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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 19:09

F.pngidèle à son objectif, Benoît XVI nous offre encore en ce début d'année une belle catéchèse. Il est vrai d'ordre plus général mais tout aussi pertinente et profonde. Un rappel, se pencher sur l'histoire non par pure nostalgie ( ce qui est très tendance aujourd'hui mais peu constructif) mais pour constater " comment se développe une histoire et comment elle peut être renouvelée." Des exemples guident notre histoire chrétienne, ce sont ceux des saints  guidés par la lumière de Dieu, authentiques réformateurs de la vie de l'Eglise et de la société, maîtres à travers la parole et témoins à travers l'exemple. Renouvelés eux mêmes par la présence de Dieu, ils nous montrent et nous rappellent que le monde lui-même est habité par Dieu et qu'il en est profondément renouvelé. Le talent des saints? Servir Dieu par leurs initiatives, servir le renouveau par leur créativité... Dieu qui s'est révélé pleinement avec le Christ ne cesse cependant de se donner... Nous avons sans cesse à découvrir, approfondir le mystère inépuisable de Dieu et cela dans notre histoire, dans notre monde, dans notre temps, dans notre société.
Ici, il prend l'exemple des ordres mendiants né au XIIIème siècle.  Ceux-ci furent appelés ainsi en raison de leur caractéristique de « mendier », c'est-à-dire d'avoir recours humblement au soutien économique des personnes pour vivre le vœu de pauvreté et accomplir leur mission évangélisatrice. Parmi les Ordres mendiants qui apparurent à cette époque, les plus connus et les plus importants sont les Frères mineurs et les Frères prêcheurs, connus comme franciscains et dominicains. Ils sont appelés ainsi en raison du nom de leurs fondateurs, respectivement François d'Assise et Dominique de Guzman. Ces deux grands saints eurent la capacité de lire avec intelligence « les signes des temps », percevant les défis que devait affronter l'Eglise de leur temps.

Premier point important de cette catéchèse, le constat à cette époque que beaucoup de monde désire vivre la pauvreté! A côté des hérésies, qui ne parviennent pas à vivre et se construire dans la communion ecclésial.  Va alors apparaître les deux grands ordres mendiants qui eux réussiront à vivre une authentique pauvreté évangélique sans par ailleurs remettre en cause les grands fondements de la foi:
"Un premier défi était représenté par l'expansion de divers groupes et mouvements de fidèles qui, bien qu'inspirés par un désir légitime d'authentique vie chrétienne, se plaçaient souvent en dehors de la communion ecclésiale. Ils étaient en profonde opposition avec l'Eglise riche et belle qui s'était développée précisément avec la diffusion du monachisme. Dans les récentes catéchèses, je me suis arrêté sur la communauté monastique de Cluny, qui avait toujours plus attiré les jeunes et donc les forces vitales, ainsi que les biens et les richesses. De façon logique, s'était ainsi développée, dans un premier temps, une Eglise riche de propriété et également de biens immobiliers. Contre cette Eglise on opposa l'idée que le Christ vint sur terre pauvre et que la véritable Eglise aurait dû être précisément l'Eglise des pauvres; le désir d'une véritable authenticité chrétienne s'opposa ainsi à la réalité de l'Eglise empirique. Il s'agit de ce que l'on a appelé les mouvements paupéristes du Moyen Age. Ils contestaient durement la façon de vivre des prêtres et des moines de l'époque, accusés d'avoir trahi l'Evangile et de ne pas pratiquer la pauvreté comme les premiers chrétiens, et ces mouvements opposèrent au ministère des évêques une véritable « hiérarchie parallèle ». En outre, pour justifier leurs choix, ils diffusèrent des doctrines incompatibles avec la foi catholique. Par exemple, le mouvement des cathares ou des albigeois reproposa d'antiques hérésies, comme la dévalorisation et le mépris du monde matériel – l'opposition à la richesse devint rapidement une opposition à la réalité matérielle en tant que telle – la négation de la libre volonté, puis le dualisme, l'existence d'un second principe, du mal comparé à Dieu. Ces mouvements eurent du succès, spécialement en France et en Italie, non seulement en vertu de leur solide organisation, mais également parce qu'ils dénonçaient un désordre réel dans l'Eglise, provoqué par le comportement peu exemplaire de divers représentants du clergé.

