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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 10:08

C.pnge 16 juin, nous célébrons la journée « Evangelium vitae ». L’homélie du pape François en ce dimanche porte donc sur ce thème de la Vie et de la Mort.

La Parole de Dieu est axée aujourd’hui sur le péché, le pardon et la miséricorde de Dieu.  La première lecture en effet, tirée du deuxième livre de Samuel, nous raconte comment le prophète Natan se rend auprès de David pour lui montrer combien il s’est détourné de Dieu. David reconnaît sa faute et sera pardonné : « David dit à Nathan : « J'ai péché contre le Seigneur ! » Nathan lui répondit : « Le Seigneur a pardonné ton péché, tu ne mourras pas. » Le Psaume 31 continue sur ce thème de la rémission des péchés :

 

« Je t'ai fait connaître ma faute,
je n'ai pas caché mes torts.
J'ai dit : « Je rendrai grâce au Seigneur
en confessant mes péchés.
Et toi, tu as enlevé l'offense de ma faute.
Tu es un refuge pour moi,
mon abri dans la détresse,
de chants de délivrance tu m'as entouré. »

La deuxième lecture extraite de l’épître aux Galates de saint Paul évoque un thème cher à l’apôtre des gentils : la justification non par la loi mais par la foi en Christ, mort sur la croix et ressuscité : « Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi. Il n'est pas question pour moi de rejeter la grâce de Dieu. »

 

Le saint Père s’appuie, après une brève introduction sur le don de la Vie et Dieu qui est Vie, sur ces lectures pour construire son homélie : «  Cette célébration a un très beau nom : l’Évangile de la Vie. Avec cette Eucharistie en l’Année de la Foi, nous voulons rendre grâce au Seigneur pour le don de la vie, dans toutes ses manifestations ; et en même temps, nous voulons annoncer l’Évangile de la Vie. En partant de la Parole de Dieu que nous avons écoutée, je voudrais vous proposer trois points simples de méditation pour notre foi : d’abord, la Bible nous révèle le Dieu Vivant, le Dieu qui est Vie, et source de la vie ; en second lieu, Jésus-Christ donne la vie, et l’Esprit-Saint nous maintient dans la vie ; troisièmement, suivre le chemin de Dieu conduit à la vie, tandis que suivre les idoles conduit à la mort. »

 

