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Lundi 22 avril 2013 1 22 /04 /Avr /2013 16:41

J.png ’ai pris un peu de retard dans mes notes ces dernières semaines, nous allons essayer de remédier à tout cela. Notre nouveau pape, le pape François, a décidé de continuer au cours des audiences du mercredi de poursuivre les catéchèses de l’année de la foi ouverte à l’automne dernier par Benoît XVI. Nous lirons aujourd’hui celle du 3 avril 2013.

En ce temps pascal (le temps de Pâques va du dimanche de Pâques jusqu’à l’Ascension de Jésus, 40 jours plus tard), il aborde le cœur de notre foi : la résurrection en partant de la formulation du credo : « Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures ». C’est précisément l’événement que nous célébrons : la Résurrection de Jésus, cœur du message chrétien, qui a retenti depuis le début et a été transmis afin qu’il parvienne jusqu’à nous. » L’affirmation de foi la plus fondamentale est en effet celle-ci : Jésus, le Christ est mort et est ressuscité. C’est, comme l’écrit le souverain pontife «  le cœur de notre espérance. » Ce n’est pas anodin de rappeler la radicalité de cette affirmation aujourd’hui… car paradoxalement, de nombreux chrétiens me confient souvent douter de la résurrection. La mort est-elle une fin ? ai-je plusieurs vies et est-ce que je tends à croire à la réincarnation ? Le Christ Jésus n’a-t-il pas vaincu nos péchés et la mort ? Car, ne l’oublions pas, si le Christ est ressuscité, c’est pour que nous aussi nous ressuscitions dans notre chair ! «  Malheureusement, souvent on a tenté d’obscurcir la foi dans la Résurrection de Jésus, et parmi les croyants eux-mêmes se sont insinués des doutes. C’est un peu une foi « à l’eau de rose » comme on dit ; ce n’est pas une foi forte. Et cela par superficialité, parfois par indifférence, occupés par mille choses que l’on considère plus importantes que la foi, ou encore en raison d’une vision uniquement horizontale de la vie. Mais c’est précisément la résurrection qui nous ouvre à l’espérance la plus grande, car elle ouvre notre vie et la vie du monde à l’avenir éternel de Dieu, au bonheur total, à la certitude que le mal, le péché, la mort peuvent être vaincus. Et cela conduit à vivre avec davantage de confiance les réalités quotidiennes, à les affronter avec courage et application. La Résurrection du Christ illumine d’une lumière nouvelle ces réalités quotidiennes. La Résurrection du Christ est notre force ! » Bref, nous ne pouvons faire abstraction de la résurrection… Toute la liturgie pascale confirme cette espérance. Nous croyons en un Dieu vivant, qui donne la vie pas un Dieu mort, anéanti par le mal et le péché. C’est un Dieu victorieux de la mort que nous adorons et qui nous aide à surmonter comme le dit bien François les difficultés quotidiennes, les épreuves en particulier celles du deuil. Profitons donc de ce temps pascal pour méditer et approfondir le mystère de la résurrection de Jésus. Tous les textes qui nous sont offerts dans la liturgie peuvent nous y aider.

Le pape continue ensuite en réfléchissant sur la manière dont cette «  vérité de foi » nous a été transmise. Il distingue deux types de témoignages : « certains sont sous la forme de profession de foi, c’est-à-dire de formules synthétiques qui indiquent le cœur de la foi ; d’autres en revanche sont sous la forme de récit de l’événement de la Résurrection et des faits qui y sont liés »

La première forme est par exemple présente dans les épîtres (= lettres) de Paul. Mais le pape s’attarde aujourd’hui sur la seconde des formes qui est présente dans les évangiles et qui sont de réels témoignages. Il nous rappelle à l’occasion que les premiers témoins furent des femmes, ce sont les apôtres des apôtres comme on aime à dire dans l’Eglise. Il s’agit alors soit de la constatation du tombeau vide soit de la rencontre avec un ange, messager de la résurrection… Le Christ n’est pas ici ! Contrairement à saint Thomas par exemple, les femmes croient. C’est une adhésion de foi immédiate qui a pour conséquence la joie et la volonté de transmettre la nouvelle : le Christ est vivant ! Il est ressuscité ! Alléluia ! : « Les femmes sont poussées par l’amour et elles savent accueillir cette annonce avec foi : elles croient, et immédiatement la transmettent, elles ne la gardent pas pour elles, elle la transmettent. La joie de savoir que Jésus est vivant, l’espérance qui remplit le cœur, ne peuvent pas être réprimées. Cela devrait également être le cas dans notre vie. Nous ressentons la joie d’être chrétiens ! Nous croyons dans un Ressuscité qui a vaincu le mal et la mort ! Nous avons le courage de « sortir » pour apporter cette joie et cette lumière dans tous les lieux de notre vie ! La Résurrection du Christ est notre plus grande certitude ; c’est le trésor le plus précieux ! Comment ne pas partager ce trésor, cette certitude, avec les autres? Elle n’est pas seulement là pour nous, mais pour la transmettre, pour la donner aux autres, la partager avec les autres. C’est précisément là notre témoignage. » Souvent, les enfants du catéchisme trouvent cela plus normal que les adultes que nous sommes, mais en effet, comment résister à l’envie, au désir de partager, de dire, d’annoncer une Bonne Nouvelle ? Ne sommes-nous pas parfois un peu frileux ?

