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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 17:57

P.pngour débuter l'année et se remettre dans la bain, un petit bouquin un peu ancien déjà "La Morale Catholique " écrit par le très célèbre Pinckaers aux éditions du Cerf (collection " Bref").

L'ouvrage se présente en deux parties. La première trace une rapide histoire de la théologie morale très bien faite avec des tableaux "récapitulatifs" des auteurs ou encore le plan de la Somme de notre cher saint Thomas et des extraits de textes fondamentaux ( conciles...). Il part de la morale dans le Nouveau Testament ( sermon sur le Montagne, morale paulinienne) jusquà Vatican II via les pères de l'Eglises, les grands moralistes médiévaux et les différentes écoles ( tutiorisme, probabilisme...). Bref, une approche concise, claire et efficace.

Dans la seconde partie, il aborde quelques notions fondamentales de la morale comme la liberté, la question du bonheur, la conscience et la loi toujours en s'appuyant sur les Ecritures et saint Thomas d'Aquin. Le passage sur la loi naturelle qui pose question ces dernières années est intéressant. Il développe entre autres les 5 inclinations qui fondent en nous cette loi puis étudie son rôle aux différentes étapes de la progresson morale.

Quelles sont ces 5 inclinations?  En premier lieu, l'inclination au bien c'est-à-dire l'aspiration au bonheur. Puis l'inclination à la conservation de l'être ( fondamental au même titre que l'existence), l'inclination au mariage qui se fonde sur la distinction des genres ( encore une question redoutable depuis le développement de la théorie du gender), l'aspiration à la vérité et enfin l'inclination à la vie en société en lien avec le sens d'autrui ( l'homme est animal "politique" comme disait les anciens).

Pourquoi défendre l'idée d'une loi naturelle? Et bien parce qu"ainsi entendue, la loi naturelle peut fonder solidement et soutenir la doctrine des droits de l'homme, au-delà des distinctions entre nations et races, époques et cultures. Elle est assez souple pour s'adapter aux inévitables différences et assez forte pour inspirer des convergences et des renouveaux, car la morale doit être un ferment de progrès si elle veut vraiment redevenir une science de la vie et de l'action." (p.121).

 

Bonne lecture!

 

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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 09:58

E.pngn ces temps des vacances, un petit livre très intéressant qui regroupe des prières de saint Thomas d'Aquin. L'ouvrage est présenté par Denis Sureau aux éditions de l'Emmanuel.

Dans son introduction, il nous présente le grand théologien comme un "poète eucharistique" et rappelle que ce sont sans doute ses prières qui ont été dans l'Eglise les plus chantées et priées. Pensons en effet au Lauda Sion, Pange Lingua; Tantum ergo ou encore l'Adoro te et n'oublions pas que toute une tradition attribue la prière "Ame du Christ" à notre aquinate. Il nous rappelle aussi que c'est le pape Urbain IV au XIIIème siècle qui institua la Fête Dieu et qu'il demanda à saint Thomas d'écrire les oraisons (prières) de cette messe.

Saint Thomas d'Aquin, durant sa jeunesse,  avait été formé à l'abbaye du Mont Cassin où il a pu étudié la liturgie, le chant grégorien... etc. Il n'est donc pas étonnant de le voir des années après composé antiennes et hymnes. Il affectionnait tout particulièrement la liturgiedes heures et introduira son beau Commentaire des psaumes en affirmant que "les psaumes contiennent toute la théologie". Ces prières pour les offices de la fête du Saint Sacrement sont donc ancrés dans la Tradition, il s'est appuyé sur les Ecritures et les pères pour les rédiger.

Si notre saint a accepté cette commande du pape, c'est aussi parce qu'il est le grand amoureux de l'eucharistie. Le Saint Sacrement est le centre de sa vie spirituelle. Il ne s'intéresse pas à l'eucharistie comme un simple objet d'étude.  Et comme je vous le faisais déjà remarqué, il n'est pas seulement "un intellectuel desséché, une "belle mécanique". C'était aussi un homme de prière, adonné à la contemplation, quittant tôt sa cellule le matin pour se rendre à la chapelle. Là, il adorait les bras en croix, ou se prosternait devant l'autel (...)".

Bref, c'est le poète, l'homme de foi fervent et le théologien qui sont salués dans cet ouvrage. Les hagiographes rapportent qu'il aurait déposé au pied du crucifix son manuscrit et que le Christ lui aurait dit: " Tu as bien écrit de moi!"

 

 

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" Aussi ce sacrement est-il le signe du plus grand amour et le réconfort de notre espérance en raison de cette si intime union au Christ" ( Somme Théologie, III, q. 75, a.1)

 

 

 

 

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 17:14

B.png

 

 

 

 

enoît XVI termine son enseignement sur saint Thomas par une présentation de son oeuvre et en particulier de la fameuse Somme Théologique: " Il s’agit d’un raisonnement serré, dans lequel l’application de l’intelligence humaine aux mystères de la foi procède avec clarté et profondeur, mêlant des questions et des réponses, dans lesquelles saint Thomas approfondit l’enseignement qui vient de l'Ecriture Sainte et des Pères de l'Eglise, en particulier saint Augustin. Dans cette réflexion, dans la rencontre de vraies questions de son époque, qui sont aussi et souvent des questions de notre temps, saint Thomas, utilisant également la méthode et la pensée des philosophes antiques, en particulier Aristote, arrive à des formulations précises, lucides et pertinentes des vérités de la foi, où la vérité est don de la foi, où elle resplendit et nous devient accessible, ainsi qu’à notre réflexion. Cependant, cet effort de l’esprit humain — rappelle saint Thomas à travers sa vie elle-même — est toujours éclairé par la prière, par la lumière qui vient d’En-haut. Seul celui qui vit avec Dieu et avec ses mystères pour comprendre ce qu’ils disent."

 

Le pape clarifie le plan et la structure de la Somme qu'il qualifie, à l'aide des mots du grand spécialiste de saint Thomas, Torell, ainsi : "une recherche de la plénitude de Dieu avec un «regard théologique»".

Saint Thomas part de Dieu et plus particulièrement " des trois différentes façons de l'être et de l’essence de Dieu".

Quelles sont-elles?

 * Dieu existe en lui même. Il est principe et fin de toutes choses. Toutes choses créées dépendent et procèdent de Lui.

 * Dieu est présent, par la Grâce, dans la vie et l'oeuvre du chrétien, de ses saints.

 * Dieu est présent d'une manière particulière en la personne du Christ et dans les sacrements qui naissent de l'eouvre rédemptrice.