Les franciscains et les dominicains, dans le sillage de leurs fondateurs, montrèrent en revanche qu'il était possible de vivre la pauvreté évangélique, la vérité de l'Evangile comme telle, sans se séparer de l'Eglise; ils montrèrent que l'Eglise reste le vrai, l'authentique lieu de l'Evangile et de l'Ecriture. Plus encore, Dominique et François tirèrent justement de l'intime communion avec l'Eglise et avec la papauté la force de leur témoignage. Avec un choix tout à fait original dans l'histoire de la vie consacrée, les membres de ces ordres non seulement renonçaient à la possession de biens personnels, comme le faisaient les moines depuis l'Antiquité, mais ils ne voulaient pas que fussent mis au nom de la communauté des terrains et des biens immobiliers. Ils entendaient ainsi témoigner d'une vie extrêmement sobre, pour être solidaires avec les pauvres et ne s'en remettre qu'à la Providence, vivre chaque jour de la Providence, de la confiance de se mettre entre les mains de Dieu."

Cette catéchèse est alors l'occasion pour nous de méditer sur la vrai  pauvreté ( qui est une vertu morale évangélique que tous nous avons à vivre quelque soit notre état de vie... Nous ne la vivrons pas bien entendu de la même façon et il ne s'agit pas tel St François d'aller se dépouiller de tous nos vêtements sur la place publique mais de relativiser l'"avoir", le "paraître" sur l'être: Encore aujourd'hui, tout en vivant dans une société où prévaut souvent l'« avoir » sur l'« être », l'on est très sensible aux exemples de pauvreté et de solidarité, que les croyants offrent avec des choix courageux. Encore aujourd'hui, de semblables initiatives ne manquent pas: les mouvements, qui partent réellement de la nouveauté de l'Evangile et le vivent dans notre temps dans sa radicalité, en se mettant entre les mains de Dieu, pour servir leur prochain.
En sachant aussi que la vraie pauvreté va de paire avec l'humilité qui est de se connaître en vérité. Pauvre devant Dieu!

Après avoir abordé la question de la pauvreté, le pape nous explique comment ces ordres ont été aussi des "maîtres" spirituels qui ont enseigné les populations. Ils essayaient donc d'approfondir la connaissance de la foi et d'être guidés sur le chemin difficile mais enthousiasmant de la sainteté. Les Ordres mendiants surent aussi avec bonheur aller à la rencontre de cette nécessité: l'annonce de l'Evangile dans la simplicité et dans sa profondeur et sa grandeur était un but, peut-être le but principal de ce mouvement. Avec beaucoup de zèle, en effet, ils se consacrèrent à la prédication.

Puis, Benoît XVI nous montre comment franciscains et dominicains ont participé aux nombreuses transformations culturelles de la cité médiévale. Il souligne bien entendu leur place dans les grandes universités naissantes. Professeurs, élèves qui discutent, approfondissent la foi à l'aide des grandes disciplines comme la philosophie, la théologie et les arts. Il cite bien entendu le grand saint Thomas d'Aquin pour les dominicains et Saint Bonaventure pour les franciscains. Deux grands penseurs incontournables!L'engagement dont firent preuve les franciscains et les dominicains dans les universités médiévales est une invitation, chers fidèles, à être présents dans les lieux d'élaboration du savoir, pour proposer, avec respect et conviction, la lumière de l'Evangile sur les questions fondamentales qui concernent l'homme, sa dignité, son destin éternel.


Le saint père conclue alors dans un paragraphe plein de fraicheur et d'élan. Que retenir? Et bien, du souffle, de la vie... Nous pensons notre monde comme en déclin, en crise... la mort d'une civilisation? En pensant au rôle des franciscains et des dominicains au Moyen-âge, au renouveau spirituel qu'ils suscitèrent, au souffle de vie nouvelle qu'ils communiquèrent dans le monde, un moine a dit: « A cette époque, le monde vieillissait. Deux Ordres naquirent dans l'Eglise, dont ils renouvelèrent la jeunesse comme celle d'un aigle » (Burchard d'Ursperg, Chronicon).

Chers frères et sœurs, au début de cette année, nous invoquons précisément l'Esprit Saint, jeunesse éternelle de l'Eglise: qu'il fasse ressentir à chacun l'urgence d'offrir un témoignage cohérent et courageux de l'Evangile, afin que ne manquent jamais des saints, qui fassent resplendir l'Eglise comme une épouse toujours pure et belle, sans tache et sans ride, capable d'attirer irrésistiblement le monde vers le Christ, vers son salut.


