus profond d'elle-même". Il nous faut donc connaître, comprendre les contenus de la foi mais aussi et surtout ouvrir nos coeurs à la grâce pour comprendre réellement et en profondeur cette foi.

La foi implique ensuite un "témoignage et un engagement publics." N'ayons pas peurs comme le disait JPII, la foi n'est pas du domaine privé et personnel: " la foi, parce qu'elle est vraiment un acte de la liberté, exige aussi la responsabilité sociale de ce qui est cru." La foi est reçue, elle reçue de Dieu et de son Eglise, tout son contenu est détenu dans le Credo et peut être compris par le CEC, nous n'avons pas le droit de la déformer pour notre compte et avons donc la responsabilité de nous former ( par l'intelligence, par les sacrements, par la prière et par la médiation de la Parole de Dieu) pour toujours mieux la comprendre et y adhérer toujours plus librement.

Dans les §11 et 12, le souverain pontife insiste sur le Catéchisme comme véritable "instrument pour soutenir la foi" et explique sa structure, puis à partir du § 13, il nous montre la nécessité de "parcourir à nouveau l'histoire de notre foi." Il va alors passer en revue les grandes étapes de l'histoire du salut et donner les exemples incontournables à connaître: Marie, Joseph, les Apôtres, les Martyrs, ceux qui on consacré leur vie à Dieu, les moines, ceux qui ont travaillé aux oeuvres sociales, tous ceux qui témoignent de leur foi dans leur vie quotidienne... Il parvient ainsi au témoignage mais surtout à l'action, à la charité... " A quoi sert-il mes frères, que quelqu'un dise: "j'ai la foi', s'il n'a pas les oeuvres?"

Ainsi, "La foi sans la charité ne porte pas de fruit et la charité sans la foi serait un sentiment à la merci constante du doute. Foi et et charité se réclament réciproquement, si bien que l'une permet à l'autre de réaliser son chemin."

 

Ce chemin n'est pas évident même s'il est fondamentalement source de joie... il peut être parsemé de doutes, de difficultés, de souffrances. Certains connaissent l'expérience douloureuse de la nuit de la foi. Là encore, une invitation: la confiance et la fidélité. Il faut savoir en toutes circonstances, se remettre à Dieu.

Terminons avec Benoît qui commente saint Paul: " Entendons cette invitation adressée à chacun de nous, pour que personne ne devienne paresseux dans la foi. Elle est une compagne de vie qui permet de percevoir avec un regard toujours nouveau les merveille que Dieu réalise pour nous. Engagée à saisir les signes des temps dans l'aujourd'hui de l'histoire, la foi incite chacun de nos à devenir signe vivant de la présence du Ressuscité dans le monde. Ce dont le monde d'aujourd'hui a particulièrement besoin, c'est du témoignage crédible de tous ceux qui, éclairés dans l'esprit et dans le coeur par la Parole du Seigneur, sont capables d'ouvrir le coeur et l'esprit de beaucoup au désir de Dieu et de la vraie vie, celle qui n'a pas de fin."

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 19:08

 

C.png'est avec un plaisir certain que je me suis plongée à nouveau dans le Pasteur d'Hermas publié dans la Collection "Sources chrétiennes".

Qui est ce fameux Hermas? En réalité, on connait peu de choses de lui. Il aura vécu au IIeme siècle après Jésus-Christ et on le suppose frère de Pie, le 10ème pape. Les éléments autobiograhiques relevés dans le livre semblent erronés, contradictoires et ne nous permettent pas réellement de connaître quelque chose de sa vie. Bref, notre Hermas est une sorte de prophète chargé de transmettre aux hommes le message qui lui est révélé au cours de différentes visions et de son dialogue avec le Pasteur qui est en fait l'ange de la Pénitence. Ecrit dans le style apocalyptique l'ouvrage peut être divisé en trois parties: 5 visions (la 5ème porte même le nom de révélation c'est-à-dire d'"apocalypse), 12 préceptes et 10 similitudes c'est-à-dire des paraboles. Hermas est le messager de la pénitence, lui-même pénitent. Tout le livre de fait s'articule autour de ce thème de la Pénitence. N'oublions pas en effet que dans les premiers temps de l'Eglise, seul le baptême lavait de tous les péchés et que les chrétiens étaient sensés mener une vie parfaite après avoir reçu le sacrement. Qui pouvait dès lors être sauvé? La question est celle de la Pénitence post-baptismale. Hermas plaide pour une pénitence extraordinaire (certains l'appellent le "jubilé") en s'appuyant sur la grande miséricorde de Dieu. Autour de ce thème s'articulent d'autres éléments moraux et théologiques intéressants: une christologie peu orthodoxe, l'habitation des deux Esprits en l'homme, l'Eglise, le discernement des esprits , le rôle et l'importance des oeuvres...