Bref, le but de la Somme est simple, faire connaître Dieu selon ses trois façons. Saint Thomas suit un plan en trois parties qu'il expose lui-même: " (...) Dans l’intention d’exposer cette doctrine, nous traiterons en premier de Dieu; en deuxième du mouvement de la créature vers Dieu; et en troisième du Christ, qui, en tant qu’homme, est pour nous le chemin pour monter vers Dieu» (ibid., i, q. 2)." Benoît XVI commente: "C’est un cercle: Dieu en lui-même, qui sort de lui-même et nous prend par la main, afin qu’avec le Christ nous retournions à Dieu, nous soyons unis à Dieu, et Dieu sera tout en tous. "

Le saint père détaille rapidement les trois parties de la Somme: " La première partie de la Summa Theologiae enquête donc sur Dieu en lui-même, sur le mystère de la Trinité et sur l’activité créatrice de Dieu. Dans cette partie, nous trouvons également une profonde réflexion sur la réalité authentique de l’être humain en tant que sorti des mains créatrices de Dieu, fruit de son amour. D’une part nous sommes un être créé, dépendant, nous ne venons pas de nous-mêmes, mais de l’autre, nous avons une véritable autonomie, ainsi nous ne sommes pas seulement quelque chose d’apparent — comme disent certains philosophes platoniciens — mais une réalité voulue par Dieu comme telle, et qui possède une valeur en elle-même."

La seconde partie est celle qui intéresse le plus la théologie morale, en effet: "Dans la deuxième partie, saint Thomas considère l’homme, animé par la grâce dans son aspiration à connaître et à aimer Dieu pour être heureux dans le temps et pour l’éternité. L’auteur présente tout d’abord les principes théologiques de l’action morale, en étudiant comment, dans le libre choix de l’homme d’accomplir des actes bons, s’intègrent la raison, la volonté et les passions, auxquelles s’ajoute la force que donne la Grâce de Dieu à travers les vertus et les dons de l’Esprit Saint, ainsi que l’aide qui est offerte également par la loi morale. Ainsi, l'être humain est un être dynamique qui se cherche lui-même, qui aspire à être lui-même et cherche, de cette manière, à accomplir des actes qui l’édifient, qui le font devenir vraiment homme; et celui qui pénètre dans la loi morale, pénètre dans la grâce, dans sa propre raison, sa volonté et ses passions. Sur ce fondement, saint Thomas trace la physionomie de l’homme qui vit selon l’Esprit et qui devient, ainsi, une icône de Dieu. Saint Thomas s’arrête ici pour étudier les trois vertus théologales — la foi, l’espérance et la charité —, suivies de l’examen approfondi de plus de cinquante vertus morales, organisées autour des quatre vertus cardinales: la prudence, la justice, la tempérance et la force. Il termine ensuite par une réflexion sur les différentes vocations dans l'Eglise."

Je suis souvent étonnée par le nombre de personnes qui récriminent contre la morale. N'oublions pas que la morale est cette discipline qui étudie l'agir humain. Elle a pour but d'analyser, d'identifer les actes qui justement "édifient l'homme" qui l'aident à devenir ce qu'il est, c'est-à-dire un homme. La morale est ce qui aide à la construction de la personne humaine. Cette seconde partie est extrêmement riche tant par l'étude des vertus, que du rôle de la volonté, de la liberté... A lire et à méditer sans aucun doute!

Enfin, "Dans la troisième partie de la Summa, saint Thomas étudie le Mystère du Christ — le chemin et la vérité — au moyen duquel nous pouvons rejoindre Dieu le Père. Dans cette section, il écrit des pages presque uniques sur le Mystère de l’Incarnation et de la Passion de Jésus, en ajoutant ensuite une vaste réflexion sur les sept Sacrements, car en eux le Verbe divin incarné étend les bénéfices de l’Incarnation pour notre salut, pour notre chemin de foi vers Dieu et la vie éternelle et demeure presque présent matériellement avec la réalité de la création et nous touche ainsi au plus profond de nous-mêmes.".

Encore des lignes qui nous aident dans notre réflexion et dans notre vie de foi. Comment se dire chrétien et non pratiquant? Ne pas recevoir les sacrements, c'est ne pas profiter des "bénéfices de l'Incarnation".

 

Benoît XVI va à présent s'attarder non sans raison sur le sacrement de l'Eucharistie. Peut être ignorez-vous la grande dévotion qu'avait saint Thomas pour le saint sacrement? Il passait de nombreuses heures devant le tabernacle en prière et est l'auteur de nos plus classiques et célèbres prières eucharistiques. Que dit Saint Thomas de ce magnifique sacrement: "«L’Eucharistie étant le Sacrement de la Passion de notre Seigneur, elle contient Jésus Christ qui souffrit pour nous. Et donc, tout ce qui est l’effet de la Passion de notre Seigneur, est également l’effet de ce sacrement, n’étant autre que l’application en nous de la Passion du Seigneur» (In Ioannem, c.6, lect. 6, n. 963)."  Et comme le remarque le saint père, il est arrivé à plusieurs reprises à saint Thomas de célébrer la messe en versant des larmes "de joie et de gratitude". Quelle conscience éclairée de ce grand mystère!

Quelle est la conclusion du saint père? Suivre l'exemple de saint Thomas d'Aquin et d'être amoureux de l'Eucharistie: " Chers frères et sœurs, à l'école des saints, tombons amoureux de ce Sacrement! Participons à la Messe avec recueillement, pour en obtenir des fruits spirituels, nourrissons-nous du Corps et du Sang du Seigneur, pour être sans cesse nourris par la Grâce divine! Entretenons-nous volontiers et fréquemment, familièrement, avec le Très Saint Sacrement! "

J'entends souvent critiquer la pratique de l'adoration du saint sacrement ou encore affirmer qu'il n'est pas nécessaire de participer à l'eucharistie dominicale. Qu'il n'est pas nécessaire de se réunir à l'Eglise, que Dieu est présent dans n'importe quelle pièce. Parfois, j'entends aussi affirmer qu'à présent Dieu est partout, que le sacré n'est pas cantonné comme dans le judaïsme ancien dans le sanctuaire, dans le fameux Saint des saints.... Ce n'est pas faux mais le Dieu des chrétiens n'est pas un panthéisme à la Spinoza ou une sorte de dérivation de l'animisme.

De quelle manière Dieu est présent? Lisons un extrait de la constituion Sacra Liturgia: " Pour l'accomplissement d'une si grande oeuvre, le Christ est toujours là auprès de son Eglise, surtout dans les actions liturgiques. Il est là présent dans le sacrifice de la Messe, et dans la personne de son ministre, (...) et au plus haut point, sous les espèces eucharistiques. Il est là présent par sa vertu dans les sacrements au point que lorsque quelqu'un baptise, c'est le Christ lui-même qui baptise. Il est là présent dans sa parole, car c'est lui qui parle tandis qu'on lit dans l'Eglise les Saintes Ecritures. Enfin, il est là présent lorsque l'Eglise prie et chante les Psaumes, lui qui a promis: " Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là au milieu d'eux." (Mt 18, 20)."

Si Dieu est réellement présent dans la Messe, dans la Parole proclamée, dans l'Eglise qui se rassemble et prie les psaumes, dans les sacrements, Il est réellement et substantiellement présent dans le saint sacrement. Il présent " au plus haut point sous les espèces eucharistiques" pour reprendre l'expression du Concile.