Le saint père continue : « Dans les professions de foi du Nouveau Testament, seuls des hommes sont rappelés comme témoins de la Résurrection, les apôtres, mais pas les femmes. C’est parce que, selon la loi judaïque de cette époque, les femmes et les enfants ne pouvaient pas rendre un témoignage fiable, crédible. Dans les Évangiles, en revanche, les femmes ont un rôle primordial, fondamental. Nous pouvons ici saisir un élément en faveur de l’historicité de la Résurrection : s’il s’agissait d’un fait inventé, dans le contexte de cette époque, il n’aurait pas été lié au témoignage des femmes. En revanche, les évangélistes rapportent simplement ce qui s’est passé : ce sont les femmes qui sont les premiers témoins. Cela nous dit que Dieu ne choisit pas selon les critères humains : les premiers témoins de la naissance de Jésus sont les pasteurs, des personnes simples et humbles ; les premiers témoins de la Résurrection sont les femmes. Et cela est beau. » C’est l’occasion pour le saint père de rappeler que les femmes  ont sans doute ce rôle, cette mission privilégiée de transmettre cette bonne nouvelle de la résurrection en particulier aux enfants. En effet, la transmission de la foi ne se joue t’elle pas essentiellement dans la famille ? D’où cet appel : « Mères et femmes, allez de l’avant avec ce témoignage ! »

Cela  le conduit à une réflexion plus large sur le rôle des femmes dans l’Eglise sur ce chemin de foi : «  (…)en ouvrant les portes aux Seigneur, en le suivant et en communiquant sa Face, car le regard de la foi a toujours besoin du regard simple et profond de l’amour. Les apôtres et les disciples ont plus de difficultés à croire. Les femmes non. Pierre court au sépulcre, mais il s’arrête à la tombe vide ; Thomas doit toucher de ses mains les blessures du corps de Jésus. Dans notre chemin de foi aussi, il est important de savoir et de sentir que Dieu nous aime, de ne pas avoir peur de l’aimer : la foi se professe avec la bouche et avec le cœur, avec la parole et avec l’amour. »

 

            Enfin, c’est le Christ qui apparaît, qui se rend présent dans les autres récits. On le reconnaît à ses plaies mais il a un corps glorieux…  Et de fait, il mange mais semble traverser les murs et même si c’est bien lui, beaucoup ont du mal à la reconnaître aux premiers abords. Pensons aux disciples d’Emmaüs qui ne le reconnaissent qu’à la fraction du pain et qu’après avoir entendu sa Parole… Est-ce que nous croyons que Jésus est présent lorsque le prêtre rompt le pain alors que nous venons d’entendre sa Parole ? Est-ce que cette rencontre, nous transforme comme elle a transformé les premiers disciples ?

Savons-nous reconnaitre les « signes où le ressuscité se fait reconnaître » ? : « l’Écriture Sainte, l’Eucharistie, les autres sacrements, la charité, ces gestes d’amour qui portent un rayon du Ressuscité. Laissons-nous illuminer par la Résurrection du Christ, laissons-nous transformer par sa force, pour qu’à travers nous également, dans le monde, les signes de mort laissent place aux signes de vie »

Le pape lance alors un appel aux jeunes présents sur la place saint Pierre mais il nous concerne tous : « portez de l’avant cette certitude : le Seigneur est vivant et marche à nos côtés dans la vie. Telle est votre mission ! Portez de l’avant cette espérance. Soyez ancrés à cette espérance : cette ancre qui est dans le ciel ; tenez ferme la corde, soyez ancrés et portez de l’avant l’espérance. Vous, témoins de Jésus, portez de l’avant le témoignage que Jésus est vivant et cela nous donnera de l’espérance, donnera de l’espérance à ce monde un peu vieilli par les guerres, par le mal, par le péché. En avant les jeunes ! »

 

 

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Par Jacquotte - Publié dans : Lectures
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Lundi 18 mars 2013 1 18 /03 /Mars /2013 14:19

A.png près avoir abordé la question de l’involontaire, il nous fait prendre en compte ce qu’on appelle le volontaire indirect. Prenons un exemple là encore très classique, je bois (action voulue), je prends ma voiture (action voulue quoique peut être peu réfléchie sous l’action de l’alcool), je provoque un accident ( action non voulue). Le volontaire indirect résulte d’une action volontaire.  Se posent donc la question de la responsabilité de la personne mais aussi celle de l’extension du volontaire et ses conséquences.  Cela nous conduira aussi plus tard à réfléchir sur les actes intrinsèquement mauvais.

Ceci est traité dans le CEC au n° 1737: « Un effet peut être toléré sans être voulu par l’agent, par exemple l’épuisement d’une mère au chevet de son enfant malade. L’effet mauvais n’est pas imputable s’il n’a été voulu ni comme fin ni comme moyen de l’action, ainsi la mort reçue en portant secours à une personne en danger. Pour que l’effet mauvais soit imputable, il faut qu’il soit prévisible et que celui qui agit ait la possibilité de l’éviter, par exemple dans le cas d’un homicide commis par un conducteur en état d’ivresse. »

La question est aussi de savoir si je dois renoncer à poser une action bonne ou indifférente si celle-ci a pour conséquence une action mauvaise. Ou au contraire puis-je poser une action « mauvaise » si les conséquences sont bonnes ? C’est donc une réflexion sur les moyens, les fins prochaines et la fin ultime basée sur la distinction fondamentale en morale scolastique et chez Jean Paul II dans Veritatis Splendor entre la « finsi operis » et la « finis operantis. ». Nous avions déjà parlé des grands principes de la moralité parmi lesquels on trouve celui du double effet. Ce principe prend en compte le fait qu’une action bonne peut produire une action mauvaise et en même temps une action bonne.  

