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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 14:26

P.pngoursuivons notre mise à jour de nos séances de catéchisme. Voici le résumé de notre rencontre d’octobre 2013 sur les sacrements. Je reprends ici les questions posées au cours de la réunion.

 

Qu’est-ce qu’un sacrement ? Quels sont-ils ? D’où nous viennent-ils ?

Dieu agit sans cesse dans le monde, Il nous guide, nous éclaire, nous accompagne, Il crée, Il nous donne son Amour, la vie… Mais Il va agir d’une manière toute particulière dans les sacrements. Les sacrements ce ne sont pas une action « magique » de Dieu où l’homme n’agirait plus, ils sont d’autant plus efficaces que l’homme les « accueille » dans la foi. Les sacrements sont cependant bien le moyen, le mode privilégié selon lequel Dieu atteint l’homme au plus intime de lui-même. Dieu établit sa demeure en nous : Jn1, 14.

D’une manière générale, un sacrement est le signe visible  et efficace de la grâce (= du don) de Dieu. Ils sont porteurs de "grâce" c'est à dire qu'ils aident le chrétien à vivre, à avancer sous le regard de Dieu, dans l'état qu'il a choisiUn sacrement, c’est le signe visible de l’action de Dieu dans l’homme, dans le monde. On parle d’ « efficacité » parce que c’est Dieu qui agit en nous et que les sacrements opèrent en nous une véritable transformation qui ne dépend pas de notre disposition psychologique. Les sacrements nous font grandir dans la foi, dans notre vie spirituelle et nouvelle d’enfant de Dieu.

 Le Christ et l’Eglise comme sacrements.

            Selon cette définition, on se rend compte que le premier des sacrements est le Christ, signe visible de l’action de Dieu dans le monde et dans le monde. Le Christ est en quelque sorte le « sacrement-source ».

 

Dans cette perspective, le deuxième concile du Vatican a pu définir l’Église comme le sacrement du Christ. En effet, l’Eglise « étant, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen, de l’union intime avec Dieu et de l’unité du genre humain » (Constitution dogmatique sur l’Église, Lumen Gentium, n° 1).

A l’Ascension (40 jours après Pâques), Jésus monte au ciel, Il est assis à la droite du Père et se trouve dans le monde invisible. Mais Il continue à vivre visiblement dans le monde, parmi les hommes par son Eglise. L’Eglise est bien corps du Christ. Le Christ est « la tête » de l’Eglise. L’Eglise est formée de l’ensemble des baptisés, ce n’est pas seulement une institution.

            Le Christ confie à l’Eglise entre autres la célébration des sacrements. La Tradition catholique en a retenu sept. Les sacrements ont deux effets:  ils produisent la grâce qui rend l’homme capable d’accomplir la volonté de Dieu et  ils marquent l’âme de l’homme du sceau du Christ. Ainsi, les sacrements donnent, font grandir ou restaurent la vie divine.

 Les 7 sacrements.

Comme la vie de la grâce est liée à la vie naturelle de l’homme, les sacrements sanctifient les principales étapes de la vie humaine et ses principaux états.

On trouve :

les sacrements de l’initiation chrétienne :  le baptême, la confirmation et l’eucharistie.Les sacrements de guérison : la réconciliation (ou pénitence) et l’onction des malades (ou sacrement des malades).Les sacrements au service de la communion et de la mission : l’ordre et le mariage.

 

Parmi ces sacrements, certains sont appelés sacrement à caractère. Qu’est-ce que cela signifie ? Le mot caractère signifie « marque », « empreinte » ou encore le « sceau ». Ces sacrements nous marquent d’une empreinte en quelque sorte indélébile, nous pouvons « perdre » la grâce liée au sacrement mais jamais l’empreinte spirituelle qui est « scellée » dans notre âme. Ce sont des sacrements qu’on ne reçoit qu’une fois dans sa vie. Il s’agit du baptême, de la confirmation et de l’ordre.