 

Après avoir cité les deux grandes oeuvres de l'Aquinate, la Somme Théologique et la Somme contre les Gentils, il relève l'importance et la profondeur de sa prédication et de son enseignement oral. Toutes les discours ont été conservés dans un document nommé les Opuscules: " (....) où il explique le Symbole des Apôtres, interprète la prière du Notre Père, illustre le Décalogue et commente l'Ave Maria. Le contenu des prédications du Doctor Angelicus correspond presque tout entier à la structure du Catéchisme de l'Eglise catholique. En effet, dans la catéchèse et dans la prédication, à une époque comme la nôtre d'engagement renouvelé pour l'évangélisation, ces arguments fondamentaux ne devraient jamais faire défaut: ce que nous croyons, et voici le Symbole de la foi; ce que nous prions, et voici le Notre Père et l'Ave Maria; et ce que nous vivons comme nous l'enseigne la Révélation biblique, et voici la loi de l'amour de Dieu et du prochain et les Dix Commandements comme explication de ce mandat de l’amour."

 

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 11:28

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  oursuivons notre lecture de ce riche enseignement. Nous avons vu hier que raison et foi sont toutes deux des instruments de la connaissance mais elles : « font appel à des processus de connaissance différents. La raison accueille une vérité en vertu de son évidence intrinsèque, médiate ou immédiate; la foi, en revanche, accepte une vérité sur la base de l'autorité de la Parole de Dieu qui est révélée. Saint Thomas écrit au début de sa Summa Theologiae: «L'ordre des sciences est double; certaines procèdent de principes connus à travers la lumière naturelle de la raison, comme les mathématiques, la géométrie et équivalents; d'autres procèdent de principes connus à travers une science supérieure, c'est-à-dire la science de Dieu et des saints» (I, q. 1, a. 2). »

Cette distinction est très importante car elle permet l'indépendance des « disciplines ». C'est ce qui nous permettra de distinguer vérités scientifiques et vérité de la foi. Cela dit, elles ne peuvent jamais s'opposer en raison même comme on le soulignait hier de leur source unique: Dieu. Cette distinction précise le saint père: « implique plutôt une collaboration réciproque et bénéfique. »

Qu'apporte la foi à la raison? « La foi, en effet, protège la raison de toute tentation de manquer de confiance envers ses propres capacités, elle l'encourage à s'ouvrir à des horizons toujours plus vastes, elle garde vivante en elle la recherche des fondements et, quand la raison elle-même s'applique à la sphère surnaturelle du rapport entre Dieu et l'homme, elle enrichit son travail »

Quel est ensuite l'apport de la raison pour la foi? Saint Thomas relève un triple service de la raison dans son commentaire du De trinitate de Boèce: « Démontrer les fondements de la foi; expliquer à travers des similitudes les vérités de la foi; repousser les objections qui sont soulevées contre la foi» (q. 2, a. 2). »

Qu'est-ce que l'histoire de la théologie? Et bien la possible intelligibilité de notre foi qui n'est pas superstition, magie, peur fantasmagorique. Le langage théologique est un langage analogique. Pourquoi un langage analogique? Parce que « La distance entre Dieu, le Créateur, et l'être de ses créatures est infinie; la dissimilitude est toujours plus grande que la similitude (cf. DS 806). Malgré tout, dans toute la différence entre le Créateur et la créature, il existe une analogie entre l'être créé et l'être du Créateur, qui nous permet de parler avec des paroles humaines sur Dieu. »

Nous prenions l'autre jour l' exemple du mot « Père » pour désigner Dieu. On se rend bien compte ici qu'il s'agit d'une analogie et que Dieu n'est pas père seulement comme nous l'entendons dans la vie quotidienne. La paternité et la filiation divine ne peut pas se comprendre uniquement à travers nos schémas humains de la paternité et de la filiation.

Mais nous devons parler de Dieu. Cela signifie que nous parlons d'un Dieu infini, unique et pourtant trois personnes, à travers nos mots, notre langage ( avec toutes les difficultés propres au langage. Nous définissons par exemple Dieu comme celui qui « est » alors que dans certains dialectes orientaux le mot « être » n'existe même pas...), et notre pensée finie. Cela n'est pas sans difficulté et pourtant: « Dieu lui-même nous a parlé et nous a donc autorisés à parler de Lui. Je considère qu'il est important de rappeler cette doctrine »

Pourquoi le saint père insiste t'il aujourd'hui sur la valeur du langage analogique? Tout simplement parce que l'une des critiques de l'athéisme moderne et contemporain est justement l'affirmation que le langage religieux n'a pas de valeur objective car certains courants philosophiques pensent que: « l'homme ne connaît pas l'être, mais uniquement les fonctions qui peuvent être expérimentées par la réalité. Avec saint Thomas et avec la grande tradition philosophique, nous sommes convaincus qu'en réalité, l'homme ne connaît pas seulement les fonctions, objet des sciences naturelles, mais connaît quelque chose de l'être lui-même, par exemple, il connaît la personne, le Toi de l'autre, et non seulement l'aspect physique et biologique de son être »

Ce paragraphe est d'une rare importance car il nous montre que la foi, le langage religieux peut toucher la réalité même, qu'il a du sens!

 

Benoît XVI parvient alors sur un autre principe très important qui reflète aussi le lien entre raison et foi. Il aborde la question de la grâce en citant une des grandes formules classiques: la grâce n'abolit pas la nature mais la suppose et la perfectionne. Il rappelle aussi avec justesse que la nature n'est pas corrompue et bonne à jeter à cause du péché mais seulement « affaiblie et blessée ». Pessimistes et détracteurs de la nature humaine devraient méditer sur ces textes. Qu'est-ce que la grâce? Un don... c'est-à-dire quelque chose de gratuit, donné par Dieu, qui ne dépend pas de nous et qui nous est bénéfique: «  La grâce, diffusée par Dieu et communiquée à travers le Mystère du Verbe incarné, est un don absolument gratuit avec lequel la nature est guérie, renforcée et aidée à poursuivre le désir inné dans le cœur de chaque homme et de chaque femme: le bonheur. Toutes les facultés de l'être humain sont purifiées, transformées et élevées dans la Grâce divine. »

Le pape fait alors le lien avec la théologie morale et articule grâce, don du Saint Esprit et raison, loi naturelle et conscience morale: « Au centre de son enseignement dans ce domaine, il place la loi nouvelle, qui est la loi de l'Esprit Saint. Avec un regard profondément évangélique, il insiste sur le fait que cette loi est la Grâce de l'Esprit Saint donnée à tous ceux qui croient dans le Christ. A cette Grâce s'unit l'enseignement écrit et oral des vérités doctrinales et morales, transmises par l'Eglise. Saint Thomas, en soulignant le rôle fondamental, dans la vie morale, de l'action de l'Esprit Saint, de la Grâce, dont jaillissent les vertus théologales et morales, fait comprendre que chaque chrétien peut atteindre les autres perspectives du «Sermon sur la montagne» s’il vit un rapport authentique de foi dans le Christ, s'il s'ouvre à l'action de son Saint Esprit. Mais — ajoute saint Thomas d'Aquin — «même si la grâce est plus efficace que la nature, la nature est plus essentielle pour l'homme» (Summa Theologiae, Ia, q.29. a. 3), c'est pourquoi, dans la perspective morale chrétienne, il existe une place pour la raison, qui est capable de discerner la loi morale naturelle. La raison peut la reconnaître en considérant ce qu'il est bon de faire et ce qu'il est bon d'éviter pour atteindre le bonheur qui tient au cœur de chacun, et qui impose également une responsabilité envers les autres, et donc, la recherche du bien commun. En d'autres termes, les vertus de l'homme, théologales et morales, sont enracinées dans la nature humaine. La Grâce divine accompagne, soutient et pousse l'engagement éthique, mais, en soi, selon saint Thomas, tous les hommes, croyants et non croyants, sont appelés à reconnaître les exigences de la nature humaine exprimées dans la loi naturelle et à s'inspirer d'elle dans la formulation des lois positives, c'est-à-dire de celles émanant des autorités civiles et politiques pour réglementer la coexistence humaine. »