Avant d’entrer dans les détails, rappelons qu’historiquement cette question un susciter de graves conflits au sein de l’Eglise depuis essentiellement le Concile de Trente ( 1545-1563). Comment peut-on supporter moralement un acte à double effet ? On élabore une série de conditions pour qu’il soit donc moralement acceptable :

-          L’acte doit être effectivement bon (ou au moins indifférent).

-          L’intention doit être droite. L’effet mauvais n’est ni voulu ni recherché.

-          L’effet mauvais ne peut venir après l’effet bon. Il doit être au moins concomitant.

-          Il faut un motif proportionnellement grave pour mettre en œuvre un acte qui a un effet moralement mauvais.

On voit bien qu’en aucun cas, la fin ne justifie les moyens et qu’on ne peut envisager de poser un acte mauvais même si l’effet est bon. Saint Paul évoque ce cas dans son épître aux Romains ( Rm 3,8) : «  Ou bien, comme certains nous accusent outrageusement de le dire, devrions-nous faire le mal pour qu’en sorte le bien ? Ceux-là méritent leur condamnation. »

C’est à ce titre par exemple que l’expérimentation humaine est interdite pour l’Eglise. On ne peut sacrifier une personne, une minorité même pour le bien d’un plus grand nombre. On voit bien que la logique chrétienne s’oppose à la logique utilitariste du plus grand bien possible pour le plus grand nombre. Il nous suffit de penser à la parabole de la brebis perdue. Le berger est près à abandonner ses 99 brebis pour en sauver une. Cela dépasse quelque peu nos intelligences pratiques d’occidentaux. On voit aussi bien que la difficulté est de saisir l’acte dans sa réalité complexe : non seulement selon son objet, son intention mais aussi dans l’immense champs des circonstances et des conséquences… Or un acte humain revêt une amplitude extraordinaire dont nous n’avons pas toujours conscience. Derrière tout cela, c’est la question du proportionnalisme et du conséquentialisme où le bon doit toujours être proportionnellement supérieur au mal qu’il engendre. Il nous faut sans cesse nous poser la question des conséquences et reprendre la question du philosophe Jonas : «  Quel monde laisserons-nous à nos enfants ? »

            Pouvons-nous prendre en compte les conséquences pour juger moralement un acte ? L’effet ajoute  t’il à la malice ou la bonté de l’acte qui se définit classiquement par son objet, son intention et ses circonstances ? En fait, si l’effet est prévu, il entre dans le champ du vouloir et est donc analysable. Il peut être directement voulu ou indirectement voulu. S’il est inévitable, il fait alors partie intégrante de l’objet de l’acte et le quantifie. S’il est rare ou accidentel, il ne renvoie pas à l’objet de l’acte.

Un premier obstacle surgit…. Comment mesurer toutes les conséquences ? Peut-on prendre en compte toutes les conséquences. La morale classique affirmait qu’il existait  des conséquences imprévues pouvant résulter de plusieurs facteurs. N’est ce pas un rêve de toute puissance que de croire que l’on peut maîtriser toutes les conséquences ? Acceptons-nous dans nos vies quotidiennes et professionnelles les conséquences qui nous échappent ? Cela nous conduit-il encore une fois à refuser d’user de notre liberté et de notre volonté en suspendant nos décisions et nos engagements ? Pouvons-nous être responsables mais non coupables ? Savons-nous que nous pouvons être responsables d’un point de vue juridique mais non moralement car l’éthique et le droit ne se confondent pas contrairement à ce qu’on nous laisse croire ? Quand sommes-nous responsables moralement d’un point de vue des conséquences ? Et bien, il faut les effets mauvais et non voulus aient été prévus au moins confusément. Que le sujet ait eu effectivement la possibilité de prévoir les effets mauvais et d’intervenir et enfin que le sujet ne les ait pas empêché.

            Cela peut vous paraître encore une fois bien fastidieux mais de nombreuses choses sont en jeu derrière ces questions. Ce n’est pas pour rien que Jean Paul II y consacre plusieurs numéros de son encyclique Veritatis Splendor car c’est en parallèle la question des sources de la moralité  et celle de l’existence d’actes intrinsèquement mauvais. Nous verrons tout cela dans notre prochain article. En attendant, un aperçu avec Jean Paul II :

« 74. Mais de quoi la qualification morale de l'agir libre de l'homme dépend-elle ? Par quoi cette orientation des actes humains est-elle assurée ? Par l'intention du sujet qui agit, par les circonstances — et en particulier par les conséquences — de son agir, ou par l'objet même de son acte ?

C'est là ce qu'on appelle traditionnellement le problème des « sources de la moralité ». Précisément face à ce problème, ces dernières décennies, se sont manifestées, ou répétées, de nouvelles orientations culturelles et théologiques qui exigent un sérieux discernement de la part du Magistère de l'Eglise.