 

Les sacrements sont d’un signe ou un geste et des paroles. Par exemple, pour le baptême, le geste-signe est le fait de verser trois fois de l’eau sur le catéchumène (personne qui se prépare à recevoir le baptême) et la parole est «  N…., je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Pour l’eucharistie, le signe serait le pain et le vin et les paroles  sont celles que le Christ a prononcées le soir du  jeudi saint au cours de son dernier repas (la Cène). D’autres signes existent comme l’imposition des mains et l’onction d’huile. Les huiles sacramentelles (huile des catéchumènes, huile des malades, saint chrême) sont bénies par l’évêque de chaque diocèse lors de la messe chrismale qui est célébrée au cours de la semaine sainte.

 D’où nous viennent les sacrements ? Ils nous sont donnés par le Christ et sont des lieux de l’action de l’Esprit-Saint. L’auteur des sacrements est bien Jésus-Christ qui agit à travers un ministre.  Le ministre ordinaire est le prêtre sauf pour l’ordre où c’est l’évêque. Le diacre peut baptiser. En cas d’extrême urgence, un fidèle laïc et même un non-baptisé peut donner le sacrement du baptême. Pour le mariage, ce sont les deux époux qui échangent leurs consentements devant le diacre ou le prêtre.  La confirmation est réservée à l’évêque mais il peut arriver que celui-ci « délègue » au vicaire général ou même à un vicaire épiscopal.

Les Pères de l’Eglise ont vu dans le récit de la Passion, au moment où l’eau et le sang jaillirent du côté transpercé de Jésus, l’origine des sacrements, en particulier celui du baptême et de l’eucharistie : « "Des soldats vinrent donc et rompirent les jambes du premier et de l'autre qu'on avait crucifié avec lui. Et s'approchant de Jésus, quand ils virent qu'il était déjà mort, ils ne lui rompirent point les jambes ; mais un des soldats lui ouvrit le côté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau" (Jn 19, 32, 34). L'Evangéliste s'est servi d'une expression choisie à dessein ; il ne dit pas : il frappa ou il blessa son côté, ou toute autre chose semblable ; mais : "Il ouvrit son côté", pour nous apprendre qu'il ouvrait ainsi la porte de la vie d'où sont sortis les sacrements de l'Eglise, sans lesquels on ne peut avoir d'accès à la véritable vie. Ce sang a été répandu pour la rémission des péchés ; cette eau vient se mêler pour nous au breuvage du salut ; elle est à la fois un bain qui purifie et une boisson rafraîchissante. Nous voyons une figure de ce mystère dans l'ordre donné à Noé d'ouvrir sur un des côtés de l'arche une porte par où pussent entrer les animaux qui devaient échapper au déluge et qui représentaient l'Eglise (Gn 6, 16). C'est en vue de ce même mystère que la première femme fut faite d'une des côtes d'Adam pendant son sommeil, et qu'elle fut appelée la vie et la mère des vivants. (Gn 2, 22). Elle était la figure d'un grand bien, avant le grand mal de la prévarication (action de s’écarter de la justice). Nous voyons ici le second Adam s'endormir sur la croix, après avoir incliné la tête, pour qu'une épouse aussi lui fût formée par ce sang et cette eau qui coulèrent de con côté après sa mort. O mort, qui devient pour les morts un principe de résurrection et de vie ! » (Saint Augustin, Tr 120, 2)

 

Peut-on se passer des sacrements ? Y a-t-il un âge pour les recevoir ? Comment nourrissent-ils notre foi ? Comment nous font-ils grandir dans notre relation à Dieu ?

Peut-on se passer de sacrements ? En réalité non. Ce sont eux vraiment qui nous

introduisent dans la vie divine et qui nourrissent avec la prière et la Parole de Dieu (qui sont du reste toujours présent dans les sacrements) notre foi. Ils nous font grandir et nous nourrissent. Se passer de sacrement, c’est quelque part « dépérir ». C’est se couper de la source.

A quel âge peut-on recevoir les sacrements ? pour chacun d’eux, il n’y a pas de limite

d’âge mais on peut trouver quelques conditions spécifiques. Pour recevoir les sacrements, il faut déjà avoir été baptisé (entrer dans la vie divine, devenir Fils adoptif de Dieu, recevoir l’Esprit Saint, être lavé du péché originel, entrer dans l’Eglise).  Au baptême nous mourrons avec le Christ pour renaître d’en haut, pour renaître avec l’Esprit. Il n’y a aucun âge pour recevoir le baptême.