Nous reviendrons dans une prochaine note sur la loi naturelle mais méditons déjà ces paroles de Benoît XVI déjà très éclairantes: « Lorsque la loi naturelle et la responsabilité qu'elle implique sont niées, on ouvre de façon dramatique la voie au relativisme éthique sur le plan individuel et au totalitarisme de l'Etat sur le plan politique. La défense des droits universels de l'homme et l'affirmation de la valeur absolue de la dignité de la personne présupposent un fondement. Ce fondement n'est-il pas la loi naturelle, avec les valeurs non négociables qu'elle indique? »

 

Benoît XVI termine sa catéchèse par ces mots: « Thomas nous propose un concept de la raison humaine ample et confiant: ample, car il ne se limite pas aux espaces de la soi-disant raison empirique-scientifique, mais il est ouvert à tout l'être et donc également aux questions fondamentales et auxquelles on ne peut renoncer de la vie humaine; et confiant, car la raison humaine, surtout si elle accueille les inspirations de la foi chrétienne, est promotrice d'une civilisation qui reconnaît la dignité de la personne, le caractère intangible de ses droits et le caractère coercitif de ses devoirs. Il n'est pas surprenant que la doctrine sur la dignité de la personne, fondamentale pour la reconnaissance du caractère inviolable de l'homme, se soit développée dans des domaines de pensée qui ont recueilli l'héritage de saint Thomas d'Aquin, qui avait une conception très élevée de la créature humaine. Il la définit, à travers son langage rigoureusement philosophique, comme «ce qui se trouve de plus parfait dans toute la nature, c'est-à-dire un sujet subsistant dans une nature rationnelle» (Summa Theologiae, Ia, q. 29, a. 3). »

 

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20 juillet 2010 2 20 /07 /juillet /2010 11:24

A.png vec un peu de retard, reprenons la lecture des audiences du saint Père qui continue ce mercredi 16 juin sa courte présentation du grand maître spirituel qu'est saint Thomas d'Aquin.

Il débute cette deuxième catéchèse par nous rappeler l'importance de son oeuvre, de sa pensée et la nécessité de l'étudier. Je ne peux qu'abonder dans son sens mais qui malheureusement lit réellement le docteur angélique? En fait, saint Thomas est aujourd'hui un grand inconnu dans l'Eglise catholique alors que le décret Optatam totius, sur la formation au sacerdoce, demande explicitement que nos futurs prêtres l'étudient: « pour éclairer aussi pleinement que possible les mystères du salut, les séminaristes apprendront à pénétrer plus profondément au moyen de la spéculation, sous la conduite de saint Thomas, et à découvrir leur lien mutuel; (...) » Il est aussi conseiller par la déclaration Gravissimum educationis, qui traite de l'éducation chrétienne: « (…) grâce à un examen plus attentif des questions et recherches nouvelles de la période actuelle, on reconnaisse et on discerne mieux comment la foi et la science visent une unique vérité, en marchant sur les traces des docteurs de l'Eglise, et particulièrement saint Thomas d'Aquin. »

Pourquoi ne peut on éviter l'enseignement de l'Aquinate? Benoît XVI nous l'explique en termes clairs et précis: «  La principale raison de cette estime réside non seulement dans le contenu de son enseignement, mais aussi dans la méthode qu'il a adoptée, notamment sa nouvelle synthèse et distinction entre philosophie et théologie. »

Quelle est la nouveauté de saint Thomas par rapport aux pères de l'Eglise? Ceux-ci déjà baignaient dans une philosophie platonicienne ( et stoïcienne) et ils « avaient élaboré une vision complète de la réalité, en partant de la foi et en utilisant des éléments du platonisme, pour répondre aux questions essentielles des hommes. Cette vision, basée sur la révélation biblique et élaborée avec un platonisme corrigé à la lumière de la foi, ils l’appelaient «notre philosophie». Bref, la philosophie n'était pas un système purement rationnel et, en tant que tel, distinct de la foi, mais indiquait une vision d'ensemble de la réalité, construite à la lumière de la foi. Saint Thomas découvre avec les théologiens de son époque le grand Aristote et par conséquent un système philosophique élaboré sans aucune connaissance de la Bible. Aristote explique le monde, le Réel sans apport aucun de la foi. Saint Thomas repense le rapport philosophie/théologie et foi/raison: «  Il existait une «philosophie» complète et convaincante en elle-même, une rationalité précédant la foi, et puis la «théologie», une pensée avec la foi et dans la foi. »

Une nouvelle question surgit alors qui conserve encore toute son actualité: «  le monde de la rationalité, la philosophie pensée sans le Christ, et le monde de la foi sont-ils compatibles? Ou bien s'excluent-ils? » Saint Thomas pense, comme nous l'avons déjà souligné dans d'autres notes, qu'ils sont compatibles. Philosophie et théologie sont à la fois indépendantes et en relation réciproque. A chaque débat au cours de l'histoire où l'on a voulu séparer et surtout opposer foi et raison, le saint siège nous a montré en exemple comme « guide du dialogue » saint Thomas.

Foi et raison sont désignées au même titre comme « instruments de connaissance » alors que souvent nous dénigrons l'une ou l'autre. Et je ne suis pas certaine que les catholique convaincus qui privilégient sans cesse la connaissance de la foi et du coeur sans jamais se former et étudier aident beaucoup au dialogue! Souvenons-nous en effet que toutes deux procèdent de la même réalité, de la même vérité: Dieu.

« La foi consolide, intègre et illumine le patrimoine de vérité que la raison humaine acquiert. La confiance que saint Thomas accorde à ces deux instruments de la connaissance — la foi et la raison — peut être reconduite à la conviction que toutes deux proviennent de l'unique source de toute vérité, le Logos divin, qui est à l'œuvre aussi bien dans le domaine de la création que dans celui de la rédemption »

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 20:00

B.pngenoît XVI reprend aujourd'hui ses catéchèses sur les grandes figures du Moyen Age. Après Saint Bonaventure il aborde aujourd'hui le versant dominicain avec notre cher et bien-aimé Saint Thomas d'Aquin. Vous pouvez retrouver comme d'habitude l'audience vidéo sur le site du saint siège.