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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 14:54

A.pngujourd'hui, une courte catéchèse de notre saint père enseignée lors de la traditionnelle audience du mercredi. Il s'agit de Jean de Salisbury. Vous pouvez retrouver la vidéo sur le site du saint siège.

Très courte, je vous la retranscris dans sa totalité:
"Jean de Salisbury appartenait à l’école philosophique et théologique de la cathédrale de Chartres, l’une des plus importantes du Moyen-Âge. Né à Salisbury, en Angleterre, au début du douzième siècle, il fréquenta les écoles les plus renommées de l’époque, notamment à Paris et à Chartres. Membre du clergé de Cantorbéry, il en a servi fidèlement les Archevêques et il accompagna Thomas Becket dans son exil en France. Élu évêque de Chartres, il y demeura de 1176 jusqu’à sa mort en 1180.

Pour Jean, la raison humaine parvient à des connaissances qui ne sont pas incontestables, mais probables et discutables. Mais la connaissance humaine grandit et se perfectionne grâce à l’expérience et à l’élaboration de raisonnements corrects et cohérents. En Dieu seul il y a une science parfaite, qui est communiquée à l’homme, au moins partiellement, par la Révélation accueillie dans la foi, par laquelle la science de la foi, la théologie, déploie les potentialités de la raison et fait progresser avec humilité dans la connaissance des mystères de Dieu. Pour Jean il y a une vérité objective et immuable, dont l’origine est en Dieu, qui est accessible à la raison humaine et qui concerne l’agir pratique et social. Il s’agit d’un droit naturel, qui doit inspirer les lois humaines ainsi que les autorités politiques et religieuses, afin de promouvoir le bien commun. Cette loi naturelle est caractérisée notamment par l’attribution à chaque personne de ses droits. C’est un enseignement qui demeure encore très actuel"

Dans la grande ligne de la pensée chrétienne, on a ici la réaffirmation du rôle conjoint de la FOI et de la RAISON. Jean Paul II dans son encyclique Fides et ration nous rappelait que les mystères de Dieu ne sont pénétrables que par la foi. La raison qui recherche "l'intelligence du mystère" est aidée par la Révélation.
Quel est alors le rôle de la Raison?
"L'enseignement des deux Conciles du Vatican ouvre également une véritable perspective de nouveautés pour le savoir philosophique. La Révélation introduit dans l'histoire un point de repère que l'homme ne peut ignorer s'il veut arriver à comprendre le mystère de son existence; mais, d'autre part, cette connaissance renvoie constamment au mystère de Dieu que l'esprit ne peut explorer à fond mais seulement recevoir et accueillir dans la foi. À l'intérieur de ces deux moments, la raison dispose d'un espace particulier qui lui permet de chercher et de comprendre, sans être limitée par rien d'autre que par sa finitude face au mystère infini de Dieu.

La Révélation fait donc entrer dans notre histoire une vérité universelle et ultime, qui incite l'esprit de l'homme à ne jamais s'arrêter; et même elle le pousse à élargir continuellement les champs de son savoir tant qu'il n'a pas conscience d'avoir accompli tout ce qui était en son pouvoir, sans rien négliger. Pour cette réflexion, nous sommes aidés par l'une des intelligences les plus fécondes et les plus significatives de l'histoire de l'humanité, à laquelle la philosophie aussi bien que la théologie se font un devoir de se référer: saint Anselme. Dans son Proslogion, l'archevêque de Cantorbéry s'exprime ainsi: « Comme souvent, avec ardeur, je tournais ma pensée sur ce point, ce que je cherchais parfois me semblait pouvoir être déjà saisi, et parfois fuyait tout à fait le regard de mon esprit; désespérant à la fin, je voulus cesser comme s'il s'agissait de rechercher chose impossible à trouver. Mais, alors que je voulais absolument exclure de moi cette pensée, de peur qu'en occupant vainement mon esprit elle n'empêchât d'autres occupations où je pusse progresser, voilà qu'elle commença, d'une importunité certaine, à s'imposer de plus en plus à moi, malgré mon refus et ma défense. [...] Mais hélas, malheureux, un des autres malheureux fils d'Ève éloignés de Dieu que je suis, qu'ai-je entrepris, qu'ai-je achevé? Où tendais-je, où en suis-je venu? A quoi aspirais-je, en quoi soupiré-je? [...] Par suite, Seigneur, tu n'es pas seulement tel que plus grand ne peut être pensé, (non solum es quo maius cogitari nequit), mais tu es quelque chose de plus grand qu'il ne se puisse penser (quiddam maius quam cogitari possit). [...]. Si tu n'es pas cela même, il est possible de penser quelque chose de plus grand que toi, ce qui ne peut se faire »."

