Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 16:17

R.pngetrouvez en ligne sur le site du Vatican l'audience du jour sur l'octave de pâques dont voici un avant goût:


"Chers Frères et Sœurs,

En ces jours, l'Église est inondée par la joie et la lumière de Pâques. Dans toute l’histoire du monde, l’annonce surprenante: «C’est vrai, le Seigneur est ressuscité: il est apparu à Simon -Pierre!» Le triomphe du Christ sur le mal et sur la mort! La Pâque du Christ est un événement absolument extraordinaire, le fruit le plus beau parvenu à maturité du «Mystère de Dieu» et c’est toutefois un fait ‘historique’, réel, l’événement qui fonde toute notre foi. Dieu en confie l’annonce à ses messagers pour qu’ils la transmettent à tous. 24,34) est la Bonne nouvelle par excellence, l

Nous voulons remercier Dieu pour les innombrables croyants en Christ qui nous ont précédés, parce qu’ils n’ont pas manqué à la mission d’annoncer l’Évangile qu’ils avaient reçue. Aujourd’hui comme hier, le Seigneur travaille avec ses témoins, semant des germes d’une paix vraie et durable et accomplissant avec eux des œuvres merveilleuses. Nous serons ses témoins si nous sommes en référence constante avec l’expérience pascale, celle de Marie-Madeleine annonçant aux disciples: «J’ai vu le Seigneur» (Jn 20,18).

Puisse cette rencontre personnelle avec le Ressuscité être le fondement de notre foi et laisser transparaître en nous le prodige de son amour!"

 

SaintThomasdAquin.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Lectures
commenter cet article
24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 22:03

P.pngoursuivons joyeusement notre lecture des catéchèses de Benoît XVI présentées lors des audiences du mercredi. Encore une fois, je vous conseille de les consulter dans leur totalité sur le site du saint siège. Cette dernière est sous la forme d'une vidéo.

En ce moment, nous sommes gâtés... ce sont tous mes petits préférés qui se profilent: les grands maîtres de la scolastique lorsque celle-ci n'était pas encore devenue pure érudition et rhétorique creuse.

 

Aujourd'hui, un des grands théologiens inévitables de l'école dominicaine : Albert le Grand.... Méditons et revenons sur ces grands penseurs qui avaient compris que les sciences, les études pouvaient être de "véritable chemin de sainteté". Il faut faire attention comme l'a très souvent fait remarqué Jean Paul II a ne pas déposséder la foi de l'apport de notre raison, de nos connaissances. La foi qui s'appuie sur le simple affectif-émotionnel a tôt fait de sombrer dans la superstition. Sa conception du rapport entre foi et philosophie n'est pas sans nous rappeler les fondements de l'encyclique Fides et Ratio.

 

Ecoutons le pape: "Saint Albert le Grand fut l’un des grands maîtres de la théologie scolastique. Né en Allemagne au début du treizième siècle, il étudia d’abord à Padoue, où il fréquenta l’église des Dominicains chez lesquels il fit profession. Après son ordination sacerdotale, il fut envoyé à Paris pour perfectionner ses études de théologie. Il entreprit alors une extraordinaire activité d’écrivain. En 1254, il fut élu Provincial des Dominicains pour un vaste territoire d’Europe du Nord. Archevêque de Ratisbonne de 1260 à 1264, il demandera ensuite au Pape d’être déchargé de ce ministère pour reprendre sa mission d’enseignement et d’étude. Homme de prière, de science et de charité, Albert jouissait d’une grande autorité dans la vie de l’Église et de la société de son temps. Il meurt en 1280 dans son couvent de Cologne.

Albert le Grand nous rappelle qu’il n’y a pas d’opposition entre science et foi, et que ceux qui étudient les sciences de la nature peuvent parcourir un véritable chemin de sainteté. Il met en lumière le fait que la philosophie et la théologie ont des méthodes différentes, mais que leur dialogue coopère harmonieusement à la découverte de l’authentique vocation de l’homme. Prions pour que l’Église ne manque jamais de théologiens qui soient enracinés dans la prière, compétents et pleins de sagesse, et pour qu’en tout, nous sachions nous conformer à la volonté de Dieu pour ne rechercher que sa Gloire."

 

Un appel à la formation théologique à ne pas négliger... Cela nous permettra d'éviter des interprétations parfois trop "personnelles" de la Parole de Dieu courant ainsi le risque d'instrumentaliser celle-ci. Appuyons-nous sur la Tradition: pères de l'Eglise, docteurs de l'Eglise... pour nourrir notre foi, cela semble capital... Tout ce qui sert à mieux comprendre l'homme dans "sa vocation intégrale" ne peut être qu'une bonne chose! La formation théologique est là aussi pour mieux comprendre notre foi, notre credo... Ne la négligeons pas. Formation catéchétique et théologique n'est pas une intellectualisation de notre foi ou de la Parole comme voudrait le faire croire certains courants de pensée actuels. 