 

Dans son introduction, le saint père nous rappelle combien Saint Thomas est un auteur incontournable et qu'il reste le modèle du théologien: "Il n'est donc pas surprenant que, après saint Augustin, parmi les écrivains ecclésiastiques mentionnés dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, saint Thomas soit cité plus que tout autre, pas moins de soixante et une fois! Il a également été appelé Doctor Angelicus, sans doute en raison de ses vertus, en particulier le caractère sublime de sa pensée et la pureté de sa vie."

 

Il rappelle briévement les étapes de sa vie: sa naissance près d'Aquin en 1224/1225, sa première instruction reçue au Mont Cassin, ses études à l'Univesité où il est initié à la pensée grecque et en particulier celle d'Aristote, la naissance de sa vocation comme dominicain et l'opposition de sa famille. En 1245, majeur, "il put reprendre son chemin de réponse à l'appel de Dieu. Il fut envoyé à Paris pour étudier la théologie sous la direction d'un autre saint, Albert le Grand (...)".

Albert le Grand eut une influence considérable sur Saint Thomas et une véritable et profonde amitié naquit entre les deux hommes. Pendant ces années, de Paris à Cologne, l'aquinate approfondit Aristote et les commentateurs arabes comme Avicenne et Averroes.

On redécouvre en effet Aristote et les grands penseurs et théologiens de l'époque se disputent sur plusieurs points: "A cette époque, la culture du monde latin avait été profondément stimulée par la rencontre avec les œuvres d'Aristote, qui étaient demeurées longtemps inconnues. Il s'agissait d'écrits sur la nature de la connaissance, sur les sciences naturelles, sur la métaphysique, sur l'âme et sur l'éthique, riches d'informations et d'intuitions, qui apparaissaient de grande valeur et convaincants. Il s'agissait d'une vision complète du monde, développée sans et avant le Christ, à travers la raison pure, et elle semblait s'imposer à la raison comme "la" vision elle-même:  cela était donc une incroyable attraction pour les jeunes de voir et de connaître cette philosophie. De nombreuses personnes accueillirent avec enthousiasme, et même avec un enthousiasme acritique, cet immense bagage de savoir antique, qui semblait pouvoir renouveler avantageusement la culture, ouvrir des horizons entièrement nouveaux. D'autres, toutefois, craignaient que la pensée païenne d'Aristote fût en opposition avec la foi chrétienne, et se refusaient de l'étudier. Deux cultures se rencontrèrent:  la culture pré-chrétienne d'Aristote, avec sa rationalité radicale, et la culture chrétienne classique. Certains milieux étaient conduits au refus d'Aristote également en raison de la présentation qui était faite de ce philosophe par les commentateurs arabes Avicenne et Averroès."

 

Quel est l'apport de Saint Thomas sur ces questions? Et bien il s'agit d' "une opération d'une importance fondamentale pour l'histoire de la philosophie et de la théologie, je dirais même pour l'histoire de la culture:  il étudia à fond Aristote et ses interprètes, se procurant de nouvelles traductions latines des textes originaux en grec. Ainsi, il ne s'appuyait plus seulement sur les commentateurs arabes, mais il pouvait également lire personnellement les textes originaux, et commenta une grande partie des œuvres d'Aristote, en y distinguant ce qui était juste de ce qui était sujet au doute ou devant même être entièrement rejeté, en montrant la correspondance avec les données de la Révélation chrétienne et en faisant un usage ample et précis de la pensée d'Aristote dans l'exposition des écrits théologiques qu'il composa."

Saint Thomas réalise et met en avant quelque chose de capital et de fondamental: foi et raison ne sont pas opposées mais se complètent et s'harmonisent. Ce n'est pas pour rien que Jean Paul II cite à de nombreuses reprises notre docteur angélique dans son encyclique Fides et ratio.

"Et telle a été la grande œuvre de Thomas qui, en ce moment de conflit entre deux cultures - ce moment où il semblait que la foi devait capituler face à la raison - a montré que les deux vont de pair, que ce qui apparaissait comme une raison non compatible avec la foi n'était pas raison, et que ce qui apparaissait comme foi n'était pas la foi, si elle s'opposait à la véritable rationalité; il a ainsi créé une nouvelle synthèse, qui a formé la culture des siècles qui ont suivi."

 

Saint Thomas d'Aquin fut alors envoyé à Paris comme professeur. Il nous étonne par son immense production littéraire et intellectuelle qui tient du prodige: la Somme Théologique, la Somme contre les Gentils, la chaîne d'or, les commentaires d'Aristote, les commentaires des Ecritures, les questions disputées....

Le saint père rappelle aussi, et à juste titre, que Saint Thomas n'est pas seulement un théologien hors du commun, c'est aussi l'homme de l'amitié et surtout un de nos plus grands mystiques. C'était un amoureux de l'eucharistie qui priait des heures devant le saint sacrement pour déposer les questions intellectuelles. On lui doit de nombreux hymnes et magnifiques prières : "Le Pape Urbain IV, qui nourrissait à son égard une grande estime, lui commanda la composition de textes liturgiques pour la fête du Corpus Domini, que nous célébrons demain, instituée suite au miracle eucharistique de Bolsena. Thomas eut une âme d'une grande sensibilité eucharistique. Les très beaux hymnes que la liturgie de l'Eglise chante pour célébrer le mystère de la présence réelle du Corps et du Sang du Seigneur dans l'Eucharistie sont attribués à sa foi et à sa sagesse théologique."

C'était aussi un excellent orateur et professeur et l'on connait l'enthousiasme de ses étudiants. Il était aussi en bon dominicain un prédicateur hors-classe car il savait parler avec "simplicité et ferveur". Se faire comprendre d'une assemblée dominicale est une grande grâce et une grande vertu car malheureusement les prêcheurs oublient parfois qu'ils sont là pour se faire comprendre et édifier l'assemblée et non se faire plaisir par des discours longs et abscons.

 

Comment se termine la vie de ce grand maître? Dans le mystère et l'humilité. Benoît XVI évoque ici un bel épisode mystique de la vie de notre saint: "Les derniers mois de la vie terrestre de Thomas restent entourés d'un climat particulier, mystérieux dirais-je. En décembre 1273, il appela son ami et secrétaire Réginald pour lui communiquer sa décision d'interrompre tout travail, parce que, pendant la célébration de la Messe, il avait compris, suite à une révélation surnaturelle, que tout ce qu'il avait écrit jusqu'alors n'était qu'"un monceau de paille". C'est un épisode mystérieux, qui nous aide à comprendre non seulement l'humilité personnelle de Thomas, mais aussi le fait que tout ce que nous réussissons à penser et à dire sur la foi, aussi élevé et pur que ce soit, est infiniment dépassé par la grandeur et par la beauté de Dieu, qui nous sera révélée en plénitude au Paradis. Quelques mois plus tard, absorbé toujours davantage dans une profonde méditation, Thomas mourut alors qu'il était en route vers Lyon, où il se rendait pour prendre part au Concile œcuménique convoqué par le Pape Grégoire X. Il s'éteignit dans l'Abbaye cistercienne de Fossanova, après avoir reçu le Viatique avec des sentiments de grande piété. "

 

Le saint père nous présente ici rapidement les grandes lignes de la vie et de l'enseignement de ce docteur de l'Egllise Espérons qu'une autre catéchèse lui sera dédiée...