A méditer...

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 18:33

H.pngier, mercredi 9 décembre, le saint père nous a proposé comme toutes les semaines une courte catéchèse sur un moine bénédictin du XII ème siècle peu connu: Rupert de Deutz.

L'étude des oeuvres de ce moine nous permet de nous rappeler la chance que nous avons catholiques de pouvoir dans les difficultés et les incertitudes avoir une référence stable: le ministère pétrinien instauré depuis les origines de l'Eglise.
Le magistère en effet reste une référence (compétente) en matière de "vérité" dans la mesure où la Parole de Dieu nous est donnée dans et par l'Eglise. Il est vrai que pape et magistère sont souvent perçus comme des autorités lointaines, dictant des vérités toutes faites qui nous paraissent parfois décalées... Dans l'imaginaire collectif on se figure même que pape et cardinaux complotent contre le reste de l'humanité pendant toute la journée! 
Soyons un peu réalistes et optons pour la voie de la simplicité: le pape est avant tout un guide. On sait par ailleurs que l'interprétation des Ecritures lorsqu'elle est détachée d'une communauté de foi peut conduire à des abbérations, des mensonges... Il est important de se nourrir seul mais aussi en communauté de la Parole de Dieu, de se laisser enseigner par la Tradition. L'Eglise nous fournit des clés pour une lecture plus authentique.

L'autre axe de cette catéchèse est centré sur le mystère de l'Incarnation. Le pape rappelle le lien qui existe entre "le Corps du Verbe incarné et Celui qui est présent dans les Espèces eucharistiques". Le temps de l'Avent et la fête de la Nativité nous invitent à nous rappeler que Dieu par amour a accepté de se faire tout petit pour nous. La pauvreté de Noël n'est pas une pauvreté matérielle mais bien celle d'un Dieu infini qui se fait volontairement homme pour nous sauver! Or, Dieu accepte de se faire encore plus pauvre en étant présent dans les Espèces eucharistiques... Quelle pauvreté! Quel signe extraodinaire d'amour de se faire si petit que l'on puisse à tout moment venir l'adorer au Tabernacle, si petit que l'on puisse communier!
Autre point qui me semble capital sont les raisons de l'Incarnation... Qu'est-ce qui a poussé Dieu à s'incarner? On a très souvent mis en avant une unique raison: pour nous sauver puisque nous avons péché... Rupert rappelle à la suite d'autres pères et théologiens que l'Incarnation est prévue de toute éternité c'est-à-dire que le péché de l'homme, le mauvais usage de sa liberté, ne peut être la seule raison de la venue du Christ: "Rupert soutint aussi que l’Incarnation était prévue de toute éternité, afin que la création puisse rendre louange à Dieu et l’aimer comme une unique famille réunie autour du Christ"
Relisons le Catéchisme: " Pourquoi le Fils de Dieu s’est fait homme ? Le Fils de Dieu s’est incarné dans le sein de la Vierge Marie par l’opération du Saint-Esprit, pour nous les hommes et pour notre salut, c’est-à-dire pour nous réconcilier, nous pécheurs, avec Dieu, pour nous faire connaître son amour infini, pour être notre modèle de sainteté et pour nous rendre « participants de la nature divine » (2 P 1,4). "
Dieu se fait homme pour  nous sauver bien entendu mais aussi par amour et pour nous faire participer à sa vie divine. L'homme placé dans la création est appelé à grandir, à découvrir l'amour de Dieu et à progresser en humanité.

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 13:00

enoît XVI depuis mars 2007 profite des audiences générales du mercredi pour nous donner toute une catéchèse très complète des Pères de l'Eglise. De Clément de Rome à Guillaume de Saint Thierry mercredi dernier, le saint père nous offre en excellent pédagogue des clés de lecture spirituelle et théologique pour mieux comprendre les grandes figures de l'Eglise d'Orient et d'Occident.