Certaines théories éthiques, appelées « téléologiques », se montrent attentives à la conformité des actes humains avec les fins poursuivies par l'agent et avec les valeurs qu'il admet. Les critères pour évaluer la pertinence morale d'une action sont obtenus par la pondération des biens moraux ou pré-moraux à atteindre et des valeurs correspondantes non morales ou pré-morales à respecter. Pour certains, le comportement concret serait juste, ou erroné, selon qu'il pourrait, ou ne pourrait pas, conduire à un état de fait meilleur pour toutes les personnes concernées : le comportement serait juste dans la mesure où il entraînerait le maximum de biens et le minimum de maux.

De nombreux moralistes catholiques qui suivent cette orientation entendent garder leurs distances avec l'utilitarisme et avec le pragmatisme, théories pour lesquelles la moralité des actes humains serait à juger sans faire référence à la véritable fin ultime de l'homme. A juste titre, ils se rendent compte de la nécessité de trouver des argumentations rationnelles toujours plus cohérentes pour justifier les exigences et fonder les normes de la vie morale. Cette recherche est légitime et nécessaire, du moment que l'ordre moral fixé par la loi naturelle est par définition accessible à la raison humaine. Au demeurant, c'est une recherche qui correspond aux exigences du dialogue et de la collaboration avec les non-catholiques et les noncroyants, particulièrement dans les sociétés pluralistes. »

 

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Par Jacquotte - Publié dans : Ethique
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Vendredi 15 mars 2013 5 15 /03 /Mars /2013 09:07

N.png ous avons découvert hier que le Catéchisme de l’Eglise Catholique précisait au n°1735 qu’il existait une série d’éléments qui pouvaient diminuer voire supprimer le caractère volontaire de l’acte et par là même réduire la responsabilité de l’agent. Nous avons déjà parlé des craintes, de la violence, de l’ignorance et de l’inadvertance.

 

Poursuivons notre réflexion… Mais avant de parler des habitudes, je voudrai faire un détour par ce qu’on appelle le caractère. Peut-être avez-vous déjà procédé aux tests qui déterminent si vous êtes sanguin, flegmatique, colérique… Subissons-nous notre caractère au sens où il pourrait déterminer nos actions. Or s’il y a déterminisme, il y a un caractère involontaire. Le caractère, c’est ce qu’on appelle la « première nature », Xavier Thévenot écrivait : « mon caractère est ma façon de choisir que je ne choisis pas. ». Et en effet, celui-ci marque mes décisions dans la mesure où il influence ma façon de désirer, de voir les choses… Le caractère regroupe plusieurs données : dispositions innées, personnalité mais plutôt que d’y voir un déterminisme, il faudrait le concevoir comme la base de la liberté humaine. C’est sur cette base que ma liberté s’actualise. Bref, vous ne pouvez en aucun cas légitimer une action mauvaise ou excuser un acte mauvais sous couvert de personnalité.  De fait, je ne choisis pas ce caractère mais je suis libre d’en faire ce que je veux : je peux le maîtriser, le faire évoluer grâce aux efforts, aux vertus. Je serais en quelque sorte nerveusement lâche ou nerveusement courageux mais c’est bien moi qui ai choisi la lâcheté ou le courage. Le caractère n’est donc pas déterminisme car mon tempérament me laisse encore la possibilité de choisir.

Il ne faut pas nier cette personnalité mais la prendre en compte et développer sa liberté à l’intérieur de celle-ci. C’est encore une fois une question de connaissance de soi qui est humilité c’est-à-dire vérité sur soi-même. Cette connaissance de soi conduit à une réalisation de soi au sein de cette connaissance qui est prise de conscience de sa finalité personnelle authentique. Personne n’est exclu de la vie morale en raison de son caractère, pensons par exemple à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus pour qui ce n’était pas gagné ! Il est inutile de se révolter contre son caractère…. Voyons-nous notre personnalité comme une limite ou comme la marque de notre caractère unique ?

 

Nous parvenons ainsi aux habitudes que l’on appelle parfois la « seconde nature ». C’est la répétition d’actes qui peut devenir une manière d’être. C’est de l’ordre de l’irréfléchi et non de l’inconscient. L’habitude peut être mentale, intellectuelle, motrice, vertueuse… L’habitude est donc marquée par l’involontaire mais est volontaire au sens où elle résulté d’un exercice répété. Elle a côté très positif, c’est la base de notre éducation au sens large car l’habitude facilité l’effort, pensons aux sportifs ou un jeune qui a pris l’habitude de travailler… L’habitude procure de la spontanéité à l’acte. En moral, cela peut être très bénéfique. Cependant, on peut prendre l’habitude d’une action mauvaise : mentir par exemple…

L’habitude possède un côté très ambivalent. Elle est négative lorsqu’elle vide l’acte de sa consistance, lorsqu’elle devient automatisme asservissant… Routine pesante qui empêche tout changement, toute création. Il y a donc de « bonnes » et de « mauvaises habitudes ». Car comme l’écrivait un jour Mgr Léonard, l’habitude est à la foi « secours » et « menace ».  Il nous faut encore une fois trouver l’équilibre.