D'un point de vue moral, nous nous intéresserons surtout aujourd'hui aux 12 préceptes où notre auteur parle des vices, des vertus (on retrouve en effet un catalogue des vices et des vertus) et du discernement des esprits. Dieu donne aux chrétiens un esprit qui habite en eux. Celui-ci a besoin d'espace et peut être étouffé, chassé par l'esprit des vices: "Si tu est patient, l'Esprit Saint qui habite en toi sera pur de n'être pas obscurci par un autre esprit mauvais. Trouvant un large espace libre, il sera content, il se réjouira avec le vase qu'il habite et servira Dieu avec grande allégresse, puiqu'il aura de l'aisance."

Hermas a une représentation très matérielle de l'Esprit Saint qui peut être même souillé par les vices. Chaque vice est associé à mauvais esprit qu'Hermas nous décrit avec précision. Par exemple, l'esprit de médisance est agité, jamais en paix et la colère est "sotte, légère, stupide "Il reprend aussi le thème plus classique des deux voies, déjà présent par exemple dans la Didaché et dans le monde grec. L'homme doit choisir entre deux voies, celle du bien (le juste) et celle du mal (l'injuste). Mais si chez Hésiode, la voie du bien est tortueuse et difficile, l'optimisme d'Hermas fait de la voie du mal au contraire une voie "épineuse, rocailleuse, tortueuse, pleine d'obstacles " Comment choisir, trouver le bien? Hermas apprend alors que deux angeshabitent en l'homme. Là encore comment les distinguer? Quels sont les critères de discernement?La réponse est limpide:" "Comment donc, Seigneur, dis-je, distinguerai-je leur action, si les deux anges habitent en moi?"

"L'ange de justice est délicat, modeste, doux, calme. Quand c'est lui qui monte à ton coeur, d'emblée, il te parle de justice, de chasteté, de sainteté, de tempérance, de tout acte juste, de toute vertu noble." L'ange du mal lui est "colérique, amer, insensé, et ses oeuvres mauvaises corrompent les serviteurs de Dieu. Quand donc il monte à ton coeur, connais-le d'après ses oeuvres." En effet, tout comme le vrai et le faux prophète, il faudra discerner d'après les oeuvres, or les oeuvres de l'esprit mauvais sont: "colère,aigreur, de même les désir d'activités dispersées, les folles dépenses en festins nombreux, en boissons enivrantes, en orgies incessantes, en raffinements variés et superflus, la passion des femmes, de la grande richesse, l'orgueil exagéré, la jactance et tout ce qui y ressemble: si cela te monte au coeur, sache que l'ange du mal est en toi." Il donne ainsi une liste des oeuvres, vices à éviter et indique les oeuvres et les vertus à produire. Il est bon de noter que la pratique du bien, la foi, le service de Dieu procure la joie, véritable critère de la présence Dieu. C'est un fruit de l'esprit en Galates, ne l'oublions pas!

Hermas analyse ainsi, de manière très pertinente, le mécanisme des vices: comment ils s'infiltrent en l'homme, comment ils progressent, comment tel vice entraîne tel autre... Par exemple, la tristesse est la soeur du doute et de la colère. Il dresse ainsi toute une généalogie des vices qui s'engendrent les uns les autres. Hermas montre que pour les combattre, il faut s'appuyer sur la foi, comprise comme la confiance en Dieu, et que le diable n'a aucun pouvoir. L'homme s'il s'appuie sur Dieu, s'en remet entièrement à Lui, garde ses préceptes (commandements) sera sauvé, marchera dans la voie de la justice et possédera la vie. C'est un peu le leitmotiv du livre qui revient scandé les différentes sections: "Ecoutez-moi donc et craignez celui qui peut tout sauver et perdre et observez ses commandements et vous vivrez pour Dieu."

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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:28

E.pnglle n'est peut être pas encore très connue notre petite Elisabeth de la Trinité mais j'avoue avoir un faible pour ses écrits.Qui est-elle? Si vous avez envie de la découvrir je vous conseille de lire les ouvrages du carme Conrad de Meester en particulier la dernière biographie sur notre bienheureuse dijonnaise écrite en 2006 aux Preses de la Renaissance.