Un premier volume de ces catéchèses est déjà paru chez Bayard préfacé par Monseigneur Dagens, Les Pères de l'Eglise de Clément de Rome à Maxime Le confesseur que je ne peux que vous conseiller.
Dans chaque catéchèse nous sont donnés des éléments biographiques et historiques permettant de mieux saisir les enjeux pastoraux et théologiques en oeuvre. Cependant, le pape ne se noie pas dans les détails superflus. Dans une grande clarté qui le caractérise Benoît XVI nous invite à nous mettre à l'école de ces grands témoins, à redécouvrir le mystère de l'Incarnation et de la Rédemption et enfin à approfondir l'action du Saint Esprit dans nos vies.

Je vous offre quelques citations des Pères retenues par le pape...
Ignace d'Antioche qualifié de docteur de l'unité:  " Que votre baptême demeure comme votre bouclier, la foi comme votre casque, la charité comme une lance, la patience comme une armure."
" Accourez tous à Jésus-Christ comme à l'unique temple de Dieu, comme à  l'unique autel: il est un, et procédant de l'unique Père, il lui reste uni et il retourne à lui dans l'unité."

Clément d'Alexandrie dont l'oeuvre a pour but d' "accompagner de manière efficace la maturation spirituelle du chrétien". Le chrétien grâce aux "deux ailes" de la foi et de la raison doit progresser dans la Vérité qui est le Verbe. Le but étant tout comme chez Irénée de devenir semblable à Dieu.

St Cyprien ( évêque et martyr africain du IIIème siècle) pour lequel le pape consacre un paragraphe sur son enseignement de la prière: "le coeur lieu privilégié de la prière" en nous conseillant son livre sur le Notre Père: " lorsque nous prions, nous  ne prions pas pour un seul mais pour tout un peuple, nous ne formons qu'un" ( L'oraison dominicale, 8) et " Nous ne devons pas éparpiller nos prières en paroles informes ou jeter vers Dieu, en un bruyant bavardage, une requête qui devrait être recommandée par sa modestie, car Dieu écoute non la voix mais le coeur."
Quelle longue tradition découlera de cette spiritualité du coeur!

St Athanase d'Alexandrie appelé la colonne de l'Eglise. Cet auteur est connu surtout pour son amour de l'Incarnation du Verbe et ses propos sur le fameux Prologue de St Jean. Il combattit l'hérésie arienne. Athanase rendu célèbre par cette citation aujourd'hui classique: le Verbe s'est fait chair, s'est fait homme pour que nous devenions Dieu.
Jésus " s'est fait homme pour que nous devenions Dieu, il s'est rendu visible dans le corps pour que nous ayons une idée du Père invisible; et il a lui-même supporté la violence des hommes pour que nous héritions de l'incorruptibilité"

Saint Basile, un phare de l'Eglise, un de mes petits préférés qui aura le droit a deux catéchèse...
" La liturgie est le sommet auquel tend l'action de l'Eglise en même temps la source d'où découle toute sa vertu".
"Tous ceux qui sont dans le besoin ont les yeux fixés sur nos mains, comme nous-mêmes avons les yeux fixés sur celles de Dieu quand nous sommes dans le besoin."
Il cite ensuite Grégoire de Nazianze se référant à St Basile: " Basile nous convainc que nous, parce que nous sommes humains, nous ne devons pas mépriser les hommes, ni, pas notre inhumanité à l'égard des hommes, outrager le Christ, chef commun de tous; mais bien plutôt, dans les disgrâces qui atteignent le prochain, devons-nous répandre le bien et emprunter de Dieu noter miséricorde, parce que nous avons besoin de miséricorde."

Saint Grégoire de Nazianze pour poursuivre dans les cappadociens: " J'ai été créé pour élever jusqu'à Dieu, à travers mes actions."
et  " Il est nécessaire de se souvenir de Dieu plus souvent que l'on ne respire."

Saint Grégoire de Nysse, l'homme "doit toujours examiner l'intimité de ses pensées, de ses paroles et de ses actions, pour voir si elles sont tournées vers le Christ ou bien si elles s'éloignent de lui." Le Chrétien est celui qui porte le nom de "Christ" toute notre vie doit tendre à lui ressembler. Pour le pape, c'est une grande responsabilité que de porter ce nom.
"Par la prière, nous réussissons à être avec Dieu. Mais qui est avec Dieu est loin de l'ennemi. La prière est soutien et défense de la chasteté, frein de la colère, apaisement et maîtrise de l'orgueil. La prière est gardien de la virginité, protection de la fidélité dans le mariage, espérance pour les veilleurs, abondance de fruits pour les agriculteurs, sécurité pour les navigateurs."