 Donc... bonne lecture (cela dit vous n'êtes pas obligé de vous lancer tout de suite dans Albert le Grand ou la somme Théologique de saint Thomas d'Aquin) et bonne formation! En sachant qu'il n'est pas trop tard pour s'y mettre puisque les Nouvelles Orientations Catéchétiques parlent bien d'une transmission et d'un approfondissement de la foi à tous les âges de la vie.

 

SaintThomasdAquin.png

 

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Lectures
commenter cet article
20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 19:39

P.pngartie quelques jours en vadrouille, j'avais emporté avec moi dans le train (en plus du Vargas indispensable)   l'Echelle de Jacob  de Gustave Thibon et La pesanteur et la grâce de Simone Weil (introduit par le même philosophe)

Je vous livre quelques citations-pensées extraites de ces beaux ouvrages pour compléter la petite note sur la vertu d'humilité de la semaine passée:

"L'humilité, c'est le refus d'exister en dehors de Dieu. Reine des vertus." (S.Weil)

"Etre humble, c'est vivre sa dépendance à l'égard de l'être extérieur. Etre humble, c'est être donné, livré à la réalité extrapersonnelle, c'est vivre au delà de soi-même. La volonté de l'humble est placée sous la régulation de l'Amour. Le moi n'est plus scellé dans son égoïsme, mais ouvert sur l'amour." (G.Thibon)

"L'humilité réinsère les tendances de l'hommes dans le sillon de  sa nature et de sa finalité. Une âme pauvre, débile, fléchissante, n'est pas exclue pour cela du festin du bonheur; elle trouve sa plénitude dans l'obéissance, l'oubli de soi et la vie en fonction des autres" ( G.Thibon)


"Plus une vérité est profonde, nécessaire et rédemptrice, plus elle doit perdre en se répandant la suffisance et l'indiscretion de l'ivresse conquérante. La vérité orgueilleuse ne peut rien donner. Les suprêmes dons doivent être offerts dans des mains suppliantes. Sois humble comme un mendiant, toi qui portes Dieu aux hommes. Et quand ton Dieu est accepté, n'oublie jamais que c'est toi qui reçois." (G.Thibon)


SaintThomasdAquin.png


Simone Weil, La pesanteur et la grâce, Ed. Plon, Paris, 1948.
Gustave Thibon, L'échelle de Jacob, H.Lardanchet, Lyon, 1943.

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Lectures
commenter cet article
9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 18:26

J.pnge vous rassure, pas de grands débats autour des théories de l'évolution et du créationnisme... Mais je vous conseille un petit bouquin lu pendant les dernières vacances ( déjà lointaines...) présenté par le cardinal Schönborn intitulé " Création et évolution. Une journée de réflexion avec Benoît XVI" paru chez Parole et Silence.
Il s'agit des conférences données à Castel Gandolfo en 2006 à l'initiative du saint père. Vous trouverez des contributions variées comme " Evolution et design. Essai d'inventaire de la théorie de l'évolution.", "Descendance et intelligent design", "Du problème de la création et de l'évolution", " Fides, ratio, Scientia- Débats sur l'évolutionnisme". Comme souvent dans les actes des colloques les articles sont précis, pertinents et offrent l'avantage de pouvoir travailler indépendamment telle ou telle contribution.
Je ne peux rentrer dans les détails de cet ouvrage que je trouve très riche mais voici quelques notes prises à partir de la Préface réalisée par Schönborn qui cite de nombreuses fois Benoît XVI.

Le ton est donné par une citation du pape mise en exergue: "Nous ne sommes pas le produit accidentel et dépourvu de sens de l'évolution. Chacun de nous est le fruit d'une pensée de Dieu. Chacun de nous est voulu, chacun est aimé et chacun est nécessaire."
N'oubions pas ce fondamental de notre foi, de notre anthropologie et philosophie chrétienne. Nous croyons en un seul Dieu qui est Créateur et qui crée chaque individu, chaque personne. Chaque homme quelqu'il soit est voulu, aimé par Dieu: Ton nom est inscrit dans le coeur de Dieu. Aucune découverte scientifique ne pourra ( et ne doit) remettre en cause ce fondement!  Mais d'emblée, insistons sur le fait que l'affirmation d'un Dieu créateur, de l'existence d'un plan divin ne revient pas à condamner les découvertes scientifiques et LES  théories de l'évolution...

Première constation au sein de ce débat foi et évolution: la seule biologie n'est pas suffisante pour dire l'être humain dans sa complexité.
De plus, si science et foi s'expriment dans des domaines différents- on peut comme je vous l'avais déjà signalé dire que la science répond à la question du "comment"  et la foi ou la philo répondent à la question du "pourquoi"- cela reste insuffisant. Tout simplement parce que comme l'écrivait déjà Jean Paul II dans Fides et Ratio les deux s'affaiblissent mutuellement mais aussi parce qu'il est rare que les théories de l'évolution ne débordent pas sur des "philosophies de l'évolution" qui rentrent par conséquent en dialogue avec les sciences humaines.
Ainsi, " Le véritable niveau de discussion est celui de la pensée philosophique: lorsque la science devient philosophie, c'est à la philosophie de s'expliquer avec elle. C'est seulement ainsi que les fronts de discussion sont justes et que le sujet du débat reste clair: il s'agit d'une dispute philosophique rationnelle qui cible l'objectivité d'une connaissance rationnelle, non d'une oppostion entre la foi  et la raison..." ( Benoît XVI cité par Schonborn)