 

Reste enfin ce que l’on pourrait appeler les passions : émotions, affects, sentiments… Nous sommes dans le registre de l’affect et du sensible. Le mot passion renvoie à une notion de « passivité » qui nous conduit à concevoir souvent la passion comme un obstacle à notre liberté, à  notre volonté. Les mouvements de la passion seraient involontaires et totalement subis par le sujet. En réalité, la passion n’est pas négative. Elle est énergie bien nécessaire justement à activer notre volonté. La passion n’est pas contraire à la raison et ne nous entraîne pas systématiquement au mal… C’est encore une fois l’usage et la maîtrise de celle-ci qui compte. Est-ce que je laisse la passion aveugler ma raison et obscurcir  ma saisie du réelle ou est ce une force que j’utilise dans ma prise de décision ? Il faut faire attention aux deux excès : asservissement et apathie. Notez que de fait le CEC parle d’ « affections immodérées » : il s’agit donc non d’une condamnation des passions, des sentiments mais de leur excès. L’absence totale de passions est en quelque sorte inhumaine.

 

Dans notre réflexion sur les empêchements au volontaire, nous aurions pu parler de l’inconscient mais par définition il échappe au conscient et donc à la volonté, au déterminisme social (pensons à Bourdieu…), aux maladies mentales, psychotiques, névrotiques qui peuvent affecter raison/conscience et donc la volonté et enfin la question plus délicate des tendances sexuelles (homosexualité) ou des difficultés-déviances sexuelles (phantasmes envahissants, pédophilie…). De quelle manière les personnes sont responsables des actes qui découlent de ces tendances ou difficultés ? Quelles en sont les causes ? causes éducatives, géntiques, régressions psycho-affectives, fragilités psychologiques, fragilités morales, dérèglement ou spécificité physiologique et hormonale…etc ? Pour l’instant, la recherche au sens large n’a pas été très convaincante ? Nous sommes encore  un peu dans le flou… Ce qui est certain, c’est que le sujet n’est pas responsable de la tendance qui le marque en revanche il est responsable comme chaque être humain de l’usage qu’il en fait. Dire qu’il n’a aucun choix c’est annihiler sa liberté, c’est supprimer sa dignité humaine et c’est donc extrêmement dangereux.

La tendance sexuelle tout comme le caractère n’est pas imputable à la personne, ce qui est peccamineux ( de l’ordre du péché, de la faute) ou imputable c’est ce qui découle du volontaire.

 

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Par Jacquotte - Publié dans : Ethique
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Jeudi 14 mars 2013 4 14 /03 /Mars /2013 12:44

N.png ous avons essayé dans les précédents articles de réfléchir sur la notion de liberté en particulier dans le texte Veritatis Splendor. Aujourd’hui, nous nous pencherons sur la question de la volonté et plus particulièrement des empêchements au volontaire.

La volonté oriente la liberté et surtout engage la responsabilité, c’est donc une donnée fondamentale en morale. En effet, sommes-nous responsables d’une action involontaire ? La volonté se comprend donc en lien avec l’intention. Pour que l’acte soit volontaire, il faut aussi prendre en compte sa relation avec la raison ; il faut en effet que l’agent/le sujet connaisse la fin de l’acte. On comprend alors pourquoi la volonté suppose la liberté. On peut distinguer à la suite de saint Thomas d’Aquin  plusieurs phases au sens même de l’acte volontaire : intention, élection (je choisis), exécution.

 

La volonté cependant n’est pas une donnée brute et peut être aveuglée par des passions et influencée par certaines formes de déterminisme (social ?). On trouve des actions « non volontaires » et des actions « involontaires ». Les premières ne nous intéresseront pas car en réalité ce ne sont pas des actes humains à proprement dit. Le sujet ne raisonne plus dans ce cas. L’acte involontaire va en quelque sorte contre la volonté de l’agent. Pensons à saint Paul qui affirme : «  vraiment ce que je fais je ne le comprends pas : car je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que hais. (…) je ne fais pas le bien que je veux et je commets le mal que je ne veux pas. Or si je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui accomplis l’action mais le péché qui habite en moi. » (Rm 7, 15-20)

C’est pour cette raison que le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) envisage les éléments qui peuvent diminuer voire supprimer la responsabilité. Si vous voulez l’acte demeure mauvais mais l’agent n’est pas « responsable ». Avant de clarifier ces empêchements au volontaire, notez que le « ne pas vouloir » ou le « vouloir ne pas » ne sont pas des actions involontaires mais une action volontaire qui consiste à ne pas vouloir, à ne pas agir. En d’autres termes, une « non-action » est une action volontaire. Nous pouvons donc être « responsables » des actions que nous n’avons pas posées et que nous aurions pu poser. Nous avions déjà évoqué ce cas lorsque nous avions parlé du péché d’omission.

 

Quels sont ces empêchements ? Que dit le CEC ?

« 1734 La liberté rend l’homme responsable de ses actes dans la mesure où ils sont volontaires. Le progrès dans la vertu, la connaissance du bien et l’ascèse accroissent la maîtrise de la volonté sur ses actes.

1735 L’imputabilité et la responsabilité d’une action peuvent être diminuées voire supprimées par l’ignorance, l’inadvertance, la violence, la crainte, les habitudes, les affections immodérées et d’autres facteurs psychiques ou sociaux.