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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 14:27

ors de l'audience d'aujourd'hui, Benoît XVI nous a encore une fois offert une belle catéchèse sur une des grandes figures de la spiritualité médiévale: Guillaume de St Thierry, le chantre de l'amour.

Guillaume est ami de St Bernard de Clairvaux, bénéctin, il deviendra abbé de Saint Thierry à Reims puis sera cistercien à Signy, " Il consacrera alors sa vie à la contemplation du mystère divin et à la rédaction d’écrits spirituels".


Le pape résume ainsi la pensée de ce grand homme: "La tâche fondamentale de tout être humain est donc d’apprendre à aimer. L’objet de cet amour est Dieu, Dieu-Amour. Suivant la théologie des Pères grecs, l’homme étant appelé à devenir par grâce ce que Dieu est par nature, cet apprentissage ne peut se faire qu’à l’école de Dieu. Guillaume de Saint-Thierry développe ainsi une pédagogie de l’amour où l’ascèse et l’effort humain ont leur place, mais où l’Esprit Saint joue le rôle principal en transformant en charité tout élan d’amour présent en l’homme."

Puis, " Dans ses considérations, Guillaume accorde une importance notable à la dimension affective de l’amour puisque Dieu doit être aimé par l’homme avec un cœur de chair. Il souligne aussi que « l’amour est principe de connaissance » et que Dieu ne peut être connu que s’il est aimé. L’enseignement de Guillaume de Saint-Thierry nous invite à faire un choix décisif qui donnera sens et valeur à tous nos autres choix : Aimer Dieu, et par amour de Lui, aimer notre prochain."

En quelques mots, nous est donné ce qui doit rester les lignes directrices de notre vie.

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 20:04

renons le temps d'un petite pause...
Je vous propose un petit florilège d'apophtègmes de pères ("abba") du désert  à méditer.








Quelqu'un demanda à abba Antoine: " Que dois-je garder pour plaire à Dieu?" L'ancien répondit: " Garde ce que je te commande: Où que tu ailles, aie toujours Dieu devant les yeux; quoi que tu fasses, aie témoignage des saintes Ecritures; et en quelque lieu que tu te tiennes, n'en bouge pas facilement. Garde ces trois choses et tu es sauvé."


Un frère demanda à abba Poemen: " Est-il mieux de parler ou de sa taire?" L'ancien répondit: " Qui parle pour Dieu, fait bien, et qui se tait pour Dieu, de même."


Abba Jacques a dit: Il n'y a pas besoin de paroles seules. Il y a en effet beaucoup de paroles chez les hommes à notre époque. Mais on a besoin de pratique, car c'est là ce qui est recherché, et les paroles qui  ne produisent pas de fruit.


Quelques-uns demandèrent à abba Macaire: "Comment devons-nous prier?" L'ancien leur dit: " Point n'est besoin de rabâcher; il n'y a qu'à étendre les mains et dire: " Seigneur comme tu veux et comme tu sais."

Abba Jean Colobos disait: Il est impossible de construire la maison de haut en bas, mais il faut partir du fondement pour aller jusqu'au faîte." On lui dit: " Que veut-dire cette parole?" Il répondit: " Le fondement, c'est le prochain à gagner, et il doit être premier, car c'est à lui que sont suspendus tous les commandements du Christ."

Vous pouvez trouver ces apophtègmes dans un petit ouvrage édité par l'abbaye de Solesmes " Abba, dis-moi une parole!"

 

Pour ceux qui se demanderaient ce qu'est un apophtègme... C'est une petite histoire quasi annecdotique, une sentence, une parole d'un moine ou encore un précepte. Les apophtègmes nous viennent des Pères du désert c'est-à-dire des moines égyptiens (Macaire, Antoine, Athanase...) Les paroles, historiettes de ces premières et florissantes années du monachisme ont été notées et regroupées en collection. A l'oral, on les connaissait en copte mais ils ont été mis à l'écrit en grec vers le IV et V siècle.  Vous pouvez par exemple les trouver dans la collection " Sources chrétiennes". Ce sont donc en général des paroles de pères "abba" ( nominatifs ou anonymes) mais aussi de mères "amma".
Ces apophtègmes sont faits pour la méditation. Une parole peut suffire à votre méditation pour plusieurs jours. Elles ont nourri le christianisme des premiers siècles et le monachisme médiéval, il serait heureux de le redécouvrir aujourd'hui. Vous serez stupéfaits par la pertinence et l'actualité de ces écrits. Les pères avaient une grande connaissance de la psychologie humaine, je pense en particulier à Evagre le Pontique. A lire et à relire...