Que nous apprennent ces lectures sur le Dieu vivant, le Dieu source de toute vie ? Les lectures en évoquant la question du péché nous parlent en réalité de la vie et de la mort. Le péché en effet est le chemin qui conduit l’homme à  la mort. Chemin qui nous détourne de Dieu, de notre vocation initiale, des autres. Quel est le péché de David ? Il s’agit ici d’un adultère que le roi veut cacher. Pour parvenir à ces fins, David avait même dressé un plan pour qu’Urie, le mari soit tué lors d’un combat. Comme le fait remarquer le pape François, « La Bible nous montre le drame humain dans toute sa réalité, le bien et le mal, les passions, le péché et ses conséquences. Quand l’homme veut s’affirmer soi-même, s’enfermant dans son égoïsme et se mettant à la place de Dieu, il finit par semer la mort. L’adultère du roi David en est un exemple. Et l’égoïsme porte au mensonge, par lequel on cherche à tromper soi-même et le prochain. »  La racine du péché est bien mise en lumière. Il s’agit de l’homme qui tente de se mettre à la place de Dieu en définissant lui-même ce qui est bien, ce qui est mal. Il pense pouvoir se passer de Dieu. Quelles en sont les conséquences ? Eternellement les mêmes : l’égoïsme qui conduit au mensonge et à la violence, bref à la mort. Mais bien entendu, si l’homme peut par orgueil, par obscurcissement de  sa conscience et son endurcissement de cœur, se mentir à soi-même et aux autres, peut-il tromper Dieu ? « Mais Dieu, on ne peut le tromper, et nous avons entendu comment le prophète dit à David : tu as fait ce qui est mal aux yeux de Dieu (cf. 2S 12,9). Le roi est mis en face de ses œuvres de mort - en vérité ce qu’il a fait est une œuvre de mort, et non de vie -, il comprend et demande pardon : « J’ai péché contre le Seigneur ! » (v.13), et le Dieu miséricordieux qui veut la vie et qui toujours nous pardonne, lui pardonne, lui rend la vie» La Parole de Dieu nous éclaire toujours sur Dieu, sur l’homme… Quelle image avons-nous de Dieu ? Que nous enseignent ces textes sur Dieu ? « Peut-être nous apparaît-il comme un juge sévère, comme quelqu’un qui limite notre liberté de vivre. Mais toute l’Écriture nous rappelle que Dieu est le Vivant, celui qui donne la vie et indique le chemin de la vie en plénitude » Qui est Dieu en effet pour nous ? C’est une question que nous devons tous nous poser ? Le grand architecte qui s’est retiré du monde ? Un juge sévère qui punit ses créatures ? Un Dieu indifférent qui nous laisse à notre misère et notre souffrance ? Le saint père en piochant ici et là dans la Bible nous rappelle que Dieu est dans la Genèse la source de vie. Il l’est encore actuellement. Il ne s’est pas contenté de donner la vie aux premiers hommes ou de lancer la « machine » au commencement. A chaque instant, Il donne Vie, Il maintient la vie ; « et c’est son souffle qui soutient le chemin de son existence terrestre. » Il est aussi au cours de l’Exode, le Dieu qui « est » ( lors de l’épisode du buisson ardent), le Dieu qui agit dans l’histoire, le Dieu qui libère l’homme de l’esclavage et de la mort. C’est aussi le Dieu pédagogue, qui donne une loi sur le mont Sinaï pour que l’homme ne soit pas abandonner à son propre jugement mais puisse avoir des repères pour marcher dans les voies du Seigneur. La loi est signe de la libération : « Je pense aussi au don des Dix Commandements : une route que Dieu nous indique pour une vie vraiment libre, pour une vie pleine ; ils ne sont pas un hymne au « non » - tu ne dois pas faire ceci, tu ne dois pas faire cela, …. Non ! -. Ils sont un hymne au « oui » à Dieu, à l’Amour, à la vie. Chers amis, notre vie atteint sa plénitude seulement en Dieu, parce lui seul est le Vivant ! »


Le saint Père parvient ainsi à son deuxième point de méditation : c’est le Christ Jésus qui donne la vie. Il s’appuie essentiellement sur l’évangile qui est celui de la femme pécheresse. Cette femme qui s’introduit dans la maison où Jésus est invité pour le repas et qui va laver, parfumer et essuyer de ses cheveux les pieds de Jésus. Il s’agit de la prostituée identifiée par la suite à saint Marie Madeleine. Dans l’art, en effet, cette dernière est souvent représentée avec de longs cheveux détachés, un vase de parfum à la main ou à ses pieds et en larmes ( ne dit-on pas « pleurer comme une madeleine…). Que dire ? Jésus comme à son habitude ne rejette pas le pécheur. Il condamne le péché mais jamais le pécheur… Il se laisse approcher… et pardonne…C’est ce qui se passe dans le sacrement de la réconciliation. Le pécheur doit reconnaître ses fautes, les regretter et celles-ci lui seront remises. Dieu attend que l’homme revienne à Lui. Il redonne « vie ». Aucun cas désespéré pour Dieu !

« Jésus est l’incarnation du Dieu vivant, Celui qui porte la vie face à tant d’œuvres de mort, face au péché, à l’égoïsme, à la fermeture sur soi-même. Jésus accueille, aime, soulage, encourage, pardonne et donne d’une façon nouvelle la force de marcher, redonne vie. Dans tout l’évangile, nous voyons comment Jésus, par les gestes et les paroles, porte la vie de Dieu qui transforme. C’est l’expérience de la femme qui oint avec du parfum les pieds du Seigneur : elle se sent comprise, aimée, et répond par un geste d’amour, se laisse toucher par la miséricorde de Dieu et obtient le pardon, elle commence une nouvelle vie. » Croyons-nous réellement que Dieu est ce Dieu vivant, infiniment miséricordieux ? Sommes-nous prêts à nous laisser transformer par le Christ ? à commencer une nouvelle vie ? 