Il note ensuite que la notion d'évolution, de progrès ou encore de "chemin de la vie " est incontestable. Mais en revanche la question du sens, de la finalité de cette évolution reste une question fondamentale et d'actualité pour les hommes du XXIème siècle que nous sommes. Or, cette question ne peut être résolue dans l'unique sphère des sciences.... La question est déplacée, le pape la pose en ces termes: "Nous sommes donc à présent en mesure de dire avec précision ce que signifie la foi en la création quant à une compréhension évolutionniste du monde".
Il me faudrait à mon tour cité longuement Benoît XVI, ce qui est impossible, mais voici un ou deux élements de réponse qui me semblent intéressants:
" La foi en la création ne répond pas au Quoi du sens du monde, elle nous répond au Que: tous ces hauts et ces bas de l'existence en devenir sont l'accomplissement libre et soumis au risque de la liberté de la pensée originelle de laquelle tiennent leur existence."
" La création n'est pas à penser d'après le modèle de l'artisan, qui fabrique toutes sortes d'objets, mais d'après la manière qu'a la pensée d'être créatrice."
"Croire en la création, c'est comprendre dans la foi le monde en devenir et en progrès grâce à la science comme un monde qui a un sens et qui provient de l'esprit créateur."
Ici, on peut constater que les pensées fondamentalistes créationnistes sont critiquées mais que l'existence d'un Dieu créateur avec un acte créateur originel est maintenu. La création est évolution.... Je pense à mon ami Bergson et vous invite à relire l'évolution créatrice ou encore les deux sources de la morale et de la religion.
Autre question: est-ce que le monde, la réalité est issue du hasard, de la probabilité c'est-à-dire de l'irrationnel ou au contraire de la Raison, d'un Logos, du Verbe divin??? La réponse de la foi et de la philosophie chrétienne reste inchangée: In principio erat Verbum. En d'autres termes, au commencement de toutes choses est la force créatrice de la raison.


Est abordé ensuite la question cruciale de la création de l'être humain. Là encore, il nous rappelle que l'important est que chaque personne dans son individualité soit renvoyé au Dieu créateur. Chacun de nous est en rapport direct avec Dieu, son créateur! Ce qui veut dire que chacun de nous dans son unicité, dans son rapport direct avec Dieu revêt une importance inégalable. Chacun de nous créé à l'image et à la ressemblance de Dieu est tout aussi important qu'Adam... Le mystère de la création de l'être humain est là, visible en chacun de nous. L'apparition de l'homme? Quand l'homme peut par son esprit être en contact direct avec Dieu. Lorsqu'un dialogue entre la créature et le Créateur est possible...

On revient alors sur la question du sens de la réalité et de l'affirmation d'un monde gouverné par la Raison. Mais pour le croyant cette affirmation du Logos au commencement nous conduit encore plus loin... Primauté de la Raison est associée à la primauté de l'Amour... Au commencement était le Verbe et le Verbe s'est fait chair.
" Le Logos n'apparut pas seulement comme raison mathématique à la base de toutes choses, mais comme amour créateur jusqu'au point de devenir "souffrant-avec" avec la créature. C'est le grand mystère de l'Incarnation-Passion-Rédemption approfondi chaque année au rythme de notre année liturgique.
En contre-partie que nous offre la philosophie évolutionniste ( je ne parle pas de la science- des théories de l'évolution mais de certaines interprétations philosophiques de ces dernières)? Sélection, loi du plus fort ( ou du plus intelligent)? Réussite par l'adaptation? On connaît malheureusement les dérives eugéniques de telles interprétations!
Je préfère l'éthique chrétienne qui vise dans ses fondements l'amour de Dieu et de son prochain...

En conclusion, un livre à acheter, à travailler. En sachant que certains articles ne sont pas forcément évidents pour ceux qui ne maîtrisent pas très bien les théories scientifiques de l'évolution et les bases en génétique moderne.

SaintThomasdAquin.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Lectures
commenter cet article
6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 19:55

J.pnge me suis replongée dans les Instituions Cénobitiques de Jean Cassien publiées dans la collection Sources Chrétiennes, n° 109.
Qui est Jean Cassien? Un écrivain chrétien du Veme siècle. Dans la première partie de sa vie, il a fait l'expérience de la vie monastique en Palestine et surtout en Egypte. Puis, il se rendra à Constantinople où il rencontra Saint Jean Chrysostome qui l'ordonnera. Ce n'est qu'au début du Vème siècle qu'il parvient à Marseille pour organiser la vie monastique des Gaules.