Elisabeth Catez est née en 1880 et perdra jeune son père. Elle fut donc élevée avec sa soeur "Guite"par sa mère. De sa jeunesse, on connaît son sale caractère, ses talents artistiques en particulier son don pour le piano et déjà son intériorité rayonnante. Elle ressent très jeune l'appel pour le Carmel, un an après sa première communion en l'église saint Michel de Dijon où vous pouvez toujours venir prier devant ses reliques. Sa mère veut éprouver sa vocation et lui demande d'attendre sa majorité. Ce sera des années bien remplies pour Elisabeth: vie mondaine soutenue, danse, piano, visite des malades, tennis, belles amitiés.... Que retient-elle de ses années? "Même au milieu du monde, on peut écouter Dieu dans le silence d’un cœur qui ne veut être qu’à lui. (...) Quand j’assiste à ces réunions, à ces fêtes, ma consolation est de me recueillir et de jouir de votre présence. »

Elisabeth- qui signifie "maison de Dieu"- porte bien son nom, elle est véritablement "habitée" par une présence, celle de la Trinité qui ne la quitte jamais. Elle découvre ainsi très jeune le mystère de l'inhabitation trinitaire en son âme. C'est la pierre d'angle de la spiritualité de notre carmélite. Elle pourra enfin entrer au Carmel de Dijon en 1901. Ce fut d'abord ravissement puis nuit spirituelle pendant plusieurs mois...

L'autre point fort de sa spiritualité est la découverte de son nouveau nom grâce à un texte de Saint Paul aux éphésiens. Quel est-il? Louange de gloire, Laudem gloriae:« Une louange de gloire est une âme de silence, qui se tient comme une lyre sous la touche mystérieuse de l’Esprit Saint… qui fixe Dieu dans la foi et la simplicité. »

Nous le répétons à chacune de nos liturgies eucharistiques: " Pour la gloire de Dieu et le salut du monde". Elisabeth nous rappelle notre vocation profonde: louer Dieu qui est Un et Trine... Comment faire? Se tenir immobile en Dieu qui habite en nous. Elle meurt très jeune, en 1906 avec ses mots devenus célèbres: " Je vais à la vie, à la lumière, à l'amour."

Aujourd'hui encore, de nombreux pèlerins se rendent au Carmel de Dijon, à présent situé à Flavignerot, pour voir les restes de sa cellule, découvrir davantage sa spiritualité.

 

Un petit florilège des écrits d'Elisabeth pour vous mettre en appétit:

" Coeli enarrant gloriam Dei." Voilà ce que racontent les Cieux: la gloire de Dieu. Puisque mon âme est un ciel où je vis en attendant "la Jérusalem céleste", il faut que ce ciel chante aussi la gloire de l'Eternel rien que la gloire de l'Eternel".

Ne nous faut-il pas en effet sans cesse nous retrancher en nous-mêmes pour y découvrir la présence de notre Dieu d'Amour et de Miséricorde? Ne nous faut-il pas nous rappeler que nous sommes faits pour la joie, le bonheur et l'amour, c'est-à-dire pour Dieu? Ne nous faut-il pas davantage rendre grâce et rendre gloire à notre Dieu?

 

"Il faut que je loge chez toi!" C'est mon maître qui m'exprime ce désir! Mon Maître qui veut habiter en moi, avec le Père et son Esprit d'amour, pour que, selon l'expression du disciple bien-aimé, j'aie "société" avec Eux. "Vous n'êtes plus des étrangers, mais vous êtes déjà de la maison de Dieu", dit saint Paul. Voilà comment j'entends être "de la maison de Dieu": c'est en vivant au sein de la tranquille Trinité, en mon abîme intérieur, en cette "forteresse inexpugnable du saint recueillement" dont parle saint Jean de la Croix."

Se souvenir que nous sommes créés par Dieu et fais par Dieu, notre alpha et notre oméga... Je suis image de Dieu, je suis image de la Trinité, je peux dialoguer en moi-même avec mon Dieu qui m'aime. Je suis temple de l'Esprit, ne l'oublions jamais. Qu'est-ce que cela signifie? Je ne peux pas faire n'importe quoi avec mon corps, mon intelligence, mon âme: Dieu habite en moi! Le psalmiste chantera la grandeur de l'homme pour cette raison... "A peine moindre qu'un dieu..."

 

Et bien entendu sa très célèbre prière à la Trinité:

"O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible, comme si déjà mon âme était dans l'éternité! Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m'emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère!

Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos; que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.

O mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Coeur; je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer... jusqu'à en mourir! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me revêtir de vous-même, d'identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m'envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur. O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable afin d'apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière. O mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

O feu consumant, Esprit d'amour, survenez en moi afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe; que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle il renouvelle tout son mystère. Et vous, ô Père penchez-vous vers votre pauvre petite créature, couvrez-la de votre ombre, ne voyez en elle que le Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances.

O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m'ensevelisse en vous, en attendant d'aller contempler en votre lumière l'abîme de vos grandeurs."

 

Vous pouvez trouver ces textes aux editions du Cerf, Elisabeth de la Trinité- carmélite- J'ai trouvé Dieu- oeuvres complètes...

Bonne lecture.

 

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