 Puis viennent les deux autres sacrements de l’initiation chrétienne. A l’origine, on reçoit la confirmation avant l’Eucharistie où l’on reçoit l’Esprit Saint en plénitude. Nous participons alors au mystère de la Pentecôte en recevant les 7 dons de l’Esprit Saint. Nous devenons comme les apôtres des témoins.  Il n’y a pas d’âge limite en revanche, en occident,  nous  avons reculé l’âge de la confirmation que l’on reçoit en général à partir de l’adolescence.

 Pour l’initiation des adultes, la personne reçoit les trois sacrements à la fois et dans l’ordre originel : baptême, confirmation et eucharistie.

Pour l’eucharistie (première communion) comme pour la confession (= réconciliation), on attend que l’enfant ait conscience du bien et du mal, le désir de communier, la compréhension des choses. On parle d’âge de raison ou d’âge de la discretio (discernement). Traditionnellement, on parle de 7 ans.

Une fois que l’on a reçu ces sacrements de l’initiation chrétienne, on peut recevoir les autres sacrements. Il existe une exception en France qui ne demande plus l’obligation du sacrement de confirmation pour le mariage. Cependant, on ne pourra être parrain ou marraine (seulement  être témoin) de baptême ou de confirmation si on n’a pas reçu les sacrements de l’initiation chrétienne.


Comment nourrissent-ils notre foi ? Comment nous font-ils grandir dans notre relation à Dieu ?

Le Concile Vatican II, dans sa Constitution sur la sainte liturgie  résume bien l’essentiel des sacrements : « 59. Les sacrements ont pour fin de sanctifier les hommes, d’édifier le Corps du Christ, enfin de rendre le culte à Dieu ; mais, à titre de signes, ils ont aussi un rôle d’enseignement. Non seulement ils supposent la foi, mais encore, par les paroles et les choses, ils la nourrissent, ils la fortifient, ils l’expriment ; c’est pourquoi ils sont dits sacrements de la foi. Certes, ils confèrent la grâce, mais, en outre, leur célébration dispose au mieux les fidèles à recevoir fructueusement cette grâce, à rendre à Dieu le juste culte, et à exercer la charité. Il est donc de la plus grande importance que les fidèlescomprennent facilement les signes des sacrements et fréquentent de la façon la plus assidue les sacrements qui nourrissent la vie chrétienne. »

 

Pour réfléchir sur cette question, je vous invite à lire de Benoît XVI les  messages pour les journées mondiales de la jeunesse de 2008 et du 5 Avril 2009. En voici un très court extrait : « Je voudrais encore ajouter une parole sur l’Eucharistie. Pour croître dans la vie chrétienne, il est nécessaire de se nourrir du Corps et du Sang du Christ: en effet, nous sommes baptisés et confirmés en vue de l’Eucharistie (cf. CCC, 1322; Exhort. apost. Sacramentum caritatis, n. 17). «Source et sommet» de la vie ecclésiale, l’Eucharistie est une «Pentecôte perpétuelle», parce que chaque fois que nous célébrons la Messe, nous recevons l’Esprit Saint, qui nous unit plus profondément au Christ et qui nous transforme en Lui. Chers jeunes, si vous participez fréquemment à la célébration eucharistique, si vous prenez un peu de votre temps pour l’adoration du Saint-Sacrement, alors, de la Source de l’amour qu’est l’Eucharistie, vous sera donnée la joyeuse détermination à consacrer votre vie à la suite de l’Évangile. Vous ferez en même temps l’expérience que là où nous ne réussissons pas par nos propres forces, l’Esprit Saint vient nous transformer, nous remplir de sa force et faire de nous des témoins remplis de l’ardeur missionnaire du Christ ressuscité. (…) »

 

 SaintJeanBaptiste.png

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Published by Jacquotte - dans Catéchisme
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