On peut découper cet ouvrage en deux grandes parties. La première traite des institutions monastiques puis à partir du livre V, Jean Cassien va étudier  " le combat contre les huit vices principaux. Ce sont: 1° La gastrimargie- qui signifie concupiscence du manger-, 2° la fornication, 3° la philargyrie- qui signifie avarice, ou, pour parler plus exactement, amour de l'argent-, 4° la colère, 5°la tristesse, 6° l'acédie- c'est l'anxiété ou le dégoût du coeur-, 7° la cénodoxie- qui signifie la vaine gloire-, 8° l'orgueil. "
Pour quelle raison? " pour pouvoir rechercher comme il convient la nature si subtile, cachée et difficile à discerner de ces vices, exposer ensuite leurs causes de façon satisfaisante, et enfin apporter des remèdes efficaces pour s'en guérir. "
Nous n'avons plus l'habitude de parler des vices. Les vices correspondent à ce que nous appelons les "péchés capitaux" mais ne sont pas stricto sensu des péchés. Les vives s'opposent aux vertus ( en particulier aux trois vertus théologales et aux vertus cardinales) et sont par conséquent des habitus opératifs mauvais.
Il est capital d'étudier les vertus et les vices car ils sont davantage révélateur de la personne. En effet, un péché, une action bonne peut être un cas isolé... Il est bon de connaître nos failles et de les combattre par les vertus.
A la suite d'Evagre le Pontique, ce sont Grégoire le Grand et notre ami Cassien qui établissent la liste des vices et des vertus bien qu'il faille attendre Saint Thomas d'Aquin pour développer à proprement parler une doctrine des vertus.

En ce temps de Carême, nous allons nous intéresser au premier des vices traités par Cassien, un des vices charnels, qui est la "gastrimargie" soit "la gourmandise."
La vertu opposée qui nous permet de surmonter ce vice est la vertu de jeûne....
Le jeûne est un des points forts du Carême cependant il n'est pas rare qu'en comparaison avec le jeûne du ramadan, on considère les chrétiens comme des "jeûneurs" de pacotille... Qu'en est-il réellement?

Premier des points importants relevés par Cassien à la suite des pères du désert, on ne peut fixer une règle uniforme de jeûne car celui-ci ne relève pas seulement de l'esprit mais aussi de la capacité physique. Or, nous n'avons pas la même resistance physique. Nous avons tous l'obligation de pratiquer cette vertu mais nous n'avons pas tous à la pratiquer de la même manière... 
"la mesure des jeûnes et de la continence consiste seulement dans la privation qu'on impose sur la quantité de la nourriture; et la perfection de cette vertu, à laquelle il faut tendre, est la même pour tous: arrêter de manger ce que nous sommes contraints à prendre pour soutenir notre corps en restant encore sur notre faim. (...)La continence ne se recherche pas dans l'espacement des repas ou de la quantité mais 'd'abord dans le témoignage de la conscience. Chacun doit en effet s'imposer à lui-même une frugalité proportionnée aux exigences du combat qu'il doit mener contre son corps."
Il note aussi que cela a un peu d'intérêt de jeûner de façon excessive sur une durée donnée si c'est pour ensuite se jeter sur la nourriture tel Gargentua et donner libre cours à la gourmandise. Il vaut mieux prendre " chaque jour un repas raisonnable et mesuré qu'un jeûne austère prolongé plusieurs jours. Non seulement une faim excessive peut faire fléchir la constance de l'esprit, mais par la lassitude du corps qu'elle entraîne, elle retire aussi sa force et sa vigueur à notre prière."

Bref, il faut ne pas manger à satiété en connaissant ses limites... En sachant qu'une trop grande fatigue du corps ne peut nous aider à servir les autres, prier ou encore accomplir le devoir inhérent à notre état de vie.
La vertu de jeûne comme toute vertu ne s'exerce pas seule. Il nous faut la pratiquer en même temps que l'humilité, la force, la constance... Elle est cependant très importante car si on ne réussit pas dans la lutte contre les petits vices ou les vices charnels, il y a peu de chance de réussir dans les combats  les plus difficiles.
Pratiquer le jeûne, c'est aussi une sorte d'entraînement pour des combats spirituels plus importants. Du reste, Cassien à l'exemple de l'apôtre Paul utilise le vocabulaire du combat, il parle d'"athlète du Christ". Il nous faut sans cesse nous rappeler notre but, et tel le lanceur de javelot avoir une "concentration du regard". Concentration qui ici s'apparente à la contemplation divine bien entendu.

Autre point important surlequel insiste notre auteur, le jeûne de l'âme. A quoi bon le jeûne de nourriture si nous ne jeûnons pas des mauvaises nourritures pour  notre âme comme la jalousie, la médisance, la colère, la vaine gloire ou encore le dénigrement. Cassien écrira par exemple au sujet de la jalousie: " la jalousie est une nourriture de l'esprit qui le décompose par ses sucs corrosifs et ne cesse de le crucifier, le malheureux, à la vue de la prospérité et de la réussite des autres."
Une bonne idée pour notre Carême, jeûnons-nous de paroles méchantes, d'excès de colère ou de crise de jalousie? N'oubions pas que cela reste l'essentiel: " En effet, ce n'est pas tant la chair corruptible que le coeur pur qui devient demeure pour Dieu et temple de l'Esprit Saint. Il faut donc, tandis que jeûne l'homme extérieur, que l'homme intérieur s'abstienne aussi des nourritures mauvaises, lui qui doit se présenter pur à Dieu pour mériter de recevoir en lui le Christ comme un hôte"