1736 Tout acte directement voulu est imputable à son auteur : (…) Une action peut être indirectement volontaire quant elle résulte d’une négligence à l’égard de ce qu’on aurait dû connaître ou faire, par exemple un accident provenant d’une ignorance du code de la route. »

Voici donc trois articles fondamentaux. Le dernier évoque le volontaire indirect que nous ne pourrons traiter aujourd’hui ; quant à l’article 1735, il énumère ces fameux empêchements au volontaire : ignorance, inadvertance, violence, crainte, habitudes, affections immodérées, facteurs pyscho-sociaux.

 

            Le catéchisme distingue donc l’ignorance et l’inadvertance qui tous deux jouent sur la clarté de l’intelligence (raison) et de la conscience.

 

 L’inadvertance, c’est un défaut de l’attention ; c’est une « étourderie » plus ou moins grave. Est-ce un oubli ? une inattention ? A quoi sont dus ces faits ? maladie ? préoccupation ? L’inadvertance touche une connaissance que l’on a habituellement.

 

L’ignorance c’est au contraire la privation de la connaissance. En morale, cette privation est très importante car normalement le sujet en a besoin pour agir bien, selon des règles éthiques. On peut distinguer l’ignorance de fait et l’ignorance du droit ( droit divin, droit naturel ou droit positif…). St Thomas dans son De Malo donne  l’exemple d’un homme qui ignore que l’adultère est un péché. Il ignore le précepte. L’ignorance peut aussi porter sur la gravité de l’acte ou sur la peine/sanction possible. Par exemple, beaucoup de personnes ignorent que procurer un avortement conduit selon le Code de Droit Canon à ce qu’on appelle une excommunication latae sententiae (can 1398).

 Pour l’ignorance du fait, St Thomas poursuit son exemple de l’adultère et pense à un homme qui sait que l’adultère est un péché mais qui le commet sans savoir qu’il le commet. Un peu confus ? En gros, l’homme pense s’unir à sa femme (mais il doit fait très sombre dans la chambre) et il s’unit à une autre… L’homme doit être de bonne foi.

Vous me direz alors, mieux ne vaut pas savoir et en restant dans l’ignorance, on n’est peu ou jamais responsable ? Outre  le fait que ce serait un peu facile, le but tout de même de l’homme est de s’humaniser davantage et cela ne peut passer que par l’usage de la liberté et de la volonté qui grandissent au fur et à mesure que  notre ignorance du bien recule.

Notez aussi que l’on va distinguer l’ignorance vincible et l’ignorance invincible, celle qui peut être vaincue et celle qui ne peut l’être…. Si l’ignorance est vincible et que nous en sommes responsables (nous n’avons rien fait pour sortir de notre ignorance) alors nous sommes coupables. C’est une ignorance de mauvaise foi. Cela peut être modulé en fonction de l’aspect direct ou indirect… En revanche, l’ignorance invincible est non coupable car la personne a tout mis en œuvre pour s’informer, connaître mais il ne peut pour X raisons sortir de son ignorance. Ainsi, on pourrait établir des degrés dans l’ignorance :

-           L’ignorance affectée : elle est délibérée, c’est la plus grave.

-          L’ignorance crasse du latin « crassa val supina », c’est la « couche épaisse ». C’est un négligence coupable car on ne veut prendre aucun moyen pour en sortir.

-          L’ignorance vincible simpliciter ; elle résiste à de réelles efforts mais souvent insuffisants. On est plus ou moins responsable selon notre négligence.

-          L’ignorance invincible.

Enfin, une dernière distinction est nécessaire pour bien comprendre l’ignorance. Celle qui sépare l’ignorance antécédente, l’ignorance concomitante et l’ignorance conséquente

Dans le premier cas, le sujet n’aurait pas agit s’il avait su. St Thomas prend l’exemple du chasseur qui n’aurait pas tiré s’il avait su avant qu’un homme se trouvait dans les fourrés…

La deuxième est assez particulière. Le sujet est dans la disposition d’agir ainsi même s’il ignorait ce qui est arrivé. En gros, le chasseur ignore que quelqu’un est dans les fourrés mais il se trouve que ce quelqu’un est son pire ennemi qu’il avait bien envie de tuer...La dernière se confond avec l’ignorance vincible car c’est une ignorance à la suite d’une négligence à connaître.

Ces différents types d’ignorance sont importants car ils permettent d’évaluer la liberté en jeu et donc la responsabilité plus ou moins grande de la personne. L’ignorance si elle affecte la volonté n’excuse pas tout pour autant. Elle diminue le volontaire et donc la faute mais ne rend pas « bon » un acte « mauvais ». Peut-on ignorer la loi est une autre question ? Nul n’est sensé ignorer la loi comme dit l’adage. Cela dit d’un point de vue juridique, nous pouvons être coupables mais ne pas être imputables au niveau de la conscience (niveau moral), cela ne signifie pas qu’on ne doit pas subir la peine. Le droit ne se confond pas avec la morale.

 

Vient ensuite la violence. Cela signifie qu’il existe un principe extérieur qui force la personne à agir contre sa volonté. La personne n’est donc pas responsable sauf si nous sommes dans le cas de « douces violences » où il y a une forme d’acquiescement de la part de la personne. Reste une question de définition de la violence et de savoir où jusqu’où peut-elle aller ? ( violences physiques mais aussi morales…).