Vous me direz, la femme pécheresse avait la possibilité de rencontrer le Christ et nous ? Nous pouvons suivre l’exemple de Paul, convertit après la mort, la résurrection et l’Ascension de Jésus. Il a malgré l’absence apparente de Jésus fait l’expérience de la rencontre avec le ressuscité. Jésus continue à nous donner la vie. Comment ? Déjà par les sacrements, par le don de sa Parole mais plus fondamentalement par ce que Dieu nous a fait don de son Esprit Saint. « Et qui nous introduit dans cette vie ? L’Esprit Saint, don du Christ ressuscité. C’est Lui qui nous introduit dans la vie divine comme vrais fils de Dieu, comme fils dans le Fils Premier-né, Jésus Christ. Nous, sommes-nous ouverts à l’Esprit Saint ? Nous laissons-nous guider par lui ? Le chrétien est un homme spirituel, et cela ne signifie pas qu’il soit une personne qui vit "dans les nuages", hors de la réalité (comme si elle était un fantasme). Non ! Le chrétien est une personne qui pense et agit dans la vie quotidienne selon Dieu, une personne qui laisse sa vie être animée, nourrie par l’Esprit Saint pour qu’elle soit remplie, en véritable enfant ; et cela signifie réalisme et fécondité. Celui qui se laisse conduire par l’Esprit Saint est réaliste, il sait évaluer et apprécier la réalité, et il est aussi fécond : sa vie génère la vie autour de lui. » Nous n’avons peut-être pas l’habitude de prier et de nous laisser guider par l’Esprit Saint… C’est peut être le point à approfondir cet été ? L’esprit saint est une école de la réalité et du concret. Nous l’avons reçu au baptême et en plénitude avec ses 7 dons à la confirmation. En vivons-nous ? Nous ne sommes peut-être pas confirmés ? Est-ce que nous savons qu’il n’ y a pas d’âge pour recevoir la confirmation et la première communion ?

 

  Nous parvenons au troisième temps de cette homélie : le chemin de Dieu conduit à la vie, le chemin des idoles conduit à la mort. Laissons la parole au saint père : « Dieu est le Vivant, Il est le Miséricordieux ! Jésus nous porte la vie de Dieu, l’Esprit Saint nous introduit et nous maintient dans la relation vitale de vrais enfants de Dieu. Mais souvent - nous la savons par expérience -  l’homme ne choisit pas la vie, n’accueille pas l’"Évangile de la Vie", mais se laisse guider par des idéologies et des logiques qui mettent des obstacles à la vie, qui ne la respectent pas, parce qu’elles sont dictées par l’égoïsme, par l’intérêt, par le profit, par le pouvoir, par le plaisir et elles ne sont pas dictées par l’amour, par la recherche du bien de l’autre. C’est l’illusion constante de vouloir construire la cité de l’homme sans Dieu, sans la vie et l’amour de Dieu – une nouvelle Tour de Babel ; c’est penser que le refus de Dieu, du message du Christ, de l’Évangile de la vie conduit à la liberté, à la pleine réalisation de l’homme. Le résultat est qu’au Dieu vivant, on substitue des idoles humaines et passagères, qui offrent l’ivresse d’un moment de liberté, mais qui à la fin sont porteuses de nouveaux esclavages et de mort. La sagesse du Psalmiste dit : « Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ; le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard » (Ps 19,9). Rappelons-nous : Dieu, le Vivant, est miséricordieux ! Le Seigneur est le Vivant, il est miséricordieux «  Dieu est un Père aimant qui pardonne, Il nous entraîne forcément vers le Bien, le Bonheur et la liberté…Pourquoi se leurrer de la sorte et penser que l’on peut vivre sans Dieu. Drôle de logique ou de pari nous rappellerait Pascal ? 

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Published by Jacquotte - dans Lectures
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commentaires

jean jacques ganghofer 09/08/2013 06:42

Merci pour ce travail très intéressant, Jacquotte .......
Pourrais-tu , si tu le veux, me dire la nature des études théologiques que tu suis et pourquoi ?
Merci !!!!!

Jacquotte 29/10/2013 10:09



J'ai suivi un parcours "normal" de théologie catholique à l'université. En me spécialisant davantage en spiritualité et surtout en théologie morale.