Concrètement, Cassien affirme que la nature de la gourmandise est triple:  "la première pousse à devancer l'heure fixée pour le repas; la deuxième se réjouit de la seule goinfrerie, quels que soient les aliments dont on se rassasie; la troisième se plaît aux mets fort recherchés et succulents..."
Cela demeure très intéressant pour nous... Fixons-nous une petite hygiène de vie autour de la nourriture.
Une première piste indiquée par Cassien, ne pas manger entre les repas et manger seulement aux heures fixées ( ne pas avancer l'heure des repas...).
Deuxième piste: réduire au quotidien notre quantité de nourriture.
Troisième piste: se contenter d'aliments communs... Cela a peu de sens tout le monde sera d'accord de manger de la lotte ou du saumon qui sont chers simplement parce qu'il faut manger du poisson le vendredi... 

Notons que l'on peut appliquer ces règles de jeûne à d'autres activités: musique, ordinateur, télévision... Cassien donne l'exemple d'un moine qui se refuse à lire des lettres pour éviter de détourner son esprit de l'essentiel!
On peut donc jeûner de certaines émissions ou séries qui vont ensuite tout au long de la journée nous alourdir l'esprit au même titre que certaines nourritures alourdissent notre corps.

Doit-on jeûner en toutes circonstances? Cassien donne là encore un exemple significatif. Lors d'une visite d'un moine celui-ci rompt ou tout du moins allège de façon très significative son jeûne... Voilà ce qu'il répond à l'interrogation des visiteurs: "Et le jeûne, quoique utile et nécessaire, est pourtant l'offrande d'un présent volontaire, tandis que l'accomplissement de l'oeuvre de charité est l'exigence absolue du précepte. Aussi, accueillant en vous le Christ, je dois le restaurer, et , après vous avoir donné congé, je pourrai compensé en moi par un jeûne plus strict l'humanité que je vous ai manifesté par égard pour le Christ."

Le moine voit dans son prochain le visage du Christ et ne peut par conséquent jeûner quand l'"époux" est auprès de lui.

En guise de conclusion, suivons l'avertissement de Jean Cassien: " Chacun doit se juger lui-même seulement et toujours se surveiller avec une grande précaution, mais ne pas discuter le régime et la vie des autres (...)"

Et cela parce qu'on ignore toujours les raisons et les nécessités qui ont contraints l'autre à agir de la sorte...
Celui-ci termine le livre V traitant de la gourmandise en citant Saint Macaire: " (...)que le moine se conduise toujours avec une égale austérité, sans se donner l'occasion, à cause de la fatigue corporelle, de se laisser entraîner des sentiers escarpés dans des précipices fort dangereux; et (…) être capable non seulement de mépriser tout ce qui semble prospère dans ce monde présent, mais aussi de ne pas être abattu par les tristesses et les adversités et les mépriser comme petites et sans importance, ayant constamment l'attention de son esprit fixé là où chaque jour, à chaque instant, on croit qu'on sera appelé."



SaintThomasdAquin.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Lectures
commenter cet article
3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 22:43

U.pngn des grands saints, théologien, incontournable du Moyen-Age reste saint Bonaventure... Benoît XVI nous offre encore une fois une très belle catéchèse sur ce docteur parfois oublié.... Vous pouvez retrouver la vidéo de cette audience sur le site du Vatican.
Si Saint Thomas est la figure du dominicain, représentant de l'école plus "intellectualiste"; Saint Bonaventure est quant à lui la figure du franciscain, représentant de l'école "volontariste". Or, notre théologie, notre tradition se nourrit et puise à ses deux grandes écoles. Il est donc important de bien les connaître.
Le pape insiste sur la dimension profondément christologique des oeuvres de Bonaventure en montrant que le chrétien comme Saint François d'Assise doit être le passionné de Dieu, celui qui le recherche avec passion et qui cherche à conformer toute sa vie au Fils de Dieu.
Tout un programme comme le souligne le saint père pour notre troisième millénaire!

SaintThomasdAquin.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Lectures
commenter cet article
28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 16:05

A.pngujourd'hui, nous terminons notre lecture de la conférence du cardinal Ratzinger sur la catéchèse en abordant la question de la "structure de la catéchèse".

La cardinal donne tout de suite le ton à cette troisième partie: " La cohésion interne entre la parole et l'organisme qui la porte trace le chemin à la catéchèse. Sa structure apparaît à travers les évènements principaux de la vie de l'Eglise, qui correspondent aux dimensions essentielles de l'existence chrétienne."
Il dégage ensuite les quatre composantes " classiques et maîtresse de la catéchèse", à savoir:
- le Symbole des Apôtres
- les Sacrements
- le Décalogue
- la Prière du Seigneur
Ces composantes ont "ouvert l'accès à la Bible comme à la vie de l'Eglise. (...)elles correspondent aux dimensions de l'existence chrétienne." car poursuit-il, le chrétien doit CROIRE ( credo), ESPERER( Notre Père), AGIR ( décalogue) et il l'ACCOMPLIT dans un espace vital ( sacrements et Eglise).