"La vie et l'enseignement de saint Thomas d'Aquin pourrait être résumés dans un épisode rapporté par les anciens biographes. Tandis que le saint, comme il en avait l'habitude, était en prière devant le crucifix, tôt le matin dans la chapelle "San Nicola" à Naples, Domenico da Caserta, le sacristain de l'Eglise, entendit un dialogue. Thomas demandait inquiet, si ce qu'il avait écrit sur les mystères de la foi chrétienne était juste. Et le Crucifié répondit:  "Tu as bien parlé de moi, Thomas. Quelle sera ta récompense?". Et la réponse que Thomas donna est celle que nous aussi, amis et disciples de Jésus, nous voudrions toujours lui dire:  "Rien d'autre que Toi, Seigneur!" (Ibid., p. 320). "

 

 

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 23:25

P.pngour terminer ma phase "Mattéo Ricci", j'ai donc commandé son petit Traité de l'Amitié aux Editions Noé. C'est déjà un très joli livre en édition bilingue pour les sinologues confirmés cela peut être intéressant.

Il se présente sous la forme de petites maximes, apophtègmes autour du thème de l'amitié, de l'ami. 100 petits paragraphes où notre auteur a essayé de transcrire tout ce qu'il savait sur ce sujet en s'appuyant sur sa grande connaissance des auteurs occidentaux. N'oublions pas qu'il avait une mémoire phénomènale. Les plus avertis pourront faire des  parallèles avec Montaigne et relire Aristote sur ce sujet.

 

Je vous laisse ici quelques  "pensées"... Ceux qui se vantent d'avoir des centaines d'amis sur facebook vont se sentir, j'en ai peur, bien penauds!

 

n°7: " Il faut se montrer prudent avant de nouer une amitié, digne de confiance après."

 

n°8: "Les hommes les plus intelligents se trompent parfois: ils se comptent plus d'amis qu'il n'en ont en vérité. (L'idiot se vante d'avoir des amis lorsqu'il n'en a pas, le sage se trompe en pensant qu'il en a beaucoup alors qu'il en a peu)."

 

n°9: "Si un ami attend quelque chose en retour d'un présent, il ne s'agit plus d'un présent, mais d'un simple marché."

 

n°29: "L'ami partage tout ce qu'il possède."

 

n°49: " Sur toute chose je peux consulter mes amis et avec eux prendre les décisions nécessaires, mais je dois savoir auparavant qui sont mes amis."

 

n°67: " Qui habite une teinturerie, fréquente le teinturlier et s'approche des teintures, évitera difficilement de se salir. Qui se fait ami avec un vaurien, n'entend et ne voit que ses méfaits, l'imitera nécessairement et souillera son coeur."

et a contrario

n°68: " Chaque fois que je rencontre par hasard un ami sage, fût-ce pour un très bref instant, ma volonté de faire le bien s'en trouve encouragée."

 

n°76: "L'amitié est la richesse du pauvre, la force du faible, le remède du malade."

 

n°79: "Un monde sans amis serait comme un ciel sans soleil, un corps sans yeux."

 

n°82: "Un ami flatteur, n'est pas un ami, mais un voleur: d'ami il ne fait qu'usurper le nom."

 

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 13:48

P.pngour ceux qui veulent approfondir un peu la pensée de Matteo Ricci, je leur conseille de lire directement ses oeuvres et en particulier le Traité de l'Amitié que vous trouverez aux éditions Noé.

 

En complément, je vous laisse ici en compagnie de Jean Paul II qui avait fait un très beau discours en 2001 à l'occasion d'un congrès international ayant pour titre: " Matteo Ricci: pour un dialogue entre la Chine et l'Occident.". Je ne recopie ici quelques extraits mais le message vaut d'être lu dans sa totalité. Le saint père en s'appuyant sur le Traité de l'Amitié de notre missionnaire montre combien il est nécessaire pour l'occident et la Chine de renouer un dialogue d'amitié entre eux deux. C'est un message plein de réalisme sur la situation de l'Eglise en Chine empli d'espérance et de confiance.

 

"La rencontre d'aujourd'hui nous conduit tous par l'esprit et par les sentiments à Pékin, la grande capitale de la Chine moderne, capitale de l'"Empire du Milieu" au temps du Père Ricci. Après avoir étudié pendant vingt-et-un ans, de façon attentive et passionnée, la langue, l'histoire et la culture de la Chine, il entrait à Pékin, résidence de l'Empereur, le 24 janvier 1601. Accueilli avec tous les honneurs, estimé et souvent consulté par des lettrés, des mandarins et des personnes souhaitant apprendre les nouvelles sciences dont il était un fervent amateur, il vécut le reste de ses jours dans la capitale impériale, où il mourut saintement le 11 mai 1610, à l'âge de 57 ans, dont presque 28 années passées en Chine. (...)"

 

"Cette même Chine éprouve, depuis quatre siècles, une profonde considération pour Li Madou, "le Sage d'Occident", comme fut désigné et est encore appelé le Père Matteo Ricci. Historiquement et culturellement il a été, en tant que pionnier, un précieux anneau de jonction entre la culture européenne de la renaissance et la culture de la Chine, ainsi que, réciproquement, entre la civilisation chinoise, antique et avancée, et le monde européen.

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le noter, avec une intime conviction, en m'adressant aux participants au Colloque international d'études sur le Père Ricci, organisé pour le IV centenaire de l'arrivée de Matteo Ricci en Chine (1582-1982), il joua un rôle de grand mérite dans l'inculturation:  il élabora la terminologie chinoise de la théologie et de la liturgie catholique, créant ainsi les conditions pour faire connaître le Christ et incarner son message évangélique et l'Eglise dans le contexte de la culture chinoise (cf. Insegnamenti di Giovanni Paolo II, II, vol. V/3, 1982, Libreria Editrice Vaticana, 1982, 923-925). Le Père Matteo Ricci devint tellement "Chinois  avec  les  Chinois"  qu'il se transforma en véritable sinologue, au sens culturel et spirituel le plus profond du terme, car il sut atteindre dans sa personne une extraordinaire harmonie intérieure entre le prêtre et le chercheur, entre le catholique et l'orientaliste, entre l'italien et le chinois. (...)"