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 14:35

ugues et Richard de Saint Victor sont des théologiens et philosophes du courant que l'on nomme les Victorins. Comme tous les grands théologiens de cette époque, ils joignent foi et raison pour témoigner de l'Evangile.

Les Victorins tirent leur nom de la très célèbre abbaye de St Victor, école de théologie fondée au XII ème siècle où "fut inaugurée une école pour la formation des moines, ouverte également aux étudiants extérieurs, où fut réalisée une heureuse synthèse entre les deux manières de faire de la théologie, dont j'ai déjà parlé dans les précédentes catéchèses:  à savoir la théologie monastique, orientée davantage à la contemplation des mystères de la foi dans l'Ecriture, et la théologie scolastique, qui utilisait la raison pour tenter de scruter ces mystères avec des méthodes innovantes, de créer un système théologique."

Hugues de Saint Victor, l'amour des Ecritures et l'approche de la Bible selon quatre dimensions:
"La science dont s'occupent les philosophes et les théologiens dit Victorins est en particulier la théologie, qui exige avant tout l'étude pleine d'amour des Ecritures Saintes. Pour connaître Dieu, en effet, on ne peut que partir de ce que Dieu lui-même a voulu révéler de lui-même à travers les Ecritures. En ce sens, Hugues de Saint-Victor est un représentant typique de la théologie monastique, entièrement fondée sur l'exégèse biblique. Pour interpréter les Ecritures, il propose l'articulation traditionnelle patristique et médiévale, à savoir le sens historique et littéral, tout d'abord, puis les sens allégorique et anagogique, et enfin, le sens moral. Il s'agit des quatre dimensions du sens de l'Ecriture, qu'aujourd'hui encore, l'on redécouvre à nouveau, par lesquelles on voit que dans le texte et dans la narration offerte se cache une indication plus profonde:  le fil de la foi, qui nous conduit vers le haut et nous guide sur cette terre, en nous enseignant comment vivre"

La place de Dieu dans l'histoire et le sens de la destinée humaine.
"Au contraire, dans l'histoire humaine oeuvre l'Esprit Saint, qui suscite un dialogue merveilleux des hommes avec Dieu, leur ami. Cette vision théologique de l'histoire met en évidence l'intervention surprenante et salvifique de Dieu, qui entre réellement et agit dans l'histoire, prend presque part à notre histoire, mais en sauvegardant et en respectant toujours la liberté et la responsabilité de l'homme."

Richard de St Victor:
"La contemplation est donc le point d'arrivée, le résultat d'un chemin difficile, qui comporte le dialogue entre la foi et la raison, c'est-à-dire - encore une fois - un discours théologique. La théologie part des vérités qui sont l'objet de la foi, mais elle cherche à en approfondir la connaissance avec l'usage de la raison, en s'appropriant du don de la foi. Cette application du raisonnement à la compréhension de la foi est pratiquée de manière convaincante dans le chef-d'oeuvre de Richard, l'un des grands livres de l'histoire, le De Trinitate (La Trinité). "

Le pape conclue ainsi sa catéchèse: "Chers amis, des auteurs comme Hugues et Richard de Saint-Victor élèvent notre âme à la contemplation des réalités divines. Dans le même temps, l'immense joie que nous procurent la pensée, l'admiration et la louange de la Très Sainte Trinité, fonde et soutient l'engagement concret à nous inspirer de ce modèle parfait de communion dans l'amour pour construire nos relations humaines de chaque jour. La Trinité est vraiment communion parfaite! Comme le monde changerait si dans les familles, dans les paroisses et dans chaque autre communauté, les relations étaient vécues en suivant toujours l'exemple des trois Personnes divines, en qui chacune vit non seulement avec l'autre, mais pour l'autre et dans l'autre! "

Vous pouvez retrouver l'intégrale de la catéchèse de Benoît XVI sur le site du Vatican.

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