Ces quatre composantes sont ensuite rapprochées, ce qui n'est pas sans intérêt, dans quatre sens de l'Ecriture qui sont:
- le sens littéral ( et aussi historique)
- le sens allégorique ( intériorisation des évènements pour les dépasser)
- le sens moral (l'agir, le faire découle de l'être)
- le sens anagogique
Ratzinger nous invite à redécouvrir ces quatre sens de l'Ecriture pour redonner ainsi une place plus juste à l'exégèse historico-critique qui a envahi pendant un temps les recherches exégètiques.

Si l'on suit ces quatre composantes liées aux quatre sens de l'Ecriture, qu'en résulte t'il?
Si on part du credo, c'est bien entendu notre foi en un Dieu créateur. Souvent, de nos jours, ce point est écarté en catéchèse ou mal abordé car mêlé à des simili discours scientifiques sur les rapports entre le créationisme et l'évolutionnisme. En aucun cas, nous rejetons les théories scientifiques sur l'évolution. Là n'est pas la discussion. En revanche aucune catéchèse chrétienne ne peut faire l'impasse sur Dieu créateur, source de vie, de joie et d'amour.  Même la christologie ne peut se comprendre pleinement qu'à la lumière de notre foi en Dieu-le Père- créateur. Nous avons des difficultés relève t-il à dire que la matière est issue de Dieu? Qu'en sera t-il alors de la conception virginale de Jésus, de la Résurrection du mystère de la transubstantiation? Il ne s'agit pas seulement de "mythe" ou de "symbole". Notre foi est très claire sur ce point. Lors de l'eucharistie, il ne s'agit pas symboliquement du corps et du sang du Christ. Il s'agit de la présence réelle, sacramentelle et substantielle de Dieu!
Deuxième point de la catéchèse, le décalogue.... Là encore, nous avons un souci en catéchèse face à cette question. Peur de la loi, questionnement sur le concept de "loi naturelle", refus des interdits... Combien constructifs nous a pourtant appris la psychanalyse. Les Béatitudes ont-elles remplacées la loi du Sinaï? Certainement pas, Jésus le dit lui-même rien n'est aboli! Nous sommes dans l'ordre de l'accomplissement.

Le cardinal termine sa conférence par une double réfelexion sur l'exégèse et sur le rapport entre méthode et contenu de la catéchèse. Laissons lui la parole:
" C'est pourquoi la catéchèse doit être exactement au courant de l'âge, des capacitésde compréhension, des habitudes de vie et de la situation sociales de auditeurs, pour être vraiment tout à tous." Cette réflexoin qui nous vient du catéchisme du XVIeme siècle pourrait nous servir de point de repère pour l'élaboration de nos fameux modules. ne nous précitons pas sur ceux publiés par les éditeurs, ils ont le risque d'être de nouveaux parcours peu adaptés au public. Il nous faut réfléchir sur le "fond" de la catéchèse et non sur la "forme" ( parcours, modules....). Ce sont en réalité des discussions stériles. Nous recentrer sur l'Ecriture comme Parole de Dieu, sur l'Eglise et le contenu de la foi et enfin sur la prière et la vie spirituelle, voilà l'essentiel de la catéchèse. Ne jamais séparer vie spirituelle, théologie et dogmatique et vie morale. Les anciens, Pères de l'Eglise et médiévaux le savaient bien!
" Je suis d'avis que la distinction faite par le Catéchisme Romain entre le texte de base ( le contenu de la foi de l'Eglise) et les textes parlés ou écrits de sa transmission n'est pas une voie possible parmi d'autre (...) Que la Parole de Dieu soit toujours infiniment plus grande que toute parole humaine, plus grande même que les mots inspirés de l'Ecriture elle-même, cela n'enlève pas au message de la foi son visage et ses contours. Bien au contraire; cela nous oblige d'autant plus à sauvegarder notre foi ecclésiale comme un bien commun. (...)
Cela veut dire qu'il faut oser présenter le catéchisme comme un catéchisme, afin que le commentaire puisse rester commentaire, et que les sources et leur transmission puissent retrouver leurs rapports exacts.
"

SaintThomasdAquin.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Lectures
commenter cet article
27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 16:42

B.pngenoît XVI nous offre aujourd'hui une belle catéchèse sur saint François d'Assise dont vous pourrez retrouver la vidéo à partir du site du saint siège.  Je vous retranscris une partie de son audience:

"François d’Assise est un authentique géant de sainteté qui attire encore aujourd’hui une multitude de personnes de tous âges et de toutes croyances. Dans un choix radical de vie, après avoir entendu par trois fois le Crucifié lui dire «Va, François, et répare mon église en ruine», il se consacre à Dieu dans la pauvreté et l’annonce de l’Évangile. Son intuition et son idéal étaient d’être comme Jésus, de le contempler, de l’aimer intensément en l’imitant et en l’adorant. François avait un respect immense pour les prêtres qui ont reçu le don de consacrer l’Eucharistie et il avait pour eux une grande exigence de pureté. Puisse son message et son exigence, en cette année sacerdotale,  aider de nombreux prêtres à vivre leur vocation. En rencontrant un Sultan, il ouvre, dès 1219, la voie d’un dialogue efficace entre chrétiens et musulmans. Chantre de la création, car il vivait en harmonie avec la nature, le message de fraternité universelle et d’amour pour la création de son célèbre Cantique est très actuel.

