aul est l'auteur incontournable pour comprendre ce qu'est la conscience morale dans le
christianisme.
L'évolution est très nette puisque le mot "suneidésis" apparaît plus de trente fois dans les textes apostoliques et la majorité dans les écrits pauliniens.
Le terme chez lui réunit les deux types de consciences (antécédente et conséquente) car elle permet de discerner le bien et le mal, de juger les actions passées et de conduire les actions futures. S’il emprunte le mot aux stoïciens, il ne s’agit pas d’une conscience autonome à leur manière. Pour eux en effet la conscience est libre en vertu de la connaissance qu’on a des lois de la nature. Pour Paul, le jugement de la conscience est toujours soumis à celui de Dieu. Une "bonne conscience", c'est toujours une conscience éclairée, guidée par la foi.
Nous ne pourrons pas tout étudier chez Paul bien entendu mais je vous propose de relever quelques points essentiels. Le premier est l'idée que tout le monde possède une conscience, ce qui n'a pas toujours été évident dans le judaïsme ancien. Ce grand principe se trouve en Romains 2, 14-16. C'est un passage tout à fait crucial pour le développement ultérieur de la notion de conscience. On y voit souvent l'affirmation de l'existence de la loi naturelle inscrite dans le coeur de chaque individu.Découvrons à présent ce passage: " Quand des païens, sans avoir la loi, font naturellement ce qu’ordonne la loi, ils se tiennent lieu de loi à eux-mêmes, eux qui n’ont pas de loi. Ils montrent que l’œuvre voulue par la loi est inscrite dans leur cœur : leur conscience en témoigne également ainsi que leurs jugements intérieurs qui tour à tour les accusent et les défendent. C’est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Evangile, Dieu jugera par Jésus Christ le comportement caché des hommes."
Dans ce passage, le terme de conscience a le même sens que dans l'antiquité grecque, c'est le témoin intérieur qui juge d'une bonne ou mauvaise action. Paul affirme que les païens sont capables de faire le bien alors qu’ils ne connaissent pas la Loi de Moïse (différence avec les pharisiens qui la connaissent peut être mieux que personne mais qui souvent font le mal). Si les païens sont capables de faire le bien, c’est parce qu’ils possèdent un « cœur » au sens biblique c’est-à-dire une conscience capable de distinguer le bien et le mal. La conscience est ici le lieu privilégié de la vie personnelle qui est le juge et le guide de la conduite humaine. Ici les prescriptions de la conscience sont placées sur le même plan que la loi voir au-dessus.
Autre point très important, les païens "se tiennent lieu de loi à eux-mêmes". Cela ne signifie pas que la loi est relative à chaque culture, civilisation ou religion mais que Dieu a donné à chacun de connaître sa volonté, sa loi à travers une loi spécifique et que chacun sera jugé selon la loi qu'il a reçu. Quelqu'un élevé dans la foi et selon la loi musulmane par exemple sera jugé selon ces principes là et non pas , bien évidemment, selon les principes chrétiens qui lui sont totalement inconnus. En comprenant bien cependant que Paul fait mention d'une loi inscrite dans les coeurs ( la loi naturelle?) et qu'une loi qui s'opposerait à celle-ci perdrait toute sa valeur et deviendrait par conséquent caduque.
C'est une loi inscrite dans les coeurs. Le paëns n'ont pas reçu la loi mosaïque mais seulement cette loi intérieure que l'on peut identifier à la lumière de la raison naturelle. Elle donne une connaissance du bien et du mal et dicte ce qu'il faut faire ou éviter. Il suffit, à la suite de Paul, de constater que certains observent une loi dont ils n'ont jamais entendu parlé. Cela prouve qu'il ont eu la connaissance de ces préceptes autrement que par la Révélation.
On peut aussi relever l'importance du témoignage subjectif de la conscience. La conscience est ici comme quelquehose de distinct de la personne. N'oublions pas qu'étymologiquement «le mot signifie "savoir avec un autre, être témoin ou complice d'une même chose". Mais en même temps;, il existe un caractère intime de cette connaissance interne.Paul définit l'acte de la conscience comme quelque chose en nous qui rend témoigne, qui atteste de la présence de Dieu en nous. C'est un témoignage en quelque sorte "non-humain". Il viendrait plutôt de l'Esprit Saint.
La conscience est comprise ici comme un témoin à charge ou à décharge. Comme les païens d’avant la Loi qui suivent leur conscience. Est-ce qu’alors le témoignage intérieur est le principe qui fonde le comportement chrétien ? Paul insiste sur le fait qu’il faut suivre sa conscience mais là encore avec quelques réserves. La conscience n’est pas toute puissante, elledoit être au service de Dieu, au service de l'amour. N'oublions pas que la conscience peut s'égarer, se tromper. On ne peut s'appuyer uniquement sur sa propre connaissane. La conscience chrétienne ne peut pas tout juger. Il nous faut faire appel à l'Esprit Saint - Esprit de Conseil, Esprit de Sagesse- et à aut rui pour nous aider dans notre discernement. Il faut apprendre à se connaître et à jauger notre propre conscience.
a morale évangélique- fondée sur les deux commandements fondamentaux donnés par
le Christ - se développe dans une pratique sans pour autant qu'il y ait une véritable élaboration d'une éthique proprement chrétienne. La prédication de Jésus insiste sur l'avènement de la
fin des temps et la nécessité de se convertir. L'homme- en tant qu'individu- doit changer d'attitude, de comportement tout en s'abandonnant à la miséricorde de Dieu s'il veut être sauvé.
L'essentiel de la morale réside bien dans l'intériorisation de la loi, l'amour de Dieu et l'amour du prochain. En d'autres termes, le salut passe par la soumission à la
volonté de Dieu et par le service du prochain. La vie toute entière du Christ témoigne de cet amour. La morale consiste donc essentiellement dans l'imitation de
Jésus-Christ.
oilà bien longtemps que nous n'avons pas ouvert notre livre de l'Apocalypse selon saint
Jean. Nous en sommes au chapitre 12. Les 7 sceaux ont été ouverts, les trompettes ont résonné, les catastrophes arrivent!
videment, le terme de "conscience" n'existe pas en hébreu... Mais cela ne signifie pas
pour autant que la notion est inexistante dans la pensée vétérotestamentaire. On retrouve bel et bien des éléments d'une réflexion sur la conscience à travers tout l'Ancien Testament.
ous verrons que les deux notions de "loi naturelle" et de "conscience" sont étroitement
liées. Et, même si nous aborderons un peu plus tard ce thème de la loi, il est bon dès aujourd'hui d'établir quelques distinctions.