 

"Un  des  aspects  qui  rendent l'oeuvre du Père Ricci en Chine originale et toujours actuelle, est la profonde sympathie qu'il nourrit dès le début à l'égard du peuple chinois, en ce qui concerne son histoire, sa culture et ses traditions. Le petit Traité sur l'Amitié (De Amicitia - Jiaoyoulun), qui remporta un grand succès en Chine dès la première édition parue à Nankin en 1595, et le vaste et intense réseau d'amitiés qu'il développa et cultiva au cours de ses 28 années de vie dans ce pays, demeurent un témoignage irréfutable de sa loyauté, de sa sincérité et de sa fraternité envers le peuple qui l'avait accueilli. Ces sentiments et ces attitudes de très profond respect naissaient de l'estime  qu'il  éprouvait  pour  la  culture de la Chine, au point de le conduire à étudier, traduire et expliquer l'antique tradition confucianiste, proposant ainsi une revalorisation des classiques chinois.

Dès les premiers contacts avec les Chinois, le père Ricci fonda toute sa méthodologie scientifique et apostolique sur deux piliers, auxquels il resta fidèle jusqu'à la mort, malgré les multiples difficultés et incompréhensions internes et externes:  premièrement, les néophytes chinois qui embrassaient le christianisme ne devaient en aucune façon manquer de loyauté à l'égard de leur pays; deuxièmement, la révélation chrétienne sur le mystère de Dieu n'annihilait absolument pas, mais valorisait et complétait même ce qui était beau et bon, juste et saint, dans l'antique tradition chinoise, ce dont elle avait  eu  l'intuition  et qu'elle avait transmis.

C'est sur cette intuition que le Père Ricci, de la même façon que l'avaient fait les Pères de l'Eglise des siècles passés, lors de la rencontre entre le message de l'Evangile de Jésus-Christ et la culture gréco-romaine, fonda tout son patient et clairvoyant travail d'inculturation de la foi en Chine, en cherchant constamment un terrain commun d'entente avec les sages de ce grand pays. (...)"

 

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 13:03

V.pngoilà un homme dont je n'avais jamais entendu parlé il y a une semaine et depuis ce n'est que "Matteo Ricci" par là et "Matteo Ricci" par ci.

Mercredi dernier, je pars courageusement- affrontant les grèves de la SNCF- vers Nancy et je tombe sur un article fort intéressant sur ce grand missionnaire dans le mensuel Il est vivant et voilà qu'en arrivant à destination, un cadeau de mon parrain m'attendait: Lettres à Matteo Ricci par An Huot aux éditions Bayard.

 

Le livre conte l'histoire d'une rencontre entre l'auteur qui signe ici de son nom chinois et le jésuite Mattéo Ricci. Un dialogue s'installe entre les deux. On parcourt ainsi les grandes étapes de la vie du missionnaire: naissance en Italie, formation par les plus grands de son temps, étape au Portugal, voyage vers l'Orient, ordination en Inde et enfin "débarquement en Chine". En parallèle, le chemin d'An Huo: sa découverte du Dictionnaire Ricci des caractères chinois, ses voyages en Chine, son apprentissage de la langue et son approfondissement de la pensée chinoise...

 

C'est un Matteo Ricci humaniste et scientifique qui nous est présenté dans cet ouvrage. L'homme de science qui petit à petit grapille du terrain en Chine pour parvenir à son but: l'empereur. Pas de conversion massive mais le précurseur de l'inculturation dans l'évangélisation. Il n'avance pas directement ses thèses mais vit de sa foi dans la secret de sa vie privée tout en apprenant en parallèle cette civilisation si différente de la notre: langue, rites... Il choisira par exemple d'abandonner le costume "jésuite" pour celui de "lettré chinois" pour accéder ainsi à la sphère élitiste. Il se dit aussi que si les chinois le prenne au sérieux et le croit sur les questions de science: mathématiques, astronomie... Ils le croiront ensuite sur les questions de foi. D'emblée, il ne rejette pas le confuciannisme comme une simple erreur ou superstition mais apprend à connaître cette sagesse.  Il découvre ainsi dans le confuciannisme l'expression " Seigneur du ciel" comme le note l'auteur et l'assimile si je puis dire au nom du Dieu biblique.

 

Son travail est immense, traduction en chinois des Eléments d'Euclide, un Traité sur l'Amitié, travaux sur des cartes... Il réalise entre autres une magnifique mappemonde dont un exemplaire sera offert à l'empereur. Pour ne choquer là encore une fois il décide de placer la Chine au centre de son planisphère et ensuite de dessiner tous les autres pays et continents à partir de ce "centre".

 

Les grandes questions et difficultés de l'inculturation sont évoquées rapidement dans l'ouvrage. Parmi elles, la question du culte des ancêtres. Doit-on le condamner comme culte idôlatre où n'est-ce qu'une manifestation culturelle du commandement "tu honoreras ton père et ta mère."?Il en va de même pour les rites liés à l'empereur. Est-ce que ce sont des rites civiques qui peuvent être acccomplis par les chrétiens ou est-ce des rites religieux???? La question de la polygamie et des concubines...

La question vestimentaire n'est pas réellement traitée mais sous-entendue. Elle a toute son importance encore aujourd'hui. Qu'est-ce qui est du domaine de la foi, du dogme et qui ne peut être modifier selon les coutumes, les époques et les cutlures et qu'est ce qui est justement propre au "rite" culturel? Les jésuites autour de Matteo Ricci avaient par exemple demander l'autorisation de célébrer la messe tête couverte car une tête nue est scandaleuse pour le peuple chinois et marque un profond "irrespect".. L'inverse de nos coutumes occidentales. Peut-on célébrer avec de l'alcool de riz l'eucharistie car on ne peut trouver de vin en Chine ou très difficilement?...

Toutes ces questions soulevées par cette première mission agiteront beaucoup l'Eglise... Je pense encore à la question des rites funéraires, long débat avec l'Eglise romaine. Il faudra attendre Pie XII en 1938 pour reconnaître le caractère "non religieux" des rites funéraires chinois et donc les "autoriser".

 

Un ouvrage plaisant à lire que je vous conseille. Vous ne passerez pas beaucoup de temps à parcourir ces quelques centaines de pages. Un poète, un homme de science, de vérité, rempli d'humanisme, un sage, un ami. Voilà ce que l'on découvre de ce grand pionnier de l'évangélisation. En revanche, l'homme de foi est peu présent et parfois des questionnements anachroniques ( celle de la place de la femme chinoise par exemple) viennent alourdir le contenu. On frise parfois, à mon avis, le syncrétisme alors que l'homme de Dieu voulait apprendre la philosophie chinoise pour montrer qu'il pouvait apporter "un plus". Ce plus étant la Révélation et le Christ lui-même. On est donc un peu déçu de cet humanisme " humain trop humain" qui surgit à plusieurs endroits mais ce livre reste une bonne introduction générale à Mattéo Ricci dont on fête cette année le 400ème anniversaire de sa mort.