A la suite de ses nombreux fils spirituels, cultivons nous aussi la pauvreté intérieure pour grandir dans la confiance en Dieu et trouver un style de vie sobre et détaché des biens matériels. Le Poverello était joyeux en toute situation: il y a, en effet, un lien étroit entre la sainteté et la joie. Le secret du vrai bonheur est là: devenir un saint. "

SaintThomasdAquin.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Lectures
commenter cet article
26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 15:27

P.pngoursuivons notre lecture de la  conférence " transmission et sources de la foi" donnée par le Cardinal Ratzinger en 1983. Nous aborderons aujourd'hui la seconde partie intitulée Pour surmonter la crise.

Le cardinal débute par une réflexion s'appuyant sur les écrits johanniques et sur le primauté de la foi baptismale. Il décide alors de s'interroger sur ce que l'on entend "par foi et par source de la foi." Que signifie réellement "croire" et quel doit être le but et le contenu de toute catéchèse comprise comme "somme des connaissances chrétiennes"? Et bien, c'est " trouver et réaliser la vie- la vraie vie (...) de vivre une vie qui puisse demeurer toujours". Il se réfère là encore à St Jean au chapitre 17: " La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi le véritable Dieu, et ton Envoyé Jésus-Christ."
Quel est le but de la vie? Certainement pas la mort? C'est la connaissance et l'amour. Aimer et connaître Dieu, n'est-ce pas le but de toute vie chrétienne?
"La foi, c'est la vie parce qu'elle est relation, c'est-à-dire connaissance qui devient amour, amour qui vient de la connaissance et qui conduit à la connaissance." Ainsi: " le devoir essentiel de la catéchèse est donc de conduire à la connaissance de Dieu et de son Envoyé". ici, Benoît XVI nous rappelle que le rôle de l'éducateur, du prêtre, du catéchisme est bien de conduire l'enfant, la personne catéchisée à Dieu, à entrer personnellement en relation avec le Christ et non à donner des annecdotes sur la vie du Christ ou a donner des pensées pleines de bon sentiment sur l'amitié ou la paix.
Ensuite, l'apôtre a un rôle de transmission. Il doit transmettre ce qu'il a vu. Ainsi, la catéchèse " n'est donc pas seulement un face à face avec Dieu et le Christ, elle est aussi contact, qui lui ouvre la communion avec ceux à qui Dieu lui-même s'est communiqué. (...) La foi n'est pas seulement un "je" et un "tu", elle est aussi un "nous". "
On peut ainsi conclure, et c'est un point capital, "qu'il n'y a  pas de foi sans Eglise." Si la relation personnelle ave Dieu est primordiale, le chrétien ne peut interpréter seul la Parole, il ne peut vivre de manière isolé sa foi. Pensons par exemple à la conversion de Paul. Il fait l'expérience personnelle d'une rencontre décapante, c'est le moins que l'on puisse dire, avec le Christ. Ananie est envoyé pour guider Paul vers le baptême. Paul n'est pas auto-baptisé de par son expérience de foi. Il a besoin de l'autre pour retrouver "la vue". Puis il sera introduit auprès des apôtres. Nous sommes toujours conduit par un autre, nous avons toujours besoin de autres pour grandir dans la foi, pour vivre notre foi! Nous ne sommes pas dans la pure subjectivité. La foi chrétienne implique la communion et en particulier la communion des saints. On ne peut aborder la Parole de Dieu de manière totalement subjective et directe. La foi de l'Eglise nous permet de mieux l'appréhender. C'est pour cette raison que j'apprécie beaucoup les propositions catéchétiques qui nous viennent de la communauté Notre-Dame de Vie et en particulier les travaux de Noelle Le Duc. Pour l'adulte qui prépare trois points: la prière, la foi de l'Eglise ( donnée ici de manière précise dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique) et un texte de la Parole de Dieu abordé avec l'enfant sous forme d'entretien spirituel.

Deuxième question, celle des sources... Bien entendu, il s'agit en premier lieu de Dieu et de sa Révélation c'est-à-dire l'acte par lequel Dieu se fait connaître. La Bible fait partie bien entendu de cette Révélation. Là encore, on ne peut la détacher du nous des croyants car " dès lors la foi arrachée à son terroir naturel, pour n'être plus que "lettre" et "chair" .
Ratzinger prend bien soin  d'expliquer ce qu'il appelle une "source" en particulier lorsqu'il s'agit de la Bible que l'on ne peut considérer seulement comme une source du point de vue de la méthode historique. Il affirme alors que la Bible est "le condensé d'un processus de Révélation beaucoup plus grand et inépuisable, si son contenu n'est perceptible au lecteur que quand celui-ci a été ouvert à cette dimension plus haute (...)"  La Bible exprimant la Révélation dit toujours plus que ce que nous pouvons comprendre. C'est réellement une "parole" jamais épuisée.
Quelle conséquence pratique de cette réflexion pour la catéchèse? Cela " signifie que les sources historiques doivent toujours confluer avec la source par excellence, à savoir Dieu qui agit dans le Christ."  Source qui est accessible "dans l'organisme vivant qui l'a créée et la maintient en vie": l'Eglise.