 

Le CEC évoque alors la crainte. La crainte peut revêtir là encore différents degrés : trac, inquiétude, anxiété, peur paralysante, angoisse…. S’agit-il d’un danger réel ou imaginaire ? Est-ce une peur rationnelle, irrationnelle, d’ordre existentielle (peur de mourir, peur de la souffrance…) ? Toutes n’affectent pas la volonté de la même façon. La peur qui fait perdre la raison est involontaire et donc enlève la responsabilité. L’exemple classique est une femme surprise dans un incendie qui jette par la fenêtre dans un mouvement de peu panique son enfant pour le sauver… Elle ne voulait pas lui faire du mal.

La peur diminue mais ne supprime en général pas la responsabilité car il s’agit plutôt d’un obscurcissement de la raison. Existe-t-il des peurs positives comme le souligne le philosophe Hans Jonas dans son Heuristique de la peur ? En effet, si elle conduit à certains moments à la paralysie ne peut-elle être un dynamisme d’action parfois ? Si la peur s’articule avec la violence, nous ne sommes pas alors tout à fait dans le même cas non plus puisque la violence peut supprimer tout consentement.

 

Voilà pour aujourd’hui, demain les habitudes, le caractère et les passions…

 

 

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Par Jacquotte - Publié dans : Ethique
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Lundi 11 mars 2013 1 11 /03 /Mars /2013 14:38

D.png emain, les cardinaux électeurs seront « enfermés » dans la chapelle Sixtine et une partie de la Cité de saint Pierre, au Vatican, pour procéder à l’élection du nouveau souverain pontife. Cette élection est pour nous aujourd’hui l’occasion de clarifier un peu le fonctionnement de ce qu’on appelle la curie romaine.  Pour nous aider, il existe entre autres un document que l’on appelle le Code de Droit Canon.

 

 

       Le pape, tout d’abord, est à la fois évêque de Rome et chef de l’Eglise catholique. Il est aussi chef d’état, chef du Vatican. Il est élu par les cardinaux. Il lui faut obtenir les deux-tiers des voix en sachant que contrairement aux élections présidentielles, il n’y a pas de candidat ni de campagne.

Pour aider le pape dans sa mission et sa fonction, il y a ce qu’on appelle donc la curie romaine qui est en résumé l’ensemble des organismes appelés dicastères. : « Dans l'exercice de son pouvoir suprême, plénier et immédiat sur l'Eglise universelle, le Pontife Romain se sert des Dicastères de la Curie romaine; c'est donc en son nom et par son autorité que ceux-ci remplissent leur charge pour le bien des Eglises et le service des Pasteurs. »(Christus dominus,9)

 

       Le dicastère le plus proche du pape pour l’aider dans sa mission est la secrétairerie d’Etat qui existe au moins depuis le XVème siècle. Si le Concile Vatican II apporta de nombreux changements dans l’organisation de la curie, c’est le pape Jean Paul II qui la réforma avec la constitution Pastor Bonus. Il divisa entre autres la Secrétairerie d’Etat en en deux sections : la Section pour les Affaires Générales et la Section pour les Relations avec les Etats, où vint se fondre le Conseil pour les Affaires Publiques de l'Eglise. La Secrétairerie d'Etat est présidée par un Cardinal qui prend le titre de Secrétaire d'Etat. Premier collaborateur du Pape dans le gouvernement de l'Eglise universelle, il peut même en certaines circonstances représenté le pape en personne.

La section pour les Affaires générales est quant à elle dirigée par un Archevêque, le Substitut pour les Affaires générales, aidé par un Prélat, l'Assesseur pour les Affaires générales. La section pour les relations avec les Etats et elle dirigée par dirigée par un Archevêque, le Secrétaire pour les Relations avec les Etats, aidé par un Prélat, le Sous-Secrétaire pour les Relations avec les Etats, et assisté par des Cardinaux et par des Evêques. Pour leurs rôles spécifiques, vous pouvez consulter les articles 41 à 47 de Pastor Bonus.

 

          Après la secrétairerie d’Etat, il existe   9 congrégations.

En premier lieu, relevons la congrégation pour la doctrine de la foi qui est la plus ancienne et appelée pendant très longtemps « Sacrée Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle ». Pie X, au début du vingtième siècle en avait déjà changé le nom en « Sacrée Congrégation du Saint-Office ». Quel est son rôle ? Il s‘agit de « de promouvoir et de protéger la doctrine et les mœurs conformes à la foi dans tout le monde catholique: tout ce qui, de quelque manière, concerne ce domaine relève donc de sa compétence».

La Congrégation est constituée, pour le moment, de 23 membres cardinaux, archevêques et évêques provenant de 17 nations diverses. On trouve un « préfet », un « secrétaire », un « sous-secrétaire » et « un promoteur de Justice. ». Cette congrégation comporte aussi 47 autres personnes, "Ufficiali", "Scrittori", "Ordinanze" ; ainsi qu’un d'un collège de 28 consulteurs, professeurs des Universités pontificales romaines, experts dans les diverses disciplines ecclésiastiques et originaires de différents pays.