 

Je laisse pour finir la parole à Matteo Ricci cité par An Huo à la page 97: " Quant à ce que vous me faites savoir de Rome qu'on voudrait y apprendre quelque grande conversion en Chine, sachez que moi, et tous les pères qui y résident, nous ne songeons qu'à cela de jour et de nuit; et c'est dans cette intention que nous sommes ici, ayant quitté notre patrie et nos amis très chers, habillés et chaussés à la chinoise, ne parlant, ne buvant, ne logeant qu'à la chinoise, mais Dieu ne veut pas que l'on voie encore d'aussi grands fruits de nos travaux. Et pourtant, je crois que le résultat de nos oeuvres supporte la comparaison avec celui d'autres missions qui apparemment, opèrent des merveilles, et même il peur leur être préféré: car, en ce moment, nous ne sommes pas en Chine pour récolter ni même pour semer, mais seulement pour défricher les épaisses forêts et nous battre avec les serpents venimeux qui y logent. Avec la grâce de Dieu, d'autres viendront qui pourront écrire sur les conversions et la ferveur des chinois, mais que votre Révérence sache bien qu'il fallait d'abord agir comme nous le faisons et qu'on devra nous attribuer la plus grande part de mérite, si toutefois nous accomplissions notre tâche avec la charité convenable."

 

 

 

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 12:34

R.pngien de tel qu'un peu de silence pour se "rebooster".

Je reviens donc de Venasque où se trouve l'Institut Notre-Dame de vie avec son studium, son lieu de pélerinage... Celui-ci fut fondé par le père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus actuellement en voie de béatification. L'Institut comporte une branche sacerdotale (prêtres), une branche de consacrés ainsi que des foyers attachés à la spiritualité. Tous, quelque soit leur état de vie pratique, dans l'esprit carmélitain, l'oraison.

Je vous conseille d'y aller à l'occasion. Venasque est un beau petit village où vous pourrez visiter entre autre un magnifique baptisère construit sur des vestiges romains et les tours 'sarrazines". La région est magnifique et ne manque pas de ballades: Avignon, Carpentras, Le Barroux, Vaison la Romaine, Sénanque, le Mont Ventoux...

Entre visites, ballades et offices, rien de tel que de s'asseoir avec un petit bouquin sous les cerisiers en fleurs. Ce que je n'ai pas manqué de faire, abandonnant cependant le dernier Zafon- qui ne collait pas trop avec l'ambiance- pour un livre autobiographique trouvé sur place, La Nuit privée d'étoiles de Thomas Merton.

 

"Je naquis le 31 janvier 1915, à l'ombre des Pyrénées, libre à l'image de Dieu et prisonnier de ma nature violente et égoïste, à l'image du monde. C'était l'époque où , à quelques centaines de kilomètres de la maison, au fond des tranchées boueuses, des hommes pourrissaient parmi les cheveaux et les canons brisés"

L'auteur  raconte ainsi son itinéraire, son enfance mouvementée de la France aux Etats-Unis en passant par l'Angleterre. La mort de ses parents, sa jeunesse débridé, tournée essentiellement vers les bars et les amusements multiples et variés. Son attirance pour le communisme, ses essais pour les divers cultes protestants, ses premiers romans. Tout y passe. Enfin, sa conversion, son baptême dans l'Eglise catholique et très vite son désir d'être prêtre et même moine. Il fait une demande pour entrer chez les franciscains qui sera refusé. Devenu professeur il fait la rencontre de la "baronne", une femme russe chassée de la Russie par la révolution de 1917, avec qui il découvre Harlem. Il rend alors service dans ce quartier misérable au sein de la "Maison de l'Amitié".... Toujours avec au fond de lui, ce désir d'être prêtre, d'être moine qu'il rejette puisqu'il n'a pas la vocation. Une conscience très aigue de ce qu'est le véritable péché: " le refus formel, délibéré, de l'amour désintéressé, simplement parce que nous ne voulons pas, parce qu'il ne nous convient pas d'être aimé". Thomas Merton a conscience de sa responsabilité personnelle dans la violence, la guerre qui monte dans le monde. Mais face à l'universalité du péché, tel saint Paul, il prend aussi conscience que la charité surabonde. Conscience que les actes qu'il commet à son niveau peut changer quelque chose: " on n'a pas idée de ce que peut faire un seul saint car la sainteté est plus forte que tout l'enfer réuni". Petit à petit, en solitaire, notre futur moine, se forme, approfondi Saint Thomas d'Aquin avec la Somme Théologique puis Saint Augustin avec Les Confessions... Ne pouvant entré chez les franciscains, il décide de vivre cependant une forte vie de prière et s'achète rapidement un bréviaire et découvre ainsi les bienfaits de la prière quotidienne: dans le train, en pleine nature, au fond d'une petite église. Il grandit dans son amour du Christ par la pratique régulière des sacrements.

Puis tout se bousculera, la Providence lui lance des clins d'oeil à travers des amis, des personnes insolites. Il est séduit alors par les chartreux mais l'ordre n'existe pas en Amérique et l'Europe est tombée sous la domination nazie. Il "échoue" alors pour sa plus grande joie à la Trappe ( les cisterciens de stricte observance) et vit alors sous la belle devise "Dieu seul". Une vie entièrement tournée vers Dieu par le travail et la prière. L'ouvrage se termine par la mort de son jeune frère Jean Paul, aviateur qui meurt lors d'un raid en Europe...

 

On a parfois parlé de cet ouvrage comme les "confessions" des temps modernes. Cette descente aux enfers puis la joie et la paix trouvées au fond d'un monastère du Kentucky. Cet ouvrage est remarquable de part  son humanisme , sa poésie et sa spiritualité profonde. On est frappé par la sincérité de l'auteur, par son idéal, sa recherche éperdue de bonheur qui le conduira à Dieu. Les étapes de ce chemin sont étonnantes, des lectures, des poèmes. Il évoquera à plusieurs endroits Joyces, Blake et Hopkins et puis la rencontre avec Saint Thomas à travers le livre d'Etienne Gilson, L'esprit de la philosophie médiévale. C'est à partir de là qu'il saisit que la religion et en particulier la foi chrétienne n'est pas simple superstition: " Il y avait là une notion de Dieu à la fois profonde, précise, simple et juste."  Ce n'est qu'une étape sur ce chemin de salut et Merton nous les décrit toutes: des rencontres, des amitiés, des lectures comme l'Imitation de Jésus Christ ou les Confessions. C'est un parcours long et laborieux mais où l'on découvre l'action de Dieu dans la vie ordinaire, où l'on découvre le rôle de la communion des saints et comme il l'écrit si justement: "Notre salut se fait par des choses naturelles, ordinaires et moyennes. Il en fut ainsi pour moi: livres, idées, poèmes, récits, tableaux, musique, architecture, villes, paysages, systèmes philosophiques devaient servir de matériaux à la grâce."

 

Le livre s'achève sur une réflexion sur la vie intérieure et la contemplation. On comprend très bien que vie monastique ne signifie pas fuite hors du monde. De la solitude naît une solidarité profonde et mystérieuse. Tout ceux qui auront déjà vécu une retraite dans une abbaye cistercienne se souviendront combien le monde est présent lors des Vigiles, premier des offices pour ces moines qui se lèvent pour prier et faire oraison à 4h00 alors que les autres dorment.

 

Un livre à lire!

"Comment aurais-je pu aimer Dieu, tant que toutes mes actions étaient pour moi, non pour Lui, tant que je ne me fais pas à Son aide, mais m'appuyais sur mes propres lumières et sur mes talents?"

 

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