SaintThomasdAquin.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Lectures
commenter cet article
19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 19:22

 

L.pnges débats actuels tournent aujourd'hui assez rapidement autour de la question délicate de la catéchèse et de la transmission de la foi. Entre les NOC (Nouvelles Orientations pour la Catéchèse) et la grand rassemblement Ecclésia qui a eu lieu à Lourdes, tout le monde s'agite: messieurs les curés, dame caté, les éditeurs qui créent de nouveaux « modules » ( mot magique qui remplace le parcours en catéchèse), évêques et services diocésains...

 

Aujourd'hui nous n'allons cependant pas nous plonger dans les questions de la première annonce, des modules ou dans le texte des NOC mais dans une petite conférence de Josef Ratzinger que j'ai lu avec beaucoup d'intérêt et de plaisir. Elle date un peu puisqu'elle a été écrite en janvier 1983 mais elle n'a cependant pas pris une ride point de vue pertinence. Il s'agit du texte Transmission de la Foi et sources de la foi. La conférence se compose de deux grandes parties: « La crise de la catéchèse et le problème des sources » puis une seconde partie intitulée « Pour surmonter la crise ». Intéressons-nous pour l'instant à la première partie.

 

Dans un premier temps, Ratzinger cherche à dégager les principales caractéristiques de la crise tout en mettant en évidence certaines pratiques de la théologie pratique et pastorale. Une première critique apparaît. Certains ont jugé le « catéchisme » comme « dépassé » et ont par là même séparé Bible, contenu de la foi et Tradition vivante: La rupture avec une transmission de la foi comme structure fondamentale puisée aux sources d'une tradition totale, a eu pour conséquence de fragmenter la proclamation de la foi. Celle-ci fut non seulement livrée à l'arbitraire dans son exposé, mais encore remise en question dans certaines de ses parties, qui appartiennent pourtant à un tout et qui, détachées de lui, apparaissent décousues.

Autre point important, il relève le fait que les méthodes deviennent critères du contenu et n'en sont plus le véhicule. Fort est de constater que les catéchistes sont plus friands de formations sur les méthodes, les parcours que de formations « de fond » d'ordre spirituel ou théologique. Nous sommes malheureusement souvent plus soucieux de « faire » que de faire découvrir le Christ et l'Eglise. Nous retrouvons là la crise qui a touchée la morale... On ne peut séparer avancée dans la vie morale et avancée spirituelle comme on ne peut séparer la théologie pastorale de la dogmatique... C'est un non-sens qui peut se révéler très dangereux.

Comment l'expliquer? Le fait qu'on n'a plus le courage de présenter la foi comme un tout organique en soi, mais seulement comme des reflets choisis d'expériences anthropologiques partielles, reposait en dernière analyse sur une certaine défiance à l'égard de la totalité. Il s'explique par une crise de la foi, mieux; de la foi commune à l'Eglise de tous les temps.

On évite le dogme pour se référer directement à la Bible comme si le dogme était en opposition avec l'Ecriture, comme si le dogme était rédigé au gré des humeurs du souverain pontif, comme si le dogme était là pour nous embrigader et nous empêcher de réflechir par nous-mêmes... La Tradition, le dogme ne sont que l'interprétation vivante de l'Ecriture qui se nourrissent de nos mystiques, des Pères, des découvertes théologiques, de l'exégèse... Comment peut-on de fait renier un si bel héritage?

 

On parvient ainsi à un deuxième axe de réflexion «  Catéchèse, Bible et dogme. ». Ici émerge la critique d'une catéchèse bâtie uniquement sur l' « étude littéraire des sources » ou encore sur l'étude directe et unique de la Bible. Il observe alors que la Bible se désagrège comme Bible, pour n'être plus qu'une collection de livres hétérogènes. La Bible ne devient plus qu'un livre (et non plus Parole de Dieu), elle est seulement intéressante d'un point du vue culturel ou encore pour les valeurs humanistes qu'Elle véhicule...etc. Jésus n'est plus le Fils de Dieu, le ressuscité qui vit encore et que je peux rencontrer personnellement...

Le cardinal termine cette première partie sur un questionnement sur le lien entre exégèse dogmatique et exégèse historico-critique et sur cette constatation: Il est clair que la foi sans expérience ne peut être que verbiage de formules creuses. Il est inversement tout aussi évident que de réduire la foi à l'expérience ne peut que la priver de son noyau.

Il me semble en effet que toute séance de catéchèse doit s'appuyer sur la Parole de Dieu, la prière et sur un point (article) du catéchisme de l'Eglise Catholique. C'est l'articulation de ces trois éléments qui nous permettent de grandir en vérité dans la foi.

SaintThomasdAquin.png

Repost 0
Published by Jacquotte - dans Lectures
commenter cet article