Elle est divisée en trois sections qui sont en fait trois secteurs de compétence : doctrinale, disciplinaire et matrimoniale. Notez enfin que le préfet de le Congrégation pour la Doctrine de la foi est aussi président de La commission Biblique Pontificale et de la Commission Théologique Internationale.

Un certain nombre de commissions dépendent de cette congrégation : la commission biblique pontificale, la CTI ( Commission théologique internationale), la commission pontificale « ecclesia dei », la commission interdicastériale pour le Catéchisme de l’Eglise Catholique que nous ne pouvons pas détailler aujourdhui.

 

Voici ensuite les huit autres congrégations : pour le clergé, pour les évêques, pour les églises orientales, pour le culte divin et discipline des sacrements, pour la cause des saints, pour l’évangélisation des peuples qui comprend les œuvres pontificales missionnaires, pour l’éducation catholique et  pour les instituts pour la vie consacrée et sociétés de vie apostolique.

Elles sont toutes structurées un peu de la même manière, en général un cardinal-préfet accompagné d’un secrétaire puis composée de cardinaux, archevêques, évêques. Précisons le rôle de la congrégation pour les églises orientales qui a pour but de : « de se mettre en liaison avec les Églises orientales catholiques pour en favoriser la croissance, en sauvegarder les droits, et maintenir vivants et intègres dans l'Église Catholique, à côté du patrimoine liturgique, disciplinaire et spirituel de l'Église latine, ceux aussi des différentes traditions chrétiennes orientales. ». Elle est dirigée par un cardinal préfet accompagné d’un secrétaire. Elle est composée de 27 Cardinaux, un Archevêque et 4 Évêques, désignés par le Pape ad quinquennium. Sont membres de droit les Patriarches et les Archevêques Majeurs des Églises Orientales et le Président du Conseil Pontifical pour la promotion de l'unité des Chrétiens.

 

      Après les congrégations, nous trouvons trois tribunaux : la pénitencerie apostolique, le tribunal suprême de la signature apostolique et le tribunal de la Rote Romaine.

Qu’est ce que la pénitencerie apostolique ? « la compétence du Tribunal de la Pénitencerie comprend tout ce qui touche au for interne même non sacramentel et en outre tout ce qui a trait aux concessions et à l'usage des indulgences, sauf le droit de la Congrégation de la Doctrine de la Foi d'examiner tout ce qui regarde la doctrine dogmatique autour des indulgences. » . Comment fonctionne t’elle ? « Le Régent avec deux Officiels examine chaque pratique dans le Congrès quotidien; les Prélats de la Pénitencerie se réunissent périodiquement sous la présidence du Cardinal Pénitencier Majeur, avec lequel ils forment le Conseil, dans l'assemblée dite  Signatura Paenitentiariae Apostolicae, pour examiner les pratiques qui, présentant des difficultés particulières, requièrent une étude approfondie. »

 

            Il existe par ailleurs des conseils pontificaux : pour les laïcs, pour la Promotion de l’unité des chrétiens, pour la famille, « Justice et paix », « Cor unum », pastorale des migrants et des personnes en déplacement, pastorale des service de la santé, textes législatifs, dialogue inter-religieux, Culture, communications sociales, promotion de la nouvelle évangélisation. Notez que ces conseils se retrouvent sous un peu près les mêmes formes dans les services diocésains. Pour chaque conseil, on trouve encore une fois un président, un secrétaire et un sous-secrétaire ainsi que des cardinaux, archevêques et évêques ainsi que d’autres personnes. Par exemple, le conseil pontifical pour la famille comprend à l’heure actuelle 19 couples mariés et des « consulteurs ».

 

            Dans les institutions, on prend aussi en compte le synode des évêques, c’est-à-dire l’ensemble des évêques du monde entier : « D'une manière générale, on peut définir le Synode comme une assemblée d'évêques représentant le Corps épiscopal de l’Église catholique dont la tâche est d'aider le Pape, en vertu de ses fonctions d’Évêque de Rome et de Tête du Collège épiscopal, dans le gouvernement de l'Église universelle en lui apportant leurs conseils. »

 

            Nous en avons déjà parlé au moment des congrégations, ce sont les commissions. En voici la liste complète : « ecclesia dei », commission pontificale pour l’archéologie sacrée, Commission Pontificale Biblique, Commission théologique internationale, commission interdicastériale pour le catéchisme catholique, commission pontificale pour l’Amérique latine.

 

           Il existe bien entendu des services administratifs, la garde suisse pontificale et un bureau central du travail.

 

         Enfin parlons des académies pontificales : académie pontificale des Sciences, académie pontificale des sciences sociales, académie pontificale pour la vie, académie pontificale saint Thomas d’Aquin, académie pontificale de Théologie, académie pontificale de l’Immaculée, académie pontificale mariale internationale, académie pontificale romaine d’archéologie, académie pontificale « cultorum martyrum », académie pontificale ecclésiastique,  académie pontificale de Latinité et l’Insigne Académie pontificale des Beaux-arts et des lettres des virtuoses au Panthéon.

 

 

Tout cela peut vous paraître fasitidieux mais cela nous aide à comprendre la collégiallité et aussi bien saisir que le pape ne décide pas seul arbitrairement comme semble le croire bon nombre de personnes. Il est aidé par de  nombreux conseillers, spécialistes, théologiens...

 

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Par Jacquotte - Publié dans : Catéchisme
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